‹ Géographie botanique raisonnée; ou, Exposition des faits principaux et des lois concernant la distribution géographique des plantes de l'epoque actuelle;Chapitre 70 sur 146 · HA8 SITUATION GÉOUKAPUIQUE DES FAMILLES · texte numérisé non relu

HA8 SITUATION GÉOUKAPUIQUE DES FAMILLES

Juurn.f ISA 4, p. 591); il avance dans le midi de l'Europe jusqu'au pied des Alpes, sous . les A5-A6* degrés (Co mol., Prudr., Fl. Coin., p. 9), grâce à l'abri de rette chaîne de montagnes, et vers l'est, jusqu'en Macédoine, AI' degré iGriseb., Spieil,t I, p. 109;. Quelques espèces remontent jusqu'au pied de ritimahya, et l'on trouve des .Myrtus au Japon, sous le 35* degré (DC, Prodr., III, p. 2A2), mais on n'eu connaît pas dans le nord de la Chine (Bunge, Enum.). Dans l'hémisphère austral, il y a des Myrtacées au Cap, et même dans l'Amérique méridionale jusqu'aux î!es Malouineset à la Terre de Feu, sous le 55* degré (Hcok. f., Fl, anl.t I, part, h, p. 270), où c'est encore un Myrtus (M. nummularia) qui iixe le point extrême. — Dans cette famille. é\idemment, c'est l'existence et la multiplicité d'espèces d'un genre, le Myrtus, qui recule les limites générales jusqu'à 46 et 55" de latitude, car la grande majorité demeure eu deçà des 35 à A 5* degrés. Il est vrai que le continent australien, son centre principal, ne se prolonge pas actuellement plus au midi.

Maipighiae*es. — D'après la monographie de M. Adrien de Jussieu, elles s'avancent au nord de l'équateur, jusqu'au 28' degré en Amérique, jusqu'au 30* dans l'Inde; au midi de l'équateur, jusqu'au 35' degré en Amérique, et jusqu'au 30e en Afrique.

Camaanalacée». — Il existe aujourd'hui dans les livres 2A genres et environ AbO espèces. Dans la région arctique se trouve le Campanula algida et plus particulièrement le Campanula unillora, qui avancent jusque sous les latitudes les plus élevées. Le Campanula unillora a été trouvé aux Iles Aloutiennes, à l'île Melville, au Groenland, en Laponie (Alph. DC, Mon. Camp.), de sorte qu'on peut regarder la famille comme dépourvue de limite du côté du pôle arctique. Il n'en est pas de même dans l'hémisphère austral, car le Walhenbergia linarioides, qui s'avance en Amérique le plus au midi, ne dépasse pas le Chili et Bucnos-Avres, et aucune Campanulacée n'a été découverte en Palagonie et aux iles Malouines (Hook. f., Fl. ant.). La limite australe est donc entre les 38 et AO' degrés. Il est vrai que cette famille est rare dans l'Amérique méridionale. Elle abonde au cap de Bonne-Kspérante; mais la présence de l'Océan, vers le midi, s'oppose à une extension qu'elle aurait prise peut-être dans cette direction s'il y avait eu des surfaces terrestres. Elle n'est pas représentée dans quelques régions purement équaloriales, dépourvues de montagnes, savoir la Guyane, les bords du fleuve des Amazones, le Congo, la Guinée; mais diverses espèces du genre \.Yahlenbergia forment la limite équaloriale en Afrique et en Amérique.

Labiée*. — On en connaissait en 18AS, 2A01 espèces, réparties en 131 genres (Benlh., in DC, Proilr., XII). — Les Mentha canadensis et

LIMITES GÉOGRAPHIQUES DES FAMILLES. 1 1 â9

Scutellaria galericulata s'avancent dans le nord du continent américain jusque vers le 06' degré de latitude, sur les bords du fleuve Mackensie (Hook. f., FI, bur. Atnn II, p. 111 et 114), et jusque dans l'Ile de Terre-Neuve, A7-f)0° de latitude (ibid.); mais l'île de Melville (Br., Chloris) et le Labrador (E. Mey., Plant. Lab.), ne présentent plus aucune Labiée. En Laponie, le Galeopsis Tctraliil s'avance jusqu'à l'extrémité du continent, à l'Ile de Mageroë, sous le 71e degré (Martins, Voy. bot. en Norwége, p. 131). C'est une plante qui suit l'homme et qui, évidemment, a été naturalisée, ainsi que le Galeopsis versicolor et le Lamium purpureum, à Altenliord (ibid.> p. 00). A Loffoden, sous le 67e degré, on trouve les Ajuga pyramidalis et Prunella vulgaris (ibid., p. 50) qui sont un indice plus réel de la limite, car ils croissent au bord de la mer, hors des cultures. — Dans l'hémisphère austral, les Labiées manquent à des latitudes beaucoup moins avancées, par exemple aux îles Auckland et Campbell (50 1/2 à 52 degrés 1/2 de latitude sud), et aux îles Malouines (Durv., JFL\ Hook. f., 17. anlarct.). M. Rentham (DC, /Voc/r., XII, p. 222) indique leMicromeria Darwinii, à Sanla-Cruz, en Putagonie, sous le 50e degré, et le Menlha Cunninghamii est la seule Labiée de la Nouvelle-Zélande, sous le 40e degré. Je doute qu'aucune espèce de Labiée dépasse dans cet hémisphère le 50* degré, et l'on peut s'en étonner quand on voit l'île de Van-Diémen, le Chili et le Cap eu offrir un assez grand nombre.

Il est inutile de citer un plus grand nombre d'exemples, mais il ne l'est pas de réfléchir à la nature des causes qui influent sur la délimitation des familles. Les climats divers ne sont pas la cause unique et principale. Il y a en outre une cause première, supérieure, savoir la position de chaque famille, son ancienneté et son développement sous diverses formes, dans telle partie du monde plutôt que dans telle autre. Ce n'est pas l'océan, ce ne sont pas les climats, qui s'opposent depuis des siècles à la présence des Vochysiacées ou des Cactacées hors de l'Amérique ; c'est un fait de distribution primitive ou de destruction antérieure sur la plupart des continents. Si les Labiées s'étendent moins vers le pôle austral que vers le pôle boréal, la constitution propre des espèces-limites et la nature des climats n'expliquent pas le fait, car il est bien aisé de concevoir l'existence d'une Labiée qui supporterait le climat de l'extrémité australe de l'Amérique. S'il existait une seule espèce de cette famille dans ces parages, la limite serait reculée; or, l'existence d'une forme spécifique, en un point de la terre, est un fait géologique ou de création. Partout, dans la distribution des êtres organisés, les causes antérieures dominent les questions touchant l'état actuel.

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