‹ Géographie botanique raisonnée; ou, Exposition des faits principaux et des lois concernant la distribution géographique des plantes de l'epoque actuelle;Chapitre 69 sur 146 · LIMITES GÉOGRAPHIQUES DES FAMILLES · texte numérisé non relu

LIMITES GÉOGRAPHIQUES DES FAMILLES

La limite extrême d'une famille s'établit par diverses espèces de différents genres qui se trouvent sur chaque île ou continent. Ainsi, pour s'assurer de cette limite et des causes qui la déterminent, on doit parcourir le périmètre tout entier et étudier les circonstances variées qui arrêtent les espèces dans leur expansion sur cette ligne.

Cependant, comme les plantes dune même famille ont une ressemblance

LIMITES GÉOGRAPHIQUES DES FAMILLES. \\t\7

assez grande et assez intime, et qu'en général une famille comprend un nombre considérable de genres et d'espèces jetés depuis des milliers d'années sur divers continents, il arrive que la limite s'est établie d'une manière quelquefois assez uniforme en raison de la circonstance prédominante de tous les climats, la température. On jugera par les exemples suivants, qui ont été recueillis au hasard, du degré d'uniformité des limites de familles, autant qu'on peut les connaître à l'époque actuelle.

Anona« « t s — En 1832 (Alph. DC, Mém. sur les Anon. h°) on en connaissait 18 genres et 204 espèces; aujourd'hui, environ 19 genres et 240 espèces. La limite dans l'hémisphère boréal est constituée aux États- Unis d'Amérique par PAsimina triloba , Dun. (Uvaria triloba , Torr. et Gray), qui s'avance jusqu'au 42-43* degré de latitude, dans l'ouest de l'état de New-York (A. Gray, M an. bot. JV.-Sl.). On pourrait s'attendre a trouver des Anonacées dans le midi de l'Europe, ou au moins à Madère, dans le nord de l'Afrique, en Syiie, en Perse ; mais dans toutes ces régions la famille n'est pas représentée. L'Anona senegalensis est spontané jusqu'aux îles du cap Vert, sous le 17e degré (Webb, FL Nigr.* p. 97), et l'Anona Forskalii, espèce fort douteuse, est en Égyple, mais cultivée. Dans le nord de l'Inde, les Anonacées s'avancent jusqu'au pied de la grande chaîne et dans les vallées chaudes de l'Himalava, où l'élévation détermine évidemment leur limite. Dans l'Asie orientale, dont le climat ressemble beaucoup à celui îles Etals-Unis, on ne connaît pas d'Anonacée au delà des 28 à 30* degrés de latitude, car lTvaria japonica, Thunb., est un Kadsura (Magnoliaeée), et M. Bungc n'a pas vu d'Anonacée dans le nord de la Chine (Enum. pl. China* bor.). Il en est de même dans l'hémisphère austral, car le cap de Donne-Espérance et la région du Rio de la Plata ne présentent aucune Anonacée. — Ainsi la famille est généralement comprise entre 0 et 30° de latitude, mais la présence de quelques espèces un peu exceptionnelles aux États-Unis, et l'absence de la partie occidentale de notre hémisphère européen, déterminent des exceptions graves au delà et en deçà du 30e degré. Éxidemment le climat n'en est pas la cause, puisque des Anonacées supportent le froid excessif des États-Unis ; mais c'est le fait de la position des espèces, fait qui remonte à des causes antérieures de création et d'expansion géographique.

Myrtneée». — On doit en connaître aujourd'hui environ 1300 espèces, appartenant à 44 genres. — Dans l'Amérique septentrionale, quelques espèces mal connues avancent jusqu'en Floride sous les 28 à 30' degrés (Torr. et Gray, Fl. iV.-.im., I, p. 476). Le Myrtus communis, qui dépasse toutes les autres Myrtacées dans notre hémisphère, est indiqué à Madère (Lemann, cat. Dise.), mais non aux Acores (Wats., dans Hoôk.,

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