‹ Géographie botanique raisonnée; ou, Exposition des faits principaux et des lois concernant la distribution géographique des plantes de l'epoque actuelle;Chapitre 81 sur 146 · ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

ALLEMAGNE

Esp.

Proporl. 1

Esp.

Proporl.

Les auteurs mentionnent souvent les proportions de familles dans des pays aussi vastes que l'Europe entière et mémo plus vastes. Si par hasard ils comparent une de ces immenses régions avec les alentours d'une ville, ou avec une petite île, l'erreur résultant de l'aire relative des espèces peut s'élèvera 3 ou & pour 100, et même plus haut, probablement, dans des régions exceptionnelles et pour certaines familles. L'influence de cette cause doit être grande surtout dans les pays où les espèces changent rapidement d'un district à l'autre, par exemple au Cap, au Brésil, au Mexique, etc. On le voit plus loin, p. 1228, 1229.

Malgré cette cause d'erreur, et celle venant du degré inégal de fréquence des espèces, il est certain que pour des pays d'étendue à peu près semblable et pour des familles où l'aire moyenne des espèces n'est pas trop

DFS CARACTÈnF.S DF. VÉGÉTATION.

différente , ces pruporlions ont de l'intérêt et méritent d'être comparées d'une région à l'autre.

On peut aussi constater que certaines familles ont le plus grand nombre de leurs espèces agglomérées dans telle ou telle région du globe, sans examiner la proportion qui en résulte à l'égard des autres Phanérogames. C'est un point de vue qui conduit quelquefois à des conséquences différentes.

En général, de l'élude des familles on peut tirer deux caractères essentiels à connaître :

1° Dans tout pays certaines familles sont dominantes, sous le point de vue de la proportion de leurs espèces. Tel est le cas des Graminées et Composées en Europe, des Légumineuses aux Antilles et dans la plupart des pays équatoriaux, des Protéacées ou Myrlacées à la Nouvelle-Hollande, etc.

2" Certaines familles sont «••raetéristlancs, dans ce sens qu'elles sont propres à la région que l'on considère, ou que du moins elles y présentent une proportion plus forte que dans les autres régions, tantôt à l'égard des Phanérogames de la même région, tantôt à l'égard des espèces de chaque famille. Ainsi les Berbéridées sont caractéristiques du Chili, les Slylidiées de la Nouvelle-Hollande, les Résédacées de la région méditerranéenne et adjacente, les Cactacées du Mexique, les Oxalidées du Brésil et du Cap, elc, etc.

L'ahMore totale ou presque totale d'une famille dans une région , surtout lorsque les conditions du climat feraient croire- qu'elle s'y trouve, est aussi un caractère qui ne doit pas être négligé.

Enfin, la comi.innLon dc« ramilles mérite d'être remarquée, aussi bien que les caractères tenant à chacune en particulier. Ainsi la végétation de l'île Juan-Fernandez, formée essentiellement de Composées et de Fougères, doit présenter un aspect très différent de telle végétation où les Composées s'associent aux Légumineuses, de telle autre ou les Fougères sont mêlées avec des Aroïdes ou des Orchidées; et comme les principales familles se combinent par trois, par quatre, etc., il en résulte des Flores excessivement variées.

3* Caractères relatifs aux genres.

L'indication des genres les plus nombreux en espèces, ou les plus apparents par le nombre des individus , est bien une manière de dépeindre l'ensemble des végétaux d'un pays. Les voyageurs, même superficiels, y font attention. Malheureusement ce caractère n'est pas susceptible d'une grande précision (p. 1134) et se prête difficilement à la comparaison d'un pays à l'autre, à cause de la multitude des genres, de l'absence pour plu-

sieurs régions d'énumération complète des espèces, et du grand nombre des genres qui occupent deux ou plusieurs régions adjacentes ou même éloignées.

Ici, comme pour les familles, on peut remarquer les genres dominant* par le nombre des espèces ou des individus, et les genres caractéristiques.

4° Caractères relatifi aux espèces.

La présence d'une espèce dans un pays est toujours en elle-même un caractère; mais le nombre des espèces est si considérable, qu'on ne peut s'attachera tous les faits de cette nature. 11 suflit, en général, de constater :

Les espèces spontanées les pins communes, en insistant sur les arbres et sur les espèces qui dominent dans les stations principales de la région dont on s'occupe ;

Les espèces un peu remarquables et caractéristiques, c'est-à-dire

plus ou moins abondantes dans le pays, mais de nature à frapper un botaniste et qui n'existent pas dans les pays voisins;

Le« espèces cultivées, surtout celles de la grande culture.

On peut rechercher encore le nombre des espèces relativement à la surface , et en particulier celui des espèces propres au pays que l'on envisage.

Ces éléments numériques sont bons à constater, mais leur emploi exige de l'attention et des réflexions préalables, dont je vais m'occuper.

5° Variété ou uniformité de végétation.

Les formes végétales peuvent être variées dans un pays , soit par la diversité qu'elles présentent d'un district à l'autre, soit par la richesse de formes différentes dans chaque district.

Si le premier cas se présente, il convient de distinguer des régions ou zones différentes et de les considérer a part. C'est ce qu'on fait, par exemple, dans les pays montueux, où plusieurs degrés d'élévation offrent des végétaux en grande partie différents.

Lorsqu'il y a mélange intime des formes végétales dans l'étendue de pays que l'on considère, on est obligé d'employer des procédés statistiques. On calcule le nombre des espèces différentes, puis leur proportû n par genre et par famille.

Pour que ces chiffres aient une valeur comparable d'un pays à l'autre, et môme, je dirai, une valeur absolue, il faut se faire une idée de la manière dont l'étendue de surface modifie les proportions. Au premier aperçu

on devine que, suivant la grandeur du pays les chiffres changent, et changent dans des proportions différentes , puisque les espèces , les genres et les familles occupent des surfaces moyennes de grandeur très diverse. La théorie et l'observation s'accordent pour montrer qu'en effet il serait inexact de comparer des proportions numériques basées 9ur des régions trop illégales entre elles (a).

Si autour d'une ville, dans une surface de 100 lieues carrées, je suppose, on trouve 1 ,000 espèces de Phanérogames appartenant à 400 genres et à 100 familles naturelles, ce qui fait 10 espèces, 4 genres et une famille par lieue carrée, ou 2 espèces 1/2 par genre et 10 par famille, les proportions seront tout autres en étendant le cercle, même en admettant que la végétation ne change pas de caractère. On arrivera bien plus vite à la limite de quelques espèces qu'à celle des genres et surtout i celle des familles. En d'autres termes, les espèces qui auront cessé de se mootrer seront remplacées par d'autres, plus vite que l'on ne verra des genres nouveaux , ou des familles nouvelles, à cause de l'aire relative de ces groupes. Ainsi, en prenant une grande province dans laquelle se trouve la ville supposée, par exemple une étendue de 1,000 lieues carrées, on devra peut-être ajouter à la Flore 200 espèces, 2 ou 3 genres seulement et à peine une famille, ce qui donnerait par lieue carrée, pour la province 1,2 espèce, 0,4 genre et 0,1 famille, ou 2,9 espèces par genre et 11,8 par famille. Étendons encore la surface; supposons, par exemple, un vaste pays comprenant celte province et plusieurs autres, en tout 20,000 lieues carrées, on aura dans la Flore environ 2,000 espèces, 500 genres et 103 ou 104 familles. Les rapports seront 0,1 espèce, 0,02 genre, 0,005 famille par lieue carrée, ou 4 espèces par genre, 19 par famille. Ainsi plus on suppose la surface de pays étendue, plus (la végétation restant d'ailleurs homogène) le nombre des espèces, genres et familles par lieue carrée diminue, et cela dans une proportion d'autant plus rapide qu'il s'agit d'un groupe d'ordre plus élevé, plus aussi le nombre des espèces par genre et par famille augmente.

On pourrait donner à ces relations arithmétiques la forme de lois générales plus précises en employant les valeurs moyennes de l'aire des espèces, des genres et des familles (p. 1161), telles que l'observation les a données, mais ce serait peu utile, parce que les différents pays et les différents groupes de Phanérogames s'éloignent toujours plus ou moins des valeurs moyennes fondées sur l'ensemble. Un calculateur y verrait avec

(«] On grand nombre de botanistes, peu habitues aax méthodes numériques, sont tombés dan» celle erreur.

plaisir, peut-être, la démonstration des changements que les aires combinées avee les surfaces introduisent dans les rapports; un naturaliste aimera mieux une démonstration fondée sur des cas particuliers.

Dans ce but, je vais comparer les trois Flores, comprises les unes dans les autres, dont je me suis servi tuut à l'heure : celle du département de Maine-et-Loire (ancien Anjou), par M. Guépin (3* édit., 1845), celle du centre de la France où se trouve ce département ainsi que plusieurs autres, par M. Boreau, et celle de toute la France, d'après le Botanicon gallicum de M. Duby.

Après avoir retranché dans chaque ouvrage les espèces volontairement cultivées et avoir réduit les familles uniformément à celles du Botanicon, je trouve les chiffres qui suivent :

PAYS

aiiRKACiw(a).

K-SPÉXKS.

GSNRIW

Page 1