AMÉRIQUE, — PATAGONIE
géants si redoutés dansle Nouveau-Monde. Ils paraissaient avoir 40 palmes, c'est-à-dire 6 pieds et demi, ancienne mesure française. Un d'eux se trouva plus grand: les Espagnols ne lui allaient qu’à la ceinture. Six d’entre cs Patagons mangèrent comme vingt Espagnols. Les Patagons, à celte époque, n’avaient pas encore de chevaux; ils étaient montés sur des animaux semblables à des ânes, probablement les guemuls de Molina. Mais alors, comme aujourd’hui, ils étaient pasteurs et nomades.
Vers lan 4592, le chevalier Cavendish traversa le détroit de Magellan : il attesta avoir vu, sur la côte américaine, deux cadavres de Patagons qui avaient 44 palmes de long : il mesura, sur le rivage, la trace du pied d’an de ces sauvages, et elle se trouva quatre fois plus longue qu’une des siennes ; enfin, trois matelots manquèrent re tués jusque dans la mer par les quartiers de rochers qu’un gé . Voilà le Polyphème de l'Odyssée, voilà la fable qui vient défig istoriques.
Le lieutenant de frégate Duclos-Guy ommandant d'une flûte du roi, la Giraudais, non-seulenientrevirent encore, en 1766, ces géants, mais ils restèrent assez long-temps parmi eux pour nous fournir les détails ies plus curieux sur leurs mœurs et leur manière de vivre.
Ils reçurent les Français avec des chants ou discours solennels, comme les insulaires de la mer du Sud : après avoir ainsi manifesté cette hospitalité qui caractérise l’homme de la nature, ils menèrent les étrangers auprès de leur feu. Quelques-uns avaient au delà de 2 mètres de haut; le moins grand avait 4 mètre 86 centimètres ; et leur carrure, à proportion, était encore plus énorme; ce qui faisait paraître leur taille moins gigantesque. Lis ont les membres gros et nerveux, la face large, le teint extrêmement basané, le front épais, le nez écrasé et épaté, les joues larges, la bouche grande, les dents très-blanches, les cheveux noirs, et sont plus robustes que nos Européens de même taille. Ils sont vêtus de peaux de guanacos, de vigognes et autres, cousues ensemble en manière de manteaux carrés, qui leur descendent jusqu’au-dessous du mollet, près de la cheville du pied. Ces manteaux sont peints sur le côté opposé à la laine, en figures bleues et rouges, qui semblent approcher des caractères chinois, mais presque tous semblables, et séparés par des lignes droites qui forment des espèces de carrés et de losanges. Ils portent des toques ornées de plumes. Ils prononcèrent quelques mots espagnols, ou qui tiennent de cette langue, En montrant celui qui paraissait être leur chef, ils le nommèrent capilan.
Plusieurs Français allèrent à la chasse un peu loin : ils virent des carcasses de vigognes, et un pays inculte, stérile, couvert de bruyères. Les
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chevaux des sauvages paraissent très-faibles, mais ils les manient avec beaucoup d’adresse. Avec leurs frondes ils atteignent et tuent les animaux jusqu’à 400 pas de distance. Les femmes ont un teint beaucoup moins basané : elles sont assez blanches, d’une taille proportionnée à celle des hommes, habillées de même d’un manteau, de brodequins, et d’une espèce de petit tablier qui ne descend que jusqu'à la moitié de la cuisse. Elles s’arrachent sans doute les sourcils, car elles n’en ont point.
Ces Patagons ne connaissent pas la passion de la jalousie, au moins doiton le présumer par leur conduite, puisqu'ils engageaient les Français à palper la gorde de leurs femmes et de leurs filles, et les faisaient coucher pêle-mêle avec eux et avec elles. Les Patagons se meltaient souvent trois ou quatre sur chacun de leurs hôtes, pour les garantir du froiû ; galanwerie qui parut suspecte aux Français, et leur inspira un mouvement de crainte injuste.
On est certain aujourd’hui que, jusque dans ces derniers temps, tous les voyageurs qui ont parlé des Patagons, ont exagéré ou se sont mépris sur leur taille. Suivant M. Alcide d’Orbigny, la taille de ces prétendus géants est celle de beaucoup d’Européens.
« Pour moi, dit-il, après avoir vu sept mois de suite beaucoup de Pata- « gons de différentes tribus, et en avoir mesuré un grand nombre, je puis « affirmer que le plus grand de tous n’avait que 4 mètre 81 centimètres « métriques français, tandis que leur taille moyenne n’était pas au-dessus « de 4 mètre 72 centimètres ; ce qui est sans contredit une belie taille, mais « pas plus élevée que celle des habitants de quelques-uns de nos départe- « ments. Cependant je remarquai que peu d'hommes étaient au-dessous de « À mètre 67 centimètres. Les femmes sont presque aussi grandes, et sur- « tout aussi fortes. Ce qui distingue particulièrement les Patagons des « autres indigènes et des Européens, ce sont des épaules larges et effacées, « un corps robuste, des membres bien nourris, des formes massives et « tout-à-fait herculéennes. » Leur tête est grosse; leur face est large et carrée; leurs pommettes sont peu saillantes; leurs yeux sont horizontaux et petits. En général, il a paru à M. d’Orbigny qu’en Amérique l’espèce humaine suit la règle établie pour les plantes, c’est-à-dire qu’elle décroit à mesure qu’on s'élève des plaines au sommet des Andes. Relativement aux Patagons, son témoignage s’accorde avec ce qu’en dit le capitaine anglais King. Au premier aspect, il lui sembla que les Patagons appartenaient à une race d'hommes d’une stature prodigieuse; mais, en les regardant de plus près, cette illusion cessa, Si on les voit à cheval, si on les
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voit assis, leur taille étonne, parce qu’ils ont la partie supérieure du corps d’une hauteur disproportionnée avec le reste. Leurs jambes et leurs cuisses sont très-courtes, leurs mains et leurs pieds sont très-petits, tandis que leur tête semble faite pour des hommes de 2 mèt. 27 à 2 mêt. 60. Parmi une trentaine de Patagons que le capitaine King vit, dans la baie de Gregory, le plus petit nombre avait 6 pieds anglais de hauteur ; un seul de ces individus avait 1 mètre 96 centimètres; tous étaient extrêmement gros. Ainsi, il paraît bien constaté que les Patagons sont loin d’être des géants, mais que leur stature est un peu au-dessus de celle de la plupart des autres hommes.
Leur coiffure est une toque ornée de plumes. Lorsqu'ils vont à la guerre, ils portent une cuirasse de peau et un chapean de cuir. L’arc, la fronde et la lance, dont le fer est remplacé par un os très-pointu, sont les principales armes de toutes les tribus de la Patagonie. Les cheveux des femmes, disposés en tresses et ornés de grelots ou de morceaux de cuivre, tombent sur leurs épaules; leurs bras et leurs mains sont ornés de bracelets; elles portentun chapeau paré de plumes, de cuivre, etde colliers formés de coquilles connues sous le nom de furbo. Les Patagons sont pasteurs et nomades; ils adorent un dieu terrible qui paraît être le génie du mal, et qu’ils appellent Guatéchu. À l’époque du mariage, leurs femmes sont plongées dans l’eau à plusieurs reprises : leur condition est des plus malheureuses.,
M. Alcide d’Orbigny porte à environ 40,000 le nombre des Patagons.
… L’extrémité du continent américain et le terrain continental le plus austral qu’il y ait sur le globe, méritent sans doute le nom de pays froid, sauvage et stérile, Mais les vents impétueux et les changements subits de température ne sont pas des désagréments particuliers à la Patagonie ; ce sont des caractères inhérents aux climats des promontoires ou des extrém'lés d'un continent quelconque. Seulement, cn Patagonie toutes les circonstances qui y peuvent contribuer se trouvent réunies dans un très-haut degré. Trois vastes océans isolent cette terre de tout l’univers; des vents et des courants opposés s’y rencontrent presque en toutes les saisons ; une haute et large chaîne de montagnes la parcourt et la remplit à moitié, nulle terre cultivée ou tempérée ne l’avoisine.
Depuis l’ile de Chiloé jusqu’au détroit de Magellan, la hauteur moyenne des Andes est d'environ 1,000 mètres ; cependant il y a des montagnes qui ont 41,500 à 2,000 mètres de hauteur.
On a observé que les plaines, ou la partie orientale, différaient essentiellement des montagnes qui forment la partie occidentale. La première,
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nue, aride, sablonneuse, dépourvue de toute espèce d'arbres, jouit d’un air sec et screin ; la chaleur de l'été est de 7 à 41 degrés centigrades. La seconde, formée de rochers primitifs, arrosée de rivières et de cascades, couverte de forêts, éprouve des pluies presque perpétuelles ; la chaleur n’y est que de 4 à 8 degrés.
Parmi les arbres communs sur la côte élevée, depuis le cap Très-Montes jusqu’au détroit de Magellan, sont un hêtre toujours vert (fagus betuloïdes), un autre appelé drymis Winteri, et une espèce de bouleau (befula antarctica), qui paraît être le même que le hêtre-bouleau (fagus antarclica), qui atteint quelquefois une circonférence de 12 mètres, et fournit un bois excellent. Une espèce de palmier ou de fougère arborescente s’est égarée jusqu’au détroit de Magellan.
Les guanaco’s, une espèce de perroquet vert, le lièvre pampa, le vizcache et beaucoup d’autres animaux du Chili et de Buenos-Ayres se sont multipliés dans la Patagonie.
A l’entrée occidentale du détroit, les rochers qui le bordent sont pour la plupart des granits et des diorites. Près du centre du détroit domine le schiste argileux : cette roche s’étend jusqu’à la baie Freshwaler, où elle se mélange avec le schiste qui disparaît graduellement en approchant du cap Negro. Du cap des Vierges au port Saint-Julien, la côte est bordée de falaises d’argile en strates ou couches horizontales.
Autour du Port-Désiré, baie sûre et profonde, les rochers sont composés de marbres veinés de noir, de blanc et de vert, de silex et de talc brillant et semblable à des cristaux. Les végétaux y sont peu abondants ; Narborough vit cependant des troupes de taureaux sau° ‘2 dans l’intérieur. Les coquillages fossiles forment sur toutes ces cû :e très-grands bancs, et ils y sont d’une rare beauté : la plupart appartiennent au genre huitre. Près le port Saint-Julien on aperçut des anhnaux semblables aux tigres, soit des jaguars, soit des couguars, air, si que des armadillos. Il s’y trouve de grandes lagunes salantes.
Le détroit de Magelien a perdu son importance nautique depuis que la découverte du cap Aorn a ouvert aux navigateurs une entrée plus facile dans l’océan Pacifique. Le célèbre Magalhaens y passa en 4519; depuis, la plupart des anciens circumnavigateurs du monde ont eu lieu d’y exercer leur patience et leur courage. De nombreux courants et beaucoup de sinuosités y rendent la navigation très-difficile. La longueur est de 480 lieues ; la largeur varie de plus de 45 à moins de 2 lieues. A l’est, deux goulets étroits resserrent le canal ; les rochers, très-escarpés, paraissent calcaires. Au
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centre se présente un vaste bassin formé par la péninsule de Brunswick, sur laquelle est situé le port Famine, où les Espagnols avaient bâti et fondé une colonie sous le nom de la Ciudad real de Felipe; des mesures imprévoyantes firent périr de faim les colons. Dans ces derniers temps, en 1843, le gouvernement du Chili y a tenté un nouvel établissement colonial, et il prétend à la souveraineté de la côte depuis l’île de Chiloé jusqu’au cap Horn ; mais la colonie de Magellan est l’objet d’une contestation territoriale avec la confédération argentine. La contrée autour du port Famine mériterait de porter un nom moins effrayant. On y voit abonder des perroquets, des pluviers, des bécassines, des oies, des canards ; il y croît des poivriers, de l'écorce de winteretdes groseilliers. A quelque distance, dans Ja baie Freshwaler, Narborough trouva des hêtres et des bouleaux très-gros. Les extrémités des Andes, vers le cap Froward, sont chargées de neige; mais leurs flancs nourrissent des forêts. Le Rio-Gallegos et les autres rivières roulent vers la mer ou vers le détroit de très-gros arbres.
La marée, dit le capitaine King, monte dans cette rivière à 45 mètres de hauteur, et le courant est très-rapide.
La côte qui borde au nord-est la sortie occidentale du détroit a été reconnue par les Espagnols, et au lieu de faire partie du continent, elle se trouve former un nouvei archipel très-considérable. Plus au nord est l’archipel de Tolède ou de la Sainte-Trinité, appelé aussi archipei de la Madre de Dios. La grande île de la Madre de Dios (de la Mère de Dieu) en fait partie : elle a 2b lieues de longueur et 45 de largeur. Les Chiliens ont un poste
. sur l’île Saint-Martin, et des fastoreries sur plusieurs points de la côte
occidentale.
On sait peu de chose de cet archipel, si ce n’est qu’il est rocailleux, montagneux et d’un aspect désagréable. Il est séparé du continent par le canal de la Conception, au bord duquel viennent se terminer brusquement es Andes, dont les flancs se couvrent ici d’énormes glaciers.
Le capitaine King a exploré pendant les années 1826 à 1830, dans le même archipel, le groupe de Guayaneco, composée de petites îles, dont une est remarquable par une haute montagne appelée Vevado de Captana; il a donné le nom de Wellington à une grande île que les Espagnols nomment Campana ; il a visité les îles Lobos et Rocca-Partida. Toutes ces îles s'étendent à peu de distance de la côte occidentale de la Patagonie, dans la direction du sud cu nord, depuis le cap Sainte-Isabelle jusqu’au golfe de Penas.
Le détroit de la Conception baigne l’ile de Æanovre ; au sud de celle-ci
est l'archipel de la Reine Adélaïde, que traversent plusieurs canaux qui communiquent avec le détroit de Magellan.
Immédiatement au sud de la Patagonie s’étend un amas d’iles montagneuses, froides, stériles, où les flammes de plusieurs volcans éclairent, sans les fondre, des neiges éternelles : la mer y pénètre par des canaux innombrables ; mais les passages sont si étroits, les courants si violents, les vents si impétueux, que le navigateur n’ose se hasarder dans ce labyrinthe de la désolation ; rien d’ailleurs ne l'y invite ; des laves, des granits, des basaltes jetés en désordre forment d'énormes falaises suspendues sur les flots mugissants. Quelquefois une magnifique cascade interrompt le silence du désert, des phoques de toutes les formes se jouent dans les baies ou reposent leurs lourdes masses sur les grèves ; des pingoins, des nigauds et autres oiseaux de l’océan Antarctique, y poursuivent leur proie ; le navigateur y trouve des plantes antiscorbutiques, du céleri et du cresson.
Telle est la côte méridionale et occidentale de l'archipel appelé Terre de Feu, auquel le capitaine King a voulu récemment imposer le nom de Æing- Charles-Southland. Le capitaine Cook y a découvert le port de Christmals, port d’une grande utilité pour les navigateurs qui doublent le cap Horn.
A proprement parler, la Terre de Feu, que l’on devrait appeler la Terre du Feu, est partagée en trois grandes îles par deux canaux, dont l’un s'ouvre en face du cap Forward, ct l’autre vis-à-vis du Port-Gallant. A l’ouest, une grande île se termine par une presqu’ile qui a reçu le nom de Désolation du Sud. A l’est de cette île s'étend celle de Clarence, dont la longueur est de 52 milles et la largeur de 23. Bien qu’elle soit rocailleuse, elle offre cependant un aspect verdoyant. Suivant le capitaine King, la direction uniforme des promontoires de la côte septentrionale de cette île est remarquable. La grande île de l’est a été appelée Terre méridionale du Roi Charles. Elle est séparée du continent par le détroit de Magellan et de la Terre des États par le détroit de Lemaire. La partie orientale de cette ile est basse et offre des plaines semblables à celles de la côte de la Patagonie; mais vers le détroit de Lemaire, on y remarque des montagnes couvertes de neige: l’une d’elles, nommée sur les cartes le Pain de Sucre, a plus de 4,300 mètres de hauteur. Dans la partie méridionale de cetteile, le capitaine Hall remarqua un volcan en 1829. Vers son extrémité orientale s'élèvent quelques montagnes, dont les principales sont le mont Sarmiento et plus au nord le pie Nose.
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les côtes de .a Terre de Feu. Leur couleur est olivâtre ou basanée. Ils sont robustes, et leurs traits offrent beaucoup de rapports avec ceux des Araucanos, dont ils sont voisins. Essentiellement vagabonds, leur conéition d’existence ne leur permet pas de se former en grandes sociétés.
La Terre des Élats, découverte par Lemaire, est une île détachée qui doit être considérée comme faisant partie de l’archipel de la Terre de Feu, à l’est de laquelle elle est située. Les Anglais y ont fondé, en 4848, le petit établissement de Opparo, qui sert de relâche aux pêcheurs de baleines. On devrait nommer toutes ces îles Archipel Magellanique.
Les côtes septentrionale et orientale sont beaucoup moins disgraciées de la nature; les montagnes s’y abaissent plus doucement vers l’océan Atlantique ; une assez belle verdure y pare les vallées ; on y trouve du bois, des pâturages, des lièvres, des renards et même des chevaux. Les Pecherais, habitants indigènes de cet archisel, et dont le véritable nom paraît être Facanacus, sont de taille moyenne, avec de larges faces, des joues proéminertes et le nez plat. Ils sont si sales qu’on ne distingue pas la couleur de leur peau. Leurs vêtements consistent en peaux de veau marin. Leurs misérables cabanes, en forme de pain de sucre, sont toujours remplies d’exhalaisons suffocantes ; ils vivent de poissons et de coquillages. Ceux qui habitent près de la baie du Succès jouissent d’un peu plus de fortune. Ils paraissent identiques avec les Fekinahus, qui s’étendent sur le continent.
Les fles Malouines, que les géographes anglais nomment aussi Hawkin’s Muidenland, se trouvent à 76 lieues au nord-est de la Terre des États, et à 410 lieues à l’est du détroit de Magellan. Elles se composent de 92 îles ou îlots, aujourd’hui sous la dépendance de l'Angleterre, malgré les réclamations de la république Argentine. Les deux grandes iles, appelées West-Falkland et Ost-Falkland (Soledad ) sont séparées par un large canal auquel les Espagnols avaient donné le nom de détroit de San-Carlos, mais que les Anglais nomment canal de Falkand.
Dom Pernetli et Bougainville pensent que ces îles n’ont été découvertes que de 1700 à 4708, par plusieurs vaisseaux de Saint-Malo. Mais Frézier, dans la Relation de son voyage à la mer du Sud, et Fleurieu, dans un Voyage où il a combattu avec un si grand succès tant d’autres prétentions anglaises, leur abandonnent celle-ci.
Les montagnes ont peu d’élivation. Le sol, sur les hauteurs voisines de la mer, était un terreau noir formé des détritus des végétaux; en beaucoup d’endroits on trouve une bonne tourbe. En fouillant un peu la terre,
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on rencontre du quartz, des pyrites cuivreuses, de l’ocre jaune et rouge. Dom Pernetti décrit une espèce d’amphitéâtre naturel . iormé d’assises régulières d’une sorte de porphyre. Point d'arbres; les Espagnols ont essayé d’en planter; ils ant poussé leurs soins jusqu’à apporter de la terre de Buenos-Ayres; aucun n’a réussi; les jeunes arbres périssent dans la première année. Partout s'élèvent des glaïeuls qui, dans le lointain, offrent l'image illusoire de bosquets verdoyants. Chaque plante du glaïeul forme une motte élevée de 80 centimètres environ, d'où s’élève une touffe de feuilles vertes à une hauteur à peu près égale. L'herbe abonde dans ces îles, et y vient à une grande hauteur. On y a trouvé du céleri, du cresson, et deux ou trois plantes d'Europe. Les autres végétaux offrent quel-. que ressemblance avec ceux du Canada. Mais les epipaclis, lesazédarachs, les tithymalus résineux, qui forment des mottes très-élevées, et des arbrisseaux semblables au romarin , nous rappellent la végétation du Chili, Toutes les espèces de phoques, auxquels le vulgaire applique les noms de lions, de veaux, de loups marins, viennent se reposer entre les glaïeuls qui couvrent ces îles. Les pingoins se promènent à côté de ces lourds et paisibles amphibies. Il n’a été trouvé aucun quadrupède.
Les Espagnols, en 1780 , avaient transporté aux îles Malouines 800 têtes de bétail, bœufs et vaches ; ils se sont tellement multipliés, qu’en 1795, leur nombre passait 8,000. On ne leur donne ni abri ni nourriture ; ils passent l’hiver en plein air; ils out appris à fouiller la neige pour découvrir le pâturage qu’elle couvre.
Port-Egmont et Port-Étienne dans la Falkland occidentale sont les principaux établissements anglais. La Falkland orientale ne présente que Port-Volunter près de la baie de Marville, Les principales îles qui entourent les Falkland et dépendent de leur archipel sont: lesiles Borbon, Salvages, Kemolinos, Swau, Pebble et Lively.
Quoique l’île Saint-Pierre, nommée Géorgie australe, Nouvelle-Géorgte, ou {le du Roi Georges par les Anglais, n’appartienne à personne , nous la nommons ici à cause de son voisinage avec les iles Malouines. Elle a 38 lieues de longueur sur 20 de largeur; ses côtes offrent un grand nombre de ports et de baies, mais les glaces les encombrent pendant une grande partie de l’année. E!le a été découverte par la Roche en 1675; le capitaine Cook, en 1755, n’a fait que la visiter une seconde fois; il aurait pu se dispenser de lui imposer un nom anglais. Cette île, située à 400 lieues à l'est du cap Horn, par 55 degrés de latitude, est un amas de rochers couverts de glaces et composés, selon Forster, de schistes noirâtres, par
et rouge.
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