AMÉRIQUE, — PARAGUAY. [LA
nom. On y voit presque partout un très grand nombre de cotonniers: arbustes. Les cannes à sucre y naissent sans culture dans les lieux humides. Un arbre qui abonde dans le Paraguay, c’est celui d'où l'on tire la liqueu, nommée sang-dragon. 1 y a diverses autres résines utiles. Il n’est pas rare de trouver dans les bois de la cannelle sauvage, qui se vend quelquefois en Europe pour de la cannehe de Ceylan, La rhubarbe, la cochenille figurent au nombre des produetions naturelles, L. grande récolte du maté se fait près la nouvelle Villa-ZAicæ, qui est voisine d': montagnes de Maracayu, situées à l’orient du Paraguay, vers les 25° 25° de latitude australe.
M. d’Azara compte au Paraguay trés espèces de singes, le mérigouima, le cay et le caraya. Ce dernier, qui est le plus commun, remplit, à l'aurore et à la fin du jour, les forêts épaisses de ses cris rauques et triste: semblables au craquement d’un nombre immense de roues de bois non graissées. Le grand tatou creuse ses terriers dan les forêts; quelques autres espèces vivent dans les champs et sur les lisières des bois. Le tapir est nommé mborebi par les Guaranis ; le même peuple comprend sous le nom de guazou, assez semblable à celui de gazelle, «uatre espèces de cerf différentes de celles de l’ancien continent. Outre les Jaguars et les couguars, on rencontre ici le chibigouazou, ou le felis pardalis, l’yagouaroundi e! l'evra, espèces de chat-tigre inconnues à l’ancien continent.
Le Paraguay ne renferme que de petites cités, mais le nombre des villages est considérable. Chacun d’eux est gouverné par un magistrat choisi parmi les habitants ; ils ont tous à peu près le même aspect ; tous ont une grande place, une église et des maisons proprement conslruites et couvertes en tuiles. Le dixième de la population est formé d’indigènes ; les mulôtres et les noirs composent deux autres dixièmes; le reste comprend les blancs.
Des 6 ou 7 villes que l’on compte au Paraguay, la seule remarquable est la capitale, appelée Assomplion (Assuncion). Cette cité s'élève sur la rive gauche du Paraguay. Elle est bâtie sans régularité, et sa population est tout au plus de 12,000 âmes. Elle est la résidence d’un évêque et celle du chef de l'Etat, mais elle ne renferme aucun édifice digne de quelque attention. Le palais du dictateur n’est qu’une grande maison construite par les jésuites peu de temps avant leur expulsion. Tevego a èté fondée au milieu d’un désert, pour servir de lieu d’exil aux personnes qui déplaisaient au dictateur. Villa-Rica, Ylapua, Villa-Real-de-Concepcion, Caruguaty, et quelques autres villes. sont si peu importantes, que Villa-Rica, la plus conv. 61
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sidérable, renferme à peine 4,000 habitants. Ytapua n’a pris rang parmi les villes que depuis qu’une douane y a été établie.
Tel est ce que l’on connaît de plus intéressant sur ce pays, dont l’entrée est encore fermée à tous les étrangers, sous peine d’être retenus prisonniers par le président. Tout ce que l’on sait du gouvernement de celui-ci, c’est que les Indiens ne peuvent parvenir à aucun emploi, si ce n’est dans leurs peuplades; que le chef de l'Etat perçoit les impôts, recrute l’armée, "nd la justice, et qu’il a cependant eu la sagesse d’abolir la peine de mort, L.: plus grand châtiment réservé aux coupables est la prison perpétuelle.
Les Guaranis, dont le nom, suivant M. d'Orbigny, signifie guerre et guerrier, étendent dans cette contrée, ainsi que sur les deux territoires péruviens, plusieurs de leurs nombreuses ramifications. Les Guayana, nommés aussi Guayaques, s’y distinguent par leur blancheur; ils vivent à l'ombre de forêts épaisses, et dès qu’on les en fait sortir, ils languissent et meurent. Les Guaranis forment la nation la plus nombreuse de l'Amérique méridionale, puisque leur nombre est évalué à 300,000, parmi lesquels 50,000 sont à l’état sauvage et le reste est chrétien. Ils habitent les territoires de la république Argentine, de celle de Bolivia, du Paraguay et du Brésil. Leur couleur est en général jaunâtre, un peu rouge et très claire. Leur taille est peu élevée ; elle dépasse rarement 4 mètre 65. Ils ont la tête arrondie, le nez court et peu large, les yeux petits et expressifs relevés à leur angle extérieur, le menton rond et très-court, les sourcils étroits et arqués, la barbe et les cheveux noirs.
La propagation étonnante des chevaux et des bœufs européens soit domestiques, soit devenus sauvages, est un grand trait commun de l’histoire naturelle de ces contrées. C’est M. d’Azara qui nous a fait connaître dans tous ses détails l’histoire de ces animaux. C’est de 1530 à 4552 qu’on a importé des chevaux et des bœufs d'Europe en grand nombre. Les chevaux, devenus sauvages, vont par troupes composées de plus de 40,000; presque tous sont bai-châtains ; ils diffèrent très-peu des domestiques ; on les dompte facilement, et, comme les pâturages ne manquent pas, le pauvre jardinier a son cheval. Il y a aussi beaucoup d’ânes sauvages qui proviennent üe la même source. Les bœufs abondent surtout dans le pays des Chiquitos et dans les champs de Montevideo; ces animaux sont, pour les habitants, ce que les rennes et les chameaux sont pour les Lapons et les Arabes; leur chair est la base de la nourriture ; on exporte leurs peaux, et cette exportation s’éleva à plus de 4 million de pièces en 1794; on fait avec leurs cornes des vases, des cuillers, des peignes, des pots, des cruches;
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avec leurs cuirs, des cordes, des liens, des matelas, des cabanes; la graisse supplée l’huile, même pendant le carême; de leur suif, on fait du savon, de la chandelle ; les os servent au lieu de bois à brûler dans beaucoup d’endroits où il manque, et on les fait flamber par le moyen du suif; les crânes servent de chaises dans les esfancias (ou maisons de campagne); on fait avec du lait unc quantité de ragoûts, de fromages. La couleur de ces précieux animaux est sombre et rougeâtre dans les parties supérieures, et noirâtre dans le reste. Le bétail de Montevideo est plus grand que celui de Salamanque, qui est lui-même le plus grand de l'Espagne; cependant les taureaux nesont pas aussi légers ni aussi féroces que dans ce dernier pays. Près du Coin-de-la-Lune, à environ 45 lieues vers le sud-ouest de la cité de l’Assomption, il est né un taureau sans cornes, qui a propagé sa race. Une autre race, qu’on nomme nafa, a la tête d’un tiers plus courteet le front garni d’un poil crépu. Il existe aussi quelques variétés de taureaux qu’on appelle chiros, parce qu’ils ont les cornes droites, verticales, coniques et très-grosses à la racine. Les bœufs sauvages s’apprivoisent facilement, et ils pourraient, ainsi que les chevaux, devenir une source de richesse entre les mains d’un peuple plus inäustrieux. L’avarice irréfléchie des chasseurs en a dans ces dernicrs temps détruit un grand nombre. Depuis la latitude méridionale de 27 degrés jusqu'aux îles Malouines, les bêtes à cornes et autres animaux ne sentent pas le besoin de lécher les terres salines et nitreuses appelées barrero’s, parce queleseaux et les pâturages contiennent assez de sel. Mais, à partir de ceîte latitude vers l'équateur, le barrero's devient d’une nécessité indispensable. M. d’Azara assure que les cantons qui en manquent ne sauraient nourrir une seule tête de bétail, Le Paraguay etune grande partie du Brésil sont dans ce cas.
T'aBLEaAu statistique de la république Argentine
POPULATION absolue en 1850.3
SUPKERFICIE en lieues.
POPULATION par licue carrée,
4 Sans y comprendre les Indiens errants ou indépendants, Quelques géographes portent la population à 2,000,000° Nous croyons ce chiffre exagéré.
PROVINCES