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Troupes réglées. . ....... ab: (00 otimes, LI CÉSAR PO RE :
Suite de la Description de l'Amérique. — Description de l'empire du Brésil.
L'empire que les Portugais fondèrent en Amérique, dut en quelque sorte son existence à une erreur de géographie. Lorsque les Portugais eurent fait leur première descente au Brésil; la cour d’Espagne, qui regardait avec raison Vincent Pinson et Améric Vespuce comme les véritables auteurs de la découverte de ce pays, se plaignit vivement de cette invasion d'un continent sur lequel elle prétendait avoir le droit de première décou-
verle. Le pape essaya d’abord de concilier les deux parties en traçant, d'autorité, la fameuse ligne de démarcation à cent lieues à l’ouest des iles du Cap-Vert, figne qui ne peut atteindre la vrate position du Brésil, quelque échelle qu’on adopte pour l’évaluation des lieues, soit qu’on veuille y voir des lieues castillanes de 26 au degré, soit qu’on en fasse des lieues marines de 20, ou même des lieues portugaises de 417 au degré. Mais le comosgraphe don Pedro Nuñez et l’hydrographe Texeira portèrent, dans leurs cartes, le Brésil trop à l’est, l’un de 22 degrés, l’autre de 42 à 13. Moyennant cette erreur énorme, et peut-être un peu volontaire, les Portugais faisaient entrer dans leur hémisphère une partie quelconque du Brésil. Cependant, mécontents de la décision pontificale, les Portugais profitèrent d’un moment favorable pour arracher à l'Espagne des concessions plus étendues. Le traité de Tordesillas, signé le 7 juin 4594, traça la ligne de démarcation définitive à 370 lieues à l’ouest de l’île la plus occidentale du Cap-Vert, mais également sans fixer la valeur de la lieue, car les diplomates ont été de tout temps fort habiles à tout embrouiller en géographie. Si l’on entend des lieues castillanes, la ligne n’atteint pas le vrai méridien de Bahia ; si l’on veut parler des lieues marines, elle arrive, .qu’à celui de Rio-Janeiro; si enfin, et c’est la supposilion la plus favorable, on adopte les lieues portugaises, la ligne correspond à peu près au méridien de Saint-
Paul, mais n’atteint pas seulement d’un degré près celui de Para ou l’embouchure de Amazone.
Ainsi, les Espagnols accusaient avec raison les Portugais d’avoir, en temps de pleine paix, envahi l’immense territoire de l’Amazone et une grande partie du Paraguay, au mépris des traités solennels. Enfin ces acquisitions illégitimes furent confirmées au Portugal par le traité de 4778; l'Espagne exigea la fixation d’une limite positive, et que désormais elle ne laisserait plus impunément violer, Les Portugais n’ont pas respecté cette limite; ils se sont établis sur le territoire neutre du côté de Mérim ; ils ont envahi sept villages des Guaranis, renfermant 12,200 habitanis, entre les rivières Uruguay et Iguacu ; ils ont passé à travers le territoire des Payaguas, et bâti les forts de Nouvelle-Coimbre et d’Albuquerque, sur le terri-toire des Chiquitos : voilà seulement quelques-unes des plaintes que les autorités locales adressaient au vice-roi de Buenos-Ayres, et que celui-ci transmettait à la cour de Madrid à la fin du siècle dernier. Depuis, les troubles de l'Amérique espagnole leur ont fourni une occasion favorable de s’étendre.
La comparaison des cartes géographiques anciennes et modernes rend
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sensible cette constante mvasion des Portugais. Sur les anciennes cartes, le nom de Brésil n’a été donne qu'aux côtes maritimes, depuis Para jusqu’à la grande rivière de San-Pedro. Les contrées situées sur la rivière des Amazones, de Madeira, de Xingu, portaient le nom de pays des Amazones; elles sont à présent, pour la plus grande partie, comprises dans le gouvernement de Para. La dénomination de Paraguay, dans les cartes même de la fin du siècle dernier, s'étend sur la plus grande partie du gouvernement de Mato-Grosso, sur la partie occidentale de celui de Saint-Paul.
Le Brésil est resté jusqu’au commencement de ce siècle une simple possession coloniale portugaise. En 1808, Jean VE, roi de Portugal vint s’y réfugier ; et en 48413, par suite de la présence de la cour, il fut érigé en royaume. En 1821 Jean VI retourna à Lisbonne, laissant Don Pedro, son jeune fils, pour vice-roi de Brésil. Celui-ci cédant au mouvement libéral qui tendait à détacher le Brésil du Portugal, promulgua en 1822 une constitution et prit le titre d'Empereur. C'est à cette époque que l’on changea les divisions administratives de l’ancienne colonie portugaise. L'Empire du Brésil reçut le complément de sa constitution en 1835, il fut partagé en 48 provinces subdivisées en camarcas, en paroisses et en districts. Sa superficie peut être évaluée à 401,601 lieues géographiques carrées et sa population totale ne doit pas dépasser 7 à 8 millions d'habitants. Cette vaste contrée renferme probablement, à peu de chose près, les deux cinquièmes de la surface de l'Amérique méridionale, ou plus de dix fois l’étendue de la France. Mais la population, qui n’est un peu concentrée que sur
les côtes et dans les districts des mines, s'élève tout au plus à huit millions,
dont un quart à peine est du sang européen.
Pour tracer un tableau général du svi du Brésil, de la direction et de la structure des montagnes, les données existantes ne sont ni assez étendues ni assez authentiques. Le principal noyau des montagnes parait devoir se trouver au nord de Rio-Janeiro, vers les sources de la rivière de San-Francisco. En partant de ce point, une chaine s’étend parallèlement à la côte du nord, sous les noms de Cerro-das-Esmeraldas, Cerro-do- Frio etautres ; une seconde chaine, ou plutôt la même, suit une direction semblable au sud, et prend entre autres noms celui de Parapanema; elle ne se termine qu’à l'embouchure du fleuve Parana ou de la Plata, Trèsescarpée et très-pittoresque du côté de l'Océan, elle ne paraît nulle part atteindre à une élévation de plus de 2,000 mètres. Elle se pera, vers l’intérieur, dans un grand plateau que les Portugais nomment Campos-Geraës. Cette partie maritime du Brésil est toute granitique, car c’est elle que Mawe
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a observée. Le sol du Brésil, nous dit ce voyageur 1, est généralement formé d’argile, souvent recouverte d’excellent terreau. Il repose sur une base de granit composé d’amphibole, de felspath, de quartz et de mica.
La côte septentrionale, entre Maranhao et Olinda, renferme encore une chaine particulière, appelée la chaîne d'Ifiapaba ; c’est une des plus considérables du Brésil; elle paraît granitique. On nous a montré des cristaux de quartz achetés à Olinda ettirés de ces montagnes. Les bords de l’'Amazone ne présentent de tous côtés qu’une immense plaine, où l’on trouve des fragments de granit,
La chaîne de Marcella lie les Cordilières mapitiities à celles de l’intérieur. Le noyau de ces dernières semble occuper la région où le Parana, le Tocantin et l’Uruguay prennent leur origine. La Serra-Marta paraît en former la partic la plus élevée, quoiqu’une autre branche, longeant lUruguay , ait pris le nom de Grande-Cordillère, non pompeux que la présence des végélaux de la zone chaude nous autorise à réduire à sa juste valeur.
Dans le centre même de l'Amérique méridionale s’élend le plateau des Parexis, formé d’une longue suite de collines de sable et de terre légère, qui se présentent dans le lointain comme une grosse houlede la mer agitée. Il projette à l’ouest les collines escarpées du même nom, qui, après avoir couru 200 lieues versle nord-nord-ouest, se terminent à 45 ou 20 lieues de la rivière du Guaporé. Une autre chaine de montagnes , qui °n part vers le sud, prolonge la rive orientale du Paraguay. De ce plateau aride descendent, dans diverses directions, le Madeira, le Topayos, le Xingu (Chingou), affluents de l’Amazone, et le Paraguay avec le Jaura, le Sypotuba et le Cuyaba, ses affluents supérieurs. La plupart de ces affluentssontaurifères, et la source même du Paraguay baigne un gîte de diamants. On peut en inférer que le plateau central est formé de granit, ou plutôt de sidérocriste. Un lac situé sur le Xacurutina, qui chaque année produit une grande quantité de sel, est un sujet continuel de guerre parmi les naturels du pays. Près de Salina de Almeidu, sur le Jaura, sont des puits salants qui, depuis l'établissement de la colonie, ont constamment fourni du sel à Mato- Grosso. Ils s'étendent l’espace de trois lieues vers le sud dans Pintérieur des terres.
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1 Mawe, Travelsin Bresils, p.149, p. 122, p. 89, p. 76. (M. Eyries en a donné une bonne traduction. ) Voyez encore l'expédition dans l'Amérique du Sud, de M. Castelnau; 6 vol. in-8° et atlas. Arthus Bertrand, 1851.
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Toutes les côtes voisines de l'embouchure de l’Amazone et du Tocantin sont des terrains bas, marécageux ou vaseux, formés par les alluvions réunies de la mer et des fleuves. Aucun récif n’arrête ici la violence des flots et des marées ; des bancs de sable, des îles basses et même à moitié noyées, resserrent cependant les embouchures. Le concours de tant de grands fleuves qui s’écoulent en sens contraire de la marche générale des courants et des marées (de l’est à l’ouest), produit ici une espèce de marée extraordinaire et qui a peu de pareilles au monde; c’est le pororoca, dont nous avons déjà essayé de tracer l’image.
Il est remarquable que la côte, depuis Para jusqu’à Fernambouc, n’offre aucune rivière de long cours; et cependant le Maranhao, le Rio-Grande et le Paraïba ont de larges embouchures dans un terrain meuble, Dans la saison pluvieuse, ce sont des torrents qui inondent toute la contrée; dans la saison sèche, ils ont à peine un filet d’eau, comme si le sol des montagnes intérieures les absorbait; souvent même leurs lits, absolument desséchés, servent de chemins aux Indiens.
Depuis le cap Frio jusqu’au 30° parallèle de latitude sud, la côte trèsélevée ne verse dans l'Océan aucune rivière tant soit peu considérable. Toutes les eaux se dirigent vers l’intérieur et s’écoulent vers la Parana, ou vers l’Uruguay, qui tous les deux ont leurs sources dans ces montagnes, Le Rio-Grande de San-Pedro, c'est-à-dire la grande rivière de Saint- Pierre, n’est pas d’un long cours, mais elle a une très-large embouchure sur une côte basse et bordée de dunes.
La vaste étendue du Brésil indique assez que le climat et l’ordre des saisons n’y peuvent pas être partout les mêmes. L’humidité continuelle qui règne sur les bords marécageux de l’Amazone y rend les chaleurs moins intenses. Les tempêtes sont aussi dangereuses sur ce fleuve qu’en pleine mer. En remontant la Madeira, le Xingu, le Tocantin, le San-Francisco, on trouve des plaines élevées ou des montagnes ; le climat y offre plus de fraicheur. La température des environs de Saint-Paul permet aux fruits de l’Europe d’y venir ; les cerises surtout y abondent. Ce point paraît offrir le meilleur climat de tout le pays. Un savant portugais dit que le vent d’ouest est malsain dans les parties intérieures du Brésil, parce qu’il passe par-dessus de vastes forêts marécageuses. La côte maritime, depuis Para jusqu'à Olinda, paraît jouir d’un climat analogue à celui de la Guyane, mais un peu moins humide. La saison pluvieuse, à Olinda de Fernambouc, commence en mars, quelquefois en février, et se termine en août. Les vents de sud-est dominent non-seulement pendant toute la saison pluvieuse, mais même
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un peu avant et un peu après. Le vent du nord règne avec quelques interruptions pendant la saison sèche; alors les collines n’offrent qu’un sol brûlé, où toute la végétation est mourante, ou du moins languissante. Les nuits, dans cette saison, sont très-froides. TU le reste de l’année, la chaleur extrême du climat y est tempérée par des vents de mer rafraichissants, et la nature y est dans une activité continuelle. La brise d’est s'élève tous les matins avec le soleil, et continue une partie de la nuit; mais un peu avant le matin les effets de la rosée sont aussi incommodes que dans les Antilles et la Guyane.
Les observations de Dorla, académicien de Lisbonne, à Rio-Janeiro, depuis le commencement de 4781 jusqu’à la fin de la même année, et pendant tout 1782, donnent, pour chaleur moyenne des huit mois de 4781, 71.65, de Fahrenheit, et pour la moyenne de 1782, 73.89 1, La quantité de la pluie fut, dans cette dernière année, de 4 mètre 136 millimètres. Le mois d'octobre fut le plus pluvieux, celui de juillet le plus sec. L’évaporation fut de 947 millimètres. Le mois de la plus grande évaporation fut celui de février, celui de la moindre le mois d'octobre. Il y eut dans cette année-là 412 jours sereins, 133 avec des nuages, 120 pluvieux; le tonnerre se fit entendre durant 77 jours, et il y eut des brouillards durant 48. Ces observations coïincident avec celles de dom Pernetti sur l’île Sainte-Catherine, où il eut beaucoup à se plaindre des brumes. « De ces » bois, dit-il, où le soleil ne pénètre jamais, s’élèvent des vapeurs gros- » sières qui forment des brumes éternelles sur le haut des montagnes dont » l’ile est environnée. Cet air malsain n’est qu’à peine corrigé par la
. » quantité de plantes aromatiques dont l’odeur suave se fait sentir à trois
» ou quatre lieues en mer lorsque le vent y porte. » Nos voyageurs modernes, et entre autres M. Krusenstern, se louent de la température agréable et salubre de cette même ile. Il faut donc admettre que les défrichements de l’intérieur ont amélioré le climat.
Les maladies dominantes au Brésil, du temps de Pison ?, paraissent avoir été lrs mêmes que celles de la Guyane d’aujourd’hui ; mais la lèpre et l’éléphantiasis y étaient alors inconnues.
Le tableau des productions du Brésil commence nécessairement par le diamant. L’enveloppe ou le cascalhdo de ces pierres précieuses est une terre ferrugineuse, mélée de cailloux agglutinés. On les trouve généralement à jour dans le lit des rivières et le long de leur bord, Les roches qui
1 22 et 23 dégrés du thermomètre centigrade.
? Voyez la Médecine brésilienne de Pison (en Portugais).
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accompagnent les diamants et qui en indiquent la présence, sont le plus souvent les mincrais de fer éclatants et en forme de pois, des schistes d’une texture fine approchant de la pierre lydienne, des diorites granitoïdes compactes ou schisteuses, du fer oxydulé noir en grande quantité, des fragments roulés de quartz bleu, du cristal jaune et d’autres matières entièrement différentes de tout ce que l’on connaît des parties constitutives des montagnes adjacentes. Les diamants ne sont pas même exclusivement propres aux lits des rivières ou aux ravins profonds; on en a trouvé dans des excavations et dans des courants d’eau sur les sommités des plus hautes montagnes. |
On a prétendu que les diamants du Brésil avaient moins de dureté que ceux des Indes orientales; on a cru encore que le diamant d'Orient affectait plus particulièrement la forme de l’octaèdre, et celui du Brésil la forme du dodécaèdre. Le célèbre Haüy ne regardait pas ces différences comme prouvées. C’est cependant l’opinion générale des lapidaires que les diamants du Brésil ont l’eau moins belle.
Les diamants se rencontrent au Brésil dans les trois provinces de Minas- Geraës, de Matlo-Grosso et de Bahia. Les mines de Minas-Geraës sont les plus anciennement exploitées, elles ont été découvertes en 1727 dans le district de Cerro-do-Frio par Bernardino-Tonseca-Lobo.
Le Cerro-do-Frio est un assemblage de montagnes âpres, courant au nord et au sud, qui passent pour les plus hautes du Brésil. Le territoire des diamants proprement dit s'étend "nviron 16 lieues du sud au nord, et 8 de l’est à l’ouest. Il fut premièrement exploré par quelques mineurs entreprenants de Villa-do-Principe, qui, uniquement occupés de Por, dédaignèrent longtemps les diamants comme des cristaux sans valeur. Enfin on en présenta un choix au gouverneur de Villa-o-Principe, qui, ne les connaissant pas davantage, s’en servit comme jetons au jeu. Apportés par hasard à Lisbonne, on en remit à l'ambassadeur de Hollande afin qu’il les fit examiner dans son pays, qui était alors le principal marché de pierres précieuses. Les lapidaires d'Amsterdam les reconnurent pour de beaux diamants. L’ambassadeur, en informant le gouvernement portugais de la découverte, conclut en même temps un traité pour le commerce de ces pierres, et Cerro-do-Frio devint un district à part. L’énorme quantité de diamants exportés dans les vingt premières années, et qu’on dit avoir cxcédé 1,000 onces, en diminua promptement le prix en Europe, et on les envoya par la suite dans l'Inde, où ils avaient plus de valeur, et qui auparavant les avait fournis exclusivement. Du reste, le Cerro-do-Frio se
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AMÉRIQUE. — DESCRIPTION DU de! SIL, 493
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Ce fut en 1772 que la couronne de Portugal commença à faire travailler les mines pour son propre compte , cette exploitation dura jusqu'en 4834, époque où le gouvernement abandonna ce monopole, dont les dépenses trop élevées finirent par dépasser la production. L'exploitation a depuis continué, mais pour le compte des particuliers. M. F, de Castelnau estime à 300,700,000 francs la valeur brute des diamants extraits de la province de Minas-Geraës de 4727 à 1849.
Les mines de diamants de la province de Matto-Grosso paraissent avoir été connues depuis longtemps (1746), mais sous l’administration portugaise, leur éloignement et les entraves du monopole durent en gêner l’exploitation. Depuis que le Brésil est séparé de la métropole, et que le commerce des diamants est libre, cette exploitation a été reprise, et elle occupait, {ors du voyage de M. F. de Castelnau, 2,000 personnes. Les gisements de diamants du Matto-Grosso sont les mêmes que ceux du Minas-Geraës. La ville de Diamantino, sur une rivière du même nom, est l’entrepôt des mines du voisinage. On peut évaluer à 56,000,000 de francs la valeur brute des diamants extraits des environs de Diamantino et de la province de Matto-Grosso, depuis la découverte des mines par les Paulistes jusqu’en 1849. y
Les riches mines de la province de Bahia, connues sous le nom de la Chapada, ont été découvertes vers le commencement d’octobre 4844, par un esclave, berger de profession, dans un district qui offre les mêmes caractères géognostiques que ceux que nous avons décrits pour le Cerrodo-Frio. L'année qui suivit la découverte, 25,000 personnes, provenant surtout de la province de Minas-Geraës, se trouvaient réunies en ce licu, mais aujourd’hui il n’y en a plus guère que 5 à 6,000 dont 2,000 esclaves. La Villa-Isabel est le centre du commerce des diamants, et l’on peut évaluer à 38,750,000 francs la valeur des diamants extraits jusqu’en 1850 de la Chapada. Le résultat immédiat de ces dernières découvertes a été de faire baisser très-sensiblement le prix brut au Brésil. Ce qui a jusqu’à présent préservé en Europe ce commerce d’une baisse sensible, c'est
qu'une quantité proportionnellement fort peu considérable subit aujourd'hui l'opération de la taille ; mais nul doute que, si les mines de la Chapada continuent à fournir 4,450 carats par jour, ainsi que l'a évalué M. Raybaud, consul à Bahia, les diamants à la fin de ce siècle ne valent cn Europe que 20 pour 40 de co qu’ils étaient estimés en 4800,
Il y a encore des mines de diamants, ou pour micux dire des lavages, dans la rivière Tibigi, qui arrose la plaine de Corritiva, dans les plaines de Cuyaba, et même dans beaucoup d’autres endroits du Brésil.
Le volume des diamants varie infiniment; il y en a de si petits, qu’il en faut # ou 5 pour faire le poids d’un grain, par conséquent 16 ou 20 pour un carat, Rarement on en trouve dans le courant d’une année plus de 2 ou 8 de 47 à 20 carats, et il peut se passer 2 ans sans qu’on en rencontre un de 30 carats.
Les topazes du Brésil paraissent être de plusieurs variétés ; peut-être a-t-on confondu sous ce nom des pierres de diverses espèces, entre autres Ja cymophane. La couleur ordinaire est le jaune. Dans les ruisseaux de Minas Novas, au nord-est de Tejuco, on trouve des topazes blanches, bleues, et des aigues-marines. Parmi les topazes bleues, on rencontre quelquefois une variété particulière, ayant l’un de ses côtés bleu, l’autre clair et limpide. Les topazes de Capor n’ont jamais qu’une seule pyramide, même lorsqu’on les trouve implantées dans des cristaux de quartz, qui paraissent également fracturés et changés de place.
La plupart des pierres que l’on débite sous le nom de rubis du Brésil ne sont autre chase que des topazes du même pays, que l’on a exposées au feu pour remplacer, par une teinte plus agréable, le jaune roussâtre, qui était leur couleur naturelle.
Le chrysobéril, ou la cymophane, qui prend sous la main des lapidaires l'éclat le plus brillant, et qui se vend tantôt sous le nom de chrysolithe et souvent sous celui de fopaze orientale, n’a quelque prix en Europe que lorsque ses reflets sont vifs et chatoyants.
L'or se rencontre au Brésil dans les mêmes provinces que le diamant. Les célèbres mines, qui ont valu à la province de Minas-Geraës le nom qu'elle porte, furent découvertes en 4699. Elles furent d’abord très-abon. dantes et exploitées par 80,000 personnes. La ville d'Ourou-Prelo était l'entrepôt général. On peut évaluer à 5,923,394,500 fr. le produit total des mines d’or de la province de Minas-Geraës depuis leur découverte jusqu’en 4849. Il faut ajouter à ce chiffre celui de la production des riches provinces de Ma!io-Grosso, de Goyaz et de Bahia, ce qui porterait à six milliards ct
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demi la valeur de l'or extrait jusqu'à ce jour au Brésil. Si l’on veut remarquer que son titre ne doit pas être évalué à plus de 0,875, on aurait pour valeur réelle de l'exploitation de l’or au Brésil 5,687,500,000 fr. On peut évaluer maintenant la production moyenne annuelle à 7,500,000 fr; c’est la province de Bahia qui en exporte le plus.
Le sol des régions aurifères, dans lesquelles on obtient ce métal par le lavage, est rouge, ferrugineux, profond; il repose sur du granit, inclinant vers le gneiss, mêlé d’amphibole et de mica. L'or se trouve, la plupart du temps, immédiatement au dessus du roc, dans un lit de cailloux et de gravier, appelé cascalhdo. Les trous dont on l’a tirépour le lavage ont 45 à 25 mètres de large, et 6 à 7 de profondeur ; souvent le métal touche déjà aux racines de l'herbe. L'or varie beaucoup par le volume de ses grains; quelquefois ses parcelles sont si minces, qu’elles nagent dans l'eau agitée.
Les principales exploitations de l'or en filons du Minas-Geraës sont celles de Gongo-Soco et de Catla-Branca, à dix journées de route de Rio- Janeiro. Elles ont été concédées à des compagnies anglaises. Au commencement de 4829, on découvrit dans la première une veine tellement riche qu’en 40 jours celle produisit 344 marcs.
L'or n’est pas le seul métal que possède le Brésil ; le fer y abonde, mais l'exploitation en est défendue, M. Link vit à Lisbonne, dans le cabine d’Ajuda, un morceau de mine de cuivre vierge qu’on y conserve, et qu’on a trouvé dans un vallon, à 2 lieues portugaises de Caxoeira et à 44 de Bahia. I est d’une grandeur et d’un poids extraordinaires. Il pèse 2,616 livres ; il a, dans sa plus grande largeur, 64 centimètres, et dans sa plus grande épaisseur 27 centimètres ; sa surface est raboteuse, couverte ça et là de malachite et de fer oxydé.
A l'instar de l’Afrique centrale, ceroyaume de l’or et des diamants manque de sel, et la cherté de cette substance nécessaire empêche les habitants de saler les viandes d’une quantité innombrable de bœufs et d’autres animaux que l’on tue pour en avoir la peau, et qui deviennent la proie des bêtes féroces. Le sel nécessaire à la salaison coùûterait trois fois autant que la
viande. Ce n’est pas que la nature ne produise au Brésil beaucoup de sel marin ; à Bahia, près du cap Frio et près du cap de Saint-Roch, il y en a tant, qu’on pourrait en charger des vaisseaux; mais le commerce du sel est défendu aux particuliers, et affermé pour 48 millions de reis. On sent cruellement la cherté du sel dans le pays des mines, où l’on est obligé d’en donner aux animaux, qui sans cela refuseraient souvent de manger. Les champs produisent à la vérité de l’herbe en abondance, mais elle ne con-
tient pas assez de parties salines pour les troupeaux. S’il sc trouve, dans l'intérieur de ce pays, quelques endroits dont le terrain soit imprégné de sel, i'instinct y conduit des troupeaux immenses d’animaux et d'oiseaux qui viennent s’y repaître.
Le règne végétal du Brésil n’est, comme le règne minéral, connu qu’en partie. On savait, par les ouvrages de Pison et de Marcgrav, que la flore du Brésil septentrional ressemble beaucoup à celle de la Guyane; mais cette ressemblance paraît même, d’après les observations de quelques savants voyageurs, s'étendre jusqu’à la partie méridionale. On y retrouve la plupart des plantes décrites par Aublet ; les composées, les euphorbiacées, les légumineuses, les rubiacées, paraissent les familles les plus nombreuses ; il y a plus de cypéracées que de graminées ; le nombre des aroïdes et des fougères paraît considérable. Les plantesdeRio-Janeirosont presque toutes dépourvues d’odeur et d’arème, mais les plantes amères y abondent. On y a découvert dessalicornes très-riches en soude. Le même observateur nous apprend que sur trente plantes recueillies dans le Benguala et l’An gola en Afrique, une seule s’est trouvée ne pascroître aux environs de Rio- Janeiro; fait curieux, qui, s’il est reconnu général au Brésil, peut concourir à rendre vraisemblable la transmigration de quelques peuplades africaines.
Les côtes maritimes sont couvertes de palétuviers rouges. A peu de distance commencent les nombreuses espèces de palmiers, parmi lesquelles on distingue le cocotier brésilien (cocos buliracea), plus gros et plus élevé que celui des Indes. On tire de ses fruits un excellent beurre; mais cette opération ne peut se faire avec succès qu’autant que la chaleur de l’air est moindre de 25 degrés centigrades ; si elle monte à 28 degrés, le beurre devient une huile très-liquide. Les crofons forment presque tous les taillis qui couvrent les pittoresques montagnes dont la rade de Rio-Janeiro est environnée. Le myrte brésilien brille par son écorce argentée. Le bignonia leucoxylon, nommé dans le pays guirapariba, fleurit plusieurs fois dans l’année, et sa floraison annonce ordinairement les pluies ; cet arbre, tout couvert de belles fleurs jaunes, ne formant alors qu’un seul bouquet, éclate aux yeux à une très-grande distance. L’icica heptaphylla, la copayfera oficinalis, et plusieurs autres, donnent des résines précieuses. Mais les fruits des arbres indigènes, tels que les jacas (ar{ocarpus integrifolia), les jaboticada, les gormichama, quoique mangés par les habitants de Rio-Janeiro, ont un goût désagréable, un peu amer et résineux. Tous ces arbres appartiennent à la famille des myrtées. Le couroupite, ou l'arbre à boulets de canon, de la Guyane, est connu au Brésil sous le nom de pékia; son fruit,
d AMLRIQUE, — DESCRIPTION DU BRÉSIL. 497
dans È gros et dur, renfermant une ‘norme noix, ressemble réellement, pour la né de k forme et la grandeur, à un boulet de 36, et il est dangereux de s’exposer à peaux ” en recevoir une contusion au moment où il tombe à terre. Lorsque ce même arbre en fleurs est revêtu de ses énormes calices et pétales embellies des qu’en couleurs les plus vives et les plus variées, il présente une grande pyramide À flore fleurie de l’aspect le plus magnifique. qe Les forêts du Brésil sont embarrassées par des broussailles et des arbriselques seaux, entre autres une espèce d’aloès épineux : elles sont en quelque sorte roue étouffées par des arbustes sarmenteux, et des lianes qui montent jusqu’au orbia- sommet des arbres les plus élevés. Quelques-unes @ ces lianes, comme la RC passiflora-laurifolia, étalent de superbes fleurs. rroïdes La taille imposante des ârbres, l'abondance de leur feuillage, la quantité resque innombrable de fleurs dont ils sont chargés, les couleurs brillantes et ndent. variées de celles-ci, les plantes grimpantes parmi lesquelles on cite les bignorvateur nies, les banistéries et les aristoloches, qui s’attachent aux troncs et aux l PAn. branches des grands végétaux ligneux; les formes singulières des plantes de Rio- 4 parasites, donnent à la végétation du Brésil un caractère particulier, C’est RARE \ dans cette contrée que l’on trouve ces forêts vierges et presque impéné- AORRGE trables qui prospèrent sous l'influence d’une chaleur intense, de pluies jourde dis nalières et de grandes inondations.
quelles Aucun pays ne renferme des bois aussi précieux pour la construction us élevé que le Brésil, Les ingénieurs de ce pays connaissent la qualité supérieure pis seue du tapinhoam, de la peroba, du pin du Brésil, du cerisier, du cèdre, du l'air est cannellier sauvage, de la guerrama, de la jequetiba, etc. : quelques-unes > beurre de ces espèces de bois résistent mieux à l'influence de l’eau , d’autres à hé taillis : celle de l'air. L’olivier et le pin du Brésil sont particulièrement propres jer9 sé à la mâture. Quelques-uns de ces beaux arbres parviennent à la hauteur PLAQUE extraordinaire de 450 palmes; mais ils sont exposés à mille dangers : ais dans leurs racines, peu profondes, s’étendent au loin sur la surface de la terre; bre, tout chaque coup de vent qui ébranle leurs fortes branches les abat, et pour et, éclate comble de malheur, ceux qui tombent en entraînent bien d’autres dans leur fera off : chute.
jes HUs La Condamine parle des canots dont se servaient les carmes envoyés les j abo- par les Portugais, comme missionnaires, sur la rivière des Amazonces. Il -Janeiro, monta un de ces canots fait d’un seul arbre, et qui avait 90 palmes de lon- ? SA gueur, 40 et demie de largeur et autant de hauteur. Rocca Pitta, dans son | El Histoire de l'Amérique portugaise, parle de ces sortes de canots construits S ,
d’un seul tronc, dont le diamètre élait de 46 à 20 palmes, qui avaient de Y. 63
498 LIYRE CENT VINCT-UNIÈME.
chaque côté 20 ou 24 rameurs, et qui étaient chargés de 5 à 600 tonneaux de sucre, dont chacun était de 40 arobes 1,
Les racines de plusieurs de ces arbres entourent les troncs à la hauteur de 8 à 10 palmes au-dessus de la surface de la terre, où elles diminuent de manière à former, pour ainsi dire, autant de rectangles avec le tronc qu’elles sont en nombre. Il n’existe pas de bois plus propre à faire des courbes que celui de ces racines, surtout celles de la succupira, de l’ipe, de la peroba ou de la sapocaja. |
Les bois de mâture et de menuiserie sonten quantité exportés pour l’Europe. La marine royalé de Portugal est construite en bois brésilien. Bahia et quelques autres ports du Brésil font de la construction des bâtiments une branche de leur commerce. Non-seulement le Portugal en tire presque tous ses vaisseaux marchands, mais on en vend même aux Anglais, qui en font grand cas. Les constructions navales coûtent ici la moitié moins qu’en Angleterre. |
Les bois de teinture du Brésil sont très-connus, celui surtout qui porte le nom du pays même, chez quelques nations européennes, et chez d’autres celui de bois de Fernambouc. Cet arbre est de la hauteur de nos chênes : ilest chargé de branches, mais, en général, d’une vilaine apparence; les fleurs, très-semblables pour la forme à celles du muguet, sont d’un très: beau rouge : la feuille ressemble à celle du buis; l'écorce de l’arbre est d’une épaisseur considérable. Il croit dans les rochers et les terrains arides.
Le manioc est au Bresil, comme dans toute l'Amérique, la principale ressource pour la nourriture de l’homme. Les ignames, le riz, le maïs, et depuis 4770 le froment, sont cultivés avec soin. La pistache de terre ou la glycine souterraine quel’on nommedansle pays mundubr, paraît indigène: on en tire surtout une huile excellente. Les melons, les citrouilles, les bananes, abondentdans toutesles partiesbasses. Les citronniers, les pampeil: mouses, les orangers, les goyaviers, sont communs sur la côte. Lesfiguiers de Surinam viennent surtout parmi les ronces dans les champs abandonnés. L’arbre mangaba, appelé aussi mamaï, ne croit que dansles environs de Bahia : on tire de ses fruits une espèce de vin. Les pommes de pin abondent surtout sur les côtes de la provincede Saint-Vincent et dans l'intérieur, vers les frontières du Paraguay. L’ibipitanga donne un fruit qui ressemble aux cerises. La province de Rio-Grande produit tous les fruits européens d’une bonne qualité, et en abondance. On nous assure que les
1 La palme portugaise vaut 0 mèt 21, et l’arobe vaut 11 kilog, 50.
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légumes de l’Europe ont dégénéré aux environs de Rio-Janeiro, à l’exception des haricots, qui y ont produit un grand nombre de variétés.
La culture du sucre, du café, du coton et de l’indigo a pris des accroissements considérables. Le fameux tabac du Brésil n’est cultivé que dans le district de Caxocira, à 45 lieues de Bahia; mais ce district est très-vaste : cette culture est très-lucrative, bien qu’elle ne soit pas comparable à celle du coton. Le cacaoyer forme des forêts immenses dansla province de Para, le long de la Madeira, du Xingu et du Tocantin. Dans ces mêmes forêts, le vanillier, au moyen de ses vrilles, s’attache, comme le lierre, au tronc des arbres.
Le Brésil nourrit plusieurs espèces de poivre, entre autres le capsicum frutescens, L., le cannellier sauvage et la cassie brésilienne. Le caopia des Brésiliens estl’hypericum guyanense, qui donne, par incision, une résine semblable à la gomme-gutte. Parmi les plantes médicinales, on distingue le caaccica ou herbe à serpent (£Zuphorbia capitala. L.); l’arapabaca, le salutaire ipécacuanha, le jalap, le gaïac, et l’espèce d’amyris qui produit la gomme élémi. Le conami sert aux pêcheurs à engourdir les poissons.
La plupart des animaux du Pérou, de laGuyane et du Paragay seretrouvent aussi au Brésil ; tels sont les jaguars, les couguars, les tapirs, les pecaris et lescoatis. Mais ce pays offre aussi des particularités. Les bœufs et les chevaux ne prospèrent pas dans la plus grande partie du Brésil, ils restent généralement faibles. La peau des bœufs sauvages est employée à faire des bateaux. Les animaux particuliers au Brésil appartiennent pour la plupart au genre des singes et à des genres qui en sont rapprochés, tel est lemarikina, qui est un famarin. Le titi ou ouistiti (smia jacchus de Linné), est particulier au Brésil, on en a distingué huit espèces. Les autressinges sont le sajou (cebus apella), et le pinche (midas œdipus), espèce de tamarin plus petit encore que le ouistiti. L’Européen est dégoûté à la vue des chauves-souris qui sont très-grandes et très-nombreuses ; on distingue le vampire et la chauve-souris musaraigne (vespertilio soricinus). Deux espèces de paresseux l’aÿ et l’unau se traînent sur les arbres.
On trouve aussi au Brésil des fourmiliers et des tatous, comme dans les autres parties de l’Amérique. Le tatou peba ou le bâton noir, et le tatouay, sont très-communs au Brésil. La marmose, didelphis murina, les cavia paca ct aperea ou cabiai, appelés vulgairement cochons d’Inde, sont particuliers au Brésil et à la Guyane, ainsi que le scturus æstuans, qui porte le nom distinctif de guerlinguet ou d’écureuil du Brésil. Le fapelt, ou le lièvre brésilien, n’a point de queue.
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Les oiseaux du Brésil sont peut-être ceux qui se distinguent le plus par l'éclat des couleurs dont la nature a revêtu leur plumage. Le toucan (anser americanus) est poursuivi à cause de ses belles plumes, qui sont en partie couleur de citron, en partie rouge incarnat, et en partie noires par bandes transversales d’une aile à l’autre. Un des plus jolis oiscaux du Brésil est celui qu’on nomme dans le pays guranthé engera. C'est, comme le nom brésilien l'indique, une fleur ailée, Toutes les variétés de colibris fourmillent ici; les bois sont peuplées de plus de dix espèces d’abeilles, les unes logées dans la terre, les,autres dans les arbres, la plupart ennemies de la vie sociale, mais dont plusieurs composent du miel aromatique.
Le Brésil est divisé en 18 provinces et en 24 comarcas, subdivisées en municipios, Al existe encore une autre division judiciaire des provinces en julgados (arrondissement judiciaire) et freguezias (paroisse).
Il y a un archevêque primat du Brésil à Bahia, et six évêques, dont les résidences sont : Belem, dans le Para; Maranhao, Olinda, dans le Pernambuco; Rio-Janeiro, dans la province de San-Paulo, et Mariana, dans Minas-Geraës. Il y a, outre cela, deux diocèses sans chapitres, que l’on nomme Prelacias, administrés par les évêques in parlibus, qui sont Goyazes et Cuyaba. Les curés ne sont pas en nombre suffisant, mais une foule de succursales sont entretenues par des particuliers,
Pour ce qui regarde la justice, il a deux cours souveraines (Relacoës), l’ane à Bahia, l’autre à Rio-Janeiro. Para, Maranhao, Pernambuco, Goyazes, Bahia, sont du ressort de la première: Rio-Janciro, Minas- Gcraes, Mato-Grosso, San-Paulo, du ressort de la seconde. Les gouverneurs de Bahia et de Rio-janeiro en sont présidents-nés.
Nous commençons notre topographie par la province de Rio-Janeiro, qui tire son nom du magnifique port de sa capitalc. Elle a 60 lieues de longueur de l’est à l’ouest, et 23 lieues dans sa moyenne largeur. Les montagnes appelées Serra-dos-Orgaos la divisent en deux parties, l’une septentrionale et l’autre méridionale : la première est appelée Serra-Accina (au delà de la montagne); la seconde Beæra-Mar (côte la mer). Elle renlerme ® cités et 12 villes; mais, à l’exception de la métropole, elles sont peu importantes.
La forteresse, bâtie sur une langue de terre, s’appelle Saint-Sébastien, nom que plusieurs auteurs rendent commun à toute la ville de Rio-Janeiro. Les collines et les rochers sont, à une grande distance, couverts de maisons, de couvents et d’églises. Le port, vaste et excellent, est défendu par
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Cette capitale est quelquefois simplement appelée Rio. Elle se divise en deux quartiers, l’ancienne et la nouvelle ville. Celle-ci, qui a été construite depuis 1808, est bâtie à l’ouest de la première, dont elle est séparée par une place immense, appelée le Campo-de-Santa-Anna , que décore une belle fontaine. Une autre, moins grande, mais plus belle, parce qu’elle est terminée, est celle que décore le palais impérial, ie plus vaste édifice de Rio. L’eau est conduite dans la ville par un aqueduc, appelé la Carioca, le plus magnifique du Nouveau-Monde, et qui est construit sur le modèle de celui de Lisbonne. Les plus beaux édifices sont, sans contredit, ies églises. On cite celles de Nossa-Senvra-da-Candelaria, de San-Francisco et de Santa-Paula, et la cathédrale. Cette dernière, sous l’invocation de saint Sébastien, est située sur une hauteur au sud de la ville. Elle est peu élevée, construite en granit, d’ure architecture simple et solide, d'une forme oblongue, avec deux petites tours et sans fenêtres. Son intérieur est blanchi à la chaux. et sans aucun ornement. Rio possède tous les établissements de bienfaisance et d'instruction que l’on voit dans les principales capitales de l’Europe; sa bibliothèque publique, que le roi Jean VI apporta de Portugal, se compose de 90,000 volumes. Son jardin botanique, entretenu avec le plus grand soin, est un des plus importants que l’on puisse citer; on y a naturalisé un grand nombre de plantes exotiques dont la culture, répandue dans le Brésil, deviendra un jour une source de richesse pour le pays.
La douceur des mœurs, la galanterie des femmes, la magnificence des processions, tout fait de Rio-Janeiro une ville de l’Europe méridionale; c’est le principal marché de l'empire, et très-commodément placé pour les velations commerciales avec l’Europe, l'Afrique, les Indes orientales, la Chine
et les îles du Grand-Océan. Sous une bonne administration, il pourra facilement devenir l’entrepôt général des productions de toutes les parties du globe. L’exportation consiste en coton, sucre, rhum, bois de construction et de marqueterie ; peaux, suif, indigo et grosses cotonnades; or, diamants, topazes, améthystes et autres pierres précieuses.
Dans les environs de Rio-de-Janeiro se trouvent plusieurs lieux qui méritent d’être cités : tels sont Boavista et Santa-Cruz, maisons de plaisance de l’empereur; Macom, importante par ses plantations; Cabo-Frio, par ses pêcheries, et Marica, par sa belle église. ,
Sur la rive méridionale du Paraïba, qui arrose une nlaine fertile, s'élève, à 8 lieues de la mer, Villa-de-San-Salvador-dos-Campos dos-Goaytacases, qui mérite le titre de ciudad. Où y compte 5 à 6,000 habitants. On ia nomme ordinairement Campos par abréviation. Eile est assez bien bâtie; ses rues sont régulières, et la plupart pavées; les maisons sont propres et jolis, et quelques-unes ont plusieurs étages, avec des balcons fermés par des jalousies en bois, suivant l’ancienne mode portugaise, Sur une place publique, près du fleuve, se trouve un édifice qui sert de {ribunal et de prison. On compte dans cette petite ville 7 églises ei 4 hôpital.
A peu de distance du confluent du Macucu et de l’Ihuapezu, on voit la petite ville de Macucu, bâtie sur une petite éminence au milieu d’une belle plaine. Il y a une église dédiée à saint Antoine, et un couvent de franciscains.
La province de Rio-Grande-do-Sul, ou de San-Pedro, la plus méridionale de toutes, est arrosée par plusieurs rivières dont les bords se trouvent bien garnis de bois, et sur lesquelles on a récemment entrepris d'établir des lavages d’or. Près du chef-lieu, on exploite du charbon de terre; on y a trouvé aussi du manganèse, qui paraît indiquer de l’étain. De nombreux troupeaux d’autruches, ou plutôt de nandus (rhea americana), d’une variété foncée, errent dans les plaines. Les oiseaux etles quadrupèdes abondent dans les épaisses forêts. Sous un ciel tempéré, le sol est si productif, qu’on pourrait appeler le Rio-Grande le grenier du Brésil : on en exporte pour toutes les parties de la côte du froment emballé dans des peaux, où souvent il fermente avant d’arriver à sa destination. La culture du chanvre, essayée avec succès par ordre du gouvernement, a été abandonnée comme trop pénible. Les raisins, wès-bons, y fourniront du vin, maintenant que les Lois favorisent cette culture. Le gros bétail, dont la race est ici extrêmement belle, forme le principal objet des soins de l’agriculteur. Ïl y a d’excellents chevaux, La vente du suif, de la viande séchée et des peaux, dont on exporte