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environ 400,000 par an, sont une grande source de richesses pour le pays.
Cette province a une superficie d'environ 8,230 lieues carrées. Une chaîne de montsgnes peu élevées la divise en deux parties fort inégales; mais ces mon.agnes sont remarquables, puisqu’à l’ouest elles donnent naissance aux principaux affluents de l'Uruguay, et du côté de l’est aux rivières dont la réunion forme le lac immense dos Pathos. Une sorte de canal naturel, appelé Rio-de-San-Gonçalo, unit ce lac à celui de Merino, et tous les deux ensembie n’ont guère moins de 80 lieues de longueur.
L’habitant des campagnes de Rio-Grande rappelle nos bons fermiers de la Beauce; mais il se rapproche encore plus du Bédouin et du Tatar. Bien fait et robuste, il n’est heureux qu’à cheval, lorsqu'il lance les boules ou le lacet contre une génisse sauvage. Sur son cheval, il n’a plus besoin de rien ; il emporte de quoi se faire un lit au milieu des déserts, une nacelle pour passer les fleuves, et tout ce qu’il faut pour sa nourriture. En effet, s’il veut dormir, il se couche sur le cuir écru qui, étant plié, formait la couverture de son cheval, et il appuie sa tête sur la selle étroite et légère qu’il nomme lombilho ; ce mème cuir, attaché aux quatre coins, devient une pirogue; son lacet et ses boules suspendus à sa selle lui servent à réduire les bestiaux dont il fait sa nourriture, et un bâton pointu, plus facile encore à transporter que ses boules et son lacet, lui tient lieu de broche.
Près du Rio-Cuarey, ou de la frontière septentrionale de la république de l’Uruguay, se trouve Alegrele, petite ville nouvellement bâtie sur la rive droite du Garapuytao, affluent de l’Ybicui; on y élève beaucoup de bestiaux et de mulets renommés.
La Caxoetra est une autre petite ville sur une colline de la rive gauche du Jacuy, non loin du confluent du Butucarahy. Les maisons, blanchies extérieurement, sont bâties en pierre et en brique, et corvertes en tuiles rouges. L'église, d’une extrême simplicité, n’a l’air que d'une grande maison, Sa situation est riante et très-favorable au commerce d'échange.
Rio-Pardo se iouve plus bas sur la même rive, précisément au confluent de la rivière dont cette ville porte le nom. Des maisons d’un étage et d’une architecture gracieuse, des églises sur les points les plus élevés; des jardins plantés d’orangers, de bananiers et de cocotiers, tel est le coup d’œil que présente cette petite cité vue des hauteurs voisines. Elle renferme 6,000 habitants.
Portalegre (Porto-alegre), ville grande, bien bâtie, au haut d’une
colline, sur la rive gauche du Jacuy, au-dessus de l’embouchure de cette rivière, dans le grand lac dos Pathos, est peuplée de 45,000 âmes, et la capitale de la province. Elle renferme cinq églises, un hôpital, une maison de bienfaisance, un arsenal, deux casernes et une prison. Parmi ses plus belles rues, on cite celle du Praÿa et celle d'Igrésia, qui sont remarquables par le nombre de jolies maisons qui les garnissent. Au bord du fleuve est bâtie la douane, édifice carré, solidement construit et disposé commodément pour le commerce. Le lac Pathos, dont la longueur est de 60 lieues et la largeur de 20, communique avec la mer par un canal; ses eaux sont salées, et assez profondes pour que les navires de moyenne grandeur y puissent naviguer,
Rio-Grande, ou San Pedro, à l'entrée du lac Pathos, est défendue par plusieurs forts en partie construits sur des îlots. Des écueils et des bancs de sable, sujets à être déplacés par la violence des courants, renden, l'entrée du port dangereuse pour des navires qui tirent plus de 3 mètrest Cette ville a cessé d’être la capitale de la province depuis 1768.
San-Francisco de Paula est une charmante petite ville qui n’existe que depuis une quinzaine d'années, et qui cependant rivalise avec Porto-alegre par l’activité de ses habitants, l’importance de ses transactions commerciales et le grand nombre d’édifices qu’on y élève journellement.
La province de Sainte-Catherine (Santa-Catharina) doit cette dénomi: nation à une île du même nom qui en dépend, et qu’entourent d’autres petites îles baignées comme elles par l'Océan. Le sol de la province est couvert de petits lacs, et ses côtes, généralement basses, sont dominées par le mont Bahul, qui sert de signal aux navigateurs.
Les rochers coniques de l’île Sainte-Catherine, qui s'élèvent rapidement du fond de la mer, forment un ensemble pittoresque avec les hautes montagnes du continent voisin, dont les cimes, couronnées de bois, se confondent dans le lointain avec l’azur des cieux. L'île même, séparée du continent par un canal étroit, offre une variété de montagnes et de plaines; quelques endroits sont marécageux. Les chaleurs du solstice y sont constamment tempérées par d’agréables brises de sud-ouest et de nord-est ; les dernières règnent depuis le mois de septembre jusqu’en mars, et les autres depuis avril jusqu’en août. Les forêts, qui autrefois occupaient une grande parlie de sa surface , ont été considérablement éclaircies dans 'es dernières années. Toutes les roches de la côte et de l’intérieur sont granitiques. Près du port paraît une veine de dolérite dans divers états de décomposition, et qui passe finalement en une espèce d’argile employée à la fabrication d’une
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L'entrée du port de Sainte - Catherine, ville que l’on nomme aussi Cidade-de-Nossa-Senhora-do-Destero, est commandée par deux forts, et deux autres défendent le reste de l’île. La ville, peuplée de 6,000 âmes, se présente très-bien sur un fond de verdure riante ct variée par des bouquets d’orangers et de citronniers chargés de fleurs et de fruits. C’est un séjour affectionné par les négociants et les officiers de vaisseaux marchands qui ont acquis assez de fortune pour vivre dans une honorable retraite, Vis-àvis de la ville, sur le continent, de hautes montagnes couvertes d’arbres et de tüillis forment une barrière presque impénétrable. L’œil y distingue avec plaisir le petit port de Peripi, avec d’abondantes pêcheries, et la charmante vallée de Picada, toute remplie de maisonnettes blanches à moitié cachées dans des bosquets d’orangers et de plantations de café. Plus à l’ouest, demeurent des sauvages appelés Bouqueres, qui troublent quelquefois la paix des habitations les plus reculées.
En continuant de prolonger la côte vers le nord-est, partout semée de maisons parmi des bosquets et des plantations, on arrive au port Saint- François (San-Francisco), situé sur une ile et dans une baie du même nom , défendue par des forts.
Cette ile a environ 7 lieues de long du nord au sud et 2 dans sa plus grande largeur; elle est boisée et montueuse. Le Pao d’Assucar et le Morro da L'Orangeira (morne de l’orangerie) sont ses hauteurs les plus remarquables. San-Francisco est dans une position charmante, sur une des criques les plus septentrionales d’une anse assez vaste. La ville se compose de maisons en pierre, blanchies à la chaux et bien entretenues, qui pour la plupart n’ont qu’un rez-de-chaussée; les rues sont larges et assez bien alignées. Vers le centre s'étend une grande place irrégulière, couverte de gazon, sur laquelle s’élève l’église paroissiale, qui est vaste et bien éclairée. L’hôtel-de-ville, dont le rez-de-chaussée sert de prison, est un petit bâtiment placé près de l'église. La construction navale forme la principale industrie des habitants. La baie de San-Francisco est riche et peuplée tout autour; mais à l’intérieur des terres on ne rencontre que quelques rares hameaux et des métaires (Freguezias, paroisses; Fasendas, métairies, et Aldéas, villages indiens).
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Un pays à peu près plat s'étend autour de San-Francisco, à quelque distance de la côte, et les rivières qui l’entrecoupent sont navigables pour des canots jusqu’au pied de la grande chaîne de montagnes élevte de plus 1,200 mètres au-dessus du niveau de la mer, et traversée par une route frayée par suite d’un travail prodigieux. Une montée régulière de 20 lieues conduit à la superbe plaine de Corriliva, où paissent d'immenses troupeaux de bétail destinés à l’approvisionnement de Rio-Janeiro, de Saint- Paul et d’autres places; on y élève aussi une quantité de mulets. Les chevaux de Corritiva sont généralement plus beaux que ceux de l'Amérique espagnole,
La province de Saint-Paul (San-Paulo, ou Sao-Paulo) se présente à nous bornée au nord et à l’ouest par le Rio-Parana, au sud par le Rio- Negro, et à l’est par l'Océan. L'agriculture atteste que la civilisation y à fait depuis quelque temps de grands progrès.
L'entrée du port de Sanlos, fermée par l'île de Saint-Vincent, est quelquefois rendue difficile par les courants et les vents variables qui descendent des montagnes, Les environs, souvent submergés par de fortes pluies, et par conséquent malsains, sont très-propres à la culture du riz, qui passe pour le meilleur du Brésil. La ville, peuplée de 7,000 âmes, est une place très-commerçante et l’entrepôt de toutes les productions de la province. La route pavée, qui monte en zigzag sur la montagne, conduit à la ville de Sarnt- Paul ; en quelques endroits creusée à travers le roc vif, en d’autres taillée dans les flancs de montagnes perpendiculaires, souvent cette route conduit par-dessus des pics coniques, le long d’effroyables précipices dont les bords sont munis de parapets. Quelques courants d’eau, tombant en cascades pittoresques, se fraient un passage autour des roches; c’est là qu'on peut connaitre la structure de la montagne, qui paraît être composée de granit et en partie aussi de grès ferrugineux. Partout ailleurs le sol est couvert de bois si fourrés, que souvent les branches des arbres, en sejoignant, forment des arcades au-dessus de la tête du voyageur. À moitié chemin se trouve une halte au-dessus de la région des nuages. Après trois heures de marche, on parvient au sommet, élevé d'environ 2,000 mètres. C’est un plateau assez étendu, et prineipalement composé de quartz recouvert de sable. De celte position, la mer, quoique éloignée de”? licues, semble baigner le pied même des montagnes ; le port de Santos et la côte sont dérobés à la vue. Après y avoir avancé umedemi-lieue, on voit déjà serpenter les rivières qui, prenant leur cours vers l’ouest, forment par leur réunion la grande rivière de Corrientes, qui va joindre la Plata, Cette circonstance rend raison de la
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Santos est bien bâtie, et tous les édifices sont en pierre, On ÿ remarque plusieurs églises et chapelles, deux couvents, un hôpital militaire et un hospice dit de la Miséricorde, qui est le plus ancien du Brésil. La ville date de 1415; elle est dans une situation basse, humide et malsaine.
La ville de Saint-Paul est située sur une éminence agréable, environnée de trois côtés par des prairies basses, et baignée de petits ruisseaux trèsclairs qui en forment presque une ile dans la saison pluvieuse, et vont se réunir dans la jolie rivière de Tietis ou Tielé, Le climat est l’un des plus sains de toute l'Amérique méridionale. Onn’y connaît pasde maladies endtmiques. La température moyenne varie entre 10 et 20 degrés centigrades. Les maisons, bâties en pisé, sont hautes de deux étages et joliment peintes à fresque ; les rues, extrêmement propres, sont pavées de schiste lamellaire lié avec un ciment d'oxyde de fer, et renfermant de gros cailloux de quartz arrondi : ce sont des picrres d’alluvion contenant de l’or, dont on trouvede petites parcelles dans les trous ct crevasses, où les habitants pauvres les cherchent avec soin après les fortes pluies. La population s'élève au-delà de 18,000 âmes. Ce n’est qu'après l’épuisement de leurs lavages d’or, autrefois fameux, que les habitants ont dérogé jusqu’à s'occuper de travaux utiles et champêtres; ils y sont encore très-arriérés; cependant les jardins de Saint-Paui sont arrangés avec beaucoup de goût, et souvent avec une élégance toute particulière. Il y a beaucoup de luxe et de mollesse à Saint- Paul; la civilisation y est plus avancée, plus répandue et plus générale que
dans les autres villes. Ainsi il y a une université, un séminaire, une bibliothèque publique et un petit théâtre, Les dames de Saint-Paul sont rememmées dans tout le Brésil à cause de leur beauté, de leur amabilité et de la mablesse de leurs manières. Il y a beaucoup de boutiquiers, beaucoup d'artisans, mais peu de fabricants ou manufacturicrs ; la plupart des habitants sont fermiers, cultivateurs, jardiniers, neurrisseurs ou engraisseurs de bestiaux, mais particulièrement de cochens et de volaille. On y trouve une espèce particulière de coqs qui se distinguent par un cri très-fort, en prolongeant la dernière note une ou deux minutes; ils sont recherchés comme une curiosité, dans toutes les parties du Brésil.
La position écartée de Saint-Paul, et les difficultés que le gouvernement portugais opposait autrefois aux voyages dans l’intérieur, sont cause que celte ville est rarement visitée par des étrangers, dont l'apparition y est même regardée comme un événement.
Parmi tous les colons du Brésil, les Paulistes se sont signalés autrefois par leur esprit entreprenant, audacieux, infatigable, et par cette ardeur pour les découvertes qui distingua jadis les Portugais parmi les nations de l’Europe. Au 1ieu de cultiver paisiblement leur beau territoire, ils parcoururent le Brésil dans toutes les directions ; ils se frayèrent de nouvelles routes à travers des forêts impénétrables, en portant leurs provisions avec eux; ils ne se laissèrent arrèter ni par les montagnes, ni par les rivières, ni par les naturels anthropophages qui partout leur disputaient le terrain. C’est à eux surtout qu'est due la découverte de toutes les mines les plus riches, qu'ils ne se laissèrent enlever qu’à regret, et pas toujours sans opposition, par le gouvernement. Aujourd’hui encore c’est sur leur énergie que repose la sùreté du Brésil occidental, et l’on sait queles troupes portugaises auraient joué un rôle assez triste dans la guerre coloniale de 1770, si elles n’avaient été secondées par les cavaliers paulistes, qui répandirent la terreur de leur nom depuisle Paraguay jusqu’au Pérou.
Dans la province de Saint-Paul, nous avons encore à citer Fu ou Æytu, remarquable par les champs de cannes à sucre que possèdent ses environs, et par la grande cascade du Tieté qui l’arrose; Sorocaba, qu’enrichissent ses mines de fer qui ont fait fonder les belles forges impériales d'Ypanema; enfin Cannanea, importante par ses pêcheries.
Au nord de la province de Rio-Janeiro s'étend, le long de l'Océan, et partagée dans toute sa longueur par une chaine de montagnes qui y forme deux versants, celle du Saint-Esprit (Espiritu-Santo.) Nous la traverseronssans rien y remarquer d’intéressant, Le chef-lieu, Victoria ou Cidade-da- Victoria, est une petite ville assez bien bâtie; l'hôtel du gouverneur est un ancien couvent de jésuites. Celle d'£Espiritu-Santo ou de Villa-Velha, son ancienne capitale, est située au fond d’une large baie. Ses pêcheries sont importantes. Elle n’est défendue que par un petit château en ruine. Cette ville, petite, laide et ouverte, forme à peu près un carré; l'église est à une des extrémités, et l'hôtel du gouverneur est à l’autre extrémité, près du fleuve. Le fameux couvent de Nossa-Senhora-de-Penha, l’un des plus riches du Brésil, est sur une haute montagne contiguë à la ville.
A l’ouest des provinces de Rio-Janeiro et d'Espiritu-Santo s'étend celle de Minas-Geraës, la plus importante par ses mines et la plus peuplée. Nous avons déjà fait connaitre ses richesses métalliques; elle renferme près de 900,000 habitants, dont 200,000 de couleur.
La culture et l'industrie ÿ sont en arrière. A une lieue de l’endroit où se trouve la plus fine terre à porcelaine, il n’y a qu’une mauvaise fabrique de
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Le district de San-Joao-del-Rey est le mieux cultivé; on l’appelle le grenier du pays. Le chef-lieu compte 6,000 habitants. Cette ville de San- Joao-del-Rey, située sur la rive gauche du Rio-das-Mortes, est unedes plus agréables de la province. Elle est remarquable par sa belle chapelle des franciscains et par les riches lavages d’or de ses environs. Elle a fait avec Rio-Janeiro un commerce considérable en fromages, en chair de porc, en volailles et en fruits.
Barbacena, sur la route de Rio à Ouro-Preto, n’était, il y a cent ans, qu'un misérable village ; elle doit sa splendeur actuelle au marquis de Barbacena, qui, en 4791, lui donna son nom. Elle a étéérigée en cité en 1841. Cette ville, dont la population est d’environ 4,000 âmes, occupe un plateau dont l’élévation moyenne est de 1,172 mètres au dessus du niveau de la mer, et qui donne naissance à la Parahybuna, à la Plata et au Rio-San- Francisco. Barbacena est le centre d’une parochia qui compte environ 18,000 âmes, y compris les nègres des fazendas.
L'état actuel de Villa-Rica, aujourd’hui Cidade-de-Ouro-Preto, la capitale de la province, dément le faste de son premier nom. Les environs sont incultes. Bâtie sur le flanc d’une haute montagne, elle a des rues irrégulières, escarpées et mal pavées, mais variées par de charmants jardins en terrasses, et remplies de jolies fontaines qui conduis:at l’eau dans presque toutes les maisons. Le climat est fort doux, grâce à sa situation élevée. Le thermomètre ne s’y élève jamais à l’ombre au-dessus de 28 degrés centigrades, et descend rarement au-dessous de 8° ; dans l'été, il se tient la plupart du temps entre 47° et 26°, et l’hiver entre 420 et 210. Elle contient euviron 2,000 maisons et 44 à 42,000 habitants, parmi lesquels il ya plus de
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