VILLES
Cidade de Ouro-Preto ou Villa-Rica, Ma- !
rianna +. 3
San-Joao del Rey, San-José.
Sabara ou Villa-Real do Sabarà, Cahite ou Villa-Nova da Raynha.
Parapatu ou Paracalu du Principe, San- .Romao. S
Rio-San-Francisco das Chagas, ou Rio Grande.
Villa do Principe.
Victoria, Ville-Velha do Espirito-Santo.
San-Salvador ou Bahia ++, Caxoeira, Itapicuru,
Jacobina, Villa-de-Contas.
San-Jorge ou Itheos, Olivença.
Porto Seguro, Belmonte,.
Cidade de San-Christovao ou Sergipe.
Alagoas ou Cidade das Alagoas, Penedo.
Cidade do Recife ou Pernanibuco.
Olinda +, Goyanna, Pasmado.
Symbres, ci-devant Orazuba.
Parahyba, Pombal.
Natal, Portalègre.
Cidade da Fortalezza ou Ceara, Aracaty.
Crato, lcco ou Yco.
Oeyras, Parnahyba ou Pranahyba.
Cidadede San-Luiz ou Maranhao +, Hycatu.
Belem ou Para+, Macapa.
Villa-de-Monlorte ou Villa-Foannes,Chaves
Barra do Rio-Negro, Barcellos.
Olivença, Malura, Ega, Alvellos ou Coary.
Le nom de Guyane ou Guayane, qui parait appartenir en propre à une petite rivière tributaire de l’Orénoque, a été donné, par extension, à cette espèce d’ile environnée, ausud, à l’ouest et au nord, des eaux de l’Amazone,
ca, Mahite ou e, Sanju Rio—
into.
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racaty.
Fr, Hycalu.
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rançaise,
pre à une n, à cette Amazone,
du Rio-Negro, du Cassiquiare et de l’Orénoque, et baignée au nord et au nord-est par l’océan Atlantique.
Cristophe-Colomb découvrit la Guyane en 4498; Améric Vespuce y aborda l’année suivante; Vincent Pinçon explora ses côtes en 1500 ; quelques auteurs prétendent que Vasco-Nuñez les reconnut en 4504; le navigateur Philippe de Huiten, qui y aborda vers 4545, prétendit y avoir vu une ville dont lestoitsbrillaient avec tout l’éclat del’or; en 1595 l'anglais Walter Raleigh remonta l’Orénoque jusqu’à 200 lieues de son embouchure;
- enfin, un aventurier français, nommé Laravardière, s’y établit en 4604.
Ces différentes expéditions avaient principalemeut pour but de découvrir dans cette contréeun pays tellement abondant en or, qu’on l'avait surnommé El-Dorado. On ne sait qui avait répandu le bruit de l'existence de ce pays fabuleux; mais lorsque Laravardière s’y établit, il fut facile de reconnaitre qu’aucune partie de l'Amérique n’est plus pauvre en or que la Guyane, et que ses montagnes même sont, en général, très-peu métallifères.
Après plusieurs tentatives infructueuses, la première colonie française f:t établie à la Guyane en 4635; vers la même époque quelques colons anglais avaient formé à l'embouchure du Surinam un établissement dont les Français s’emparèrent et qui passa ensuite au pouvoir des Hollandais, auxquels les Anglais l’enlevèrent ; ceux-ci, pendant la guerre de la révolution, se rendirent maitres de tous les établissements hollandais, qu’ils restituèrent à la paix d'Amiens; mais en 4808 ils reprirent la partie qui leur appartenait primitivement, et dont la possession leur a été assurée par le traité de 4814. Depuis cette époque les gouvernements français, anglais ou hollandais ont porté tous leurs soins vers la prospérité des colonies qu’ils possèdent dans cette contrée.
L'intérieur de la Guyane est encore imparfaitement connu. Cependant nous savons que les monts Mairari s’élèvent à plus de 4,000 mètres au-dessus du niveau de la mer; que les monts Roraima, qui sont de 1332 mètres plus élevés, s'étendent depuis 5 deg. 10 min. de latitude septentrionaie jusqu’à 60 deg. 48 min. de longitude orientale; ils sont habités par les Indiens Arecunas; on y voit un des précipices les plus effrayants que l’on puisse citer; ilest taillé à pic sur une hautcur de 486 mètres : lEssequibo, l’Orénoque et le fleuve des Amazones prennent leurs sources dans ces montagnes. Sur les bords du Maruoua on remarque des figures hiéroglyphiques gravées dans le granit. La rivière de Parmia forme un grand nombre de rapides. Près de Purumani, la grande cataracte de la Panina a 23 mètres de hauteur. Surles bords du Mereouari, qui a sa source
dans les monts Sarisharinima, habitent les Guinaas, qui parlent un langage différent de celui des autres indigènes.
Les côtes sont partout peu élevées, et même dans la plus grande partie, si basses, que la haute mer les couvre pendant l’espace de plusieurs lieues. Les caps ou promontoires ne sc font apercevoir qu’à une petite distance : cependant les vaisseaux s’en approchent sans danger, parce que des sondes régulières indiquent d’une manière presque uniforme la proximité de la cote, Les »aux de la mer, jusqu’à une distance de dix à douze lieues, sont troubles à causede Ja quantité de limon et de vase que les rivières y portent.
Parmi les ferres basses, celles où les eaux de la mer restent stagnantes se couvrent de palétuviers; les autres, inondées seulement par les eaux douces, portent des joncs, et servent d’asile aux caimans, aux poissoi.', el à toutes sortes de gibier aquatique. Ces dernières s'appellent savanes noyées ; les savanes sèches produisent d'excellentes herbes de pâturages. Composé de sable, de limon et de coquillages, ce terrain paraît en partie être le produit de la mer, qui, dans chaque inondation, y laisse un dépot, et qui, en formant des dunes en plusieurs endroits, élève d’elle-même lentement la barrière qui un jour doit arrêter sa fureur. La mer rejette tantôt de la vase et tantôt du sable; les palétuviers rouges croissent aussitôt dans la vase, ct lorsque les dunes de sable postérieurement formées interceptent l’eau de la mer dont ils ont besoin, on les voitsuccessivement mourir.
Quelques tertresisolés qui s'élèvent au milieu desterres basses, paraissent avoir étéanciennement des îles; les alluvions successives les ont développés el réunis au continent. Mais à quatre et surtout à dix lieues de la mer, on rencontre des montagnes, presque toutesgranitiques, quartzeuses ou schisteuses. Les roches calcaires sont inconnues dans la Guyane. Les petites montagnes qui bordent la cète, ordinairement à la distance d’une ou deux lieues ont généralement leur direction parallèle à celle de la côte.
Les principales rivières, telles que l’Oyapok, ie Maroni, le Surinam et l’Essequibo, ont l'embouchure très-large et peu profoi.de, comme c’est l'ordinaire dans un terrain bas et meuble, Leurs cataractes offrent rarement un aspect majestueux. L’Oyapok en compte 8 dans l’espace de 20 lieues : le Maroni les a moins nombreuses, mais plus grandes ; l'Essequibo n’en a pas moins de 39 dans un assez petit espace. Les mêmes traits peuvent s'appliquer aux autres rivières, qui sont le Démérarun, la Berbice, le large
Corentin, le Sinnamary, si tristement célèbre, l’Aprouague et l’Arouari, pendant quelques années limite des Français et des Portugais.
La saison sèche, qu’on appelle le grand été, dure, à Cayenne, depuis la
angage
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Surinam
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in de juillet jusqu’en novembre. La saison pluvieuse règne surtout dans les mois qui correspondent à l'hiver d'Europe; cependant les pluies sont plus fortes en janvier et février. Dans larègle, le mois de marsetle commencement de celui de mai présententun temps sec et agréable; on appelle celte époque le petit été. En avril et mai, les pluies reviennent aussi fortes que jamais. Le climat tant décrié de la Guyane est moins chaud que celui des Indes orientales, de la Sénégambie et des Antilles. Le thermomètre cent:grode, à Cayenne, s’élève à 35 degrés dans la saison sèche, et à 30 dans la saison pluvieuse. D’autres observateurs indiquent pour Surinam des termes qui paraissent encore plus bas, savoir : 31 pour le maximum moyen de chaleur, et 25 degrés pour ia chaleur moyenne de l’année, Ce qui surtout diminue la «'aleur à la Guyanne, c’est l’action des vents dominants, qui vicanent du nord pendant la saison pluvieuse, et de l'est, quelquefois du sud-est, pendant la saison sèche. Ces vents passant tous sur de vastes étendues de mer, apportent une température plus fraiche, de sorte que dans l'intérieur, le froid des matinées oblige Européen à se chauffer. Il y a des différences sensibles entre le climat de diverses parties de la Guyane. Sur l’'Oyapok les pluies sont plus fréquentes qu’à Cayenne. L'époque des saisons n’est pas partout la même. A Surinam, les pluies et les séchercsses commencent un ou der:x mois plus tard qu’à Cayenne; mais le voyageur Stedmann ajoute que ces époques ne sont pas entièrement fixes,
Considéré sous le rapport de la salubrité, le cimat a été trop calomnié. Il a les doubles inconvénients attachés à tout pays en friche, couvert de bois ou de marais, et à toute contrée chaude et humide. Les maladies qui attaquent les £uropéens nouvellement arrivés sont des fièvres continues. Ce sont les abatis nouveiicment faits qui exposent le plus la santé des nouveaux colons; le soleil développe les miasmes qu'exhale un terrain formé de débrisdes végétaux accumulés depuis des siècles; mais ce danger n'existe que dansles premièresannées. Lesfièvres tierce et double-tierce, qui règnent habituellement dans le pays, sont incommodes, mais peu dangereuses. Les épidémies sont très-rares, et la petite-vérole y a été extirpée.
Les inondations de la Guyane présenteni au voyageur un tableau curieux dont nous allons essayer de retracer l’image. Grossies par des pluies continuelles, toutes les rivières se débordent; toutes les forêts avec leurs immenses troncs, leurs labyrinthes d’arbustes, leurs guirlandes de lianes, flottent dans l’eau, La mer joint ses flots amers aux eaux courantes; elle y apporte un limon jaunâtre ; les poissons de mer, les oiseaux aquatiques ct les caimans se répandent partout ; les quadrupèdes sont obligés de se réfu-
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gier sur le haut des arbres; et à côté des singes qui, en gambadant, se suspendent aux a:bres, on voit courir les énormes lézards, les agoutis, les pecaris, qui ont quitté leurs tanières inondées; à côté d'eux, les oiseaux palmipèdes, qui. par leur conformation, semblent condamnés à rester sur terre ou dans l’eau, s’élancent ici sur les arbres pour éviter les caimans et les serpenis, qui partout se jouent dans l’eau où se vauirent dans la fange. Les poissons abandonnent leur nourriture oriinaire offerte par Phumide élément, et mangent les fruits et les baics des arbastes parmi ivsquels ils nagent. Le crabe s’atiache aux arbres, l’huiître croit dans lus forêts. L'In- | Ê dien qui, dans son bateau, parcouri ce nouveau chaos, ce mélange de terre |
et de mer, netrouve pas un coin de terre pour se reposer ; il suspend son
hamac aux branches les plus élevées de deux arbres, et dert tranquillement
pl | dans ce lit aérien, que les vents balancent au-dessus des flots, ; Toute l’année a ses récoltes de fruits; cependa:.: les arbres mêmes qui l sont toujours chargés de fruits, n’en portent en abondance qu’en certains {oups fixes, qui semblent -être les époques de leur récolte: tels sont les angers, les limoniers, les poiriers-avocats, dont le fruit est surnommé ; soelle végélale (laurus persea), les sapotilliers, les corossols et plusieurs autres qui ne viennent que dans les endroits cultivés. Ceux qui croissent ”
naturellement dans les forêts ne produisent qu’une fois par an, et la plu part dans les mois qui correspondent au printemps d'Europe. Tels sont les fruits de palmiers, ceux du mari-lembour, du prunier-mombain, et autres. Parmi les arbres fruitiers transportés de l’Europe, il n’y en a que trois qui aient réussi généralement, savoir: la vigne, dont cependant les raisins pourrissent dans le temps des pluies, et sont dévorés en été par les insectes; le grenadier, et surtout le figuier. Les arbres fruitiers des Indes orientales, tels que les manguiers et les jambosiers, viennent infiniment micux. Avant l’arrivée des Européens, la Guyane possédait trois espèces de cafers, le coffea guaynensis, le paniculata et Voccidentalis; mais on y a introduit le cafier arabique. Les giroiiers, les cannelliers, les muscadiers y ont été transportés avec beaucoup de succès. Il y a plusieurs espèces de poivriers. Le cacavyer vient spontanément à l’est de l’Oyapok. L’indigo et la vanille y sont indigènes. Parmi les plantes alimentaires du pays, le manioe amer et le ca-manioc ! tiennent le premier rang; les ignames, les patates, les tayoves, deux espèces de mil offrent encore une nourriture abon-
dante.
1 Bajou, v. 1, Mémoire XV; mais Aublet, t. II, Mémoire IF, distingue cinq sousespèces de manioc propre ou vénéneux.
t, se SUSoulis, les s oiseaux rester sur aimans et la fange.
l’humide ‘quels ils êts. L’'Inre de terre spend son quillement
mêmes qui en certains 1s sont les surnommé t plusieurs li croissent , et la plul'els sont les , et autres.
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La Guyane a donné à la médecine le précieux quassia ou bois de Surinam. Beaucoup d’autres végétaux produisent des sucs amers etastringents d’une grande utilité médicale, tels que le dolichos pruriens, la violette ytombou, espèce d'ipécacuanha, la noix d'huile de castor, le cos{us arabique, la potalée amère. Il faut en chercher les noms dans les mémoires de MM. Bajon et Aublet. Parmi les gommes et résines, on doit remarquer la gomme copahu ou capivi. Le laborieux médecin M. Leblond a cherché en vain le quinquina, même sur les montagnes de l’intérieur. Ce végétal n’a pu franchir les pleines basses qui environnent et isolent le plateau de la G yane.
Mais à côté de ces arbustes salutaires, les forêts de la Guyane cachent les poisons s plus terribles. La duncane est un petit arbrisseau qui donne à l’instant la mort aux bestiaux qui en mangent; on assure que l’instinet des animaux ne leur apprend pas à connaître cette plante redoutable, Les ravages du poison végétal nommé wourara sont tels, selon Stedmann, qu’un enfant mourut sur-le-champ pour avoir sucé la mamelle de sa mère un instant après qu’elle eut été frappée d’une flèche qui en avait été enduitc.
Parmi les arbres forestiers de la Guyane, les uns, mous et spongieux, comme les bananiers, les palétuviers, ne servent qu’à allumer le feu; les autres, extrêmement durs, incorruptibles et susceptibles du plus beau poii, ont l'inconvénient de résister à la scie et aux autres outils; tels sont le ouatapa, le balata, l’angelin. Quelques autres espèces, en se rapprochant de ceux-ci, donnent plus de prise aux outils : on distingue le férole, qui s’appelle aussi bois satiné ; le licaria, qui, dans sa jeunesse, porte le nom vulgaire de bois de rose, et dans sa vieillesse est faussement désigné par les colons comme un arbre différent, sous le nom de sassafras; deux espèces d’icica, qu’on décore du titre de cèdre noir et blanc, le bagassier, le courimari et l’acajou. L’aspect des forêts de la Guyane est imposant et varié. Les majestueux panax morololnni, le bignonia copaia, le norante, élèvent leurs têtesjusqu'à 25 et 30 mètres. Lefaramier, l’ourate, le mayèperépandent au loin une odeur balsamique. Les lianes et les arbrisseaux grimpants, en décorant ces forêts, les rendent souvent impénétrables ; là c’est le mouroucou ou le malani, dont les branches sarmenteuses s’élancent autour des troncs et des rameaux; ici c’est l’ouroupari et le rouhamon, qui, l’un par ses épines en forme de crochets, l’autre par ses vrilles, s'élèvent jusqu'aux cimes des arbres les plus hauts. On voit des grappes de fleurs de diverses espèces pendre de tous les côtés sur l’arbre, dont le feuillage véritable disparait presque sous des ornements étrangers.
Nous pourrions encore remarquer une foule d'arbres utiles ou curieux, tels que la simira, qui donne une belle teinture rouge; le cotonnier sauvage, qui a souvent # mètres de circonférence, et dont on construit des canots très-grands; le patavoua, qui forme un grand parasol, dont un seul sert de toit à une cabane pour vingt-cinq personnes; le vouay, dont les grandes feuilles sont employées à couvrir les maisons, et résistent pendant plusieurs années aux injures de l’air.
Les mammifères de la Guyane sont des mêmes espèces que ceux du Brésil et du Paraguay. Les jaguars passent pour être petits, mais ils n’ont pas encore été très soigneusement observés. M. Bajon dit cependant que le jaguar peut terrasser un bœuf, mais qu'il est timide et lâche devant l’homme 1 ; Stedmann lui donne ? mètres de long du museau à la naissance de la queue. Le couguar l'approche en grandeur. Le couguar noir (felis discolor) est ici de la grosseur d’un grand chat; mais sa peau est aussi belle que celle du jaguar, et sa férocité, sa soif de sang n’est pas moindre. Selon Stedmann, le jaguarète serait encore une quatrième espèce de chat, qui a la peau tachetée de noir et de blanc, ce qui est contraire à l'opinion aujourd’hui reçue, et d’après laquelle les naturalistes regardent le jaguar et le jaguarète comme synonymes, miais formant deux variétés différentes. Les autres espèces du genre felis sont le felis unicolor, et le margay ou felis tigrinu. Après le tapir, les fourmiliers comptent parmi les grands quadrupèdes, Les espèces les mieux connues sont le fourmilier didactyle, le {amandua et le lamanoir ; celui-ci a quelquefois 2 mètres 60 centimètres de la tête à la queue; il se défend avec ses griffes même contre le jaguar; s’il réussit à serrer cet ennemi entre ses pattes, il ne le lâche qu'après Pavoir tué. Le chien crabier vit sur les bords de la mer ; il se sert de ses pattes, presque comme un homme de ses mains, pour tirer les crabes de leurs trous. Parmi les familles des singes, extrêmement nombreuses, on distingue l’atile coïata, qui se s’.spend aux branches par sa longue queue tournée en spirale; le timide atile belzébuth, le joli petit saki-winski, appelé tamarin par quelques Français; le doux et aimable kisikist, le farouche alouate (myceles seniculus), le sapajou-sajou (cebus apella), et cinq ou six autres espèces de ce genre; le sagoin saimiri, l’outstiti vulgaire, et beaucoup d’autres qu’il serait trop long d’énumérer. Parmi trois espèces de biches, le cariacou se rapproche, pour la grandeur et pour la forme, du chevreuil
1 Bajon : Mémoire sur Cayenne. Voyez aussi le voyage de Schomburgck et le t. V de la Relation du voyage de M. F. de Castelnau dans l'Amérique du Sud ; chap. Lix et suivants.
urieux, ier sauruit des un seul dont les pendant
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ussi belle ire. Selon \, qui a la n aujourguar et le entes. Les 1y ou felis s quadrule {amantres de la guar; S'il rès lavoir ses pattes, »s de leurs n dislingue tournée en lé tamarin 1e alouate six autres beaucoup de biches, u chevreuil
ack et le t. V ; Chap. LIX ct
d'Europe. L’agouti est le gibier le plus commun et le meilleur ; cependant la chair du paca est encore préférée. Le cabiai habite les bords des rivières es des lacs; ses soies et ses défenses lui donnent l’air d'un cochon. Le pécan, appelé aussi tassajou ou cochon des bois, animal trèsdifférent de nos cochons, s’attroupe en grand nombre. Il passe, sans se déranger, à travers les jardins et les cours, même à travers les rangs d’une armée.
Les écureuils, mentionnés par Bancroft, ne paraissent pas différer sensiblement des espèces connues en Europe. Le coati, qui a quelquefois 65 centimètres de long, emporte sans façon les oies et les coqs d'Inde; le srison (gulo villatus), nommé crabbodago à Surinam, est d'un caractère “i féroce, que, sans être pressé par la faim, il immole tout animal vivant qu’il rencontre et dont il peut se rendre maître.
La Guyane possède plusieurs espèces de tatous et de didelphes ou sarigues. Stedmann nie à tort l’existence du fameux didelphis œneas ou virq'uiana, qui, en cas de danger, porte, disait-on, ses pelits sur le dos. Parmi les chauves-souris, le vampire de la Guyane est redouté ; il y en a qui ont 65 à 95 centimètres d’envergure ; :e vespertilio leplurus, décrit et figuré par Schreber, ne s’est encore trouvé que dans les environs de Surinam.
Le serpent boa est eppelé à Surinam aboma ; il devient quelquefois long de 43 mètres et d’une circonférence de 4 mêtre 30 centimètres ; il engloutit des sangliers, des cerfs, des tigres entiers. Quelques coups de fusil bien dirigés donnent la mort à ce nouveau Python ; les nègres lui calacent une corde autour du cou, le suspendent à un fort arbre, et l’entourant de leurs bras grimpent après le reptile comme à un mât, atteignent son cou, lui ouvrent la gorge avec un couteau, et se laissant couler à terre le pourfendent dans toute sa longueur; puis l'écorchent tout palpitant pour avoir sa graisse qui est excellente. Les deux serpents venimeux les plus connus sont celui à sonnelles et celui nommé grage : ce dernier, habitant des forêts de l’intérieur, est le plus méchant; son venin n’est pas aussi actif, mais la courbure et la disposition particulière de ses incisives rendent ses morsures terribles.
La Guyane abonde en crapauds, en lézards et en caimans. Les gastronomes y recherchent l’iguana delicatissima, espèce de lézard qui vit sur les arbres, et dont la chair est un mets friand. Les alhgators infestent les fleuves et les grandes rivières,
La Guyane nourrit la plupart des oiseaux indigènes et particuliers au Nouveau Continent. Trois oiseaux de la Guyane ressemblent extérieure-
le me es = daim RS PE EE
ment au faisan ; l'un d’eux, le parraqua, a le cri extrêmement fort. Le toucan, l’agami, le tangore le colibri et une petite perruche appelée cali, et qui n’est pas plus grasse qu’un moineau, animent les forêts et y étulent leurs couleurs variées. Le prionus giganteus, que l’on rencontre sur les bords de la Mana, et qui est le plus grand insecte connu, et le fulgore porle-lanterne, remarquable par sa propriété phosphorescente, sont les principanx insertes de la Guyane, Parmi les poissons d’eau douce, le pacou et l'aymara offrent au voyageur une nourriture délicicuse. Le warapper est pris purmi les arbres où il vient s’engraisser pendant l'inondation, et où il reste embarrassé dans les branches lors de la baisse des eaux. Le lamantin habite les rivières et les lacs ; le poisson volant est poursuivi dans les eaux par le requin, et dans les airs par le cormoran; enfin le suce! rémore (echineis remora) s'atlache fortement par la tête aux corps solides.
Mais il est temps d’en venir à la description particulière des colonies européennes.
Les colonies ci-devant hollandaises d’£sseguibo ou Essequebo, de Démérari ci de Berbice, forment aujourd’hui la Guyane anglaise. Les limites du côté de la république de Venezuela (département d’Orinoco), ne sont pas bien fixées. On évalue néanmoins sa superficie à 4,120 lieues géographiques carrées, et sa population à 447 ou 448,000 habitants, dans lesquels sont compris les nègres indépendants, les tribus sauvages indigènes, et quelques centaines d'Indiens engagés venus des colonies des Indes orientales pour suppléer au manque de bras qui a résulté de l'émancipation des noirs. Le bourg et le port d’£ssequebo sont dans une excellente situation sur le confluent des deux grands cours d’eau de Courna et d'Essequebo, Les habitants demeurent ia plupart dans leurs plantations le long du fleuve. Les bois étant abattus, l’air de mer y circule librement, et le climat est plus tempéré qu’à Surinam. On avait cru trouver des mines sur le haut du fleuve Essequebo, dont le cours est d’environ 200 lieues ; les cartes y marquent même une mine de cristal ; mais les essais que les Hollandais ont faits pour découvrir ces trésors n’ont pas eu de succès.
Le gouvernement d'Essequebo-Démérari est la plus florissante de ces colonies. S{abrock, que les Anglais appellent George-Town, en est la capitale et compte près de 25,000 habitants, qui joignent aujourd’hui le luxe anglais aux manières hollandaises. Les grandes richesses des colons ont fait naître ici des prix excessifs et incroyables pour toutes les denrées étrangères; une livre de thé coûtait naguère une guinée. Fort insel, dans la colonie d'Essequebo, est un poste peu important.
e tou- Ii, et itulent ur les ulgore nt les pacot rapper Lion, et ux. Le vi dans le sucel solides.
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On ne trouve ni à Essequebo ni à Démérari ces banes de coquillages si fréquents sur louie la côte de la Guyane; ces dépôts de la mer ne commencent qu'à Berbice, Le terrain d'Essequebo et de Démérary est une vase tantôt bleuâtre et tantôt grise, qui souvent n’a que la consistance de la boue.
Dans la colonie, ou le gouvernement de Berbice, l'endroit principal est la Nouvelle-Amsterdam, sur ta rivière Berbice, qui n’a point de chutes d'eau comme les autres rivières de la Guyane. Les terres basses s'étendent ici, sans interruption, à deux, trois et quatre lieues de la côte. On y trouve plus de plantations de cacao et de café que de sucre.
La petite cité de Nouvelle-Amsterdam est bâtie dans le goût hollandais ; chacune de ses maisons, couverte de feuilles de bananiers, s'élève au milieu d'un jardin qu'entoure un fossé qui se remplit et se vide à chaque marée, et forme en quelque sorte une île particulière. Ainsi l'Océan se chargeant chaque jour d'enlever les immondices de cette ville, contribue à sa salubrité. Le fort de Nassau défend entrée de la colonie du côté de la mer.
Huit peuplades sauvages, dont quelques-unes passent pour être anthropophages, existent dans Ja Guyane anglaises ce sont les Araouaaks, les Accaouais, les Caraïbiscs, les Ouaraous, les Macasi’s, les Paramanÿ’s, les Attaraya’s et les Attamacka’s. M. Hillhouse, employé supérieur de la colouie, en visita quelques-unes en 1830 et 1831.
« Les Araouaaks, dit-il, croient à un Étre suprême, auteur de toutes « choses, et dont ie frère gouverne l’univers; ils croient aussi à un être « malfaisant qu’ils cherchent à se concilier par les conjurations de leurs « peaye-men, ou sorcicrs. Ces jongleurs se servent d’une calebasse dans « laquelle ils mettent des cailloux, et qu’ils agitent pour chasser ces enne- « mis du lit des malades. D’après la tradition de ces Indiens sur la création, « le Grand-Esnrit s'étant posé sur un cotonnier de soie, détacha des mor- « ceaux de: écorce de cet arbre, qu’il jeta dans un ruisseau au-dessous de « lui, et qui, bientôt animés, prirent la forme de tous les animaux. L'homme « fut le dernier des êtres qu'il anima; après lavoir créé, Dieu le plongea « dans un profond sommeil, et l’ayvant touché pendant ce sommeil, « l’homme, à son réveil, trouva la femme à ses côtés. »
Les Araouaaks sont d'une taille moyenne; leurs mains et leurs picds sont d’une petitesse extrême, surtout chez les femmes; leurs veux se dressent obliquement vers les tempes, et leur front est plus déprimé que celui des Européens.
Les Accaouais, dont le nombre se monte à environ 700 sur les rives du
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Démérari, et à 4,500 sur celles du Massarouni, ne sont pas d'une taille plus tlevée que les Araouaaks; mais leur peau *:\ d'un rouge foncé. Ils sont turbulents, querelleurs, belliqueux, et peuvent supporter les plus grandes fatigues; mais toute espèce de subordination leur est insupportable, et leurs chefs ont moins d’ascendant sur eux que dans les autres tribus.
Les Caraïbiscs ou Caraïbes occupent la partie supérieure de l’Essequebo et du Coiouni, Renommés pour leur bravoure, ils sont les plus crédules, les plus bornés, les plus obstinés et les plus vindicatifs de tous lesIndiens, Ils ont, d'après quelques traditions, habité. jadis les îles Caraïbes. Toute espèce de nourriture animale parait convenir aux Caraïbisces; ils mangent les tigres, les eh1ts, les rats, les grenouilles, les crapauds, les lézards, les insectes, comme le poisson et le gibier; cependant le poisson est l'aliment qu’ils préférent,
Les Ouaraous ou Waraws habitent la côte de Pommeroun, depuis Maroco Crick jusqu’à l’Orénoque. Leur nombre n’excède pas 700individus des deux sexes. Ils sont presque tous constructeurs de bateaux, et ils tirent un grand profit de la vente de leurs pirogues. Lesfemmes Indiennes cohabitent avec l’autre sexe dès l’âge de dix à douze ans, elles sont vieilles à trente ans et l’on assure qu’elles dépassent rarement quarante ans.
Les HMacasi’s sont d’une petite stature, faibles de corps, et d’une teinte plus jaune queles Accaouais, avec lesquels ilsontd’ailleurs quelque ressemblance, Leur nombre est peu considérab!e.
Les Paramani's, les Altaraya’s et les Ai‘amacka’s font trois peuplades tellement enfoncées dans les terres, que la colonie n’a aucun rapport avec elles. Ils passent pour être à la fois belliqueux, sanguinaires et pillards, comme la plupart des montagnards, et déterminés à ne souffrir aucun blanc sur leur territoire.
Les Bonnys ou Bonis sont des nègres qui se sontretirés dans les parties les plus inaccessibles des forêts de la Guyane anglaise. Leur nom est celui d’un soldat français qui, après avoir déserté Cayenne pour éviter une punition qu’il avait méritée, chercha un refuge au sein de cette tribu de nègres, les exerça au maniement des armes et en devint le roi. Ces Bouis sont au nombre de 7 à 8,000.
La superbe colonie de Surinam reste aux Hollandais; c’est peut-être le chef-d'œuvre de ce genre d'industrie humaine. Aucunedes Antilles ne présente une culture aussi étendue et aussi lucrative.
La Guyane hollandaise, baignée au nord parl’Atlantique, borné à l’ouest par la colonie anglaise, au sud par le Brésil, et à l’est par la Guyane fran-
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çaise, dont elle est séparée par le cours du Mareni, aune superficie que l'on peut évaluer à 5 ou 6,000 lieues et une population que l’on évaluait en 4849 : à 52 ou 53,000 âmes, composée de 12,577 colons ou libres et de 40,413 esclaves; de plus 47 à 18,000 Indiens indépendants ou nègres fugitifs errent dans l’intérieur, Cette colonie hollandaise est traversée par deux rivières considérables, le Surinam et la Saramaca, qui vont se jeter dans l'Océan. Sa capitale, Paramaribo, est une des plus belles et des plus riches ‘villes de l'Amérique méridionale; toutes ses rues sont larges, parfaitement droites, plantées de chaque côté d’allées de citronniers, d’orangers et de tamariniers toujours chargés de fleurs ou de fruits, et, au lieu d'être pavées, elles sont sablées comme les allées d'un jardin, Les rucs des faubourgs sont plantées comme celles de la ville; les places publiques, ombragées également par de beaux arbres, sont vastes et régulières, Toutes les maisons sont construites en bois plus ou moins précieux, et les fenêtres, au lieu de vitres sont garnies de rideaux de gaz parfaitement disposés pour défendre de la chaleur. Leshabitations en général sont élégamment ornéesde peintures, de glaces, de dorures, de lustres de cristal et do vases de porcelaine ; les murs des chambres ne sont jamais enduits de plâtre ni couverts de tapisseries de papier, mais sont lambrissés de bois précieux, Le palais du gouverneur est un magnifique édifice couvert en tuiles. Le port est garni de larges quais d’un abord facile en tout temps; il s’ouvre à l’embouchure du Surinam, que l’on voit toujours sillonné par des barques et des canots dont le nombre annonce la plus grande activité commerciale. Pendant l’année 1846 la valeur des importations aété de 1,757,155 fr., 37 et celle des exportations de 2,498,570 fr., 49. Cette ville fut en grande partie détruite en 4821 par un incendie qui consuma 41,500 bâtiments; mais ce désastre fut bientôt réparé. Sa population est d’enviren 22,000 individus, parmi lesquels se trouvent plus de 9,000 blancs. Elle entretient des relations continuelles avec des peuplades indigènes; elles y portent des bois précieux et d’autres objets qu’elles échangent contre des armes à feu. Les environs de Paramaribo sont couverts de charmantes maisons de campagne. Le fort Zélandia défend l'approche de la ville.
Le fort de la Nouvelle-Amsterdam est entretenu sur un pied respectable ; il s'élève sur une langue de terre entre le Surinam et J° fommevwyne. Savanna, à environ 16 lieues de Paramaribo, sur la droite du Surinam, est un joli village entièrement habité par des juifs, qui y prouvent que ce peuple peut ne pas s’adonner exclusivement au commerce; ils s’y livrent aussi à l’agriculture. Ils y ont une synagogue et une école supérieure.
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Balavia est un établissement formé par leGouvernement hollandais pour les malheureux lépreux; il est dirigé par une mission catholique et compte 5 à 600 âmes. Groningue, Willemsburg sont d’autrescentres de population naissants.
L’aspect des colonies hollandaises et anglaisesa quelque chose d’extraordinaire, d’unique même pour ceux qui ont vu la Hollande oule Bas-Holstein. Une vaste plaine, absolument horizontale, couverte de plantations florissantes, émaillées d’un vert tendre, aboutit, d’un côté à un rideau noirâtre de forêts impénétrables , et est baignée, de l’autre côté, par les flois azurés de l'Océan. Ce jardin, conquis sur la mer et sur le désert, est divisé en un grand nombre de carrés environnés de digues, séparés par de larges routes et par des canaux navigables. Chaque habitation semble un petit village à part, et le tout ensemble réunit, dans un étroit espace, les charmes de la culture la plus soignée aux attraits de la nature la plus sauvage.
On appelle nègres Bush ou Bosh des nègres originairement marrons ou révoltés qui ont peu à peu formé des bandes très-considérables et habitent dans l’intérieur de la colonie. Après une guerre longue et acharnée, qui a duré pendant les années de 4756 à 4761, un traité fut conclu avec eux et de part et d’autre il a été fidèlement observé. Les nègres Bush reconnus par ce traité forment les nations d’Auca, de Saramaca, de Mwæsinga et de Becæ. Les premiers habitent le haut de la rivière de Catica; les seconds celui de la rivière de Surinam et de la Saramaca, et les derniers les sources de la Marowyne.
Outre ces nègres Bush, il se trouve encore dans la Guyane hollandaise différents établissements non reconnus de nègres marrons, formés depuis une centaine d'années, et des nègres Bonnys, éont nous avons parlé qui ne se montrent jamais et qui sont en guerre perpétuelle avec les nègres Bush reconnus. Le ombre des nègres Bush peut être de neuf à dix mille.
Chaque nation a un chef, et chaque campement a un capitaine.
Ces nègres vont tout nus, mais ils vivent dans l’abondance. Ils font de bon beurre avec la graisse clarifiée des vers-palmistes ; ils tirent une trèsbonne huile des pistaches de terre. Au moyen de trappes artistement pra- ; tiquées et des hautes marées, ils prennent abondamment du gibicr et du poisson, qu’ils font sécher à la fumée pour les conserver. Leurs cnamps sont couveris de riz, de manioc, d’ignames, de plataniers. Ils tirent du sel des cendres du palmier, comme font les Hindous, ou bien ils y suppléent fréquemment avec du poivre rouge. Ils ont toujours en abondance le vin de palmier, qu’ils se procarent par une incisionde 33 cent, carres dans le tronc,
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En ouire de la population libre etesclave, se trouvent les Indiens qui se partagent en quatre grandes nations : les Caraïbes, les Warews, les Arawcecas, qui existent, comme nous l’avons vu, dans la Guyane anglaise, et les Cabougres ou Câpres. Ces derniers sont prur la plupart, établis aux bords de la rivière Marowyne; ils forment tous de petits campements qui rarement dépassent une centaine d'individus. On peut estimer le nombre total des Indiens de cette région à environ 2,500. Ils sont doux, affables, mais paresseux et adonnés à l’abus des liqueurs fortes,
L'autorité suprême dans la Guyane hollandaise est maintenant exercée au nom du roi par un gouverneur, commandant les forces militaires et navales, avec l’assistance d’un conseil colonial présidé par lui, La justice est rendue par la cour de la colonie de Surinam; il y a en outre, une cour militaire. La garde de la colonie est confiée à un major-commandant qui a sous ses ordres 6 compagnies, dont une d’artillerie et une de soldats noirs dits guides coloniaux; la milice compte 5 compagnieset a son major particulier. La Guyane hollandaise, sous le rapport financier , reçoit encore annuellement environ de 50,000 florins de la mère-patrie,
La Guyane française, entre la précédente et le territoire brésilien, n’a point encore de limites officielles bien déterminées. Le traité d’Amiens les fixa à l’Arouary, rivière qui débouche dans l’Amazone en dedans du cap Nord ; mais la paixde 4815 a provisoirement indiqué l’Oyapok pourlimites, et il est à craindre que le provisoire ne soit devenu définitif, grâce à l’insouciance de nos hommes d'Etat. La Guyane française, d’après ces limites, comprend done, depuis l'embouchure du Maroni jusqu’à celle de POyapok, une étendue de 80 lieues de côtes. Ces deux rivières, qui lui servent de limites à l’est et à l’ouest, sont les plus considérables qui Parrosent. Entre ces deux cours d’eau, l’Approuague ctla Mana ont 30 à 40 lieues de lon- Ye 68
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gueur. Cetie partie de la Guyane est plus saine que les deux autres, et presente les éléments de la plus grande prospérité, Il n’y règne aucune maladie endémique; la petite-vérole n’y a paru que deux fois en vingt-quatre ans, et la fièvre jaune qu’une seule fois depuis la fondation de la colonie. Le sol est très-ferlile; mais quels progrès l’agriculture ne peut-elle pas y faire, puisque sur une superficie égale au cinquième de toute la France, cette colonie n’e que 7,774 hectares en culture, dont les trois quarts sont cultivés en sucre, en cotonnier-roucouyer, en légumes, en riz eten mais; et l’autre quart en café, en cacao et en diverses épices ! Le territoire de cette colonie renferme de vastes savanes, dont les pâturages pourraient servir à fonder une branche d’industrie importante, en y élevant des chevaux et des bêtes à cornes dont il serait facile d’approvisionner les Antilles. Le nombre des bestiaux est loin d’être en rapport avec les moyens élémentaires que leur offre le sol si fécond de la colonie. L'intérieur des terres est habité par un peuple indépendant appelé les Oyumpis; ne pourrait-on pas en utiliser le voisinage en les civilisant, en leur inspirant le goût de la vie sédentaire, et en les engageant à cultiver en grand sous notre protection le coton et le café? Enfin la superficie de cette colonie est la plus considérable destrois, puisqu'on lévalue à 5 ou 6,000 lieues carrées, et cependant la population est la plus faible.
La Guyane est la seule des possessions françaises où l’émancipation des esclaves ait ruiné le travail. Bien avant 1848, époque de cette émancipation, elle languissait faute de bras ; ses immenses savanes, ses vastes forêts vierges appelaient et appellent encore des cultivateurs laborieux et des pionniers intelligents. La population de la Guyane était en 4848 de 1,300 blancs, de 5,000 hommes de couleur et de 12,000 noirs affranchis. Elle est presque toute concentrée dans Pile de Cayenne.
La nature n’a pas traité Cayenne avec moins de faveur que Surinam. Mais l'ignorance, si commune chez les hommes d'Etat français; la présomption, compagne de l'ignorance; enfin la puissance combinée de la rouline et de l'intrigue ont toujours enchainé les hommes éclairés et entreprenants qui ont proposé les vrais moyens pour faire sortir cette colonie de sa trop longue enfance. Outre l’indigo, le coton et le café que les Indiens culiveraient, ils pourraient fournir tous les vivres nécessaires à une grande population de nègres.
Cayenne est le chef-lieu de la colonie française. Cette ville, bien fortifiée du côté de la mer, est presque inaccessible du côté de la terre, où des marais et des bois remplissent l'ile dans laquelle elle est située. Cette île,
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large de 7 lieues et longue de 10, est baignée par Atlantique, la rivière d'Ouya et celle de la Cayenne. Son sol est très-fertile, mais les mosquitos et d’autres insectes y sont plus incommodes que sur le continent. Cayenne est loin de pouvoir être comparée aux cités des Guyanes anglaise et hollandaise. Son port aurait besoin d’un quai commode; il est menacé d’être mis à sce par les atterrissements. La ville est formée de deux parties, l'ancienne et la nouvelle. La première est mal construite, entourée de vieilles murailles et dominée par des fortifications en ruine. La seconde est plus considérable et mieux bâtie; ses rues sont larges et bien aérées. Les deux quartiers réunis renferment un peu plus de 3,000 habitants ; on y entretiens un jardin botanique de naturalisation. Il y a une cour d'appel, un tribunai de première instance et une imprimerie. Dans les environs de Cayenne, est le vaste établissement national de la Gabrielle, où l’on cultive le giroflier en grand. Si de l’île de Cayenne on gagne la terre ferme on rencontre d'abord le pelit village de Guisambourg, composé d'une douzaine de maisons et d’une jolie chapelle, il date de 4834. Approuague, avec 2,000 habitants, est la plus importante plantation de canne à sucre de la colonie, à l'embouchure dela rivière qui lui donne son nom. Les autres lieux habités sont: Oyapok, sur la rivière du même nom, dont les environs fournissent différents bois de teinture; Kourou, bourg fortifié et bâti avec la plus grande régularité ; Remiré, village dans l’île de Cayenne; sur les bords de la Mana , la Nouvelle- Angoulême, que l’on nomme aujourd’hui la Hana, colonie fondée en 1824 par des habitants du Jura, est un village important de 7 à 800 habitants, parmi lesquels on comptait 52 noirs; enfin nous citerons encore Sinnamary, hu1:rg tristement célèbre pour avoir été le tombeau de plusieurs Français qui y furent déportés pendant la révolution.
À 4 lieues à l’ouest de Cayenne, en face de l'embouchure de la rivière de Kourou, est le petit groupe des les du Salut ; la salubrité de leur climat, et leur position isolée, les ont fait choisir par le gouvernement pour y fonder un établissement pénitentiaire de déportation, destiné à remplacer les bagnes de France. Travail et moralisation, telle est la sage pensée qui a présidé à cette tentative de régénération sociale de l’homme. Une autre colonie composée de ceux qui par leur bonne conduite, auront mérité quelque amélioration dans leur position, vient d’être fondée en 4852 , au lieu dit la Montagne-d’Argent près de l’'Oyapok.
Vis-à-vis de la pointe septentrionale de l'ile Maraca, appelée aussi ile du cap Nord, se trouve l’embouchure de la rivière de Mapa; après l'avoir remontée pendant quatre lieues, on arrive dans le superbe lac de Mapa,
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L'île de Maraca, ou du Cap-Nord, n’est séparée de l'embouchure de la Mapa que par un canal de 2 lieues; elle a 45 à 48 lieues de tour, et ses terres sont &’une grande fertilité. Sur toutes les cartes, cette île est représentée comme formée de terres noyées, mais c’est une erreur. Il est probable que jadis elle était sous l’eau à toutes les marées; mais aujourd’hui elle n’est inondée que pendant époque des grandes pluies et du débordement des fleuves ; et encore son sol n’est-il couvert que de 1 à 2 pouces d’eau. Il y aurait donc fort peu de travaux à faire pour la garantir de ces inondations, qui ne sont pas complètes, puisqu'elle nouriit une grande quantité de cerfs et de léopards. Elle est ombragée d’arbres de haute futaie; au centre on trouve un vaste lac d’eau douce où l’on pêche le lamantin.
Depuis plusieurs années, un millier de Français sont établis sur l’île de Mapa, et comme il y a eu très-peu de mortalité parmi les colons et parmi les soldats, il est prouvé maintenant que le climat de ce nouvel établissement est beaucoup plus sain que celui de Cayenne.
Nous avons dit que les limites actuelles de la Guyane française sont POyapok à l’est et le Maroni à l’ouest; mais les habitations européennes, dans la partie ouest, ne s'étendent qu'aux bords du Courou. Parmi les cultures, celle du giroflier a donné jusqu’à 410 millions de livres pesant. Le rocou et l’indigo réussissent parfaitement. La valeur des exportations a au moins sextuplè depuis l’an 1789, où elles ne s’élevaient guère qu’à la somme d’un demi-million.
Outre les deux tribus des Roucouyènes et des Poupourouis, l'intérieur de la Guyane nourrit un certain nombre de peuplades sauvages.
Les Galibis sont la principale et la plus nombreuse de la Guyane française , celle dont le langage est le plus universellement entendu de toutes les autres. Ceux qui demeurent près de Cayenne sont entassés dans leurs
1 Mémoire sur les nouvelles découvertes géographiques faites dans la Guya francaise et sur le nouvel établissement formé a l’île de Mapa, par le baron We: ckenaer,
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AMÉRIQUE. — DESCRIPTION DES GUYANES. 541 cabanes à la manière des animaux. Il y en a où l’on compte quelquefois jusqu’à 20 et 30 ménages. La sécurité avec laquelle ces sauvages vivent entre eux fait que rien ne ferme dans leurs demeures; les portes en sont toujours ouvertes, et l’on y peut entrer quand on veut. Cette tribu s’est créé une langue douce et régulière, riche en synonymes, et régie par une syntaxe très-compliquée et très-ingénieuse, Cet effort d'intelligence semble prouver que si ces sauvages repoussent avec obstination nos arts et nos lois, c’est d’après une sorte de raisonnement qui leur fait préférer la vie indépendante. Leur nombre est d'environ 40,000 âmes; ils occupent principalement le pays entre le Courou et le Maroni , pays dont la côte, bordée d’un récif presque inaccessible, prend le nom de Côte du Diable.
Les Æiricotsos, et les Parabuyanes, sur le Haut-Maroni, sont aussi des tribus puissantes. On distingue encore les Palicours, et dix ou douze autres tribus qui habitent les terres noyées et les riches pâturages entre l'Oyapok et l’Araouary ; mais on nous assure que les Portugais, à qui ce territoire fut cédé par le traité de Vienne, en emmenèrent tous les habitants, afin de couvrir par ur désert absolu la frontière septentrionale de leur empire brésilien.
L'état de pauvreté et de barbarie où les Européens trouvèrent ces peuplades n’est pas une preuve tout-à-fait concluante contre les traditions, qui annonçaient aux aventuriers espagnols et anglais l'existence d’un pays, dans l’intérieur de la Guyane, abondant en or, et nommé £l-Dorado, dont la capitale, Manoa, renfermait des temples et des palais couverts de ce métal précieux. Ce fameux but de tant d’expéditions a même été presque atteint, à ce qu'assurent des relations authentiques. Un chevalier allemand, Philippe de Iutten, dont le nom a été défiguré en Urre, a conduit, de 1541 à 4545, une petite troupe d’Espagnols depuis Coro , sur la côte de Caracas, jusqu’à la vue d’une ville habitée par les Omégas, remplie de maisons dont les toits brillaient avec l'éclat de l’or, mais qui n’était environnée que d’une contrée faiblement cuitivée. Repoussé par les Omégas, ce chef audacieux se proposait d’y retourner avec des forces plus considérables, lorsqu'un assassinat termina ses jours. Les toits d’or peuveut être une fable ou une illusion d'optique produite par des rochers de mica. Le nom des Omégas semble identique avec celui des Omaguas, nation assez civilisée, entreprenante, et répandne sur les deux bords de Amazone. Une petite ville du nom de Manoa a été visitée par les missionnaires péruviens, sur les bords de l'Ucayale. Mais Philippe de Hutten a-t-il réellement vu une ville des Omaguas ? Une autre explication se présente indépen-
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