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damment de l’histoire de cette expédition, Les Indiens de la Guyane ont pu avoir eu une idée obscure de l'empire des Incas, des temples et palais de Cuzco, couverts en partie d’or, ainsi que du grand lac Titicaca. Leurs récits n’auront été qu’un peu exagérés, et les Espagnols auront cherché ce que déjà ils possédaient. Dans tous les cas, l’£l-Dorado paraît étranger aux plateaux de granit très-peu métallifères de la Guyane 1.
Nous terminerons avec la Guyane notre exploration de l'Amérique du Sud, dont les différents États ont, ainsi qu’on a pu le voir, pour commune origine les anciennes colonies portugaises et espagnoles. En ne consultant que leur histoire passée, il serait difficile de prévoir le rôle que ces belles contrées doivent jeter dans Pavenir politique du monde; mais si l’on se souvient des dons que la Providence semble s’être plu à accumuler sur ces heureuses régions, on sera, dit M, F. de Castelnau ,! convaincu qu’elles sont destinées à opérer de profondes révolutions dans les transactions commerciales des peuples. « Les denrées coloniales, qui sont encore des objets « de luxe pour la plus grande masse du genre humain, feront un jour « partie des nécessités absolues de la vie; alors le sucre et le café seront « placés sur la même ligne que le pain, parmi les produits indispensables « à la consommation de i’homme. Ces denrées peuvent être fournies par « l'Amérique du Sud en quantitésillimitées, et il n’est pas douteux qu’elles « ne puissent être obtenues à des prix de moitié inférieurs à ceux qu’elles « représentent aujourd’hui, lorsque la liberté du commerce viendra enfin « étendre sur le monde entier les bienfaits de la concurrence. L’ancien « système colonial était basé sur le système de exclusion ; il doit aujour- « d’hui être remplacé par celui de la liberté de transaction commerciale. « Mais pour que l'Amérique du Sud puisse atteindre le degré de prospérité « auquel elle semble être appelée, il ne suffit pas que les puissances euro- « péennes lui ouvrent leurs marchés, il faudra que les divers États qui se « sont partagé le bel héritage de l'Espagne et du Portugal, renoncent à « des dissensions civiles qui retardent leurs progrès vers la civilisation, « ainsi que leurs productions. Retcnues, pendant plusieurs siècles, sous
1M. le baron 4. de X'imboldt a indiqué une origine encore plus rapprochée de la tradition d'£l-Dorado, I a fait voir que le principal trait de cette tradition est un roi tout couvert d'or. Ce trait se retrouve à Bogota, dans la Nouvelle-Grenade, où le ‘grand-prêtre de Bochica s’enduisait tout le corps d’un vernis d'or. L'espace nous manque pour examiner de nouveau cette question, nous rappellerons seulement que les rois d'Afrique s’enduisent également le corps &’ine couche de poudre d’or. Voyez notre tome IV.
2 Voyez la remarquable conclusion de la relation de l’Expédition dans l'Amérique du Sud; tome V, page 245. 1851,
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« le joug colonial de leurs mères-patries, les nations de cette partie du Nou- « veau-Monde se sont soustraites avec violence à ces entraves, et leur ont « substitué sans transition des institutions plus avancées en principes que « celles qui régissent les peuples de l’Europe occidentale depuis longtemps « livrés au pénible travail de la régénération politique; mais s’il en est « ainsi sur le papier, leur application a produit des conséquences bien « différentes, car il n’en est résulté le plus souvent que de sanguinaires « tyrannies ; de là viennent tous leurs malheurs, les lois étant presque « toujours en désaccord parfait avec les mœurs des peuples. Le Brésil seul « «oil à des institutions moins opposées à celles qui le régirent longtemps « d’avoir maintenu l'intégrité de son territoire ; mais les vices de sa consti- « tution entourent le gouvernement bien intentionné, mais faible, de ce « beau pays, de difficultés sans cesse renaissantes qui entravent sa marche « et son développement.
« Les parties espagnoles, dont les habitants ont fait des progrès infini- « ment supérieurs , sous bien des rapports, à ceux de leurs voisins, sont « cependantlivrées à des révolutions anarchiques et continuelles auxquelles « ces derniers ont heureusement échappé. Pendant que les peuples catho- « liques s’entre déchirent les uns les autres, le génie du protestantisme « américain se redresse formidable, et menace d’étouffer dans sa puis- « sante étreinte des peuples énervés par ‘’ardeur du climat, affaiblis par la « désunion, et surtout corrompus par les hideux effets de l'esclavage. Cette « lutte sera longue peut-être, mais livrée à elle-même, son résultat ne « peut être douteux. La Floride, le Texas, une partie notable du Mexique, « sont déjà représentés parmi les étoiles de l'Union qui, semblable à une « voie lactée, se couvrira peut-être un jour des emblèmes de l'Amérique « entière. »
N'avons-nous pas vu, il y a à peine quelques mois, Cuba, ce dernier des joyaux de la couronne de Castille , menacée par des aventuriers angloaméricains, disposés à renouveler, au profit de leur pays, les scènes qui lui ont valu l’annexion de quelques provinces mexicaines, C’est à l’Angleterre, dont les intérêts commerciaux seraientcompromis ; c'est à la France que l’on rencontre toujours au premier rang, lorsqu'il s’agit de la propagation des idées grandes et généreuses, de veiller à la conservation de l'indépendance des anciennes colonies espagnoles et portugaises du Nouveau-Monde , et de leur venir en aide, dans le pénible enfantement de leur organisation sociale.
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TABLEAUX statistiques des colonies des Guyanes,
Guyane Anglcise.