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ont trois cycles, celui de 42 ans, celui de 20, et celui de 30; leur ère correspond à l’an 76 avant J.-C.
Les Javanais parlent divers dialectes qui tous se rapprochent du malaïou. Le dialecte de Sunda règne dans l’ancien royaume de Bantam cet sur la côte opposée de Soumätra. Le bas-javanais paraît dominer dans tout le reste de l’île; mais, à la cour des princes, on parle le haut-javanais, qui est rempli de mots sanskrits. Les caractères sont dérivés de ceux des Arabes,
Les poésies des Javanais ne peignent que l'amour et les jouissances : leur langue est faite pour l'harmonie, mais leur musique n’y répond pas; elle est monotone ct trainante ; ils psalmodient plutôt qu’ils ne chantent ; ils ne connaissent que deux sortes de poëmes. Le récit qu’ils appellent tohérila est un mélange de fable et d'histoire, où l’on voit les dieux et les rois se disputer tour à tour l’empire de Java. L'autre genre de poésie comprend les chansons ou panton; ce sont de petits poëmes composés avec plus de goût: on y trouve quelquefois des comparaisons ingénieuses.
Ils connaissent aussi l’apologue, mais la comédie est encore chez eux dans sa première enfance ; ce n’est, à proprement parler, qu’une pantomime dont on lit en même temps l’explication. Une espèce de hangar ouvert de tous côtés sert de théâtre; les spectateurs sont rangés autour, et le lecteur ou souffleur, armé d’un bâton comme un maître d'orchestre, fait mouvoir tous les acteurs à leur tour, et lit la pièce.
Parmi les amusements, il n’en est aucun qui soit plus généralement suivi que la danse appelée fandack. Sitôt que la nuit commence, on entend retentir partout le son bruyant de la musique. Une tente dressée à la hâte, éclairée par plusieurs lampes, abrite les acteurs et une partie des spectateurs : trois ou quatre femmes, demi-nues, la tête ornée de fleurs, dansent au son des instruments en s’accompagnant de la voix. Cette danse s’exécute par le mouvement successif de toutes les parties du corps; les bras, les jambes, les mains, la tête, les yeux, tout est en action. Quelque charme qu’ait ce spectacle pour un Javanais, ce n’est aux yeux d’un Européen qu’une suite de contorsions. Les femmes qui se livrent à ce spectacle sont appelées ronguin; ce sont les courtisanes du pays. Les gens du peuple aiment avec fureur le combat des coqs ; ils y passent des journées entières; ils excitent les combattants du geste et de la voix : l’espoir et la crainte se peignent tour à tour sur la figure des parieurs.
Les Javanais, très-patients et très-phlegmatiques, ne se querellent guère; mais ils se battent par plaisir. Ce jeu, qu’on appelle anclon, con-
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siste à s'appliquer des coups de baguette en cadence, jusqu’à ce qu’un des deux s’avoue vaincu et se retire: ils frappent indifféremment partout; mais, pour ne pas se blesser à la tête, ils l’enveloppent d'une pièce de toile qui ne laisse que les yeux à découvert.
Si le peuple a ses combats, les grands ont aussi les leurs; mais les efforts des faibles animaux ne suffisent pas pour amuser leurs barbares loisirs. Le tigre, la terreur de ces contrées, est nourri dans leur résidence pour combattre contre leurs sujets; ils en conservent toujours dans le voisinage de leur palais.
11 existe à Java deux manières de rendre ka justice: celle des Européens et celle des indigènes. Les Européens s’y conduisent comme dans les autres colonies et obéissent aux mêmes lois. Le Coran est le code des Javanais. Ils ont deux tribunaux. Celui du panghoulou ou grandprêtre, qui rend la justice à l’entrée d’une mosquée musulmane appelée Sirambi, suit rigidement les lois du prophète; c’est à lui de juger les affaires importantes et de condamner les grands criminels. Le second tribunal est celui de Djaksa, qui est moins sévère, et s'occupe spécialement des affaires ordinaires. Quand la sentence est résolue, les juges la présentent au roi, qui la prononce par lui-même ou par l’organe de son premier ministre ; il peut appliquer la loi ou la modifier à son gré. Hors les peines afflictives, le condamné jouit de la faculté de racheter sa peine par une amende.
Les princes de Java, quoique tous plus ou moins dépendants de la Compagnie hollandaise ct du gouvernement de Batavia, continuent à étaler tout le faste du despotisme oriental. La cour du sousouhounam mérite une attention particulière comme ayant probablement conservé quelques usages vraiment nationaux. Les noms les plus magnifiques désignent tous les emplois; les officiers civils et militaires sont des soleils de bravoure ou des soleils de prudence. Sourakarta paraît signifier demeure du soleil. Le titre de sousouhouman est synonyme d’auguste. On dit qu’à l’époque de sa puissance, comme chez l’ancien sultan de Bantam, son palais était habité et gardé par 40,000 femmes, parmi lesquelles 3,000 étaient destinées spécialement aux plaisirs du souverain. L'enceinte intérieure du palais s'appelle le fhalm. Les statues des héros javanais ornent une cour circulaire de trois quarts de lieue de circonférence. C’est là qu’on donne les fêtes et les combats du tigre. Deux tamariniers offrent sous leur ombrage un asile inviolable à tout Javanais qui veut adresser des supplications à l’empereur. Ce prince peut à peine mettre sur pied 20 à 30,000 hommes mal armés.
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Trois îles voisines de Java en dépendent sous le rapport physique et politique.
Celle de Madoura (Madura) où Madouré, fertile en riz, et peuplée de 60,000 âmes, forme une des dix-neuf résidences de Java. Sa végétation est très-riche; on y trouve le bombaz, l'erythrina, le champoka, le taujouny (mimusops elengi), le malati et le nympæa nelumbo ; l'étranger ne peut voir sans étonnement les belles fleurs de ces plantes. L'ile est divisée en trois districts qui ont pour chefs-lieux Bangkalan, Parmokassan et Soumanap ; ces trois villes sont aujourd’hui la résidence de trois princes indigènes qui gouvernent sous la suzeraineté des Hollandais.
L'ile de Lombot est gouvernée par un radjah ; ses habitants, dont la civilisation est assez avancée, passent pour être très-habiles dans l’agriculture ; on'croit que le brahmanisme et le bouddhisme sont encore suivis par quelques-uns, et qu’on a conservé l’abominable usage d’immoler les veuves sur le bûcher de leurs maris.
L'ile de Bali (Bally), stparée de celle de Java par un détroit du même nom, a reçu de quelques auteurs hollandais l’épithète déplacée de Petite Java. Elle est divisée en huit petites principautés indépendantes qui portent le nom de leurs chefs-lieux. Les principales sont Karrang-Assem, Giangour, Tabanan, Bliling et Kloug-Kloug qui jadis dominait sur toute l'île. Karrang-Assem est une grande ville située au pied d’uu volcan du même nom. Son port est le seul de toute l'île qui puisse recevoir des navires d’uu fort tonnage. Une chaîne de hautes montagnes couvertes de forêts impénétrables la traverse du nord-ouest au sud-est ; elles renferment des minerais d’or, de fer et de cuivre. Dans la plaine extrêmement fertile en riz, on voit Gilgil, capitale et résidence d’un sultan, située sur une rivière du même nom qui se jette dans le détroit de Lombok, à l’est de l’île. Balinli est aussi regardée comme une des principales villes de Bali; son commerce est assez florissant ; elle doit cei avantage à son port où les étrangers viennent à certaines époques de l’année ; ils y apportent de grosses toiles, de la mousseline, des mouchoirs et de l’opium ; ils prennent en retour du bœuf sec, des peaux, du suif, du massoï et de la muscade de Céram.
Les habitants, plus blancs et mieux faits que les Javanais, réunissent beaucoup d'intelligence à beaucoup de courage. On recherche les esclaves de Bali. Les femmes se brülent avec leurs époux, persuadées qu’elles renaitront à une nouvelle vie. Vètus d’un costume léger, un bouclier suspendu au bras gauche, les hommes exécutent des danses guerrières en brandissant leurs criss avec des accents sauvages.
Les Balinais ont reçu leur religion de l'Inde. De mème que les Redjangs et les Battas, ils croient à la métempsycose. Ils reconnaissent plusicurs dieux, tels que Brahma, Vichnou, Siva, dont le culte est le plus en honneur; Ségara, ou le dieu de la mer, et Rdma qu’ils croient être sorti d’une Île au confluent de la Djemnah et du Gange. Dans un de leurs temples, on voit la statue de ce dieu assise sur un taureau; c’est de là que vient le respect qu’ils ont pour la vache ; ils ne mangent pas de sa chair, ne se vêtent pas de sa peau, et sont très-soigneux à ne lui faire aucun mal. Leur livre sacré est le Vifi Sastra, qui ordonne aux personnes de distinction l’abstinence de certains animaux. Chez ce peuple, on ne voit aucun religieux mendiant. Celui qui veut faire péuitence se prive de certains aliments, s’enfonce dans une solitude, ou se condamne, mais très-rarement, au célibat.
Ils célèbrent avec une grande pompe deux fêtes religieuses, dont l’une dure cinq jours et l’autre deux; ils sont très-attachés à leur religion. Leurs temples ont une étendue de 30 à 40 mètres de longueur, et renferment différentes pièces, séparées par des allées où l’on range des arbres odoriférants. Les uns sont construits en briques et couverts en chaume, les autres en bois et couverts en gamouti (boras sus gomutus). Ils sont ordinairement en mauvais état. Au dehors on voit quelques statues d’une argile grossière et la plupart mutilées. Ceux qui exercent le sacerdoce, et qu’ils appellent aïdas , sont remarquables par leur longue chevelure; ils ont un costume particulier pour les cérémonies. La rétribution qu’ils tirent des funérailles et du brülement des corps fournit à leur subsistance.
La langue des Balinais est un mélange de celle de leurs voisins. Leurs livres, presque tous mythologiques, sont écrits sur des feuilles de palmier ; ils ont une écriture grossière, lente et peu distante. Les établissements destinés à l’instruction sont en très-petit nombre : aussi y a-t-il très-peu de personnes qui essaient d'écrire. Le mois se compose chez eux de trente cinq jours, et l’année, qui commence au mois d’avril, de 420 jours !.
Bali et Lombok ont une population que l’on évalue, en 1849, à 4,205,000 âmes ?, elles font partie du même gouvernement hollandais, et sont du ressort de la résidence subordonnée de Banjoevanji dans l’ile de Java.
A l’est de Lombok s'étend l’île de Sumbava ou Soumbava, longue de 60
1 M. de Rienzi : Description de l'Océanie.
2 Rapport présenté en 1852 aux états-généraux néerlandais, par le ministre de la marine.
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On connai peu l'ile de Florès ou plutôt E'ndé, appelée aussi Mangderat, qui s'étend à l’est de Soumbava sur une longueur de plus de 60 lieues et une largeur de 20. Les Portugais y avaient établi une colonie qu’ils paraissent avoir abandonnée ; cependant ils ont encore une église à Larantouka, où chaque année des prêtres de Timor vont baptiser les enfants des nouveaux convertis. Les Bouguis occupent la côte méridionale de cette ile, dont le reste est divisé en plusieurs petits Etats indépendants ; ils en exportent des esclaves , de l’huile de coco, de l'écaille, du bois et une cannelle commune.
Au sud d’Endé est située Sandal-Bosch ou Sundana, que les Malais nomment Poulo-Tjinnuna, Île presque abandonnée, où l’on trouve du bois de santal, des buffles, des chevaux et des faisans. Elle est très-escarpée dans sa partie méridionale, et paraît être indépendante.
L'île de Solor est peu étendue; son sol, montagneux et stérile, n’offre que des nids d’oiseaux et quelques bambous aux habitants, qui font un grand commerce d’huile de baleine, d’ambre gris et de cire. Les Hollandais y possédaient le fort Frederik-Henrick ; mais les Portugais regardent comme leurs vassaux les petits princes ou radjahs qui gouvernent cette île. Les Soloriens passent pour d'excellents navigateurs. Sobrao, longue d'environ 40 lieues, large de 5, et peuplée de Malais, dont un grand nombre ont été convertis au christianisme par les missionnaires portugais, est gou-
vernée par un radjah dont la résidence est Adinara, petite ville qui donne aussi son nom à l’île. Lomblem, un peu plus grande que la précédente et habitée aussi par des Malais, est divisée entre plusieurs radjahs qui paraissent ètre indépendants.
Pantar ou Panler, à une douzaine de lieues au nord de Timor, est une ile montueuse où l’on remarque deux pitons d’origine volcanique. Un ilot situé vers sa pointe méridionale a reçu des navigateurs anglais le nom d’fle South : le sol en est peu élevé. Ombay ou Malluu est assez élevée. Surbeaucoup de points, les côtes sont très-escarpées et n’offrent souvent aux canots qu’un abordage difficile, sans aucun mouillagé pour les navires. Ces deux iles sont peuplées par une race guerrière et barbare qui passe même pour être anthropophage.
Au sud des cinq îles que nous venons de nommer, se trouve la grande île de Timor, dont le nom, dit-on, signifie orient. Sa longueur est d’environ 405 lieues et sa largeur de 20 à 25. Ses montagnes calcaires, composées jusqu’à la hauteur de 250 mètres de coquillages marins, se couvrent de toutes sortes d’arbres et d’arbrisseaux. Le bois de santal, la cire des abeilles sauvages et les nids d’hirondelles salanganes, sont à peu près les seuls objets qu’elle exporte. Cependant, on y a reconnu de beaux eucalyplus, et une espèce de sapin qui pourrait fournir des mâts. Le cafeyer y a réussi, et les forêts de l’intérieur possèdent le cannellier, le latanier, le cassier, le manguier, peut-être même le giroflier. Le sol pierreux et le terrain coupé de montagnes et de ravins laissent peu d’endroits propres à la culture du riz; et sans les bananiers, les cocotiers, les jacquiers, les eugenia et autres arbres fruitiers, Timor ne saurait nourrir sa population, que l’on évalue à 4,057,800 âmes, en y comprenant les îles qui en sont voisines (Ombay, Soamba, Savoë, Rotti, etc.). Les rivières charrient souvent de l'or, mais ne roulent pas en général des eaux salutaires. La chaleur et la sécheresse qui règnent depuis mai jusqu’en novembre, cèdent la place à des torrents de pluie qu’amène l’impétueux vent du nord-ouest, depuis novembre jusqu’en mars. Le climat de celte ile n’est par très-sain, cependant elle forme une résidence hollandaise, dont le chef-lieu, défendu par le fort Concordia, prend le nom de Coupang ; c’est une ville de 3,000 âmes, fort agréablement située au fond d’une petite rade, au milieu de vergers délicieux qui, presque sans culture, prodiguent toute l’année les fruits les plus exquis et les odeurs les plus suaves. Les métis des Européens, les colons chinois et les Malais y passent leurs jours dans un voluptueux loisir, se reposant sur leurs esclaves des soins de la vie,
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La côte nord-est de Timor obéit aux Portugais, qui, après avoir abandonné le poste de Lifao, ont maintenant un fort à Dillé ou Diely, endroit pourvu d’une rade et peuplé de 2,000 âmes. Une colonie de Portugais, mêlés d’indigènes, occupe le canton Uikoessi, sur la côte septentrionale. Les chefs indigènes de toute la côte méridionale sont indépendants, et règnent sur des peuplades de nègres semblables à ceux qui vivent dans l’intérieur de Bornéo et des autres îles voisines. Le despotisme, la superstition et la volupté donnent aux Timoriens la même physionomie qui règne chez les autres insulaires de cette partie du monde. Quelques radjahs, ou princes, se disent descendants des caimans ou crocodiles, et paraissent dignes de cette illustre origine.
Entre le cap San-Jacintho et le cap Batou-Méra, s’élève la petite ville de £étérena, qui appartient aux Portugais. Le mouillage qui est en face de cette ville se nomme Rade des Portuyais. À l’est du cap Batou-Méra, on voit Tobontkan, petite cité agréablement située dans une vallée ombragée de cocotiers et de palmiers. Au nord-est de Sétérena, on voit au fond d’une anse la ville d’Afapoupou, qui s’étend au milieu de nombreux groupes d’arbres. Cette ville appartient aux Portugais, ainsi que celle de Boulouguédé.
Suivant les renseignements les plus récents, Timor est partagée en 63 petits Etats, presque tous vassaux des Portugais et des Hollandais. Les tribus de Bellos sont vassales des premiers, et celles de Vaëkenos reconnaissent la suprématie des seconds. Luka, sur la côte méridionale, et Samoro, dans la partie centrale, sont les capitales de deux royaumes peuplés de Bellos. L’Etat de Vealé est le plus important chez les Vaïkenos; le prince a sa résidence dans l’île Simao, dont il est le souverain. Le chef de l'Etat d'Amanoubang prend le titre pompeux d’empereur. Dans l’intérieur se trouvent quelques chefs tout à fait indépendants.
Le paginisme domine à Timor, bien que la plupart des princes prétendent être chrétiens. Les naturels ont la plus grande vénération pour le crocodile, auquel ils continuent, dit-on, d'offrir quelquefois une jeune vierge en sacrifice.
L'ile Simao, au sud-ouest de Timor, peu fertile, quoique couverte d'arbres, offre un refuge aux vaisseaux que la mousson du nord-ouest chasse de la rade de Coupang. L'ile Kambing ou Cambi, situéeentre Simao et Timor, présente un phénomène de géographie physique; ce sont des ébullitions d’eau sulfureuse, semblables aux salses de l’Italie. L’ile de Rotfi, plus étendur, est aussi plus fertile ; elle fournit aux Hollandais beaucoup de riz et du jaggart, ou sucre de palmier. Sclon Cook, on y faisait du sucre
de canne. Les habitants, mieux ‘ais: ‘ius robustes que les Timoriëns, repoussent le joug européen et la r& ion chrélienne; cependant leurs quinze radjahs sont maintenant vassaux des Hollandais. On les accuse de mener une vie très-licencieuse et d’avoir les goûts les plus honteux. Leurs femmes sont recherchées pour les harems de Soumâtra, de Java et de Timor. Les habitants de la petite île Dao sont tous orfèvres.
Savou est le nom de deux petites iles à l’ouest de la précédente ; quoique très peuplées, elles exportent beaucoup de riz. Leur fertilité étonnante brave même les sécheresses les plus prolongées. Les hommes s’arrachent la barbe, et ont conservé quelques traces du fw/ouement, ou de l’usage de se graver des figures dans la peau. Ces deux îles, situées entre Timor et Soumbava, sont gouvernées par quatre radjahs tributaires des Hollandais.
A l’est d'Ombay et à 7 lieues au nord de Timor, l’ile Wet{er est montueuse, et présente dans le contour de ses côtes plusieurs baies assez étendues. Bien qu’elle ait peu de cours d’eau, elle est presque entièrement couverte de bois. Les Hollandais ont un comptoir dans la partie orientale de cette ile.
Au sud-est de Wetter, l’île de Ætsser n’a que 2 lieues de longueur du nord au sud ; une montagne en occupe le centre. Les Hollandais ont un comptoir sur la côte occidentale, dans une petite baie où les navires peuvent mouiller et se procurer des rafraîchissements.
A partir de Wetter, les îles de la Sonde forment une chaîne de petites îles où l’on remarque Roma, dont le sol est peu élevé; Dammar, qui renferme un volcan; Teuw et Nila. A l’est de Timor, on trouve Lelti et Moa, dont les habitants sont idolâtres, et élèvent de nombreux moutons recherchés à Banda; ZLakar, ou Lakor, dont les habitants n’ont pas d'autre eau que celle de pluie ; et plus loin, Sermata, Welang et Baber, où les Hollandais avaient autrefois un poste; la belle île de Timor-Laout, qui, avec celle de Laarat, forme une grande baie; enfin les îles Key.
Ces îles, fertiles en cocotiers, limoniers, orangers et pisang, nourrissent une nation semblable aux Malais par le teint et les cheveux. Chaque village a son chef, son temple, son idole. Ils se font la guerre entre eux au sujet de la pèche. Les dépouilles mortelles de l’homme sont inondées d’huile, séchées devant le feu, et conservées plusieurs mois avant que d’être enterrées; usage qui rappelle les insulaires de Taïti. Faibles et mal armés, ces peuples n’ont montré aux Européens que des manières douces et hospitalières. Ils vont commercer à Banda. Leurs seuls mammifères sont les chèvres et les cochons. :
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Le détroit de Bali offre une route sûre aux vaisseaux qui retournent en Europe pendant la mousson d'ouest, et qui alors ne peuvent que difficilement passer par le détroit de Sunda. Ici les courants très-forts les entrainent, même avec un vent contraire.
Au nord de Java et au sud-ouest des îles Philippines s’étend la grande terre à laquelle les Hollandais donnèrent en 4530 le nom de Bornéo, et que les naturels appellent à juste titre Kalemantan, Tana-Bessar-Kalemantan, Poulo-Kalemantan, noms qui signifient {le de Kalemantan, grande terre de Kalemantan. C’est la plus considérable des îles connues après la Nouvelle-Hollande. Elle peut avoir 345 lieues de long sur une largeur qui varie depuis 45 jusqu’à 245 lieues; elle en a 200 de large sous l'équateur. Cette grande largeur a empêché les Européens de pénétrer dans les parties centrales; l’insalubrité de l’air les a éloignés des côtes : aussi la géographie de Bornéo est-elle restée bien incompiète.
La principale chaîne de montagnes se dirige du nord au sud, et s’approche très-près de la côte orientale. Les Hollandais lui donnent le nom de Monts Cristallins, à cause des nombreux cristaux qu’on y trouve. Un des principaux sommets s’appelle, chez les indigènes, Kinibalou, ou mont Saint-Pierre; il a 3,250 mètres d’élévation. Une seconde chaîne va de l’est à l’ouest, et donne naissance à la plus grande partie des rivières. Un ou deux volcans et des tremblements de terre ont souvent bouleversé cette île.
Les côtes, sur une largeur de 5 à 20 lieues, n’offrent que des terrains marécageux et en partie noyés et mouvants. On n’y peut avancer qu’en naviguant sur les fleuves, qui y forment un grand nombre de branches et de canaux.
Le Kappouas, qui traverse presque les trois quarts de l’île de l’est à ouest, est le fleuve le plus considérable. Le Bandjer-Massing et le Reyang ou Rayoung prennent leur source dans les montagnes qui se trouvent au sud du lac Danao-Malayou, et coulent ensuite du nord au sud. Le
Varouni, appelé aussi Bornéo, prend sa source dans la chaîne principale, se dirige du sud eu nord-ouest, et se jette dans l'Océan après avoir reçu un grand nombre de rivières; à la distance de 20 milles de la mer il est navigable pour des navires de 300 tonneaux. On remarque encore le ÆKinabatangan, qui est plus longtemps navigable que le Bandjer-Massing, et se jette dans la mer des Philippines. Le Kouran, le Passtr, le Kotti et plusieurs autres, dans la partie orientale, peuvent porter de petits vaisseaux ; ils prennent leur source dans la chaîne des montagnes situées au nordouest du territoire de Bandjer-Massin, Dans la partie occidentale se trou-
vent cinq grandes rivières navigables; ce sont : la Ponthianak, la Sambas, la Lava, le Pogoro etla Soukadana ; leurs embouchures, obstruées par des bancs de sable, ne permettent l'entrée qu’aux petits navires.
Les baies principales sont, au nord, celle de Malloudou; au nord-est, celles de Zohlok et de Sandakan ; à l'est, celles de Darvel, de Santa- Lucia, de Salawang, de Balik-Papan et la baie Profonde ; au su@ la grande baic de Bandjer-Massing ; au sud-ouest celle de Soukadana ; à l’ouest la baie de Sedang et celle de Bornéo.
Nous nommerons parmi les caps les plus remarquables le Sampanmany au nord, les caps Kinabatangan, Kenneungan et Donderkom à l’est; les caps Salatan, Sambar et la pointe Pilatte au sud; enfin les caps 4py, Dalo, Sisar et Baram à l’ouest.
Le lac Æini-Ballou, dans la partie septentrionale, est le plus considérable de l'Océanie; son diamètre est de 42 à 45 lieues; la profondeur de ses eaux blanchôtres varie de 4 à 7 brasses. Comme il renferme plusieurs petites îles, les Hollandais lui donnent quelquefois le nom de mer. Le Danao-Malayou couvre,. au centre de Bornéo, un espace de 8 lieues de longueur sur 4 de largeur; la profondeur de ses eaux varie de 5 à 6 mètres. Comme dans le Kini-Ballou, on y remarque plusieurs petites îles et un très-grand nombre d’espèces de poissons.
Quoique située sous la ligne équinoxiale, l’île de Bornéo n’éprou'e point des chaleurs insupportables. Les brises de mer, celles des montagnes, et, depuis novembre jusqu’en mai, des pluies continuelles y rafraichissent l'atmosphère. Le thermomètre varie peu à Soukadana; il ne descend guère au-dessous de 28 degrés centigrades, et s'élève rarement au-dessus de 35.
Le fer, l’étain, le cuivre, se trouvent dans plusieurs montagnes; les districts de Sadang et de Saravah produisent l’antimoine; ce minéral ne s’y trouve pas comme dans les mines de l’Europe, mais il est par couches entassées les unes sur les autres, comme les pierres dans les carrières. L'or abonde dans l’île, mais il n’est pas caché au fond des entrailles de la terre : on le trouve à une petite profondeur ; les mines les plus abondantes sont celles de Trado, de Mandour, de Landak, d’Ambauwang, de Bornéo et de Bandjer-Massing. Les diamants se trouvent dans des terrains meubles, à peu de distance de la surface; les plus fins sont ceux de Landak, exploités par les Dayaks!. Le radjah de Matan possède un des plus gros diamants connus; brut, il pèse 367 carats, et taillé il en pèserait 184. Les Malais
attribuent à cette précieuse pierre la vertu de guérir toutes les maladies : 1M. D. de Rienzi : Description de l'Océanie.
ambas, heureux les malades qui peuvent boire de l’euu dans laquelle elle a été par des trempée !
La côte septentrionale de l’ile est la plus riche, la plus fertile et la plus rd-est, i) salubre. On y irouve des forêts de s{yraæ, arbre qui ressemble au sapin et re - Lucia, 4 qui produit des graines odoriférantes, et la célèbre résine de benoin ; le de baic À canari (canarium), renommé pour ses noix; le bananier, dont le fruit est la baie è appelé figue de paradis; le kouming, dont la pulpe fournit une huile estiill mée ; une espèce de durion qui produit des fruits plus gros que la tête d’un nmany % homme, et le dammara, dont la résine, appelée dammer, est recherchée. st; les On cultive le riz, les ignames, le béfel et toutes sortes d'arbres fruitiers )S Apy, des Indes. Les choux-palmistes servent de nourriture. Les forêts contien- } nent des arbres d’une hauteur prodigieuse ; il y en a qui fournissent d’exonsidé- cellents bois de construction, d’autres donnent les gommes appelées sang- | deur de dragon et sandaraque. Dans quelques montagnes au sud-ouest de l’île, on ! usieurs prétend avoir trouvé des bosquets de muscadiers et de giroflierst, Une | er. Le production mieux connue et la plus précieuse de toutes, c’est le cam- NE : de lon- rhrier, qui croît dans toute sa perfection. Le camphre de Bornéo se vend mètres. 12,000 francs le quintal, tandis que celui de Soumâtra ne coûte que s et un 8,000 francs; celui du Japon se donne à un prix incomparablement plus bas. Les rolangs y abondent; on exporte une grande quantité de ces joncs sprou‘e précieux. Le poivre, le gingembre, le coton, y croissent, et la cuiture des | tagnes, muscadiers et des girofliers y a réussi. | hissent C'est à Bornéo qu’on trouve les plus grandes espèces de singes, le rongo | î d guère de Wurmb, qui a environ 4 mètre 30 centimètres de hauteur, et l’orangs de 35. outang, qui ressemble encore plus à l’homme par son aspect, ses manières | es; les et son allure. On a observé une espèce d’orang-outang inconnue aux 1 éral ne autres pays; elle approche beaucoup plus de l’homme que l’espèce carac- | ouches térisée par son nez saillant, la conformation de sa tête et de ses membres; ; es. L'or mais ses mains, au nombre de quatre, établissent entre ces deux êtres une | a terre : énorme différence. On y voit le gibbon, adoré à java, et plusieurs autres 1 es sont espèces du même genre, appelées par quelques auteurs siamang et wouon et de wou; enfin, l’orang-roux (pithecus satyrus), que l’on rencontre par Î bles, à troupes qui se rassemblent pour dévaster les plantations de cannes à sucre, Kploités les récoltes de riz et les fruits.
amants Cette île possède encore deux espèces de bœufs sauvages de très-grande Malais taille, des sangliers, des tigres, des éléphents, deux espèces de rhinocéros, | ladies :
1 Valentyn : Description de Bornéo, IV, 235; voyez la Carte annexée. — Raderma- | cher, Description de Bornéo, |
le bicorne et l’unicorne. Ces derniers animaux ne sont point répandus dans l’îlé entière ; on en voit seulement dans les districts d'Oungsang et de Paitan, au nord, de même qu’on ne trouve les chevaux que dans ceux de Padassang et Tanpassak, également situés dans la partie septentrionale. Les animaux répandus dans toute l’île sont: l’ours, dont on distingue deux espèces au pelage noir, l’ours de Bornéo (ursus euryspilus) et l'ours malais (ursus malayanus); la civette, qui produit le musc, la loutre, plusieurs variétés de chèvres, le babiroussa, les chiens, les chats, les rats, des tortues, le cochon, le porc-épic, des crocodiles et des serpents très-nombreux en espèces. s
Les espèces d’oiseaux sont innombrables, et pour la plupart très-différentes de celles de l’Europe. On y trouve en abondance l’hirondelle dont on mange les nids, des paons, des oies, des canards sauvages, des poules, des pigeons et diverses espèces de perroquets. Les abeilles sont en si grand nombre, que la cire est un article très-considérable d’exportation. Les vers à soie y sont indigènes. Les côtes abondent en mollusques et en crustacés. Les rivières et les lacs nourrissent une foule de poissons différents.
La population de l’île parait être de 3 à 4 millions d’individus.
Les États qui se trouvent le long des côtes sont en partie vassaux des Holiandais et en partie indépendants. Les premiers forment deux grandes provinces connues sous les dénominations de résidence de la côte occidentale (en hollandais West Kust), et résidence des côles orientale et méridionale (Zuid en oost Kust)1, |
Dans la première de ces résidences sont compris les États du radjah de Sambas, ceux de Moumpava, de Ponthianak, de Landak, de Simpang et de Matan.
Le royaume de Sambas possède les mines renommées de Semini et de Lara; la partie septentrionale est habitée par des pirates dayaks. Sa capitale est Sambas, petite ville, avec un fort hollandais ; elle est située à 12 lieues !/, de l'embouchure de la rivière qui porte le même nom; elle n’a de remarquable que le palais du sultan, orné de tableaux et autres richesses des Européens qui ont été victimes de la piraterie à laquelle se livraient les habitants avant que les Hollandais y eussent un résident. Les maisons de Sambas sont les plus misérables que l’on puisse imaginer : elles sont toutes construites en bois sur des radeaux flottants, amarrés à de gros
1 Pour compléter ce que nous avons dit des possessions hollandaises de la Malaisie, on peut consulter la belle carte (en plusieurs feuilles) des Indes Néerlandaises que
nous devons à M. le baron de Derfelden de Hinderstein; cet important travail est accompagné d’un volume in-#° qui lui sert d'explication, V.A. M-B.
dans Paix de nale.
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pieux placés dans le fleuve. Celle du sultan ne diffère des autres que parce qu’elle est plus grande. Les environs de celte ville abondent en poudre d’or, Le sultan de Sambas est le plus puissant de la côte.
Le royaume de Moumpava est arrosé de l’est à l'ouest par la rivière de Soungui-Raïah, sur laquelle se trouve un port du même nom, principalcment fréquenté par les Chinois. En quittant ce port et en s’avançant sur la rive gauche de la rivière, on entre dans les districts montagneux de Matrado ou Montrado, et de Mandour, riches en métaux. Ce péys est uniquement habité par des colons chinois, dont la plupart s'occupent de l'extraction des mines. La ville la plus importante est Montrado, qui s’élève au pied d’une montagne dont elle prend le nom; elle renferme environ 3,000 habitants. Elle consiste pour ainsi dire en une seule rue longue de trois quarts de mille. On n’y remarque ni temple ni bâtiment destiné à un culte religieux ; les habitants ont chez eux leurs idoles. En allant vers l’intérieur de l'ile, on trouve les cantons de Lourak, de Salakao, de Sinkana ou Sinkaouan et de Madar, où les Chinois ont des établissements. Les villes les plus importantes portent presque toutes le nom du canton où elles se trouvent. En général, elles ne consistent qu’en une ou deux rues dont les maisons en bois sont couvertes en chaume.
Le royaume de Ponthianak, au sud du précédent, est arrosé par la grande rivière qui lui a donné son nom. Il fournit beaucoup de poudre d’or; Ponthianak, sa capitale, bâtie à l'embouchure de la rivière, dans un sol marécageux, est remarquable par son commerce et par la grande quantité d’esclaves qu’elle renferme. Les Chinois y apportent des marchandises et remportent des bois de teinture, des rotangs, de la cire, du camphre, des nids d'oiseaux et de l’or. Le climat est sain; on n’y connaît presque en fait de maladies que la petite vérole, qui y fait les plus affreux ravages. Sa population s’élève à 3,000 habitants.
Le royaume de Landak, à l’est du précédent, est arrosé par la rivière du même nom ; il s’étend dans l’intéricur de l’île; on n’en connait que la partie occidentale. Sa ville principale parait être Zandak, aux environs de laquelle on trouve les diamants dont nous avons déjà parlé.
Le royaume de Malan se trouve au sud-ouest de l’île. La capitale actuelle, située sur les bords de la rivière de Katappan, est la résidence du radjah. C’est dans ce royaume que se trouve l’antique Soukadana, ville aujourd’hui déchue, mais qui fut la capitale d'un empire puissant.
Le pays de Simpang et celui de Kandawangan sont gouvernés par des princes qui se reconnaissent vassaux du radjah de Matan,
Les côtes sont occupées par dos Malais, des Javanais, des Bougasses ou natifs de C'élébes , et quelques descendants d’ Arabes. Ces peuples, ainsi que ceux de l’intérieur qui en diffèrent , et que l’on distingue en Dayaks, Idaans, Tidouns, Biadjous, Kayans, Dousoums, Marouts, etc., obéissent à de nombreux despotes qui prennent le titre de sultans. Le mahométisme est la religion dominante. Les princes et les nobles étalent un luxe barbare,
La seconde résidence hollandaise renferme le royaume de Bandjer-Massing , baigné par le fleuve de ce nom. Elle se compose d’un grand nombre de cantons, tels que ceux de Pambouan, de Komaay, de Mandava, de Ban{jer, du Grand et du Petil-Dayak, de Tana-Laout, de Talas, de Martapoura, de Karang-inlan, de Doukou-Kanang, de Doukou-Æirié et du Doussoun, qui éomprend les grandes plaines qui bordent le fleuve. Martapoura ou Boumi est la résidence du sultan de cette vaste contrée, et Bangjer-Massing est le chef-lieu de la résidence hollandaise. Cette ville bâtie sur la rivière du même nom, dont l'embouchure est encombrée de bancs de sable, est assez commerçante; sa population est de 6,000 habitants. Près de cette ville est le fort de Talas, que certains géographes nomment Talar, et qui est occupé par les Hollandais.
Les États indépendants occupent plus de 22,800 lieues carrées. Le plus remarquable est celui de Varouni sur la côte septentrionale ; c’est la partie la plus peuplée de Bornéo. La capitale est Varount ou Bornéo, la ville la plus commerçante et la plus importante de l’île; son commerce principal est avec le détroit de Malacca; son hâvre est spacieux et à l’abri des vents. Bâtie à l'embouchure du Bornéo , au milieu des marécages et au niveau de la marée haute, elle présente un singulier coup d’œil: ses maisons, au nombre de 4,000, s'élèvent sur des poteaux et communiquent ensemble par des ponts de bois; ses rues sont de pelits canaux: c’est la Vénise de la Malaisie. Le fort seul est bâti sur la terre ferme ; le nombre des habitants est d'environ 12,500. Cette ville est la résidence d’un sultan qui régnait autrefois sur l’île entière. De là vient que les Européens ont appelé celle-ci Bornéo, du nom de ce royaume ; mais ils auraient dû la nommer Varouni.
Nous citerons encore sur la côte orientale deux petits États indépendants : le royaume de Passir et celui de Æofli. Les princes qui les gouvernent sont Malais; ils résident à Passir et à Kolli; leurs sujets sont des corsaires redoutés.
A l’orient de Varouni s’étend le pays des Tirouns ou Tidouns ; la côte est généralement basse et marécageuse. C’est de toutes les parties à lorient:
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la plus riche en or. On y voit un grand nombre de rivières navigables. Les habitants paraissent être venus des Philippines ; ils se nourrissent de sagou et se font redouter par leurspirateries. Les villes les plus considérables de ce peuple sont Tapian-Dourian, les ports de Sibouka et de Kouran, et quelques bourgs peu considérables. Dansleursexpéditions militaires, les Tindous se nourrissent après le combat de la chair des ennemis; ils sont naturcilement cruels, fourbes et emportés.
Les Malais des côtes dont nous venons d'indiquer les principaux États sont des colonies venues de Java et de Soumâtra. L'intérieur est peuplé d’une race également malaie, mais plus anciennement établie dans l'ile, On les appelle les Biadjous ou proprement les Viadhjas , nom évidemment san skrit, et synonyme avec ceux de Battas, Wedas et Vyadhias ou sauvages de Soumätra, de Ceylan et de l’Hindoustan. On en appelle quelques tribus Male, nom qui en hindoustani, signifie montagnards. Enfin, les échantillons qu’on arecueillis de leur langue renferment beaucoup de mots communs au malai et au sanskrit, circonstance qui met dans un nouveau jour l'ancienne parenté de toutes ces nations.
Ces indigènes de Bornéo s'appellent eux-mêmes Dayaks au sud et à l'ouest, et Eidahans au nord. Ils sont d’un teint plus clair que les Malais , d'une haute stature, d’une constitution robuste et d’un caractère naturellement doux, simple et paisible ; ils sont patients, équitables, mais leur justice ne s'exerce point envers les étrangers; ils sont très-intelligents pour ce qui concerne les arts mécaniques ; leur extérieur est agréable. Tant et de si belles dispositions sont effacées par leurs préjugés et leurs superstitions, qui en font des hommes extrêmement féroces et sanguinaires. Les principaux d’entre eux s’arrachent une ou plusieurs dents de devant, pour en substituer d’autres d'or. Ils se peignent le corps de diverses figures , et ne portent qu’une ceinture pour tout vêtement. Les habitations sont de vastes huttes en planches, sans aucune cloison, et qui coñiisanent quelquefois jusqu’à 400 personnes. Les Biadjous suspendent au-dessus de l'entrée de leurs huttes les crânes de leurs ennemis ; les jeunes gens ne peuvent se marier avant d’avoir coupé soit une tête, soit les parties viriles d'un ennemi. Entre eux ils observent des lois sévères. Les femmes mêmes sont:traitées avec douceur ; elles se couvrent d’une écharpe et d'un énorme bonnet ou parasol de feuilles de palmier. Quelques unes d'elles se distinguent par leur talent pour la danse pantomimique.
Los Alforèses ou: Haraforas , peuplade de l’intérieur, ne paraissent guère
différer des Eiduhans que par un teint plus bronzé:et var l'extrême lon-
gueur des oreilles. Les danseuses de cette tribu , recherchées par les Européens, font admirer leur docile souplesse dansdes pantomimes généralement licencieuses.
Outre ces peuples mal connus, on nomme encore les Négriltos ou noirs, tribu qui doit habiter les forêts inaccessibles même aux Eidahans, et dont les Européens ne paraissent avoir vu aucun individu. Leur nom semble dire que ce sont de vrais nègres, comme les Papouas de la Nouvelle-Guinée,
Ilexiste encore une foule de peuples que nous nenommerons pas, attendu qu'ils n’ont rien qui les caractérise; leurs habitudes , leur religion et leurs lois sont à peu près celles des Dayaks. Comme ees derniers ils cultivent peu la terre, ct vivent de la chasse ou de la pêche. Ils estiment beaucoup la chair du chien, du buffle et les pieds du chameau ; ils mangent les gazelles, les perroquets, les serpents , les crocodiles , les tortues, une espèce de chauvesouris, les singes et le jeune requin. Ils sont commerçants et portent dans les marchés voisins les productions naturelles du sol; ils font des cordages, de la poterie, des outils de fer ; les femmes fabriquent des étoffes de soie et de coton. La plupart font grand cas de l’or et des diamants; d’autres ne les exploitent que pour les vendre aux étrangers et en obtenir des marchandises ; ils diffèrent de langage et se font une guerre continuelle.
Leurs armes sont la sarbacane pour lancer les flèches, l’épée , la lance, les bâtons et de longs boucliers. Leurs vêtements consistent en une ceinture de toile de coton ou d’étoffe en écorce d’arbre roulée autour des reins; les guerriers sont couverts de peaux d’ours et de léopards. Leur gouvernement est despotique, et la dignité de sultan est héréditaire.
Plusieurs nations européennes ont essayé longtemps en vain de s’établir sur les côtes de Bornéo. Les indigènes ont constamment chassé ou massacré ces étrangers. Les Hollandais, qui d’abord formérent en 1643 un établissement à Ponthianak, n’avaient pas été mieux traités; mais ils reparurent sur les côtes en 1748. Leur escadre, quoique très-faible, en imposa tellement au prince de Tatas, qui possédait seul le poivre, qu’il se détermina à leur en accorder le commerce exclusif; seulement il lui fut permis d’en livrer 500,000 livres aux Chinois. Depuis ce traité, la Compagnie hollandaise envoya à Banjer-Massing du riz, de l’opium, du sel , de grosses toiles, objets sur lesquels elle gagna à peine les dépenses de son établissement. Ses avantages consistaient dans le bénéfice que l’on pouvait faire sur les diamants et sur 6,000,000 de livres pesant de poivre.
En 1823, une expédition hollandaise remonta la Ponthianak et s’empara successivement des territoires des princes restés jusqu’alors indépendants.
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C'est réellement de cette époque que date la suprématie que les Hollandais exercent sur plus de la moitié de l'île, Les Chinois prennent une part active au commerce de Bornéo. |
Les Anglais avaient formé, en 4773 et 1803, dans l'ile Balambangang, au nord de Bernéo, un établissement qui a été détruit par les indigènes; en 1813 une nouvelle tentative ne leur réussit guère mieux ; mais en 1846, ils ont obtenu du sultan de Bornéo la petite ile de Labouan (Labuan) sur la côte occidentale de Bornéo. Cette ile est d’une grande importance pour eux; c’est un point de relàche pour ses bâtiments qui, de Calcutta et Singapour, vont à Manille et dans les différents ports de la Chine. C'est d'ailleurs un point stratégique pour les expéditions qu’il faut entreprendre presque annuellement contre les pirates malais qui infestent ces parages.
Les îles voisines de Bornéo, et que l'on peut regarder comme dépendantes de cette grande terre, sont, comme celle de Labouan, toutes trèspetites; cependant nous. ne devons pas les passer sous silence. Dans la mer de la Chine se trouvent, à l’ouest de Bornéo, les iles de Natuna ou Nalouna, qui se divisent en méridionales et septentrionales. Ce ne sont que des ilots, à l'exception de la Grande-Naluna, nommée par les Malais Poulo-boungouran, et qui a environ 44 lieues de longueur du nord au sud sur 6 de largeur. Elle est couverte de montagnes ussez hautes; ses côtes sont en partie basses et sablonneuses et en partie escarpées. Plus à l’ouest, les îles Anambas sont peu connues et d’ailleurs peu importantes. La Grande- Anambas paraît être seule habitée,
Au sud, dans la mer de Java, les petites iles de Solombo, qui dépendaient jadis du Bandjer-Massing, sont devenues un repaire de pirates malais. Poulo- Laut ou Poulo-Laout, qui n’est séparée que par un étroit canal de la côte du sud-est de Bornéo, renferme une colonie de Bouguis.
A l’est, dans la mer de Célèbes, le groupe de Maraluba ou Maralouba comprend une île de 9 lieues de longueur. Les Soulous y vont pêcher des holothuries.
Au nord, dans la mer de Mindoro ou des Philippines, on trouve le groupe de Cagayan, habité par les Bissagos, qui font le métier de pirates,