‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 2)Chapitre 20 sur 146 · SON · texte numérisé non relu

SON

|. Fort-York-

b de Banks, etc., etc.

Suite de la Description de l'Amérique. — Amérique anglaise du nord. Seconde section, Nouvelle-Bretagne ou territoire de la compagnie de la Baie d'Hudson.

Les contrées que nous allons décrire, et auxquelles on donne sur les cartes le nom collectif de Nouvelle-Brelagne, ne sont guère que nominalement des possessions anglaises. Les indigènes qui les occupent sont de fait indépendants; elles sont fréquentées par les chasseurs et les facteurs de la Compagnie des pelleleries de la Baie-d'Hudson, qui y ont établi quelques petits forts pour leur servir de point de ralliement. C’est là le seul fait de possession qui autorise les géographes à ranger la Nouvelle-Bretagne parmi les possessions anglaises.

La Nouvelle-Bretagne embrasse presque toute la partie septentrionéle du continent américain; au nord elle est baignée, sur une longue étendue de côtes, par l’océan Glacial-Arctique; à l’est elle est bornée par la mer d'Hudson et le Canada; au sud elle confine les États-Unis, vers le 49e parallèle; enfin, à l’ouest, l’océan Atlantique et l’Amérique Russe lui servent de limites,

La surface de la Nouvelle-Bretagne est couverte, à l’ouest, par le prolongement septentrional des Rocky-Mountains, ou Montagnes-Rocheuses, qui restent éloignées de 80 à 400 lieues de la cète du Grand-Océan; elles donnent naissance à un grand nombre de fleuves et de rivières. Elles sont accompagnées, à l’ouest, de deux chaînes parallèles, les Monfagnes- Bleues et les Montagnes-à-Pic (Peak-Mountains), qui forment avec elles de hautes vallées, dirigées du nord vers le sud, et dans lesquelles la Columbia et la rivière de la Paix prennent leur source. Une autre chaîne côtière prend le nom de Mon/s-Cascades ; elle sépare les terres basses de la côte du premier plateau de l’intérieur, A l'est des Rocky-Mountains, la Nouvelle-Bretagne offre le même aspect que la Finlande; elle est entrecoupée de chaines de montagnes peu élevées, nues, tourmentées, de vastes plaines arides et d’un dédale de lacs, de marais, d’iles, de presqu'iles, de rivières, traçant les sinuosités les plus étranges, remplies de cascades, de rochers, de sauts, aux rives tantôt plates, tantôt encaissées, ayant une direction si peu déterminée qu’elles semblent ne savoir où envoyer leurs eaux. Ces rivières appartiennent cependant à trois bassins; la Columbia,

la rivière Fraser et le Simpson sont tributaires du Grand-Océan; la rivière de Peel, la Mackensie, le Copper-Mine etle Thleoui-cho-dezeth mélent leurs eaux glacées aux glaces de l’océan Arctique; la rivière de ia Paix le Saskalchawan, le Nelson, le Churchill, le Severn, V'Albany et la Mousse viennent se jeter dans la mer d'Hudson ou dans les lacs qui l’avoisinent. Parmi ces lacs, nous citerons le lac de l’Esclave, traversé par la Mackensie, de Ouinipeg, du Grand-Ours, espèces de petites mers intérieures ; d’Atha. basca, de Northlined, de Wollaston, des Rennes de Yath-Kyed, de Doulaunt et des Pluies : la plupart de ces lacs et de ces rivières sont tellement rapprochés les uns des autres, qu’ils ne sont séparés que par de petits isthmes, appelés por{ages dans le pays, parce que les indigènes les traversent en transportant à bras leurs frêles embarcations pour passer d’un cours d’eau dans l’autre.

Le climat de la Nouvelle-Bretagne est en général froid; il le devient de plus en plus à mesure que l’on s’avance vers les rivages de l'océan Arctique et de la mer d'Hudson; ici, et à une assez grande distance dans l’intérieur, il est d’une âpreté extrême. C’est à peine s’il y a un ou deux mois d’été, ou plutôt de chaleurs excessives, pendant lesquelles les inoustiques ne laissent pas un instant de repos; les Indiens eux-mêmes peuvent à peine endurer les tourments que causent ces insupportables insectes. L’atmosphère est, de plus, fréquemment chargée de brouillards,

Le sol passe, en général, pour être peu fertile. Les parties méridionales offrent pourtant des terres labourables et de grandes et vastes prairies ; on évalue à un tiers de la surface la quantité de terres susceptibles d’être mises en rapport. Du reste les indigènes ne profitent nullement de cet avantage, pour remédier aux affreuses disettes qui les moissonñent, lorsque le gibier ou les fruits de quelques arbres viennent à leur manquer. Dans les plaines qui avoisinent le lac Ouinipeg, croit le riz du Canada (zizania aqualica). Les arbres les plus communs, vers le sud, sont l’érable à sucre et le peuplier. Jusqu’au 60° parallèle, on n’aperçoit que des arbres et des arbustes rabougris; et il n’y croit que des pommiers, des poiriers, des groseilliers, des framboisiers, des fraisiers, du céleri sauvage, des pommes de terre, des choux et des navets. Le froment ne dépasse pas le 53e parallèle; au delà du 60e, presque toute végétation cesse.

Les Rocky-Mountains offrent quelques masses de forêts de pins, de bouleaux, de trembles, de saules, de mélèzes, de cèdres, de genévricrs, et autres arbres de ces zones. On y trouve des ours blancs, gris, bruns et noirs, des loups, des renards blancs, jaunes et noirs, des castors, des

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joutres, des 1ynx, des daims, des bisons, des bœufs musqués, des cerfs, des caribous, dont la peau, très-fine, sert aux indigènes pour faire des pantalons et des chemises; des carcajons, des porcs-épics, des lièvres, des lapins, des chiens, grands et forts, qui servent de bêtes de somme et de trait. Il y a des chevaux d’une bonne race dans les parties méridionales ; les rennes, dans la partie septentrionale, sont d’une grande ressource pour les habitants. Les oiseaux sont l’aigle à queue blanche, le faucon, l’épervier, le hibou, le coq de bruyère blanc, le courlis sifflant, l’oie de Cédus, et différentes espèces de canards. Les lacs et les rivières abondent en poissons, qui, dans la région septentrionale, forment la seule nourriture des indigènes.

La population de la Nouvelle-Bretagne se compose de diverses tribus d’Indiens, qui vivent généralement sous des tentes et s’adonnent particulièrement à la pêche et à la chasse des animaux à fourrures, dont ils échangent les peaux dans les différ-nts forts ou comptoirs de la Compagnie de la baie d'Eudson.

Tel est le tableau général que l’on peut tracer de la Nouvelle-Bretagne. Nous allons maintenant décrire particulièrement les contrées qui la composent, et nous donnerons alors ies détails propres à caractériser chacune des tribus qui les habitent.

Nous commencerons par la région qui appartient au versant du Grand- Océan, et qui par conséquent est située à l'ouest des Montagnes-Rocheuses. Elle porte sur les côtes les noms de Nouvelle.-Géorgie, de Nouvelle-Hanovre, et de Nouveau-Cornouailles ; la partie intérieure la plus voisine des montagnes prend aujourd’hui le nom de Calédonie occidentale. Les Anglais désignent sur leuts cartes l’ensembie de toute cette région nord-ouest sous le nom de Columbia.

La Nouvelle-Géorgie est située entre le 45e et 50e parallèles; ses limites vers l’intérieur ne sont pas déterminées. Depuis 1846, ce n’est que la partie située au delà du 49e de latitude boréale, qui dépend de l’Amérique anglaise.

Le golfe de Géorgie est très-considérable; il communique avec l’océan Pacifique, au sud par le détroit Claaset ou de Jean Fuca, et au nord par le détroit de la Reine-Charlotte.

La Nouvelle-Géorgie offre des rivages d'une élévation moyenne, et agréablement diversifiés par des collines, des prairies, de petits bois et des ruisseaux d’eau douce. Mais derrière ces bords s’élève la chaîne côtière des monts Cascades, couverts de neiges éternelles. Des minerais de fer très-riches paraissent y abonder. On trouve du quartz , ücs agates, des

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