‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 2)Chapitre 24 sur 146 · CENTRALE · texte numérisé non relu

CENTRALE

2 L'OCÉ; £ s, | Ë DE L'OCÉAN ATLANTIQUE OU DU GOLFE DU MEXIQUE. DU GRAND OCÉAN. CR PP AV EC RS RE Au Nord. Au Nord. Au Nord. | 1 État du Maine. 1 État d'Ohio. 1 Territoire de l'Orégon. 2 — de New-Hampshire, 2 — de Michigan. Î 3 du Yermont. HP de Wisconsin: Au Sud. | — de Massachuseits, erriloire de Minesota. loire d'U 5 — de Rhode-lsland. 5 — de Nébraska ou sn oNs PEN 6 — de Conneclicut. Missouri. PASAHUEUIR: | Au Centre. Au Centre.

cl État de New-York. 6 Etat d'Iowa.

— de New-Jrrsey, 7 — d'illinois.

ÿ — de Pennsylvanie, 8 — d'indiana.

10 — de As x — de Kentucky. | 11 — de Maryland. — de lennessce, ' 12 District Réal de Colombia. fl — de Missouri, { 13 Etat de Virginie. 12 — d'Arkansas.

13 Territoire Indien, Au Sud. 15 — duNouveau-Mexique.

14 État de Caroline du Nord.

15 — de Caroline du Sud. Au Sud, | 16 — de Géorgie. 43 État d'Alabama, 17 — de la Fluride, 16 — de Mississippi, 17 — de Louisiane.

18 — du Texas. \ EE [

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Nous allons maintenant entreprendre la description topographique et politique de chacune de ces divisions de la grande confédération Anglo- Américaine; et, afin de mettre plus d’ordre dans cette description, nous la diviserons en trois livres, qui auront chacun pour objet l’une des trois grandes divisions que présente ce tableau.

Suite de la Description de l'Amérique. — Etats-Unis, partie orientale. — Description topographique et politique.

Nous avons appris à connaître le territoire des Etats-Unis sous les rapports généraux et constants de la géographie physique; il faut maintenant descendre à ces détails de description locale que chaque jour voit changer, même dans les pays anciennement civilisés. Ici, c’est tout à fait un tableau mouvant, une scène d’action perpétuelle, sans aucun moment de repos; des villes et des républiques entières y naissent plus rapidement qu’on n'élève un édifice en Europe. Ces variations journalières doivent nous faire de la brièveté une loi rigoureuse.

La Nouvelle-Angleterre comprenait les territoires qui appartiennent aujourd’hui aux Etats de Massachusetts au centre, du Connecticut et de Rhode-Island au sud, de Vermont, de New-Hampshire et de Maine au nord. Tout ce pays est hérissé de collines granitiques et couvert de forêts ; mais l’industrie a su tirer un tel parti de quelques vallées fertiles, que cette portion des Etats-Unis est encore aujourd’hui la mieux peuplée, toute proportion gardée. C’est le premier foyer de l’esprit commercial et maritime, c’est le siége de la civilisation la plus généralement répandue : instruit et laborieux, le peuple y sait apprécier et défendre ses droits politiques ; mais on l’accuse de pousser très-loin cette défiance et cette humeur litigieuse qui sont comme inséparables du sentiment de l’indépendance. Le sombre presbytérianisme y avait introduit une bigoterie intolérante; mais, adouci par les lumières de la philosophie, il n’y montre plus son influence que dans l’austérité des mœurs et le respect pour le culte, marques caractéris-

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tiques des habitants de la Nouvelle-Angleterre, La nature accorde à ce peuple une constitution très-saine, très-robuste ; le sexe y possède au plus haut degré ce teint de roses et cet air de candeur virginale qu’on vante chez les Anglo-Américaines. Elevées avec plus de soin que dans les Etats méridionaux, elles ont la conversation agréable et spirituelle : elles n’en sont pas moins d'excellentes ménagères ; elles dirigent avec succès la fabrication domestique des toiles et des étoffes. La sévérité avec laquelle on célèbre les dimanches n’empêche pas que, dans les autres jours, la jeunesse ne se livre avec ardeur à des bals et à des parties de traineau ; mais les jeux de hasard et les courses à cheval n’y jouissent d’aucune faveur.

L'ancien district du Haine, le plus septentrional de tous, se peuple continucllement, et forme, depuis 1820, un Eat indépendant divisé en 43 comtés; il doit son nom à la province française du Maine, dont Henriette- Marie, l’épouse de Charles Ir, était propriétaire ; les Anglais s’y étaient établis en 4630. La population qui, en 4759, n’était que de 43,000 habitants, et, en 1790, de 96,540, est aujourd’hui de 583,232. Le pays produit dun :"", des grains, du chanvre; mais il exporte surtout du bois de constric1 st du poisson sec.

Cet Elat est borné au nord et au nord-ouest par le Bas-Canada, à l’est par le Nouveau-Brunswick, au sud et au sud-est par l’Atlantique. Les principaux cours d’eau qui l’arrosent sont : le Saint-Jean, le Penobscot, la Sainte-Croix, le Kennebeck, l'Androscoggin et le Saco, qui tous ont leur embouchure dans l'Océan , sur le territoire de cet Etat, à l'exception du premier, qui va traverser le Nouveau-Brunswick. C’est un pays élevé vers le nord et l’ouest, qui offre au centre une chaîne de montagnes, des plaines ondulées et un grand nombre de lacs dont le plus grand, appelé Moose- Head, a 41 lieues de longueur et 7 de largeur. Le sol, quoique sablonneux, y est généralement fertile; les forêts y sont composées de chênes, de pins, d’érables, de hêtres et de bouleaux.

La petite ville d’Augusta, qui compte à peine 40,000 habitants, est, depuis 4831, la capitale de cet Etat; elle est située dans le comté de Kennebec et sur la rive droite de la Kennebec, à 75 kilomètres de son embouchure; son port peut recevoir des bâtiments de 400 tonneaux : elle fait un commerce très-actif.

Portland était autrefois la capitale de cet Etat. C’est une jolie ville de 20,849 âmes, située entre le Saco et le Penobscot sur le bord de l'Océan. Ses maisons et ses édifices sont bâtis en briques; on distingue parmi ces derniers le palais-de-justice, l’hôtel-de-ville et la maison de charité. On y

remarque un observatoire d’où la vie s'étend au loin sur les innombrables îles qui bordent la côte. Son port, éclairé la nuit par un phare situé à 28 mètres de hauteur, est un des plus beaux et des meilleurs de l'Amérique; il est défendu par différents ouvrages de fortification.

Parmi les autres cités de l’Etat du Maine se trouvent Eastport, ville maritime bâtie sw ile de Moose, qui conimunique au continent par un beau pont construit en 4820 ; Hallowel, port où l’on construit des navires; Bath, l’une des villes les plus commerçantes du Maine; Brunswick, qui possède un collége, un cabinet d'histoire uaturelle et l’une des plus belles galcries de tableaux des Etats-Unis, établissements entretenus à l’aide d’une du'1tion de James Bowdouin; Waterville, où l’on remarque aussi un beau collége; Gordiner, qui possède un lyée; Bangor, ville de 44,441 habitants, qui entretient une école de théologie, et Thomaston, qui renferme la prison de l'Etat. Toutes ces villes, ainsi que Castine, York, Berwick et Belfast, ont 6 à 10,008 habitants.

Les Indiens Penobscot vivent aujourd’hui d’une manière très-paisible; ils professent la religion catholique; leurs sachems veillent à la sainteté des mariages, et leur population s’augmente au moment où tant d’autres iribus s’éteignent.

Dans l’Etat de New-Hampshire, les productions sont les mêmes que dans celui äu Maine. La population est de 317,831 âmes. Il est divisé en 10 comtés.

Cet Etat tire son nom du comté d'Hampshire en Angleterre; il fut établi en 4623 par les Anglais; compris d’abord dans la colonie du Massachusetts, il en fut détaché en 4679 par le gouvernement angiais, et adhéra à l'union fédérale en 1788.

Cet Etat, situé à l’est du précédent, est un pays plat parsemé de quelques collines, mais borné au nord par les ramifications des monts Alleghanys. On y voit aussi un grand nombre de lacs, Ses principaux cours d'eau sont le Connecticut et le Merrimack. Rempli d'établissements industriels, on y compte plus de 50 manufactures de tissus de laine, de coton et de lin. Quoique maîtres seulement de 6 lieues de côtes, les habitants sont renommés pour la construction des navires.

Dover, fondée en 1623, est la ville la plus ancienne et la plus industrieuse ; elle est située sur le Cocheto, qui y forme une cascade de 12 mètres de hauteur ; ses 8,000 habitants font. un commerce considérable de bois de charpente. Concord, qui a près de 7,500 habitants, est la capitale de l’État, elle est sur la rive droite du Merrimack ; c'est l’entrepôt d’un commerce

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Erxeter, ville de 4,000 âmes, est remarquable par son collége, l’un des plus beaux établissements que les États-Unis possèdent en ce genre. La construction des nevires y est beaucoup moins active qu’autrefois. La jolie petite cité d’Hanover est célèbre par le collége qui porte le ncm de Dartmoulh. Gilmanton, au milieu d’un district riche en mines de fer, possède une maison de justice et plusieurs usines. Franconia est importante par ses riches mines de fer, et remarquable par sa situation romantique ; sa population est de 1,200 habitants.

Le Vermont abonde en pâturages ; ses bœufs et ses chevaux sont renommés. Les montagnes se couvrent de pins, de hêtres et de chênes ; les collines s’ornent d’érables à sucre ; dans les vallées prospèrent les arbres fruitiers. L’élan habite le nord de cet État, et les serpents à sonnettes vivent dans le midi, mais ils y sont peu redoutables. Le pigeon voyageur et l’abei!le sont indigènes. Dans la superbe plaine d’Orbow, on voit une source qui change de place d’année en année, et dont les eaux exhalent une odeur de soufre. E 2 nom de cet État est l’altération du mot français Vert-Mont, que les habitants ont adopté par l'effet de leur penchant pour les Français du Canada, et qui est la traduction de l’appellation anglaise Green-Mountain. Les habitants, au nombre de 313,466, font un grand commerce avec le Canada. Cette population belliqueuse n’a r1s démenti, dans la guerre

ontre les Anglais, en 1814, la réputation de bravoure qu'elle s'était acquise uans celle de l'indépendance. Cet état, établi en 1763 par les colons angiais du Connecticut, en vertu d’une concession du New- Hampshire, fut admis au sein de l’Union en 4791 ; il est aujourd’hui partagé en quatorze comtés.

Montpellier, ville de 4,000 âmes, sur la rive droite de l’Onion, est le chef-lieu de cet État. Les autres principales villes sont Middlebury, où l'Olier-River forme plusieurs chutes que l’o" utilise pour des manufactures; Benninglon, où l’on voit plusieurs forges et plusieurs papeteries ; et Burlinglon, sur la rive droite du lac Champlain, elle renferme une acadé-

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154 LIVRE CENT HUTIÈME.

mie et une université ; c’est la place de commerce la plus importante de Y'État; elle compte près de 6,000 habitants.

Entrons dans le Massachusetts, un des États du second rang dans l'Union, puisqu'il compte 994,271 habitants. Les sapins, les châtaigniers, les bouleaux blancs, les érables à sucre couvrent une grande partie du sol, qui n’est que méd'ocrement fertile. Les arbres fruitiers de l’Europe septentrionale y nr àrent; le froment redoute les vapeurs salines de l’Océan, et ne vient Z , sie dans l’intérieur des terres. Le cap Codd doit son nom à l'immense quantité de morues qu’on y pêche. Cette colonie fut une des premières établies par les Anglais ; elle dut son nom à une tribu d’Indiens voisine de Boston , et adhéra à l’Union en 4788. Le Massachusetts est partagé en quatorze comtés.

Si l’on retranchait du nombre total des habitants les enfants qui ne sont point encore en âge de travailler, les vieillards et les infirmes qui ne le peuvent plus, or verrait combien est petit dans cet État le nombre des oisifs. Aussi, de cette activité industrielle résulte-t-il dans les familles une aisance qui frappe d’étonnement l’Européen qui visite pour la première fois cette contrée; et cependant elle n’est pas la plus industrieuse de la confédération américaine. Le dimanche, il est impossible de distinguer à la mise, et l’on pourrait même dire aux manières, un artisan de ce que l'on appelle dans la société un gentleman. La multiplicité des écoles, et le droit qu’a tout homme de s’occuper des affaires publiques, répandent jusque chez les artisans une instruction et une rectitude de jugement qu'on chercherait vainement dans les classes moyennes de France.

Ce que nous venons de dire : st surtout très-remarquable à Boston, capitale de cet État, et peuplée de 438,788 âmes. Cette ville, que ses babitants surnomment l’Afhènes du Nouveau-Monde, est située sur une presqu'’ile au fond de la baie qui en porte le nom, et qu’on appelle aussi la baie de Massachusetts. L’aspect de cette cité est bien différent de celui des autres villes de l’Union, par l’irrégularité des rues et l’inégalité du terrain sur lequel elle est bâtie. La plupart des maisons sont construites en briques, mais peintes de diverses couleurs : on n’y a pas les yeux fatigués par l’uniformité d’un rouge éclatant. Ses rues sont macadamisées avec un tel soin que ce pavage présente l’aspect d’une mosaïque.

Elle renferme plusieurs beaux édifices, tels que l’hôtel-de-ville, le palais de l'État, surmonté d’un dôme à la turque, la maison de justice, le théâtre, la douane, le nouveau marché, vaste bâtiment construit en granit, et la Bourse, qui renferme, dit-on, 202 salles. Le mail, ou la promenade

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publique, située au cœur de la ville, se compose de pelouses entourées et coupées par de larges allées d’arbres. La place Franklin est une des plus belles. Sept ponts, dont trois en bois, et d’une longueur extraordinaire, font communiquer la ville avec ses faubourgs. L'hôpital général est un grand et bel édifice, bien aéré, d’une belle tenue. Enfin, au nombre de ses monuments, on doit citer la statue de Washington. Boston, qui est la seconde ville de l’Union par l'importance de son commerce, en est la première par l'excellence de ses établissements d’instruction publique, et par le nombre de ses établissements scientifiques et littéraires ; nous citerons : l’Alhiénée, établissement fondé par une société de souscripteurs, et possédent nne bibliothèque de plus de 80,000 volumes ; le Collége et la Société de médecine, l'Académie des sciences et des arts, la Société linnéenne et la Soctélé historique du Massachusetts. On compte à Boston 186 écoles ; il s’y imprime 88 journaux ou écrits périodiques.

Hors de la ville se trouvent plusieurs établissements importants, tels que la maison des pauvres, celle de réforr “our les jeunes condamnés et celle de correction pour les adultes. La prenière, appelée aussi maison d'industrie (the house of industry), renferme environ 500 individus ; la seconde peut contenir une centaine d’enfants des deux sexes ; la‘troisième enfin contenait, il y a quelques années, 260 condamnés, tous soumis à la règle commune du travail dans les ateliers, du silence absolu, et de l’isolement aux heures des repas et de la nuit, pendant laquelle il leur est permis d’avoir de la lumière pour lire la Bible,

Boston est le siège d’un évèché catholique; cette ville, qui s’honore

… d’avoir donné le jour à Frankiin, est le centre d’un réseau de chemins de

fer, six lignes viennent y aboutir et la mettent en communication avec les y aboutissent

demie ou deux lieues de largeur; mais, remplie d’ilots, elle peut à peine recevoir deux bâtiments de front. Les deux principales de ces îles sont Caslel-Island et Governor’s-Island ; deux forts mettent la ville en sûreté du côté de la mer,

Les principales manufactures de cette vilie sont des distilleries de rhum,

des raffineries de sucre, des brasseries, des fabriques de papier de tenture,

des corderics, des filatures de coton et de laine, des fabriques de toile et

à de bougies de spermaceti, Boston est, après New-York, la principale ville

des États-Unis pour le commerce maritime ;elle couvre de ses navires Y.

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toutes les mers du globe. Le mouvement de son port est très-considérable, les exportations montent annuellement à la somme de 32,000,000 de francs,

et les importations à plus de 65,000,000. C’est l’un des arsenaux et des.

ports militaires les plus importants de l’Union ; la citadelle se nomme le Fort-Indépendance. Cette ville, fondée en 4630, a été le principal foyer du mouvement révolutionnaire qui a amené l’indépendence des États-Unis. Salem, à 5 lieues au nord-est de Boston, s’est enrichie par ses pêcheries et son commerce aux Antilles; elle a 21,500 habitants. Cette ville est la.

troisième de l’État par son commerce et son opulence ; elle possède plu-.

sieurs sociétés savantes, et l’un des plus riches musées d’histoire naturelle

et de curiosités que l’on puisse voir.

Charlestown, à un quart de lieue de Beston, est une jolie ville de 12,000

habitants, importante par son arsenal maritime et ses chantiers de construc-.

tion, d’où sont sortis des vaisseaux de 400 à 430 canons. Près de la ville, on a élevé un obélisque sur l'emplacement où se livra, le 47 juin 4775, la bataille de Breed’s-Hill ou Bunker’s-Hill, la première de la guerre de l’indépendance. À Cambridge, un peu plus loin, on remarque une université connue sous le nom de collége de Haward, son fondateur : il renferme de belles collections et une bibliothèque de 30,000 volumes. C’est dans cette petite ville que fut établie la première imprimerie des États-Unis, Marblehead, qui a plus de 7,000 habitants; Gloucester, dont le port, ouvert aux plus grands navires, fait un commerce considérable ; Barnstable, importante par ses immenses salines, et dont le port s’obstrue par une barre de sable ; Béverly, New-Bedford et Dighton, près de laquelle on voit une inscription biéroglyphique qu’on n’a point encore expliquée, sont des villes industrieuses et riches qui rivalisent entre elles pour la pêche et le commerce. Lowel, bâtie il y a à peine quarante ans (1812), est aujourd’hui la plus industrieuse cité de la Nouvelle-Angleterre ; elle est situéc sur le Merrimack ; quelques années auparavant, le lieu où elle s’élève n’était qu’un désert, sinon solitaire, du moins habité par quelques sauvages tatoués. On fabrique à Lowel des étoffes communes qui servent à la consommation intéricure. Elle renferme aussi des ver-eries, des moulins à poudre, des blanchisseries, plus de 30 usines et 6,000 métiers. Dès six heures du matin, la cloche appelle les ouvriers au travail ; une nuée de jeunes filles, remarquables par la propreté de leur tenue, se rendent dans les ateliers avec un air de satisfaction qui fait plaisir à voir, En Europe, ces ouvrières ne jouissent pas toujours d’une bonne réputation; ici, ce sont des modèles de sagesse et de bonne conduite. Il en résulte que: pas une ne manque de

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. an. C’est à dater.de 4830 que son industrie a pris ce développement extraordinaire.

Worcester, sur le canal qui mène à Providence, à 43 lieues à l’ouest-sudouest de Boston, est une ville de 8,000 âmes, qui possède un établissement de bienfaisance remarquable par le bon ordre qui y règne et par les résultats philanthropiques que l’on y obtient: c’est l'hôpital des fous (lunalic hosvital), qui contient environ 300 personnes. Cette ville possède une Société d’antiquaires qui a publié d'excellents mémoires.

Les îles, petites, mais très-peuplées, de Martha’s-Vineyard et de Nantuckett, dépendent aussi du Massachusetts. La première a des fabriques de lainage et des salines ; la seconde nourrit un grand nombre de moutons et de bêtes à cornes, et s’enrichit par la pêche de la baleine.

Le Massachusetts renfermeencore Newbury-Port, avec 7,000 habitants; Plymouth, avec un port spacieux. Ce fut le premier établissement que les Anglais eurent sur cette côte; élle fut fondée en 4620 par quelques puritains; Springfield, 21,602 habitants, importante par son arsenal et sa manufacture d'armes; Andover, célèbre par son école théologique, et Taunton, par ses forges et ses manufactures de coton. La petite ville de Lynà a fabriqué, dans une année, un million de paires de souliers de dames, en cuirs indigènes, apprêtés en maroquin; Vew-Bed/fort, qui a près de 15,000 habitants.

Parmi les sectes religieuses du Massachusetts, nous citerons celle des congrégationalistes, qui domine; elle adopte les dogmes de Calvin; mais, d’après son origine ecclésiastique, chaque congrégation de saints forme une société indépendante, gouvernée par ses propres chefs, et non par des synodes, comme chez les presbytériens.

L'Etat de Rhode-Island, ainsi nommé en souvenir de l’île de Rhodes, doit son origine à une petite république fondée en 16314 par un ministre chassé comme hérétique par les congrégationalistes de Massachusetts. La secte des baptistes peupla d’abord Rhode-Island. Cette secte sdapte les dogmes de Calvin, mais son régime ecclésiastique est celui des indépendants. Les produits et les exportations consistent en grains, en bois de charpente, en che‘aux, en bétail, en poissons, en fromages, en ognons, en cidre, en liqueurs spiritueuses, et en toile soit de chanvre, soit de coton. fl y a encore des forges où l’on fabrique divers ustensiles de fer, et notamment des ancres; des fabriques de bougies de blanc de baleine, des raffineries et des

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