‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 2)Chapitre 23 sur 146 · ETATS · texte numérisé non relu

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des semences arrondies en grains du plus beau corail rouge : ainsi, par ses fleurs, par son fruit et par sa grandeur, le maguolia surpasse tous ses rivaux,

A ce tableau de la végétation sauvage se mêle aujourd’hui le charme d'une agriculture déjà très-avancée, L'exemple des Washington et des Jetferson enorgueillit les cultivateurs, qui sont libres, heureux et maitres du pays, car cetle classe comprend incontestablement les trois quarts de la population. Les richesses que lo commerce apporte leur fournissent les moyens de faire toutes les améliorations possibles, et d'élever ainsi l’agriculture à un état de plus en pius florissant. L’exportation des grains et de la fleur de farineaugmente chaque année. Parmi lesproductions des champs, les plus importantes sont les pommes de terre et le maïs, originaires du pays, l’épeautre ou spelt d'Allemagne, le froment, le seigle, l'orge, le blé-sarrasin, l’avoine, les fèves, les poids, le chanvre et le lin. Le riz des Carolines est célèbre, et le tabac, dont la culture s’est ralentiedans les derniers temps, a fait la réputation de la Virginie. La culture des navets et d’autres végétaux communs dans les fermes de l’Europe paraît encore négligée; mais il y a, autour des villes surtout, de belles prairies artificielles où l’on cultive la luzerne, la quinte-feuille, la pimprenelle, le trèfle rouge, le blanc et le jaune. Les vergers sont très soignés, et le cidre qu’ils fournissent est la boisson ordinaire dans les États du nord et du centre. On y récolte aussi beaucoup de houblon, des cerises, des grenades, des oranges, des melons; la vigne et le mürier réussissent presque partout. La Virginie produit notamment des pavies, d'excellents abricots et des pêches, dont on tire une eau-de-vie fameuse. On distingue parmi les pommes de terre une espèce particulière appelée groundnut , et parmi les fruits d’arbre, la pomme de Newtown, qui abonde auprès de New-York.

Ce contraste de la nature sauvage qui disparaît, etde la culture quiétend son domaine, a été admirablement décrit par M. de Chateaubriand : « Là « régnait le mélange le plis touchant de la vie sociale et de la vie de la « nature : au coin d’une cyprière de l’antique désert, on découvrait une culture naissante; les égis roulaient à flots d’or sur le tronc du chêne « abattu, et la gerbe d’un été remplaçait l'arbre de dix siècles ; partout on « voyait les forêts livrées aux flammes, pousser de grosses fumées dans les « airs, et la charrue se promener lentemententre les débris de leurs racines; « des arpenteurs, avec de longues chaînes, allaient mesurant le désert, ct « des arbitres établissaient les premières propriétés; l'oiseau cédait son « nid, le repaire de la bête féroce se changeait en une cabane; on enten-

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Il erre cependant encore de nombreuses tribus d’animaux dans les inépuisables forêts de ce continent.

Le bison ou bœuf d'Amérique, quoiqu'il ait une éminence ou bosse sur le dos, forme une espèce bien distincte des zébus de l'Inde et de l'Afrique, et des aurochs un pet bossus du nord de l’Europe. Les bœufs d'Amérique ont toujours le cou, les épaules et le dessous du corps chargés d’une laine épaisse ; une longue barbe leur pend sous le menton, et leur queue ne va pas jusqu'aux jarrets ; ils différent aussi beaucoup des petits bœufs musqués du nord de ces contrées, qui, par la forme singulière de leurs cornes, se rapprochent des buffles du cap de Bonne-Espérance, et dont M. de Blainville a fait son genre ovibos. Cet animal se plaît dans les montagnes nues, où il vit par troupes de 20 à 30. Quelques voyageurs affirment même quedansles grandes prairies de l’ouest, on le rencontre en troupeaux errants de plus de 4,000 têtes, ayant leurs éclaireurs et leurs sentinelles avancées. L’élan d'Amérique, l’orignal ou le moose-der, répandu depuis les monts Rocheux et lo golfe de Californie jusqu’au golfe Saint-Laurent, est devenu rare dans leterritoiredes États-Unis: on prétend qu'il yen aeu de noirs, ayant 4 mètres de haut, tandis que l’espèce grise surpasse rarement la taille d’un cheval ; les uns et les autres ont des cornes palmées qui pèsent de 45 à 20 kilo grammes. Le cerf d'Amérique est plus grand que celui &’Europe; on en voit de nombreux troupeaux paissant dans les savanes du Missouri et du Mississippi, où se plait aussi l’espèce connue sous le nom de daim de Virginie. I1 y a encore dums les États-Unis deux espèces d'ours noirs, dont l’une, surnommée l’owrs maraudeur, ainsi que le loup, parcourt toutes les provinces. Mais l'animal carnivore qu’on crainé le plus dans les parties septentrionales est le cafamount, ou chat des montagnes (/elis montana); le lynx, l’once, le matgay sont moins redoutables et donnent des fourrures dont aucune cependant n’égale celle du castor. Le chat musqué imite en quelque sorte cet animal singulier, en construisant sa butte dans des ruisseaux peu profonds. On remarque encore parmi les animaux de ces contrées, le renard gris et celui de Virginie, le chat de New-York, le coase, l’urson espèce de porc-épic; le manicou, et six variétés d’écureuils, savoir : l'écu-

reuil strié d'Amérique, celui de la Caroline, le noir qui ravage les planta-

tions, le cendré qui fournit une fourrure estimée, et les deux espèces de la

baie M au dont l’une est un écureuil volant qui se rapproche du pala-

touche. Le lièvre d'Amérique paraît différer de celui de nos contrées : il 1 forme deux espèces, l’une appelée lepus virginianus par le docteur Harlan, à et l’autre lepus hudsonius par Pallas. Il y a de même dans la classe des oiseaux plusieurs espèces qui portent des noms européens, quoique le naturaliste découvre des différences essentielles entre eux et les oiseaux de ko) l’ancien continent ; plusieurs aigles, vautours et chats-huants y occupent le premier rang. L’alligator et le serpent à sonnettes que l’on ne trouve que dans le sud, sont au nombre des reptiles du pays. Le poisson est abondant, surtout dans les rivières des bassins du Mississippi; dans les mers qui bordent les côtes, on pêche la morue, le saumon, le maquereau et d’autres poissons des côtes européennes.

Les montagnes Blanches sont composées de granit, et cette pierre domine encore dans le New-Hampshire et le Maine ; la syénite et le porphyre se remarquent danslenord-ouest du système allhéghanien ; le gneiss, dans les régions supérieures du New-York et du New-Jersey. Les formations secondaires composent la plus grande partie du sol des Etats-Unis ; mais on n’y trouve rien qui paraisse correspondre en date au système oolitique d’Europe. On trouve des formations tertiaires dans le bassin de l’Atlantique, l’Alabama et le sud du bassin du Mississippi. Presque toute la houille bitumineuse des Etats-Unis se trouve sur le versant occidental du système allhéghanien et dans tout le Mississippi, jusqu’à 30 kilomètres à l’ouest de ce fleuve; la plus estimée est celle de Pennsylvanie, de l’ouest de la Virginie et de l’est de Ohio et de l’Illinois. De nombreuses sources salées existent dans les Etats de New-York, virginie, Pennsylvanie et de l’ouest. Le fer est distribué à peu près aux mêmes gisements que la houille; l'or de Pennsylvanie, Ohio, Virginie et Tennessée, contient au moins le quart de ce métal. Le plomb est le second produit ; on le trouve principa-

ement dans le Missouri, le Wisconsin et l'Illinois. L’or se trouve dans la Virginie, les Carolines, la Géorgie et le Tennessée, mais en petite quantité; le cuivre, le zinc, le manganèse sont les principaux des autres minéraux exploités. L’adjonction de la Haute-Californie et du Nouveau-Mexique aux Etats-Unis va leur procurer des riches mines d’or et de mercure, qui, entre les mains du gouvernement de cette république, prendront un développement d’une immense importance 1. Quoique l’Amérique-Unie n’ait offert, dans

1Nous avons emprunté cet aperçu géognostique et minéralogique des Etats-Unis au Dictionnaire géographique et statistique d’Adrien Guibert, 1850. — Get ouvrage consciencieux est, sans contredit, un des plus complets et des mieux ordonnés qui aient été publiés, depuis longtemps, sur cette matière. V.A. M-B,

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l'ouest, aucune trace de l’activité des volcans, on a découvert un immense dépôt de soufre natif dans l’intérieur de l'ÉtatdeNew-York, vers les cascades de Clifton. On rencontre enfin de belles carrières de marbre dansle Vermont.

La population des Etats-Unis est, avons-nous dit, d’après le recense” ment officiel de 4850 , de 23,347,498 habitants; nous devons y ajouter 120 à 150,000 Indiens indépendants, errants encore dans les grands territoires de l'ouest, et divisés en tribus dont quelques-unes s’en vont chaque jour en s’amoindrissant. L'Union-Américaine ne se composait, dans l’origine, que de 43 Eteis; elle comprend aujourd’hui 31 Etats, 4 district e G territoires. Le tableau suivant fera comprendre comment ces Etats, district et territoires se partagent l'immense contrée dont nous venons de donner la description générale physique ; nous observerons toutefois que la répartition de chacun d’eux dans tel ou tel versant n’est pas toujours rigoureusement exacte ; que, par exemple, une partie du Nouveau-Mexique, que nous plaçons au versant du golfe du Mexique, dépend de la région du Grand- Océan; mais nous avons alors suivi la règle qui veut que, dans ce cas, le pays soit attribué au versant dont il dépend en majeure partie et auquel appartiennent ses cours d’eau les plus nombreux et les plus importants. On ne doit jamais espérer faire exactement concorder les divisions physiques avec les divisions politiques.

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