‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 2)Chapitre 29 sur 146 · CG · texte numérisé non relu

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s'élève la Cité-Fédérale qui porte le grand nom de Washington. Le siège du gouvernement central y a été transféré en l’année 4804. Cette ville, construite sur les bords du Potomak et de l'£astern-Branch, s'étend à près de & milles sur chacune de ces rivières : c'est une des plus heureuses situations de toute l'Amérique, tant pour la salubrité de l’air et la beauté du pays que sous le rapport d’une parfaite convenance. Les éminences graduelles y forment une foule de charmantes perspectives et une pente suffisante pour l’écoulement des eaux pluviales. L'enceinte de la ville renferme un grand nombre de sources excellentes. L'£astern-Branch, rivière qui se jette dans le Potomak, fournit un des havres les plus sûrs et les plus commodes de l'Amérique; les plus grands vaisseaux y trouvent assez d’eau jusqu’à 4 milles de son embouchure, et le canal, percé le long du rivage contigu à la ville, offre un havre spacieux avec les plus grandes commodités.

Cette capitale, également éloignée de l'extrémité septentrionale et de l'extrémité méridionale des Etats-Unis, et située au milieu d’un pays abondant en objets de commerce, ne comptait encore en 4810 que 8,000 habitants, ou 43,000 en y comprenant Georgelown, qui en est comme le faubourg; aujourd’hui elle en a plus de 44,000. Elle est la résidence du président et du vice-président de la République, du congrès et des administrations fédérales; elle possède un arsenal maritime et des chantiers de construction navale : elle fut fondée en 4792,

Le plan en fut tracé par un Français le major L'Enfant; il réunit dans un très-haut degré la commodité, la régularité, le charme de la perspective et la libre circulation de l’air. Avant de rien commencer, on avait déterminé la position des divers édifices publics, tels qu’on les construit aujourd’hui, sur le terrain le plus avantageux ; tous dominent ou des perspectives lointaines ou des vues agréables, et leur situation les rend susceptibles de tous les accessoires que pourrait exiger par la suite Putilié ou l’embellissement. Le Capitole s’élève sur une éminence des plus bel’es, d’où l'œil plane sur toutes les parties de la ville et sur la vaste étendue des campagnes circonvoisines; c’est un grand et bel édifice surmonté de irois dômes, et bâti en une pierre de taille à gros grains, dont la teinte, légèrement jaune, n’a rien de désagréable à l’œil. Il renferme deux salles spacieuses destinées pour les séances de la chambre des représentants et du sénat, une autre pour les assemblées de la cour suprême des Etats-Unis, et une troisième pour la bibliothèque nationale; le Capitole marque le point par lequel les géographes anglo-américains font passer leur ligne méridienne. Sur une

plate-forme encore plus élevée se trouve l’hôtel du président, qui jouit d’une perspective d’eau charmante, ei commande la vue du Capitole, ainsi que celle des parties de la ville les plus importantes. Après le Capitole, l'édifice le plus important de Washington est la maison du président. Les quatre grands corps de bâtiments qui l'entourent et qui servent à l'administration des quatre ministères sont commodes, vastes et solidement bâtis, mais n’ont rien de remarquable dans leur architecture.

L’arsenal de la marine est un dès plus beaux établissements dans son genre. Au milieu de sa cour principale, une colonne rostrale a été érigée en l'honneur des marins américains morts dans un combat glorieux devant Alger. Les Anglais, jaloux de toute gloire étrangère, cherchèrent à la détruire : elle porte encore les traces des coups de sabre dont ils l'ont frappée ; les Américains n'en ont effacé aucune, mais ils ont gravé sur la base du monument cette phrase sévère : Mulilé par les Anglais en 1814. A la tête des établissements scientifiques et utéraires de Washington, il faut mettre l’Institut de Colombie, divisé en cinq sections, pour les sciences mathématiques, les sciences physiques, les sciences morales et politiques, la littérature et les beaux-arts; nous citerons aussi les Sociélés de médecine, de botanique, d'agriculture, le Columbian-Collége, fondé en 1821, et surtout le Dépôt topographique, qui renferme une riche collection des cartes et des levées faites par les ingénieurs du gouvernement. Washington possède en outre un grand nombre d’écoles publiques ou privées ; c’est à Washington que s’impriment les journaux organes du gouvernement, la Lépublique, professant les opinions wihgs, et l’Union, le vétéran de la presse américaine, Un amiral anglais, rival d’Erostrate, a surpris et brülé cette ville en 4814; mais les dommages ont élé bientôt réparés.

La vaste enceinte de Washington, tracée pour une ville dix fois plus peuplée ; ses rues tirées au cordeau et larges de 25 à 30 mètres; ses habitations, séparées dans quelques quartiers p:r de grands espaces vides ou par des champs que sillonne la charrue; ses monuments somptueux, qui contrastent avec le silence de ses rues, la feraient prendre plutôt pour une colonie naissante que pour la capitale d’un Etat populeux et florissant. La plupart des maisons sont détachées les unes des autres; enfin, suivant l’expression d’un habitant de Washington même, il semble qu’un géant ait secoué, sur l'emplacement qu’occupe la ville, la boîte de jouets de ses enfants.

Georgetown est fort joliment située sur le penchant d’une colline, enure le Potomak et le Rock-Creek, qui la sépare de Washington. Elle renferme

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une fonderie de canons et un beau collége catholique de jésuites. Son commerce, quoique assez actif, est cependant moins considérable que celui d'Alexandrie, située 7 milles plus bas, sur le bord du Potcmak. La population de cette dernière ville, qui possède une académie et une banque, est de 9,000 à 40,000 âmes. Sesexportations, qui consistent principalement en farines, s’élèvent annuellement à près de 900,000 dollars.

Depuis la baie de Chesapeake jusqu’aux bords de l’Ohio, s’étend le territoire actuel de la Virginie ; le nom de cet Etat est une flatterieen l'honneur de la célèbre reine Elisabeth. Etabli par les Anglais en 4607, il forma sa constitution en 4776, et adhéra à l’Union en 41788; sa population est aujourd’hui de 40,421,081 habitants, sur lesquels il faut compter 473,026 esclaves : il est divisé en 410 comtés.

La Virginie appartient à la fois au bassin de Atlantique et à celui du Mississippi; les montagnes Bleues ou les Alleghanys la partagent en deux portions : celle d'ouest, riche en magnifiques points de vue, ressemble à un vaste parc; ie fameux tabac, le riz, le froment, enrichissent les cultivateurs de l’autre partie. Dans la première, on ne voit guère que des blancs: dans la seconde, les esclaves noirs sont très-nombreux. La religion presbytérienne domine dans les montagnes de l’ouest; la religion anglicane règne dans les plaines orientales. Le long des montagnes Bleues, 1l y a une race d'habitants très-forts et très-grands, parmi lesquels il est rare de trouver un homme qui n’ait pas six pieds de haut. Il paraît qu’en général les individus qui habitent la partie supérieure de la Virginie jouissent &’une excellente santé. La partie maritime, au contraire, est exposée à des fièvres dangereuses. Richmond, la capitale de la Virginie, a 30,280 habitants. Elle est assise sur la rive gauche du James-River et vis-à-vis de Manchester, avec laquelle elle communique par deux ponts; l’Hôtel de l'Etat, bâti sur le modèle de la Maison-Carrée, à Nimes ; l’Z6tel du Gouverneur et l'Arsenal méritent d’être cités. Elle possède une manufacture d’armes et une fonderie de canons; son port est le centre d’un commerce très-actif d’exportations de grains, de farines et de chanvre. Il y a un collége à Wélliamsbouro, ancienne capitale. Norfolk, sur l’Elisabeth-River, port de commerce lun des meilleurs de Union, compte, dit-on, jusqu’à 42,000 âmes; c’est, après Richmont, la ville la plus peuplée et la plus commerçante de la Virginie. Pélersbourg, autre port de commerce voisin, en renferme plus de 10,000. À l’ouest des montagnes Bleues, on trouve Winchester, avc: 5,000 habitants, et Wheeling, sur l'Ohio, qui en a plus de 8,000, et qui acquerra un jour de l’importance par le mouvement commercial, qu’y développe le che-

mi» de fer de Baltimore. Près de la petite ville de Portsmouth, et non loin du canal qui joint la baie de Chesapeake avec le détroit d’Albermale, se trouve sur l’Elisabeth-River le grand arsenal maritime de Gosport. Ce magnifique établissement est le grand dépôt maritime pour les Etats du Sud, comme Charlestown (Massachusetts) l’est pour les Etats du Nord. Nous signalerons encore dans ses environs la rade de Æampton (Hampton-Road), que de récents travaux ont mis sur un pied formidable de défense, et qui est destinée à servir, en cas de guerre, de point de rassemblement aux forces navales des Etats-Unis. Nous devons encore mentionner particulièrement deux résidences célèbres : Mount-Vernon, près de Potomak, à 2 lieues et demie au-dessous d'Alexandrie, ct Monticello, près de Charlottesville; la première fut celle de Washington, la seconde celle de Jefferson, qui tous deux étaient nés dans la Virginie.

Charlottesville, à 100 kilomètres nord-ouest de Richmond, est remarquable par l’université de la Virginie, établie depuis 4821; les bâtiments de cette université sont considérés comme les plus beaux de ce genre qui existent aux Etats-Unis; Lexinglon, par son collége de Washington, et Harpers-Ferry, par sa manufacture d'armes et son vaste arsenal, où l’on conserve 400,000 fusils; enfin Wäite-Sulphur-Springs, Warmsprings, Seretsprings et Bath sont remarquables par leurs bains et leurs eaux minérales, fréquentées par un grand nombre de visiteurs et de touristes.

La Virginie possède des mines d’or importantes. Ce métal se trouve dans une roche de quartzite qui forme des couches au milieu des schistes argileux et talqueux. Il s’y présente souvent en masses dont le poids s’élève jusqu’à une livre. Le sable des ruisseaux qui traversent ce pays est aurifère et renferme souvent d’assez grosses pépites.

Des curiosités ordinaires ne doivent pas nous arrêter dans notre course; nous ne pouvons accorder qu’une simple mention à la cave de Maddison et au passage du Potomak à travers les crevasses des montagnes; mais le Pont-de-Roche (Rock-Bridge) exige une courte description. Une petite rivière, le Cedar-Creek, affluent du James-River, passe au fond d’une vallée qui a de 70 à 90 mètres de profondeur, 44 mètres de diamètre en bas et 30 mètres en haut. Une masse solide de roche calcaire, épaisse de 13 mètres, recouverte de terreau et de rochers détachés, passe d’un bord de la vallée à l’autre, et forme ainsi une immense arche qui, vue d’en bas, inspire un sentiment mélé de frayeur et d’admiration. Le phénomène, trèsnalurel en soi-même, ne diffère des excavations si fréquentes dans les pays calcaires, que par la grandeur des masses et par sa disposition pittoresque ;

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Un établissement français, fondé en 4562 par Jean de Ribault, et appelé par lui la Caroline, en l'honneur de Charles IX, a donné pendant longtemps son nom à toute la partie de l’Union américaine qui forme aujourd'hui les États des deux Carolines et du Tennessée. En 4565 cet établissement fut détruit par les Espagnols et abandonné. En 1663 ce pays fut compris dans la concession faite par Charles IE, roi d'Angleterre, à Walter Raleigh, comte de Clarendon et duc d’A'btermale. En 1680, la première colonie permanente anglaise fut établie à Charleston. La Caroline du nord fut d’abord désignée sous le nom d’Albermale; elle forma sa constitution en 1770, et adhéra à PUnion en 1789. Sa population est de 868,870 habitants ; elle est partagée en 64 comtés.

Partout, en parcourant cet État, on s'aperçoit que l’on approche des régions tropicales : la douceur de la température, la couleur de la population, le nombre des nègres employés aux travaux pénibles ; enfin la culture du riz, du tabac et du coton, en offrent à chaque instant la preuve.

La plus grande partie du pays est une forêt de pins à goudron; c’est la principale branche d’exploitation : on élève aussi des bêtes à cornes et des porcs dont on exporte la viande aux Antilles. Indolents et insouciants au sein d’une contrée fertile, pleins de talents naturels, mais dépourvus d’instruction ; hospitaliers, mais trop adonnés à tous les plaisirs sensuels, les Caro!iniens du nord vivent en partie sans aucune espèce de religion reconnue. Dans les montagnes, les nouveaux colous, Irlandais et Écossais d’origine, conservent au contraire leur rigide presbytérianisme, leur amour pour le travail et leurs mœurs sévères.

Bordée dans sa partie maritime de bancs de sable et de marais, et presque entièrement couverte à l'occident par les ’amifications des monts Alleghanys , elle ne possède qu’un port de commerce appelé Newbern, au confluent de Trent et de la Neuse. La ville est jolie : quoiqu’elle ne renferme que 5 à 6,000 âmes, c’est cependant la plus peuplée de tout l'État. Elle possède un théâtre, une académie et une bibliothèque publique. Son commerce est considérable, et son port possède beaucoup de navires marchands. Raleigh, le chef-lieu, n’a que 4,000 habitants. Le plus bel édifice de cette ville était naguère le palais de l’État, vaste bâtiment dans lequel on admirait une statue de Washington, par Canova, aujourd'hui fort endommagée par un incendie qui a détruit le palais.

Wilminglon, sur le Cape-Fear-River, est une des villes des plus commerçantes, et Fayelteville la plus jolie.

Près de la petite ville de Char:olte, dans la partie méridionale, on exploite des mines d’or importantes et des dépôts d’alluvions aurifères trèsriches, dont les produits, d’abord fort abondants, ont cependant diminué dans ces dernières années ; ils ont nécessité l’établissement à Charlotte d’un hôtel des monnaies, succursale de celui de Philadelphie. Salem, à 160 kilomètres à l’ouest de Raleigh, sur un bras de l’Yarkind, est très-commerçante ; elle possède une école de filles moraves très-estimée.

La Caroline du s:d a été établie par les Anglais en 4689, et d’abord incorporée à la Carolire du nord; cette colonie en fut détachée en 1729. Elle forma sa constitution en 4776, et adhéra à l’Union en 1788. Sa population est de 668,469 habitants ; c'est le seul État de l’Union dans lequel le nombre des esclaves, qui est de 384,925, dépasse celui des hommes libres ; il est partagé en 29 districts.

Dans la Caroline du sud, le haut pays jouit d’un climat tempéré, les côtes éprouvent de très-grandes chaleurs. La végétation commence en février; c’est alors que l’érable à fleurs rouges fleurit ; il est bientôt suivi par le modeste saule et l’humble sureau ; le prunier et le pêcher étalent ensuite leur parure brillante. Les planteurs sont en activité dans les mois de mars et d'avril ; la saison de semer continue jusqu’en juin. Dès lors les chaleurs augmentent ; dans les mois de juillet et d’août, il tombe de fortes pluies, accompagnées d’orages. En septembre, les matinées et les soirées sont froides; mais le soleil est encore ardent au milieu du jour, Le temps est orageux vers l’équinoxe; l’air est d'ordinaire doux et serein en octobre. Vers la fin de ce mois les gelées blanches se montrent, et les fièvres disparaissent avec les chaleurs. Le froid arrive en décembre; la végétation s'arrête; les montagnes 3e couvrent de neige, mais dans les plaines, elle ne prend pas consistance; un rayon de soleil la fait disparaître. L'hiver y est la saison la plus agréable. La plus forte gelée qu’il y ait ne pénètre pas la terre à 5 centimètres, et le froid n’y dure pas trois jours de suite. Des plantes qui ne peuvent supporter l’hiver de la Virginie prospèrent dâns la Caroline du sud. Aux environs de Charleston et sur les îles qui bordent la côte, les orangers passent l'hiver en pleine terre, et sont rarement endommagés par les froiés; mais à 10 milles de distance dans Pintérieur, ils gèleraient tous les ans jusqu’à rase terre, quoique ces contrées aient une latitude plus méridionale que Malte et Tunis. Ce pays connait quelques fléaux. Souvent à trois mois de sécheresse destructive succèdent

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On exploite dans ce pays plusieurs mines d’or, qui produisent annuellement une valeur de 300,000 franes.

La Caroline du sud, pays en général boisé, est partagée en trois genres de culture : dans les parties élevées, on récolte le froment, le tabac et le chanvre; dans l’intérieur, le maïs et le blé; dans la partie méridionale, le coton et le riz. Les moyens de communication y sont encore dans un état imparfait; cependant les routes s’améliorent tous les jours, et l’on a construit un canal qui unit les rivières de la Sanfee et du Cooper. L’agriculture et l'exploitation des forêts sont les deux grandes sources de richesses de cet État.

Les principaux articles de commerce qu’exporte la Caroline du sud sont du riz, de l’indigo, du tabac, des peaux, du coton, du bœuf, du porc, de la poix, du goudron, de la térébenthine, de la cire végétale, des bois de construction, du liége, des cuirs et des plantes médicinales.

Columbia, fondée en 1787, est le siége du gouvernement de cet État, dont elle occupe le centre, dans une plaine élevée, au confluent du Broad et de la Saluda, qui, réunies, portent le nom de Congarée. C’est une petite ville de 6,000 habitants : elle possède une haule école classique et une école presbytérienne de théologie. Charleston est située à la jonction de Ashley et du Cooper, au fond d’une rade qui ajoute à la süreté de son port, et qui contribue à maintenir cette ville, sous le rapport commercial, au cinquième rang des cités de la Confédération. Sa population, qui s’élève à 32,132 âmes, la place parmi les plus peuplées des États méridionanx. La fièvre jaune y a souvent exercé ses ravages; cependant on regarde cette ville comme une des plus saines de toutes celles de la région inférieure des États méridionaux ; aussi est-elle, pendant la mauvaise saison, le rendezvous des riches planteurs du pays des Antilles. Il faut ajouter que la politesse et l’urbanité qui distinguent les habitants de Charleston en rendent le séjour agréable à tous les étrangers.

Charleston est une place forte défendue par une citadelle et plusieurs forts; c’est à la fois un arsenal de l’Union et de i’État de la Caroline ; elle est le siége d’un évêché catholique et d’un évêché anglican; ellerenferme une haute école classique, un séminaire catholique, et d’autres établissements irnortants d'instruction publique. Son port, vaste et sûr, est l’entrepôt du cor. nerce des deux Carolines ; ses canaux, ses chemins de fer, la mettent en communication avec les autres villes de l’Union.

A 18 lieues au sud-ouest de Charleston, Beaufort possède un port spacieux et profond. Cette ville rivalise pour le commerce avec Camden et Georgeluwn.

La Géorgie doit son nom au roi Gevrge Il; établie par les Anglais en 1733, elle forma sa constitution en 1777, et adhéra à l’Union en 1788. Elle possède près de 878,635 habitants et est divisée en 76 comtés. Cet État, pour le sol et le climat, ressemble à la Caroline du sud. Vers les monts Alleghanys, qui le bordent au nord, s'élèvent de vastes forêts qui fournissent une grande quantité de bois de charpente ; les bords des rivières sont couverts de champs de riz ; le blé et l’indigo sont cultivés sur les terres élevées. Le coton, renommé pour sa qualité, est une des plus importantes productions du pays.

Les mines d’or de la Géorgie, situ‘es dans le Cheroki, district qui, dans le sud-ouest, était habité par les Cherokées, produisent annuellement un revenu de près d’un million de francs. On a découvert dans ces dernières années du marbre statuaire blanc, au milieu des montagnes du nord de la Géorgie. C'est la seule localité des États-Unis où cette substance minérale ait été trouvée en masses exploitables.

Les villes de cet État sont peu populeuses. Milledgeville, le chef-lieu, située vers le centre, sur la rive droite de l’Oconée, n’a que 3,000 habitants. Il est vrai qu’elle n’a été fondée qu’en 4807. A l’embouchure de la Savannah, dont le cours sépare la Géorgie de la Caroline du sud, s’élève sous le même nom de Savannah la principale des cités géorgiennes. Elle renferme 20,000 âmes; la beauté et la situation avantageuse de son port, l’activité de son commerce, lui assurent une longue prospérité. Augusta, sur la Savannah, est une ville de 8,000 âmes. C’est l’entrepôt de l’immense quantité de coton que l’on recueille dans la Géorgie, et que l’on embarque eusuite à Charleston et à Savannah, Afhens ou Athènes est remarquable par son bel établissement d'instruction appelé Université de Géorgie.

Depuis que l’État de Géorgie a acquis des Cherokées le district qu’ils occupaient et qui est riche en dépôts d’alluvion aurifères, il s’y est élevé en peu de temps des villes nouvelles dans un vaste espace qui était encore en 4832 couvert de forêts touffues et solitaires. Auroria, la première de ces villes, fut commencée au mois de septembre 1832, et l’année suivante elle avait déjà plus de 460 maisons et de 4,000 habitants; aujour\’hui ces nombres sont plus que triplés. Vew-Mexicu, la seconde ville, a été fondée sur une plus grande échelle en 1833 : elle est aujourd’hui plus neuplée que la précédente.

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La Floride, qui ne formait qu’un district, et qui, au commencement de 1840, s’est constituée en É/at et a adopté une constitution, offre le même climat que la Géorgie, mais une plus grande quantité de lacs, de marais, de plaines sablonneuses et de savanes dépourvues d’arbres. Sa population est de 87,387 habitants ; elle est partagée en 20 comtés.

Son territoire est inséparable de celui des États-Unis, sous le rapport

historique comme saus le rapport physique. En effet, les premiers navigateurs étendirent à toute la contrée au midi des monts Alleghanys le nom de Floridas ou Püques-Fleuries, donné d’abord au cap sud-est et à la péni 1sule, que les indigènes appelaient Teges{a. Ce promontoire fut découvert en 1512 par Ponce de Léon, navigateur espagnol, allant à la recherche d’une miraculeuse fontaine de Jouvence, dont l'existence se fondait sur une tradition conservée parmi les Ceraïbes des Antilles. Vers le milieu du seizième siècle, quelques protestants français s’étant fixés dans ce pays négligé par les autres puissances, qui alors ne cherchaicnt que des mines d’or, Philippe IL, roi d’Espagne, jaloux de la possession exclusive de toute l'Amérique, y envoya une flotte chargée de détruire ce nouvel établissesement. Par une barbarie digne de ce temps, les colons qui avaient échappé au massacre furent pendus à des arbres portant l’écriteau : Non pas comme Français, mais comme hérétiques. Dominique de Gourgue. , marin gascon, indigné du meurtre de ses compatriotes, vendit ses terres, construisit quelques vaisseaux, s’associa une élite d’aventuriers chevaleresques , cingla vers la Floride, surprit, battit, écrasa les coupables, fit sauter leur fort, et pendit à son tour les prisonniers, avec l’écriteau : Won pas comme Espagnols, mais comme assassins. Après avoir ainsi vengé l’affront national, il s’en retourna en Europe ; et, réclamé par l'Espagne, il fut heureux d’être oublié.

En 1565, les Espagnoïs fondèrent la ville et le fort Saint-Augustin ; en 158%, les Anglais prirent possession de la côte septentrionale au nom de la reine d’Angieterre ; en 4696, les Français bâtirent Pensacola. Ces trois nations se firent souvent dans la Floride une guerre aussi injuste que bar. bare. Enfin les Français ne purent s’y maintenir, et les Espagnols, attaqués :réquemment par les Anglais, leur cédèrent, en 1763, la Floride en échange de lile de Cuba, dont l'Angleterre venait de s'emparer. Cependant les Espagnols, profitant de la guerre de l’indépendance des Anglo-Américains, s’emparèrent de la Floride, et cette conquête leur fut assurée par le traité de paix de 4783. Mais en 4803 la France ayant cédé la Louisiane aux États-Unis telle qu’elle était sous la domination espagnele, les Améri-

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