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cains prétendirent à la possession du territoire situé à l’ouest du Perdido, et qui faisait partie de ce qu’on appelle la Floride occidentale. Cette prétention amena une guerre entre l'Espagne et les États-Unis, qui se termina par le traité de 4819, ratifié en 4824 par les États-unis, en vertu duque! ja Floride fut cédée pour toujours à cette puissance par l'Espagne.
Borné au nord par l'État de Géorgie, à l’ouest par celui d’Alabama et le golfe du Mexique, à l'est par le nouveau canal de Bahama et l'océan Atlantique, l’État de la Floride a 435 lieues de longueur du nord-ouest au sud-est, 40 dans la moyenne largeur, et une superficie de 7,460 lieues géographiques carrées.
La Floride se divise naturellement en deux parties : la Floride orientale, qui comprend une péninsule baignée à lest par l’océan Atlantique et à l’ouest par le golfe du Mexique, et la Floride occidentale, qui borde au nord une partie de ce golfe.
La Floride orientale se compose de plaines sablonneuses, de savanes dépourvues d'arbres, de grands marais et de hois qui s'étendent le long des côtes, et de bois épais et toujours verts appelés hammocks. Des collines calcaires, qui paraissent apparteuir au ferrain supercrétacé, s'élèvent sur cette péninsule, qui se termine au sud par des dépôts d’alluvion, Le long des rivières les terres sont très-fertiles.
Parmi les lacs de cette partie de la Floride on distingue celui de Mayaco, qui a environ 45 lieues de longueur, et celui de Saint-George, qui a 6 lieues de long sur 2 de large. Le premier donne naissance à la rivière de Saint- Jean (S. John), qui va se jeter dans l'Océan près de la ville Saint-Augustin ; le second est formé par la même rivière. On voit aussi un grand nombre de petits entonnoirs ou enfoncements coniques, qui contiennent de l’eau douce.
Dans la Floride occidentale, les roches calcaires paraissent dominer et appartenir au terrain jurassique. Les plaines sont continues; les côtes sont en partie couvertes de marais ci de savanes. Du reste, comme l’a dit M. de Castelnau, la Floride semble être entièrement minée par les eaux souterraines, et dans les canaux qu’elles suivent sous le sol se retirent quelquefois des alligators qui abondent dans ce pays. Plusieurs rivières se précipitent sous terre pour apparaître c'e nouveau à quelque distance, et former ainsi des sortes de ponts naturels. Des lacs d’une étendue souvent considérable couvrent çà et là le sol, et presque toujours on peut y remarquer un courant plus ou moins distinct.
La Floride n’est qu’une continuation du pays plat de la Géorgie et de la
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Caroline du sud. Au lieu d’une chaîne de montagnes, faussement indiquée daus les cartes, on ne trouve au partage des eaux que des collines, des rochers isolés et de vastes marais. Le climat passe pour humide et malsain, du moins à la côte, quoique l’air y doive être habituellement agité et renouvelé par le contre-coup des vents alizés joint au mouvement que le courant du golfe y communique.
L'hiver est si doux que les végétaux les plus délicats des Antilles, les orongers, les bananiers, les goyaviers y éprouvent rarement la moindre atteinte de la saison. Les brouillards y sont inconnus. Aux équinoxes, et surtoui en automne, les pluies tombent abondamment ehaque jour depuis onze heures du matin jusqu’à quatre heures après midi, pendant quelques semaines de suite. Il doit y avoir des endroits bien salubres, s'il est vrai que beaucoup d’'Espagnols s’y rendaient tous les ans de la Havane pour raison de santé.
Les productions des latitudes septentrionale et méridionale y fleurissent les unes à côté des autres, et l’on verra rarement ailleurs un mélange plus agréable d’arbres, de plantes et d’arbustes, Les pins rouges et blancs, les sapins, les chênes toujours verts, le châtaignier, l’acajou, le noyer, le cerisier, l’érable, fe bois de Campêche, le bois de braziletto, le sassafras couvrent ici un sol très-varié, tantôt riche en terreau, et tantôt composé de sable et de gravier, le plus souvent marécageux. On voit des forêts entières de müriers blancs et rouges, plus beaux que dans aucune autre partie de j'Amérique. Tous les arbres fruitiers de l'Europe y ont été naturalisés. L’orange y est plus grande, plus aromatique et plus succulente qu’en Portugal.
Les bords du Cozu, autrement Mobile, rivière considérable, forment l’une des plus belles et des plus fertiles parties de la province. Les prunes y viennent naturellement, et d’une qualité supérieure à celles qu’on recueille dans les vergers de l'Espagne. La vigne sauvage serpente à terre ou grimpe au haut des arbres.
Le myrica cerifera vient dans tous les terrains, cet en si grande quantité que toute l’Angleterre en pourrait être fournie de cire, s’il y avait assez de mains pour cueillir les baies. L’extraction de cette denrée est fort simple. Après avoir écrasé les baies, on les fait bouillir dans l’eau, et on enlève avec urc écumoire ia cire, qui est d’une belle couleur verte ; elle peut être blanclie comme ia cire d’abeilles, et sa consistance rend les bougies qu’on en a faitcs crès-appropriées aux climats chauds. L’indigo et la cochenille entraient, sous l’administration anglaise, äans les exportations, qui, en 1777, s’élevèrent à la valeur de 1,000,000 de francs.
Les collines rocheuses qui paraissent former le noyau de la Floride orientale ont présenté des indices de fer, de cuivre, de plomb et de mercure. Les animaux domestiques de l'Europe ne trouvent pas ici les pâturages convenables. L'ours, descendu des monts Alleghanys, supporte très-bien les chaleurs du climat, et y devient même très-gras. De nombreux essaims d'oiseaux des contrées septentrionales viennent y passer l'hiver, Dans les forêts de la Floride, une grande araignée jaune, dont le ventre est plus gros qu’un œuf de pigeon, suspend ses toiles, semblables à de la soie jaune, et assez fortes pour arrêter de petits oiseaux dont cet insecte se nourrit, Il y a aussi une grande variété d’innocents lézards en partie très-beaux, et dont quelques-uns changent de couleur comme les caméléons.
Dans la partie occidentale que les Espagnols nommaient comté de Feliciana, Pensacola, au fond d’une baie du golfe du Mexique, est une petite ville peu fortifiée, qui possède un port spacieux, bien abrité contre tous les vents; l'entrée en est commandée par un fort constsuit en briques. C’est le meilleur port du golfe du Mexique; c’est aussi l’un des points militaires les plus importants pour les États-Unis. Le gouvernement y a tait faire des travaux considérables de fortification et un arsenal pour la marine. Un beau phare de 26 mètres de hauteur et à feux mobiles indique aujourd’hui l’entric du port ; cette ville renferme 6,000 habitants. Le sol, aride et sablonseux dans cette partie du pays, produit beaucoup de pins propres à la maire.
La côte occidentale de la péninsule, plus riante et plus fertile, présente successivement l'établissement de Saint-Marc d'Apalache, petit port sur la baie de ce nom, la baie du Saint-Esprit, le golfe de Ponce de Léon, et le promontoire méridional nommé cap Agi ou pointe Tancha, devant lequel s'étend au sud-ouest une chaîne d’ilots couverts de hauts palmiers, de récifs de corail et de bancs de sable très-sujets à changer de position. et au milieu desquels le navigateur n’ose chercher les chenaux qui abrégeraient sa route.
Bâti, il y a plusieurs siècles, par les Espagnols, le château de Saint- Marc, aujourd’hui en ruines, est admirablement situé au confluent de la rivière du même nom et de celle du Wakulla, qui, ainsi réunies, vont porter leurs eaux dans le golfe du Mexique.
Le Wakulla, dont le cours n’a que 6 à 7 lieues, est célèbre dans le pays par la beauté de sa source et par le site pittoresque qui environne celle-ci. D’épaisses forêts couvrent les sinuosités de ses deux rives ; des chênes, des cèdres, du catalpa, s’y pressent les uns contre les autres, étroitement entre -
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lacés par des lianes et des vignes sauvages; d'énormes magnolias et de gigantesques chênes de vie (guereus virens) s’y font remarquer par l'éclat de leur feuillage, tandis que, semblables à de sveltes colonnes, les chamærops et les palmistes se courbent avec grâce sous le poids de leurs pesantes feuilles digitées. Au milieu d’un vaste bassin ovalaire formé par des montagnes calcaires,’et ombragé par la plus riche végétation, on voit sortir la source du Wakulla. Elle a environ 100 mètres de largeur et 25 à 30 de profondeur. A peu de distance de sa source, cette rivière a deux ou trois fois la largeur de la Seine à Paris.
Les récifs continuent à border cap des Florides marque la première u pays. Plus au nord, la Nouvelle-Smyrne ne conserve que son pour attester le séjour momentané des Grecs venus de l’île de Minorque pour cultiver ici la vigne. Quelques restes de cette colonie vivent parmi les 5,000 habitants de la petite ville fortifiée de Saint-Augustin, ancienne capitale de toute la Floride, munie d’un port d’un accès difficile. Les environs de cette ville contiennent. quelques plantations. De larges bancs d’huitres, ou plutôt d’avicules, qui souvent renferment des perles, s'étendent le long de la côte. On y trouve aussi de l’ambre gris, et, surtout après les vents de mer, une sorte de bitume que l’on emploie au carénage des vaisseaux , en le mêlant avec du saindoux. Sa grande consistance, qui l'empêche de fondre facilement au soleil, le rend même préférable au goudron dans les climats chauds.
Le territoire de la Floride a pour capitale Zallahassée, nouvellement bâtie, entre l’Ausilly et l'Ocklokonne, et dont la population n'est que de 3,500 individus.
Telle est la Floride, faible digue opposée au courant rapide et continuet des émigrations américaines. Elle n’y pourra résister à la longue ; elle se verra bientôt inondée par ces infatigables défricheurs, que les Anglo-Américains appellent les first settlers. Cette espèce d'hommes ne saurait se fixer sur le sol qu’elle a défriché : l'amour, amitié, les affections sociales, les paisibles jouissances, tout cède chez eux à une passion ardente pour un mieux imaginaire qui constamment se présente à leurs yeux. Le désert les attire comme avec une force magique. Sous le prétexte de trouver des terres meilleures, un climat plus sain, une chasse plus abondante, cette racc pousse toujours en avant, se porte constamment vers les points les plus éloignés de toute population américaine, et s’établit jusqu’au milieu des peuplades sauvages qu’elle brave, persécute, opprime et extermine ou chasse devant elle. Souvent ces hommes entreprennent des voyages de plus
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