‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 2)Chapitre 33 sur 146 · mais seu · texte numérisé non relu

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Le climat est sain, à l’exception de quelques terres basses le long des rivières. Les cours d’eau étant rapides, leurs bords sont plus salubres que dans d’autres parties de la région de l’ouest. La température est plus élevée que celle que l’on trouve à la même latitude dans les Etats de l’est.

Dans les bas-fonds et dans les prairies, le terrain est généralement bon, et consiste en un sol profond et noir; dans les prairies, il est mêlé avec de la marne sablonneuse et quelquefois avec de l'argile rouge et du gravier. Il est très-favorable aux grains, aux légumes et aux fruits.

L'industrie de cet Etat est encore peu développée; cependant on y compte déjà plusieurs manufactures, des usines, ainsi que des moulins à farine et des tanneries.

Le commerce se réduit à l’exportation des produits, qui sont transportés en majeure partie par le Mississippi. Les marchandises étrangères arrivent par le chemin de fer de Chicago à Galena et de là à Dubuque. Le plomb est envoyé par celte route aux Etats sur l’océan Atiantique, aussi bien qu’en descendant le Mississippi.

Cet Etat est trop nouveau pour posséder encore des canaux et des chemins de fer; mais les améliorations intérieures de l'Illinois et des Etats plus à l’est fournissent à l’Iowa des communications aisées avec les pays sur l'Atlantique.

C’est plus spécialement dans le sud-ouest qu’ont été formés les établissements; là se sont fixés les émigrants des autres Etats et un grand nombre d'étrangers. Les Sioux, les Sacs, les Renards et autres Indiens sont aujourd’hui peu nombreux ; ils occupent le nord-est de l’Iowa. Ils tirent leur subsistance principalement de la chasse et de la pêche, et apportent une grande quantité de fourrures au marché. La chair de bison est leur nourriture favorite, et celle du chien leur paraît d’une grande délicatesse. C’est dans cet Etat, sur la rivière des Moines, que résidait le célèbre Black-Hawk, chef des Sacs et des Renards, mort en 1838, après avoir fait une guerre acharnée aux Américains et répandu la terreur parmi les colons. Il y a une université à Mount-Pleasent, petite ville de 5,000 âmes, et on a fondé plu-

sieurs académies et de nombreuses écoles primaires; Burlington, sur le Mississippi, fait un grand commerce de fourrures, de grains et de bois, qui <lescendent jusqu’à la Nouvelle-Orléans; Zowa, qui n’a guère plus de 9,000 habitants, sur les bords de l’Iowa, est la capitale de l'Etat; peut-être cependant cédera-t-elle, dans un avenir prochain, cet avanlage à la petite ville de Monroé, située au nord-est dans une position plus avantageuse, au centre de l'Etat; Dubuque est le centre de la région minière; Fort-Madison, près de la frontière sud-ouest de l’Etat, sur la rive droite du Mississippi, est la ville la plus peuplée de cet Etat : on lui accorde 7,000 habitants; Bloomington, Davenport et Salem sont des places qui acquièrent chaque jour plus d'importance.

La nation des Illinois donne son nom à un État situé entre celui d’Indiana et le cours du Mississippi. L'État d’Ilinois fut d'abord colonisé par des Français qui s’établirent dans la vallée de Kaskaskia ; en 1809, il fut érigé en territoire organisé, et, en 1818, il fut admis comme État dans l'Union. Sa population est de 858,298 habitants; il est partagé en 66 comtés. Le pays est peu montagneux ; la température y est douce; le sol y est fertile. On y récolte en grande quantité du maïs et du blé, du chanvre et du lin, du tabac excellent, du houblon et de l’indigo ; la vigne sauvage y donne même un vin potable. Les bords de la Wabash, quoique malsains sur une longueur d'environ 30 lieues, offrent de belles prairies et de magnifiques forêts. La superficie du territoire de cet État est évaluée à 6,700 licues ; on estime que les prairies situées vers le centre et le nord en occupent à peu près le quart.

L'État d'Illinois ne renferme encore que des villes peu importantes. Vandalia, sur la Kaskaia, est une jolie petite ville qui compte environ ‘2,500 habitants. On y trouve cependant une société savante qui prend le titre de Æislorical society of Illinois. Shawaneelown est importante par les salines qu’on y exploite, et qui produisent annuellement plus de 300,000 boisseaux de sel. Elles donnent le nom de Saline à une petite rivière qui se jette dans l'Ohio. Springfield, avec 3,000 habitants, est aujourd’hui la capitale de l’État ; cette ville est à 4,050 kilomètres à l’ouest de Washington. Chicago, à l'extrémité du lac Michigan, est la ville la plus importante de l'État par son commerce et sa population, qui est de 28,269 âmes. Galéna doit sa prospérité aux mines de plomb de son voisinage. Nauvo, sur la rive gauche du Mississippi, fondée par les mormons, possède un temple magnifique élevé par ces nouveaux sectaires ; on y comptait naguère 10,000 habitants, avant qu’ils eussent été forcés d'émigrer en

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Les Shawanées, les Illinois et les Pofaouatamies ou Potlowatomies, tribus indigènes de l’Indiana et de l'Illinois, ne peuvent se déterminer à une vie sédentaire et agricole ; mais ils sont aujourd’hui très-peu nombreux.

Borné à l’est par l’État d’Ohio, au nord par celui de Michigan, à l’ouest par l'Illinois, et au sud par le Kentucky, l’État d’Indiana, fondé en 4816, compte 988,734 habitants ; il est partagé en 64 comtés. Au nord, son sol est entrecoupé d’un grand nombre de petits lacs ; au sud, depuis les chutes de l’Ohio jusqu’à la Wabash, il est traversé par une chaîne de collines appelées les Knobs, hautes de 400 à 150 mètres au-dessus de leur base; au centre s’étend une grande plaine appelée Flat-woods ou Bois plats. Sur les bords des rivières, excepté de l'Ohio, s'étendent des dépôts de terres d’alluvion très-fertiles, qui se terminent par des prairies élevées de 10 à 30 mètres, couvertes de tuillis et de jolis arbustes que bordent de vastes forêts. :

La douceur du climat égale, si elle ne surpasse pas, celle de l'État d'Ohio. Au-dessous du 40e parallèle, l'hiver est tempéré et plus court que dans les autres États : la belle saison dure ordinairement jusque vers le 25 décembre, et le printemps commence vers le 45 février ; mais au delà de la limite cidessus, dans le bassin de la Wabash, les vents du nord et du nord-ouest dominent et rendent l’hiver plus rigoureux. La plus grande partie du so!

est favorable à la culture du blé, du seigle, du maïs, de l’avoine, de la pomme de terre, du chanvre, du tabac, du melon et même du cotonnier.

Indianopolis, chef-lieu de cet État, est située sur la branche occidentale de la rivière Blanche (Whife-River). En 1802, elle ne renfermait que 40 maisons ; sa population est aujourd’hui de plus de 3,500 habitants. Elle paraît destinée à devenir la ville la plus importante entre Cincinnati et le Mississippi.

Vincennes, à l'embouchure de la Wabash dans l'Ohio, offre l’aspect d’une petite ville florissante : elle est bien bâtie ; elle possède une académie, un évêché catholique, et renferme 2,500 habitants ; en 4820, elle n’en avait que le quart. New-Albany, avec environ 4,500 habitants, est la ville la plus peuplée de tout l'État ; elle compte plusieurs usines, et l’on y construit beaucoup de bateaux à vapeur. Les autres villes que nous devons citer sont : Madison, sur l'Ohio, avec 2,500 âmes; Richmond, qui en a

2,000 ; Bloomington, où se trouve l’Indiana- Collége, le principal établissement littéraire de l’État ; et Fort-Waine, importante par sa position.

Tous les établissements primitifs de ce pays sont dus à des Français du Canada, dont les descendants se distinguent encore par leur gaieté et leur insouciance. Des Suisses du pays de Vaud ont fondé sur les bords de l'Ohio, à 7 milles de l'embouchure, une colonie appelée Nouvelle-Suisse, et une ville appelée Vevay, qui renferme 5 à 600 habitants. Ces industrieux colons ont planté des vignes qui déjà leur ont fourni deux espèces de vins, que dans leur patriotique emphase les Anglo-Américains ont comparés, l’un au bordeaux, l’autre au madère. Les Français avaient infructueusement essayé de changer en vir le jus des raisins indigènes qui croissent en abondance.

Au sud de l’État d'Ohio et du gouvernement d’Indiana, nous visiterons le riant Kentucky, État démembré de la Virginie. En 1792, il a reçu son nom de la principale rivière qui se jette dans l'Ohio. Sa population est de 4,001,496 habitants; il est partagé en 83 comtés. Le sol calcaire absorbe, pendant l’été, les eaux courantes dans des fentes et des cavités souterraines. Les Barrens, ou plaines dépourvues d’arbres qui se trouvent au sud-ouest de la rivière du Kentucky, sont remplis de trous en forme d’entonnoir, qui probablement doivent leur origine à des éboulements fréquents provoqués par des cavités souterraines. :

Dans sa partie septentrionale, les terrains qui bordent l’Ohio sur une à largeur d’une demi-lieue sont exposés à des inondations périodiques ; mais vers le nord-est le pays est entrecoupé de vallées étroites et couvert de montagnes, dont le sol ferrugineux est de la plus étonnante fertilité. Vers les frontières de la Virginie, les montagnes sont plus escarpées, les vallées plus profondes, et tellement étroites, lellement boisées, que la lumière peut à peine y pénétrer. Vers le sud, entre les rivières de Green et de Cumberland, le sol, peu fécond, n’est cultivé que dans quelques parties ; toutefois il s’y trouve de bons pâturages où l’on nourrit de nombreux troupeaux. Le Kentucky occidental est plat, humide, mais fertile. La douce température qui règne généralement dans cet État, la richesse de son sol, et la variété de ses sites agréables lui ont valu le surnom de paradis terrestre.

Le climat de cet État est singulièrement salubre et agréable, mais les froids commencent de bonne heure, et le cotonnier ne réussit pas. Il gèle souvent de 5 à 6 degrés pendant plusieurs jours de suite. La qualité bonne ou mau-

vaise du sol se distingue d’après :’espèce des arbres qu'il produit. Les terres 4 les plus fertiles sont celles où les forêts sont composées de cerisiers de Vir- :

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ginie, de noyers blancs, de frênes blancs, noirs et bleus ; de celfis à feuilles velues, de gutlandina dioïca, nommé cañer ; de gleditsia triacanthus et d’annona triloba : les trois dernières espèces indiquent surtout les meilleures terres. Dans les parties fraiches et montueuses, on voit s’élever des troncs énormes de platanes, de tulipiers, de magnolia, ainsi que de quercus macrocarpa, dont les glands sont de la grosseur d’un œuf de poule. Les habitants du Kentucky appartiennent presque tous à des sectes religieuses très-exaltées ; beaucoup d’entre eux choisissent les forêts pour théâtre de leurs exercices de dévotion. Un géographe américain vante leur urbanité et leur hospitalité ; un voyageur anglais affirme que, dans leurs combats journaliers, ils s’arrachent sans pitié les yeux et les oreilles. L'un et l’autre peut être vrai à l’égard de classes différentes.

Frankfort, sur la rive droite du Kentucky, à 96 kilomètres de son embouchure dans l'Ohio, est la capitale de l’État. Cette petite ville de 2,500 âmes est bâtie sur un plan régulier, et renferme plusieurs édifices élégamment construits, dont le principul est le palais de l'État. Lexington, ville à laquelle on accorde plus de 45,000 habitants, fait un commerce considérable, possède un théâtre, plusieurs établissements littéraires, entretient six imprimeries, et publie trois journaux. C’est dans son enceinte que se trouve l’une des universités les plus fréquentées des États-Unis occidentaux : elle est connue sous le nom d'université de Transylvanie. Une autre ville qui rivalise avec celle-ci sous le rapport de l’industrie, mais qui la surpasse en population, est Louisville, au bord de l'Ohio; elle est la plus considérable et la plus importante de l’État; sa population est de 42,000 âmes. Elle est le centre d’une industrie très-active, fabrique de nombreuses machines, et reçoit annuellement 1,200 batcaux à vapeur ; ses transactions commerciales montent à la somme énorme de 150,000 francs. La plus impoi tante cité après celles-ci est Haysville, avec 10,000 habitants. Il existe dans le Kentucky une jolie ville qui porte le nom de Versailles, et une autre celui de Paris. Près de Bowling-green, on va visiter la grotte du Mammoulh, qui paraît avoir 3 à 4 lieues d’étendue. Plus d’un cinquième des habitants se compose d’esclaves.

A l’ouest de la Caroline du nord s’étend l'État de Tennessée, qui doit son nom à la principale rivière qui l’arrose. Il a été formé, en 1705, par des émigrants de la Caroline du nord et de la Virginie ; il fut admis dans l’Union en 1796. Sa popuiation est de 1,023,118 habitants ; il est partagé en 62 comtés. La nature le partage en deux. Le Tennessée d’ouest est situé sur la rivière de Cumberland, et en porte le nom dans le langage ordinaire, Ve 25

‘Les monts Cumberland le traversent et étendent au loin leurs ramifica-

tions. Le Tennessée d’est est arrosé par les rivières d’Holston et de Clinches, qui, par leur réunion, forment celle de Tennessée ; co district porte généralement le nom d’Holston. Le Holston est un pays élevé, sain, riche en pâturages. Le chef-lieu actuel de l'État est Nashville; sa population, qui s’est accrue assez rapidement depuis quelques années, dépasse aujourd'hui 417,656 âmes. Elle est sur la rive gauche du Cumberland, au milieu d’une contrée agréable et fertile parsemée de belles propriétés ; on y remarque plusieurs manufactures de toiles de coton et de tissus de laine, ainsi que des distilleries et une université ; mais cette partie de l’État n’est pas à l'abri des fièvres épidémiques. Knozville, jolie ville de 10,000 habitants, a le second rang par son importante université, nommée le East- Tennessée- Collège. Murfreesborough, l'ancienne capitale, n’a qu’un peu plus de 6,000 habitants. Greenville est remarquable par ses usines, où l’on travaille le fer de ses environs. #aryville possède une école de théologie.

Brainerd est le siége d’une mission importante dont le but est de convertir et de civiliser les Chérokées. Fayelteville, Franklin, Carthage, Savanah et Columbia prennent chaque jour plus d'importance. Dresden a été fondée par une colonie d’Allemands.

Au nord du territoire d’Arkansas, s’étend l’État du Missouri. Il fut fondé par les Français en 1763, cédé aux États-Unis en 1803, et admis dans l'Union en 4820; sa population est de 684,132 habitants, et il est divisé en 33 comtés. Cet État est traversé dans sa largeur de l’est à l’ouest par ce fleuve, qui lui donne son nom, et borné à l’est par le Mississippi. Les bords du Missouri sont très-fertiles, mais, au sud de cette rivière, dans la région traversée par les monts Ozarks, la stérilité du sol est compensée par la richesse minérale. La petite ville de Jefferson, au bord du Missouri, près de son confluent avec l’Osage, et à 4,000 kilomètres de Washington en est, depuis 4822, la capitale. Sa population ne dépasse pas 1,000 habitants.

Saint-Louis, qui fut fondée en 1764 par quelques Français au bord du Mississippi, doit son accroissement rapide et sa prospérité à sa position sur l’un des plus grands fleuves du monde, et à sa faible distance de deux de ses principaux affluents, l'Illinois et le Missouri. Elle est à 420 kilomètres de Washington.

En 1816, elle ne renfermait que 2,000 habitants ; aujourd’hui elle en a 82,744. La partie la plus considérable est américaine, et composée de maisons à plusieurs étages en briques et en granit, dont on trouve des blocs énormes en creusant les fondations dans le sol d’alluvion sur lequel elle est

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Quelques autres villes méritent d’être citées. Franklin, à 256 kilomètres de Saint-Louis, fondée depuis 1816, est considérée comme la seconde ville de PÉtat par sa position avantageuse sur la rive gauche du Missouri, dans une plaine fertile. Le commerce y est assez actifs il s’y fait un service régulier de bateaux à vapeur. Elle n’a encore que 8,000 habitants; mais elle est construite sur un plan régulier, et ses maisons, la plupart en briques, sont élégamment construites. Saint-Charles est unie petite ville intéressante par le collége ecclésiastique que l’on remarque dans ses environs, et dont la fondation est due aux jésuites. Sainte-Geneviève, qui domine une vue aussi étendue que pittoresque sur la rive droite du Mississippi, et où l’on prépare les produits des abondantes mines de plomb qui en sont voisines, possède un collège qui occupe un bel édifice, et une banque qui est la succursale de celle du Missouri. Dans la commune de Sainte Marie, on trouve un séminaire dirigé par des prêtres de la congrégation de Saint-Vincent-de-Paul. New-Madrid, ou Nouveau-Madrid, situé sur an terrain élevé que les inondations du Mississippi atteignent rarement, et où les arbres forestiers prennent une croissance extraordinaire,

est fréquemment menacé par deux genres de fléaux également redoutables : l'un est causé par les affaissements que déterminent les excavations du sol d’alluvion que cette ville occupe ; l’autre est la fréquence des tremblements de terre. £n 1811 et 1812, elle fut entièrement bouleversée ; aussi sa population, composée d’Italiens, d’Espagnols et de Français, est-elle très-faible; on ne la porte pas à plus de 4,000 individus. Nous citerons encore Springfield et Ozark, dans le canton des monts Ozarks; Bolivar, et enfin le poste militaire de Léavenworth, au confluent de la Little-Plate et du Missouri. L'État de Missouri, avant d'appartenir à l’Union américaine, faisait partie de la Louisiane. Les Français, qui, dans cette contrée comme dans celle de la Nouvelle-Orléans, comptaient pour une moitié dans la population, vivaient dans une heureuse indolence; la chasse et leurs troupeaux fournissaient abondamment à leurs simples besoins ; chacun cultivait nonchalamment les terres dont il s'était emparé, et dont souvent il ne savait marquer les limites précises. Lors de sa réunion à la confédération américaine, les colons français se virent en présence d'hommes entreprenants, avides, accoulumés aux chicanes judiciaires, qui leur demandaient compte de leurs titres de possession. [ls apprirent à connaître l’utile gêne d’un régime légal, les besoinset les jouissances du luxe; ils se trouvèrent en même temps dépouillés de leur droit illimité de propriété, et entraînés à une plus grande dépense: de là des plaintes amères, qu’envenime encore la différence de langage et de criyance religieuse. Mais ces plaintes cesseront; le nom et la langue française s’éteindront icicommedanstantd’autresparties de l'Amérique. L'ancien territoire d’Arkansas courst doit son nom à une peuplade indigène située sur la rive droite de l’Arkansas, le principal affluent du Mississippi, et à laquelle les États-Unis, en 4818, achetérent ce pays, d'environ 7,800 licues carrées. [Il avait autrefois reçu quelques colons français de la Louisiane ; il fut admis dans l’Union en 1836 ; sa population est aujourd’hui de 209,640 habitants ; il est partagé en 23 comtés. Ce territoire est traversé du sud-ouest au nord-est par les monts Ozarks ; ses parties de l'ouest et du nord-est sont encore stériles et désertes; celles du sud-est sont parcourues par les Arkansas et les Osages, et cultivées çà et là par des colons anglo-américains; celles de l’ouest, où ces derniers sont les plus

nombreux, sont traversées par des routes commodes qui conduisent dans

les États limitrophes, du nord, de l’occident et du midi. On distingue dans ce territoire deux districts, celui d’Ozark, qui porte le nom de la chaîne de montagnes qui le traverse, et celui des Osages, ainsi appelé du nom de la plus nombreuse des nations indigènes qui le parcourent.

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On a découvert dans l’Arkansas, sur la frontière septentrionale de la Louisiane, 70 sources thermales : la plus chaude est à la température de 82 degrés du thermomètre centigrade ; il n’y en a aucune au-dessous de 65 degrés.

Les principales villes ne mériteraient, dans un autre pays, que le titre de villages : telles sont Lif{le-Rock ou Arkopolis, chef-lieu de tout le territoire, et renfermant à peine 4,200 habitants, hien qu’on y compte plusieurs maisons de commerce ; Arkansas ou Post, fondé par les Français, l’un des plus anciens établissements européens, à l’ouest du Mississippi, qui en a près d'un millier; Gibson, qui est le principal poste militaire de la contrée, et Napoléon, centre d’une petite colonie fondée en 4819 par des émigrés français, sur les bords de Big-Black, rivière de 60 lieues de cours, qui va se jeter dans le Mississippi. Nous devons citer encore un autre lieu appelé Warmspring, simple bourgade, qui, lorsque le pays sera plus peuplé, acquerra de l'importance par les sources chaudes qu’elle possède, ct qui sont salutaires dans les maladies chroniques et les paralysies. Depuis long-temps elle est remarquable en ce que les naturels de différentes nations qui s’y rendent y vivent en bonne intelligence, quelles que soient les ini-

mitiés qui, nors de là, les divisent : aussi lui ont-ils donné, depuis une époque très-reculée, le nom de Terre de la Pair.

A l’ouest des deux derniers États que nous venons de visiter, entre la rivière de Kanzas, au nord, et la rivière Rouge, au sud, s'étend une immense contrée que l’on nomme le Territoire-Indien. Le gouvernement de l'Union y a en effet relégué les restes des tribus indiennes encore à l'état sauvage, que la civilisation sans cesse envahissante a chassées des terres de leurs ancêtres.

L’extrémité sud-ouest de ce territoire est traversée par la chaîne Ozark, ct depuis ce point, dans la direction de l’ouest, le pays offre une série de plaines légèrement ondulées, s'élevant graduellement à mesure qu’elles se rapprochent des montagnes Rocheuses, où elles atteignent une hauteur de 4,000 à 4,200 mètres. La partie orientale du Territoire-Indien se compose de prairies fertiles traversées par des rivières bordées de forêts. Les rivières qui arrosent ce territoire sont : le Kanzas, large cours d’eau divisé en trois branches ou fourches, et traversant l’État du Missouri jusqu’au Mississippi ; l’Arkansas, sortant des montagnes Rocheuses, non Join de la source du Rto-Grande del Norte et du Rio-Colorado, et formant, pendant plusieurs centaines de kilomètres, la frontière entre le Nouveau- Mexique et le Territoire-Indien. Cette rivière est peu navigable, ses eaux

étant en général basses, et disparaissant même en quelques endroits pendant lo saison sèche; mais es bateaux à vapeur la remontent néanmoins depuis le Mississippi jusqu au fort Gibson, situé à quelque distance de la frontière de l'État d’Arkansas, Elle reçoit, au nord, plusieurs petits cours d’eau, et, au sud, la rivière Canadienne, son principal tributaire, dont la longueur est de 4,609 kilomètres. Enfin, la rivière Rouge, qui naît dans le Nouveau-Mexique, et vient séparer, au sud, ce territoire de l'État du Texas.

On trouve dans ce territoire des troupeaux de bisons et de chevaux sauvages, des élans, des daims, avec un grand nombre de petits quadrupèdes, ainsi que des cogs de bruyère et des oiseaux aquatiques. Les Indiens prennent beaucoup de chevaux sauvages et les dressent pour la chasse. Cet animal, si docile à l’état domestique, est, à l’état sauvage, l’un des plus craintifs et des plus vigilants des êtres de la création. On le prend avec le lasso, et quelquefois par un procédé qui consiste à lui loger une balle de fusil dans une certaine partie du cou, ce qui occasionne une paralysie temporaire. Les chevaux de l’ouest, et spécialement ceux des prairies, sont sujets à une espèce de panique, nommée dans le pays s{ampede. Sous cette influence, les chevaux de toute une tribu ou d’un parti de voyageurs, saisis tout à coup d’un effroi frénétique, rompent tous leurs liens, se lancent au grand galop, et ne s’arrêtent que lorsqu’ils tombent, succombant souvent à la fatigue ou à la terreur. Le bétail est quelquefois affecté de la même panique, dont la cause n’est pas bien connue.

Ce territoire peut être divisé en deux portions, sous le rapport du sol ct du climat: la partie occidentale se compose d’un désert, entrecoupé de quelques plaines qui offrent de bons pâturages aux bisons et aux chevaux sauvages ; la parlie orientale est un beau pays traversé par de riches vallées dune grande fertilité, et entrecoupé de forêts remplies de daims et de menu gibier : c’est une espèce de paradis pour le chasseur indien. La partie méridionale jouit d’un climat si tempéré que les animaux domestiques trouvent à s’y nourrir pendant l’hiver, sans que leurs maitres aient besoin d'en prendre le moindre soin. Une petite portion est occupée par des montagnes ctpar des collines de peu d’élévation ; le reste est propre à la culture, et produit toutes les espèces de grains et de végétaux qui viennent dans les terri-

toires situés plus à l’est sous la même latitude. Le pays convient admirable-

ment à l’élève des bestiaux.

Les habitants de ce territoire sont des Indiens qui, pour la plupari, y ont été internés de différentes parties des États-Unis. Les Chickassaws et les Choctaws ou Chactas, tribus alliées du nord du Mississippi et de PAlabama,

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en furent éloignées, il y a peu d’années, et transportées dans la partie sud-est du Territoire-Andien, où elles ne forment plus muintenant qu'un seul corps de nation. Ils sont assez civilisés, possèdent des maisons construites en charpente, des champs bien enclos, cultivent le maïs et le coton, ont des moulins à moudre et des scieries mus par les cours d’eau, ainsi que de nome breux troupeaux de chevaux, de bétail, de moutons et de cochons. Ils possèdent une constitution écrite et un gouvernement régulier. Les.États-Unis leur payent une annuité, et des missionnaires sont établis parmi eux. Les Creeks, amenés de la Géorgie, résident plus loin, au nord, dans un district fertile, où ils ont quelques villes, des jardins en plein produit, des vergers, et des champs bien cultivés, qui produisent du maïs ct des légumes, dont ils approvisionnent la garnison du fort Gibson. [ls jouissent aussi d’un gouvernement régulier, et, de mème que les premiers, sont visités par des missionnaires. Les Seminoles de la Floride étaient originairement de la nation des Creeks, et comme ils parlent la même langue, on les a établis avec eux. Quoique ennemis du travail, ils ont fait quelques progrès. Les Chérokées de la Géorgie, beaucoup plus avancés en civilisation qu'aucune autre tribu, sont au nord-est des Creeks. Ils ont un beau pays, de bonnes maisons, de belles fermes, de nombreux troupeaux, des manufactures de laine et de coton, des usines de fer et de sel; ils ont créé un alphabet pour écrire leur langue, ont composé des livres, établi une imprimerie, et imprimé un journal, le Phænix Chérokée, et possèdent un gouvernement régulier, ainsi que des lois fixes, avec des cours, des shériffs, et tout ce qui peut assurer leur exécution. Plus loin, au nord, sont les Osages, et Shawnees, les Kansas, les Delawares, les Kickapoos et les Oloes ; à l’ouest, se trouvent les Sioux et les Arrapahoes. Quelques-uns de ces derniers sont arrivés ici de leur demeure originaire dans l’est; d’autres sont indigènes. Pour la plus grande partie, ils conservent leurs sauvages coutumes, légèrement modifiées par suite de leurs relations avec les blancs. Ils sont supertitieux, et n’ontencore embrassé aucunereligion. Leurs cimetières consistent souvent en espaces marqués par des cercles decrânes. Les corps sont placés sur des plates-formes élevées, où on les laisse se décomposer. Leur principale occupation est la chasse. Quelques-uns résident pendant l’été dans des demeures fixes ; mais à la chute des feuilles et pendant l’hiver, ils rôdent çà et là, avec leurs tentes, à la poursuite du gibier. Toute la population de ce territoire, qui a été compris dans l’acquisition de la Louisiane, est évaluée de 70 à 400,000 individus; nous observerons qu’il n’a pas encore de gouvernement territorial.

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A l’ouest du territoire indien s'étend une vaste contrée que les États- Unis ont acquise du Mexique en 4848, c’est le Territoire du Nouveau- Mexique, qui a été définitivement organisé en 1850. Ce nouveau territoire est séparé de la confédération mexicaine par le Rio-Gila ; il a pour limite au nord l’Utah et lo territoire de Missouri ou Nebraska ; le Texas le borne en partie à l'est et au sud-est, tandis qu’il confine vers l’ouest à l’État de Californie. Il est traversé par la chaine de montagnes d’Anahuac et par celle de la Sierra- Verde, dépendantes toutes deux de la grande chaine des Cordillères. Au sud de San/a-Fé, les montagnes Rocheuses s'élèvent à près de 3,000 mètres, tandis qu’elles atteignent au nord une élévation de plus de #,000.

La principale rivière du Nouveau-Mexique est le Rio-Grande-del-Norte, nomuné indifféremment Rio-Grande ou Bravo-del-Norle ; il prend sa source hors du territoire, dans la Sierra- Verde, coule vers le sud, et entre dans le golfe du Mexique, après avoir formé, dans la partie inférieure de son cours, la limite entre la Confédération mexicaine et les États-Unis. La longueur totale de ce fleuve, en y comprenant ses détours, est de 3,200 kilomètres. Sa peute est grande, et la partie supérieure de son cours rapide. Les nombreuses roches qui entravent le Rio-del-Norte le rendent peu propre à la navigation ; cependant, à l’aide de quelques améliorations, des bateaux à vapeur pourraient le remonter, l’espace de 1,120 kilomètres, jusqu’à la ville de Loredo. Le Puerco, venant des montagnes Rocheuses, est un des grands tributaires du Rio-Grande.

A environ 400 kilomètres au sud-est de Santa-Fé, on trouve sur un plateau élevé, à l’est du Rio-Grande, plusieurs lacs salés qui fournissent du sel au pays. Pendant la saison sèche, de grandes caravanes viennent à Santa-Fé pour s’y approvisionner.

Les bisons, les chevaux sauvages et les daims errent sur les plateaux à l'est des montagnes Rocheuses, et le daim, l’ours commun, l’ours gris, la panthère et le loup vivent dans les régions montagneuses.

Ce pays est riche eu or, cuivre, fer, charbon de terre, gypse, sélénite ct sel; mais aucune de ses mines n’est exploitée en grand.

Les hivers, dans la partie septentrionale, sont longs et rudes, quoique le Rio-del-Norte ne gèle jamais suffisamment pour le passage des chevaux. Le cia est généralement clair ei atmosphère sèche, excepté pendant la saison pluvieuse de juillet à octobre, Le :ays est généralement très-sain.

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Norte, large d'environ 32 kilomètres au-dessous de Sanfa-Fé, limitée à l'est et à l’ouest pu: des chaînes de montagnes, ot domt le sol sablonneux et sec a besoin d'irrigations, Ce territoire offre aussi quelques plateaux élevés. A l’est des montagnes, de hautes prairies et des plaines, et une portion du grand désert américain, servent de refuge aux bisons et aux chevaux sauvages, et sont explorés par une tribu farouche d'Indiens appelés Comanches.

L'agriculture est traitée encore dans ce pays d’une manière primitive ; les travaux se font, la plupart du temps, avec la bêche et une charrue grossière entièrement en 017, L'irrigation, rendue nécessaire par la sécheresse du sol et du climat, s'effectue au moyen d’écluses, de fossés et de rigoles, qui amcncet l’eau dans les terrains cultivés. Les habitants des villes et des villages se réunissent à cet effet, et distribuent à chaque propriétaire la portion d’eau qui lui revient. Les champs n’ont pas de clôtures. Les riches propriétaires emploiént dans leurs vastes domaines, appelés Haciendas, un grand nombre de personnes, tenues dans une sorte d'état de servitude appelée peonage. C’est là que l’on élève de grands troupeaux de chevaux, de mules, de gros bétail, de moutons, et de chèvres d'espèces pelites, mais prolifiques, fréquemment volés par des Indiens. D'immenses espaces de terre restent inoccupés, parce qu’ils sont trop arides ou trop montagneux pour la culture, quoique excellents pour l'élève des troupeaux. Le maïs est le principal grain ; le froment et les légumes sont produits en grandes quantités ; la vigne aussi se cultive en quelques endroits.

Les Indiens forment les sept-huitièmes de la population du Territoire du Nouveau-Mexique, que l’on peut évaluer à 61,632 âmes; le reste se compose de quelques créoles ou métis, d’un petit nombre d'Espagnols natifs, et d’un plus grand d’Américains. Les Indiens appelés Pueblos ou Indiens de village, pour les distinguer des tribus sauvages ou Zndiens Bravos, se divisent en différentes bandes, ayant un langage commun, et s’élevant en totalité à près de 20,000. Ils conservent quelques anciennes superstitionsmexicaines, mêlées avee la religion catholique, qui leur a été apprise par les missionnaires espagnols. Ils vivent dans des villages isolés, et cultivent le sol ; sont pauvres, d’une grande frugalité, et ont l’aspect misérable et réfléchi qui distingue leur race. Leurs villages sont bâtis avec régularité, et ne se composent quelquefois que d’une seule grande maison à plusieurs étages, où l’on parvient avec des échelles, qu'on enlève à la nuit, les portes étant placées dans la partie supérieure de l'édifice. Lewrsarmes sont l'arc, la flèche, a lance, et quelquefois le fusil. Les plus eivilisés ressemblent aux Mexi-

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cains, et adoptent les modes américaines. Le bas peuple porte des couvertures sur les épaules, avec des culottes blanches, ornées de boutons bril- Jants, et fendues de la hanche en bas, qui laissent voir les caleçons en coton blanc en dessous. Les femmes se parent du reboso, petit châle coquettement placé sur la tête. Les deux sexes aiment la cigarette, la sieste après le diner, le jeu de monte et le fandango. Au nord-est, les Comanches s’étendent jusque dans le Texas : c’est une race sauvage, rapace, ayant des chevaux légers, et faisant de fréquentes incursions dans les contrées voisines pour y piller.

Sanla-Fé, ville capitale du Nouveau-Mexique, à environ 20 kilomètres à l’est du ?io-del-Norte, a une ; ulation d’environ 7,000 habitants, en y comprenant ce... des villages adjacents. Elle a été citée longtemps comme l'étape des caravanes commerçantes, qui ont la coutume de partir du Mis-

souri, et de traverser le grand désert américain qui s’étend au pied du ; versant oriental de la Cordillère, Ces caravanes consistent quelquefois en :

deux ou trois cents personnes montées sur des chevaux et des mules ; on a proposé d’employer des chameaux, qui peuvent vivre longtemps sans eau , qui est rare dans le désert. Albuquerque, Valverde et Pasu-del-Norte sont les autres villes principales, dont aucune n’a de l'importance ; la dernière est située dans une contrée renommée par ses vignobles.

Près des lacs salés, déjà décrits, existent les ruines d’une ancienne ville espagnole, construite probablement sur emplacement d’une ville indienne encore plus ancienne ; son histoire est enveloppée de mystère.

Entre le Tennessée, la Georgie et l’État de Mississippi, demeure la nation indienne des Chéroquées ou Cherokées, jadis fameuse dans ia guerre, mais que les soins bienfaisants du gouvernement fédéral ont réussi à civiliser. Elle possède des moulins à blé, à scie et à poudre ; elle fabrique du salpêtre; on rencontre des auberges sur les grandes routes; les femmes ont toutes des métiers à filer et à tisser. La tribu compte aujourd’hui 20,000 Indiens. Les Chicasaws, qui demeurent plus à l’ouest vers le Mississippi, se vantent de n’avoir jamais répandu le sang d’un Anglo-Américain ; mais leurs progrès dans la civilisation paraissent moins rapides.

Tout ce pays forme, depuis 4819, un Ælaf qui porte le nom d’Alabama, qu’il tire d’une des principales rivières qui l’arrosent, Fondé en 1713 par les Français, l’Alabama se donna une constitution en 1819, et fut admis dans l'Union en 1820. Sa population paraît être aujourd’hui de 771,659 habitants, sur lesquels on compte la moitié d'esclaves ; il est partagé en 52 comtés. Dans sa partie méridionale, le terrain est bas, uni et maréca-

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geux le long des rivières ; sous le 34° parallèle, il devient ondulé, et s'élève presque insensiblement jusqu’au 33e : là, il commence à ére montueux, ct s'élève progressivement jusqu’à la chaîne semi-circulaire appartenant aux monts Alleghanys, qui traverse de l’est à l’ouest sa partie septentrionale, et dont l'élévation est d'environ 4,000 mètres, On y trouve du fer et de la houille en abondance; on a même découvert en 1839, dans le comté de Randolph de l’État d’Alabama, une mine d'or assez importante.

Cahawba, peuplée de 5 à 6,000 âmes, était encore la capitale de cet État en 4831. Mobile, qui s’élève à l'embouchure de la rivière de ce nom, au fond d’une baie sur le golfe du Mexique, est la ville la plus importante de l’Alabama ; elle cnmpte 20,026 habitants. C’est une ville bien bâtie, qui possède un {héâtre et une banque. Son port, l’un des principaux ports de l'univers pour l'exportation du coton, ne peut recevoir que des navires qui ne tirent pas plus de 3 mètres d’eau ; il est défendu par le fort Charlotte. Tuskaloosa ou Tuscalousa, petite ville de 2,500 habitants, sur la rivière de ce nom, ne mériterait pas de nous arrêter, si elle n’avait pas été, jusqu’en 4847, la capitale de l'État d’Alabama ; elle possède une université. Montgomery, sur l'Alabama, cst aujourd’hui le siége du gouvernement de l'État. Huntsville, Florence et Saint-Stephens sont importantes par leur commerce. Mount-Vernon et Fort-Morgan sont les deux postes militaires de cet État.

Nous entrons dans le gouvernement de Mississippi, qui a été érigé en Etat en 1817, car il comptait déjà, en 1810, une population de plus de 40,000 individus , dont les trois quarts étaient acquis pendant les dix dernières années; ainsi la population (en 4816 ) surpassait déjà le nombre de 60,000 fixé pour l'émancipation des républiques naissantes. En 4820 il avait 75,000 habitants, et aujourd’hui il en compte plus de 592,853; il cest partagé en 56 comtés.

Il s’étend depuis la rive gauche du Mississippi jusque près de l’Alabama, Au nord il est borné par l'Etat du Tennessée. Borné sur une faible étendue par le golfe du Mexique , ses côtes sont sablonneuses et marécageuses; son intérieur, couvert de forêts et de pâturages, nourrit un si grand nombre de bêtes à cornes, qu’il n’est pas rare d'en voir des troupeaux de 500 à 1,000 têtes appartenant à un seul propriétaire.

Natchez, qui du haut de ces rivages salubres domine le vaste cours du Mississippi, sans être jamais atteint de ses eaux, paraît encore être la ville principale de ette province; elle n’a cependant que 6,000 habitants. Son sol est à 100 mètres au-dessus de la rive gauche du fleuve. Elle tire son

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nom d’une peuplade que les Français furent 1orcés de détruire vers l’année 1730. L’instruction y est tellement répandue que, malgré sa faible population, elle possède un collège et une bibliothèque publique. En 1826, elle publiait trois journaux politiques et une gazette littéraires c’est un des principaux marchés à coton des Etats-Unis , et dont les denrées sont exportées par la Nouvelle-Orléans.

Jackson, sur le Pearle, qui n’a que 2,000 habitants, est la capitale de cet Etat. £lle est à 1,520 kilomètres au sud-ouest de Washington. Les autres villes importantes sont Monficello , Columbia et Washington. Cette dernière estremarquable par le Jefferson Collége, le premier établissement littéraire de l'Etat.

C'était sur la rivière de Tombeckbée que demeurait la tribu des Chactas ou Téles-Plates, devenue si célèbre par la touchante fiction d’Atala et les peintures brillantes de Chateaubriand , avant que le gouvernement américain ne les transportât, ainsi que nous l'avons dit, plus à l’ouest, dans le Territoire Indien.

Nous voici enfin arrivés à l’un des Etats les plus importants de l’Union Anglo-americaine. La Louisiane , dont le nom s’appliquait autrefois à l’immense contrée qui va des Montagnes Rocheuses au Mississippi; et qui, aujourd’hui restreinte à de moindres limites, est bornée au nord par l’Ar- Kansas, à l’est par le Mississippi, à l’ouest par la rivière Sabine qui les sépare du Texas, et au sud par le golfe du Mexique; sa superficie est d’environ 6,000 lieues carrées , et sa population est de 500,763 habitants. Elle est divisée en deux districts, le district oriental qui comprend 23 comtés et le district occidental qui en comprend 44. On peut encore dire que la Louisiane se compose des parties suivantes : 4° le Delta du Mississippi ; 2 les parties de la terre-ferme occidentale situées entre la rivière des Adayes, nommée Sabina ou Mexicana , à l’ouest , le golfe du Mexique au sud , le Mississippi à l’est, et le 33e degré de latitude au nord; 3e la partie de la Floride occidentale appelée Feliciana.

Nous ne nous arréterons pas longtemps dans la partie cultivéo de la Louisiane , déjà tant de fois décrite par les auteurs français.

Le territoire de cet Etat est plat, accidenté seulement dans le nordouest; il est entièrement compris dans le bassin du golfe du Mexique. Ses côtes sont basses, sujettes aux inondations, et découpées en un grand nombre de baies, dont les principales sont ; le golfe dit le lac Borgne, et les rades de la Chandeleur et de Barataria. Tous ces ports naturels, exceoté la rade de la Chandeleur, où la flotte anglaise stationna longtemps

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pendant la guerre de la Louisiane, sont dangereux à cause de leur peu de profondeur. Le sol est arrosé par des cours d’eau nombreux, tels que la rivière Rouge, la Washile et la Teche affluents de droite du Mississippi ; sa Pearl, l'Alchafalama , dérivation du Mississippi et la Sabine. Près de la côte sont plusieurs lacs qui communiquent avec la mer , et parmi lesquels nous citerons les lacs Pontchartrain , Calcasu, Sabine, Maurepas et Vermillon. Vers le sud le sol est formé d’alluvions successives; dans l’ouest on trouve d'immenses prairies, et au nord-est de magnifiques forêts. Le fer et la houille sont les seuls minéraux qu’on y exploite. Le climat est chaud, mais il esi tempéré par les vents de la mer. La température moyenne est de 40 degrés de l’échelle centigrade ; les ouragans et les orages sont fréquents, mais le plus redoutable fléau de ces contrées est la fièvre jaune qui y est endémique.

Tel est l'aspect général de cette contrée qui fut découverte et signalée en 1541 par Fernand de Soto , et où des Français partis du Canada s’établirent les premiers en 4682, en donnant au pays le aom de Louisiane, en l'honneur de Louis XIV. Après avoir été mal administrée, la colonie française qui avait fondé la Nouvelle-Orléans fut cédée à l'Espagne en 1764 ; en 1801 , elle fut rétrocédée à la France qui, en 14803, céda la Louisiane aux Etats-Unis moyennant une somme de 80 millions de francs , sur lesquels 20 millions furent restitués à l’Union à titre d’indemnité de captures indüment faites. En 4804, le congrès divisa la Louisiane en deux territoires, dont celui du sud reçut le nom de Nouvelle-Orléans, et celui du nord conserva celui de Louisiane. Enfin en 1812, ces deux territoires furent réunis, et admis au rang d'Etat sous le nom de Louisiane.

Le Mississippi, l'artère fluviatile la plus importante de cet État et de Union américaine, n'est pas moins remarquable par sa rapidité que par sa largeur et sa profondeur. La vitesse du courant est d’une lieue à l'heure ; sa largeur est à la Nouvelle-Orléans, à l’époque des basses eaux, de 682 mètres, et pendant les grosses eaux, de 779 mètres; sa profondeur est de 50 mètres ; ailleurs elle varie entre 45 et 20. Le fleuve commence à croître dans le mois de janvier, et continue à grossir jusqu’au mois de mai ; il reste dans cet état pendant tout juin et une grande partie de juillet, puis il commence à diminuer jusqu’en septembre et octobre, époque où il est au niveau le plus bas; quelquefois cependant le fleuve commence à croître dès le mois de décembre.

Le Delta du Mississippi, composé d’un terreau léger, limoneux ou sablonneux, sans pierres ni roches quelconques, est, en beaucoup d’endroits,

d’un niveau inférieur à celui de la rivière, dont une faible digue le sépare :

circonstance qui semblerait le menacer, à chaque crue des eaux, d’une

destruction inévitable ;. mais ayant en même temps une pente continuelle,

quoique insensible, vers la mer, les eaux du fleuve, après avoir franchi

leurs barrières, trouvent de toutes parts un écoulement facile. Les nom-

breux canaux que le fleuve se creuse à travers un terrain couvert de mille

arbustes varient d’année en année, et forment un labyrinthe d’eau et de bos-

quets qu’aucune carte ne saurait retracer. Mais au milieu de ces bayouxs

le bras d’Tberville à l’est, le grand bras de la Nouvelle-Orléans au milieu,

avec l’'embranchement de Barataria au sud, enfin le bras réuni d’Atchafa-

laya et de la Fourche à l’est paraissent aujourd’hui avoir acquis une exis-

tence invariable. Dans toutes les embouchures, le lit du fleuve a beau-

coup moins de profondeur que dans la partie supérieure de son cours. à On croit que le Mississippi doit à cette circonstance d’être exempt de À toute influence des marées. Les lacs de Pontchartrain, de Borgne, de ; Barataria et beaucoup d’autres, dont l’eau est à moitié douce et à moitié salée, sont renfermés dans ce Delta, où vers l’an 4820 une compagnie de flibustiers, sous les ordres d’un M. Lafite, s’était établie dans une telle position que, toujours poursuivie et toujours introuvable, elle fondait | quand elle voulait sur sa proie, et échappait à toutes les recherches de ses 4 ennemis.

Dans les parties où les différentes passes du fleuve touchent à la mer, on remarque une espèce de barre sujette à de constantes fluctuations, qui font, disent les voyageurs, le désespoir des pilotes. Près de la passe du sud-est, à 460 kilomètres au sud de la Nouvelle-Orléans, il y a un village peuplé de pilotes et appelé La Balize, du mot espagnol valisa, qui signifie phare. C’est le plus triste lieu qu'on puisse imaginer. Ce village, qui donne son nom à un fort destiné à protéger l'embouchure du fleuve, est pour ainsi dire sous-marin : il est au-dessous des eaux du fleuve et de la mer ; du point central s’élève une sorte d’observatoire, d’où la vue s’étend au loin, d'un côté sur un marais sans fin, de l’autre sur plusieurs passes et un grand nombre de bayoux, sortes de canaux naturels qui serpentent au à milieu des marécages. L’œil se repose à peine sur quelques parties de terre: s les plus proches sont à 45 ou 20 lieues. Il y a en tout une vingtaine de maisons dont six seulement sont habitées : on communique de l’une à l’autre au moyen de planches ou de troncs d'arbres jetés sur la vase et sur l’eau ; il est impossible de faire 20 ou 30 pas sans enfoncer jusqu’au cou dans des L'ous vaseux ou dans des sables mouvants.

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Le Delta du Mississippi, destiné par la nature à être une immense région, a reçu la culture du sucre, à laquelle le climat inconstant et le froid des hivers, souvent assez sensible, paraissaient s’opposer. La canne à sucre brave ici, comme dans le Mazenderan, en Perse, les intempéries et les frimas ; mais ici, comme sur les bords de la mer Caspienne, le suc de canne, moins élaboré que sous le ciel des Antilles, contient moins de parties cristallines. Le coton, l’indigo, la vigne, le chanvre et I: lin réussissent sur les terres plus élevées et moins humides des districts d’Afacapas et d’Opelousas. Les environs de Nalchiloches nroduisent d’excellent tabac. Les forèts se composent des mêmes arbres que dans la Floride et le Kentucky. Les pépinières s‘étendent depuis la mer jusqu’au delà de la rivière Ouachitta. L’ours, le jaguar, le chat-tigre, se font moins redouter que les serpents, les moustiques et les insectes venimeux ou incommodes de toutes espèces. La race commune des chevaux n’est pas belle. D'immenses troupeaux de bœufs errent, en partie sans maîtres, dans les prairies d’Atacapas et d’Opclousas. Beaucoup d'habitants ne doivent leur aisance qu’à ce genre de propriété, qui paraît d’un revenu plus sûr qu’aucun autre.

La Nouvelle Orléans, destinée à devenir un jour l’Alexandrie de cette autre Égypte, le Canopus de cet autre Nil, voit s’accroitre rapidement le nombre de ses habitants, l'étendue de son commerce, la splendeur et lélégauce de ses nouvelles habitations. C’est aujourd’ui une ville de 145,000 habitants. Le principal entrepôt du commerce du bassin du Mississippi, le second port des États-Unis après New-York, le premier comme port d’exportation des produits de l’Union, enfin le plus grand marché du monde entier pour l’exportation des cotons.

On trouve dans cette ville des rues étroites et de vieilles maisons ornées de corniches et de balcons qui indiquent leur origine française et espagnole. Son sol est au-dessous du niveau du fleuve, mais il s’accroit journeliement de toutes les terres enlevées par le Mississippi du côté qui fait face à la ville. Depuis qu’on s’est occupé de dessécher les marais qui l’environnent, lafièvre jaune ne fait plus à la Nouvelle-Orléans les ravages qui en rendaient le séjour si pernicieux, Cependant ce terrible fléau apparaît encore à peu près tous les ans entre juillet et septembre. La position avantageuse de cette ville doit assurer sa prospérité future. Ses édifices publics sont assez bien bâtis, ses établissements d'instruction et d’utilité publique sont bien tenus. Elle possède deux théâtres et plusieurs imprimeries. On y publie plusieurs journaux, en français, en anglais et en espagnol. Son commerce intérieur emploie 4,400 grands bateaux plats appelés arches et 440 bateaux à vapeur;

4,000 vaisseaux sortent annuellement de son port pour l'Amérique méridionale et l'Europe.

En 1840, la valeur des importations du port était de 65 millions de francs, celle des exportations de 460 millions, et le tonnage de tous les bâtiments qui en dépeudaient était de 410,000 tonneaux. Cette ville, qui est le siége d’un évêché catholique, renferme plusieurs monuments remarquables, parmi lesquels nous citerons le palais de l’État, celui du Gouvernement, la cathédrale catholique, le palais de justice, la douane, l'hôpital, et la monnaie, succursale de l'établissement de Washington. Cette ville commuuique, par trois chemins de fer et un canal, avec ses environs. Fondée en en 4707, prise par les Espagnols; en 1796 elle passa sous la domination de la France, qui la céda avec la Louisiane aux États-Unis en 4803; les Anglais essayèrent en vain de s’en emparer en 1814 ; ils furent repoussés par le général Jackson. La position de cette ville et ses redoutables fortifications la rendent aujourd’hui la plus forte place des États-Unis. C’est le quartier-général du cinquième département militaire de l’Union, qui comprend dans son ressort les États situés dans le golfe du Mexique.

Baton-Rouge, à 130 kilomètres au nord-ouest de la Nouvelle-Orléans, sur la rive gauche du Mississippi, est une petite ville de 3 à 4,000 habitants ; elle doit à la salubrité de sa position d’avoir été choisie dans ces derniers temps pour capitale de l’État de la Louisiane; elle possède un arsenal important et un collége. Elle doit surtout son importance à sa position, qui commande le Delta du Mississippi.

Donaldsonville, sur la rive droite du Mississippi, à la naissance du Bayou-la-Fourche, renferme 8,000 habitants, et doit sa prospérité à son commerce. Natchilochez, sur la rivière Rouge, fait aussi un commerce assez actif; elle n’a cependant que 2 ou 3,000 âmes. Les autres villes de cet État sont Jackson, qui possède le collége de la Lousiane, Plaquemines, Franklin, Alexandria, Shreveport et le poste militaire de Fort-Pike.

Treversons la rivière Sabine, et nous nous trouverons dans le Texas ; c'est l’un des Etats les plus vastes de la Confédération Anglo-américaine ; on évalue sa superficie à 36,000 lieues géographiques carrées ; il dépendait autrefois du Mexique, et a été annexé aux Etats-Unis en 4845; il a été tort peu exploré jusqu’à présent ; on n’en connaît guère que la partie méridionale. Sa partie nord-ouest est formée de montagnes appartenant à la chaine des montagnes Rocheuses, et portant ici le nom de montagnes de Guadalupe. Les flancs de ces montagnes sont couverts de forêts, e: la plupart sont susceptibles de culture au moyen de l'irrigation,

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Dans lesdistricts montagneux de la partic occidentale du Texas existeun grand nombre de vallées formées par des alluvions successives: elles sonten généra) d’une très-grande fertilité le long des rivières. Toutes celles qui arrosent cet Etat viennent des hautes terres du nord et de l'ouest, et la plupart se jettent dans le golfe du Mexique. Nous citerons: la Neches, navigable, pour de petits bateaux à vapeur , l’espace d’une centaine de kilomètres, la Trinidad qui l’est pendant 500 kilomètres, et le Brazos de Dios, pendant 300, le Rio Colorado, obstrué par des amas de bois flottants, à 4 lieues environ de son embouchure, et qui, lorsque cet obstacle se déplace, est navigable pour des bateaux à vapeur jusqu’à Austin, pendant 320 kilomètres, le San-Anlonio , le Nueces et la Sabine sont aussi navigables, les deux premières seulement à de courtes distances, et la troisième qui sépare le Texas de la Louisiane, pendant environ 500 kilomètres; enfin le Rio del Norte, qui forme la limite sud-ouest de l'Etat.

Quoique le Texas ait environ 189 lieues géographiques de côtes sur le golfe du Mexique, il ne possède aucun bon port, mais seulement à l’embouchure de ses fleuves, des havres pour de petits navires. Les baies peu profondes qui reçoivent la plupart de sesrivières, aussi bien que les embouchures des rivières elles-mêmes, sont barrées par des bancs de sables mouvants ; et on trouve, le long des côtes, des terrains détachés, bas et plats, avec des baies étroites , et qu’on appelle des îles ; les principales portent les noms de Padre, de Mustang, de Saint-Joseph et de Matagorda.

Il existe deux lignes de forêts continues de 2 à 20 lieues de large , s’étendant au nord, presque en ligne directe, à partir des sources de la rivière Trinidad jusqu’à la rivière d’Arkansas ; on les appelle Cross-Timbers.

Le pays offre sur beaucoup de points une végétation luxuriante, comprenant, outre l’herbe commune des prairies, la g-ma, le musquile, la luzerne et le riz sauvage, etc., donnant un excellent pâturage. On y trouve aussi différentes espèces de bois, tels que le chêne vivace (quercus virens), si utile pour la construction des navires, le chêne blanc et noir, le frêne, l'orme, l’acacia, le noyer, le sycomore , le cyprès, l’arbre à gomme élastique , etc. Les hautes terres abondent en pins et en cèdres ; et plusieurs localités où croissent le pêcher, le figuier, l’oranger, le pin, le dattier, et l'olivier, voient aussi fleurir la vigne. La vanille, l’indigo , la salsepareille , et une grande variété de plantes tinctoriales et médicinales y sont indigènes. La contrée déploie une magnifique variété de fleurs.

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des Indiens, aussi bien que des colons établis dans le Texas, et les forêts nourrissent non-seulement des daims et du menu gibier, muis l'ours gris, la bête féroce la plus redoutable du continent américain.

On a trouvé du charbon de terre d’une qualité supérieure et du minerai de fer dans cet État; des mines d’argent ont même été exploitées ‘dans les régions montagneuses. Le nitre abonde dans l’est, et le sel s’obtient par l’évaporation naturelle des lacs et des sources salées qui existent en grand nombre dans le Texas; le bitume se montre en plusieurs endroits ; et enfin le gypse, le granit, la pierre à chaux, et l’ardoise y sont communs.

L'année se divise dans le Texas , comme en plusieurs autres parties de l'Amérique , en saison humide et en saison sèche : pendant la première qui dure de décembre à mars, les vents du nord et du nord-est sont dominants; le climat est tempéré et plus salubre qu’à la Louisiane et au Mexique.

Il v’existe guère de contrée de la même étendue qui ait aussi peu de terres improductives. La région maritime est une riche alluvion où l’on ne rencontre pas de marais stagnants. Les bords des rivières sont couverts de terrains boisés , et ceux qui sont placés entre les cours d’eau fournissent de riches pâturages. Plus loin, dans l'intérieur , de vastes prairies alternent avec des terrains élevés, sur lesquels croissent des bois propres à la construction ; au delà de la chaîne de montagnes sont des plateaux ressemblant aux steppes de l'Asie, mais d’une beaucoup plus grande fertilité.

L'aspect général du so! de cet Etat est celui d’un vaste plan incliné, s’abaissant graduellement au sud-est à partir des montagnes jusqu’à la mer, et le pays est entrecoupé par de nombreux cours d’eau, ayant tous la même direction. Il est divisé en trois régions: la première forme un espace uni de 8 à 42 lieues de large le long de la mer; la seconde est une vaste prairie légèrement ondulée , qui s’étend à 20 lieues dans l’intérieur ; et la troisième comprend la région montagneuse , au nord et à l’ouest, qui est couronnée par des plateaux assez élevés. La population du Texas est de 189,403 habitants dont la moitié environ sont esclaves ; il est divisé en 35 comtés.

Le coton et la canne à sucre sont les deux plantations les plus communes. Les grains le plus spécialement cultivés sont le maïs et le froment. Les pommes de terre douces et communes réussissent parfaitement bien ; l’élève du gros bétail a été longtemps l’occupation principale et favorite d’une grande portion des habitants, et plusieurs des prairies sont couvertes d’immenses troupeaux de bœufs ; on ne s’occupe pas avec moins de soin de la propagation des chevaux, des mules, des cochons , des moutons, de la volaille et des autres animaux domestiques.

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Quant à l’industrie , elle est encore dans l'enfance ; cependant quelques manufactures commencent à s’y montrer. Le commerce est limité à celui que fait le Texas avec les autres Etats de l'Union.

L'État est trop récemment constitué pour qu’on y ait établi encore des colléges et un système général d’é ‘ication; celle-ci n’est cependant pas complètement négligée. Les principales villes sont: San-Felipe de Austin, capitale du Texas, sur la rive gauche du Colorado , construite récemment à 40 lieues de la mer, et au centre de l’Etat ; elle compte déjà plus de 45,000 habitants ; Brazoria, sur la rivière de Brazos, à 40 lieues de la mer, fait un commerce considérable; Corpus-Christi, sur la baie du mènte nom, n'est qu'un grand village; Galveston, à l’extrémité orientale de l’île de ce nom, est le principal marché; Houston, sur la baie Buffalo est aussi une place commerçante; elle compte près de 8,000 âmes; Matagorda, sur le Côlorado, à 35 milles de la mer, n’est qu’un village , mais en voie de progrès; Nacogdoches, San-Augustine, et Washinglon sont aussi des lieux qui ne manquent pas d'importance.

Plus de la moitié de la population libre se compose d’Américains d’origine anglaise; le reste est formé d’un nombre assez considérable d’Allemands, qui y ont émigré dernièrement, de quelques Irlandais, Français, Jüaliens, etc. On suppose que 15,000 Mexicains, d’origine espagnole y sont établis. Dans le nord, on compte quelques tribus indiennes; celle des Comanches est la plus féroce et la plus guerrière.

A l’époque où Cortez fit la conquête du Mexique, le Texas était la résidence de tribus errantes d’Indiens d’un caractère fier et sauvage. Quoiqu’on considérât cette contrée comme faisant partie du Mexique, elle était restée longtemps inoccupée, lorsque La Salle, aventurier français, cherchant à fonder une colonie à Pembouchure du Mississippi, et se trompant de route, aborda, en 1685, à l'entrée de la baie de Matagorda. Il construisit là un fort, qu’il ne tarda pas à abandonner, et que les Indiens démolirent deux ans après qu’il eut été assassiné par un de ses compagnons. De petits établissements furent faits sur ce territoire par les Espagnols et par les Français, et chacun d’eux éleva des réclamations sur le pays. En 1681, les premiers élevèrent un poste militaire à Béar. En 1719, une colonie des habitants des îles Canaries y fut établie; la province était appelée à cette époque les Nouvelles Philippines, et plusieurs missions ou presidios, ou postes militaires, existaient en différents endroits. Les prétentions de l'Espagne sur ce pays, dont la population était considérable, semblent avoir été alors assez bien justifiées.

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Une première tentative, faite en 4812, par les Anglo-Américains et quelques aventuriers, pour rendre le Texas indépendant, échoua par la victoire complète que l’armée espagnole remporta près de Tolède contre les insurgés. Vers 1816, des Français, exilés de leur pays à la suite des événements politiques de 4815, essayérent de fonder dans le Texas une colonie sous le nom de Champ d'Asile ; mais elle n’eut qu'une courte durée.

Lorsqu'en 1823, le Mexique proclama sa séparation définitive de l’Espagne, Étienne Austin, américain de Durham, dans le Connecticut, soutenu par Iturbide, colonisa quelques portions du Texas, devenu l’un des États de la Confédération mexicaine, et bientôt une ‘foule de citoyens aventureux et intrépides des États-Unis accoururent sur les traces des premiers colons ; une république éphémère, qu’un parti de Chérokées devait appuyer, fut même proclamée sous le nom de Fredonia. Mais des dissentiments s’étant élevés dans la suite entre le gouvernement de la confédération mexicaine et les planteurs du Texas, ces derniers, mécontents de la conduite du président Santa-Anna, déclarèrent ouvertement, en 1835, leur intention de former un État complétement indépendant. Ils créèrent en conséquence un gouvernement provisoire, et choisirent pour commandant en chef Samuel Houston, ancien gouverneur de Tennessée. Vaincus d’abord à l’Alamo et en quelques autres endroits, ils furent plus heureux à San- Jacinto; enfin, par suite de l'intervention des États-Unis, l'indépendance du Texas fut assurée, puis reconnue, d’abord par ces derniers, et enfin par les autres puissances. En 48%4, des négociations furent ouvertes pour son annexion aux Etats-Unis ; au mois février de l’année suivante, une résolution fut prise au Congrès en faveur de cette mesure, et le Texas fut bientôt après admis comme Etat dans l’Union.

Au nord du Texas, une immense étendue de pays appelé le Grand Désert Américain, règne le long de la partie orientale des montagnes Rocheuses, sur une partie des territoires indiens du Nouveau-Mexique et de Nébraska, pendant près de 240 lieues, sur une largeur de 40 à 50. Le sol en est aride, formé d’un sable stérile, presque privé de bois et même d’arbrisseaux. De vastes portions n'offrent que des rocs nus, du gravier ou du sable, présentant un petit nombre de cactus, des vignes sauvages et quelques autres plantes. Dans presque toute cette contrée, le voyageur altéré n’a pour étancher sa soif, pendant une grande partie de l’année, qu’une eau saumätre et amère. En plusieurs endroits, on remarque des efflorescences Salines, et le désert n’est point susceptible de culture ; cependant, dans la Saison des pluies, il est traversé par des cours d’eau coulant à pleins bords,

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d’où il résulte que certaines parties, suffisamment humectées, produisent l'herbe nécessaire à la nourriture des troupeaux de bisons, des chevaux sauvages et des autres animaux qui les fréquentent. C’est là surtout que les Indiens se livrent à la poursuite du gibier.

Suite de la Description de l'Amérique. — États-Unis, partie occidentale, — Description topographique et politique.

La partie occidentale des Etats-Unis est celle qui appartient au versant du Grand-Océan, appelé par les Anglo-Américains mer Pacifique 1. Elle est située entre les montagnes Rocheuses à l’est, et le Grand-Océan à l’ouest, et se compose des Territoires d’Utah, de l’Orégon, et de l’Etat de Californie ; nous allons les décrire successivement ?.

La région sur l'océan Pacifique a de grandes ressemblances avec certaines parties de l’Asie, On y trouve un grand lac salé ayant quelques rapports avec la mer Caspienne, des plateaux élevés entourés de montagnes, comme ceux dela Tartarie; des plaines et des déserts interrompus par des montagnes, comme en Perse. Elle a trois vallées principales fort étendues : la Vallée de la Columbia, au nord; celle du Grand-Bassin, au centre, et la Vallée du Colorado, au midi, et plusieurs secondaires, parmi lesquelles celles du Sacramento et du San-Joaquin, qui ont 480 lieues de long, ont dans ces derniers temps acquis une grande célébrité. En général, cette région présente un caractère particuiier d’irrégularité, de contraste et de grandeur. L’observateur y trouve les plus hauts pics des Etats-Unis, dont les cimes, couronnées d’une neige éternelle, s'élèvent au-dessus de déserts brülés par un soleil ardent; des feux volcaniques s’élançant de cônes de

1 Ce nom a été imposé à tort au Grand-Océan, (vu pour la première fois par Nunez Balboa, en 1513), par Magellan, qui y navigua longtemps sans éprouver de mauvais temps. Les tempêtes qu’on y essuie suffisent pour démentir l’idée qu’on serait porté à se former d’après cette dénomination. V.A. M-B.

2 Nous avons reproduit ici presque littéralement l'excellent travail de M. de La Roquetle, dont nous avons parlé à la page 481. Nous avons aussi consulté la Description de la Nouvelle-Californie de M. FH. Ferry, Paris, 4850, et le livre publié en 1846, par M. Fédix, sous ce titre, l'Orégon et les côtes de l'océan Pacifique du nord, avec une carte. V.A. M-B.

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glace ; des vallées d’une fertilité incomparable; de vastes espaces couverts de roches âpres et dénudées, de gravier et de sable; de grandes rivières d’une eau limpide, dirigeant leur course en cascades successives vers l'Océan, à travers les mille obstacles que leur oppose la nature; des lacs saiis emprisonnés au milieu des déserts rocheux, arides et infranchisables, avec quelques élévations d’une éternelle stérilité, étincelant d'or, de mercure et d’autres minéraux. Dans cette vaste région, ayant, sur la mer Pacifique, 960 lieues de côtes, qui ouvrent au commerce des Etats-Unis les rivages sans fin de ce grand octan, et dont les rivières Colorado et Columbia, chacune d'environ 590 lieues de cours, sont les plus grands tributaires, toute la population blanche n’excède probablement pas 200,000 individus. Le nombre des Indiens, répartis dans un grand nombre de tribus, la plupart encore à l’état sauvage, n'égale peut-être pas celui des blancs.

Le territoire d’Utah et Etat de Californie constituent la majeure partie de ce que les Espagnols appelaient la haute Californie (Al{a-California, appelée aussi quelque fois Nouvelle-Californie, Neuva-California) , qui entra dans le domaine de la Confédération américaine pendant la dernière guerre avec le Mexique. Quant au Territoire de l'Orégon, elle le réclamait comme compris dans l’achat de la Louisiane, en appuyant ses droits sur le fait d’une découverte antérieure fort contestable d’ailleurs.

Fidèles à l’ordre que nous avons adopté, nous commencerons cette description de la partie occidentale des Etats-Unis par le Territoire de l'Orègon, qui est le plus septentrional des pays qui nous restent à parcourir.

Le Territoire de l’Orégon est le plus étendu de tous ceux des Etats-Unis, puisqu'on lui donne 45,300 licues carrées de superficie. Situé à extrémité nord-ouest de l’Union, entre les montagnes Rocheuses, qui lui servent de limite à l’est, en le séparant du Territoire de Missouri ou Nebraska et le Grand-Océan , qui le borne à l’ouest , il s’étend au nord jusqu’au 49° de latitude, où il confine avec l’Amérique anglaise, touche, au sud, à l'Etat de Californie et au Territoire d’Utah. Outre les montagnes Rocheuses, qui le longent à l’orient, l’Orégon est traversé par deux autres chaînes moins élevées : celle des montagnes Bleues (Blue-Mountains), presque au centre du territoire; et celle de la Cascade, plus à l’ouest, à peu de distance de la mer.

La principale vallée est celle de la Columbiu. Les divers cours d’eau principaux et leurs tributaires coulent à travers une contrée sauvage, quelquefois bordée par de plainesétroites et fertiles.

Le cours d’eau le plus important de cette contrée est la Columbia, qui

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porte aussi le nom d’Orégon, qu'elle a donné au Territoire. Elle prend sa sa source dans les montagnes-Rocheuses, vers le 54e de latitude, se dirige d’abord au sud-ouest, puis à l’ouest, et se jette dans l'océan Pacifique vers le 440 20’. Son cours supérieur est rapide et interrompu fréquemment par chutes ; sa longueur est d'environ 5 à 600 lieues. Quoique obstruée par de nombreuses barres de sable, elle est navigable l’espace de 40 lieues, pour des navires dont le tirant ne dépasse pas # mètres. A 8 lieues de son embouchure, sa largeur est considérable ; mais cette embouchure est obstruée par des barres de sable, qui augmentent de juur en jour. Le Clatson, ou canal méridional a été exploré récemment et promet une bonne entrée. La rivière Lewis, son principal tributaire, naît aussi dans la chaîne des montagnes Rocheuses, qui porte aussi le nom de Wind rivers Mountain, ct, après un cours très-sinueux au sud-ouest, puis au nord-ouest, verse ses caux dans la ColumBia : ses fréquents rapides l’'empêchent d’être d’une grande utilité pour la navigation, Les rivières Clark et la Mullnomah sont aussi des affluents de la Columbia. C’est des petits lacs situés au milieu des montagnes que la plupart des rivières tirent leurs sources. Il y a aussi plusieurs nappes d’eau, répandues dans le pays, qui ajoutent infiniment à sa beauté pittoresque.

Le Territoire de l’Orégon possède, sur la mer Pacifique, un développement de 450 lieues qui commence au nord au cap Flattery, à l'entrée du détroit de Juan de Fuca, et se termine au sud près du cap Blanc; outre l'embouchure de la Columbia, cette côte offre deux baies importantes qui peuvent présenter un abri assuré aux navires, ce sont les baies de Grayet d'Umpqua.

Les productions végétales de ce territoire ne paraissent pas différer matériellement de celles des latitudes correspondantes de l’est. Les forêts contiennent différentes espèces d'arbres, dont quelques-uns atteignent une hauteur de près de 60 mètres. Parmi ceux qui conservent leur verdure en toute saison, on remarque le pin, le cèdre, etc., etc.; le chêne, le frêne, le peuplier, l’érable, le saule et le cerisier, y sont communs ; et on y rencontre fréquemment des bouquets de noisetiers, de rosiers, etc.

L’élan , le daim, l’antilope, l’ours noir et gris, le loup, le renard, le muskrat, le martins, le castor, peuplent les forêts et les montagnes. On rencontre les bisons dans les vastes prairies qui sont à l’orient du territoire. Nous observerons que les animaux à fourrure diminuent rapidemement, poursuivis qu’ils sont avec acharnement par les chasseurs et les trappeurs. Au printemps et à l'automne, les bords des rivières sont visités

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par d'immenses quantités d’oiseaux sauvages. Le saumon, la truite saumonée, l’esturgeon, la morue, la carpe, la sole, la flondre, la perche, le hareng, la lamproie, les crabes, les huitres, les moules, etc., abondent dans les rivières et dans les détroits; et les Indiens, qui vivent presque entièrement de poisson, prennent souvent des baleines le long de la côte, à l'embouchure du détroit de Juan de Fuca.

Les ressources minérales sont peu connues ; l'or a été trouvé récemment, et on espère qu’une investigation plus atlentive en fera découvrir de riches gisements.

Le Territoire de l’Orégon, dont le climat est en général de quelques degrés plus tempéré que dans les pays de l'Atlantique situés sous les mêmes latitudes, est physiquement divisé en trois régions : l’orientale , située entre les montagnes Rocheuses et les montagnes Bleues, élevée, froide et nue, a un climat si variable, qu’un seul jour offre quequefois la température des quatre saisons. Dans la région moyenne, vaste prairie rompue , au midi, par des arêtes et des faîtes de montagnes, l’atmosphère est fort sèche en été et très-froide en hiver : il n’y tombe pas de rosée, et son sol n’est point propre à la culture, mais il renferme de bons pâturages. Enfin, {a région occidentale, située entre la mer Pacifique et la chaine de la Cascade, a une largeur d’environ 40 lieues, elle est beaucoup plus tempérés que les deux autres; on n’y éprouve jamais les extrêmes ni de la chaleur, ni du froid : c’est la plus belle portion du pays. Tout le Territoire de l’Orégon est salubre à un haut degré; l’hiver y dure de décembre en février; la neige continue rarement plus de trois jours le long des côtes.

La nature du sol est extrêmement variée; la région occidentale peut être considérée en général comme fertile, présentant à la fois des terres hautes et des prairies parfaitement appropriées aux grains et aux fruits ; lesraces chevalineet bovine y réussissent assez bien; les forêts y sont magnifiques, et selon M. Rox-Cox, les pins de 60 à 90 mètres d’élévation , et de 8 à 12 mètres de circonférence, n’y sont pas rares. La région moyenne a un sol plus léger, et se compose généralement d’une prairie de sable argileux et d’un petit nombre de riches vallées assez étroites. Les arbres de construction y sont très-rares ; ceux qu'on peut y voir sont presque tous d’essence de bois blanc, teis que lesaule etle cotonnier, encore neles trouvet-on que dans le voisinage des riviéres. Si cette région est peu propre à la culture des céréales, elle offre en compensation les meilleurs pâturages, peut-ëtre du monde, car à mesure que les chaleurs se font sentir, on en

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L'agriculture est la principale occupation des colons américains qui habitent la région occidentale ; ils récoltent beaucoup de froment, de seigle, d'orge, d'avoine, et cultivent avec succès plusieurs espèces d’arbres fruitiers, entre autres les pommiers, les poiriers.

Il ne faut pas encore chercher de grands établissements industriels dans le Territoire; cependant, dans un avenir prochain, l’activité américaine y aura certainement jeté les fondements de quelques grands établissements.

Le commerce est limité principalement à l'exportation des fourrures ; des provisions de bouche sont envoyées en Californie. On reçoit dans l’'Orégon des quantités considérables de marchandises étrangères, provenant de la portion atlantique des Etats-Unis.

On se rendait autrefois dans cette région pour obtenir des fourrures des Indiens. En 48411, la Compagnie de la mer Pacifique établit un poste, appelé Astoria, à l'embouchure de la Columbia. Bientôt après la Compaguie anglaise de la baie d'Hudson fonda, sur quelques points du cours supérieur de la rivière, des postes qui existent encore; cette Compagnie a presque le monopole du commerce de fourrures, et quoique le territoire no soit plus anglais, elle conservera ses droits commerciaux sur ce pays, jusqu’à expiration de sa charte de fondation.

La population du Territoire de l’Orégon est estimée à 30,000, dont 8 à 10,000 sont Américains; il y a, de plus, quelques employés de la Compagnie de la baie d'Hudson. On suppose que le nombre des Indiens s’élève à 20,000. Les principales tribus sont celles des Zéles Plates, des Wallawallas, des Nez-Percés, des Shoshonées, des Cayuses, des Boonacks, des

Moleles et les Umquas. En général, ils sont inoffensifs et d’une intelligence bornée ; ils tirent de la pêche leur principal moyen de subsistance, sont très-adroits à diriger leurs canots, prennent un grand nombre d’animaux sauvages, ct échangent leurs fourrures et leurs pelleteries avec les blancs contre des couvertures, des fusils, de la poudre, des chaudrons, etc. Les Shoshonées et les Nez-Percés vivent dansles plaines, et possèdent de grands troupeaux de chevaux pleins d’ardeur. Il existe au milieu de ces Indiens Y. 28

plusieurs établissements de missionnaires qui ont, dit-on, réussi à propager le christianisme parmi eux.

Le fort Vancouver, sur le bord septentrional de la Columbia, à 90 milles de la mer, est le siége principal du commerce de fourrures que font les Anglais. De belles fermes, des jardins, des moulins, des écoles et des boutiques en dépendent. As{oria, à 8 milles de la Columbia, a seulement deux bâtiments. Le fort Wallawalla, sur la rive sud de la même rivière, et Colvill, sur la rive méridionale de celle de Clarke, sont des postes de commerce anglais, auxquels des villages sont attachés. Il y a aussi des établissements anglais sur la Multnomak et en quelques autres endroits. La ville d’Orégon (Orégon-Cily) est sur cette dernière rivière, dont les chutes d’eau ont une grande puissance : c’est maintenant la capitale du Territoire.

En mai 4792, Robert Gray, capitaine du navire Columbia, de Boston , découvrit la rivière à laquelle il donna le nom de son bâtiment, et y entra. De 1804 à 1805, Lewis et Clarke, sous la direction du gouvernement des Etats-Unis, explorèrent le pays en remontant la Columbia de son embouchure jusqu’à sa source. Depuis 1808, la contrée fut exploitée par des Compagnies de fourrures anglaises et américaines, et chacune des deux nations fit valoir ses droits à la possession du Territoire de l’Orégon. En 1846 intervint un traité qui décida que la ligne du 49e degré de latitude formerait la limite septentrionale des Etats-Unis. Les colons organisèrent un gouvernement provincial, mais celui-ci fut supprimé en 1849 par le congrès, qui établit un gouvernement territorial régulier sur le pays. Le gouverneur réside à Orégon-City.

Le Territoire d’Utah faisait autrefois partie de la Californie; il est borné, au nord, par le Territoire de l’Orégon ; à l’est, par les montagnes Rocheuses, qui portent ici les noms de Cordillère, d’Anahuac et de Sierra-Madre, et le séparent des Territoires de Missouri et du Nouveau-Mexique ; les montagnes de Sierra-Nevada le séparent, à l’ouest, de la Californie; enfin, au sud, le 37e parallèle nord le sépare du Territoire du Nouveau-Mexique. Outre les deux principales chaines de montagnes qui le bordent à l’est et à l’ouest, et qui sont assez élevées pour être toujours couvertes de neige, deux autres chaines peu connues coupent lUtah dans une direction nord-est et sudouest, La chaîne orientale est appelée montagnes de Wahsatch; celle de l’ouest porte le nom de monfagnes de la rivière Humboldt.

Ce qui caractérise cette contrée, c’est une vallée appelée le Grand- Bassin, ayant environ 750 lieues de développement, avec une élévation de 12 à 1600 mètres au-dessus du niveau de la mer, et dont un désert aride

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et sablonneux, que fréquentent quelques rares Indiens, forme la partie méridionale. Cette vallée, qu'aucun voyageur n’a encore explorée, est entourée de tous côtés par des montagnes aux pentes couvertes de forêts et donnant naissance à de nombreux cours d’eau, qui se perdent, fes uns dans le désert, les autres dans de petits lacs. Le Grand-Bassin offre certaines parties propres à la culture. A l’est et au nord, autour du lac Salé, situé presque à l'extrémité nord du Territoire, le sol est d’une fertilité extrême; à l’ouest, il est stérile.

La principale rivière de l’Utah est le Rio-Colorado, qui prend sa source dans le Territoire de l’Orégon, au milieu des montagnes Rocheuses, non loin du pic Fremont, et s'appelle rivière Verte, jusqu’à son union avec le J'acquesila : il prend alors le nom de Colorado, et se jette dans le golfe de Californie. C’est près de son embouchure qu’il reçoit le Rio-Gila, formant la limite méridionale du Territoire et séparant les États-Unis du Mexique.

Le grand lac Salé, auquel on donne environ 98 lieues de long, est aussi une curiosité de cette région. Sa forme est irrégulière ; il renferme de nombreuses îles, est extrêmement salé, et ses eaux sont si basses, qu’il offre peu de ressources pour la navigation. Ses rives occidentales consistent en plaines unies d’une terre vaseuse, légère et profonde, traversées par des ruisseaux dont l’eau est salée et sulfureuse. Rien ne végète sur ces plaines, excepté de petits arbrisseaux, couverts de cristaux de sel brillant au soleil ; de singulières illusions d’optique, produites par le mirage, défigurent les objets de la manière la plus bizarre. On rencontre à peine de l’eau douce et de l’herbe dans l'espace de 40 lieues, et, dans un certain endroit, un champ de sel solide reposant sur de la vase, mais en état de porter des mules, comme s’il était de glace. Le lac n’a point d’issue. La rivière Ufah ou Jourdain, ainsi que les Mormons l’appellent, est un petit cours d’eau unissant le lac Utah avec le grand lac Salé. Le premier est un réservoir d’eau douce de 14 lieues de long ; il reçoit d’impétueux ruisseaux venant des montagnes ; l'eau est douce, quoiqu’une large formation de roches salées existe dans l'argile sur sa rive sud-est. Ces deux lacs, placés à environ 4,200 mètres au-dessus du niveau de la mer, ont une étendue de 1,550 lieues carrées. Une grande partie de la contrée qui les environne est recouverte de sel pendant la saison sèche. Le lac Utah, aussi bien que les ruisseaux qui s’y

perdent, abondent en poissons, qui composent en majeure partie la nourriture des Indiens Utah. Il paraît qu’il existe un très-grand nombre d’autres petits lacs répandus sur le territoire ; mais on n’a pas à leur sujet de renseignements exacls. On en a aussi trop peu sur cette région elle-même

pour pouvoir détailler ici les productions végétales de ce territoire; mais on peut présuner qu’en générel elles sont semblables à celles des contrées orientales placées sous la même latitude. Le gibier, consistant en caims, en ours, et en petits quadrupèdes, y est très-multiplié, et les oiseaux aquatiques sont nombreux.

On n’a pas encore de rapports développés et exacts sur le climat de Utah. Dans la région du grand lac Salé, les hivers sont longs et rudes ; à la latitude de 40 degrés, il fait aussi froid qu’à Philadelphie. L'hiver commence en novembre, et jusqu’au mois de mars la terre reste couverte de plusieurs centimètres de neige. Dans la région montagneuse, un peu plus au nord, la neige s’arcumule quelquefois jusqu’à 45 mètres pendant l'hiver.

La majeure partie de la surface de ce territoire se compose de montagnes et de déserts. Au sud et à l’est du grand lac Salé, ainsi que dans la vallée de la rivière de l’Ours (Bear River), au nord, le sol est extraordinairement fertile, fournit de riches pâturages aux troupeaux, et peut donner d’abondantes récoltes de froment lorsqu'il est mis en culture.

L'Utah présente trois régions d’aspect différent : la première, celle du Grand-Bassin, déjà décrite, contient un désert de sable brülant, des montagnes couvertes de neige à leur faite, ceintes de verdure à leur base, et un petit nombre d’espaces fertiles le lung des rivières; la seconde offre des plateaux élevés et interrompus çà et là par des pics, particulièrement au centre ; et la troisième, la Grande-Vallée des cours d’eau, dépendant du bassin de Colorado, sur laquelle on a peu de renseignements jusqu'ici. L’extrémité méridionale de la contrée est montagneuse.

Ce Territoire, dont on évalue la superficie à 36,009 lieues carrées, est habité par quelques tribus d’Indiens qui se procurent une chétive subsistance par la chasse et par la pêche. La principale tribu est celle des Utah, dans le nord-est, qui a donné son nom au Territoire. Les habitants blancs consistent principalement en Mormons, qui s’y retirèrent en 1848. Cette secte, dont l’origine remonte en 4830, a eu pour fondateur Joe-Smith, de Palmyra, dans l'État de New-York. Il prétendit avoir trouvé quelques plats d’or avec des inscriptions qu’il traduisit, à ce que racontent ses adeptes, au moyen d’une assistance su:naturelle. Ainsi fut produit le livre de Mormon (Book of Mormon), qui e°’ la bible de cette secte. Après avoir construit d’abord un temple à Kirtland, dans l'État d'Ohio, ils turent chassés par les habitants ; repoussés ensuite du Michigan et du Missouri, ils se retirèrent dans l'Illinois, où ils fondèrent la ville de Nauvoo. Persécutés encore dans ce dernier État, ils se dirigèrent sur l'Orégon et la Californie ; mais, attirés

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par le pays aux environs du grand lac Salé, ils s’y établirent ; leur nombre s'élève maintenant à plus de 20,000. Ils construisent entre les deux lacs une ville, nommée Mormonsfort par les Anglo-Américains, et Nouvelle- Jérusalem, par les Mormons, qui doit avoir 4 lieues de circonférence, et dont la population monterait déjà à 43,000 âmes ; ils y élèvent un vaste temple en pierre, et bâtissent toutes leurs maisons en brique.

Les Mormons ont plusieurs établissements le long de la rivière Utah; ils s’adonnent à l’agriculture, et récoltent déjà 450 boisseaux de froment par hectare ; les pommes de terre et les menus grains viennent bien, mais le climat est trop froid pour le maïs. Il tombe peu de pluie, et l'irrigation est nécessaire. Cette secte religieuse possède un grand nombre de moulins et des scieries mus par les cours d’eau des montagnes ; on trouve dans les montagnes voisines d’excellent bois de construction. Le climat est extrêmement salubre.

Le gouvernement des Mormons est fondé sur leur croyance religieuse. On assure qu’ils forment un peuple industrieux et moral, que le nombre total des membres de cette secte est de 100,000, établis dans différentes parties de l’Amérique et de l’Europe. La ville du grand lac Salé étant considérée per les Mormons comme la Jérusalem de ces nouveaux adeptes, on peut supposer qu’elle s’accroîtra rapidement par l’émigration des membres qui s’y rendront. La route des États de l’est à lOrégon et à la Californie, au moyen de ce qu’on appelle la passe méridionale (South-Pass), court environ 28 lieues au nord de la vilie de Mormon, mais on peut en prendre une autre qui se rapproche un peu plus de cette place. Les Mormons fournissent des mules, des bœufs et des provisions aux émigrants. La route d’Indépendance, à occident des montagnes Rocheuses, est aussi fort fréquentée. Les Mormons ont établi des bacs pour le passage des rivières qui traversent leur pays.

Le territoire d'Utah a été organisé en 4850; on l’appelait d’abord le Desert ; il a été acquis du Mexique, en 4847, en même temps que la Californie, dont il dépendait.

L'Etat de Californie, admis dans l'Union fédérale en 1850, est situé sur l'océan Pacifique, et ses mines d’or lui ont acquis dans ces derniers temps une immense célébrité. Borné à l’ouest par l'océan Pacifique, le long duquel il se prolonge du nord-ouest au sud-est pendant 250 lieues, il a pour limites : au sud, la Vieille ou Basse-Californie, dépendante du Mexique; à l’est, le Rio-Colorado et les Territoires d’Utah et du Nouveau- Mexique ; et au nord, le Territoire d’Orégon.

Les deux principaux caps que présente la côte sont : celui de la Conception, au sud ; et celui de Mendocino, au nord. Près des côtes méridionales se trouve le petit groupe des îles Sunta-Barbara. Deux baies importantes offrent un sûr abri aux navires; la preuière est la baie de San-Frncisco, dont l’entrée se trouve dans une brèche des montagnes qui descendent jusqu’au rivage en précipices escarpés ; elle a 44 lieues de large sur 27 de long ; elle est divisée en trois parties par des détroits ou gorges et par quelques points saillants ; les deux parties du nord portent le nom de baie de San-Pablo et de baie de Suissson. L'autre baie est celle de Monterey, qui reçoit le San-Buenaventura.

L'État de Californie est traversé par plusieurs chaînes de montagnes, parmi lesquelles nous nous bornerons à citer la Sterra-Nevada, ou Montagnes Neigeuses, et le Coast-Range, ou la Chaîne Côtière, que l’on pourrait appeler les Monts Californiens. La Sierra-Nevada est formée de pics isolés, presque parallèles, la plupart toujours couronnés de neige, et en grande partie volcaniques, qui s’élèvent, solitaires comme des pyramides, à des hauteurs de 42 à 1,500 mètres au-dessus du niveau de la mer. La seconde chine, celle des Monts Californiens ou Coast-Range, qui suit une direction parallèle à la mer, dont elle est peu éloignée, reçoit les vents chauds, chargés des vapeurs de l'Océan qui viennent se résoudre en pluies ou en neiges fécondantes sur son flanc occidental, et laissent passer à l’est les vents froids et secs. De là les différences caractéristiques des deux régions : une douce température, la fertilité et l'éclat d’une végétation superbe sur le versant occidental, tandis que la stérilité et le froid règnent sur le versant oriental. C’est dans la zone comprise entre cette chaîne et la mer que se trouvent la plupart des établissements fondés autrefois par les missionnaires et des points habités par la race blanche. Le pic culminant de cette chaîne est le mont del Diabolo, qui la termine au nord; il a environ 1,240 mètres de hauteur. Ce pic, vu du large, indique exactement l’entrée de la baie de San-Francisco.

Le pays qu’arrosent le Sacramento et le San-Joaquin peut être considéré comme une double vallée de 480 lieues de long sur 6 à 20 de large. La vallée du Sacramento est divisée en haute et basse d’une manière fortement marquée. La vallée haute, dont le climat est froid, a 80 lieues de long, est très-boisée, s’élève à 325 mètres au-dessus de la vallée basse ; elle contient quelques portions de terre labourable, ct est considéré ecomme convenable pour un établissement. A l’une des extrémités de la vallée basse se trouve placée une montagne granitique isolé appelée Shaste-Peak, s'élevant, à

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l’enfourchure de la rivière, à une hauteur de 4,400 mètres. Son sommet, brillant de neige, est visible, du bas de la vallée, à une distance de 50 lieues. La rivière descend ici en rapides de 600 mètres, sur un espace de 6 lieues. La vallée basse s’élève graduellement à partir du pied de la montagne d’où sort un petit tributaire du Sacramento, sur lequel a été formé l’établissement de la Nouvelle-Helvélie, centre de la région aurifère. La vallée de San- Joaquin, de 64 lieues de long sur 6 de large, présente une grande variété de sol ; sa partie orientale est extraordinairement fertile et bien boisée.

Les principales rivières de cet État sont le Sacramento et le San-Joaquin : la première prend sa source dans la région montagneuse du nord, et coule au sud l’espace de 120 lieues ; la seconde naît dans les montagnes du sud, et se dirige au nord. Après un cours à peu près aussi long, ces rivifres se rapprochent, et se jettent ensuite toutes deux dans la baie de Sui:soon, à peu de distance l’une de l’autre. Elles reçoivent des montagnèes de nombreux cours d’eau, dont quelques-uns sont en partie navigables. .

Les principaux affluents du Sacramento sont : La Fourche-Américuine (American river), belle rivière de 30 mètres de largeur venant de l’est, rapide et peu profonde. La petite rivière Wiber (Weber creek), qui se jette dans la Fourche, et qui est célèbre par la richesse de ses sables, La rivière de la Plume ( Feather river), large, profonde et rapide ; elle vient du nord est ; elle renferme beaucoup d’or d’un titre élevé ; elle a pour affluents la rivière de l’Ours (Bear river), l’Fuba river et l'Urber river, signalés pour la richesse de leurs sables. La rivière des Tros-Buttes doit son nom à trois montagnes remarquables détachées de la Sierra-Nevada, que l’on regarde

comme d’anciens volcans. Nous citerons encore le Chico, le Deer et le .

Mill, Tous ces affluents viennent de l’est et descendent du revers occidental de la Sierra-Nevada; ils appartiennent donc à la rive gauche du Sacramento. On remarque sur la rive droite de ce fleuve quelques rivières venant de l’ouest, mais jusqu’à présent on n’a exploré de ce côté que la rivière des Saules (Willows river) et celle des Cofonniers (Cotton-wood river).

Les principaux affluents du San-Joaguin aujourd’hui connus sont : La rivière Cosumnes, qui tire son nom d’une tribu indienne qui habite ses bords, ainsi que la rivière Mockelemnes. La rivière Calaveras, qui, ainsi que les précédentes, arrose de magnifiques prairies. La rivière Sfantslas, torrent rapide de 40 mètres de largeur. La rivière de Tawalumnes, large et profonde ; celle de la Herced. Enfin la Mariposa, près de la belle vallée des Tulares, dont les gisements aurifères sont très-riches., Toutes ces

rivières appartiennent à la rive droite du San-Joaquin, et descendent du revers occidental de la Sierra-Nevada,

L'Etat de Californie renferme un très-grand nombre de petits lacs, dont quelques-uns n’ont point d’eau pendant la saison sèche. Le Tule paraît être le plus considérable. Le lac d’Or (Gold-Lake), considéré comme ie gisement de riches mines d’or, est plutôt le lit desséché d’un ancien lac qu’un véritable lac existant en ce moment.

Lorsqu’on pénètre dans la baie de San-Francisco , on se croit au milieu d’un lac profond s’étendant, nord et sud, entre deux rangées parallèles de montagnes. Un petit nombre d’iles rocheuses et élevées animent sa surface. Immédiatement à l’entour du rivage, on voit les terres séparées par des collines et tachetées, pour ainsi dire, par des groupes boisés. Derrière sont des pics montagneux , dont quelques-uns s’élèvent à une hauteur de 1,000 mètres, à la partie méridionale est San-José, maintenant capitale de l'Etat. Sur un cap se projelant à l’est, à la partie méridionale de lentrée de la baie, se montre la ville de San-Francisco , dont le port, l’un des plus beaux du monde, est capable de contenir la marine d’un empire. Avec la magnifique baie qui le circonscrit et l’océsn Pacifique sans bornes , c’est un des points commerciaux les plus importants et les plus intéressants du globe.

Les productions végétales paraissent ici très-variées. Dans les vallées du Sacramento et du San-Joaquin, on trouve des forêts de chènes et de plusieurs autres espèces d’arbres, parmi lesquels on peut citer le cyprès : il semble que le pays offre naturellement tous les produitscommuns à cette latitude dans les parties les plus orientales des Etats-Unis.

Les ours, les daims et les panthères habitent l’intérieur, tandis qu’on voit le long des côtes une grande variété d’oiseaux aquatiques.

La région de l’or est surtont au versantorientaldela valléedu Sacramento. C’est à une circonstance très-singulière que l’on doit la découverte des mines de la Californie. Le capitaine Sutter ex-officier des gardes suisses sous la Restauration , vint, à la suite de la révolution de Juillet fonder un établissement important presque au confluent du Sacramento et de la rivière de la Fourche-Américaine. En septembre 1847, ayant besoin de planches, il vassa un marché avec un mécanicien M. Marshall, pour faire construire à 48 lieues de son établissement et sur les bords de la Fourche-Américaine dans une région montagneuse couverte de pins, une scierie mécanique mise en mouvement par une chute d’eau. Quand le bâtiment fut achevé, et qu’il fallut, au printemps de 1848, lâcher l’eau sur la roue, il se trouva que le sas

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On peut à peine appliquer à ce pays les noms d'été et d’hiver dans le sens que nous leur donnons; les saisons ne sont pas marquées par la chaleur et par le froid, mais par l’humidité et par la sécheresse, La saison sèche comprend ce que nous appelons l'été, et la saison humide, celle à laquelle nous donnons le nom d’hiver. Dans les parties méridionales, la sécheresse rend nécessaire l'irrigation, qui met le fermier en état de pro

duire une succession de récoltes dans le cours de l’année. Pendant les mois v. 29

de sécheresse ou l'été, la végétation est desséchée; elle renaît pendant la saison humide ou les mois d’hiver. Dans les vallées abritées, les arbres et l'herbe conservent leur verdure, et les fleurs s’épanouissent toute l’année. Les nuits sont froides, même lorsque les journées sont chaudes. Une température d’une douceur égale caractérise ce climat, quoique la neige tombe en abondance dans les hautes terres du nord. Le climat est très-salubre, sans maladies dominantes, et, sous tous les aspects physiques, la Californie a quelques ressemblances avec l’Italie.

L'aspect du sol est irès-varié, les pics des montagnes sont nus, rocailleux, et sur leurs pentes le terrain est ordinairement léger et susceptible de culture. Les vallées, étroites, offrent une grande variété, depuis un sol médiocrement productif jusqu’à celui de la plus extrême richesse,

Quelques fermes sont habitées par d’anciens colons espagnols, occupés surtout de l’élève du bétail et des chevaux, autrefois si multipliés qu’on les tuait uniquement pour leurs peaux. Quelques-uns des nouveaux colons se livrent à l’agriculture ; mais le peuple est néanmoins forcé de vivre principalement des provisions envoyées des Etats-Unis. Les céréales viennent en abondance du Chili et de quelques autres endroits, le long la côte occidentale.

L’exploitation des mines absorbe tous les esprits. L’or est cherché avec des pioches, des houes, des bêches, et les appareils les plus variés, on emploie même des machines à vapeur. Les rivières sont détournées de leur lit, les montagnes sont percées jusqu’à leurs entrailles ; le sein de la terre est partout déchiré, interrogé ; le précieux métal s’obtient en lavant ou tamisant les sables. Les pépites les plus considérables sont extraites des crevasses des rochers, des lits desséchés des torrents ct des strates d’ardoise, ui se trouvent verticalement dans les ruisseaux. L’or se rencontre encore le long du Sacramento et de ses tributaires le Feafher, le Bear, Fuba, etc., ainsi que le long du San-Joaquin et de ses tributaires le Cosumnes, la Mariposa, le Stanislas; à Bodega, sur la côte de la mer, et, plus loin, au sud, en différents endroits, dans les montagnes, jusqu’au Rio- Gila ; il a été découvert enfin plus au nord, même dans l’Orégon. Néanmoins la région du Yuba est, sous ce rapport, considérée en ce moment comme la contrée la plus riche. Les gisements aurifères portent le nom de placers.

Diverses manufactures d’articles nécessaires à la vie ont été immédiatement établies dans ce curieux État comme par enchantement ; et elles augmentent encore considérablement par suite de l’accumulation rapide de la population et des besoins du pays.

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L'or est le principal article d'exportation. La plus grande partie est envoyée aux Etals-Unis; mais on en transporte aussi au Mexique, dans l'Amérique méridionale, en Angleterre, aux îles Sandwich et en Chine; car on trouve en Californie des chercheurs d'or, des marchands, des aventuturicrs et des spéculateurs de tous les pays du globe. Presque toutes les choses nécessaires à la vie, et jusqu’à des maisons entières, y sont importées d'Europe et de différentes parties de l'Amérique,

La mojeure partie des habitants de la Californie se compose d’émigrants des Etats-Unis. Il y a quelques milliers d’anciens colons espagnols dans les anciennes villes, quelques Indiens, et surtout un nombre immense d'aventuriers venus du Mexique, de l'Amérique méridionale, de la Chine et de toutes les parties de l'Europe. On a même constaté une diminution notable dans la population des îles Sandwich, attribuée à cette fièvre d'émigration en Californie. Il est impossible de concevoir une population plus hétérogène, soudainement agglomérée par une impulsion commune,

et agissant sous le même sentiment qui absorbe tous les autres. Le caractère américain prédomine néanmoins, et, suivant toute apparence, la société, en Californie, ne t.dera pas à être fondue en une masse commune.

San-Francisco, aujourd’hui la principale ville, qui ne contenait en 4847 que quelques centaines d'habitants, en a en ce moment, à ce que l’on croit, 30,000. Elle possède des rues, des squares, des hôtels, des banques, et des bâtiments disposés pour les foires et les marchés, etc. Plus de six cents navires encombrent son port, que des lignes de bateaux à vapeur mettent en relation avec le monde oriental; une nouvelle ligne est projetée pour établir des communications avec la Chine, ainsi qu'avec les autres parties de la côte d’Asie. Aucun autre point du globe n’a jamais ouvert une pers-

pective si soudaine et si large d'événements importants. La ville, dont une multitude d'individus de tous les pays, difiérents par leurs costumes ct leurs langages, encombrent les rues, présente un aspect vraiment curieux. Les autres villes ou lieux qui offrent de l'intérêt après San-Francisco sont : Monterey, sur le côté sud de la baie de ce nom, jadis capitale de la Nouvellc- Calitwrnie; San-José, ancien pueblo espagnol, au centre d’une magnifique vallée, sur le Rio-Guadalupe, qui se jette au fond de la baie de San-Francisco, et porte aujourd’hui le titre de capitale de l’Etat, sans doute à cause de sa situation presque centrale, a une population qui augmente journellement d’une manière suprenanle ; San-D’ego, Los-Angeles, Santa-Barbara, San- Miyael; etc. Toutes ces places sont d'anciens établissements fondés sur là

côte par les missionnaires espagnols. Parmi les villes nouvelles ou établissements qui se créent sur tous les points, nous citerons : Sacramento-

City, au confluent du Sacramento et de la Rivière-Américaine (American-

River), la ville la plus peuplée de la Californie après San-Francisco, iont

elle est éloignée de 46 lieues, possédant des banques, des hôtels, etc, : des

bateaux à vapeur naviguent journellement entre ces deux villes ; Sufterville,

ou Nouvelle-Helvétie, non loin de Sacramento-Cily, et qui doit sa création

au capitaine Sutter, qui avait d’abord fondé pour tout établissement le fort

Sutter. À 18 lieues à l’est se trouve Coloma, dans le lieu même où se fit la

découverte de l'or ; S/ockton, sur la rive orientale du San-Joaquin, à quelques lieues au nord du S{anislas, Au confluent de cette dernière rivière avec le San-Joaquin ; on voit New-Hope (Bonne-Espérance), fondée en 1816, par 200 Mormons ; New-York, en face de l'entrée des rivières Sacramento et San-Joaquin, dans la baie de Suissoon. Sonoma, ancien pueblo espagnol au fond de la baie de San-Pablo, est le quartier-général de la division militaire de l’océan Pacifique; à quelque distance de cette ville est Benicia, sur la baie de Suissoon , à la sortie du détroit des Carquines, à 8 lieues de San-Francisco. Sonora, dans la vallée des Tulares, arrosée par les affluents du San-Joaquin ; Saint-Louis, sur un petit ruisseau qui verse ses eaux dans la baie de San-Pablo ; Frémont, près de l'embouchure de la rivière Fealher, devant son nom au premicr officier américain qui ait parcouru ce pays en maitre et l'ait bien fait connaître. Vernon, à 8 lieues au nord-est du Sacramento ; Marysville, au point de jonction de lFuba et de la Feather, à 30 licues au nord-est du Sacramento : de petits bateaux à vapeur remontent jusqu’à cette place, rendez-vous des mineurs, qui peuvent s’y procurer tous les articles nécessaires pour leur entretien et leur équipement : des tentes, des outils, des vêtements tout confectionnés, des esprits, du bœuf, du porc, de la farine, et d’autres denrées : c’est de ce point que les mineurs se rendent à pied à leur destination, en faisant por- {er leurs bagages sur des mules; enfin, Rosé'#-Bar, sur l’'Yuba, à 40 lieues au-dessus de Marysville; Forster’s-Bar, M liewes plus haut en remontant la rivière; Godwins-Bar, 11 lieues au delà; et Borwmieville, 3 lieues encore plus loin, c’est-à-dire à 108 lieues au nord-est de San-Francisco, sont des établissements recherchés par les mineurs, qui y travaillent seulement de mai à août, pendant la saison sèche. Les neiges restent quelquefois sur les montagnes, et remplissent les excavations jusqu’à eette époque. La rapidité avec laquelle ces différents centres d’habitations surgissent, se développent, et prennent tout à coup rang parmi les plus grandes cités

ou éta- "amentomericansco, iont etc. : des stterville, \ création nt le fort yù se fit la n, à quelvière avec » en 4816, acramento o espagnol rision milit Benicia, à 8 lieues sée par les ui verse ses chure de la qui ait parà 8 lieues de l’Yubu et tits bateaux ineurs, qui entretien et nfectionnés, s : c’est de ce faisant por- , à 40 lieues remontant la lieues encore sco, sont des seulement de elquefois sur e époque. La surgissent, SC crandes cités

américaines, ne saurait se décrire, Observons cependant que la population de la Californie n’est pas assez sédentaire pour leur assurer dans l'avenir l'importance à laquelle elles sont subitement parvenues.

L'État actuel de la Californie n’occupe que la moindre partie de l'immense région qui portait autrefois ce nom. Quelques missions et des ports de commerce y avaient été établis de bonne heure par les Espagnols ; mais, en général, ces établissements étaient tombés en décadence; Mon terey et San-Francisco étaient les seuls ports visités par les navires que le besoin y conduisait, lorsqu’en 1846, les forces des États-Unis s'emparèrent de la contrée; et en 1848, à la fin de la gucrre du Mexique, cette conquête leur fut confirmée. Par suite de la découverte des gisements aurifères faite cette année, la population s'étant accrue avec une rapidité sans exemple, les habitants reconnurent la nécessité d’un gouvernement régulier. En 1849, une convention s’assembla, et promulgua une constitution qui fut immédiatement ratifiée par le peuple; en 4850, la Californie fut admise comme Etat dans l’Union fédérale.

La population de ce nouvel État, que l’on évaluait à peine en 4831 à 23,000 âmes, comprenant 48,000 Indiens convertis et 5,000 colons ou soldats d’origine espagnole, dépasse aujourd’hui 200,000, dont la moitié au moins sont Anglo-Américains. Le reste se compose de colons venus, ainsi que nous l’avons dit, de toutes les parties du monde, et d'environ 20,000 Indiens.

Ces derniers habitent l’intérieur du pays; ils se divisent en un grand nombre de petites tribus, parmi lesquelles mous eiterons celles des Tulares, des Jenigueih, des Pabr-Utahs, des Queba-Jayes et des Kinklas. Ts ont en général le teint brun tirant sur le bistre, les cheveux noirs et plats, la barbe rare, les yeux petits et allongés, la têtæ carrée, la face large sans être plate, le nez épaté, la bouche grande et les pommettes des joues saillantes; la poitrine haute, les jambes gréles. Leur taille est généralement au-dessus de la moyenne; ils pratiquent le tatouage, mais cet usage semble plus répandu chez les femmes que chez les hommes. La tribu des Kinklas, habitant au nord-ouest de la vallée des Trois-Buttes , est remarquable par sa bonne humeur et sa douceur, c’est une race joyeuse, toujours disposée à rire et à gesticuler. Les hommes se peignent ordinairement la partie supé-

rieure des joues au moyen de lignes qu’ils mènent jusqu’aux oreilles; ces traits sont de couleur bleue ou rouge, mêlée de particules brillantes ressemblant à du mica pulvérisé. Le vêtement des hommes consiste en une ceinture de peau de loutre; ils y ajoutent un manteau en peaux de daim, de

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lièvre ou de rensrd, et se couvrent la tête de chapeaux de paille très-bien tressés. Le costume des chefs consiste en une ceinture de plumes descendant jusqu'aux genoux. Ils portent aussi un manteau fait en tissu de plumes ingénieusement travaillé. Leur coiffure se compose du bonnet appelé en langue indienne fobet; c’est un bandeau tourné autour de la tête, dans lequel sont fixées plusieurs sortes de plumes, arrangées avec symétrie en forme de couronne. L’habillement des femmes se compose d’une jupe en forme de sac, ou d’une ceinture de roseaux descendant à mi-jambe; elles se couvrent les épaules d’un manteau de peau, et ont pour coiffure des réseaux trés-déliés. Les femmes recherchent la parure avec passion ; elles

portent, comme les hommes, des colliers de nacre mêélés de noyaux de fruits”

et de coquillages. La principale occupation des hommes et des femmes, est de filer le lin, le chanvre, le coton; ils en font des sacs, des filets et des réseaux ; ils fabriquent aussi des paniers. Toujours nomades, ils ne cultivent guère qu’un peu de maïs, et se nourrissent principalement de gland et du produit de leur chasse et de leur pêche. Leurs habitations temporaires consistent en huttes circulaires de 2 mètres de diamètre sur 3 de hauteur, on y entre en rempant par un trou pratiqué en terre. Chaque tribu est soumise à l'autorité d’un chef absolu, qui n’entreprend rien sans avoir pris Pavis du puplem, espèce de devin et prêtre-médecin. Les armes des naturels de la Californie sont l’arc et les flèches; quelques tribus ont des massues et des lances. Üne de leurs ruses dechassela plus curieuse, est celle qu’ils emploient contre les cerfs : revêtus de peaux de cerfs, auxquelles la tête et le bois tiennent encore, ils se rendent dans les clairières des forêts, et, à dencachés par les hautes herbes, ils imitent si bien ces timides hôtes des forêts, que ceux-ci accourent à l’appeau sans défiance, et tombent bientôt percés d’un trait mortel.

Nous terminerons cette description de PÉtat de Californie, en empruntant à une publication récente, l'Annuaire des Deux-Mondes, le tableau des différentes routes qui mènent des États orientaux de l’Union américaine en Californie.

Routes de mer. — Première route : de New-York à Chagres, par navire à vapeur, 750 lieues, 47 jours ; — de Chagres à Panama, par canot et par mules, 20 lieues, 2 jours; — de Panama à San-Francisco, par navire à vapeur, 1,200 lieues, 20 jours.

Deuxième route : de New-York à San-Francisco, en doublant le cap Horn, par navire à voile, 6,000 lieues, 6 mois.

Routes de terre. — Première route : de Saint Louis-Missouri à San-

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