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donner une idée du grand nombre de ces monuments, il suffit de dire que dans le seul État de la Louisiane, M. Brackenridge estime qu’il y en a plus de 3,000 1.
Ce qui peut faire spprécier le degré de civilisation du peuple qui les a érigés, ce sont les objets fabriqués qu’on y a découverts. Une courte énumération de ces objets fera voir qu’on s'est plu à exagérer l’état de cette civilisation, bien qu’elle soit supérieure à celle des indigènes de nos jours, qui du reste ne construisent aucune sépulture de ce genre.
On a trouvé dans la plupart de ces tombeaux des haches assez semblables à celles dont les tribus américaines se servent encore à la guerre ; des pilons en pierre, des vases de terre, des médailles en cuivre, des pointes de flèches du même métal, des chapelets dont les grains étaient passés dans un fil de lin, des têtes de pipe en cuivre mal battu, des poteries assez bien conservées et formées de silex et d'argile, Dans un des tertres des environs de Marietta, vitle de l’État d’Ohio, on a découvert quelques pièces de cuivre qui paraissent avoir formé le devant d’un casque. Un des tertres ouverts près de Circleville, dans l'Etat d’Ohio, a présenté une grande quantité de pointes propres à armer ‘ hes, et la poignée d’une petite épée faite en corne de cerf. Dans v': : ie fumulus des environs de la même ville, se trouvaient des couteaux et des haches en pierre. Près de Louisville, dans l’État de Kentucky, on a trouvé, avec des ossements humains, des pointes de flèches en silex.
On a cherché à évaluer l’antiquité de ces tombeaux par la dimension des arbres qui croissent sur leurs sommets et dans les fossés qui les entourent ; mais on conçoit que cette évaluation ne peut être qu’approximative, attendu que ces arbres n’y ont point été plantés par ceux qui ont élevé ces monuments, et qu’ils y ont poussé naturellement à une époque plus ou moins ancienne. Cependant des platanes de l’espèce appelée plalanus occidentalis indiquèrent par la grosseur de leur tronc et par le nombre des couches concentriques, qui le formaient un nombre d’années assez considérable, Lorsque des Français fondèrent, en 1788, la ville de Marietta, qu’ils nommèrent ainsi en l'honneur de la reine Marie-Antoinette, les tertres qui s'élèvent près de son emplacement étaient couverts d'arbres de dimensions prodigieuses. Quelques-uns paraissaient avoir près de 500 ans; mais ils étaient postérieurs à d’autres arbres morts de vétusté, dont {es troncs pourris avaient 3 à 4 mètres de diamètre, et tout portait à croire qu’il y
‘ H. Brackenridge : On the population and tumuli of the aborigenes of North America.
avait eu antérieurement à ceux-ci d’autres arbres dont on retrouvait les débris décomposés. Un bouleau qui présentait 136 cercles d’accroissement paraissait avoir pris la place d’un arbre d’une auire espèce. « Si donc nous « admettons, dit à ce sujet le docteur Cutler, que les arbres actuels aient « 450 ans, et que les anciens en aient eu autant, il résulterait que ces « ouvrages ont été abandonn depuis 900; et en supposant qu’ils aient « été occupés l’espace de 100 ans, leur origine remonterait au moins « à 4,000 ans.» On conçoit, nous le répétons, que ces arbres, ayant poussé spontanément, soient postérieurs de plus d’un siècle à l’érection de ces fumuli, ce qui porierait l’antiquité de ceux-ci à près de 42 siècles. En général, on a remarqué sur ces monuments des arbres aussi grands et probablement aussi vieux que ceux des antiques forêts voisines.
Cependant nous devons faire remarquer que les monuments funéraires dont nous venons de parler paraissent être d’une époque plus ancienne que d’autres dont nous allons dire un mot, et qui, mal observés d'abord, ont été le sujet de suppositions fort singulières.
Sur les bords du Merameg, ou Maramec, appelé aussi Merrimack, affluent du Mississippi, MM. Say et Peale remarquèrent une foule de tom-
beaux qui avaient déjà été explorés et qui passaient pour renfermer les
ossements d’une race a’ nommes au dessous de la taille ordinaire : on avait
même donné le nom de Lilliput à cet emplacement, que l’on regardait comme contenant les restes d’une ville qui avait été habitée par des pygmées. Enfin, comme on avait trouvé dans un de ces tombeaux la tête d’un vieillard sans Cents, on en avait conclu qu’il avait existé dans le voisinage de cette ville une race d'hommes ayant les mâchoires comme celles des tortues, Ces tombeaux ne s'élèvent pas comme les autres au-dessus du sol; ont les reconnait aux pierres verticales qui les entourent, et dont on n’aperçoit que les extrémités ; d’autres pierres placées horizontalement les recouvrent. Ce qui a fait supposer l’antique existence d’une peuplade de nains dans la contrée, c’est que les tombes n'ont ordinairement qu’environ 4 mètre de longueur, fait qui s’est trouvé expliqué tout naturellement par la découverte d’un squelette bien conservé, qui avait les os des jambes repliés contre les cuisses. Ces os paraissent avoir été disséqués, comme c’est encore la coutume chez quelques tribus de l’Amérique du nord. Tout porte À croire enfin que ces tombes contiennent les restes d’un peuple pius moderne que celui qui a élevé les tertres. Mais cependant ce peuple était d’une autre rare que les Indiens d'aujourd'hui : ces deraiers sont grands,
trouvait les 4 minces ct bien faits, tandis que ceux dont on retrouve les sépultures sur croissement | les bords. du Maramec étaient courts et trapus.
si donc nous 4 Examinons maintenant les grandes constructions en terre, en pierres et actuels aient à en briques : elles offrent d’autant plus d’intérèt qu’elles semblent annon- Prait que ces à cer un plus haut dogré de civilisation que l'érection des monuments funé-
t qu’ils aient 4 raires que nous venons de passer en revue. Elles consistent en murailles
ait au moins L de terre qui s’élèvent parallèlemert sur le sol, eten murailles souterraines | arbres, ayant à quelquefois en terre, et d’autres fois en briques et en pierres. On a consi- | cle à l’érec- # déré les premières comme des restes de fortifications, et en effet tout semble | ci à près de à annoncer qu’elles ont été faites dans un but stratégique. Elles se com- | ts des arbres 4 posent de para \ets et de fossés, avec cette particularité que les portes s’ountiques forêts 4 vreunt toutes du c£Até du levant. Quelques-unes sont surtout remarquables |
‘à par leur étenduc. Celle que l’on voit près de la ville de Chillicothe, dans
ents funéraires l'État d'Ohio, couvre plus de 40 hectares de superficie ; c’est une muraille |
s ancienne que Li en terre de # mètres de hauteur sur 5 d’épaisseur à sa base, entourée de ‘4 Afart ñ , .. e , 4 Il ss d'abord, ont à tous côtés, excepté de celui de la rivière, d’un fossé large d'environ 7 mètres. |
La plupart, situées sur le bord des rivières, sont de forme rectangulaire, et ! ssi Merrimack, ont plus de 200 mètres de longueur et 180 de largeur; d’autres, placées à | ne foule de tom- E, quelque distance des cours d’eau, sont circulaires et ont rarement pius de |
ur renfermer les 1 50 mètres de diamètre. Des travaux semblables s'étendent d’un côté depuis
inaire : on avait 4 les bords méridionaux du lac Érié jusqu’au golfe du Mexique, et de l’autre | e l’on regardait à sur les rives du Missouri, et depuis ce cours d’eau jusqu'aux montagnes | tée par des py8- Rocheuses. |
aux la tête d’un A partir de l'embouchure äu Cataragus-Creek; dans le lac Érié, dit ans le voisinage M. Warden, on rencontre une ligne de ces fortifications qui s’é‘endent ne celles des tor- Pi l’espace de 30 kilomètres vers le sud, et qui ne sont éloignées les unes des dessus du sol; ï autres que de 6 à 8 kilomètres. Dans la partie occidentale de l’État de Newrent, et dont on ‘à York, on trouve les vestiges d’une ville défendue par des forts :t dont rizontalement les l'emplacement parait avoir occupé plus de 202 hectares. « L'ancienne une peuplade de « fortification découverte par le capitaine Carver, près du lac Pépin et du airement qu’en- « Missouri, par 43° 50! de latitude nord, à près d’un mille d’étendue. Elle out naturellement « est de forme circulaire, et la surface qu'embrassent ses remparts pour- fl jes os des jambes rait contenir 5,000 hommes. » disséqués, COMME « Quoique ces ouvrages, dit Carver, aient été déformés par le temps, on ue du nord. Tout « en distingue néanmoins les angles, qui paraissent avoir été construits { s d’un peuple plus suivant les règles de l’art militaire et avec autant de régularité que si | Ant ce peuple était « Vauban lui-même en eùt tracé le plan. » | diers sont grands, L'État de New-York possède, dans le comté d'Onondoga, et dans le dis- k