‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 2)Chapitre 37 sur 146 · RAR · texte numérisé non relu

RAR

trict de Pompey, les restes d’une ville antique qui a dù occuper une superficie d'environ 203 hectares; à l’est et au nord, il existe une descente perpendiculaire d’environ 35 mètres de profondeur, dans un ravin au fond duquel coule un ruisseau. Trois forts de forme circulaire, éloignés l’un de l’autre de 3 lieues, forment un triangle qui embrasse la ville 1,

Aux environs €. Newark, dans l’État d'Ohio, au sud du Racoon-Creek, affluent du Licking, s'étendent, st. * e longueur de 17 kilomètres et sur une largeur de 42, des fortifications .iques d’une grande importance. On remarque à l’ouest un fort de forn.e ronde occupant une superficie de 90 mètres carrès, et communiquant par deux murailles parallèles en terre, hautes de 3 mètres, avec un fort octogone dont les murs sont de la même hauteur, et qui couvre une surface de 460 mètres carrés. On entre dans ce fort par huit ouvertures d’environ 5 mètres de large , défendues chacune par un tertre dont la hauteur et l’épaisseur égalent celles des murs extérieurs. À 6 milles au sud-est du premier fort rond, s’en élève un second de la même forme et de la même dimension, mais dont les murailles ont 10 mètres de hauteur, et qui est environné d’un fossé profond. Vis-à-vis l'entrée de ce fort, se prolonge, vers le nord-est, uné double muraille qui forme un passage conduisant à un fort carré occupant 80 mètres de superlicie, etcommuniquant, par deux passages formés de murailles parallèles, à une muraille bâtie en demi-cercle, et défendue à chaque extrémité par deux tours rondes. Du fort carré on communique, par un chemin couvert formé de deux murs en terre, avec le fort de forme octogonce; enfin, près de celui-ci, s'étend vers le nord et vers le sud un autre chemin couvert, dont les extrémités sont défendues aussi par deux tours rondes.

À 4 ou 5 milles au nord-est de Sommerset, on remai ue un grand fort de forme presque triangulaire; il diffère de la plupart des autres moins par la forme que par sa construction : les murs se composent de quartiers bruts de rochers, qui ne présentent aucune trace d’instruments de fer; au centre s’élève un môle en pierres, construit en forme de pain de sucre et haut de & à 5 mètres

Près de Marietta, des restes de vastes constructions paraissent représenter une ville carrée de 160 mètres de superficie, défendue par des chemins couverts et deux forts, l’un carré et l’autre rond. Mais malgré Pincertitude où l’on est, si quelques-unes de ces constructions ont pu être des villes, celle qui par son étendue pourrait avoir renfermé des habitants est

1 M. de Witt Clinton : Mémoire sur les antiquités de la partie septentrionale de New-York ; 4820.

ne superdescente in au fond és l’un de

Jon-Creek, tres et sur rtance. On perficie de s en terre, le la même tre dans ce es chacune murs extén second de arailles ont d. Vis-à-vis nuraille qui es de superparallèles, ktrémité par min couvert fin, près de puvert, dont

rrand fort de moins par la ers bruts de

; au centre e et haut de

ssent reprépar des chegré Pincerpu être des habitants est

entrionale de

l’ensemble de fortifications que l’on remarque à 5 ou 6 milles de Chillicothe. On y remarque un ouvrage circulaire environné de murs et de fossés, qui paraît être un enclos sacré destiné aux sépultures : la grande-quantité d’ossements que l’on y a trouvés semble prouver qu’une nombreuse population a demeuré au milieu des fortifications qui ont dû former l'enceinte de la ville.

Nous avons vu plus haut que des officiers instruits ont trouvè dans quelques-uns de ces travaux des traces d’une certaine connaissance de l’art militaire : rien ne peut mieux justifier cette opinion que les anciennes forlifications que l’on remarque sur une colline escarpée qui borde la rive gauche du Pc.:t-Miami, à une dizaine de lieues de Ciacinnati, dans l’État d’Ohio. Ces fortifications, qui occupent une longueur de 4,600 mètres du sud au nord, et une largeur de 5 à 600 mètres, présentent une suite angles soïillants et rentrants qui leur donne beaucoup de ressemblance avec les travaux des modernes. Les murailles en terre, hautes de 6 à 8 mètres, en ont 20 d’épaisseur à leur base.

Dans l’État de Kentucky, on voit, sur un terrain élevé, pr : des sources de l'Hikmans-Creek et de la ville de Lexington, les restes d’ue ancienne cité qui a dù être considérable. Elle occupe une étendue de 2 à 300 hectares, sa forme est celle d’un polygone irrégulier à sept côtés inégaux, dont le plus grand a 360 mètres de longueur et le plus petit 120.

Dans l’État d’Arkansas, dit M. Warden, M. Savage a découvert, près de la rivière de Saint-François, les ruines d’une ville fortifiée d’une grande étendue, et les débris d’une citadelle construite en briques et en ciment. Des arbres, dont quelques-uns paraissaient avoir plus de 300 ans, avaient pris racine sur ces murailles,

Dans l’État de Missouri, parmi d’anciens travaux de fortifications, on cite une muraille en terre, longue de1,210 mètres, haute de 3 et épaisse de 25 à sa base, qui s'étend sur le bord du Missouri. Un autre, de 2 mètresde hauteur, va depuis l’extrémité de la précédente jusqu’à la distance de 1,100 mètres.

Toutes ces constructions ne sont réellement remarquables qué parce qu’elles ne peuvent étre attribuées aux ancêtres des Indiens d’aujourd’hui, qui n’en élèvent aucune de cette importance ni de cette solidité. Le peuple qui les a faites était certainement plus avancé en civilisation que les misérables sauvages qui errent dans les contrées occidentales de l'Amérique du nord ; mais cette civilisation n’est point à comparer à celle des Mexicains et des Péruviens, et encore moins à celle des antiques nations de l’ancien continent.

pepe

Dm De D Ps 2 € agen nt >

ennemies

Le

Eur

Cependant, comme si ce n’était pas assez de trouver sur le territoire des États-Unis les traces d’un peuple antérieur à la population actuelle, des restes de constructions en pierres, remarquables par leur régularité, nous révèlent dans la même contrée l’existence d’une nation plus avancée en civilisation que celle qui a élevé cette foule de tertres et ces nombreuses fortifications don: nous n’avons présenté qu’un aperçu rapide. À 2 milles de Louisiana, sur le Noyer-Creek, ruisseau qui se jette dans le Mississippi, s'élèvent quelques-uns des monuments dont nous voulons parler. L’un d'eux, construit en pierres informes, a 48 mètres de longueur et 72 de largeur : c’est un bâtiment divisé en quatre salles, dont la première est aussi grande que les trois autres ensemble. Un petit bâtiment carré à l’extérieur, mais qui renferme deux salles de même forme, séparées parunede formeovale, se remarque à quelque distance de là. Ces édifices présentent des voûtes assez bien faites, construites en petites pierres taillées avec régularité. On peut attribuer encore à la même nation des murailles tantôt parallèles, tantôt circulaires, ou d'une forme oblongue fort allongée, que l’on suppose avoir été bâties pour former des enceintes destinées à la célébration des jeux; la plupart de ces constructions sont aussi en pierres. Enfin, 1l est probable qu'ils appartiennent au même peuple ces puits construits en briques, que des fouilles ont fait découvrir sur les bords de la Delaware.

Telles sont les grandes constructions que des populations inconnuesont laissées sur le sol des États-Unis. M. Brackenridge en porte le nombre à plus de 5,000. IL nous reste à parler de quelques antiquités moins consirables , mais non moins intéressantes. Au premier rang se place un rocher de gneiss, trouvé sur le bord de la mer, à l'embouchure de la rivière de Taunton , dans l'Etat de Massachusetts , et chargé de figures que l’on a considérées comme des hiéroglyphes et de caractères que l’on a regardés comme phéniciens : ce qui prouverait que l’Amérique a été connue des anciens. Mais, malgré l'opinion de Court de Gébelin et de quelques auteurs récents, tels que MM. Yates et Moulton, l’origine qu’on a voulu assigner à ce monument nous semble loin d’être prouvée. En effet, selon nous, ou le monument est phénicien , et alors l'inscription ne doit présenter que des caractères appartenant à l’alphabet des Phéniciens , ou il est étranger à ce peuple, et dans ce cas il n’offrira que de faibles analogies avec son écriture : et c’est en effet ce que nous remarquons dans l'inscription hiéroglyphique en question. En retranchant de cette inscription sept ou huitfigures d'hommes et d'animaux qui n’ont jamais pu être tracées par une main phénicienne, tant elles sont grossières , il reste plus de 80 caractères , par-

oire des ile, des lé, nous ncée en uses formilles de sissiPPi.

er. L'un a de larest aussi xtérieur, meovale, es voûtes arité. On arallèles , n suppose ration des ilest pron briques,

nnues ont nombre à bins consiun rocher rivière de que l’on a a regardés onnue des es auteurs u assigner nous , Ou er que des anger à ce son écrihiéroglyuitfigures une main ères , par-

DR TRDS AEGAEESE E SUR P RSR AT NU OR A D MORT Lien so mr y ge he Re CES SN CN 2er

mi lesquels on en trouve à peine 7 ou 8 qui aient quelque ressemblance avec les lettres phéniciennes. Du reste, nos doutes à l’égard de l’origine de ce monument ne lui Ôtent pas même à nos yeux tout l’intérêt qu’il mérite : il est assez remarquable sous d’autres rapports. Il n’est visible qu’à la marée basse ; sa hauteur est d'environ 2 mètres, et sa largeur , à sa base, est de 3 à 4 mètres. Sa surface est polie, et peut-être même sa masse a-telle été taillée, car il est à trois faces, terminé en pointe, imitant grossièrement la forme d’une pyramide. Les caractères et les figures qui couvrent l’une de ses faces ne sont gravés qu’au trait; mais la profondeur des lignes qui n’excède pas un centimètre, et dont la largeur varie de deux à trois centimètres, annonce qu’elles ont été faites avec un instrument de fer qui devait avoir la forme d’un segment de cylindre : ce qui annonce la connaissance de plusieurs arts que ne possèdent point les sauvages de l’Amérique septentrionale.

A Bollovs-Falls, dans l'Etat de Vermont, au sud de la rivière de Connecticut, on découvrit en 4823 un roc de 2 mètres de longueur et de 1 de hauteur, qui est chaque année couvert pendant les grosses eaux, et sur lequel sont gravées en creux des figures humaines. A l’extrémité de ce rocher, une tête d'homme sculptée en relief est d’autant plus remarquable qu’elle a été peu endommagée par le mouvement des eaux, et qu’elle a conservé presque tout son caractère original. Le nez, la bouche et les yeux sont presque détruits, mais le front, les joues et le menton sont, il est vrai, bien conservés, et attestent que ce travail est d’une main assez habile. Ce qui reste de cette tête n’offre aucun des caractères des naturels de nos jours.

Nous pourrions citer dix ou douze autres exemples d'inscriptions ou de sculptures gravées sur des rochers dans différentes parties du territoire de l’Union, et qui ne sont point l’ouvrage des peuplades actuelles. Le plus remarquable de ces monuments est un rocher de grès très-dur , situé au confluent de l’EIk et de la Kanhava. Sur l’un des côtés du rocher, on a gravé une tortue, un aigle avec les ailes déployées, un enfant dont les traits sont bien sculptés, et plusieurs figures au nombre desquelles on distingue celle d’une femme. Sur l’autre côté on remarque, parmi d’autres figures celle d'un homme dans l'attitude d’une personne qui prie, et dont la tête est terminée en pointe ou coiffée d’un bonnet pointu. Plus loin, une figure semblable est suspendue à une corde par les talons. On doit s’étonner de la patience qu’il a fallu pour graver ces figures sur un roc tellement dur que l’acier peut à peine l’entamer,

Un autre rocher a mérité d'attirer l'attention des antiquaires ; il est calcaire, et a été détaché de la chaine qui borde le Mississippi près de Saint- Louis. Sa longueur est de 2 à 3 mètres, et sa largeur de 4 mètre à 4 mètre 50 centimètres. Il porte l'empreinte assez bien sculptée de deux pieds d'hommes.

Les idoles et les vases que l’on a trouvés, soit dans des tombeaux, soit dans d’autres constructions, ne ressemblent pas plus que ces mêmes constructions aux objets qui sortent aujourd’hui des mains des sauvages de l'Amérique. L'une de ces idoles, découverte dans un {umulus près de Nashville, dans l'Etat de Tennessée, représente le buste d’un homme ; son bras etson visage étaient mutilés, mais sur le sommet de sa tête étaient sculptés une tresse et un gâteau. Dansune antique forteresse située sur le Cany, affluent de la rivière de Cumberland, on a découvert, dit M. Warden, à un mètre de profondeur, un vase composé de trois têtes jointes ensemble par derrière auprès de leur sommet, au moyen d’un col qui s’élève au-dessus de ces têtes d'environ 4 décimètre. Le col a 2 décimètres de circonférence; il est creux aussi bien que les têtes, et peut contenir une pinte de liquide. Ce vase est fait d'une argile dureie par le feu ; il est peint : les figures surtout sont ornées de couleurs variées, que l'humidité du sol n’a point altérées, bien qu’il ait dù être enfoui pendant des siècles. Les savants américains qui en ont donné la description, ont trouvé dans ces figures les caractères qui distinguent les peuples tatars. On a prétendu aussi que l’idole que nous venons de citer ressemblait à celle que Pallas a recueillie dans la Russie méridionale. Mais nous ferons observer à ce sujet que de pareils traits de ressemblance dans des monuments grossiers des arts ne sont pas suffisants pour en conclure qu’ils ont une origine commune. Dans tous les pays, les premiers essais de l’homme dans les arts du dessin offrent nécessairement un certain degré d’analogie; il serait téméraire d’y chercher des caractères de race : rien ne ressemble plus à la laide physionomie d’un Tatar ou d’un Mogol que le premier essai de figure humaine sorti des doigts grossiers d’un sauvage de l'Amérique ou de l'Océanie.

Il ne nous reste plus qu’à parler des momies des anciens peuples de l'Amérique septentrionale. On en a trouvé plusieurs dans des cavernes calcaires de l’État de Kentucky, principalement dans celle du Mammouth,

qui a été ainsi nommée, dit M. Warden, à cause de sa grande ‘tendue,

qui est de 46 kilomètres de longueur, et de 35 en y comprenant ses différents embranchements. Toutes ces cavernes renferment une grande quan- 1 Archælogia americana, p. 211 et 238.

| est calde Saintà 1 mètre ux pieds

aux, Soit êmes conuvages de s de Nash- ; son bras ient sculpur le Cany, Warden, à »s ensemble re au-dessus conférence; e de liquide.

figures Sura point altéavants amé= s figures les u aussi que ds a recueillie sujet que de s des arts ne e commune.

ris du dessin téméraire d'y laide physiorure humaine l'Océanie.

ns peuples de des cavernes Mammouth , ande ‘tendue; nant ses diffégrande quanñ-

seen

se < Salt sf isiesre RSR de di ie

Lee

tité de nitre. On y a découvert des momies, à des profondeurs plus ou moins considérables, dans des couches de terre saturées de cette substance. L'une d'elles se trouvait à 3 mètres au-dessous du sol ; elle était placée dans uno sorte de cercueil composé de plusicurs pierres, dont une formait le dessus. Elle était accroupie, comme dans certains tombeaux dont nous avons parlé; elle avait les genoux repliés sur la poitrine, les bras croisés et les mains passées l’une sur l’autre, à la hauteur du menton. Toutes les parties du corps étaient parfaitement conservées, mais tellement desséchées, que, malgré une stature de 4 mètre 75, elle ne pesait pas plus de 6 à 7 kilogrammes. On n’y remarquait aucune incision qui indiquât que les viscères en aient été retirés. Elle n’était recouverte d'aucun bandage, ni d'aucune substance aromatique ou bitumineuse; mais elle était revêtue de quatre enveloppes différentes : la plus inférieure se composait d’une sorte d’étoffe faite de ficelle double, tordue d’une manière toute particulière, et de grandes plumes brunes entrelacées avec beaucoup d’art; la seconde était de la même étoffe, mais sans plumes; la troisième était d'une peau de daim sans poil; et la quatrième et dernière, d’une peau de daim avec le poil. Le savant docteur Mitchill, en décrivant une momie absolument semblable, trouvée aux environs de Glasgow, dans le Kentucky, a cherché à établir, sur la ressemblance qui existe entre la toile en ficelle, le tissu en plumes qui lui servaient d’enveloppe, et les étoffes semblables que fabriquent les habitants des iles de l'Océanie, la preuve que les premiers habitants de l'Amérique septentrionale étaient originaires de la Malaisie : ainsi, d’un côté nous voyons des savants américains prétendre, les uns d’après quelques signes grossièrement gravés, que les Phéniciens ont connu l’Amérique ; les autres, d’après des figures mal ébauchées, que la population primitive du nord de ce continent était sortie de la Mongolie; les autres enfin, d’après des tissus que tous les peuples qui sont au même degré de civilisation peuvent fabriquer de même, que cette population était originaire de l’Océanie.

Ne nous hâtons donc point de tirer, de la présence des différents monuments que nous venons de passer en revue, aucune conséquence sur l’origine de la population américaine : de nouvelles recherches sont nécessaires pour arriver à des résultats satisfaisants. Jusque là nous serions plutôt portè à croire que les Indiens de nos jours ont dù se répandre dans l’Amérique septentrionale après qu’une nation plus policée en avait été en possession et avait émigré dans d’autres contrées. Peut-être est-ce cette même

nation qui, au septième ou au douzième siècle de notre ère, quitta ses Ÿ. 81

anciennes possessions pour aller conquérir le Mexique; ce qui s’accorderait assez avec la date présumée de quelques-uns des monuments que nous avons cités, et entre autres des tombeaux. Les populations les plus septentrionales qui, jusque-là, avaient été contenues dans leurs limites par cette nation, qui pourrait bien être celle des Toultèques ou celle des Aztèques, l’auront remplacée sur le territoire des Etats-Unis, où elles sont restées étrangères à sa civilisation, ignorant l’art de construire ces énormes tombeaux, que l’on ne peut comparer qu'aux fumuli des anciens, celui d'élever des retranchements, pour se mettre à l'abri des attaques de l’ennemi, celui de travailler le fer, de le convertir en acier, et d’en fabriquer des instruments propres à graver des inscriptions et des figures sur des rochers d’une grande dureté, ignorant enfin les diverses branches d’industrie dont on retrouve les traces dans les monuments restés abandonnés.

On sait en effet que le Nouveau-Monde offre à différentes époques, dans ses souvenirs historiques, le même mouvement de migration des peuples du nord vers le sud, que l’ancien continent : ainsi les Toultèques parureht pour la première fois au Mexique vers l’an 648 de notre ère; les Chichimèques en 1170; les Nahualtèques en 1178; les Acolhues et les Azstèques en 1196. On sait aussi, comme le fait remarquer M. de Humboldt, que les Toultèques introduisirent au Mexique la culture du maïs et du coton; qu’ils construisirent des villes, des chaussées, et surtout ces grandes pyramides que l’on admire encore aujourd’hui, et dont les faces son: très-exactement orientées ; qu’ils connaissaient l’usage des peintures hicroglyphiques ; qu’ils savaient fondre les métaux et tailler les pierres les plus dures, et qu’enfin leur année solaire était plus parfaite que celle des Grecs et des Romainst.

Dans la rapide énumération des nouveaux territoires qui se partagent aujourd’hui immense contrée située à l’ouest du Mississippi, nous n'avons fait que nommer les tribus indiennes qui erraient dans leurs vastes plaines ou vivaient à l'ombre de leurs forêts. Nous allons maintenant entrer dans quelques détails relativement aux plus importantes.

La puissante nation des Sioux est la terreur de toutes les peuplades sauvages, depuis le pays des Indiens-Serpents et la rivière du Corbeau au nord

usqu’au confluent du Missouri ct du Mississippi; elle se divise en plusieurs

1 Nous renvoyons pour de plus amples détails, à l’intéressant ouvrage que le bureau des affaires indiennes des États-Unis, vient de publier sous ce titre : Historical and statistical information respecting the history, condition and prospects of the indian tribes of the United-States; Philadelphie, 1851, in-4°. V.A. M-B.

s’accordcque nous plus seplimites par celle des à elles sont >s énormes iens, celui es de l’enn fabriquer res sur des es d’indusndonnés.

oques, dans des peuples Toullèques otre ère; les plhues et les M. de Humure du mais t surtout ces lont les faces des peintures r les pierres aite que celle

se partagent nous n'avons astes plaines t entrer dans

uplades saubeau au nord en plusieurs

ke que le bureau . Historical and ts of the indian ÿ.A. M-B.

tribus. Les Minoa-Kantongs, ou gens du Lac, s'étendent de la prairie du Chien à la prairie des Français, et sont subdivisés en quatre tribus qui obéissent à différents chefs. Ils passent pour les plus braves de tous les Sioux, et sont beaucoup plus civilisés que les autres; eux seuls font usage de canots. Ils construisent des cabanes de troncs d’arbres et s’adonnent à la culture de la terre; mais, quoiqu’ils récoltent un peu de maïs et de fèves, l'avoine sauvage, que la nature fournit à presque tout le nord-ouest de ce continent, leur sert principalement en guise de pain. Cette bande est généralement pourvue d'armes à feu. La bande des Waspetongs, ou «gens de feuille, » erre dans le pays compris entre la prairie des Français et la rivière Saint-Pierre. Les Sassilongs, divisés en deux tribus, chassent sur le Missi::sippi depuis la rivière Saint-Pierre jusqu’à celle du Corbeau. La bande vagabonde des Fanetongs du nord et du sud maintient son indépendance dans les vastes solitudes qui s'étendent entre la rivière Rouge et le Missouri ; elle s’y confond en quelque sorte avec celle des Titons, également divisée en branche du nord et du sud, et dispersée sur les deux rives du Missouri, depuis la rivière du Chien jusqu’au pays des Mahas et des Minetares. Le bison fournit à ces deux bandes la nourriture, le vêtement et l’habitation, ainsi que les selles et les brides de leurs chevaux, dont elles possèdent des troupeaux innombrables. La bande des Waschpecontes, la plus petite enfin, fait la chasse vers les sources de la rivière des Moines. Elle fournit aux Yanetongs du nord et aux Titons le peu de fer dont ils ont besoin; du reste, ils paraissent être les plus indolents et les plus stupides de la nation.

Les Sioux sont incontestablement les plus belliqueux et les plus indépendants des Indiens établis sur le territoire des Etats-Unis. La guerre est méme leur passion dominante; ils connaissent l’art de faire des retr.®chaments en terre pour y mettre leurs femmes et leurs enfants à l'abri des flèches et des balles, lorsqu'ils craignent une attaque subite de l'ennemi. Du reste, les marchands peuvent voyager parmi eux en toute sûreté, en ayant soin cependant de ne point blesser le point d'honneur de ces sauvages. D'un autre côté, jamais aucun voyageur n’a démérité dans leur esprit en cherchant à tirer vengeance d’uneinjure qu’il aurait reçue d’un de leurs compatriotes. Les objets qu’ils vendent aux Américains sont des peaux de tigres, de daims, d’élans, de castors, de loutres, de martres, de renards blancs, noirs et gris, de rats musqués et de ratons. Leur prononciation gutturale, leurs pommettes saillantes et tout l’ensemble de leurs traits, leurs mœurs etleurs traditions, confirmées par lc témoignage des nations voisines,

RP A ARTS DRM

ECM FER

tout porte à faire croire qu’ils ont émigré de la partie nord-ouest de l’Amérique. Ils écrivent en hiéroglyphes comme les Mexicains.

Les Chippeway ou Chipeouays habitent dans l’ouest et le sud du lac Supérieur, sur les lacs de Sable, Sangsue, des Pluies et Rouge, ainsi qu'aux sources des rivières Chipeouay, Sainte-Croix, Rouge, Mississippi et Corbeau ; ils se divisent, comme les Sioux, en plusieurs bandes, Ceux qui résident sur les lacs de Sable et Sangsue sont désignés par les voyageurs sous le nom de Sautfeurs; meis ceux des rivières Chipeouay et Sainte- Croix s’appellent les Folle-Avoine-Sauteurs. Les Crées ou Cries résident sur le lac Rouge. Les Oloways habitent !a côte nord-ouest du lac Michigan et les bords du lac Huron. Les Muscononges, sur les bords de la rivière Rouge, près du Ouinipeg, par conséquent hors du territoire américain, restent en liaison intime aveo les autres Chipeouays, et n’en sont pas encore le dernier chaînon.

Pendant deux siècles, les Chipeouays et les Sioux se sont fait une guerre acharnée, jusqu’en 1805, où M. Pike les réconcilia. Les Chipcouays ont plus de douceur dans le caractère et plus de docilité que les Sioux, plus de sang-froid et de résolution dans les combats. Les Sioux attaquent avec impétuosité; les Chipeouays, protégés d’ailleurs par un pays entrecoupé d’une multitude de lacs, de ruisseaux et de marais impénétrables, se défendent avec adresse et prudence. Ils ont au surplus l’avantage de posséder tous des armes à feu, tandis que la moitié des Sioux n’est armée que de flèches, dont le coup n’est point sûr dans les bois. Les Chipeouays ont un penchant indicible pour les liqueurs fortes, entretenu par les marchands qui encouragent ce goût funeste, afin d'obtenir leurs fourrures à plus vil prix. Des hiéroglyphes sculptés en bois de pin ou de cèdre remplacent également chez eux le langage écrit.

Les beaux traits des Ménomènes, que les Français appelaient Folle-- Avoine, ont charmé tous les voyageurs. Leur physionomie respire à la fois la douceur et une noble indépendance; ils ont le teint plus clair que celui des autres indigènes, des yeux grands et expressifs, de belles dents, la stature moyenne et proportionnée, la taille bien prise, beaucoup d'intelligence ct des mœurs patriarcales. ils demeurent sous des huttes fort spacieuses et construites avec des nattes de jonc, à la manière des Illinois; ils couchent sur des peaux d’ours et d’autres bêtes qu'ils ont tuées à la chasse. Le sirop d'érable forme leur boisson aux repas. Quoique peu nombreux, ils sont respectés de leurs voisins, notamment des Sioux et des Chipeouays ; les blancs les estiment comme des protecteurs et des amis. Les limites incer-

she.

le l’Amé-

A du lac 1si qu'aux i et Cor- Ceux qui voyageurs et Saintes résident c Michigan la rivière américain, pas encore

‘une guerre peouays Ont jux, plus de aquent avec entrecoupé étrables, se tage de posst armée que ipeouays ont ks marchands es à plus vil hplacent éga-

laient Follespire à la fois Jair que celui dents, la stad'intelligence spacieuses et | ils couchent asse. Le sirop eux, ils sont ipeouays ; les limites incer-

taines de leur terrain de chasse s’étendent jusqu’au Mississippi; mais leurs villages sont situés sur la rivière Ménomène et sur la baie Verte, golfe du lac Michigan, Ils parlent entre eux une langue particulière qu’aucun blanc n’a jamais pu apprendre, mais tous comprennent l’algonquin.

Les Winebagos ou Winebaïges, que les Français ont appelés Puanits, résident sur les rivières Wisconsin, des Rochers, des Renards, et sur la baie Verte : leurs villages sont très-concentrés. Ils parlent le même langage que les Ottos de la rivière Plate, et descendent, selon leurs propres traditions, d’une peuplade qui a émigré du Mexique pour se soustraire à l’oppression des Espagnols. Ils passent pour braves, mais leur valeur tient de la férocité. Depuis cent soixante ans environ ils se sont mis sous la protection des Sioux, pour lesquels ils se piquent de fidélité, en les regardant comme des frères. On porte leur nombre à près de 6,000.

Le Ologamis ou Renards, chassés par les Français du Wisconsin, se sont réfugiés sur le Mississippi, où ils habitent trois villages ; ils étendent leurs chasses jusqu'à la rivière qui porte leur nom. Ils vivent dans une alliance étroite avec les Saques, et s’adonnent à la culture des grains, des fèves, des melons, mais surtout à celle du maïs, dont ils peuvent vendre plusieurs centaines de boisseaux par an. Eloignés de leurs villages, ils se logent, ainsi que les Saques, les Puants et les Ménomènes, dans des cabanes de forme élliptique, couvertes de nattes de jonc.

Les Saques ou Sakis, établis sur le Mississippi au-dessus de Saint- Louis, y chassent depuis la rivière des Illinois jusqu’à celle des Ayonas, et dans les vastes plaines à l’occident qui confinent avec le Missouri. Ils récoltent une quantité considérable de maïs, de fèves et de melons. Naturellement inquiets, remuants et dissimulés, ils emploient plus la ruse que la force ouverte,

Les Ayonas, étroitement liés avec les Saques et les Otogamis, demeurent sur les rivières des Moines et d’Ayona, loin de la grande route du commerce. Moins civilisés et moins dépravés que les autres, ils cultivent un peu de mais, et poussent leur chasse jusqu’à l’ouest du Missouri,

Les Ricaras, hommes forts et bien proportionnés, habitent dans trois villages dont la population monte à 450 individus. Quoique pauvres, ils sont bons et généreux ; ils ne mendient pas comme les Sioux; cependant ils acceptent avec reconnaissance ce qu'on leur offre. Leurs femmes sont gentilles et gaies, malgré les travaux domestiques qui pèsent sur elles, comme chez la plupart des sauvages. A l'exception de la chasse, elles ont

Page 1