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Dès lors, l’histoire du Mexique ne présente plus qu’une suite de pronunciamento, d'émeutes comprimées ou victorieuses, amenant au pouvoir, et en chassant tonr à tour les deux partis, et l’anarchie dans le gouvernement, dont les généraux se font les chefs absolus. L'Union américaine du norden a profité pour s’adjoindre violemment la Haute-Californie, leNouveau- Mexique et le Texas. Aujourd’hui même, elle encourage les attaques réitérées des hordes sauvages, telles que les À paches et les Comanches, dans les États de Nuevo-Leon, de Durango, de Coahuila, de Chiahuahua et de Sonora, espérant que ces États, incessamment harcelés par des enncmis infaligables, ne trouvant ni dans leurs propres ressources, ni dans celles du gouvernement de Mexico les forces nécessaires pour les protéger, imploreront l'intervention des Anglo-Américains et leur annexion à la grande confédération du nord. D’autre part, entre le golfe de Honduras et la baie de Campèche, s’étend au sud-est du Mexique une belle et riche presqu’ile qui produit presque tous les bois de teinture du commerce européen. Elle renferme les États mexicains de Yucatan et de Tabasco ; l’Angleterre, déjà maîtresse de Balize, au fond du golfe de Honduras, convoite ces deux belles provinces américaines ; aussi cette puissance a-t-elle favorisé les efforts tentés depuis 4840 par les États de l’Yucatan et de Tabasco pour se délacher du faisceau, pensant qu’une fois érigés en république, les États de Yucatan se mettraient naturellement sous le protectorat anglais. Cependant, en 41850, la guerre contre les Indiens de l'Yucatan a été favorable au gouvernement fédéral de Mexico ; et tout porte à croire que si les rivalités d’ambition qui ont bouleversé ce pays depuis sa séparation avec PEspagne venaient à s’éteindre, il trouverait en lui assez de ressources pour s’opposer aux empiétements des États-Unis au nord, et de l'Angleterre au sud-est. Nous devons même reconnaître que cetterépublique est depuis 4850 en voie de progrès, et qu’en ouvrant ses provinces du nord à la colonisation européenne, elle a compris ses véritables intérêts.
La république des États-Unis du Mexique est, depuis les derniers traités de paix avec la confédération anglo-américaine , bornée comme il suit : au nord, la limite part de locéan Pacifique, un peu au-dessus du cap Colnett, et suit la frontière de la Vieille-Californie jusqu’au fond du golfe de Californie ; elle atteint ensuite l'embouchure du Rio Gila, et est marquée par cette rivière jusqu’à sa source ; de là, traversant le massif de la Sierra de los Mimbres, elle suit la limite occidentaie du Nouveau-Mexique jusqu’à ce qu’elle atteigne, au sud de cette province, le Rio-del-Norte au Paso-del- Norte, dont elle suit le cours jusqu’à son embouchure dans le golfe du
Mexique. Dans toute cette étendue, d'environ 600 lieues, le Mexique est limitrophe des États-Unis. A l’est, le Mexique est borné par le go!ie du Mexique, dans lequel s’avance, à sa partie méridionale, la presqu’île de Yucatan, resserrée entre les deux grandes baies de Campêéche et de Honduras ; au sud-est, il confine avec la colonie anglaise de Balize, et le Guatemala, l’une des cinq républiques de l’Amérique-Centrale. Enfin, à l’ouest ducap Colnett au golfe de Tehuantepec, il est baigné par l’océan Pacifique. On évalue la superficie actuelle du Mexique à environ 44,000,000 de milles carrés, ou bien, à 443,770 lieues géographiques carrées; sa population était évaluée, en 1851, à 7,200,000 habitants, dont 2 millions et demi de blancs, et près de 5 millions de races indiennes ou mélangées.
En embrassant d’un coup d'œil général toute la surface du Mexique, nous voyons qu’une moitié environ est située sous la zone tempérée, et que l’autre appartient à la zone torride. Par un concours de diverses causes et de circonstances locales, plus des trois cinquièmes de la partie située sous la zone torride jouissent d’un climat qui est plutôt froid ou tempéré que brülant. Tout l’intérieur du Mexique forme un plateau immense élevé de 2,000 à 2,500 mètres au-dessus des mers voisines, tandis qu'en Europe les terrains élevés qui présentent l’aspect de plaines, tels que les piateaux d'Auvergne, de Suisse, d’Espagne, n’ont guère plus de 400 à 800 mètres de hauteur au-dessus de l'Océan.
La chaîne des montagnes qui forme le plateau du Mexique, que l’on désigne quelquefois sous le nom particulier de Plateau d'Anahuac, paraît, au seul aspect d’une carte géographique, la même que celle qui, sous le nom des Andes, traverse toute l'Amérique méridionale ; cependant, examinée sous les rapports de la géographie physique, la structure de cette chaine diffère beaucoup au sud et au nord de l’équateur. Dans l'hémisphère austral, la Cordillère est partout déchirée et interrompue par des crevasses qui ressemblent à des filons ouverts, qui n’ont pu être remplis de substances hétérogènes. S'il existe des plaines élevées dans la Colombie, ce sont plutôt de hautes vallées longitudinales limitées par deux branches de la grande Cordillère des Andes. Au Mexique, c’est le dos même des montagnes qui forme le plateau. Au Pérou, les cimes les plus élevées constituent la tête des Andes; au Mexique, ces mêmes cimes, moins colossales, mais toutefois hautes de 4,900 à 5,400 mètres, sont ou dispersées sur le plateau, ou rangées d’après des lignes qui n’ont aucun rapport de parallélisme avec la direction de la Cordillère. Au Pérou, et dans la Colombie, le nombre des vallées transversales, dont la profondeur perpendiculaire est quelquefois
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