‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 2)Chapitre 63 sur 146 · PRET · texte numérisé non relu

PRET

sont le coëdou, espèce de porc-épic ; l’apaxa ou le cerf mexicain , la conopalt , du genre des moufettes, dont on connaît cinq ou six rspèces ; l’écureuil dit du Mexique, etune autre espèce d’écureui! strié ; le loup mexicain habite les forèts et les montagnes. Parmi les quatre animaux qualifiés de chiens par le Pline mexicain , Hernandez, l’un nommé æolo-tfscuintli, est le loup distingué par l'absence de tout poil. Le fechicht est une espèce de chien muet, que les Mexicains mangeaient. Cet aliment était si nécessaire aux Espagnols mêmes, avant l’introduction des bestiaux, que peu à peu toute la race en fut détruite. ! Linné confond lechien muet avec l’ifzceuintepoltzoli, espèce de chien encore assez imparfaitement décrite, et qui se distingue par une queue courte, une tête très-petite et une grosse bosse sur le dos. Le bison et le bœuf musquéerrent en grands troupeaux dans la Nouvelle-Californie et le nord de l’État de Sonora. Les élans de cette dernière province ont assez de furce pour avoir été employés à traîner un lourd carrosse à Zacatecas , selon le témoignage de Clavijero. On connaît encore très-imparfaitement les grands moutons sauvages de Californie , ainsi que les berendos du même pays, qui paraissent ressembler à des antilopes. Le jaguar et couguar , qui dans le Nouveau Monde, représentent le tigre et le lion de l’ancien continent , se montrent dans toute l’Amérique-Centrale et dans la partie basse et chaude du Mexique proprement dit; mais ils ont été peu observés par des naturalistes instruits, Hernandez dit que le méztli ressemble au lion sans crinière, mais qu’il est d’une plus grande taille. L’ours mexicain est le même que celui de la Louisiane et du Canada.

Les animaux domestiques de l’Europe, transportés au Mexique, y ont prospéré et se sont extrêmement multipliés. Les chevaux sauvages qui parcourent en bandes immenses les plaines du Nouveau-Mexique descendent tous de ceux qu'ont amenés les Espagnols. La race en est belle et vigoureuse. Celle des mulets ne l’est pas moins. Les transports entre Mexico et la Vera-Cruz occupent 70,000 mulets. Les moutons sont d’une espèce grossière et mal soignée. L’entretien des bœufs est important sur la côte orientale et dans l’État de Durango. On voit encore des familles qui possèdent de 40 à 50,000 têtes de bœufs ct de chevaux ; d'anciennes relations parlent même de troupeaux deux ou trois fois plus nombreux.

Il nous reste à considérer l’espèce humaine. Le premier dénombrement officiel, fait en 1793, des vastes contrées de la Nouvelle-Espagne, s’étendant de l’isthme de Panama à la Louisiane, donna pour résultat approximatif 4,#83,500 habitants comme minimum. Des personnes qui avaient 1 Clavijero : Storia di Messico; t. I, p. 73.

292 LIVRE CENT TRELZIÈME.

vi en détail le dépouillement des listes, jugeaient avec raison que le ombre des habitants qui s'étaient soustraits au recensement général ne pouvait guère être compensé par ceux qui, errant sans domicile fixe, avaient été comptés plusieurs fois, On supposa qu'il fallait ajouter au moins un siæième ou un septième à la somme totale, et on évalua la nopulation de toute la Nouvelle-Espagne à 5,200,000 âmes.

Depuis cette époque, l’augmentation du produit des dimes et de la capitation des Indiens, celle de tous les droits de consommation, les progrès de l'agriculture et de la civilisation, l’aspect d'une campagne couverte de maisons nouvellement construites, annoncent un accroissement rapide dans presque toutes les parties qui constituent actuellement la république des États-Unis du Mexique, et l'on peut évaluer sa population à 7,200,000 âmes !,

La population indienne a surtout augmenté, et il paraît même que le Mexique est plus peuplé aujourd’hui qu’il ne l'était avant la conquête.

Cependant quelques causes physiques arrêtent presque périodiquement l'accroissement de la population mexicaine ; ce sont la petite-vérole, le matlazuhuatl, et surtout la disette et la famine.

La perile-vérole a été introduite en 1520, où, selon le témoignage du père franciscain Torribio, elle enleva la moitié des habitants du Mexique. Assujettie, comme le vomisssment noir et comme plusieurs autres maladies, à des périodes assez régulières, elle a fait des ravages terribles en 1763,

et surtout en 1779, où elle enleva, dans la capitale du Mexique seule, plus de 9,000 personnes, et moissonna une grande partie de la jeunesse mexicaine. L’épidémie de 1797 fut moins meurtrière, principalement à cause du zèle avec lequel l’inoculation fut propagée. Depuis 1804, époque à laquelle la vaccine a été introduite au Mexique, le fléau est devenu moins redoutable. Le matlazuhuall est une maladie particulière à la race indienne, et, dans cette supposition, elle ne se montre qu’à de très-longs intervalles : il a surtout sévi en 1545, 1576, 1736, 1737, 1761 et 1762. Torquemada assure que, dans la première épidémie, il mourut 800,000 Indiens, et dans la seconde 2 millions. Elle est, selon l’opinion commune, identique avec la fièvre jaune ou le vomissement noir; selon d’autres avis, ce serait une véritable peste. Le matlazahuatl, prétend-on, n’attaque pas les hommes blancs, soit Européens, soit descendants des créoles, tandis que la

1 C’est le chiffre donné par l’Américan Almanac de 1851. En 4841 l’Znstituto national de géografia y estalistica du Mexique, évaluait la population de ce pays à 7,044,140 habitants.

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