‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 2)Chapitre 78 sur 146 · FRERE RU ET HR · texte numérisé non relu

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pays est-il sujet aux tremblements de terre. La Cordillère de l’Amérique- Centrale offre du gneiss micaschite au sud, et au nord du gneiss granitique. Sur le plateau central, encaissés à l’ouest par le faite du plateau, et de tous {es autres côtés par la Cordillère, se trouvent les deux lacs de Managua et de Nicaragua, qui se déchargent dans la mer des Antilles par le Rio-San-Juan ; le premier est à 50 mètres au-dessus du niveau de la mer, et le second à 41 mètres ; le lac de Nicaragua renferme plusieurs iles, Omelepec, la seule habitée, a deux pics très-élevés, dont l’un est un volcan toujours en activité.

L’Amérique-Centrale est arrosée par plusieurs fleuves, dont le cours offre encore beaucoup d’incertitudes; ceux qui appartiennent au Grand- Océan, sont peu considérables; nous citerons seulement le Rio-Sacatecoluca ou Rio-Lempa, qui sort du petit lac de Guijar, dans la République de San-Salvador; le Sirano et le Choluteca, qui se jettent dans la baie de Conchagua ou de Fonséca; la Tamarinda, que l’on pourrait unir par un canal au lac de Managua, ce qui établirait une communication entre les deux Océans; enfin, le Guacalat, dont l'embouchure forme le petit port d'Istapa, La mer des Antilles reçoit des cours d’eau plus importants: la Sumnasinta, ou Rivière de la Passion, qui naît dans le Guatemala, pour aller se jeter dans le Rio-Terminos, au Mexique; le Rio-Cazabon, qui tombe dans Golfo-Dolce, ct en sort sous le nom de Rio-Dolce, pour se jeter au fond de la baie de Honduras; le Rio-Grande ou Motagua, c'est le fleuve de ’Amérique-Centrale qui offre la plus longue ligne navigable ; l’Ulua ou Unuella, dont le bassin renferme, dit-on, de grandes richesses minérales ; la Rivière de Ségovie ou ITerbias, dite aussi du Grand-Cap, parce qu’elle se jette dans la mer des Antilles, au cap Gracias-a-Dios; le Rio-Escondido ou Blewfields, dans la partie supérieure de son cours, on le nomme Rio- Lama, c’est le plus grand fleuve de l’Amérique-Centrale ; enfin, le Rio- San-Juan. Ce fleuve prend sa source à l’endroit où il sort du grand lac de Nicaragua ; après avoir reçu le San-Carlos, il traverse un pays inculte, et après plusieurs cascades, il entre dans la mer des Autilies.

L’attention publique a été, dans ces dernières années, fortement excitéc par le projet de communication entre les deux Océans, à l’aide du Rio-San- Juan et du lac de Nicaragua. On pourrait, il est vrai, améliorer le cours de ce fleuve, le remonter et traverser le lac dans toute son étendue, quoi qu’il y ait parfois, sur cette petite mer d’une étendue de 385 lieues carrées, des coups de mer d’une grande violence; mais il faudrait percer ou renverser la muraille de 24 kilomètres qui existe entre le lac de Nicaragua et le

Grand-Océan ; puis, arrivé jusqu’à la mer, trouver un bon port, et il n°y en a pas. Sept projets différents avaient été présentés : le premier consistait à remonter le San-Juan dans la moitié de son cours seulement, et à se rendre directement, par le bassin de son affluent, le San-Carlos, au golfe de Nicoya, où l’on trouve un mouillage passable: malheureusement les montagnes qui donnent naissance au San-Carlos sont beaucoup trop élevées, et, à d’autres égards, impraticables. Le second conduisait dans le lac de Nicaragua, jusqu'à l'embouchure du Nina, cet rejoignait, par le bassin du Tempisque, le golfe de Nicoya. Le troisième quittait le lac à l'embouchure du Sapoa, et se dirigeait vers la baie des Salines. C’était, en apparence, un point très-favorable; mais le terrain n’a pas encore été suffisamment exploré. Le quatrième passait un peu plus au nord du lac, au port San- Juan-del-Sur, qui est beaucoup trop petit. Les trois derniers franchissaient le lac dans toute son étendue, la rivière de Panaloya ou Tipilapa, qui offre une chute d’eau de 4 mètres, et qui exigerait douze ou quinze écluses, le lac Managua ou de Léon, et aboultissaient au Grand-Océan par la rivière de Tamarinda, le port Realejo et la baie de Conchagua ou Fonseca; mais, dans ce cas, il aurait fallu que le canal projeté prit ses eaux dans le lac luimême, et cette question n’est pas facile à résoudre, car le lac de Managua est beaucoup plus petit qu’on ne l’a figuré sur nos cartes ; il est peu profond, et le volume de ses eaux est trop exigu pour satisfaire à l’alimentation d'un canal. On a donc renoncé, provisoirement du moins, à la communication des deux Océans par le lac de Nicaragua et la rivière Saint-Jean.

L’Amérique-Centrale est un des pays les plus arrosés de tous ceux qui sont situés entre les tropiques ; la surabondance de ses eaux se fait surtout sentir pendant la saison des pluies, qui règne depuis le mois de juin jusqu’à celui d'octobre. Durant cet intervalle, les plus petites rivières se changent en torrents impétueux, et l'humidité qui se répand ensuite dans l'air rend alors pernicieux un climat naturellement très-chaud. Ces effets ne se produisent cependant que dans les plaines basses qui s’étendent au long de la mer des Antilles : entre les montagnes et sur les plateaux, on jouit constamment d’une température plus ou moins douce ; dans la région montagneuse elle s’abaisse même à ce point que quelquefois on voit les hautes plaines couvertes de givre pendant des heures entières.

C’est à la diversité de ses climats que l’Amérique-Centrale doit l’avantage d’être riche en productions végétales de toutes les contrées et en fruits d’un excellent goût; la vigne qu’on y a transplantée depuis peu d'années, promet déjà de donner un vin excellent. Les productions les plus impor-

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tantes de l’agriculture pour le commerce, sont l'indigo, la cochenille, la canne à sucre, le lin, le chanvre, le coton, le cacao, le tabac, l’indigo, qui y est d’une qualité supérieure, et les épices; le bétail y est très-nombreux. L'or et argent y sont les principaux métaux exploités; les autres richesses minérales consistent en cuivre, fer, zinc, nickel, antimoine et plomb; on recueille le soufre qui flotte à la surface de plusieurs lacs. Les forêts de la côte de la mer des Antilles sont très-riches en bois de teinture, tandis que dans les montagnes d’immenses forêts de pins donnent en abondance le goudron et le brai

Lorsqu’en 4524, Alvarado eut achevé le conquête de ce pays, les Espagnols lui donnèrent le nom de Guatemala d’un district nommé par les naturels Quauhitemallan, c’est à dire lieu rempli d'arbres. L’Amérique-Centrale forma d’abord la capitainerie générale, puis le royaume de Guatemala, relevant de la couronne d’Espagne. En 4521, le royaume suivit le mouvement des autres colonies espagnoles, et proclama son émancipation. Le Guatemala fut alors incorporé au Mexique; mais à la chute d’Iturbide, en 1823, il se forma en république indépendante, d’abord sous le titre de Provinces-Unies de l'Amérique-Centrale, et quelques mois plus tard sous celui de République fédérale de l'Amérique-Centrale. Cette république était composée de cinq États portant le nom des provinces de l’ancien royaume de Guatemala; c’étaient les États de Guatemala, de San-Selvador, de Houduras, de Nicaragua et de Costa-Rica. Cependant, des difficultés survinrent entre les différents États, et le 47 avril 4839, d’un commun accord, la confédération était dissoute. Les cinq États forment depuis lors autant de républiques indépendantes ; cependant, nous observerons que les trois républiques de San-Salvador, de Nicaragua et de Honduras tendent à reconstituer entre elles l’ancienne unicn fédérative, et que leur avenir, leur indépendance même, dépend de cette union; car bien inférieurs à celle de Guatemala, en étendue et en population, et à celle de Costa-Rica en richesse et en importance progressive, aucun de ces États n’a, pour marcher isolément, l'unité politique ni la force matérielle suffisantes.

Nous comprendrons, dans la description topographique et politique des républiques de l’'Amérique-Centrale, celles de la colonie anglaise de Balize et de la côte dite des Mosquitos, qui en font physiquement partie.

La colonie anglaise de Balise ou de Honduras doit son origine au droit qu'ont les Anglais de couper des bois de campèche et d’acajou sur la côte orientale de l’Yucatan, dans le golfe de Honduras; elle est bornée au nord par l’État mexicain de Yucatan, à l’est et au sud par la république de Guate-

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