‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 2)Chapitre 79 sur 146 · D A DT · texte numérisé non relu

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mala, et à l’ouest par le golfe de Honduras. On évalue sa superficie à 1200 lieues carrées, et sa population à 3,000 habitants, dont environ 500 blancs. Les côtes de la colonie sont basses et de difficile accès, l'intérieur est couvert d’immenses forêts vierges et de marais ; le principal cours d’eau est la Balize que l’on peut remonter jusqu’à environ 300 kilomètres de son embouchure. Le chef-lieu de la colonie est balize, dans une peiite ile à l'embouchure de la rivière de son nom; cette petite ville, dont la population est de 2 à 3,000 imcs, possède un bon port, centre de tout le commerce extérieur de {à colonie. Colsonport, dans une des petites îles qui avoisinent la côte, et Douglas, plus au nord, sont deux établissements naissants; le fort Georges protége ja colonie, qui expédie annuellement à la métropole pour 5 millions d’indigo, de bois de campèche et d’acajou. Balize est administrée par un surinteñdant nommé par la couronne, et par un conseil colonial composé de sept membres; elle dépend du gouvernement militaire de la Jamaïque. Les îles Rattan, Turnef, Bonacca, Utilla et autres, baignées par les eaux singulitrement transparentes du golfe de Honduras, sont également occupées par les Angiais.

La République de Guatemala est bornée au nord ct au nord-ouest par les Éiats mexicains de Yucatan et Chiapas; à l’est elle s'appuie sur la colonie anglaise de Balize ; au sud, elle est baignée par l'océan Pacifique; enfin elle ne touche que par sa frontière sud-est aux autres États de lAmérique-Centrale. On peut évaluer sa superficie à 6,557 lieues géographiques carrées et sa population à 935,009 habitants ; elle est partagée en 17 districts.

Guatemala, surnommée la Nueva ou Nueva-Guatemala, capitale de la république, est située dans une vallée belle et fertile, dont la pente est dirigée vers la mer. Assise sur une hanteur de 1,660 mètres au-dessus du niveau de l'Océan, cette ville jouit, ainsi que ses environs, d’un clmat délicieux ; la température y rappelle sans cesse les plus beaux jours du mois de mai. Il suffit cependant de parcourir ses environs dan; un rayon de 20 lieues, pour y éprouver l'influence des climats les plus variés. Le volcan d’Agua, élevé de près de 5,000 mètres, fournit à cette capitale la quantité de glace nécessaire à ses besoins. A quelques lieues de là, sur la côte du Grand-Océan, l'atmosphère est aussi brûlante que sous l'équateur. C'est à cette diversité de climats, dit un voyageur, que le pays doit la variété de ses productions naturelles : aussi les marchés de la ville sont-il; abondamment fournis de toutes les plantes potagères et des fruits les plus délicieux. A la distance de 8 lieues se trouvent plusieurs coteaux

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volcaniques appelés Mastratons, aux environs desquels la terre est dans une agitation continuelle, Cette contrée est cependant très-fréquentée, parce qu’elle renferme d'excellentes sources d’eau minérale. La population de Guatemala est d'environ 50,000 âmes. Ses rues, bien pavées, tirées au cordeau, et larges de 42 mètres, sont toutes arrosées par un ruisseau d’eau vive. La fréquence des tremblements de terre a fait adopter l’usage de ne donner qu’un étage aux mäisons. Chaque habitation possède un ou plusieurs jardins, des cours d’eau, et des plates-formes avec des fontaines d’une eau fraiche et limpide. Ces cours et ces jardins sont ornés de fleurs, de citronriers, d’orangers et de diverses plantes tropicales. La place du marché, rafraîchie par un jet d’eau s’élevant au milieu d’un bassin magnifique, est un car! : régulier de 450 mètres, bien pavé et entouré de portiques ; l’un de ses côtés est occupé par la cathédrale, édifice majestueux, construit par un architecte italien. En face de ce temple se présente le palais de la régence, et un peu plus loin le palais de justice. L'hôtel de la monnaie est d’une belle construction. Toutes les églises sont remarquables par leur architecture. Elles sont au nombre de 40. Mais ce qui fixe surlout l’aftention de l'étranger, c’est un bei amphithéâtre en pierres, destiné aux combats de ‘taureaux. Guatemala renferme environ 500 prêtres ; elle possède une uni‘ersité où l’on enseigne la jurisprudence, la théologie, la médecine, les mathématiques et les sciences naturelles. Les bâtiments qui lui sont réservés répondent, sous tous les rapports, à leur destination; ils renferment, outre une bibliothèque , un musée d’anatomie avec de précieux modèles en cire. Il existe dans cette ville une académic des beaux-arts. Guatemala-la Nueva a été bâtie en 4774, à la suite d’un tremblement de terre qui détruisit l’ancienne ville du même nom. Celle-ci que l’on désigne sous le nom de Guatemala-la-Vieja ou Antigua-Gualemala , était appelée autrefois Sanfiago-de-los-Caballeros-de- Guatemala; elle offre à elle seule un exemple des catastrophes auxquelles la nature semble réserver l’Amérique-Centrale. Située au pied du mont d’Agua, à 40 lieues du Grand-Océan, elle remplaça, en 1524, la ville antique d’Almalonga, qui avait servi de résidence aux rois Rachiquèles, et que les feux souterrains avaient renversée. La nouvelle ville ayant été fondée le jour de Saint-Jacques, reçut le surnom de Santiago ; mais placée entre les deux volcans d’Agua et de Fuego, elle fut détruite, au bout de 20 ans, par les torrents de lave de l’ur et les torrents d’eau bouillante de l’autre. Une partie de ses habitants fut même ensevelie sous ses ruines ; ceux qui échappèrent à ce désastre, la rebâtirent un peu plus loin. Ils se

croyaient à l’abri des ravages des deux monts ignivomes, lorsqu'en 4775, un tremblement de terre renversa la nouvelle ville. Avant cette terrible catastrophe, Santiago-de-Guatemala était une des plus belles cités du Nouveau-Monde : de ses 38 églises il ne resta plus que sa cathédrale; de ses 34,000 habitants 5,000 seulement persévérèrent à demeurer au milieu de ses ruines; les autres allèrent fonder à 40 lieues au sud une nouvelle ville sous le même nom. Guatemala-la-Vieja s’est cependari repeuylée au point qu’elle compte aujourd’hui près de 20,000 individus. Guatemala-ia- Vicja est à 35 kilomètres au nord de Guatemala-la-Nueva,

Au sud-est de la nouvelle Guatemala on doit remarquer Amatitlan, ou la ville des lettres, ainsi nommée à cause de l’habileté que les Indiens, ses habitants, montraient à graver des hiéroglyphes sur l'écorce des arbres. Dans le district de Quesallenurgo on trouve de l'aiun et du soufre trèsiins. Solola produit les meilleures figues de toute la répubiique; il y Seaucoup de filitures de coton. On y trouve deux volcans, l’un appelé atitan, et l’autre Sulula, Le district de Suchilepeque, fertile en rocou, éprouve des pluies exce:sives. Chiquimula de la Sierra à laquelle on accorde plus de 30,600 habitants. Zolonicapan, à 486 kilomètres de Guatemala, possède des sources minérales, fabrique des poteries et des lainages, et compte 12,000 âmes. Tactic, San-Malhéo, Salama et Xabival sont importantes par leur commerce et leur population. Gueyetlan et [stapa ou Indépendanciu, sont les seuls ports de la république sur le Grand-Océan; mais ils s’ensablent de jour en jour; le dernier peut ètre considéré comme le port de Guatemala sur cet Océan. Sur la mer des Antilles, la république ne possède que le petit port d’Yzabal, qui approvisionne Guatemala distante de 290 kilomètres des produits européens.

L’ancienne province de Vera-Paz fait partie de la république de Guatemala; elle confine au nord avec l’État mexicain d’Yucatan, et à l’ouest avec celui de Chiapas. Il y pleut neuf mois de l’année, Le pays abonde en fruits et en troupeaux. Dans les forêts on rencontre des arbres très-gros qui jettent une odeur agréable, et d’où il coule une résine odoriférante qui ressemble à l’'ambre. On y recueille encore différentes espèces de baume. de gomme, d’encens et du sang-dragon. Il y a des cannes de 30 mètres de long , et si grosses que, d’un nœud à l’autre, on y trouve 25 livres d’eau. Les abeilles y font un miel très-liquide, et qui, s’étant aigri, sert, dit-on, au lieu de jus d’orange. Les forêts sont peuplées d’animaux sauvages, parmi lesquels on distingue le {upir ou danta. Lorsqu'il est furieux il montre les dents comme le sanglier, et coupe, dit-on, larbre le plus

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Coban ou Vera-Paz, ville principale de la province, à 231 kilomètres au nord-est de Guatemala surle Polochio estune petite ville de 45,000 habitants, la plupart Indiens, dans laquelle on fabrique beaucoup de toile. Quesaltenango-del-Espiritu-Sunlo est commerçante, presque aussi peuplée que Vera-Paz, et renferme de belles églises. Mixco, Quiché, Pelen ou Remedios , sont des lieux intéressants par les ruines qui s'élèvent aux environs; la dernière ville est l’une des plus importantes forteresses d& la République.

Le gouvernement de la république de Guatemala est démocratique , électif et représenta:'f. La religion catholique est la religion de l'État. Les pouvoirs suprêmes y sont confiés à un président élu par la nation , et qui représente le pouvoir exécutif; à une chambre de représentants qu’élisent les districts, et qui exerce le pouvoir législatif ; enfin à une cour suprême, composée de sept membres, qui exerce le pouvoir judiciaire.

Le commerce de la république se fait par les ports d’Istapa et d’Izabal. Les importations en 1849 se sont élevées à 2,230,227 francs, et les exportations à 5,236,050 francs; ces dernières consistent en cochenille, en cascarille, en cacao et en tabac ; mais le commerce de Guatemala est presque exclusivement entre les mains des Anglais, qui, de leur colonie de Balize, commandent le golfe de Honduras.

Dans ces dernières années, les Belges ont acquis de la république de Guatemala un vaste territoire situé au fond du golfe de Honduras, entre le golfe Dulce, à l’ouest et le Rio-Grande ou Motagua à l’est; ils y ont tenté un essai de colonisation ; et aujourd’hui la colonie belge de Saint-Thomas est en voie de progrès. On doit y établir de grandes cultures de denrées coloniales pour en approvisionner la Belgique et ouvrir en même temps un débouché à ses nombreuses fabriques.

La république de Honduras, située à l’est de celle de Guatemala , est la plus considérable en superficie des républiques de l'Amérique centrale; elle occupe une étendue de 3,686 lieues géographiques carrées, et l’on évalue sa population à environ 308,000 âmes. Elle est partagée en 7 districts ou partidos.

La république de Honduras est formée de l’ancienne province de ce nom. Les p'emiers navigateurs espagnols, voyant des citrouilles flotter en grand nombre sur le bord des rivières, lui donnèrent le nom dela côte

des Hibueras, c’est-à-dire des citrouilles. Comayagua, sa capitale, est Y. 44

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