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à 310 kilomètres de Guatemala sur l’Ulua; elle portait autrefois les noms de Nostra- Senora-de-la-Conceplion et de Valladolid ; c'est une ville épiscopale, avec une population de 48,000 âmes. Tegusigalpa, à l’est de la capitale, est importante par sa population; Chofuleca, Olanehito, Graciasa-Dios, Santa-Barbara et Foro sont des chefs-lieux de districts; Corpus possède dans ses environs une des mines d’or les plus riches de l’Amérique-Centrale. Près de la rivière de Sibun on a découvert des cavernes ou plutôt des galeries souterraines immenses qui ouvrent un passage sous plusieurs montagnes , et qui paraissent avoir été creusées par d’anciens courants.
Truxillo, sur le golfe de Honduras , à 355 kilomètres au nord-ouest de Comayagua, est le port principal de la république. C’est une petite vilie fortifiée qui compte à peine 4,000 habitants; elle partage tout le commerce de l'État avec Omoa, autre petit port situé sur la même côte, à 434 kilomètres au nord de la capitale ; mais ces deux villes sont insalubres. Nous observerons que les Anglais, sous le prétexte de garantir une indemnité qu’ils réclament pour leurs nationaux lésés, occupent dans ce moment le port de Truxillo.
Copan, simple bourgade, est intéressante par les antiquités découvertes dans son voisinage, sur le lieu même appelé Quiriqua et sur la rive gauche de la rivière de Motagua, qui se jette dans le golfe de Honduras, entre les ports d’Omoa et de Saint-Thomas. Elles ont quelque ressemblance avec celles de Palanqué , et consistent principalement en un grand cirque, situé sur une petite éminence formée de cailloux. Au centre de ce cirque , dans lequel on descend par des degrés très-étroits, s’élève une grande pierre arrondie, dont le contour est chargé d’hiéroglyphes et d’inscriptions.
La ville & Xerez, près du golfe de Fonseca, remplis d’iles bien boisées, est la plus méridionale de l’État de Honduras.
L'organisation politique et administrative de la république de Honduras est en tout calquée sur celle de Guatemala ; un chef suprême de l'Etat, faisant fonctions de président de la république, exerce le pouvoir exécutif; un sénat et une chambre de représentants disposent du pouvoir exécutif; et le pouvoir judiciaire est confié à une cour suprême de laquelle dépendent les audiences ou tribunaux du district,
A l’est de la république de Honduras, s'étend, sur la mer des Antilles, depuis l'embouchure du fleuve Saint-Jean au sud, jusqu’au cap de Gracias-a-Dios au sord, et entre le golfe de Honduras et celui des fiosquitos, une longue bande courbe de terre de 200 kilomètres de largeur, sur une
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longueur de 532; c’est la Mosquilia ou Terriloire des Mosquitos, ainsi nommée des peuplades indiennes qui errent dans ces contrées encore peu connues.
Ce nom leur vient de la foule insupportable de mosquites ou mouches à dard qui tourmentent ici les malheureux habitants, et les obligent à passer une partie de l’année en bateau sur la rivière. L'intérieur du pays est occupé par la nation sauvage et indomptable des Mosqui'os-Sombos. Les côtes, surtout près de Gracias-a-Dios, sont habitées par une autre tribu d’Indiens que les navigateurs anglais ont appelés Mosquitos de la côte. En 1656, les Indiens Mosquitos défendaient encore l’indépendance de leur territoire contre les Espagnols, maîtres souverains de toute l'Amérique; mais, quely. temps après que la flotte envoyée par Cromwel eut conquis la Jamaïque, ie roi des Mosquitos, avec le consentement des principaux chefs et de son peuple,.se plaça sous la protection de l’Angleterre, qui accepta le protectorat et l’a maintenu jusqu’à nos jours, en le comrpliquant d’un achat de la côte des Mosquitos, fait au roi actuel Robert-Charles-Frédéric. Les Anglais possèdent donc aujourd’hui la côte des Mosquitos, et exercentun protectorat intéressé sur le reste de la contrée, malgré les réclamations de la république de Honduras, qui revendiquait la Mosquita comme partie intégrante de son territoire. Ce pays, qui est très-fertile, fournit en abondance les bois de teinture et d’ébénisterie, le cacao, l’écaille, la salsepareille et le gingembre.
Comme à Balize, l’Angleterre établit des colonies et des métairies ; nous citerons Carthago ou Croata, sur la lagune de Taratasca qui communique avec la mer; Poyas qui doit son nom à la tribu mosquite des Poyais ; Aguaslla et Blewfields, à l'embouchure de la rivière du même nom, qui a longtemps été le plus important des établissements anglais sur cette côte. Le port de Saint-Jean de Nicaragua, point stratégique et commercial trèsimportant vient d’être occupé par les Anglais qui allèguent, ce qui est fort contestable, que ce port fait partie du royaume des Mosquitos; ils ont d’ailleurs changé son nom et l’appellent Grey- Town. On évalue à 2,061 lieucs carrées la superficie, et à 4,000 la population de la Mosquitie anglaise.
La petite république de San-Salvador tire son nom d’une ville qui en est la capitale. Elle est bornée par les États de Guatemala et de Honduras, et baignée au sud par le Grand Océan. On évalue sa superficie à 830 licues carrées, et sa population à environ 363,000 habitants. Cette république, qui est divisée en 4 districts ou partidos, a une organisation politique en tout point sembluble à celle de Honduras. Elle comprend le pays que les
naturels nomment encore Cuscatlan, c’est-à-dire pays de richesses, dénomination que justifient ses mines d'arg nt, de plomb, âe fer, et ses produits en indigo. wans une jolie vallée, au milieu de belles plantations de tabac et d’indigo, sur le bord du Bermenillo, et au pied d’un volcan auquel elle donne son nom, s’éléve la ville de San-Salvador. Quelques beaux édifices, plusieurs manufactures, un commerce actif, et une population de 29 à 25,000 âmes, la placent au rang des principales cités de l’Amérique-Centrale, mais elle a beaucoup à souffrir du terrible voisinage de son volcan.
Sonsonate où Zonzonate, appelé aussi Trinidad, et encore Acajultla, à 90 kilomètres à l’ouest de San-Salvador, est importante plutôt par sa position avantageuse au fond d’une baie de l'Océan, à l'embouchure de la rivière de Zonzonate , que par sa population: elle n’a que 3 à 4,000 âmes, mais elle fait un bon commerce, Le nom de la rivière vient du mot indien Zezonllall, qui signifie quatre cents sources, puisque, en effet elle esi for- "26e d’un grand nombre de petites rivières.
San-Vicente, sur le flanc d’une haute montagne d'où sortent des sources minérales, a été presque entièrement détruite par un tremblement de terre, en 4835. Conchagua et la Union, sur la baie de Conchagua, sont importantes, ainsi que le port de San-Miguel, situé au fond de la même paie, à 110 kilomètres au sud-est de San-Salvador. Elle renferme 8,000 habitants parmi lesquels on ne compte qu’un dixième de blancs. Près du lac Guiga, le bourg de Malapos, entouré de mines de fer et d'usines, pourrait passer pou une ville : sa population est de plus de 4,000 âmes.
Nous ci, ons encore Santa-Ana etla Libertad. Cette dernière petite ville située sur la côte de Océan, paraît devoir être le port de San-Salvador, à laquelle elle est reliée par une belle route.
Au sud de la république de San-Salvador et de Honduras, à l’ouest de la côte des Mosquitos, et sur le Grand-Océan , s’étend la république de Nicaragua, pays très-chaud , mais humide et fiévreux, surtout en septembreet en novembre; pays boisé, fertile et riche en mille espèces de productions végétales ; peys enfin où les orages ct les tremblements de terre sont fréquents, principalementen hiver. Elle comprend les deux lacs de Nicaragua et de Léon qui occupent presque le dixième de sa superficie. Celle ci est évaluée à environ 5176 lieues carrées, et la population de la république est de 400,00) habitants.
Parmi les nombreux volcans de ce pays, celui de Masaya, à 3 lieues (castillanes) de Granada, et à 10 de Léon, paraît le plus considérable; son cratère, qui a une demi-lieue de circonférence et 250 brasses de profon-
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deur, ne rejette ni cendres ni fumée; la matière enflammée qui y bouillonne répand une claïté visible à plus de 20 lieues; elle ressemble tellement à de l'or en fusion, que les premiers Espagnols la prirent réellement pour ce métal, objet de leurs vœux, ét que même leur téméraire avidité essaya, mais en vain, de saisir avec des crochets de fer une partie de cette lave singulière,
Le sol de la république de Nicaragua ne renferme aucune mine connue: mais il est fertile en toutes sortes de fruits, et ses prairies abondent en gros et menu bétail, surtout en mules et en chevaux; on en fait un grand commerce, ainsi que de coton, miel, cire, anis, sucre, cochenille, cacao, sel, poissons, ambre, térébenthine, huile de pétrole, différents baumes et drogues médicinales. Les palmiers parviennent à des dimensions colossales.
En traversant le district de Thousalès, au nord-ouest du lac Nicaragua, on trouve de nombreux vestiges de villes détruites, ot des idoles renversées gisent encore sur le sol. Les vastes cimetières de l’île Omelépec, située au milieu du lac de Nicaragua, feraient croire que les villes voisines avaient choisi cet endroit pour y enterrer leurs morts. Les tomheaux ne sont pas entourés d’un cercle de pierres comme les kalpouls des indigènes modernes : ils sont dispersés irrégulièrement dans Ja plaine à la profondeur d'un mitre. On y trouve des urnes en argile cuite, remplies de terre et A’ossements très-altérés ; des vases couverts de peintures et de caractères grossiers; des petites idoles et des ornements en or brut.
Léon, la capitale de la république de Nicaragua, est située à quelque distance de l’extrémité nord-ouest du lac qui porte son nom, et près d'un volcan dont les éruptions lui ont été souvent fatales. Cette cité doit son importance à la population de ses faubourgs : on lui donne 38,000 habitants. Son collége a été érigé en université dans le courant de 1822. Sa cathédrale est le plus beau de ses édifices ; mais aussi nous devons dire que l'élégance et la régularité de son architecture pourraient la faire remarquer dans une ville plus importante. Le commerce de Fév est florissant ; il s’y tient des marchés très-considérables. Ses habitanis. riches, voluptueux et indolents, ne tirent que faiblement partie de l’exvettent port de Realejo, situé à 47 kilomètres au nord-ouest de Léon, sur le Grand-Océan, et qui passe pour l’un des meilleurs de l’Amérique-Centrale. La ville de Micaragua, ou Villa de la Purissima Concepcion de Rivas, située sur le lac qu porte son nom, non loin du golfe de Papagaïo, est le siège d’un évêché. Sa population est de 13,000 habitants, et de 22,000 en y comprenant plu-
sicurs petits villages qui forment ses faubourgs. Granad: e; Mnsaya, remarquables par leurs volcans, passent pour des villes cons:ierables : la première est à 458 kilomètres au sud de Léon, elle a 42,000 habitants, et exporte de l’indigo, des peaux brutes et du sucre; elle fut ravagée par les flibustiers en 4680. Managua est sur le lac de Léon, qui est aussi appelé quelquefois lac de Managua; c’est une ville commercante, de 20,000 habilants. Concordia, ou San-Juan-del-Sur, est un petit port, sur le Grand- Océan, qui prend chaque jour plus d'importance. Somoto, ou Nueva- Segovia, est la ville la plus remarquable des districts du nord.
Les indigènes de Nicaragua parlent cinq langues différentes. La chorotéque paraît être celle de la principale tribu. Elle n’a aucune ressemblance avec l’aztèque ou la mexicaine, qui avait été rendue commune avant l’arrivée des Espagnols, par l'invasion d’une colonie aztèque. Ces nouveauxvenus avaient seuls des livres en papier et on parchemin, dans lesquels ils pcignaient, avec des figures hiéroglyphiques, leurs rites sacrés et leurs événements politiques. Il paraît que les Chorotèques ne connaissaient pas l'écriture ; ils comptaient dix huit mois et autant de grandes fêtes; leurs idoles, différentes de celles des Azlèques, étaient honorées par un culte aussi sanguinaire que celui de Mexico, et les hommes mangeaient de même une partie de la chair des femmes, des enfants et des esclaves immolés par les prêtres. Quoique sujettes à être offertes en sacrifice, les femmes exer- Gaient un grand pouvoir, Les Espagnols trouvèrent ües palais et des temples spacieux, environnés de maisons commodes pour les nobles; mais la multitude vivait misérablement , et n'avait, dans plusieurs endroits, d’autre asile que des espèces de nids placés sur les arbres. Des lois ou couiumes non écrites réglaient la peine du vol et de l’adultère, ainsi que la vente des terres. Les guerricrs se rasaient la tête, à l'exception d'une touffe de cheveux laissée sur le sommet. Les orfèvres travaillaient habilement en or moulu. Les vieilles femmes exerçaient la medecine; elles prenaient dans leur bouche la décoction de certaines herbes, et la soufflaient à travers un bout de canne à sucre dans la bouche du malade. Les jeunes mariées étaient souvent livrées aux seigneurs ou caciques avant la consommation du mariage, et l’époux se trouvait honoré par ce sacrifice servile !,
Au sud-est de Nicaragua, entre les deux Océans, s'étend le territoire de la république de Costa-Rica; il mesure 2,140 livues carrées. Elle confine, à l’est, avec le territoire de la Nouvellc-Grenade, par un point au sud de ! Gomara: Historia de las Indias.
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l'île Escudo de Veraguas, sur l'Atlantique, et à partir de ce point par une ligne aboutissant au cap Borica, Le territoire de la République se partage en six provinces ; on évalue sa population à 400,174 habitants. L'État de Costa-Rica n'a pas de mines, ce qui a fait dire qu’elle ne devait son nom qu’à une ironie ; mais ses superbes bois de construction, ses riches pâturages, ses paysages pittoresques, expliquent assez l'intention de ceux qui lui donnèrent ce nom; le bétail, et surtout les cochons, fourmillent ici d’une manière extraordinaire. Dans le golfe de Salinas, ou de Nicoya, on pêche le mollusque qui fournit la pourpre.
San-José-de-Costa-Rica, ou Villa-Nueva-de-San-José, est aujourd'hui la capitale de la république. Cette ville, percée de belles rues, arrosées par des canaux et des fontaines, est la résidence d’un évêque, et renferme 20 à 25,000 habitants. Car{ago, l'ancienne capitale, à 35 kilomètres au sud de San-José, était autrefois très-commerçante ; mais elle a été complètement ruinée par le tremblement de terre de 1841: ces deux villes sont dans le voisinage du volcan d’Irasou ; Paraiso, au sud du lac de Nicaragua, en compte six dans ses environs, celui d'Orosi paraît le plus redoutable. Nicoya, dans la presqu’ile qui ferme le golfe auquel elle donne son nom, possède un petit port important et des chantiers de construction. Les villes les plus remarquables de la république sont, après les précédentes, Æérédia, Alajuela, Guanacasle et Punta-Arenas, chefs-lieux de districts; la dernière est le port principal de San-José; il a été déclaré port france, et il est relié à la capitale par une belle route charretière de 96 kilomètres; Escasu, Santa-Cruz, Bagas, Canas, au nord de San-José ; Estrella, Boruca, et Bocca di Toro au sud; cette dernière est un petit port sur la mer des Antilles, et fait, ainsi que Matina et Sallt-Creek, un commerce assez restreint de salsepareille, d’écaille de tortue et d’huile de cacao.
Le gouvernement de la république de Costa-Rica est représentatif, électif et responsable; la religion catholique est seule reconnue. Un président et un vice-président, élus pour six ans, exercent le pouvoir exécutif; le pouvoir législatif est confié à une chambre ou congrès, composé de douze membres, élus, comme le président et le vice-président, au suffrage universel, mais au second degré. Le pouvoir judiciaire est exercé par une cour suprème de justice, composée de sept membres. Le territoire de la république est divisé en six provinces, chaque province en un ou deux cantons, et chaque canton en districts paroissiaux. Cette petite république s’est toujours distinguée des républiques de l'Amérique-Centrale par une attitude ferme et sage tout à la fois, aussi recueille-t-elle les fruits de sa sagesse. Le districi
de Guanacaste, qui dépendait de la république de Nicaragua, fatigué des troubles qui agitaient celle-ci, a demandé son annexion à Costa-Rica ; depuis 4843, la république s’est acquittée avec les préteurs de fonds anglais, et sa deite est nulle; ses revenus, qui s’élèvent annuellement à 600,000 francs, suffisent à couvrir les charges de l'État. Comme dans les autres États de l’Amérique-Centrale, l'Angleterre possède presque seule le monopole du commerce, qui représente annuellement, tant pour l’importation que pour lexportation, une valeur de 2 millions de francs. Mais ce commerce est destiné à prendre de plus grandes proportions, lorsque l’on
aura terminé la route aboutissant de San-José à la rivière Sarapiqui, l’un des affluents du fleuve San-Juan; car elle établira une commode communi cation entre les deux Océans. La force armée de la république se compose d’une armée permanente de 5,000 hommes, y compris la cavalerie et l’artillerie, et de la milice; tous les citoyens de 45 ans à 60 ans font partie de cette dernière.
Il ressort de tout ce que nous avons dit de l’'Amérique-Centrale, que la république de Guatemala est en décadence, qu’elle a une existence isolée; que les trois États de Nicaragua, de Honduras et de San-Salvador, menacés sans cesse dans leur indépendance par leurs démélés avec l'Angleterre, qui leur impose ses produits, n’ont d'autre chance de salut, dans l'avenir, que dans une nouvelle association fédérative ; enfin que, seule, la république de Costa-Rica grandit sous un gouvernement libéral, et donne aux autres un exemple salutaire. L’Amérique-Centrale, par sa position exceptionnelie entre les deux Océans, par la fertilité de son sol, où se trouvent réunis tous les éléments d’une grande prospérité agricole et commerciale, est appelée à devenir, après la jonction des deux Océans, l’un des marchés de
consommation et de production les plus importants du monde entier.
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TABLEAUX Statistiques de l’'Amérique-Centrale.
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