‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 2)Chapitre 99 sur 146 · DÉPARTEMRNTS. | POPULATION. CHEFS-LIEUX · texte numérisé non relu

DÉPARTEMRNTS. | POPULATION. CHEFS-LIEUX

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LI Suite de la Description de l'Amérique. — Description particulière du Chili, de l’Araucanie, de la Patagonie et des Terres Magellaniques.

C’est à travers des montagnes stériles, aes neiges éternelles et d’affreux précipices, que l’on pénètre du Pérou dans le CAili, dont le nom vient du mot telili, qui, dans la langue quichua, signifie neige. La nature avait isolé le monde entier de cette pittoresque, fertile et salubre contrée. La puissance des Incas y pénétra cependant avant les armes espagnoles ; mais ni l’une ni les autres n’ont pu entièrement soumettre cette terre de à liberté. 4 il Le Chili étaitencore une province de l'empire des Incas, lorsqu’en 41535 les Espagnols, sous les ordres d’Almagro, s’en emparèrent, L'époque de l’occu- {| pation de l'Espagne par l’armée française, fut comme pour lesautres colonies | espagnoles le signal des premières tentatives que fit le Chili pour s’affranchir du joug de la métropole, Ce ne fut qu’en 4818, après la victoire décisive de Maypa, remportée à l’aide des secours des Buenos-Ayriens, que cet État conquit définitivement son indépendance; il adopta alors le gouvernement républicain.

Une longue côte, deux chaînes de montagnes, deux Cordillères (la i Grande-Cordillère et la Cordillère de la Côte), et une rampe intermé- | diaire, telle est la configuration extéricure du Chili, Ses limites sont, | au nord, la république de Bolivie, dont le grand désert d’Atacama le

sépare ; à l’est, la république Argentine ou de La Plata, dont elle est séparée par les hautes Cordillères des Andes, rt enfin, au sud et à l’ouest, par ’océan Pacifique. Sa superficie peut être évaluée à 21,400 lieues carrées. Sa population ne paraît pas dépasser 1,200,000 âmes ; dans cette estimation, ne sont point compris les Araucans et quelques autres tribus indiennes

indépendantes, qui peuvent s'élever en totalité à 60 ou 100,000 âmes. 1 Le territoire du Chili se divise en 14 provinces, lesquelles se divisent À

elles-mêmes en 52 départements, 367 sous-déiégations et 4,696 districts.

Ce pays est une des contrées les plus paisibles et les plus heureuses de PAmérique du Sud. La température fraîche et les saisons régulières y î entretiennent dans la nature animale la vigueur et la santé. Le printemps

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règne de septembre en décembre; alors commence l’été de l'hémisphère austral. Les vents soufflent du nord depuis le milieu de mai jusqu’à la fin de septembre : c’est la saison pluvieuse. Le reste de l’année, les vents viennent du sud ; ils sont secs. Ils se font sentir à 60 ou 80 lieues de !a côte, Quant au sol de ce pays, il paraît que la côte ne présente qu’une piage étroite, derrière laquelle s'élèvent brusquement plusieurs rangs de montagnes : le dos de ces montagnes offre une plaine fertile, arrosée de petites rivières, et, dans les endroits cultivés, couverte de vergers, de vignobles et de pâturages. Les sommets des Andes, où brülent, parmi la neige, vingt srands volcans, couronnent cette intéressante perspective. L'or, lie cuivre et ie fer abondent dans la Cordillère ; il y existe des montagnes entières ‘d’aimant; les rivages sont couverts d’un sable ferrugineux ; malgré cette nature métallique du sol, la végétation montre la plus étonnante énergie. Les forêts nourrissent des arbres énormes, les uns précieux à cause de leur bois incorruptible, les autres utiles par leurs résines et leurs gommes ; la plaine, ornée d’arbustes aromatiques et salins, se prête à toutes les cultures européennes ; c’est le seul pays du Nouveau-Monde où l’on ait réussi à faire du vin. Les lamas, les vigognes, les viscaches se multiplient en liberté. Les cygnes du Chili ont la tête noire, trait qui les rapproche de ceux de la Nouvelle-Hollande.

Les règnes animal et végétal sont excessivement riches; ils ont été étudiés avec soin par M. Gay, naturaliste distingué. Les Andes nourrissent iles forêts immenses, des arbres d’une grosseur démesurée. Un missionnaire fit avec le bois d’un seul arbre une église de 20 mètres ; il lui fourmt les poutres, la charpente, les lattes, tout le bois nécessaire pour les portes et fenêtres, les autels et pour deux confessionnaux. Deux arbres semblable: au myrte (myrlus luma et maximu) parviennent ici à une élévation de plus de 10 mètres. Les oliviers ont jusqu’à À mètre de diamètre. Les herbe: cachent le bélail dans les prairies. On voit des pommes de la grosseur d’une tête, et des pêches qui pèsent près d’un demi kilogramme. Plusieurs arbrisseaux et plantes abondent en matière colorante d’un noir très-foncé. Le puya, arbre peu élevé, mais très-épais, se couvre d’une espèce d’écailles. Bien des quadrupèdes du C.:li, quoique classés dans les systèmes des naturalistes, ne sont qu’imparfaitement connus. Il faut les nommer ici, ne fùt-ce que pour provoquer de nouvelles recherches à ieur égard : tel est le castor du Chili (castor huidobrius), qui habite le bord des lacs et des rivières, mais qui ne bâtit pas comme le castor commun et produit une fourrure très-estimée ; tels sont encore la loutre, ou rat aquatique, à queuc

comprimée au sommet; le mulet bleu (us cyaneus) ; le ral laineux, dont les poils très-longs, fins comme de la toile d’araignée, étaient employés par les Péruviens au lieu de la meilieure laine; le aus maulinus, l'écureuil du Chili, qui se rapproche du loir, et vit dans des trous qui s’avoisinent et se communiquent au milieu des broussailles.

Passons à la description topographique des villes.

En venant du nord, nous passons près de la ville de Copiapo, d’où l’on exporte de l'argent, du soufre, du nitre et du cuivre. L’ile Grande, ou del Morro, ainsi qu’une longue chaîne de rochers, rendent Pentrée de son port difficile; néanmoins il a pris depuis cinq ans une grande importance à cause des mines d'argent qui sont dans son voisinage; il reçoit annuellement plus de 420 navires. Un chemin de fer, terminé en 1851, l’unit avec le port de la Caldéra; enfin on évalue à 400,000 marces la quantité d’argent extraite en 4850 des mines du voisinage. Æuasco, ou Guasco, trèspetite ville, avec un vaste port, est célèbre par la beauté des femmes et par leur teint beaucoup plus blanc que celui des autres Américaines du sud. On exploite dans ses environs une importante mine d'argent. Une partie de cette ville a été renversée par un tremblement de terre le 25 avril 4833.

Coquimbo, ou la Serena, ville ombragée de myrtes et décoréc de belles maisons, possède un port d’où l’on exporte du cuivre, de la viande salée, de l'huile excellente et des chevaux. Elle fut presque entièrement détruite cn 4820 par un tremblement de terre, et souffrit beaucoup de celui de 4822. Sa population, qui fut réduite alors à 5 ou 600 familles, se compose aujourd’hui d’environ 140,000 âmes. Quillota, ou Saint-Martin-de-la- Concha, bien qu’éloignée de 450 lieues de Copiapo, n’en éprouva pas moins d’une manière terrible les effets du tremblement de 1822. Elle est située dans une belle et fertile vallée, célèbre par les plus riches mines de cuivre que possède le Chili. Près de Guasco, de Coquimbo et de Quillota, la 4erre semble imprégnée de substances métalliques ; le cuivre y est d’excellente qualité; on en exporte annuellement plus de 40 à 50,000 quintaux. Le district de Quillota donne son nom à des pommes remarquables par leur grosseur, San-Felipe-el-Reul, chef-lieu de la province d’Aconcagua, avec 8,000 habitants, est régulièrement bâtie, dans une vallée fertile entourée de mines d'argent et de cuivre, dont l'exploitation a cessé. À quelques lieues, vers le nord-est de cette ville, s'élève l’Aconcagua, le plus haut volcan du globe, et la seconde montagne de tout le Nouveau-Monde.

Le principal port de commerce du Chili est celui de Valparaïso, que Vancouver cependant trouvait trop exposé aux vents du nord, Cette jolie

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AMÉRIQUE. — DESCRIPTION DU CHILI. k47

ville, dont le nom signifie vallée du paradis, et dont la population n'était que de 5,000 âmes à la fin du siècle dernier, est aujourd’hui d'environ 50,000. Plus de 3,000 étrangers y sont établis; elle fait à elle seule presque tout le commerce d'importation de la république. De vasies chanticrs de construction y ont été élevés aux frais du gouvernement et des particuliers, Elle possède plusieurs écoles et d'autres établissements d'instruction ; elle publie plusieurs journaux. Valparaiso se compose de deux quartiers, celui du port et celui de l’Almendral, ainsi appelé parce qu’on y cultivait un grand nombre d’amandiers. Pendant les troubles de la république, elle fut le siége du gouvernement central. Une belle route communique de cette ville à Santiago, la capitale, en attendant que le chemin de fer qui doit unir ces deux villes soit terminé. Valparaiso est protégée par une belle forteresse ; c’est une des principales stations navales de la France.

Sanliago, capitale du Chili, a plus d’une lieue de circonférence. La grande place est ornée d’une belle fontaine; la rivière de Hapucho, qui traverse la ville, et qui autrefois linondait souvent, est maintenant contenue

* par une superbe digue. Quelques édifices méritent d’être cités à cause de

leur magnificence, quoique les règles de l'architecture n’y aient pas toujours élé a.sez exactement observées, On distingue l’hlel de la monnaie, la nouvelle cathédrale, et d’autres églises : il y a de très-belles maisons particulières, composées d’un rez-de-chaussée vaste et très-élevé.

Pour sefaire une idée exacte de Santiago, il faut se la représenter comme une réunion de 450 carrés (cuadras) ou îlots que forment les rues en se coupant à angles droits. C’est au centre qu’est située la grande place. Les maisons sont à un seul étage et à toit plat; elies sont badigeonnées avec soin. Derrière chacune d’elles est un jardin qu'arrose un ruisseau limpide. Un beau pont traverse le Mapucho. Cette ville se disiirgue encore par de nombreux établissements littéraires parmi lesquels nous citerons l’'Université du Chili et son Institut. On ne connaît pas au juste sa population, mais ilest probable qu’elle n’estguère moindre de 80,000 âmes.

Dans cette ville où réside le gouvernement la manière de vivre porte une empreinte de gaieté, d’hospitalité, d’amabilité, qualités qui distinguent avantageusement les Espagnols du Nouveau-Monde de leurs compatriotes d'Europe. Le sang y est très-beau ; les femmes sont des brunes piquantes, mais un habillement gothique défigure un peu leurs charmes. La conversation, dans les premiers cercles de la ville, parait porter ce caractère de liberté et de naïveté qui règne dans nos campagnes. La danse et la musique sont ici, comme dans toute l'Amérique , des occupations

favorites. Le luxe des habits et des équipages est porté trop loin. Un chemin de fer, aujourd’hui à l'étude, (1852 ) doit réunir Santiago à Valparaiso qui en cst le port.

Les principales mines d'or sont à l’est de Santiago, à Petorca. Comme celles du Pérou, elles sont reléguées dans la région des neiges. La montagne d’Upsallata offre des minerais si riches, qu’ils donnent jusqu’à 60 marcs par quintal.

Curico, dans la province de Colchagua, est une petite ville peuplée en grande partie d'hommes de couleur. Il existe dans ses environs une riche uiue d’or, Talca ou Saint-Augustin, autre petite ville, chef-lieu de province, est située sur la droite de la rivière de ce nom. Cette ville fut presque entièrement «truite par le tremblement de terre du 20 février 4835. 1 y a dans cette province une colline qui paraît être presque entièrement iorrée d'amétystes. Du reste, elle abonde en vin, en tabac, en grains et en troupeaux de chèvres. Cauquenes ne mérite d’être nommée que parce qu’elle est le chef-lieu de la province de Maule.

Dans la province de la Concepcion, un sol riche et un climat régulier permettent au blé de donner 60 pour 1 ; la vigne y croît dans la même abondance; les campagnes sont couvertes de troupeaux.

La ville de la Concepcion ayant été engloutie, en 1751, par la mer, dans un tremblement de terre, on a bâti une nouveile ville à quelque distance du rivage; elle s'appelle indistinctement la Mocha ou la Nouvelle- Concepcion. Les habitauts y sont au nombre de 8,000. En 4823, les Araucans, à la faveur des troubles qui agitaient le Chili, pénétrèrent dans cette ville et en ravagèrent plusieurs quartiers.

Le tremblement de terre de 1835 renversa toutes les maisons de cette ville, ainsi que celles àc Talchuano, petite place maritime située sur la baie de la Concepcion, et qui possède un des ports de relâche les plus commodes de tous ceux de la côte du Chili.

Valdivia, à 2 lieues de la mer, sur la rive gauche d’une rivière du même nom, dans une province qui wournit d'excellents bois de construction, possède un port placé dans une superbe baie, et le plus vaste de tous ceux de la côte occidentale. Cette ville de 2,000 âmes, fut fondée, en 4551, par Picrre Valdivia,

Les foricresses d’Araucos, de Tucapel et autres, ont été destinées à lormer une barrière contre les incursions des Indiens.

L’archipel de Chiloé forme , avec quelques parties du continent, la province la plus méridionale de la république du Chili, Suivani le capitaine

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AMÉRIQUE.—DESCRIPTION DU CHIil. 449

anglais Blankley, il comprend 63 iles, dont 36 sont habitées!. L'ile de Chiloé est longue d'environ 120 milles marins , et large de 60. Son climat estsain , mais froid et pluvieux. Elle est montagneuse et bien boisée ; dans son intérieur arrosé par un grand nombre de ruisseaux, on voit un grand lac nommé le lac de Campu. Elle produit du blé, de l'orge, du lin, de superbes bois de construction, et nourrit beaucoup de bœufs et de volailles, ainsi que des sangliers dont on fait d'excellents jambons. La population de Chiloé et des îles qui en dépendent est d'environ 45,000 habitants, dont 25,000 sont dans la plus grande. Cette population appartient principalement à la race espagnole; le reste se compose d’indigènes qui parlent une langue particulière appelée veliché. L'ile de Chiloé est divisée en 10 arrondissements, qui ont chacun une cour particulière de justice et un gouverneur spécial. Le nombre des paroisses de toute la province est de 90. La force militaire de lile et de ses dépendances consiste en une milice de 7,500 hommes, partagés en infanterie, en cavalerie, en une compagnie d'artillerie soldée par ‘État, et en un corps de cavalerie envoyé par Maulin, la seule ville de la province qui soit sur Le continent.

San-Carlos, la capitale de l’île et de toute la province, est une petite ville, dont le port assez fréquenté, est entouré de fortifications dans un véritable état de délabrement. Le nombre des petits navires côtiers ou des chaloupes qui font le trafic des îles de Chiloëé est d'environ 4,500. En 1822, on comptait dans Chiloëé 31 écoles fréquentées par 1,300 enfants; mais ce qui fait peu d’honneur au gouvernement, c’est que le nombre des écoles et des élèves avait bien diminué depuis 4829 : il existait à cette époque 90 écoles, recevant 3,850 garçons.

Au sud de Pile de Chiloé s’étend l'archipel nommé {os Chonos, et qui se compose d’un nombre considérable d'ilots et de rochers. Rien ne mérite de nous y arrêter !.

A une distance de 460 lieues dans la mer, s’élévent les deux îles de Juan-Fernandez, devenues importantes par le mouillage que la plus grande offre aux navigateurs, Elle fut, pendant plusieurs années le séjour d’un matelot écossais appelé James Selkirk, dont les aventures ont fourni à Daniel de Foé le sujet de celles de Robinson Crusoé. Cette grande île dans laquelle sont établies quelques familles de différentes nations , est surnommée Has-à-lierra, c'est-à-dire la plus rapprochée üu continent ; la petitecst

! I] s’étend depuis le 40° parallèle 48 minutes jusqu’au 43° 50 minutes. 2 Il est compris entre 44° et 45° 50’ de latitude $S., et entre 75° 20’ et 77 50" da lon, ude O, v 57

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appelée Mas-à-fuera, c'est-à-dire la plus au dehors. Les rochers et les bois pittoresques de celle-ci n’ont pour habitants que des chèvres sauvages. Il croit, dans cesîles, des cèdres, du bois de santalet des poivriers semblables à ceux de Chiapas au Mexique.

Le gouvernement chilien a, dans ces derniers temps, envoyé une petite colonie occuper le port Famine au détroit de Magellan ; il paraît même qu'il prétend à la souveraineté des côtes situées au sud de la grande île de Chiloé, de telle sorte que sa domination s’étendrait sur l’océan Pacifique du désert d’Atacama au cap Horn.

La constitution politique actuelle de la république du Chili remonte à 1833; elle reconnait trois pouvoirs : exécutif, législatif, judiciaire. Le pouvoir exécutif appartient à un président nommé pour cinq ans, assisté de quatre ministres et d’un conseil d'État. Le pouvoir législatif est exercé par un congrès nalional composé d’une chambre de sénateurs formée de vingt membres, et d’une chambre de dépuiés qui se renouvelle tous les trois ans. Le pouvoir judiciaire est confié à une magistrature très-amplement organisée, et au premier rang de laquelle se place une cour suprême et des cours d’appel.

La religion catholique est la religion de l'État; il y a un archevéché à Santiago ettrois évêchés, ceux de Concepcion, Coquimbo et Chiloé.

L'armée régulière se compose de 2 capitaines généraux, 6 généraux de division, 6 généraux de brigade, 22 colonels et de 4 bataillons d'infanterie, 2 régiments de cavalerie et 6 compagnies d’artillerie. Il faut encore compter la milice dont les cadres sont de 41 bataillons d'infanterie et 32 régiments de cavalerie. La marine, à la tête de laquelle 4 vice-amiral, 4 capitaine de vaisseau et 3 capitaines de frégate, compte 1 frégate, 4 goelette, À brick et 42 chaloupes canonnières. La marine marchande est beaucoup plus importante , car elle est représentée par 120 bâtiments jaugeant 20,000 tonneaux et montée par 1,400 hommes d’équipage.

La situation financière du Chili est des plus régulières. Son revenu annuel est d'environ 30 millions de francs, et ses dépenses de 18 millions; l'excédent est emp oyé aux remboursements des dépôts et à l'entretien des grands établissements. Le chiffre des :importalions et des exportations annuelles atteint près de 400 millions de francs. Enfin la dette nationale qui diminue chaque année n’est plus aujourd’hui quede 25 à 30 millions de francs.

La république du Chili prend, depuis quelques années, un rang impor- (ant parmi les États nouveaux de l'Amérique du Sud; elle doit sa prospé-

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rité à la paix intérieure dont elle jouit depuis longtemps, grâce à la sagesse de son gouvernement; elle la doit aussi à sa position géographique, qui l’isole des contrées voisines perpétuellement agitées par des woubles politiques.

Nous avons déjà parlé de l’île de Chiloé et de l'archipel volcanisé des iles Chonos. Plus au sud vient la grande presqu'île des Trois-Montagnes, et ensuite le golfe de Pennas. Les peuples indigènes de cette côte paraissent tous appartenir à la race des Moluches, à laquelle les Espagnols ont donné le nom d’Araucanos, nom consacré par la poésie. Les Moiuches propres habitent la fertile et riante contrée entre la rivière de Biobio et celle de Valdivia. La riche qualité du sol, des eaux abondantes et salubres, un climat tempér , concourent à rendre cette région au moins l’égale des plus belles parties du Chili propre. Les Cunchi demeurent depuis Valdivia jusqu’au golfe de Guayateca. Les Zuiliches habitent depuis l'archipel de Chonos jusque vers le golfe de Pennas: selon quelques relations, ils étendent même leurs courses jusque vers l'entrée du détroit de Magellan. Ces deux tribus sont alliées des Moluches propres. La taille de ces peuples est grande dans la partie montagneuse et moyenne vers les côtes. Leurs traits sont assez réguliers, et leur teint n’est pas très-basané : ils se sont beaucoup mêlés avec les Espagnols, qui ne dédaignaient pas d’acheter des femmes chez eux. Ces peuples exercent un peu d’agricullure : ils récoltent quelques fruits, et font une espèce de cidre; mais leurs richesses consistent dans leurs troupeaux : ils possèdent quantité de chevaux, de bœufs, de guanacos et de vigognes. Les bœufs et les guanacos leur fournissent une nourriture abondante : la laine de la vigogne sert à fabriquer des ponchos ou manteaux. Les chevaux, qui descendent de chevaux espagnols, ont fait de ces Indiens autant de Tatars : ils se réunissent subitement, font des marches de 200 à 300 lieues, pillent le pays ennemi, et se retirent avec leur butin.

L’Araucanie est en partie enclavée dans le Chili, cette contrée est trèspeu connue; elle s’étend de la rive droite du Biobio au golfe de Reloncavi, isolant la province de Valdivia des autres provinces chiliennes. Sa configuration présente les mêmes reliefs que le Chili, c’est-à-dire une côte sèche et brülée, une Cordillère de la côte, et à l’est les grandes Andes. Le bassin intermédiaire entre ces deux chaînes se dirige du nord au sud, il est trèsriche et très-fertile. Une quantité de jolies rivières l’arrosent, les principales

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