AMÉRIQUE. — ARAUCANIE
1 Voir aux Bulleu.ns de la Société de gvographie de janvier et de février 1852, un article intéressant de M. 4. Sédillot sur les Araucans. V. A. M-B.
sont : le Carapangue, l’Araquete, le Plembu, le Paycavi, le Cauten et le Tolten, ces deux dernières sont navigables. Sur les deux lignes de montagnes la navigation est incroyablement belle, vigoureuse et variée ; les forêts en couvrent les premiers gradins; l’arbre le plus commun es' un hêtre colossal (fagus dombegi ou australis) qui atteint 30 mètres de hauteur; son tronc raboteux, mais remarquablement droit, est sans branches jusqu’à la moitié de son élévation; puis viennent le rauli, le laurier, le pittoresque lingue aux branches élastiques, le gracicux peumo chargé de baiss rouges, une multitude de myrtes aux fleurs variées, des plantes, des herbes, des lianes qui attendent encore du botaniste un nom et une ciassification. Le tout confondu, entrelacé, emméêlé de mille manières, offre à l’œil étonné de l’'Européen un chaos inextricable. Le long de la côte, un chemin tracé par les pieds des chevaux, conduit à Arauco, seule bourgade qui subsiste dans l’Araucanie, des sept villes créées autrefois par les Espagnols; Arauco qui appartient aujourd’hui au gouvernement chilien, est assise au fond d’une baie que protège une forteresse. Au delà de cette petite ville, la route n’est plus frayée ; on est dans l’Araucanie indépendante, car quelques tribus, seules attirées par le besoin d'échange, recon'aissent le gouvernement chilien. Une autre route mène de la Concepcion à Valdivia, à travers la longue et fertile vallée qui forme la partie la plus importante de l’Araucanie. Cette dernière route traverse de riantes campagnes, dans lesquelles on ne trouve aucun centre d'habitations, car les Araucans ne conçoivent pas que l’on puisse vivre côte à côte de la vie commune. De loin en loin seulement, quelque légère fumée trahit, en s’élevant au-dessus d’un bouquet d’arbres, la demeure momentanée d’une famille; ils sont partagésen un grand nombre de tribus, gouvernée chacune par un cacique, et occupant chacune une portion de pays divisé en autant de pelits fiefs qu’elle compte de {amilles.
Les Araucans ou Araucanos adorent le grand Esprit de l'univers : ils adressent des hommages aux astres. Les morts sont enterrés dans des fosses carrées, le corps assis ; on met à côté les armes et les vases à boire : on place alentour les squelettes des chevaux immolés en l'honneur du mort; chaque année, une vieille matrone ouvre les tombeaux pour nettoyer et habiller les squelettes. Le code national permet la polygamie, mais la soumet à de sages règlements. Les propriétés et les actions de la vie civile sont aussi bien réglées que parmi nos nations européennes. Ils ont quelques notions de géométrie et d’astronomie; ils dis! nguent les étoiles par des noms particuliers, et raisonnent même sur la pluralité des mondes. Leur
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