‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 3)Chapitre 190 sur 203 · PROVINCES · texte numérisé non relu

PROVINCES

BAsQUES. Guipuscoa . .....

Alava (Vitoria). .

Les Baléares. . .

Les ILes. Les Canaries. . . .

GOLONIES.

SUPERFICIE POPULATION. RENVOIS, en lieues carr.

POSSESSIONS D'AFRIQUE, Présides (Cutes du Ma-

PO soon

Iles de Guinée, . ..,,

11,481 hab. | Voir tome IV, page 381, 5,590 Voir tome 1V, page ca

POSSFSSIONS D'ASIE KT Tsnnts AUSTUALES,

Gouvernement des Philippines .....,,,

3,717,633 Voir tome VE, pages ! et suivantes.

POssEssIONS D'AMÉ- RIQUE.

Gouver- { Cuba. ....

nement } Porto-Rico. .

dela )Les Vierges- Havane. Espagnole»

1,000,000 Voir tome V, pages di suivantes, 290,000 Voir tome V, page

2,600 Voir lome V, page 564.

agène, 10, nanza,

PALLUR Tortosa,

Cervera , 4,000.

iguerus ; -'Tudela, (

Orduna , 0,000. — — Tolon, 20,000.

Las Palaleserde,

hivantes.

suivantes.

Suite de la Description de l’Europe. — Description de la Péninsule Hispanique. — Royaume de Portugal.

Le royaume de Portugal, par la description duquel nous allons termi-

uer notre Jongue excursion géographique, offre, grâce à la paix dont il jouit depuis de longues années, plus d'éléments de prospérité que son voisin. Il tire son nom, selon les uns, de Porlo-Gallo (port français), ville dens laquelle s’établirent Henri de Bourgogne, fondateur de ce royaume, et ses compagnons; selon d’autres, il existait à l'embouchure du Duëro un bourg nomuné Cale, aujourd’hui Gaya; dans la suite on bâlit, vis-à-vis de Cale, un port qui reçut le nom de Portucale (port de Gale). C’est de ce nom de Portucale que celui de Portucalia fut d’abord donné aux provinces actuelles de Minho et de Tras-os-Montès, et dans la suite à Lout le royaume.

Le royaume de Portugal s'étend du nord au sud, entre le 42e et le 37e degré de latitude ; et, de l’est à l’ouest, entre le 9° et le 44e degré de longitude. Au nord, il a pour limites politiques la province espagnole de Galice et une partie de celle de Zamora ; à l’est, celles de Léon, de l’Estremadure et de l’Andalousie ; à l’ouest et au sud, l'Océan baigne ses côtes. Sa plus grande longueur du nord au sud est de 425 lieues géographiques ou 556 kilomètres, et sa plus grande largeur, de l’est à l’ouest, est d’environ 50 lieues ou 222 kilomètres ; sa superficie est de 5,035 lieues géographiques carrées (selon Balbi, de 6,051) ou 91,285 kilomètres carrés, et sa populalion élait évaluée en 4851 à 3,487,025 habitants, pour les provinces européennes seules, et à 6,168,500, si l’on y comprend celle de ses colonies.

L'espace peu étendu que comprend le Portugal, du nord au sud, devrait faire supposer partout une tempéralure assez uniforme, mais linégalité du sol, la Girection des vallées, la proximité plus ou moins grande de l'Océan, modifient considérablement son climat. Un interwalle de quelques lieues suffit pour passer de la température de l'Allemagne à la température élevée de Lisbonne.

Les parties basses de ce royaume jouissent d’un double printemps et d’un hiver très-court. Le premier commence en févricr; les antres mois sont lanLôl froids et pluvieux, d’autres fois chauds et secs. La moisson se fait en juin; dès la fin de juillet les chaleurs dessèchent les plaines, l'herbe jaunit, les arbres languissent, ct les plantes potagères ne doivent leur conservation qu'aux soins actifs des jardinicrs. Cependant les soirées et les nuils sont rafraîchics par la brise de mer. Tandis que le hitoral est exposé à une chaleur qui dépasse souvent celle de la zonc torride, les régions plus élevées ressentent la plus douce température. Vers la fin de septembre ou le commencement d’octobre, les régions basses se parent d’une seconde végétation ; aux fleurs de l’automne succèdent tout à coup des fleurs printanières ; les prairies se garnissent d’une herbe jeune et fraîche ; les arbres semblent reprendre un nouveau feuillage ; ct les orangers, qui rcfleurissent, donnent au mois d’octobre tous les charmes du plus beau printemps. L'hiver commence en novembre ct règne jusqu’au mois de février. C’est la saison des grandes pluies et des violents ouragans; c’est alors que les torrents sefrayent un chemin jusqu'aux rivières, dont les débordements interceptent les communications. Mais le froid n’est jamais rigoureux, il gèle même rarement la nuit; cependant, au delà du Duéro, dans les montagnes de la province de Tras-os-Montès ct sur les sommets de la Serra d’Estrella, de la Serra de Mamès et de celle d'Estremos, le froid est assez vif. La neige s’y amoncèle, mais rarement les cours d’eau sont gelés. Suivant le témoignage de plusicurs Portugais dignes de foi, le sommet du Gaviarra, dans la province de Minho, quelques cavités du Maraoet des cimes de l’Estrella, recèlent de la neige pendant les plus fortes chaleurs de l'été. Hors de ces montagnes, les parties les plus froides ne la conservent qu’un mois, et dans le royaume d’Algarve elle est tout à fait inconnue. Dans la province d'Entre-Douro-ct-Minho, et dans celle de Tras-os-Montès, le vent du nord régne pendant lhiver; dans celles de Bcira, d’Estremadure et d'Alem-Tejo, c’est le vent du sudouest qui domine pendant cette saison, et les grands froids sont produits par le vent d'est que refroidissent les sommets neigeux de la Castille. Dans les autres saisons, et particulièrement pendant l'été, le nord-oucst souffle le matin et le sud-ouest l’après-midi.

A Lisbonne et dans le bussin de l'embouchure du Tage, l'hiver dure pendant les mois de décembréæjanvicr, février et mars; le printemps, pendant les mois d’avril et de mai ; l'été, depuis le 4er juin jusqu’à la fin de septembre ; el l'automne comprend octobre et novembre. Le bassin du

mps et s mois oisson aincs, oivent soirées ral est les réfin de parent à coup une et s orannes du squ’au $ ouraivières, Je froid ant, au ntès et de celle rement rlugais D, quelÿc pen- ; parties Algarve -Minho, l’hiver; du sudproduits Castille.

‘à la fin assin du

Mondego, aux environs de Coïmbre, est p'us tempéré que celui de Lisbonne, mais il est plus humide et moins salubre; celui de Porto ct de Pefaliel, non moins humide, est plus nébuleux cet plus froid en hiver, mais très-chaud en eté. Dans l'Algarve, au contraire, l'hiver offre une douce température; les prairies sont toujours émaillées de fleurs; pendant les mois de juillet, août ct septembre, la pluie est peu adondante, et lorsque le mois d'octobre est pluvieux, il n'est pas rare de voir fleurir de nouveau les arbres fruilicrs en novembre. Les mois les plus humides sont ceux de décembre et de janvicr. L’abondance des pluies en avril est un signe de la richesse des moissons. Un fait assez intéressant dans l’histoire des phénomènes atmosphériques, c’est que pendant le mois de mai le vent tourne ordinairement avec le soleil, c’est à-dire qu'il souffle de l’est au lever de cet astre, du sud à midi, du nord-ouest le soir, et du nord pendant la nuit. De ià le nom de ven{u-rodeiro que lui donnent ies Algarvicens.

Molsré les montagnes qui couvrent le Portugal, ce pays est rarement exposé aux désastres causés par la grêle ct les orages : le tonnerre n’y gronde que pendant l’automne ct l'hiver.

Le Portugal jouit d’une”grande réputation de salubrité. Plusieurs exemples de longévité suflisent peut-être pour attester que cette opinion n’est point un préjugé ; quelques localités jouissent même d’une certaine prédilection sous ce rapport. Tels sont : Braga, Ponte-de-Lima et presque toute la province de Yinho ; Mirandella, Villa-Pouca, Montalègre.

L’un des fléaux auxquels la partic méridionale du Portugal est cxposée, c’est la fréquence des tremblements de terre : il n’y a point d'année qu’on n’en ressente, ct depuis 800 ans, quinze secousses ont ravagé Lisbonne. La plus terrible fut celle de 4755, qui se fit ressentir presque instantanément en Afrique, en Irlande et en Amérique.

Il est peu de contrées en Europe qui possèdent une plus grande quantité de sources minérales que le Portugal : on en compte, en minimum, 40 dans la province de Minho, 6 dans le Tras-os-Montès, 17 dans le Bcira, 42 dans l'Estremadure, 9 dans l'Alem-Tcjo, ct 2 dans l’Algarve. Ces caux sont gazeuses, salines, sulfurcuses, forrugineuses, cu simplement chaudes; toutes sont d’une temp‘rature plus ou moins élevée. Ce pays, où les Carthaginois allaient chercher leurs métaux, qui possède des mincs d’or, d'argent, de fer, de plomb, d’étain, et d’autres minéraux moins utiles, est cependant tributaire de l'étranger pour ces mêmes richesses, qui, exploitées avec intelligence, pourraient devenir une branche

CR RAR Eu und LA AE

importante d'exportation. Ses mines de houille ne sont pas exploitées aussi avantageusement qu'elles pourraient l'être, les marais salants le sont seuls ; leur produit annuel est évalué en monnaie de France à 4,000,000 de francs.

L'agriculture est loin d'être aussi avancée en Portugal que duns la plupart des pays agricoles de l’Europe, quoique elle soit déjà dans un état plus prospère qu’en Espagne; ce royaum£ ne produit point de quoi satisfaire à sa consommation. Il importe annuellement environ 450,000 muids de céréales ; cependant, il paraît que le royaume fournit, année commune, de quoi nourrir sa population. Il faut donc attribu5r ces importations aux besoins de la consommation de Lisbonne, qui, encore aujourd’hui, faute de routes, ne peut recevoir de l’intérieur les approvisionnements nécessaires,

Le mauvais état de l’agriculture a nécessairement de l'influence sur la quantité et la qualité du bétail que nourrit le Portugal; cette influence réagit ensuite sur la culture elle-même. Le nombre de jours où l’on s’abstient de manger de la viande, et qui forme près du tiers de l’année, force à recevoir annuellement de l'étranger 280,000 quintaux de morue, valant 40,000,000 de francs, La mauvaise qualité des pâturages que l’agriculteur ne cherche point à améliorer , le peu de parti que le paysan tire du lait de ses vaches, et qui est tel qu’il ne sait point en faire du fromage et du beurre, tandis que la Hollande et l’Angieterre approvisionnent le Por- ‘ugal de ces denrées : que faut-il de plus pour expliquer la dépendance de ce pays à l’égard de l'étranger ? L'huile qu’il retire de ses oliviers négligés est loin d’être une véritable richesse pour son sol, tant elle est mal fabriquée. En déduisant, année commune, la valeur des importations de celle ‘des exportations, on voit qu’il reste à la charge du pays une valeur de 60,000 francs sur ce seul produit; tandis qu’il paraîtrait naturel que le Portugal en approvisionnât non-seulement ses colonies, mais plusieurs pays étrangers.

Les provinces de Minho, de Tras-os-Montès et de Beira sont riches en produits, mais principalement en céréales. Dans le Minho et le Bcira, on cultive particulièrement le maïs, et dans le Tras-os-Montès, le scigle. La plus grande partie de l’Estremadure et de l’Algarve est inculle ; cependant le maïs réussit dans la première. Les principaux produits de la seconde consistent en froment, en figues &’en amandes. Dans les autres parties du royaume, on recueille des poires et des pommes excellentes; on cite celles de Colares et de Portalègre, comme les figues d’Almada. L’Estremadure

oitées nts le nce à

a pluitplus isfaire ids de mune, 1 aux , faute néces-

sur la luence \ s’ab- , force valant riculire du age et e Pornce de gligés fabri- > celle eur de que le sieurs

es en a, on le. La ndant onde ies du celles adure

s'enrichit par ses oranges et ses citrons, renommés dans tout l'univers, et l’Alem-Tejo produit beaucoup d'olives. Le châtaignier abonde dans tout le Portugal,

Les vins de ce royaume sont fort estimés; on connaît celui du haut Douro, vendu sous le nom de vin de Porto, si recherché par les Anglais ; le muscat de Carcavelos et de Setubal, et les vins blancs de l’Algarve, principalement ceux de Farû et de Sines. Parmi les vins rouges, on doit citer, dans la province de Lisbonne, ceux de Torres-Vedras, plus légers que ceux de Porto ; dans le Tras-os Montès, ceux de Galafura et de Covelinhos, ainsi que ceux de Rancäo, Barca et Romanciras.

Des produits de son sol, le Portugal exporte annuellement pour 500,000 francs d'amandes et de figues sèches, pour 2,000,000 d’oranges et 50,000 pipes de vin, produisant une valeur de 50,000,000 de francs.

On cst élonné que dans un pays soumis à une température aussi favorable, l'éducation des vers à soie et des abeilles soit pour ainsi dire dans l'enfance; le Portugal pourrait en tirer un grand avantage. Les autres produits du règne animal sont tout aussi négligés. Ses brebis devraient être une source de richesses : les troupeaux sont nombreux, surtout dans la province de Beira, d’où ils émigrent l’hiver pour celle d’Alem-Tejo : leur laine, moins fine que celle des brebis espagnoles, est cependant recherchée par les étrangers; l'exportation des laines ne dépasse pas une valeur annuelle de 400,000 francs. Les chevaux sont inférieurs à ceux de la Castille et de l’Andalousie : ils sont petits, mais légers et bien faits. L'éducation et la culture pourraient facilement améliorer leur race et augmenter leur nombre, trop peu considérable. Plus nombreux, les mulets, grands, forts et dociles, pourraient ajouter à la richesse du pays.

La faune portugaise se compose d’un petit nombre d'animaux. Les loups peuplent les forêts et les montagnes; le chat sauvage habite les contrées déscrles ; la chèvre, également sauvage, n’est plus er aussi grand nombre qu’autrefois, cependant on la rencontre encore dans la Serra de Gerès ; le cerf, ie daim et le sanglier se montrent quelquefois dans les bois; les lièvres y Sont rares, et les lapins moins nombreux qu’eu Espagne. Suivant un témoignage que nous ne récuserons pas, on trouve dans les bruyères des insectes du nord de l'Afrique, sur le revers de l’Estrella des papillons du midi de la France, et dans les montagnes de Tras-os-Montès des scarabécs du nord. Toutes ces montagnes recèlent des vipères ct d’autres reptiles veaimeux. Dans les champs et jusque dans les maisons, on rencontre souvent lo gecko de Mauritanie, saurien de la famille dos

near these ntianta set eee te

lézards, objet d'horreur et de dégoût pour les Portugais, qui lui supposent des qualités malfaisantes, et qui n’agprécient pas les services qu’il rend en détruisant mille in:ectes nuisibles.

Le fleuves ct les côtes du Portugal abondent en poissons de toute espèce ; on y pêche des aloses ct des anguilles d'eau douce et de mer, une immense quantité de sardines, des soles, des carrelets, des trigles, la. murène lachetéc, le scombre bonite et le xXiphias espadon, Cette abondance de poissons, qui devrait être une des principales richesses du Portugal, fait regreller que le gouvernement ait laissé tomber d'importantes pêcheries. Loin de pouvoir, comme il y a trois siècles, aller rivaliser avec les pêcheurs hollandais sur le banc de Terre-Neuve, les pêcheurs portugais ont à peine les moyens d'explorer avec avantage les côtes de leur propre pays.

En Portugal, le catholicisme est la croyance de toute la nation, mais les autres religions y sont tolérées; le nombre des religieux des deux sexes ct des membres du clergé stculier est de 25,000. Le haut clergé se compose de 13 évêques et de 3 archevêques, dont celui de Braga porte le titre de patriarche-primat, dignité qui fut créée en 1716.

Les mœurs nationales se sont beaucoup améliorées dans ce pays. Le Portugais est superstiticux, mais il ne fut jamais fanatique. Ce qui caractérise encore cette nation, c’est une douceur qui ne se dément point, même pendant les commotions politiques ; c’est une politesse qui se fait remarquer depuis les rangs les plus élevés jusqu’à la plus basse classe du peuple; c’est envers les étrangers une prévenance qui le distingue de l'Espagnol et le rapproche du peuple français, dont il a presque la vi: vacité. On lui reproche l'indolence et la présomption : les paysans de l'Estremadure et de l’Alem-Tejo sont en effet indolents et paresseux. Tous les Portugais se plaisent à vanter leur nation, mais c’est une conséquence du rôle important qu’ils ont joué sur le théâtre du monde, ct du peu de lumières qu’on ait laissé, naguère, pénétrer dans leur pays. On à souvent répèté que les Portugais sont dissimulés, vindicatifs et perfidés. El y a plus que de l’exagéralion dans cette assertion, où ils sont bien changés. D'ailleurs, en se montrant sévère sur leurs défauts, il faut rendre justice à leurs qualités; ils sont en général fort attachés à leur patrie, amis généreux et fidèles à remplir leurs promesses. L’habitant de la province de Minho est plein de feu, d'esprit et d'industrie; celui du Tras-os-Montès rachète des dehors grossiers par des mœurs pures e&’sinples, par sa bravoure el son aclivilés celui de la province de Becira est le plus laborieux ; celui de l'Estre-

ppposent | rend en

de toute ner, une

rigics , la.

te abondu Por- Jorlantces iser avec rs porlu- ; de leur

on, mais UX SEXCS coïpose » titre de

pays. Le li Ccaracit, même t remar'lasse du nguc de ie Ja vi:

de lEsl'ous les ence du uinières t répèté s que de culs, en s qualit fidèles plein de s dehors son aclil’'Estre-

madure est le plus policé ; enfin, l’Algarvien surpusse tous les autres par sa vivacité,

* Les Portugais ont le teint des peuples méridionaux; ils sont d’unc taille peu élevée, mais généralement bien prise : rien n'est plus rare parmi eux que des individus cstropiès ou contrefaits, Lu province de Minho, le Trus-os-Montès et les montagnes d'Estrella renferment les hommes les plus beaux et les plus robustes du royaume : leur peau est assez blunche, et leurs cheveux sont blonds ou chätains. Dans les autres provinces, le noir cs la couleur dominante de la chevelure. La belle carnation des Porlugaises, leurs grands yeux noirs, leurs dents blanches et bien rangées, leurs longs cheveux d’ébène, leur aimable vivacité, les mettraicnt au rang des Européennes les plus séduisantes, si à la grâce des Françaises elles joignaicnt la petitesse du pied espagnol.

La vivacité, la brillante imagination qui distinguent le Portugais, le rendent en quelque sorte affamé de dissipations : la musique, la danse, le spectacle, les processions el les combats de taureaux, en un mot, tout ce qui peut retracer les plaisirs des sens, a sur lui un empire irrésistible, Sa musique, vive et légère, n’est point sans attraits pour l’étranger; les chants populaires, accompagnés du son de la guitare, seraient agréables et gracieux si les paroles n’en étaient point parfois trop hicencicuses. La dause nationale appelée la Fuffa est, par exemple, trop lassive.

La langue portugaise, formée de l’idiome des anciens Turdelani et du latin, ne fut d’abord, comme toutes les langues italiques, qu'un jargon burbare qui se mêla de mots arabes sous la domination des Maures, et même de mots français, lorsque le comte Henri de Bourgogne et ses compagnons d'armes se fixèrent en Portugal. Au treizième et au quatorzième siècle, elle acquit plus de régularité, cet dans le seizième, elle atteignit cette douceur suave ct celte mâle énergie si justement admirées dans les vers de Camoens. Depuis cette époque, elle n’a fait que dégénérer, Le portugais n’a point les sons gutluraux de l'espagnol : il est riche et sonore; mais la fréquence des hialus et des terminaisons nasales, la propension qu’il a au néologisme, la facihté avec laquelle il s'empare des mots des autres langues, nuisent à son harmonie et feraient croire à sa pauvrelé, si plusieurs écrivains modernes n’avaient prouvé tout le parti qu’on peut tirer de celte langue.

Ce serait une grande erreur de croire que, parce que la littérature portugaise est peu connue en Europe, elle ne mérite point de l’être : le Por- VIE. 87

tugal a produit jusqu’à l’époque actuelle des savants et des écrivains d’un grand méri!e.

Les beaux-arts y sont encore dans un état pou satisfoisant, faute d'encourage nents donnés par les riches et le gouvernement, La musique est, pour ainsi dire, le seul dans lequel plusieurs Portugais se soient rendus célèbros. Si de la littérature et des beaux-auris nous passsens à l'éducation des masses, nous dirons que l'instruction publique élémentaire est trèsnégligée en Portugal, et qu’à l’excoption de l'Espagne, qui lui est fort inférieure sous ce rapport, ilest peu de pays où le nombrerelatif d'étoliers soit moius considérable, Cependant les établissements d'instruction destinés aux enfants des classes riches ou privilégiées peuvent supporter la comparaison nves ceux des autres États de j Europe; l'enseignement des sciences est confié à des professeurs habiles, et de bons ouvrages nationaux on facilitent l'étude,

Lo royaume de Portugal et des Algarves est divisé administrativement en 8 provinces, 47 districts, 886 communes et 736 paroisses. La partie insuluire forme cinq districts, trois pour l'archipel des Açores, et les deux autres pour le groupe Madère Porto-Santo. Nous commencerons sa description topographique par celle de l’Estremadure, et c’est par Lisbonne, capitale du royaume et chef-lieu de la province, que nous entreprendrons notre excursion.

Il est difficile de se faire une idée du magnifique spectacle qu'offre le port dé Lisbonne (Lishoa), que tous les marins s'accordent à regarder comme un des plus beaux mouillages du monde. Il est défendu par le fort Dugio San-Juliad, placé sur sa rive droite. Le fleuve, après avoir formé une sorte de luc de 2,500 mètres de pourtour, où les flottes peuvent mouiller et. se mouvoir à volonté, sans êlre exposées aux canons des côtes, se resserre tout à coup à la partie occidentale contre la tour de Bélem et la vi ile Tour, et coule dans l’Océan, Les deux rives du Tage sont bordées de batteries, et la barre est coupe par un banc de rochers sous-marins appelés Os, Cachopos. Lisbonne s’èlève majestucusement cn amphilhéâtre ‘sur la rive droite du fleuve et couvre sept collines, El!e occupe un espace d'environ 43 kilomètres de longueur sur une l:rgeur de & kilomôires, Le Tage, malgré la vaste baie qu’il remplit, n’offre aux navires qu’un pussage étroit ct dangereux; la barre que forment ses eaux, qui luttent cou’re les flots de l'Océan, oblige le navigateur prudent à no tenter d'entrer déus ‘+ port aue lorsqu'il est guidé par un piloie côtier. La vue de eelle: vosie api: le isvit erciie qu’elle renferme une immense

d'un

l'enest, ndus atiou très- | fort licrs desler la it des atio-

ment partie deux despnne, drons

fre le arder par le avoir uvent hs des ur de Tage chers nl on , El!e

db 2 r

’offre L ses dent

ôtier.

ense

2 Sm m = 0 En un 7 Le C9 ns ee à oo ie um nm D nm 2 Su © os D eu QD am

population, si l’on ne savait, par des renseignements exacts, qu’elle né s'élève pas à plus de 280,000 âmes. Elle est divisée en deux villes : l’ancienne, qui, échappée au terrible désastre de 4755, n’est qu’une réunion de rues tortueuses, étroites et sales; ct la nouvelle, qui, formée de rues larges, presque toutes bien alignées et garnies detrotioirs, s’augmente ct s’embellit de jour en jour. Les deux plus importantes places sont celle du Commerce, dité aussi place du Palais, bornée d’un côté par le Tage, et ornée de beaux édifices, qui comprennent la bourse, la douane, la maison des Indes, Pintendance de la marine, la bibliothèque royale et d’autres bâliments dont quelques-uns ne sont point encore achevés; au centre s'élève la statue équestre en brotize de Joseph ler; et celle du Rocio, moins grande que la précédente, et que borde le vaste palais de l'Inquisition, qui renferme aujourd’hui les bureaux des différents ministères; plus bas sont les anciennes prisons du Saint Office. Les seuls édifices que l’on puisse citer à Lisbonne sont le palais royal, construit dans le faubourg d’Ajuda, et qui, lorsqu'il sera terminé, sera l’un des plus vastes de l’Europe; deux autres palais du roi : celui de Bemposta, dans lequel il donne audience, et celui de Vecessidades, destiné à louer les princes étrangers; l'arsenal de la marine, où l’on voit une salle d’une grandeur extraordipaire ; le collège des nobles, remarquable par son beau manége; le palais de Calhariz, édilice réservé à l'académie des sciences et à celle de fortiñcation ; le théâtre de San Carlos, qui, par ses dimensions, peut être compäré aux théâtres de second ordre de l'Italie ; la cathédrale, connue sous le nom de Basilica de Santa Maria, vieil édifice restauré dans le goût moderne depuis le célèbre tremblement de terre, l’église du couvent de Jésus, bâtiment remarquable par la hardiesse de: son dôme, et le plus magnifique qui ait été construit à Lisbonne depuis cette affreuse catastrophe; enfin Péglise des Martyrs, élevée sur l'emplacement où Alphonse Ier défit les Maures; édifice antique que les révolutions physiques ont épargné, comme pour rappeler aux Portugais l’énergie avec laquelle ils conquirent leur indépendance.

Les églises sont en général construites dans un très-mauvais goût : elles sont surchargèes de tours ct de corniches et entourées de bizarres frontor.. Les rues sont pleines de mendiants, vieux, jeunes, aveugles, étalant aux regards des plaies hideuses.

Lisbonne renferme plusieurs établissements dont les noms seuls suffisent pour altester leur utilité ; nous placerons au premicr rang l’obscrvatoire de la marine, l'académie royale de marine, l’école royale de construc-

Page 1