‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 3)Chapitre 52 sur 203 · LS HÉROS · texte numérisé non relu

LS HÉROS

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fermant 60,000 volumes ; le musée de peinture, le cabinet d'histoire natus relle et le jardin botanique. Marseille est la patrie du navigateur Pythéas, du poëlte satirique Pétrone, du célèbre sculpteur Puget, d'Honoré d’Urfé, qui acquit de la célébrité par son roman de l’Astrée, du prédicateur Mascaron, du poëte Pellegrin, du grammairien Dumarsais, de Lantier, auteur du Voyage d’Antenor,du conventionnel Barbaroux ct du général Gardanne.

Marseille, dont la fondation remonte à 600 ans avant notre ère, dut à la navigation et au commerce son antique prospérité, comme elle leur doit sa moderne importance. C’est le premier port de France pour le mouvement de son commerce; pendant l’année 4852, son tonnage s’est élevé à 45,366 navires jaugeant 1,672,323 tonnes, et montés par 133,960 hommes d'équipage; le revenu de sa douane dépasse 60 millions de francs. C’est le principal entrepôt de la France avec la Méditerranée et l’Algérie. Elle importe des colons bruts, du sucre, des bois de teinture et diverses marchandises du Levant; elle exporte les huiles et les savons qu’elle fabrique; ses bonnets façon de Tunis, ses damas micux fabriqués que ceux de Syrie, les produits de ses tanneries et ceux de ses vignobles. Elle est en communication avec les grandes lignes de chemins de fer français par la ligne d'Avignon, qui se soude à celle de Lyon, et de Cette à Bordeaux. Ce cheflieu des Bouches-du-Rhône, dont la population approche de 200,000 âmes, scrait sous le plus beau climat du monde, si des essaims de moucherons et de cousins n'y étaient un véritable fléau, et si le souffle de l’impétueux mistral n’y troublait point la douceur de la température. On attribue à son influence la dureté, qui, chez les Marseillais, cache souvent toutes les qualités d’un cœur franc et sensible, et la férocité même que le peuple de la ville et de la campagne montra dans plus d'une circonstance, que provoquérent les égarements de la politique,

En se dirigeant vers Arles, il faut voir l’île de la Camargue, fornée par la mer et deux des bras du Rhône. Elle renferme sur une superficie de 72 licues carrées où de 142,451 hectares, neuf villages, un grand nombre de maisons de campagne, et près de 350 fermes ou mas, dont les propriétaires élèvent annuellement 40,000 agneaux, 3,000 bœufs et autant de chevaux. C’éstilans celte île que se trouve la bergerie de l’Armillière.

Arles, principale station du chemin de fer de Marscille à Avignon, située au point où le Rhône se bifurque pour former la grande île de la Camargue, qui, sous le nom d’Arelas, était une des métropoles de la Gaule, est l’un des chefs-licux d’arrondissement des Bouches-du-Rhône. Peu

peuplée, mal bâtie, médiocrement commerçante, les souvenirs et les restes VII, 12

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de son antique magnifcence la mettent seuls au rang des villes les plus curicuses de France. On croit qu’elle fut bâtie par les Celtes, 4,500 ans avant l'ère chrétienne, et que son nom dérive des deux mots celtes ar lait, qui signifient prés des eaux. Après la prise de Marscille par Jules-César, Arles devint l’entrepôt central de toute la Gaule, On y voit encore quelques arcades et deux colonnes de son théâtre, des restes bien conservés d'un amphithéâtre qui présente dans une grande partie de son périmètre un triple rang d'arcades ; uno tour du palais de Constantin, un obélisque en granit, des tombeaux, des autcls, des statues et d’autres restes que l'on découvre encore tous les jours, et qui enrichissent le musée déjà si intéressent de cette antique cité. Au milieu de ces nobles débr le seul monument moderne que l’on puisse citer, est le bel hôtel-de-ville construit par Mansart. Le commerce d'Arles consiste dans la vente des vins, des blés, des fruits et de l’huile de son icrritoire, Les saucissons, principaux produits de son industrie, justifient leur réputation, Nous rappellcrons que la beauté des Arlësiennes est depuis longtemps proverbiale dans le Midi,

En suivant les bords du Rhône on arrive à Tarascon, petite ville agréablement située sur la rive gauche du fleuve, qui la sépare de Beaucaire, et sur le chemin de fer d’Avignon à Marseille. Elle est dominée par uu vieux château fort, assez bien conservé, maison de plaisance des comtes de Provence, transformé depuis longtemps en maison d'arrêt, C’est à Tarascon que le chemin de Nimes à Montpellier à Cette, qui doit être prolongé par Toulouse jusqu’à Bordeaux, vient se souder à celui d'Avignon à Marseille.

Le cours de la Durance, depuis sa réunion avec le Verdon jusqu’à son embouchure dans le Rhône, sépare le département que nous venons de

+ parcourir de celui de Vaucluse. 1 Large et majestueuse, rapide comme un

torrent, la Durance est par ses débérderents le fléau des campagnes ; mais le limou fertile qu’elle dépose dans ses excursions, et les canaux d’irrigation qu'elle alimente, sont les moyens réparateurs dont elle se sert pour faire oublier ses ravages. A peu de distance de ses rives, ct sur le bord du

1 Contenances imposables. à hectares hectares | Étangs, abreuvoirs, mares, canaux d'irri- Terres labourables, . , , . , + + 157,739 mr SR SE RCHIEE ke ot 163 Landes, pâuis, prit ete «à « 07,761. Culiures diverses . . . : 11 PR A TE A .. 62411 Contenances non imposables. Vignes, à + + + + + + + + + + + 6,201 | Rivières, lacs ruisseaux, 8,170 Prés, . + + 6.201 | Routes, chemins, places publiq, rues, etc. 6,546 Vergers, pépinières el jardins. de pe ce 5,516 | Forêts, domaines non productifs, , . y Oseraies, aulnaires, saussaiecs. . , + +. 9,717 | Cimerères, églises, breshyléres et bäti- Propriétés bâties, + + . , . ,. . + 1,043] ments publics, , , . , . , . . 50

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Rhône, Avignon s’élend au milieu d’une plaine délicieuse, embellie par des plantations de müricrs, des vergers et des prairies. Une longue ceinture de vieilles murailles créneléces, et du plus pittoresque effet, en dessine l'enceinte environnée d’un boulevard extérieur planté d'arbres magnifiques. Presque au centre de ses murs l’ancien palais des papes, aujourd’hui transformé en caserne d'infanterie, s'élève sur la cime d’un rocher escarpé du côté du Rhône, et présente un coup d'œil majestueux. Deux salles de cet édifice sont remarquables par les magnifiques peintures à fresque qui les décorent, et qui datent du quatorzième siècle. On attribue

ces peintures à Tomaso di Stephano, surnommé: Giottino en sa qualité.

d’élève et de parent de Giotto, et à Simon de Sienne ou Memmi, l° ami de Pétrarque. La vue s'étend au loin sur tout le cours du fleuve et sur la plaine du Comltat, toute resplendissante de la verdure des peuplicrs, des saules et des ve rgers innombrables qui la couvrent. Le mont Ventoux, avec scs cimesrougeâtres couronnées de nuages, paraît à l'horizon comme une immense barrière derrière laquelle on entrevoit les Alpes. Le faubourg de Villeneuve, surmonté de ses vieilles tours, occupe la rive droite du Rhône où commence le département du Gard. Les rucs de la ville sont étroites et tortueuses, mais garnies de maisons bien bâties, qui, depuis peu d'années, commencent à remplacer les hôtels à vieilles armoiries. Celui de Crillon est un bel édifice gothique, ainsi que l’ancien palais apostolique; construit sur le roc de Dons. La cathédrale est remarquable par son portail, que l’on croit être les restes d’un temple d’Hercule. Les établissements d'utilité publique, de bienfaisance et d'instruction que renferme ce chef-iieu de préfecture, sont plus nombreux que sa population ne semble-

rait l'indiquer. On y voit un bel hôpital, un musée'de péinture el d'anti-

quités, un cabinet d'histoire naturelle, un jardin des plantes, des écoles, une bibliothèque de 30,090 volumes, et une société littéraire, connue sous le nom d’académie du Vaucluse. Nous ne parlerons point de la gaieté de ses habitants, de la grâce et de la beauté des femmes : plusieurs: villes du Midi pourraient sous ce rapport entrer en rivaliié; mais nous dirons que l’industrie y fait des progrès et occupe ulilement cette population ignorante et farouche, qui, en 4815, se souilla de crimes aussi horribles que ceux qu ’enfanta notre révolution. Elle à vu naitre le brave Crillon, Laure qu’illusira Pétrarque, le grand Vernet, Mignard, -Pabbé Poulle, et plusieurs hommes qui par leurs talents ont honoré la société des jésuites, C’est à Avignon que les chemins de fer de Lyon et de Marseille viénnént aboutir. Cette belle ville est l’entrepôt des grains de plusieurs de nos dépars:

tements méridionaux; elle fabrique des taffetas, des indiennes, renfcrme des fllatures de soie et de coton, des tanneries et des papeteries. Son ancien nom d’Avenio est d’origine celtique. Pomponius Mela dit que de son temps elle se distinguait par ses richesses.

Apt, non moins ancienne, et qui, embellie par César porta le nom d’Apta Julia, est arrosée par le Calavon sur lequel on voit un pont remarquable par sa hardiesse. Ses murs passent pour être de construction romaine. Les chapelles souterraines de son ancienne cathédrale renferment plusieurs restes d’antiquité. Carpentras, également antique, le Carpenloracle des Memini, peuple qui appartenait à la nation des Cavares, est entourée de vieilles murailles, et serait une jolie ville si ses rues étaient alignées. Siège d’un évêché qui dura depuis le troisième siècle jusqu’au dix-neuvième, sa principale église, l’ancienne cathédrale, est belle et ornée de colonnes tirées du temple de Diane, que possédait le bourg de Venasque. On voit dans les constructions du palais épiscopal les restes d’un arc de triomphe érigé en mémoire de la victoire remportée sur les Allobroges et les Arverni par Domitius Ahenobarbus. La bibliothèque publique qui renferme, dit-on, 25,000 volumes et 800 manuscrits, un riche médailler, un cabinet d’estampes et quelques objets d’antiquité; l'hôpital, dont on admire la voûte de l'escalier; la porte d'Orange, sur.

montée d’une tour élevée; laqueduc moderne, composé de 48 arches de : P

42 mètres d’ouverture et de 45 de hauteur, les halles et le lavoir public, sont ce qu’elle renferme de plus remarquable. C’est une ville d’entrepôt et de commerce pour les vins et les autres productions du département : on y compte aussi quelques fabriques.

La célèbre fontaine de Vaucluse est située à une égale distance d’Avignon et de Carpentras; c’est une des plus belles sources que l’on connaisse en Europe. Elle sort d'une vaste et profonde caverne ouverte en arcade au pied d’une montagne à pic, qui termine au sud le vallon étroit et tortueux dont le nom signifie vallée close (vallis closa). Au dessous et vers le milieu de la voûte de la caverne, un figuier, dont l’âge est inconnu, s'élève comme pour servir à mesurer la hauteur des eaux de la fontaine, Lorsqu’elles sout à leur plus grande élévation, ce qui a lieu à l’équinoxe du printemps, époque de la fonte des neiges, elles baignent les racines de l'arbre; la voûte disparaît, et la surface tranquille de l'eau occupe un Jarge entonnoir dont les bords, presque circulaires, ont environ 20 mètres de diamètre. Au mois d'octobre, au contraire, les eaux, arrivées à leur plus grand abaissement, sont dominées à 43 mètres de hauteur par les

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bords du bassin. La voûte de l’antre se montre dans toute sa majesté, et Jaisse voirur ‘ac dont l’étendue se perd dans l’obscurité la plus profonde. La pente 4 ntonnoir permet alors de descendre, avec de grandes pré: cautions, jusqu’à la surface de cette masse d’eau limpide, qui remplit un abîme dont on n’a point encore pu mesurer le fond. Des vastes canaux souterrains, placés au-dessus, indiquent les issues par lesquelles aboutissent les eaux que produit la fonte des neiges. Au-dessous du bassin, une vingtaine de torrents se précipitent avec fracas en double cascade, dont les flots écumeux bouillonnent au milicu des rochers en produisant continuücllement le bruit du tonnerre, et forment la rivière de la Sorques, qui, tout-à-coup susceptible de porter bateau, fait mouvoir plusieurs papcteries. Sur le bord du bassin de la fontaine, l'académie de Vaucluse a fait ériger, en 4809, une colonne majestueuse, avec ertte simple inseripi'on en lettres d'or : À Pétrarque. Les rochers nus qui entourent la cascade; les masses pyramidales qui s'élèvent à droite et à gauche; les vertes pelouses qui garnissent les pentes voisines; le vieux château crénelé, de Philippe de Cabassoles, évêque de Cavaillon et l’ami du poëte, bâli au haut d’un roc sur la rive gauche de la rivière; la belle verdure des arbres qui croissent sur les bords de la Sorgucs; le joli village de Vaucluse; les échos, prompts à répéter les noms de Pétrarque et de Laure; tout, dans cette vallée, invite à parcourir ses romantiques délours, Cependant la fontaine de Vaucluse elle-même a subi l'influence du temps. Une charmante papeterie a remplacé sur ses rives le château ruiné des seigneurs de Vaucluse; et quoique le village illustré par Pétrarque soit encore une bourgade misérable, du moins on y arrive par une route praticable aux voitures, et on y trouve une bonne hôtellerie, La Sorgues, jadis si poétique, est devenue industrielle, sans rien perdre du charme de ses caux, qui n'arrivent au fleuve qu’après avoir animé un grand nombre d'usines et fertilisé cinq à six lieues de pays.

Vers l'extrémité septentrionale du département, le mont Ventoux reste couvert de neige pendant huit mois de l’année, A quelques lieues à l’oucst, la petite ville de Vaison est bâtie sur les ruines de Vasio, la princinale cité des Voconti; vers le sud-ouest, à 7 lieues de celle-ci, Orange, qui renfcrme des fabriques de toiles peintes, des filatures de soie, des moulins à garance: Orange, qui fait le commerce de vin, d’huile, de miel et de safran, est célèbre par les monuments antiques dont elle conserve les restes, Avant d’être conquise par Louis XIV, elle était la capitale d’une principauté appartenant à la maison de Nassau; avant l'expédition de

César, elle était l’une des quatre grandes cités des Cavari; Ptolémée l’appelle Aurosio Cavarum. À quatre cents pas de ses murs, sur la routc de Marseille, on voit un bel arc de triomphe qui ne le cède à aucun de ceux que Rome possède encore; il fut construit en mémoire de la victoire remportée par Marius sur les Cimbres, et restauré en 1828.

A deux lieues au sud-est d'Orange, on voit, non loin d’un petit lac salé éloigné de plus de 20 lieues de la mer, Courthezon, ville de 3,489 âmes, qui a vu maitre Joseph Saurin, célèbre mathématicien et ministre protestant.

Le cours du Rhône forme la limite occidentale du département de la Drôme ? dans toute sa longueur; la route qui borde le fleuve traverse d’abord la pelite ville ou le bourg de Pterre-Lalle, dont le nom, qui signifie pierre lerge, rappelle le culte druidique, ou peut-être est dù au Jarge rocher au pied duquel elle est bâtie. A cinq lieues au nord de cellcci, la jolie ville de Montélimar!, entourée de murailles bordées de boulcvards intérieurs et extérieurs, traversée par plusieurs canaux qui devraient alimenter de nombreuses manufactures, dominée par une ancienne citadelle, environnée de belles prairies, de plaines fertiles arrosécs avec art, et de coteaux connus par d’excellents vins, est percée de quatre portes qui répondent aux quatre points cardinaux. C’est la patrie de Faujas de ‘ Saint-Fond, savant professeur, qui avança l'étude de la géologie.

Il faut traverser la rapide rivière de la Drôme avant d’arriver à Valence, principale station du chemin de fer de Lyon à Avignon, sur la rive gauche du Rhône. Ce chef-lieu de préfecture, bâti avec irrégularité, dépourvu de belles places et d’édifices dignes d’être cités, présente cependant plusieurs objets intéressants : on voit dans la cathédrale le beau mausolée élevé par le célèbre Canova à la mémoire du pape Pie VE, qui termina ses jours dans cette ville en 1798; le bâtiment appelé le Gouvernement n’est pas sans élégance; la citadelle mériterait d’être visitée, quand ce ne serait que pour y jouir de la délicieuse perspective que l'œil découvre en suivant le cours du Rhône ou en se dirigeant à l’ouest, vers les montagnes du Vivarais,

$ Contenances imposables. Fe hectares hectares Vergers, pépinières et jardins. . . , , 996

Terres labourables. due ee 29,01 Et: nys. abreuvoirs, mares et canaux d'ir- D ne à de AN rigagion. . sorte 166

Landes, pâts, bruyères. . . . « . . 143,305 Contenances non imposables. Vignes. 4 + « + « « + + + 23,986 | Rivières, lacs, ruisseaux, . , . « , .« 14,072 Prés. . . . , . . . . 4 . . + 17,953 | Forêts, domaines non productifs. . . , 192,318 Cultures diverses. . . , , . + . . 3,000 | Routes, chemins, places publiq., rues, etc, 9,082

Oseraies, aulnaies, saussaies, , , , 2,806 | Cimotières,eglises, presbytères, bâtiments

Proprietés bâties, . , . . . 4 + 1,457 publics, . , , 4 , , + : « «+ G91

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Cette cité est l'antique Valentia des Segalauni, dont parle Ptolémée. Elle a vu naître Championnet,

A trois lieues de Valence, sur le territoire de la commune de Peyrus, se trouve la célèbre grotte du Pialouæ, qui a été longtemps dans le pays l’objet des contes les plus absurdes. Ses parois sont tapissées de magni-fiques staluctites qui imitent des guirlandes, des festons de fleurs, des animaux, des colonnes et des obélisques. Il faut deux heures pour en faire le tour. Au milieu de cette caverne il s’en trouve une autre, mais dont le sol est à 6 ou 8 mètres plus bas. On ne peut y descendre que par des échelles : on n’y était point encore descendu en 1833; mais on estime sa longueur

à 60 mètres sur 6 à 8 de largeur. Vis-à-vis de Tournon, dont elle est

séparée par le Rhône, la petite ville de Tain, peuplée de 2,000 âmes, est agréablement située au pied du célèbre coteau qui produit les vins de PErmilage, et qui porteles vignes de Côle-rôlie brune et de Côle-rôlie blonde.

Sur la rive droite de la Drôme, au milieu d’une agréable vallée formée par deux chaînes de montagnes auxquelles appartiennent, au nord le mont Embel, au sud le mont Volvent, et dominée par un rempart de montagnes arides, Die est l’ancienne Dea Voconliorum, renommée aujourd'hui par son vin muscat et sa clairette. Dans la partie méridionale du département, Vyons, à la droite de l’Aigues, que l’on traverse sur un pont construit par les Romains, a des fabriques de savon, d’étoffes de laine et des filatures de soie, Elle est située à l'entrée d’une vallée délicieuse et bâtie partie en plaine et partie sur le mont Devès. Aux environs, on voit les ruines d’un vieux châtceau-fort démoli par Louis XIIT. Cette ancienne et petite cité est divisée en trois quartiers qui ont chacun une vicille enceinte, C’est la patrie du liltérateur Jacques Bernard et de l’illustre héroïne Philis de la Tour du Pin de la Charce, qui, en 1692, sous les ordres de Catinat, se mit à la tête des habitants du pays et forçga à la retraite les troupes du duc de Savoie.

Une route conduit de Nyons, à travers les montagnes, sur les bords du Bucch, qui traverse la jolie petite ville de Serres, la première que l’on voit en entrant dans le département des Hautes-Alpes '. À une licue deses

1 Contenances imposables. hectares hectares | Landes, pâtis, aus + 220,48 » Ü ps Terres labourables. ‘ 97.484 | Propriétés bâties, . 680 Prés. + oo 0 0 où 0 + + 23,636 Contenances non n imposables. Vignes, « + + + + + + + + + + 5,901 | Routes, chemins, pates publiques, rues. 10,862 MOIS 4 6 sr 0 à + + + 77,226 | Rivières, lacs, ruisseaux, . , , . , . 16,14 Vergers, pép'nières, jardins, PC 506 | Forèts, domaines non produetifs, . . . 99,653 Aulnaies, Saussaies, oseraies, . + + 480 | Gimetières, églises, presbytères, bâti É orgs, abreuvoirs, canaux d'irrigalion, | 23] men's pubhics, . , , , , , , . . 41

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murs, en se dirigeant sur Gap, le lieu appelé la Balie-Mon/saléon est le mont Seleucus, où Constance défit complétement Muxence, l'an 353 de notre ére. À une lieuc de Gap, on fait remarquer aux étrangers, au milieu du lac de Pellcautiers, le Pré qui tremble, petite tle flottante, composée, comme toutes celles de la même espèce, d'une réunion de végétaux, dont la superficie changée en humus se couvre d'herbes que l’on fauche. Gap occupe l'emplacement de Vappicum ou Vapincum. Son nom atteste son origine antique; mais ruinée par les Lombards, par les Arabes et par les tremblements de terre, c’est sur les décombres de ses anciennes constructions qu'elle s'élève aujourd'hui; ce n’est qu’en creusant à une grande profondeur que l’on retrouve des débris qui annoncent combien elle est. déchue. La peste qui la ravagea en 1630, la révocation de Pédit de Nantes qui vuina son industrie, l'incendie presque général qu’elle éprouva en 1692 lorsqu'elle fut prise par le duc de Savoie, ontréduit sa population de plus de moitié de ce qu’elle était au seizième siècle, époque à laquelle elle comptait plus de 46,000 habitants, Elle est mal bâtie, mal pavée, sans édifices remarquables, et n’a pour elle qu’une position agréable au bord des ruisseaux de la Bonne et de la Luye, dans une petite plaine entourée de montagnes disposées en amphithéâtre, Embrun, sur la rive droite de la Dürance, était le siège d’un archevêché, dont le palais qui la domine est le plus bel édifice après la cathédrale, que l’on attribue à Charlemagne, Elle est appelée £borundono dans l'Hinéraire d’Antonin. C’était la principale cité des Caluriges; Néron lui conféra le droit de latinité, Galba celui d'alliance, et Valens en fit une place militaire importante. Traversons Mont-Dauphin, petite place forte de 500 habitants, construite par Vauban, sur une montagne escarpée qui domine quatre vallées ; suivons la route qui borde la Durance, et laissant le mont Genèvre sur notre droite, arrivons à Briançon. Appelée Briganlio sous la domination romaine, elle prenait rang parmi les cités du second ordre; aujourd’hui elle est si peu peuplée et si mal bâtie, qu'elle ne mérite une mention que par sa position inexpugnable. Elle est défendue par sept forts, qui commaundent aux vallées par lesquelles on peut l’approcher. La Durance, torrent fougueux, coule au ford d’un précipice de 55 mètres de profondeur qui la sépare des principaux travaux faits en partie dans le roc: un pont d’une seule arche de 40 mètres d'ouverture, jeté sur cet abime, sert à communiquer de la forteresse à la ville. L'industrie de celle-ci consiste en fabriques de bonnetcries, de cotonnades et d'obiets de quincaillerie, Chaque année, # à 5,000 habitants des Hautes-Alpes émigrent dans le

on/saléon est 1e ce, l’an 853 de gers, au milieu nie; composée, Végétaux, dont on fauche. Gap om atteste son abes et par les 1nes construc- | à une grande mbien elle est.

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