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dans la roche par les eaux de l’Ardèche, et terminée par la main de l'homme, parce que depuis l'époque de la domination romaine il sert de passage pour aller des Cévennes dans le Vivarais; mais un rocher beaucoup moins considérable que celui d'Arc, loin de pouvoir être percé par là rivière, l’aurait forcée à détourner son cours; et nul individu n’a chercht à perfectionner cet ouvrage de la nature, puisqu’on ne peut le traverser qu’en ayant soin de se tenir constamment attaché avec les mains aux aspérités qui le couronnent. Nul doute, au contraire, que l’Ardèche n’a pas même contribué à l’agrandir, puisque l’arche n'offre point de traces du frottement des eaux, et que le pont ne soit une véritable caverne comme celles qui, par une dégradation naturelle, se sont formées dans le même calcaire qui borde la rivière, dégradation qui est un des caractères de ce calcaire, que l'on appelle pour cette raison caverneux. Les grottes des environs du bourg de Vallon, dues à la même cause, sont connues par la bizarrerie et la variété des formes que présentent leurs stalactiles; les rochers de Ruoms, au contraire, étonnent par leurs formes cubiques ou pyramidales.
Ce département, si digne d’intéresser et le dessinateur et le na, liste, renferme plusieurs parties inconnues, quoiqu’elles ne méritent pas l’oubli dans lequel elles sont restées : tel est le domaine des Ubas, qui occupe une circonférence de sept lieues. Il est situé à son extrémité occidentale dans le canton de Saint-Elienne-de-Lug-Darëès, à 8 lieues nord-ouest de Largentière, et environné au nord, à l’est et au midi, de collines qui, s’élevant graduellement, forment la montagne volcanique de Prasoncoupe, dont le nom signifie coupe ou cratère des prés, parce qu’elle domine de belles prairies, et dont la hauteur est d'environ 4,000 mètres au-dessus de la Méditerranée. Ce volcan est, par l'abondance de ses laves, un des plus importants du Vivarais. S'ils avaient visité, les naturalistes qui ont parcouru ses environs n'auraient pas placé au premier rang celui de Loubaresse. De ses flancs sortent des eaux thermales, sources de richesses pour le village de Saint-Laurent-les-Bains, qui, sans la réputation dont elles jouissent, languirait isolé et presque désert au fond de sa vallée profonde, étroite, hérissée de roches à demi décomposées, dont les débris épars offrent l’image du chaos. Du sommet du Prasoncoupe la scène change; à l’aridité de cette vallée succède, autour du volcan, l’heureuse fertilité d’une terre couverte de bois, de prairies , d’eaux abondantes et de champs cultivés. Ce domaine, comme touteua partie occidentale et septentrionale du département, est couvert de roches granitiques et de grès : on y connait de
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riches gisements de fer, de houille, d’argiles propres à la poterie, et de kaolin de la plus grande finesse pour la fabrication de la porcelaine. Du haut du volcan de Zoubaresse on domine la vallée de Valgorge, la plus pittoresque du Vivarais par ses milliers de pics et d’aiguilles, et sa belle végétation, dont la disposition offre à chaque pas la succession inattendue de sites riants ou sauvages. C’est au château de Valgorge, bourg situé dans la partie la plus fertile de la vallée, quele marquis de La Fare composa les vers qui l’ont rendu célèbre. La petite ville de Largentière, dont les anciennes mines de plomb argentifère sont épuisées, trouve dans ses fabriques et ses fllatures de soie plus de ressources que n’auraient pu jui en procurer les produits métalliques qui lui ont donné son nom. Elle est peuplée de 3,169 âmes. Au sud-est de ce chef-lieu de sous-préfecture, Bourg-Saint-Andéol, sur le bord du Rhône, renferme deux fois plus d’habitants; on prétend qu’il doit son nom à saint Andéo!, qui y souffrit le martyre au commencement du troisième siècle. Près de cette ville on voit, sur le rocher d’où s'échappe la fontaine d’eau minérale de Tourne, un monument remarquable du culte de nos ancètres : ce sont les ruines d’un temple gaulois, qui paraît avoir été consacré au dicu Mithra. Parmi quelques bas reliefs presque effacés, le plus important est celui qui confirme Ja destination du monument. On y distingue un taureau qu’un chien mord au cou, et qu’un homme paraît vouloir dompler : au-dessus de ce groupe, une figure rayonnée représente le soleil. Le village d’Aps est l’ancienne capitale de l’Aelvie, que les Romains appelaient Alba Helviorum, et qui fut ruinée par les Goths; près de là, Villeneuve-de-Berg, où l’on s’occupe beaucoup de l'éducation des vers à soie, est la patrie d’Olivier de Serres, qui naluralisa le mürier en France, et de Court üo Gébelin, l’un des savants du siècle dernier qui ont fait le plus de recherches sur les langues el les monuments de l’antiquité. Sur le bord du Rhône, Viviers, évèché, peuplé de 2,714 âmes, était autrefois la capitale du Vivarais.
Les granites et les gneiss qui bordent le département au nord-ouest, les psammites et les schistes qui s’appuient sur ces rochers, les calcaires qui viennent parallèlement s’y adosser, et la bande volcanique qui se termine brusquement au bord du Rhône par les basaltes de Rochemaure, comme si le fleuve avait servi de barrière aux torrents de laves, se réunissent aux environs d’Aubenas, où la couche d’alluvion, résultat de l'érosion des vallées qui ont sillonné ces terrains, forme un sol si fertile, qu’à l'aspect des noyers, des châtaigniers, des müriers et des vignobles qui le couvrent, on peut dire qu’il est en France peu de pays plus riches ; aussi cette ville
de 7,410 habitantsest-elle le centre du commerce de marrons et de vins de l'Ardèche, et le point de réunion de deux foires importantes pour la vente des soies. Privas, le chef-lieu du département, est, à l'exception de sa maison de détention, sans établissements remarquables, mais non sans commerce et sans industrie. Non loin des bords du Rhône, le village de Cornas et le bourg de Saint-Péray sont entourés de coteaux fertiles en excellents vins blancs ; en suivant le fleuve, on voit Tournon qui communique avec Tain, sur la rive opposée, par un pont suspendu, moins léger que ceux qui traversent le fleuve, en le remontant jusqu’à Vienne. Du haut d’un vieux château qui domine la ville, et qui fut construit au temps de Charles-Martel, on jouit d’une vue délicieuse, qui s’étend au loin sur les deux rives du fleuve; c’est particulièrement à Tournon qu’on fait le commerce des vins de l’Ermilage et de Céle-rôlie, que l’on récolte sur l’autre rive, Près de la ville, on voit sur le Doubs les ruines d’un vieux pont attribué à César. C’est à la petite ville d’Andance qu’appartient l’honneur d’avoir fait établir le premier pont en fil de fer qui ait été construit en France; en face, dans le département de la Drôme, est le bourg d’Andancelle. Annonay, célèbre par ses belles papeteries, est la ville la plus industrieuse de l'Ardèche; elle doit cet avantage à sa position près du confluent de la Cance et de la Deume. Située autour d’un rocher escarpé, environnée de champs couverts de müriers et de villages entourés de jardins, elle offre le coup d’œil le plus agréable, Elle possède aussi des fabriques de drap, des filatures de soie et de coton, des blanchisseries de cire et des tanneries : sa population est de 43,214 habitants. Elle a donné naissance à Montgolfier, l'inventeur des aérostats et du bélier hydraulique, et au vertueux Boissy d’Anglas. Deux monuments élevés à la mémoire de ces deux hommes célèbres attestent la reconnaissance de leurs concitoyens. En quittant ce département, qui a produit plusicurs hommes dont les noms sont chers à la France, on remarque avec peine que la masse du peuple des villes et des campagnes est d’un caractère âpre comme ses montagnes, et d’une superstition que l’on ne peut comparer qu’à celle de la nation helvienne dont elle descend. La nature y a réparti plusieurs climats distincts : une chaleur fécondante se fait sentir sur les bords du Rhône; les vallons des environs de Saint-Julien et d’Annonay sont sous l'influence d’un climat tempéré. Mais dans la chaîne des Cévennes qui s'élève à l’ouest, l’hiver dure près de huit mois, et la terre est souvent couverte d’une épaisseur de neige considérable. Limitrophe du département de l’Ardèche, et traversé par les mêmes
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chaines de montagnes, celui de la Haute-Loire ! offre les mêmes phénomènes volcaniques, des sites aussi sauvages et des beautés analogues. Le mont Mézin ou Mézenc, colosse d’origine ignée qui s'élève à 200 mètres au-dessus de sa base granitique, présente de magnifiques \ .onnades basaltiques. Le volcan appelé Tartas ou le Tartare, les Znfernels ou les enfers, et le Mouns Caou ou Mont-Chaud, sont les principaux de ceux qui, s'étendent sur la même ligne que le Mésin. Les coulées basaltiques paraissent avoir obstrué le cours de la Loire à Goudet, à Solignac-sur-Loire, et celui de l'Allier à Monistrol, à Prades, à Chasez, ete. Les roches volcaniques prennent, depuis Pradelles, la direction du nord-ouest : on les reconnaît près de Lonjac, Poulaquet, La Voûüte, Brioude et Blesle; elle n'offrent, en général, que des courants démantelés et coupés par des rivières.
Des amas de scories s’élèvent quelquefois en cônes sur les masses basaltiques : l’un des plus remarquables est celui du bois de Bard, près d’Allègre : il a 1,150 mètres de hauteur, et sa cime tranquée offre encore les traces d’un lac aujourd’hui desséché. On regarde aussi comme un cratère l'emplacement qu’occupe le lac du Bouchet, entouré de quatre montagnes de scories; il a 30 mètres de profondeur et 900 de diatètre. Mais ce que les feux souterrains ont produit de plus remarquable dans le département, c’est le rocher bizarre de Corneille, qui s’élève comme un énorme cube aux environs du Puy; celui de Polignac, couvert.des ruines d’un ancien château; celui de Saënt-Michel, qui a l'apparence d’une tour arrondie, "et la Roche-Rouge, à une lieue et demie de Brives, pyramide volcanique de plus de 23 mètres de hauteur, entourée d’une ceinture de granit rougeâtre de 2 mètres d’élévation, et retenant dans sa masse des blocs granitiques qui hérissent sa surface depuis sa base jusqu’à sa cime : exemple curieux du soulèvement de certains produits des antiques feux souterrains. Cependant, s’il est certain que les mains de l’homme n’ont pas contribué à sa régularité, le fempie naturel mérite une mention particulière : près du village de Goudet, sur le bord de la Loire, un courant de lave a figuré des constructions bizarres, une tour ronde, terminée par un
1 Contenances imposables. heetares hectares Étangs, abreuvoirs, mares, canaux d’irri- Terres labourables, . , . , . . . 226,072 M 0e ner NN RP NY NA 3% Landes, pâtis, bruyères. . . . , . , DU DT UNENEMONRR env ce: 4 cu # Ode mu Bet ae sa à es + 79,482 Contenances non imposables. Doit ré 4 ne on ge es 73,030 | Routes, chemins, places publiques, rues. 11,452 . MIRDOS, + + 6 0 à à 0 à où à 5,855 | Rivières, lacs, ruisseaux, . 7. , . 5,191 Vergers, pépinières et jardins, . . . . 3,792 | Forêts, domaines non productifs. . , « 18 Propriétés bâties. . . . , . . . . 1,507 | Cimetières, églises, presbytères, bâti-
Oseraies, aulnaies, saussaies. . . . . 388] ments publics. . , . . . . . .
toit de forme conique, et le péristyle d’un édifice orné de colonnes, sur 40 mètres de large et 60 de hauteur.
Les terrains désignés sous les noms de primordiaux et de secondaires contribuent à enrichir le département de substances minérales assez variées : outre les granites, les serpentines et les marbres que l'on utilise, on extrait de très-bonnes meules des couches de grès situées à Warsanges, à Navogne et à Relournac. Les meilleures houilles s’exploitent à Frugères ; mais le département possède assez de houillères pour alimenter pendant plus de 600 ans une exploitation annuelle d’environ trois milliers d’hectolitres. L'antimoine sulfuré se trouve en bancs et en filons dans l’arrondissement de Brioude, et plusieurs localités paraissent être riches en plomb sulfuré. Le département de la Haute-Loire offre d'autant plus de variëté dans sa empérature, qu’il en présente une très-grande dans l’élé vation de son sol, ll y'a près de 4,400 mètres de différence entre le point le plus bas et le * point le plus haut. Le petit bassin au milieu duquel s’élève la ville du Puy offre à Ja vigne un abri suffisant pour favoriser sa culture; mais au dei des limites de ce bassin privilégié, on éprouve un climat assez rigourcux. Un mot sur ses principales villes fera juger de l’industrie et du commerce de ce département, d’où sortent chaque année plus de 3,000 individus qui vont dans toute la France utiliser leurs bras à différents métiers. Au milieu d’un bassin arrosé par la Loire et les deux petites rivières de la Borne et de la Dolaison, s’élève, à la base du mont Anis, terminé par le rocher volcanique de Corneille, et dans une situation tout à fait pittoresque, Le Puy, ancienne capitale du Velay. Le rocher qui la domine est couronné par les ruines d’un château dont il porte le nom. Jamais Le Puy ne retentit du bruit des voitures, tant les rues en sont escarpèes ; la lave dont on les pave et dont on construit Ics maisons lui donne un aspect sombre et triste, auquel ajoutent encore l’ancienne architecture ct le mauvais goût de la plupart des habitations. F1 n’est point de ville où les cérémonies du culte procurent plus de fatigue à ceux qui les suivent avec assiduité : dans sa partie basse, le rocher de Saint-Michel est dominé par une église à laquelle on monte par un escalier de 260 marches taillées dans le roc; dans la partie la plus élevée se trouve la cathédrale, au portique de laquelle on arrive par un immense perron de 448 degrés. Gelte église, construite au dixième siècle, est, par sa situation, son architecture et la hauteur de son clocher pyramidal, un des plus majestueux monuments gothiques de l’Europe ; sa façade est ornée d’une espèce de mosaique, et son intérieur est une grande chapelle dont la voûte est une
EUROPE, — DESCRIPTION DE LA FRANCE, i
réunion de plusicurs coupoles. Ce qu'elle offre de plus curieux est l'image miraculeuse de la Vierge, petite statue en bois de cèdre, que l’on croit avoir été sculptée par les chrétiens du mont Liban, et qui fut rapportée de l'Orient au huitième siècle; peut-être même est-ce une figure d’Isis que nos pieux croisés prirent pour la mère du Christ : ce qui pourrait le faire croire, ce sont les bandelettes dont elle est entourée à la manière aes statues égyptiennes. Au surplus, la vénération dont elle est l’objet en a fait depuis longtemps un monument chrétien : plusicurs papes et huit à dix rois de France se sont prosternés à ses pieds. Le tombeau de Duguesclin qui orne l’église de Saint-Laurent, la salle de spectacle, la chapelle de Saint-Clair, qui passe pour avoir élé un temple de Diane, la promenade du Breuil, et le musée, où l’on a rassemblé quelques antiquités du pays, des tableaux de choix, des plâtres modernes et une collection d'objets d'histoire naturelle du département, méritent d’être vus. Le cardinal de Polignac, auteur du poëme de l’Anti-Lucrèce, le peintre Boyer et le sculpteur Julien sont nés au Puy. L'industrie de ce chef-licu de préfecture consiste en différents genres de fabrication, parmi lesquels les dentelles et les blondes tenaient autrefois le premier rang. Depuis plus d’un siècle, elle approvisionne de sonnettes et de grelots les rouliers et les mulctiers du centre et du midi de la France. Dans ses environs, le village d’Expailly est connu des minéralogistes par son ruisseau qui charrie des saphirs, des grenats et des hyacinthes. Les amateurs d’antiquités ne manquent point d'aller voir à Polignac, au milieu des ruines de son château, construit sur celles d’un temple d’Apollon, la tête-de ce dieu, sculptée sur un disque de marbre blanc qui recouvre l'ouverture du puits d’où paraissait sortir la voix prophétique du dieu gaulois.
La petite ville de Crapone, dans le même arrondissement, fait aussi le commerce de dentelles et de drapcrie. Fssingeaux, qui possède une socitté d'agriculture, n’offre rien de particulier; sur son territoire il existe une riche mine de plomb. Brioude, à peu de distance de l'Allier, dans un canton fertile renferme une belle église. Au village de Vesezouls, sur l’AIlier, on construit tous les ans environ 1,600 batcaux pour le commerce de cette rivière.
Une chaîne de montagnes qui se dirige de l’est à l’ouest, et dont la plus élevée est celle de la Lozère, donne son nom au département 1 que nous
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Terres labourables. Soc e ce hs 208,660 | Prés. . 4. à à « . . + … 35,16 Landes, pâtis, bruyères. , , . , . , 179,033 ! Cultures diverses. . . . 0%
allons parcourir, Les montagnes de la Margeride le traversent du sud-est au nord-ouest, et les monts d’Aubrae s'y divisenten deux branches principales. Les trois rivières, l'Allier, le Lot et le Tarn, y prennent naissance et la Cèze y roule des paillettes d’or : ‘© nombreuses cascades les embellissent, et des sites sauvages y attestent aussi les ravages des feux souterrains. Ici, sur le Tarn, le Pas-de-Souci est formé de deux montagnes rapprochées à leurs sommets, qui semblent attendre que le génie de l’homme les réunisse pour former un pont de 600 mètres de hauteur ; là les eaux s’engouffrent entre deux énormes rochers, l’Aiguille et le Roc- Sourde, et repousséces par ces digues, elles reprennent leur cours en faisant retentir les airs d’un long mugissement, L'abondance des eaux rend ce département humide; les montignes y contribuent à la rigueur de l'hiver; l'automne et le printemps sont pluvieux, les chaleurs de l'été y sont rarement fortes; mais celle saison est souvent orageuse. Les forêts, bien qu’elles n’occupent pas une grande superficie, nourrissent une grande quantité de loups. Le sol n’y produit point assez de céréales et de vin pour la consommation des habitants, Sa richesse consiste en mines d’où l’on tire principalement de l’argent, de l’antimoine et du plomb ; les bestiaux etles étoffes de laine forment les deux principales branches de son commerce.
Mende, placée au centre de ce département, en est lo chef-lieu; le vallon qu’elle occupe est rafraîchi par le Lot et par un grand nombre de ruiseaux dont les eaux, heureusement distribuées, arrosent les maisons de plaisance et les jardins d’alentour. La ville est entourée d’un petit boulevard : ses rues sont mal percées, mais arrosées par plusieurs fontaines, parmi lesquelles on remarque celle du Griffon; sa cathédrale est remarquable par la hardiesse et la légèreté de ses clochers; l'hôtel de la préfecture est orné de tableaux peints par Antoine Bénard. Les serges de Mende s’expédient dans le nord et dans le midi de l’Europe. On croit que cette ville se nemmait Auderilum, sous la domination romaine, quoique Grégoire de Tours lui donne le nom de Wimatum. Ses environs ont vu naître le pape Urbain V. A peu de distance de ses murs, on voit, sur une montagne, l'ermitage, taillé dans le roc, où saint Privat, évêque, fut massacré par ordre de Crocus.
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v 983 hectares \ ignes, + « : , « ... : 9 l'Routes, chemins, places La mi rues, 9,594 Propriétés bâties. Mc 610 À TIT | Rivières, lacs, ruisseaux. . . . « 5,625 Vergers, pépinières, jardins, d ve de 660 | Forèts. domaines non produetifs. . 700
Étangs, noie mares, canaux d'irri- Cimetiéres, éghses, presbyières, bâtigation. . . . Aie rore ue 91 ments publics. à Le ra 00.6 46
Roc- 1 fi rend r de Hé y rêts, ande pour lon aux COM-
allon ruiss de uleincs, marsfec-ende celte Gréaître onsacré
ectares !
Dans les montagnes au nord-est de Mende, le bourg de Chdleauneufde-Randon, qui renferme à peine 658 habitants, était autrefois une ville forte, devenue célèbre par le siège que les Anglais y soutinrent en 1380 contre Bertrand Duguesclin, Le héros mourut sous ses murs, ct le chef des assiégés, qui avait promis de se rendre s’il ne recevait point de secours, déposa sur son cercueil les clefs de la place et son épée. Près de Chàteauneuf-de-Randon on a érigé, il y a quelques années, en marbre bleu turquin, un monument à la mémoire de l’illustre connétable. La même année où l’ombre de ce grand capitaine reçut les hommages de son ennemi, il se passa, à peu de distance du village de Zuc, sur la frontière orientale du département, un trait de bravoure qui fait honneur aux ancètres de quelques familles qui existent encore. Les Anglais parcouraient avec des forces considérables le Gévaudan et le Vivarais ; l'incendie, le meurtre et le pillage indiquaient la trace de leurs pas, lorsqu'ils se virent tout à coup arrêtés par le fort de Luc, qui leur fermait la route de la Haute-Auvergne. Au nombre de 2,000, ils en entreprirent le siége; mais trois braves chevaliers ? auxquels ce fief appartenait en commun, s’y défendirent si vail= Jamment, qu’ils parvinrent à repousser l'ennemi. Cependant ies Anglais, honteux de leur déroute, font volte-face, et les trois chevaliers allaient succomber sous le nombre, lorsque, secourus tout à coup par dix des plus intrépides gentilshommes ? des environs, ilsremportent une victoire complète. Le château de Luc est encore remarquable par son antiquité: les vicilles chroniques et les traditions du pays font remonter sa fondation avant la conquête des Romains.
Langogne, petite ville de 3,156 âmes, possède des manufactures de drap et des usines pour le cuivre. Le village de Bagnols-les-Bains a des caux sulfureuses très-fréquentécs. Marjevols, qui, malgré sa capitulation, fut détruite en 4586 par l’amiral duc de Joyeuse, et rebâtie ensuite par Henri IV, est une jolie petite ville aux rucs larges et bien percées, qui possède une société d’agriculture. Florac, dans une vallée étroite, sur la gauche du Tarnon, fait peu de commerce, mais est entourée de prés et de champs fertiles,
Dans l'arrondissement de Marjevols, plusieurs objets attirent notre attention : d’abord près du village de La Baume, la voic romaine de Lyon à Toulouse, ouverte par Agrippa, et dont un embranchement conduisait à
1 MM. de Polignac, Bourbal de Choisinet et d’Agrain des Ubas. ? Malet de Bornes, d’Apcier, Morangiès, Malmont de Soulage, Modène, Durour, Balazuz, Vernon de Joyeuse, Longueville et Regletton. VIII, 15