‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 3)Chapitre 71 sur 203 · DE RE · texte numérisé non relu

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de rivières, baigné par l'Océan, sur une étendue qui offre un développement de près de 25 lieues de côtes, et que les atterrissements agrandissent sans cesse ; bordé de marais salants d’un rapport considérable ; couvert de gras pâturages et de belles forêts ; abondant en houillères et en mines de fer, dont les produits, avant d’être livrés au commerce, mettent en activité plusieurs hauts-fourneaux et établissements d’affinerie; riche en céréales, et plus riche encore en vignobles ; intéressant par ses fabriques de faience, de porcelaine et de divers tissus ; important par son commerce avec les principaux Etats du globe, et par la pêche du hareng, de la sardine et de la morue, est digne d’avoir pour capitale une des villes les plus considérables de France.

Nantes est, après Bordeaux, la plus commerçante place maritime qui communique avec l'Océan. Bâtie sur la rive droite de la Loire, au confluent de l’Erdre et de la Sèvre avec ce fleuve, l'emplacement qu’elle occupe est celui de l’ancienne cité des Namnèles, dont le nom, d’origine celtique, Condivincum, signifie viile au confluent de plusieurs rivières. On admire la régularité de ses places publiques, l'élégance de ses édifices et la beauté de ses quais. Une douzaine de ponts, la plupart très-beaux, lient entre eux ses différents quartiers; la destruction de ses anciens remparts la met en communication avec ses quatre principaux faubourgs. Le quartier Graslin, l’île Feydeau et le faubourg de la Fosse peuvent être mis en parallèle avec les plus beaux quartiers de Paris; mais ce qu'aucune autre ville ne peut lui comparer, c’est le coup d'œil magnifique des iles qui s’élévent au milieu du fleuve, des tapis de verdure qui le bordent, et d’une belle campagne qui s’étend en amphithéâtre ; c’est, dans le quartier de la Fosse, le port ombragé par de beaux ormes, et garni de superbes maisons sur une longueur de près d’une demi-lieue. Ce port, éloigné de 42 lieues de l'Océan, et l’un des plus fréquentés de empire, a l'inconvénient de n'être ouvert qu'aux bâtiments de 200 tonneaux, parce que la marée n’y monte pas au-dessus de 4 mètre 75 centimètres : cependant il y entre annuellement 2 à 3,000 navires. C’est, après Marscille, le Havre et Bordeaux, le port le plus important de France par son tonnage; il a reçu, en 4852, 14,935 navires, jaugeant 541,355 tonneaux et montés par 61,573 hommes d'équipage. La Bourse, monument qui semble être élevé en l’honneur du commerce et à la gloire de la marine française, est dans sa prin-

L hectares heetares Oscraies, aulnaies, saussaies, . . : 250 | Rivières, lacs, ruisseaux. . . . . . 15,416 ; < Forèts, domaines non productifs. . , , 4,477 Contenances non imposables. Cimetières, églises, presbytères, bâtiments Routes, chemins, places publiques, rues, 25,847/ publics, . + + . . + , . . . 479 *

cipale façade ornée d’un beau péristyle d’ordre ionique, et présente à la façade opposée un portique couronné des statues de Duguay-Trouin, de Duquesne, de Jean Bart et de Cassart. L'hôtel de la préfecture est l’ancien palais de la cour des comptes ; l’hôtel-de-ville est un très-bel édifice moderne, bien que deux petites tours qui flanquent la façade soient d’un mauvais goût; l’hôtel des monnaies est petit, mais il mérite d’être cité. La salle de spectacle développe une façade composée de huit colonnes d’ordre corinthien, La nouvelle école de navigation, de géométrie et de méeanique est une des plus importantes constructions de Nantes. Au bout du cours de Saint-Pierre, promenade agréable et spacieuse, s'élève sur le bord de la Loire le vieux château des ducs de Bretagne, bâti par l’un d’eux en 930, et célèbre par l’édit qu’Henri IV y rendit, et que son petit-fils révoqua pour le malheur de la France. Cet ancien édifice, entouré de larges fossés transformés en jardins, est aujourd’hui le siége d’une direction d’artillerie. Le musée de peinture, où l’on voit une belle collection de tableaux; la riche bibliothèque publique; le beau cabinet d'histoire naturelle, qui occupe un édifice spécial ; le musée industriel, maritime et commercial ; le jardin des plantes, le lycée impérial, l’école spéciale de commerce, l’école secondaire de médecine, celle d’hydrographie, plusieurs établissements de bienfaisance et d'instruction pour les enfants pauvres, font honneur à l’administration de cette ville. Nantes possède plusieurs sociétés des arts et sciences. Elle est le siége d’un évêché qui existait au troisième siècle ; sa cathédrale, sous l’invocation de Saint-Picrre, est un beau monument du quinzième siècle : on en admire le portail et des peintures murales.

Nantes était fortifiée du temps de César ; en 445, elle soulint un siége terrible contre les Huns; en 843, les Normands la ravagèrent et massacrèrent tous ses habitants ; en 1343, les Anglais l’assiégèrent sans succès ; en 14793, l’armée vendéenne, forte de 80,000 hommes, essaya de s’en emparer, mais fut repoussée par les citoyens; plus tard, elle devint le théâtre des horribles exécutions ordonnées par Carrier. La reine Anne de Bretagne, le savant bénédictin Mathurin Veyssière de La Croze, Réné-le- Pays, poëte du dix-septième siècle, l'architecte Boffrand, le célèbre marin Cassart, le diplomate Cacault, et le ministre de la police Fouché, duc d’Otrante, sont nés dans cette ville. Elle possède une fonderie de canons ; des chantiers de construction d’où sortent des navires marchands qui portent jusqu’à 400 tonneaux, des corvettes et d’autres vaisseaux pour

l'Etat; de belles fabriques de cordages, de câbles en fer pour la marine; un grand nombre de raffineries de sucre, de filatures de coton, de manu:

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factures de drap, de tanneries, ct plusieurs autres établissements d’industrie. Cette belle et importante ville communique avec Tours, et les grandes villes de France, à l’aide d’une ligne de chemin de fer qu’il est question de prolonger jusqu’au Croisic. La gare de Nantes est à 431 kilomètres de celle de Paris, 310 de celle d'Orléans, et 495 de celle de Tours.

A deux lieues à l’ouest de Nantes, s'élève, dans une île, au milieu de la Loire l’important établissement d’Indret, dans lequel on confectionne des machines à vapeur pour les bâtiments de l’État.

Depuis l'extrémité du département jusqu’à Nantes, la Sèvre coule au milieu de sites non moins pittoresques que ceux que l’on va chercher en Suisse, moins imposants, il est vrai, mais plus intéressants peut-être par les souvenirs : le village de Palet est la patrie d’Abailard; les rochers et les bois de ses environs ont vu se confondre les larmes d'Héloïse et celles de son amant, malheureuse victime de la vengeance du chanoine Fulbert. Au confluent de la Moine et de la Sèvre-Nantaise, la petite ville de Clisson, peuplée de 2,746 habitants, rappelle une famille illustre dans notre histoire : son château est l’un des plus remarquables par sa construction et par la majesté de ses ruines. En passant près du lac de Grand-Lieu, il se présentera quelque antiquaire du pays qui nous fera remarquer, près des bords voisins du bourg de Sainl-Philibert, une petite île sur laquelle s'élèvent deux monuments druidiques, et qui nous dira que ce lac occupe l'emplacement d’une ville appelée Æerbadilla, qui, peut-être aussi coupable que Sodome, reçut, en 580, un châtiment semblable. Nous quitterons les bords marécageux de ce lac pour nous diriger sur Bourgneuf, ville de 2,882 habitants, qui donne son nom à une baie que la vase et le sable menacent de combler un jour, et dans laquelle déjà les grands navires ne peuvent mouiller en sûreté pendant la mauvaise saison. Le port de Bourgneuf n’a même de l’eau qu’à la marée haute. Sur la rive gauche de la Loire, à 40 lieues au-dessous de Nantes, Paimbeuf, ville de 4,231 habitants, qui n’était, au commencement du dix-huitième siècle, qu’un hameau peuplé de quelques pêcheurs, est devenu par le commerce une ville riche, bien bâtie, et le chef-lieu d'une sous-préfecture. Son port est, en quelque sorte, considéré comme celui de Nantes : les plus gros navires viennent y déposer leurs marchandises que l’on expédie ensuite pour cette dernière ville.

Nous venons de visiter les lieux les plus intéressants au midi de Ja Loire. Au nord, et sur la rive droite du fleuve, on voit Ancenis, jolie ville environnée de vieux remparts que domine l’antique château des ducs de

Béthune. Au-delà de la petite rivière du Pon, Chdteaubriant est renommé four ses ronserves d’angélique. Cette petite ville est à 42 lieues de Nantes, d'Angers, de Rennes et de Laval; les ruines du manoir de ses anciens peigneurs la dominent. À #4 lieues au sud, le village de Meilleraye s’offre à nous avec son couvent de trappistes. Dans la direction du sud-est, nous traverscrons Savenay, chef-lieu d’un arrondissement qui fait un bon commerce de bestiaux et de sel; Guérande, ville plus industrieuse, plus riche et plus peuplée, et le petit port du Crotsic, peu éloigné de vastes marais salants qui fournissent chaque année, en sel gris et blanc, plus de 47 millions de kilogrammes. C’est dans ce lieu que naquit le mathématicien Bougucr.

Le golfe du Morbihan, dont le nom bas-breton, ou, si l’on veut, celtique, signifie pelite mer, est le plus considérable de ceux qui règnent sur les côtes du département dans lequel on se trouve, en franchissant les rives de la Vilaine, au bourg de Rieux où s’embarquent pour la France et l’étranger les cidres et les grains des cantons situés au nord 1, Il baigne un grand nombre de petites îles, dont les deux plus considérables sont l'ile aux Moines et celles d’Arz, habitées et cultivées. Vnnes est située à une lieue de la baie la plus septentrionale de ce golfe. À .antageusement placée pour le commerce, elle exporte des grains, et ses chasses-marées lui apportent des vins, des eaux-de-vie, des huiles, des savons et des denrées coloniales. Au nord, des landes arides, et au midi de vastes marais entourent son étroile enceinte. Il faut croire que la mer baignait ses murs à l’époque où, principale cité des Veneli, elle était la plus puissante, la plus riche et la plus peuplée des villes de l’Armorique. Un vieux mur, flanqué de tours, la sépare d’un faubourg qui ia surpasse en étenduc; au milieu de eonstructions noirâtres et de rues obscures, s’élève la tour de

a cathédrale ; son port, peu spacieux, est bordé par ces quais revêtus de pa res pierres de taille; mais ce port ou ce canal offre une entrée difficile, . | et aurait besoin d’être amélioré par de grands travaux. Près d’un petit marais s’avance un môle garni de quelques belles maisons. Un lycée, un

; hôpital, une salle de spectacle et trois promenade: ; un musée, une société

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