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Sarlat, chef-lieu d ‘utl/atrondiséement riche en minerais. de fer .et:de cuivre, en pierres mouliètés.ei enchétbon- de- terre, renferme un gränd nombre de papeteries Belvès-et.16: Bugne ont plusieurs fabriques d’huile de noix. On voit dans cet arrondissement Ja source de la Dou, qui prend naissance dans une étroite vallée, et’remplit un bassin de 176 mètres de circonférericé, dont on ne cotnaît püint la profondeur, Atrois licues de Sarlat, entre le bourg de Wirémont.et le-village de Brivassel, ilexisteune caverne Connue sous le nom de Cluseau, dont les ramifications" forment une longueur totale de plus de deux lieues. C’est.une’des plus vastes de celles que l’on connaît en France. Bergerac, jolie’ petite ville sur la rive droite de la Dordogne, entrétient. à. l’aide de celte rivière, des relations continuelles avec Libourne et Bordeaux. Elle occupe un grand nombre d'ouvriers dans les’ fonderies,:les forges et les papeleries de ses environs. A huit lieues à l’ouest de cette ville, on voitencôte.au village dexHichel de Montaigne le château où naqait et'vééut le cétébre-philosophe de ce nom; dans l’une des quatre tours dont ce donjon est flanqué, on montre le cabinet où il composa la plupart de seséerits. 17 \
Après avoir traversé un plateaüraride,.on'déséend dans une belle vallée arrosée par l'Isle, et faiblement animée parlé mouvement de Périgueux, chef-lieu de préfecture et siége d’un évêché. Cette villeest l'antique Vesuxna; ses rues sont noires, étroites et tortueuses, Sén vieux.quartier désert appelé la Cilé; une enceinte formée d’anciennes,murailless des débris d’aquedues et de bains publics ; quelques restésd’un amphithéâtre;. un édifice circulaire de 50 mètres de hauteur et de 65 mètres de circonférence, sans portes ni fenêtres, et cependant regardé par les antiquaires comme les restes d’un temple consacré à Vénus, dans lequel on entre.par des souterrains, et que le peuple appelle encore la tour de Vesunne-ou de Vésone; des inscriptions. un musée d’antiquités, plusieurs édifices du moyen âge; la cathédrale ou l’église de Saint-Front, dont le stylerappelle l'architecture bysantine, et qui est surmontée d’une tour carrée terminée en pyramide, lui donnent un aspect de vétusté qui prouve son importance au temps des Romains, et celle dont elle jouissait encore lorsque Pepin, en 768, défit sous ses murs Waifre, duc d’Aguitaine, Aujourd’hui ses dindes et ses pâtés truffés, ses liqueurs, ses papiers renommés, ses étoffes de laine, et quelques autres branches d’industrie, rendent son commerce important. Elle a vu naître le savant cardinal Hélie de Talleyrand et le littérateur La Grange-Chancel. Dans le courant de 4838, on a placé sur un piedestal, en face du palais de justice de cette ville, la statue de Michel Montaigne, Le
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musée de Périgueux a pris depuis quelques années une grande extension; il est devenu départemental, et se divise en deux parties: l’une pour l’archéologie, et l’autre pour la minéralogie et la géologie du département. Périgueux verra son commerce et son industrie doubler lorsque le Grand- Central destiné à unir Lyon à Bordeaux passera sous ses murs.
Dans une jolie position, sur un coteau près de la rive gauche de la Dronne, Brantôme, petite ville de 2,775 âmes, possède encore les bâtiments du couvent de bénédiolins, dont Pierre de Bourdeilles, connu sous le nom de Brantôme par des mémoires assez licencieux, était abbé quoi-
‘que laïque. Sur la rive droite du Bandiat, Nontron fabrique des couteaux
communs, renferme des tanneries, et fait le commerce de fers que fournissent les mines considérables et les forges de son territoire. L'arrondissement dont il est le chef-lieu est contigu à’ celui de Riberae, petite ville située dans une plaine fertile arrosée par la Dronne, et dont le territoire nourrit un grand nombre de porcs. Elle semble destinée à devenir l’entrepôt des ggsins, des chanvres et des fers que le pays expédie à Bordeaux. On y voit les restes d’un vieux château-fort qui appartenait aux vicomtes de Turenne, A sept lieues de cette ville, la caverne de Mussidan est remarquable par la fontaine de Sourzac, qui jaillit de son sein, et forme une cascade.
Suite de la Description de l’Europe. — Description topographique de la France. — Deuxième section. — Région occidentale.
Dans les vingt-huit départements qui composent la région méridionale de la France, un ciel pur, de beaux sites et de nombreux restes de la puissance.romaine ont frappé nos regards ; nous avons vu une population favorisée presque partout, si ce n’est dans les montagnes, par la douceur du climat, par des productions qui lui sont particulières, et par un sol. plus ou moins fertile. Mais si nous avions comparé le nombre des habitants au total de la superficie, nous aurions remarqué combien le résultat de ce rapprochement s’accorde peu avec la richesse que tant d'avantages devraient procurer à celle vaste région qui forme plus du tiers de l’empire ; nous aurions vu que présentant une superficie de 9,000 lieues, et peuplée
de 9 millions d'individus, elle n’en comprend que 975 par lieue carrée, et qu’elle est au-dessous de la moyenne des autres régions, ce qui suffit pour faire apprécier à leur juste valeur l’industrie et les ressources de ses habitants. La région de l’ouest, qui comprend treize départements est bien supérieure à la précédente par sa population relative, et conséquemment par sa richesse : sa superficie est de 4,200 lieues, sa population 6 millions d’âmes, et le nombre des habitants 4,350 par lieue carrée. Cependant cette région est l’une de celles où les bienfaits de l’éducation sont le moins répandus; sous ce point de vue, elle est à peu près sur la même ligne que Ja précédente. Que l’on calcule combien elle serait riche et peuplée, si l'ignorance n’était point un obstacle au développement de son industrie.
* En poursuivant notre route du sud au nord, le premier département que nous parcourrons est celui de la Charente. Il est limitrophe de celui de la Dordogne et beaucoup moins étendu. Son sol est inégal, entrecoupé au nord de collines élevées, et au sud de hauteurs et de plateaux peu considérables. Outre le fleuve qui lui donne son nom, neuf rivières pancipales l’arrosent en différents sens : le lit de la Tardouëre renferme un si grand nombre de gouffres, qu’elle y perd la moitié de ses eaux, et qu’elle ne peut se réunir à la Bandiat que pendant la. saison des pluies. Le ceurs de cette dernière offre le même phénomène : elle est bordée de collines minées par d'immenses cavités tapissées de stalactites du plus bel effet. Le Taponnat, après un cours de quelques lieues, se perd dans des gouffres et ne reparait plus. La Touvre, presque aussi considérable que la Sorgues à Vaucluse, et dès sa naissance, capable de porter bateau, sort des cavités d’un rocher escarpé ; elle semble n’attendre que l’industrie de l’homme pour devenir navigable, malgré le grand nombre d’iles qui entravent son cours. De belles cavernes bordent aussi les rives de la Tardouère. Ces cours d’eau, ainsi quela Péruse, le Né, le Tude, la Nizonne et la Vienne, arrosent des vallons riches en pâturages. Les plateaux calcaires et les plaines sablon- : neuses, qui couvrent son territoire, expliquent l’aridité que l’on remarque dans la plus grande partie de ce département ; le tiers de sa superficie est employé en terres labourables dont les récoltes en céréales suffisent à sa
1 Contenances imposables. ts hectares P hectares | Vergers, pépinières et jardins. . . . . 5,568 29g na | Oseraies, auinaies, saussaies. . . . . 28 Terres lahourables. . . + . : ‘ 328,603 .
Vignes. nn à 6 00 de 6 0 111.682 Contenances non imposables. Prés. + + + + + + + + + : 78,600 | Routes, chemins, places publiq., rues,etc. 19,229 BOÏR. je us si use + 4 6 à :e 71,109 | Forèts, domaines non productifs. . . K Landes, patis, bruyères, ete. . . . . 19,971 | Rivières, lacs, ruisseaux. . . . . . 4,214 Etangs, abreuvoirs, mares, canaux, : . 8,014 | Cimetières, églises, presbylères et bati-
Propriétés bâties. + , + + + + + 9,658[ mentspub'ics , 4 . + , + o
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popluation. Une quantité égale est occupée par des vignobles qui produisent. des vins médiocres, mais dont une grande partie, convertie en eaux de-vie, fournit annuellement plus de 35,000 barriques pour l’intérieur de la France et les pays étrangers. Le reste des terrains est couvert de bois de châlaigniers, de plaines incultes et de prairies naturelles et artificielles qui nourrissent plus de 30,000 bêtes à cornes que l'habitant importe chaque année et réexporte après les avoir engraissées. La quantité de fer que l’on y exploite est convertie en fonte dans six hauts-fourneaux et en barres dans quinze établissements d’affineries.
Sur un coteau que l’on aperçoit à une grande distance s'élève Angouléme où la pureté de l’air contribue peut-être à entretenir la santé des habitants et la fraicheur dont brille le teint des femmes. Le Quartier-Neuf a de la régularité, mais le reste de la ville est composé de rues mal percées et d’un accès difficile. Le faubourg de l’Æoumeau, bâti en pente, au bord de la Charente, renferme de riches papeteries qui, avec des distilleries, les raffineries de sucre, les faienceries et les fabriques de tissus de laine, alimentent son commerce et entretiennent la grande activité qui règne dans son port. Ce chef-lieu du département est aussi le siége d’un évêché. Jadis il était fortifié; mais ses remparts ont été remplacés par une promenade qui s’élève en terrasses, d’où l’œil mesure un vaste horizon bordé de rochers, et se repose avec plaisir sur les sinuosités d’Anguienne, bordée de prairies et de riches coteaux. Cette ville, qui est une des principales stations du chemin de fer de Paris à Bordeaux, possède un lycée, un jolie bibliothèque, un cabinet de physique et d’histoire naturelle ; elle a vu naître Marguerite de Valois, sœur de François L°r; Ravaillac, l'assassin de Henri IV ; Poltrot de Méré, celui du duc de Guise ; le littérateur R:'zac et l’ingénieur Montalemberg. Son origine est assez ancienne ; Ausoüne en fait mention sous le nom d’Iculisna, mais elle n’acquit de l’importance que vers le moyen âge. Au neuvième siècle, elle fut ruinée par les Normands; plus tard elle devint la capitale d’un comté qui fut réuni à la couronne en 4303: en 4515, François Ier l’érigea en duché en faveur de sa mère; Louis XIV en fit l’apanage du duc de Berry qui mourut en 47484, et depuis ce temps les princes de la branche aînée de Bourbon conservèrent le titre de ducs d’Angoulème.
La Rochefoucauld, sur la Tardouère, est peuplée de 2,845 habitants , et n’est formée que d’une seule rue. Elle est dominée par un château gothique, bâti sous le règne de François Ler, où naquit celui de ses ducs qui se rendit célèbre par son livre des Maximes ct par ses Mémoires sur la
Fronde, On y remarque un hospice fondé en 4685 par Gourville, qui, de simple valet de chambre d’un duc de Larochéfdléauld, devint son ami et celui du grand Condé. Ses principaux établissements industriels sont des fabriques de fil et des tanneries.
Une contréestérile entoure Confolens, petit chef-lieu de sous-préfecture, qui doit son nom au confluent du Gloire et de la Vienne; sa situation est cependant agréable, et les bords de ces deuxrivières sont couverts de beaux pâturages. La tour carrée que l’on y remarque est le. seul reste de son ancien château-fort, Après avoir traversé deux foifle cours de la Charente on arrive à la jolie petite ville de Auffec, bâtie sur la rive droite de cette ” dernière, au bord d’un petit ruisseau. C’est une des stations du chemin de fer de Tours à Bordeaux. Elleeutautrefoisles titres debaronnie, de vicomté et de marquisat : on y voit encore dans une Île, au milieu du Lien qui l’errose, son ancien château, dont les tours etles fortifications ont été détruites, Au delà d’une petite chaine de collines qui se termine au sud, à peu de distance de la Charente, dont le cours sinueux traverse de vastes prairies, on aperçoit Jarnac qui s’élève sur ses deux rives-réupies par un pont en fil de fer, et dont le-petit port n’est pas sans importance. Un monument moderne élevé dans la plaine indique le célèbre champ de bataille où le duc d’Anjou, frère de Charles IX, défit en 1569 l’armée du prince de Condé.
Cette ville appartient à l’arrondissement de Cognac, que l’on voit s’élever sur une éminence au pied de laquelle coule la Charente. Le vieux chàteau qui défendait jadis cette pelile cité commerçante, cet entrepôt des excellentes eaux-de-vie que l’on distille dans lescommunes environnantes, fut le berceau de François Ier.
Au milieu de la contrée fertile qu’arrose le Vé, la ville de Barbezieux, moins riche et mieux bâtie que Cognac, fait de grandes expéditions de chapons truffés ; elle est située sur le penchant d’une colline, et traversée par la grande route de Paris à Bordeaux; son ancienne forteresse est maintenant une prison. Aubeterre, à l'extrémité méridiouale du département, est dans une situation tout à fait pittoresque, au bas d’une colline baignée par la Dronneet dominée par un ancien château. Ce qu’elle offre de particulier, c’est son église taillée dons la montagne même qui supporte une partie de la ville.
Le cours inférieur de la Charente arrose un sol fertile en pâturages, en céréales, en vignes abondantes, mais peu estimées, dont les produits sont convertis en eau-de-vie. L’embouchure de la Gironde et l’Océan, qui baignent une grarde étendue de côtes, enrichissent par le commerce une
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population laborieuse. Le territoire du département de la Charente-Inférieure !, dans lequel nous entrons, offre peu d’inégalités : partout on ne voit que dés plateaux d’une petite élévation, que de grandés plaines où l'on respire un air salubrez; mais sur les bords de la mer, les marais salants qui fournissent un sel renommé, dont l'Angleterre s’approvisionne, répandent des exhalaisons pestilentielles qui causent dans leurs environs les maladies ct la mort, Une grande quantité-de rades et de ports favorisent lu navigation, encouragent le cabotage, déterminent des armements pour la pêche de la morue,’et des expéditions pour nos colonies ; enfin, les îles de Ré, d'Oléron et d'Aix, ajoutent à son importance maritime.
Dans la partie “qui continé au département précédent, nous citerons Jonzac comme le chef-lieu de sous-préfecture le moins important ; sa popu. lation: est inférieure àccelleé du bourg de Mirandeau, qui renferme 3,000 babitants. Sain(es; Capitale dela Saintonge, est sale comme presque toutes les villes anciennes."Ammien Marcellin la comptait parmi los plus florissantes de l’Aquitaine. Elle portait le nom de Wediolanum Santonum, parce que soû territoire était celui des San/ones. On y voit les restes d’un arc de triomphe en énormes pierres, sans mortier ni ciment, engagé par sa base dans une des piles du pont; les ruines d’un ämphithéâtre presque aussi grand que celui de Nimes, celles d’un cirque, d’un aqueduc, et plusieurs autres débris antiques. Elle fut le siège d’un évêché où s’assemblèrent plusieurs coucilés. L'église qui servit de Cathédrale, et qui fut, dit-on, bâtie par Charlemagne, est surmontée d’une belle: tour dans le style gothique, La sous-préfecture établie dans l’ancien palais épiscopal, l'hôpital qui remplace le séminaire, la caserne de cavalcrie qui occupe les bâtiments d'une abbaye de femmes fondée.en 4043, et dans laquelle se retira Éléonore de Guyenne après la rupture de son mariage avec Louis le Jeune.
La petite rivière de la Boutonne commence à être navigable à Saënt- Jean-d'Angely; ci favorise le commerce d’eau-de-vie et le transport de bois de construction qui animent cette petite ville, à laquelle les guerres de religion ont été funestes, depuis le mémorable siége qui la fit tomber au pouvoir de Henri III, jusqu’à celui qu’elle supporta sous Louis XHT, qui
î Contenances ümposables. | hectares
hectares | VCrRers, pépinières et jardins, , . . 5,568
Terres labourables, :.:. + . . . . 328,69 j | Orerales, aUInAISE, saussaies. «. . 2%
Viénens 5e € 6 oo + 0 0 111,682 Contenances non imposables.
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Landes, pâtis, bruyères. . . : . . . 13,971 | Rivières, lacs, ruisseaux. . . , . . . 4,216
Étangs, abreuvoirs, mares, canaux, . . 8,014| Cimetières, éghses, presbyières, bâti
Superficies des propriétés bâties. , . + 9,658) ments publics, . . , , , . . 165
rasa ses fortifications. Henri IE de Bourbon-Condé, et Regnaud, célèbre homme d'État sous l'empire, y reçurent le jour. Elle possède une importante fabrique de poudre à tirer, un dépôt impérial d'étalons et un de remonte. Marennes, à une demi-lieue de la mer, éprouve la funeste influence des exhalaisons de ses marais salants ; on pêche sur sa plage d'excellentes huitres vertes. Bien bâtie, ville riche et commerçante, elle aurait depuis longtemps acquis une grande importance, sans l'insalubrité de l’air qu’on y respire. À une lieue de Marennes, on voit Brouage qui, en 1600, était le centre d’un commerce actif et florissant, : is que les miasmes pestilentiels de ses marais salants ont fait abandonner. La mer qui baignait ses murailles en est éloignée aujourd’hui d’une lieue. On pourrait remédier à l’insalubrité de cette plage par des plantations : les végétaux absorberaient les gaz délétères, répandraient dans l’air l'oxygène et arrêteraient l’action desséchante du soleil. Tonnay-Charente offre un port sûr et commode aux navires de 400 tonneaux.
On remonte la Charente pendant l’espace d’une lieue, et l’on entre dans le beau port de Ruchefort, l’un des trois plus vastes de France : il a 2,200 mètres de longueur, et contient assez d’eau pour que les vaisseaux de haut-bord y restent à flot pendant la marée basse. Des navires de 600 tonneaux peuvent, avec leur cargaison, entrer et circuler dans le port marchand. L'entrée du port est fermée par un baleau-porte où s'arrête le limon laissé par la marée descendante, et qu’une drague emporte ensuite au milieu du courant. De vastes chantiers de construction, des magasins d’armements de 400 mètres de longueur, des bassins de carénage, une belle corderie longue de 380 mètres, ajoutent encore à tant d’avantages, et à celui qu'offre sa position à quatre lieues de l'Océan. Comme toutes les villes nouvelles, Rochefort est bâtie avec régularité. Ses rues, bien pavées et tirées au cordeau, aboutissent à une belle place plantée d'arbres, quelques-unes même sont garnies de peupliers et d’acacias, et toutes éclairées par des reverbères très-rapprochés et bien alignés. L'hôpital, la fonderie de canons, l’arsenal, qui renferme une belle salle d'armes, sont des édifices dignes d’être remarqués. Un vaste réservoir sert, à l’aide d’une pompe à feu, aux arrosements journaliers, précaution d’autant plus utile que, depuis le mois d’août jusqu’au mois d'octobre, l’air de Rochefort n’est rien moins que salubre. La défense de cette place consiste dans les bastions dont elle est entourée, et dans les forts construits à l'embouchure de la Charente. Les remparts, plantés de beaux arbres, forment une promenade agréable. Au nombre de ses établissements les pius utiles, nous
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citerons l'hôpital de la marine, difice qui ne le cède en magnificence qu'à celui de Plymouth; il comprend 18 salles occupées par 4,240 lits en fer, sans compter les appartements des officiers, Les magasins de vivres contiennent plus de.3 millions de rations de pain ; 5 à 6,000 barriques de vin et d'autres approvisionnements en proportion. Telle est aujourd'hui l’importance maritime de Rochefort, qui n’était au onzième siècle qu’un château, et dont le port, creusé en 1666, put recevoir au mois de novembre dola même année une flotte royale, Le célèbre marin La Galissonnière y naquit en 1693; c’est aussi la-putrie des naturalistes Lesson et Audebort, du peintre Gaufler, et de Savigny l’un des naufragés de la Méduse. En attendant la construction d'un chemin de fer, justement réclamé, Kochofort cammunique au moyen d’une belle route avec La Rochelle, chef-lieu du département,
La fondation.de cette dernière ville remonte au dixième siècle, Philippe- Augusté lut aëcorda plusieurs privilèges ; le traité de Brétigny la céda aux Anglais : Charles V parvint à s’en rendre maître. Les divisions politiques auxquelles la"réformation religieuse donna tant d'importance, en avaient fait le centre de l'opposition protestante, lorsque, assiègée par Louis XHII, elle ne sérendit qu’après avoir résisté pendant treize mois à des efforts qui cofitérent aû roi plus de 40 millions. Situé au fond d’un golfe, son port est sûr et commode ; les vaisseaux sont mis en carénage dans un bassin où ils reçoivent leur chargement, quelle que soit l'élévation des eaux de j'Océan. Ses fortifications ont été construites par Vauban. Des rues bien alignées, une grande quantité de maisons ornées de portiques en arcades, la magnifique place du château, la bourse et l’hôtel-de-ville, édifices remarquables, donnent à la ville un aspect imposant, Son arsenal est célèbre: par l’ordre et l’ingénieuse symétrie qui règnent dans sa salle d'armes. Patrie de Réaumur, du pharmacien Seignette, qui inventa le sel purgatif qui conserve son nom, du bibliographe Colomiez, du médecin Nicolas Venette, et de plusieurs autres hommes célèbres, parmi lesquels nous compterons le conventionnel Billaud-Varennes, on n'est point étonné d'y trouver une académie impériale des belles-lettres, sciences et arts, et deux autres sociétés savantes, une belle bibliothèque, un cabinet d'histoire naturelle, un jardin botanique, un lycée bien tenu, et une école de navigation. En 4827, on a élabli à La Rochelle des bains de mer remarquables par leur élégance. De la promenade du Mait on jouit de la vue de l'Océan, d’où s’élèvent, sur la droite, l'ile de Æé, entourée de récifs et peuplée de pêcheurs ; en face, l’île d'Aix, où les vaisseaux attendent les vents VI, 22
favorables pour appareiller ; et sur la gauche, l’importante Oféron, riche en vins et en salines.
La première de ces îles, entourée de fortifications, défend le port de La Rochelle. Elle présente une suite d’anses, de rades et de ports très-sûrs, dont les meilleurs sont ceux de Sainl-Martin-de-Ré, de La Flotte et d'Ars. Saint-Martin est défendue par une bonne citadelle, et possède un bel arsenal et un hôpital militaire. L'ile d'Aix ne renferme qu’un village de 2 à 300 habitants, mais on peut la regarder comme une place de guerre; un phare placé sur sa pointe nord-ouest la fait reconnaitre aux navigateurs. Oléron, par son phare de la tour de Chassiron, indique Ja nuit l'entrée du canal appelé le Pertuis d’Antioche. Les 48,000 habitants de cette île sont répartis dans les deux cantons d'Oléron, petite ville de 3,000 habitants, défendue par un château-fort, et ae Saint-Pierre-d’Oléron, qui n’a que le titre de bourg, quoiqu'il renferme 5,000 individus,
A l'extrémité septentrionale du département, la jolie petite ville de Marans, qui exploite aussi des marais salants, renferme 4,670 habitants, et possède, à deux petites lieues de la mer, un bon port sur ia Sèvre-Niortaise, où la marée transporte des navires de 100 tonneaux.
Le plus considérable des affluents de la Sèvre-Niortaise, la Vendée, navigable pendant le court espace de six licues, fut, à l'époque de Porganisation départerentale, choisie de préférence au Lay, rivière un peu plus importante, pour donner son nom à l’un de nos plus fertiles départements maritimes 4. Son sol se divise en trois parties : le Marais, qui comprend tout le littoral, est couvert de sables, que des canaux ct la sueur du paysan rendent productifs, et de marais qui, par leur étendue et par la quantité de sel qu’on y recueille, semblent indiquer que ces cètes ont êté abandonnées depuis peu de siècles par l'Océan ; le Bocage, qui renferme aussi des landes stériles, est cependant couvert de bois et sillonné par une multitude de ruisseaux qui favorisent sa fertilité ; la Plaine, formée de toutes les terres comprises entre le Bocage et la limite méridionale du département, est la plus riche “es trois, et se prèle à tous les genres deculture. Le Marais, exhalant des vapeurs méphytiques funestes à la santé de ses habi-
1 + hectares Contenances imposables. ARS Étangs, abreuv., mares, canaux d'irrig. 3,103 . | Oseraies, aulnaies, saussaies, , . . , 126 Terres labourables, . . . . . .. « 408,569 ON Re . + 109,896 Contenances non imposables. Landes, patis, bruyères. . . , . . , 65,826 | Routes, chemins, places publiques, rues. 23,061 DO és 6 le 6 6 6e 0 je 41 29,660 | Forêts, domaines non productifs, . . . 7,558 Vignes. . + . 4 © « + + + + + 17,700 | Rivières, lacs, ruisseaux, . . . . . 4,513 Vergers, pépinières et jardins, . . . . 9,239 | Cimeières, églises, presbytères, bâti- Propriétés bâties. re WU re 3,2%] ments publics, . , . . . . . Fe 220
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tants, coupé de nombreux canaux de desséchement, dépourvu de sources, et n'offrant pour étancher la soif qu’une eau saumâtre et insipide, est cependant un des pays les mieux cultivés de France ; il produit d’excellents chanvres, des céréales en abondance, des légumes d’une grosseur remarquable, et des pâturages qui nourrissent des chevaux, des bœufs et des moutons de la plus forte taille; dans le Bocage, entrecoupé de haie: et de vergers, on récoite des vins d’assez bonne qualité ; la Plaine est fertile en grains de toutes espèces, et comprend des vignobles qui ne produisent que de médiocres vins blancs. La pêche du poisson de mer, l'exploitation des marais salants, l'extraction de la soude du varech, la fabrication de toiles de ménage, d’étoffes de laine grossières, de cordes et de poterie commune, sont les principales branches d'industrie de ce département.
Fontenay-le-Comle, appelé sous la première république Fontenay-le- Peuple, s’offre à nous dans un vallon agréable, sur la rive gauche de la Vendée: Les restes noirâtres d’un vieux château-fort, une église dont la flèche s’élève à près de 100 mètres de hauteur, des faubourgs plus grands que la ville, lui donnent l’apparence d’une importante cité ; c’était autrefois la résidence des comtes de Poitiers ; c’est aujourd’hui le chef-lieu d’un arrondissement, dont la seconde ville est Luçon, peuplée de 4,810 habitants, et siége d’un évêché. Cette dernière, assez bien bâtie et mal pavée, est située à l’extrémité d’un canal qui se jette, à 2 lieues de là, dans la mer à l’ansed’Aiguillon. Son port peut recevoir des navires de 80 à 100 tonneaux.
Le Bocage possède une église remarquable, c’est celle de la petite ville de Vouvant, située à 3 ou #4 lieues au sud-ouest de Fontenay-le-Comte. Peuplée seulement de 500 habilants, elle doit son origine à un château qui date du onzième siècle. Elle est dominée par des collines boisées ; entre son enceinte et ces collines coule une petite rivière bordée de peupliers et décrivant un fer à cheval, ce qui ne laisse qu’une issue à la ville pour communiquer avec la campagne. Ses anciens remparts sont devenus des jardins ; on y compte les vestiges de plus de soixante tours. La ville possédait jadis un riche couvent dont il ne reste plus de vestiges; mais l’église qui en dépendait est encore assez bien conservée : sa fondation remonte au huitième siècle ; il n’existe nulle part en France un monumnte carluvingien d’un style plus orné. Toutes les parties de cet édifice ne sont pas à la vérité du même temps : ainsi, le portail paraît être du seizième siècie, il est d’un assez bon style et du petit nombre de ceux qui sont parvenus jusqu’à nous intacts.
Une route, fatigante par sa monotonie, conduit aux Sables-d'Olonne, ville partagée par quatre longues rues droites et parallèles, bâtie sur une pointe sablonneuse qui s’avance dans la mer, et que défendent quelques batteries. Le port, qui ne reçoit que des bâtiments de 450 tonneaux, la sépare du faubourg de la Chaume établi sur un rocher.
En suivant la côte, on aperçoit, vis-à-vis le port de Saint-Gillés-sur-Vie, petit bourg où l’on construit des bateaux, l’Ile-d'Yeu ou Dieu, qui n’est peuplée que de pêcheurs; plus loin, celle de Noirmoutier, beaucoup plus considérable, comprenant deux villages, une ville qui porté son nom, et une population de 8,262 habitants. Des dunés d’un.côté, des rochers de l’autre, un vieux château bâti en 830, et une vingtaine dé batteries, forment la défense de cette ile, qui doit son nom au monastère de bénédictins que saint Philibert y fonda au septième siècle. Vis-à-vis de Noirmoutier, el près de la côte, est l’ile de Bouin, qui n’était autrefois qu’un rocher calcaire, et qui maintenant, offrant une circonférence dé 7 lieues, ést jointe au continent par une chaussée construite sur le canal même qui l'en sepay rait, Elle donne son nom à un village de 2,800 habitants.
Nous terminerons notre course dans ce département par Napoléon- Vendée ou Bourbon-Vendée, la seule ville importante qui nous reste à voir, et cependant l’une des moins peuplées. C’était autrefois le bourg de La Roche-sur-Yon, principauté qui appartenait à la maison de Bourbon- Conti. En 4807, elle renfermait à peine 800 habitants; Napoléon lui donna son nom, et affecta une somme de 3,000,000 pour y faire construire les édifices nécessaires à un chef-lieu de préfecture ; elle est tracée sûr le plan d’une ville populeuse, ses rues sont larges, bien alignées, mais pas assez peuplées; sa position sur la petite rivière d’Yon, loin des rivières. navigables et de toute ville importante, exigerait que l’on exécutât le canal projeté de la Bret, seul moyen d'y faire npitre le commerce et l'industrie. Sur la place publique de cette ville s'élève la statue en bronze du général Travôt, qui sous les ordres de Hoche pacifia la Vendée.
Le département des Deux-Sèvres! confine à l’ouest avec celui de la Vendée; il est traversé diagonalement par les hauteurs de Galine, chaîne
1 Contenances imposables. : ; hectares
hectares | OsCraies, aulnaies, saussaies. , , , , 625
Terres labourables. . . . . . . . 404,355 | Cultures diverses. , , . , . , , . 406 pue ten M RC Et 2 Ni Les Contenances non imposables.
Landes, pâtis, bruyères. 0 + + + . +. 22,795 | Routes,chemins, places publiq., rues,etc. 19,136
Vignes, , , . , dé e 6 6 6 à 20,894 | Forêts, domaines non productifs, , , . 9,723
Propriétés bâties. + , + + + + + . 9,676 | Rivières, lacs, ruisseaux. . . . . . 2,839 Étangs, abreuvoirs, mares et canaux d’ir- Cimetières, églises, presbytères, bâti
rigation, . . + . + « + + + «+ + 1,353) ments publics, , . . . . « .
ne, de cnl'ines assez élevée, ombragée par de belles forêts d’où l’on tire des ine | Foi ‘a charpente ct de construction. Arrosé par un grand nombre de tes pet: : cours d’eau, il tire son nom des deux rivières de Sévres : l’une Ja coulant du sud au nord, l’autre de l’est à l’ouest; l’une appelée Sévre- Nantaise, et l’autre Sévre-Niortaise, parce qu’elles passent à Nantes et à ic, Niort. Divisé par de belles vallées, couvert de plaines fertiles, riche en est vignobles et en pâturages, il comprend dans sa superficie un grand lus nombre de marais et d’étangs poissonneux, et quelques landes incultes. set Ses récoltes ec. céréales et en vins surpassent ses besoins ; ses prairies s de nourrissent des animaux domestiques de toute espèce. Il fournit à l'Esfor- pagne ces mules si recherchées qui servent de monture de luxe; ces mulets tiñs qui, chargés de lourds fardeaux, parcourent d’un pas sûr les Alpes et les ier, Pyrénées, et ceux qui traînent lentement ces énormes voitures que le midi cal: de la France expédie sur toutes nos routes. La vente de ces animaux à inte £ l'étranger produit plusieurs millions de francs. Les bœufs forment aussi épa- une branche de commerce importante ; les plus gras sont expédiés pour É l’approvisionnement de Paris; le plus grand nombre se dirigent sur la éoh- Normandie pour y être engraissés. Le sol fournit du minerai de fer, et il y ie -à l a des hauts-fourneaux et des feux d’affinerie pour le fondre et l’épurer. Ce de département possède aussi plusieurs fabriques de grosses étoffes de laine oh ei de tissus de coton. ï ina ' Le chef-lieu est Mort, vieille ville qui prend un aspect agréable depuis à les que des constructions modernes remplacent les masures qui la plaçaient Dan i autrefois au nombre des plus sales villes du Poitou. On y remarque une
sSez Ê église gothique, bâtie par les Anglais; lhôtel-de-ville, ancien palais : d’Éléonore d'Aquitaine, dont l'horloge est du quatorzième siècle, et la
belle fontaine du Viviers qui doit ses eaux à un puits artésien. L’ancien ‘= château sert aujourd’hui de prison. L’esplanade, près la caserne de cava-
éral lerie, est une charmante promenade; la salle de spectacle est assez jolie. É ” Elle renferme plusieurs établissements publics de charité et d’instruction.
Quant à son commerce, qui est destiné à prendre un nouvel essor lorsque le chemin de fer de Poitiers à La Rochelle et Rochefort passera sous ses murs, il consiste principalement en farine ; mais sa confiture d’angélique est renommée, et l’on y trouve des fabriques de ganterie, des filatures de laine et de coton, et de belles tanneries. C’est dans une des prisons de cette ville que naquit madame de Maintenon. Nous ne devons point oublier parmi les hommes célèbres nés à Niort, Isaac de Beausobre et Louis de Fontanes. Ses environs offrent, sur les bords de la Sèvre, des
points de vue charmants qui contribuent à l'agrément du jardin public et des promenades d’alentour.
La petite ville de Mauzé est le chef-lieu d’un canton où l’on trouve plusieurs haras de baudets, d’où sortent annuellement 45 à 20,000 sujets. Saint-Maixent, peuplé de plus de 4,000 âmes, mérite d’être mentionné, non comme ville bien bâtie, mais pour la richesse de son territoire et la beauté de ses sites. Ce chef-lieu de canton doit son origine à un saint Maixent qui y fonda un ermitage du temps de Clovis ; en 507, il s’y établit une abbaye de bénédictins. Melle, sur une colline au pied de laquelle coule la Beronne, petite rivière qui tarit l’été, est le chef-lieu d’un arrondissement où l’on élève la plus belle race de mulets que l’on connaisse en Europe.
Après avoir traversé les hauteurs de Gatine, on descend dans une plaine arrosée par le Thouet ; sur ses bords s’élève Parthenay, bâtie sur une colline où l’on voit encore les restes de ses murailles et d’un vieux château. Elle est la patrie d'Anne de Parthenay. Non loin des sources de la Sèvre-Nantaise, le village de La Forét, qu’elle arrose, renferme le tombeau du célèbre Duplessis-Mornay, auquel les catholiques donnaient de son temps le titre de pape des huguenots. La rivière met en mouvement une usine destinée à l’apprêt des lins et des chanvres du pays. Sur une colline qui borde le cours de l’Argenton, Bressuire éprouva de si grands ravages pendant les guerres de la Vendée, qu’elle fut réduite à une seule maison et à son église en granit. Aujourd’hui, érigée en chef-lieu de souspréfecture, elle fabrique des étoffes de laine et des toiles de lin. A 5 lieues au nord-est, le Thouet coule autour d’une colline, du haut de laquelle Thouars jouit d’une vue magnifique ; son origine paraît remonter au delà du sixième siècle; son nom signifie la cifadelle du Thouet, en latin Thoaci arz. En 758, Pepin s’en rendit maître ; dans le moyen âge, les Anglais en tirent une des principales places fortes du Poitou. On est. étonné de voir encore dans cette ville, qui fut ravagée par la guerre civile, le beau chàteau bâti avec la plus grande magnificence, sous Louis XIIE, par la duchesse de La Trémouille.
La Vienne donne son nom à un département qu’elle traverse du sud au nord, et qui au sud offre quelques collines élevées, tandis que vers le nord elles sont sans importance !. Le centre du pays est occupé par un grand
! Contenances imposables. , . hectares
hectares | Landes, pätis, bruyères
Terres labourables. 513.131 | Prés.
Bois, ,, 80,372 | Vigurs
et
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plateau qu’entourent la Vienne et le Clain, son affluent; à l'est de ce plateau, l’on ne voit que des plaines basses et de petites vallées. Le sol peu fertile, couvert en quelques endroits de landes et de bruyères, produit cependant des céréales en suffisance, et des vins en assez grande quantité
pour que le département les emploie comme un moyen d’échange, soit. en.
nature, soit en eaux-de-vie. Il possède des sources minérales, quelques mines de fer, des hauts-fourneaux, des feux d’affinerie, et des fabriques de coutellerie fine et d’armes blanches. Nous ne parlerons point de ses tissus de laine grossière, ni de ses dentelies communes, ni de son commerce, qui trouve dans le défaut de communications ses principales entraves.
L’arrondissement le plus méridional est celui qui a pour chef-lieu la petite ville de Civray, dont l’église paraît être un édifice antérieur à l’établissement du christianisme dans les Gaules, Sur la rivière de la Gartempe, Mon{morillon, autre chef-lieu, fournit des biscuits et des macarons estimés. Dans l’enclos d’un ancien couvent des Augustins, on voit un monument antique fort curieux, attribué aux druides.
Au confluent de la Boivre et du Clain, on aperçoit de loin, sur une colline, l’ancienne capitale du Poitou, la vieille cité de Limonum chez les Piclavi, place importante du temps de Ptolémée. Aujourd’hui chef-lieu de préfecture, elle est encore, en parue, entourée de murailles flanquées de tours, vénérables témoins de l’invasion des Visigoths, de leur défaite par Clovis, et de la célèbre bataille dans laquelle le roi Jean, après avoir refusé les conditions avantageuses que lui offrait Édouard, qu’il venait de surprendre, se laissa battre, à la tête de 80,000 hommes, par une armée anglaise dix fois moins considérable, qui l’envoya prisonnier en Angleterre. Ce fut à Posliers que Charles VII transféra le parlement de Paris pendant les guerres qu’il soutint contre les Anglais. Cette ville, dont les rues sont étroites et mal percées, conserve quelques traces de son antique importance dans les restes méconnaissables d’un palais de Gallien et d’un amphithéâtre. Elle s’étendait jusqu’au confluent du Clain et de la Vienne, où l’on voit les magnifiques débris d’un temple et les restes nouvellement découverts de fortifications bordant un bras du Clain, où quelques habitants assurent avoir trouvé sous les eaux les vestiges d’un pont antique.
Û hectares ; heetares Vergers, pépinières et jardins. .« . , . 5,619 Contenances non imposables. Propriétés bâties. . . . . . . + . 3,515 | Routes, chemins, places publiques, rues. 13,738 Etangs, abreuv., mares, canaux d'irrig. 1,249 | Forèts, domaines non productifs. , , . 7,331 Cultures diverses. . . . . . « . . 972 | Rivières, lacs, ruisseaux, , . , , . . 3,181 Oseraies, aulnaires, saussaies. . , . 32 | Cimetières, églises, presbytères, etc. . a17
mime tnt SR me
L'église de Saint-Jean passe pour avoir été un méusolée qui’date des premiers siècles de notre ère. A la place d’un châtéau gothique, dont il ne reste que d’imposantes ruines, on voit la promenade du pont Guillon, que la vue dés environs contribue à rendre magnifique. La cathédrale, qui date du onzième siècle, et, par son étendue, l’une des plus belles de France, est un de nos plus anciens sièges épiscopaux ; depuis le milieu du quatrième jusqu’au commencement du quinzième, il s’y est tenu Vingt-trois conciles. Les cendres de madame de Montespan reposent dans l’église des Cordeliers. Dans celle de Sainte-Croix furent déposées celles de Pepin, roi d'Aquitaine; et dans la cathédrale, lés entrailles de Richard-Cœur-de-Lion. L'église de Saint-Hilaire avait des portes si belles, ‘que Dagobert les fit enlever pour les placer à Saint-Denis; mais lune d’elles tomba dans la Seine, d’où l’on ne put la retirer. Poitiers est la patrie de deux évêques du quatrième siècle : saint Hilaire et saint Maximin, d’Exupérance, préfet des Gaules et frère de Quintilien l’anachorète, du cardinal de La Balue, du général André Montalembert, de La Quintinie, de madame et de mademoiselle Des Roches, poëtes, et de mademoiselle de Mortemart, qui devint marquise de Montespan. Son musée est assez intéressant, etsa bibliothèque, qui renferme 25,000 volumes, est riche en manuscrits. Elle possède une société des antiquaires de l’ouest et plusieurs autres sociétés savantes. Cette ville fait encore un commerce assez important.qui doit s’accroitre depuis qu’elle est une des principales ‘stations de la Jigne de chemin de fer de Tours à Bordeaux.
A 10 lieues de Poitiers, la ville de Sainf-Savin est bâtie sucJa Gartempe, que l’on y passe sur un très-beau pont. Son église est remarquable par son clocher pyramidal de 75 mètres de hauteur. À 7 lieues au nordest, la Vienne commence à être navigable :. Chdlellerault, station du chemin de fer de Bordeaux, peuplé de couteliers, occupe la rive droite de cette rivière, que l’on traverse sur un beau pont hâti par Sully, et dont l'extrémité aboutit à un vieux château flanqué de quatre grosses tours, qui sert de porte à la ville. Cette ville possède une manufacture impériale d'armes blanches. Zoudun, à 9 lieues au nord-ouest de celle-ci, est située sur un coteau, entourée de vignobles estimés. Son ancien château a fait place à de jolies promenades, mais dont l’abord est désagréable. Depuis la révocation de l’édit de Nantes, elle est devenue une ville de peu d’impor= tance. Elle a donné le jour à plusieurs hommes célèbres, au nombre desquels nous citerons le poëte latin Jean Maigret, plus connu sous le nom de Macrin, parce qu’il transforma en Macrtnus son nom latinisé ; les deux
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historiens Scévole et Louis de Sainte-Marthe, frères jumeaux, et le médecin Renaudot, qui, en 4634, imagina la publication de ces feuilles de nouvelles auxquelles on donne le nom de journaux. Cette ville fut célèbre sous le règne de Louis XIII par le procès du curé Urbain Grandier, qui, pour avoir osé faire une chanson contre le cardinal de Richelieu, fut accusé d’avoir ensorcelé le couvent des Ursulines, et périt dans les flammes.
La Loire, qui coule de l’est à l’ouest; la Mayenne, qui s’y jette, et qui prend le nom de Maine après sa réunion avec la Sarthe, expliquent le nom de Maine-et-Loire que porte le département dans lequel nous allons entrer. La culture des céréales et des vignes, l’industrie manufacturière et l’exploitation des carrières de granit, des ardoisières, des marbres et des mines, contribuent à établir la richesse du pays. Les vignobles donnent près de 500,000 hectolitres de vins ; la récolte des céréales dépasse les besoins de ses habitants ; les mines de fer en exploitation occupent plusieurs usines et hauts-fourneaux. Les vignes du seul triloire de Saumur produisent annuellement environ 65,000 pièces de vin blanc, dont la valeur moyenne est estimée à 2,400,000 francs. Les exportations
en céréales sont quelquefois de plus de 500,000 hectolitres ; la valeur des
fèves et des haricots expédiés à Nantes et à Bordeaux pour l’approvisionnement de la marine, est d'environ 500,000 francs ; celle du chanvre dirigé sur ces mêmes ports dépasse 3,000,000. Le produit de ses houillères s'élève annuellement à plus de 410,000 quintaux métriques.
On côtoie pendant 2 lieues les bords de la Loire avant d'arriver à Sawmur, principale station du chemin de fer de Tours à Nantes. Un faubourg se présente d’abord sur la rive droite du fleuve, que l’on traverse sur un beau pont de douze arches de 20 mètres d'ouverture, d’où l’on voit l’école impériale d'équitation, ses magnifiques casernes et la salle de spectacle bâtie sur une promenade qui borde le quai. Une belle rue large se présente en perspective, et l’on aperçoit vers la gauche un quartier consiruit sur la pente d’une colline dont la cime escarpée est couronnée par un chäteaufort qui défendait jadis la ville, et qui sert aujourd’hui de dépôt d’armes et de munitions : on croit qu’il fut commencé sous Pepin et terminé sous
1 Contenances imposables. k hectares hectares | Étangs, abreuvoirs, mares, canaux. . . 1,718 Terres labourables. . . . . , . . 460,134 | Oseraies, aulnaies, saussaies. . . . + 963 Prés. ee + + CE 80,023 .
M Mae ne LIT cms Contenances non imposables.
Landes, pâtis, bruyères. , . , , , . 48,271 | Routes, chemins, places publiques, rues. 19,871 Vignes es de dl 5 een à 7% 38,260 | Rivières, lacs, ruisseaux. . . . , . . 9,936 Vergers, pépinières et jardins. . . . . 8,693 | Forêts, domaines non productifs. . . . 1,019 Cultures diverses. . , , . . . . 5,703 | Cimetières,églises, presbytères, bâtiments
Propriétés bâties, , , , , , , . 5,383] publics, , . . . , . «+ «+ 962 VI, px)
saint Louis. L'église de Saint Pierre, dont le portail est moderne, est d’une
construction fort ancienne; l’hôtel-de-ville est un édifice gothique. A l’extrémité du quai prolongé au delà du port et de la promenade, on voit un bel hospice adossé à la colline crayeuse qui domine la ville, et dans laquelle on a pratiqué des excavations servant de logements aux aliénès, Saumur est baigné à l’occident par la petite rivière de la Thoue, que l'on traverse sur un pont à peu de distance duquel on aperçoit trois monuments druidiques, dont l’un est un obélisque naturel placé verticalement sur le sol, et dont les deux autres, composés de plusieurs picrres posées à plat sur d’autres pierres, sont deux cromlechs d’une assez belle conservation. Outre un commerce important, Saumur possède un genre d'industrie qui occupe environ six cents ouvriers des deux sexes et de tout âge : c'est la fabrication de chapeiets et d’émaux dont elle fait des exportations annuelles pour plus de 400,000 francs. A 4 lieues à l’est, Doué, ville de 3,194 habitants, est digne d’être visitée, si l’on veut voir des ruines que les uns regardent comme celles d'un amphithéâtre romain creusé dans une roche calcaire, et les autres comme ayant fait partie d’un palais des anciens rois d’Aquitaine; les débris d'un vicux palais du roi Dagobert; l’une des plus belles fontaines qui existent en France ; et dans ses environs, des grottes d’une grande étendue,
La route de Saumur à Baugé n'offre rien de remarquable, et ce cheflieu d'arrondissement mériterait à peine d’être mentionné si nous n’avions à dire que l’on y traverse le Couesnon sur un beau pont en pierre de taille, et que c’est dans ses environs que le maréchal de Lafayette défit, en 4421, l’armée anglaise commandée par le duc de Clarence. Cet arrondissement renferme un grand nombre de papeteries ; à Durtal, ville de 3,553 habitants, on en compte plusieurs, ainsi que des tuilcries, des fabriques de poteries et de toiles. La situation de Durtal, sur le bord du Loir, à la base d’une colline dominée par deux tours colossales, restes d’un vieux chàteau du onzième siècle, présente un aspect agréable. Segré, arrosé par l'Oudon, est beaucoup moins important que le bourg de Chdteau-Neuf sur Sarthe ; que Pouancé, qui possède des forges et des usines ; que le Liond'Angers, agréable par sa position et ses alentours, et que plusieurs autres bourgs et villes de l'arrondissement dont il est le chef-licu,
En suivant la pente de la Mayenne, Angers se présente sur le penchant d’une colline, un peu au-dessous du confluent de cette rivière et de la Sarthe. Ses toits couverts en ardoises, ses boulevards, les promenades du Champ-de-Mars et de la Turcie, la cathédrale gothique dont les deux clo-
‘une l’exit un uclle imur verse irui- Sol, | sur Jutre cupe ricapour ants, rdent aire, quielles l’une
chefvions aille, 121, ment habis de base chàpar sur iontres
chers en forme de flèches s’élancent dans les airs, l'antique château dont les dix-huit grosses tours forment une masse noirâtre imposante, lui donnent une apparence de beauté que son intérieur ne justifie point, Ses rues sont étroites, et des maisons en bois à côté d’autres construites aveo des blocs du schiste ardoisier employé pour les couvrir, lui donnent un aspect désagréable et triste. Cependant plusieurs de ces anciennes maisons sont remarquables par les sculptures qui les décorent. Quelques nouveaux quartiers qui bordent les boulevards sont bâtis avec goût; et les boulevards qui remplacent les anciens fossés, presque tous comblés, forment de belles et larges promenades. L’hôtel-de-ville, situé sur un de ces boulevards, est un édifice nouvellement construit. La cathédrale, dédiée à saint Maurice, est décorée d’un portail surmonté de trois flèches qui sont d’un très-bel effet ; la nef est large et sans bas-côtés ; son orgue est superbe, et ses vitraux sont beaux et bien conservés ; le maitre-autel, placé sous une sorte de dais orné de bronze doré, est soutenu par six belles colonnes en marbre. Sur le pont qui traverse la Mayenne, on voit encore le pilier qui servit longtemps de limites entre les possessions du roi de France et celles du roi d'Angleterre. Près de la rivière, la poissonnerie, ou le marché aux poissons, est une belle halle couverte et bâtie en pierres de taille, et sou-. tenue par des piliers en arcades. Le palais où siège la cour d’appel n'offre rien de remarquable; c'est un petit édifice moderne. Mais l'une des constructions les plus importantes est le dépôt de mendicité, qui se montre dans toute son étendue lorsqu'on entre à Angers en remontant le cours de la Mayenne.
La ville possède de nombreux établissements publics d'instruction et de charité, et une école impériale des arts et métiers. Elle était importante sous le nom de Juliomagus, avant la conquête des Romains, qui lui donnèrent ensuite celui d’Ændecavum. On croit que le château est l'ouvrage de saint Louis. Elle a vu naître Ménage, poëte bel-esprit que Molière a représenté sous le nom de Vadius, dans ses Femmes savantes, et le célèbre voyageur Bernier. La population d'Angers est de 46,599 habitants ; c’est la principale station du chemin de fer de Tours à Nantes,
Ce que ses environs offrent de plus curieux, ce sont ses ardoisières, qui occupent environ 3,000 ouvriers, et d’où l’on tire annuellement près de 80 millions d’ardoises.
Sur la rive droite de la Loire, à une lieue d'Angers, s’étend la ville des Ponts-de-Cé, peuplée de 3,800 âmes, et formée de deux communes réunies; on y voit, sur une longueur de près de 3 kilomètres, une suite de
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ponts et de chaussées qui franchissent les bras et les iles du fleuve, ct, près de l'embouchure de la Mayenne, les restes d’un camp romain qui occupen! une vaste superficie. Ingrande, près de la route de Nantes et sur le chemin de fer, possède une verrerie à boutcilles qui occupe #00 ouvriers. Chalonne, autre station du chemin de fer, où l’on compte près de 5,000 âmes, est située sur un sol riche en vignobles et près du confluent du Layon et de Ju Loire, vis-à-vis des îles de la Lombardière, dont les bosquets de verdure forment l’un des plus beaux paysages des bords de la Loire. On exploite une houillère dans ses environs.
Entre le fleuve et les limites méridionales du département, Beaupreuu chef-licu de sous-préfecture, joint à la richesse de son sol une indusiricuse activité; on y compte plusieurs fabriques de toiles, de tissus de laine, de teintureries et des tannerics. Près du village de Mont-Jean, on exploite des houillères considérables; dans celui de Tessouale, où remarque une belle blanchisserie de toile. Chemillé, ville de 4,800 àmes, s'enrichit par les différents genres de fabrication qui ont placé Cholet au nombre des cités les plus intéressantes pour le commerce français. Dans les guerres de la Vendée, cette dernière fut ruinée et perdit un très-beau château. Mais elle s'est relevée, s’est accrue, a doublé sa population, qui dépasse aujourd’hui 10,385 habitants, en donnant à ses manufactures de toile de lin, de mouchoirs de coton, de siamoise et de flanelle, le degré de perfection qui fait rechercher leurs produits.
Le cours inférieur de la Loire ne dément pas la réputation que s’est acquise ce fleuve, par la beauté des sites qui le bardent sur une vaste étendue. La route de Nantes offre des points de vuc délicieux, de jolis villages, des vallons pittoresques, des collines couvertes de vignes, de belles prairies, depuis le village de Montrelais, enrichi par ses houillères et par ses excellents vins blancs, jusqu’au delà du bourg d’Oudon, où deux chaines de collines s’élèvent de chaque côté des rives du fleuve. Mais bientôt l’aspect du pays change ; à des champs de la plus belle fertilité, succède un terrain qui, par ses fougères, son blé noir et ses b'nyères, rannolle le sol de la Bretagne. Enfin, avant de traverse: une j'uioc bien cultivée et longue de 2 licues, on aperçoit la cathédrale de Nantes.
Le département de la Loïre-Inférieuret, arrosé par un grand nombre
1 Contenances imposables. hectares hectares | Vignes, « .« . 0e + + + + + + + 20,34
Terrs: labourables, . . . . + + + 321,602 | Vergers, pépinières et jardins. ,. . . 10,985 Bees, pâtis, :ruyères,elc., etc, . . 129,32 | l’ropriétés bâties, . «+ . . , . . + 2.927 Faës. + 0 + + + © 0 + + + + 105,062 | Étangs, abreuvoirs, mares, canaux. . . 92,289
Bois, 4 + « , + + + + + . + « 393,076 | Cultures diverses, + . 4 . . « . 516
du fleuve, ct, près Main qui occupen!
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