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elle vend aux départements voisins son beurre et ses fromages dont les plus connus sont ceux de Gérardmer où Géromé. Les plus hautes montagnes du département sont le ballon d'Alsace, dans l'arrondissement de Remiremont, et le Dunon, dans cel” de Saint-Dié, Les cimes vosgiennes, couvertes de neige pendant une partie de l’année, étendent leur influence sur les différentes parties de ce territoire en raison de la distance qui les sépare de celles-ci. Du ballon de Saint-Maurice ou d’Alsace, qui, au sudest, forme la pointe du département, part une longue croupe séparant celui des Vosges de ceux de la Haute-Saône et du Haut-Rhin. La plupart de ces montagnes ne sont boisées que jusqu’à une certaine hauteur ; leurs sommets sont couverts de grandes pelouses où l’on conduit pâturer pendant six mois de l’année des troupeaux de vaches louées dans les villages pour ce temps; les gens qui se livrent à ce genre d’industrie descendent rarement dans la plaine : ils habitent des chälets et confectionnent des fromages qui ressemblent à celui de Gruyère. ;
Le prenier village que nous visiterons dans ce département est celui de Domremy-la-Pucelle ; il est silué au milieu d'une belle vallée embellie par les sinuosités de la Meuse. Près de l'église nous ne manquerons pas de visiter l'humble chaumière de l’héroïne qui sauva la France au XVe siècle.
À 3 lieues à l'ouest de Domremy, le bourg de Grand, qui renferme cinq fabriques considérables de clous, est bâti sur l’emplacement d’une ville antique : on y voit les restes d’un bel amphithéâtre. Au confluent du Mouzon et de la Meuse, la jolie petite ville de Neufchâteau, chef-lieu d’une sous-préfecture et patrie d’un homme qui tint un rang distingué parmi nos littérateurs et nos hommes d’État, est dominée de tous côtés par des montagnes. Mirecourt, autre chef-lieu, arrosé par le Madon, s’appelait, dans le latin du moyen âge, Mercurii Curlis; cependant on n’y a trouvé aucun vestige d’antiquité, Il est généralement mal bâli, mais ses environs sont jolis'et bien cultivés. On y compte plusieurs fabriques de dentelles, et l’on y confectionne une énorme quantité d’orgues, de : sérinettes et d'instruments à cordes. À Contrexeville, petit village entouré par les eaux du Vair qui se partagent en deux branches, il existe une source d’eaux minéra!es fréquentée par les personnes altaquées d’obstructions, ou affectées de la gravelle ; on en expédie chaque année un grand nombre de bouteilles pour Paris.
Ramberviller ou Rambervillers, centre d'une grande culture de noue
blon, ville industrieuse et riche, peuplée de 5,000 âmes, possédont une vu. 37
bibtiothèque publique de 40,000 volumes, et rénfcrmant une papeterie qui occupe 400 ouvriers, est la dernière que nous citerons dans la régiot basse du département des Vosges. Elle est la patrie du savant jésuite
” Serarius. Vers l'an 4125, Étienne de Bar, évêque de Metz, entoura cetté ville d’une murai!le dont il existe encore quelques restes,
La région montagneuse s’offre à nous: elle développe dans toute son étendue cette suite de sommets que leur forme arrondie et leurs pentes douces ont fait désigner sous le nom de ballons ; mais elle ne présenté point l'aspect qui la distingue du côté de l'Alsace, On n'y voit pas ces vieux châteaux qui reportent le voyageur aux différentes époques du moyen âge; sa beauté consiste en paysages constamment variés. Ellé renferme du fer, du cuivre, et surtout du plomb, disséminés par nids plus ou moins abondants. Ces métaux entretiennent de nombreuses usines mises en mouvement par. les ruisseaux qui sortent de la base de presqué tous ces monts. Les deux régions sont, chacune dans leur genre, égale mént productives : les plaines et les basses vallécs fournissent des récoltes suffisantes en céréales et un excédant de plus de 600,000 hectolitres
d'avoine sur le consommation du département. Il nourrit cependant deux.. fois plus de chevaux que le nombre moyen des autres circonscriptions
départementales, et une quantité d’autres bestiaux beaucoup plus considérable encore, à l'exception toutefois des bêtes à laine, qui y sont dix fois moins nombreuses que dans le reste de la France.
C’est au pied des Vosges que se trouve Epinal. De beaux sites l'en tourent et bordent les rives de la Moselle, dont le cours rapide montre une eau peu profonde et claire comme le cristal, coulant sur de gros caillaux que les torrents ont entraînés des montagnes. Cette rivière divisé la ville en deux parties inégalcs dans lesquelles on remarque plusieurs rues bien percées. L'hôtel de la préfecture est l’édifice le micux bâti; l'égise, d’une architecture gothique mêlée de partics du seizième siècle, est siluée vis-à-vis du tribunal, dont la construction est assez belle. A peu
+ de distance de là s’élève le théâtre. L'hôpital occupe une hauteur sur Îä droite de la Moselle. Épinal était autrefois fortifié: ses remparts sont détruits, et l’on n’y remarque plus que les ruines de son ancien château qui ornent une belle propriété particulière. Malgré sa faible population, celte ville renferme plusieurs établissements d'instruction publique, an musée de peinture, d'histoire naturelle et d’antiquités, et une bibliothèque de 17,000 volumes. La société d’émulation publie des mémoire êèt s’oc-
cupo de la statistique du département, Épinal doit être traversé par un
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Remiremont doit son origine à une ancienne abbaye de dames chanoinesses, dont l’abbesse jouissait de toutes les prérogatives attachées au, titre de prince souveruin, Le bâtiment de cette ancienne abbaye est le plus bel édifice de Remiremont, Aux environs de cette ville, celle de Ploms bières, célèbre pour ses caux minérales, doit son hôpital et sa superbe église au roi Stanislas. Les objets do quincaillerie qu'on y fabrique sont. . remarquables par leur fini, Ses papeteries ont aussi de la réputation, quoi-, qu'elles viennent après celles d’Archelles, où l’on a fabriqué celui qui a servi à la Description de l'Égypte. Le village de Bussang, situé près des sources de la Moselle, n’est pas moins célèbre par ses sources minérales froides, dont on expédie annuellement plus de 30,009 boutcilles dans toute la France, A une égale distance d'Épinal et de Remiremont, on admire près du-village de Tendon la plus belle cascade des Vosges : elle a. 40 mètres de hauteur,
La petile ville de Saënt-Dié ou Saint-Diey, chef-lieu de sous-préfecture ct siége d’un évêché dont l’érection nc date que d’une cinquantaine d’années, n'offre rien d’intéressant ; elle est régulièrement bâtie sur le bord de la Meurthe, et entourée d’une vieille muraille : c’est dans cet arrondissement que l’on fabrique le meilleur fromage des Vosges. De tous les bourgs ou villages qui se livrent à ce genre d'industrie, Gérardmer ou Géromé est le plus considérable : il compte plus de 5,795 habitants. Ses environs doivent être cités comme les plus pittoresques des Vosges. On y remarque plusieurs lacs, tels que le Lac-Blanc, le Lac-Noir, ceux de Longemer et de Relournemer ; mais le plus important est celui de Gérardmer : il a 36 hectares de superficie, et donne nuissance au ruisseau de la. Vologne, petit affluent de la Moselle, dont les environs sont charmants.
Le département de la Meurthe offre au premicr coup d'œil le même
‘ sol que celui des Vosges ; ses extrémités occidentale et orientale sont tra-
versées du sud au nord par les mêmes montagnes, mais elles y sont moins haules ; cependant, sous le rapport des produits, il en diffère essentielle
: Contenances imposables. ; | | Mère hectares | Oseraies, aulnaies, saussaies. rs 109
Terres labourables. . . + . « . + 313,6: | Cultures diverses, . . , . . . . , 53 Bois, + + + + + + + + + 116,209 Û
RE NE ES Re CEE CET Contenances non imposables, Vignes, , » e + + + 16,371 | Forêts, domaines non productifs, , , ,. 67,051.
Vergers, pépinières et jardins, + + 6.236 | Routes, chemins, places publiques,rues, 10,266 Lanies, pâtis, bruyères. . , . . . . 6,171 | Rivières, loc, ruisseaux, : , , . à 306 Étanss,abreuvoirs, mares, canaux, . . 3,447 | Cimetières, églises, presbytères, bâti-
Propriétés bâties... .« : + « + + + » 1,877 | ments publics, .. 971
292 LIVNE CENT QUATNE-VINGT-UNIÈME,
ment, Si, comme celui des Vosges, il produit plus de céréales qu'il n'en consomme, il est beaucoup plus riche en vins, en chevaux et en bêtes à laine, mais il possède moins de bêles à cornes et de forêts. Ce qui donne une grande importance à ce département, ce sont les masses de sel gemme qu’il possède et ses sources salées, les plus riches de France: celles-ci se trouvent dans le bassin de la Seille, affluent de la Moselle, Nous verrons aussi que l’industrie manufacturière y est très-développée. Une branche de fabrication qui mérite une mention particulière, c’est celle des broderies : elle occupe plus de 20,000 ouvrières.
Nous ne descendrons de la chaîne des Vosges qu'après avoir visité trois lieux importants par leur indus'rie : le premier est le village de Cirey, célèbre pour avoir été le séjour de la marquise du Châtelet et de Voltaire : il possède sur la rive droite de la Vezouze une belle manufacture de glaces, de verreries et de cristaux; le second est Saini-Quirin, où l’on voit un établissement semblable appartenant à la même compagnie : ce village, do 4,600 habitants, est situé au milieu de vastes forêts, entre la Sarre-Blanche et la Rouge-Eau; le troisième est Phalsbourg, petite ville forte, peuplée de 5,000 âmes, bâtie sur une montagne et renommée par ses liqueurs fines. Cette place est importante par sa situation à l'entrée du défilé des Vosges. Pour remédier à la rareté de l’eau, on y a construit une fontaine qui passe pour un chef-d'œuvre d’hydraulique. Ses casernes, et surtout son hôtel-de-ville et ses halles, sont seS principales constructions. Son nom allemand, Pfalsburg (Bourg-palatin), lui vient de ce qu’elle fut fondée en 4570 par Georges-Jean, comte palatin du Rhin. Ces différents lieux appartiennent à l'arrondissement de Sarrebourg, ancienne cité de la Gaule appelée Pons Saravi, parce qu’elle est située sur les bords de la Sarre : on y fabrique ces.ornements en pâte employés dans les intérieurs, ct ces pendules de la même matière qui imftent parfaitement le bronze doré. C’est une station du chemin de fer de Paris à Strasbourg.
La Seille doit probablement son nom aux terrains salifères qu’elle traverse : à sa sortie de l'étang de l’Itidre, que l’on pourrait considérer comme un lac, elle arrose Dieuze, ville de 4,000 âmes, importante par la saline qu’on y exploite depuis huit cents ams, cilé considérable sous les Romains qui l’appelaient Decem-Pagi. Marsal, autrefois place forte respectable, n’est plus, depuis le désastreux bombardement qu’elle éprouva en 1815, qu'un poste militaire bastionné qui renferme à pcine 4,000 habitants. Située dans une plaine marécageuse, elle est bâtie sur une assise en briques, ouvrage des Romains qui yavaientun camp. Hoyeuvic, démantelé par
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Louis XIV, subsiste par ses belles sources salées qui produisent annurllement 420,000 quintaux de sel, Sa population est de 4,500 àmes. Vic, deux fois plus peuplée, semblait devoir s’accroitre par l'exploitation de son important banc de sel; mais un étang souterrain ayant inondé les galeries, l'exploitation en a été abandonnée. Dieuze a profité de cet événement par l'ouverture de son nouveau puits. À quelques licues au nord de Vic, Chdleau-Salins, dans une charmante vallée sur le bord de la Petite-Seille, possède aussi des sources salifères.
Près de la petite ville de Zlamont, sur la Vezouze, ancienne résidence des princes de Sulm-Salm, la fontaine minérale de Lombrigny jouit de quelque réputation ; Badonvillers, arrosée par la Blette, possède une belle manufacture de poinçons et d’alênes qui rivalise avec celles de l'Allemagne; Baccarat, au pied d'une colline escarpée, sur le bord de la Meurthe et près d’une vaste forêt, tient une place honorable dans les annales de l’industrie française par sa fabrique de cristaux qui occupe plus de 700 ouvriers. À peine est-on sorti de cette petite ville de 3,500 âmes, pour se diriger vers Lunéville, qu’en jetant ses regards en arrière, on aperçoit les premières montagnes des Vosges qui bordent l'horizon. Cellg de Raon, la plus rapprochée, étend sa longue façade noire couverte de sapins.
Enfin, au milieu d’une belle plaine, la Vezouze traverse Lunéville, célèbre par le traité de 4804 entre la France et l’Autriche. Elle fut le berceau de Boufllers, de Monvel, et de Girardin, qui fit retentir la tribune de ses énergiques accents. Vers le milieu du dix-septiéme siècle c'était une petite place forte ; le duc Bbémpoid la rendit jolie et régulière. Le château, qui servait de résidence aux ducs de Lorraine et à la cour du roi Stanislas, est depuis longtemps eemwerti en un quartier de cavalerie. On remarqué aussi l’orangerie, qui peut servir de modèle pour tous les édifices de ce genre. Le grand manège couvert est un des glus beaux qui existent. L'église offre un portail surchargé de figures et d’ornements, surmonté de deux tours, dont l’une porte la statue de saint Michel terrassant le démon, et l'autre celle de saint Pierre. Le chemin de fer de Paris à Strasbourg passe à peu de distance au sud de celte ville; elle y a ume station.
La route de Lunéville à Nancy longe la forêt de Vitrimont qui borde la rive droite de la Meurthe ; sur la rive opposée, on aperçoit la petite ville de Rosière-aux-Salines, dont les sources salées sont abandonnées dépuis 1760 : le gouvernement y entretient un des plus beaux haras de France; on traverse Saint-Nicolas-du-Port, où la rivière commence à devenir
navigable, On remarque dans cette petite villo de 3,400 habitants, une belle église gothique, l’hôtel-de-ville, et Pabattoir publie nouvellement construit. Elle renferme six tanncries, des filatures hydrauliques de coton et de laine; on y fait toutes sortes de broderies, Nancy se présente ensuite avec ses rues larges, alignées ct presque désertes. Ses édifices sont da la plus grande beauté; ses places publiques sout vastes et ornées de belles fontaines, la place Royale est la plus remarquable; l'hôtel-de ville, l'un des plus beaux de France, vaste édifice qu renferme une galcrie de tableaux, en occupe l’un des huit côtés; en face s’élève un bel arc de triomphe, érigé par le roi de Pologne, Stanislas, à Louis XV ; l'évêché se trouve vis-à-vis le théâtre ; les autres parties sont parfaitement ep rapport avec ces belles constructions. On communique de la place Royale à la . promenade de la Pépinière, la plus belle de toutes celles de cette ville, Du centre de cetie place, arrosée par quatre fontaines en bronze, qui en garnissent les quatre petits côtés, l'œil mesure l’élendue de deux longucs rues tirées au cordeau qui aboutissent à deux des sept portes de la ville, bâties en arc de triomphe. La place Carrière, voisine de la précédente, est décorée d’une colonnade qui aboutit à l’ancien hôtel de l’intendance, avjourd’hui la préfecture. Les casernes et l'hôpital sont magnifiques; mais les temples ne répondent pas à ce luxe d'architecture. La cathédrale n’a rien: de remarquable qu’un portail à triple rang de colonnes, et qu’un maitreaulel qui produit un bel effet lorsqu’un rayon de lumière passe derrière la’ statue de la Vierge placée à l’exitrémité du chœur, La petite église de Bon. Secours, dans le faubourg Saiat-Picrre, renferme un chef-d'œuvre de Girardon : c’est le mausolée de Stanislas, à qui celte ville dait ses embel= lissements; il s’élève vis-à-vis de celui de Catherine Opalinska, son: épouse. Celle église, construite aussi par Stanislas, a remplacé celle de: Notre-Dame-de-Bon-Secours, que le duc do Lorraine, Rèné IT, fit bâtir. sur le champ de bataille même où l’armée de Charles le Téméraire fut battue.
Il faut voir dans la Vicille-Ville, qui conserve encore‘quelques restes d'anciennes murailles, le château gothique des ducs de Lorraine, aujourd'hui hôtel de la gendarmerie, et, tout près de cet édifice, la Chapelle. ronde, aujourd’hui la Chapelle ducale, restaurée en 1822 aux frais de la France et de l'Autriche, On entre d’abord dans une petite église gothique : où l’on voit à droite et à gauche les tombeaux de plusieurs princes de la. msisun de Lorraine, entre autres celui de René IT, qui, le 5 janvier 4477, remporta la victoire sur le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, dont :
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le corps fut trouvé près de Nancy, derrière l’élang de Saint-Jean, sur Ja place miême où s'élève une croix rustique en pierre. Près du chœur de Péglise est la chapelle restaurée ; élle est ronde, surmontée d'une coupole éclairée par des croisées en vitraux de couleur ; les ducs de Lorraine et les cendres de plusieurs de ces princes reposent dans éclte chapelle. Le qtartiér appelé la Vicille- Ville est encore tel qu’on le voyait à l’époque où le vertueux Stanislas, avéc un revenu de moins de 2 millions, entreprit de bâtit uhe cité nouvelle, qui, avec les constructions qu’il fit faire à Lunéville, et les Sommes qu’il emploÿa pour fonder un grand nombre d'écoles et d’autres établissements utiles, prouva ce que peut faire une administroflon sage, éclairée et économe: C’est à ce prince que Nancy doit son académie des sciences et des lettres, un musée considérable, une superba bibliothèque publique de 26,000 volumes, et un jardin botaniaue dans lequel on-compte plus de #,000 plantes.
Nancy est renommée pour sa broderie sur les étoffes les plus légéres, le fabrication des draps ct l’art de filer le coton. Le canal de la Marne au Rhin, et le chemin de fer de Paris à Strasbourg, dont elle est une importante station, l'éléveront bientôt, sans doute, au rang de nos principales Villes manufacturières. Ses habitants se’ distingueront par icur amour pour {és arts et les lettres ; ils n’oublieront point que Callot, qui prouva que son patriotisme égalait son talent; que Claude Gelée, dit le Lorrain, que Charles François, inventeur de la gravure en dessin, que le bénédic« tin dom Calmet, que madame de Graffigny, que Palissot, que Saint-Lambert, que d’autres personnages vivants, non moins célèbres, sont nés à Nancy.
‘ A ® lieues au-dessous de cette ville de 45,009 âmes, la Meurthe : s’unit à Ja Mosélle, ét cette dernière traverse Pont-d-Mousson, neuplée de 8,000 habitunts, et située au pied d’une montagne, dans un vallon entouré de coteaux fertiles. Divisée en deux parties qui communiquent par un poni, pavéé de cailloux arrondis, mais incommodes, elle renferme quelques jolies maisons et quelques rucs alignées. Sur sa grande placé, entourée d’arcades, on remarque l’hôtel-de-ville, et, sur la rive droite de la Moselle, la principale église, dont les deux tours ressemblent à deux couronnes, et celle du séminaire, dont le portail est surchargé d’ornements de mauvais goût. L'industrie de celte ville consiste en fabriques de poteries coms munes et de sucre de betteraves. C’est une station de l’embranchement de Metz à Nancy. ,
Toul, station du chemin de fer de Paris à Strasbourg, est du petit
nombre de villes dont le nom s’est à peine altéré depuis dix-huit siècles; elle s’appclait Tullum, lorsque sous César elle était la capitale des Leuci. La Moselle baigne ses murs; ses monuments sont peu'dignes de fixer l’attention. Sa principale église, autrefois siége d’un évêché, est:bâtie dans le style gothique, mais sans ornements et sans majesté; le portail seul en est estimé; elle est ornée de deux tours dans le genre de celles de Pontà-Mousson, c’est-à-dire tronquées et couronnées de festons.
Le département d2 la Haute-Marne 1 est important par son industrie, ses champs, ses vignes el ses bois. Son sol, inégal ct montueux, est, en mines de fer, l’un des plus riches de l'empire ; il possède 225 établissements où l’on prépare la fonte et le fer, sans'compter les usines où l’on convertit celui-ci en divers usteñsiles. Il est un des plus fertiles en céréales et en avoine, et l’un de ceux qui nourrissent le plus de chevaux et de bestiaux ; s'il possédait plus de moyens de communication, l’activité de ses habitants le placerait au rang des plus productifs et des plus peunés. La coutellerie oëcupe un grand nombre de bras dans les villages des environs de Langres et de Nogent-le-Roi; à Saint-Dizier, on construit beaucoup de seaux de bois et de bateaux. C’est de ce département que partent chaque année ces chanteurs qui vont dans les foires et dans toute la France étaler des tableaux de dévotion et chanter des complaintes.
Sur le versant oriental du plateau de Langres, Bourbonne-les-Bains est bêtie en pente, au conflueut du rüisseau de la Borne et de la petite rivière de l’Apance. La ville est assez jolie, possède de belles promenades, et ne compte que #,000 âmes; mais ce qui lui donne de l’intérêt et la rend importante, c’est son magnifique établissement d’eaux minérales, c’est son vaste hôpital militaire contenant plus de 500 lits. La température de ses sources varie entre 38 et 58 degrés du thermomètre centigrade ; on ne peut y tenir le doigt, et cependant on les boit sans se brüler. Ces eaux, qui conviennent aux maladies nerveuses, et qui sont un spécifique souverain contre la paralysie et les blessures d'armes à feu, étaient estimées des Romains; l'établissement qu'ils y avaient formé portait le nom d’Aquæ Borvonis.
L Contenances imposables. lé : hectares hectares Étangs, abreuvoirs, mares, canaux, , . 6
Terres labourables. 335,614 Oseraies, aulnaies, saussaies, ‘ Le Contenances non impusables.
97,970 Forêts, domaines non productifs, . , .
: 13,136 Routes, chemins, places publiques, rues. Vergers, pépinières et jardins. . . . 3857 Rivières lacs, ruisseaux, Cultures diverses. - 2,693 Cimetières, eglises, presbytères, bâti- Propriétes bâties, 1,502; ments pabiics, , + , : + + + « «
t siècles:
les Leuci.
fixer l’atbâtie dans ail seul en ; de Pont-
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Bains est tite rivière ades, et ne et la rend ales, c’est bérature de ode ; on ne Ces eaux, que Souvestimées des om d’Aquæ
hectares
EUROPE, « DESCRIPTION DE LA FRANCE. at
C'est dansune vallée située à 4 lieues à l’est de cette ville, que la Meuse. prend sa source. Deux autres petites vallées au sud de celle-ci sont arros: sées par deux ruisseaux dont la réunion forme la Marne, qui traverse le département du sud au nord. Non loin des lieux qui*la voient neilre; Luñgres es, située sur un des plateaux les plus élevés de la France; c'est à-dire à #44 mètres au-dessus du niveau de la mer. La qualité dé sa coutellerie, dont elle fait des expéditions considérables dans toute l'Europe; l’activité de son commerce de pelleterie avec la Suisse, lui donnent: quelque importance commerciale. Elle est entourée de vieilles murailles flanquées de tours; sa cathédrale est un beau monument du moyen âge. Sa bibliothèque publique est considérable. Elle possède une salle de spec-. tacle, unejoliepromenade etplusieurs établissements publics d'instruction, : cependant elle est triste, ses rues sont désertes et mal bâties, Elle est bien: loin d’avoir l’importance dont elle jouissait sous les empereurs romains ;: antique cité des Gaulcs, son nom primitif était Andomalunum; les Romains: lui donnèrent celui de Lingones, par lèquel ils désignuient le peuple de: son territoire. On y voit encore quelques ruines d’arcs de triomphe, Elle: doit être traversée par l’embranchemert qui unira la ligne de Strasbourg à celle ‘}.:0n à Mulhouse. Langres est la patrie de l’encyclopédiste. Diderot. : av
Nogent-le-Roi, bourg de 3,100 âmes, partage avec Langres la fabric tion de la coutellerie; la petite ville de Bourmont livrée à lamême industrie, ne renferme que 4,200 habitants et possède cependant une bibliothèque. publique. Nous sommes dans l'arrondissement de Chaumont, jolie cité bâtie sur le penchant d’une colline au bord de la Marne. C’étuit autrefois la capitale du pays de Bassigny ; Louis XIE la fortifia ; en 4844, la Russie. PAutriche et la Prusse y eonclurent un traité d’alliance contre Napoléon. depuis 1821 ses anciennes murailles ont été réparées : elle est maintenant. rangée parmi nos places de gucrre. Chef-lieu de préfecture, elle possède plusieurs établissements de bienfaisance et d'instruction pour ainsi dire indispensables, Un édifice remarquable par l’éléganceest son hôlel-de-villez le portail de l’église de son collège, et l’hôpital sont dignes de fixer l’attention. Ses hommes célèbres sont le sculpteur Bouchardon et le jésuite
Lemoine. £lle doit avoir une station du chemin de fer de Troyes à Gray. Les sinuosités de la Marne, que côtoiera le chemin de fer, nous cotiduis
sent à Joinville, où l’on voitencore le château dans lequel naquirent l’histô:
rienet le compagnon de saint Louis et le fameux cardinal de Lorraine, Cette
pelile ville renferme 3,500 âmes, À quelques lieues de la Marne, Vassy L'ATTA % :
rappelleletriste massacie qui donnale signal.des guerres dites dereligion. Ses environs sont couverts de forges etd’usines. À-l'extrémité septentrionale du département, Saiu(-Disier, ville agréubiement située, pien bâtie, cntouréedepromehades, est importante par sonindustrieet son commerce. On y voit un joli hôtel-de-ville nouvellement bâti, sur une place où s’élève un marché couvert, soulenu par des colonnes en pierre. Elle est peuplée de 7,500 individus : deux fois, dans l’espace de deux mois, en 4844, les armées coalisées ent battues sous ses murs par les Français.
Le département de l'Aube compense par l’étendue de ses routes.et par l'importance de ses voies navigables, la pauvreté de son sol. La Seineet l'Aube l’arrosent du sud-est au nord-ouest; un chemin de fer et les grandes routes de Dijon, de Béfort, de Sens, de Chälons-sur-Marne et de Paris le traversent. La surface du terrain, formée de grands plateaux decraie légè. rementondulés, se partage en deux régisus. Celle du nord-ouest, composée de plaines et de collines, couvertes d’une légère couche de terre alluvicle, est peu productive : l’avoine, le seigle et le sarrasin sont les seuls végétaux qui y réussissent; encore y sont-ils chétifs, el n’engr‘ent-ils parle culivateur à défricher de grands espaces pour les consacrer à ce geure de culture. Cette région, dépuuillée d’arbres, mérite sous tous les rapports le nom de Champayne pouilleuse : l'habitant y est aussi pauvre que le sol. La région du sud-est est, sous le point de vue géologique, à peu près dela même nature que la précédente ; mais la craie y est partout revêtue d’unépais dépôt d’alluvions terreuses doué d’une grande fertilité, qui exiga, dans certains cantons, jusqu’à douze chevaux pour y traîner une Charrue. La richesse de ces terrains fait une heureuse diversion à la stérilité des autres : on y élève des bestiaux, des volailles et des abeilles ; cependant ja Champagne pouilleuse pourrait, nous en sommes convaincu, être productive, si l'on avait soin d'y maltiplier les arbres verts et résineux qui ne demandent point une grande épaisseur de terre. La population de ce département est au-dessous du terme moyen de la France, mais sa richesse en céréales est trois fois plus considérable ; la quantité de pommes de terre que l’on y récolte est surtout énorme. El produit d'excellents vins dont il exporte
hectares
1 Contenances imposables. 1,951
hectares | Gseraies, aulnaies, saussaies.
393 5it Conaux de navigation. EST
79,653 | Contenances non imposables.
37,430 Routes, chemins, places pubiques, rues, 22,908 : Foréis, domaines nou productits
Landes, pâtis, bruyères. . . + . . 22,061 Rivieres, laus, ruisseaux,
Vergers. pépinières et ja dins. . . . 3,868 Cimetières, eghses, presbytères, bâti-
Etangs, abreuvoirs, mares, canaus. , , 2,278] mentspublics. ....
lereligion.
séptentriobien bâtie, commerce.
> où s'élève 2st peuplée n 41814, les À
Jutes.et par La Seineet t les granet de Paris > craie légè- |, Composée
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EUROPE. — DESCRIPTION DE LA FRANCE. 20ÿ
les deux tiers; il'est abondant en chevaux, mais pauvre en bêtes à cornes et à iaine. Ses manufactures et son commerce ne sont pas sans importance : Ja craie, exploitée et façgonnée sous le nom de blanc d'Espagne, la fabrication du coton et des draps, diverses espèces de Charcuteries renommées, sont les branches d'industrie qu’on y exploite avec le plus desuccès.
Le bourg de Clairvaux, sur la rive gauche do l’Aube, était célèbre autrefois par l’une des plus belles et dés plus riches abbayes de France, fondée en 114145 par Hugues, comte de Troyes, et Étienne, abbé de Citeaux. On y voyait la cuve de saint Bernard qui en fut le premier abbé, et dont la contenance était de.800 tonneaux. Les bâtiments de ce couvent ont été convertis en une maison centrale de détention, dans laquelle on fabrique des draps, des couvertures, des percales et des cotons filés. Bar-sur-Aube, future station du chemin de fer de Troyes à Chaumont ct à Gray, petite ville près de laquelle un combat sanglant se livraen 1814 entre les Français et les armées coalisées , a, dans les débris de ses épaisses murailles, les témoins des ravages qu’y produisirent les hordes d’Attila. A peu de distance de la rive droite de l’Aube, Brienne se divise en deux parties séparées par un espace de mille pas : l’une est Briennela- Ville ou la Vieille;'et l’autre Brienne-le-Châlean. La première cest au bord de la rivière, et la seconde sur la pente d’une évinence artificielle que domine un beau Château construit par les soins du ministre Loménie de-Brienne pour une école militaire. Cette école a co: pté parmi ses éleves Napoléon Bonaparte. La ville qui fut prise et reprise en janvier 18184, par les étrangers et par les Français, a beaucoup souffert: sa population s'élève à peine à 3,000 âmes.
* Bar:sur-Seine, moins peuplée que Bar-sur-Aube et mieux bâtie, passède de jolies promenades et un beau pont en picrre. La ville des Riceys, renfermant 3,558 âmes, est formée de la réunion de trois bourgs appelés Bicey haut, Ricey bas et Ricey haute rive, fondés par une ancienne peuplade de Bois au temps de Jules César ; son territoire fournit annuellement 10,000 pièces d'excellents vins recherchés en Belgique et dans d’autres contrées du Nord.
Au milicu d’une plaine vaste et médiocrement fertile, Troyes, l’ancienne capitale de la Champagne, est précédée par de longs faubourgs et arrosée par la Seine qui l’entoure en partie et qui s’y divise en plusieurs bras, au moyen de canaux construits au dou7ième siècle par le comte Thibaud EV, à qui elle dut son industrie et les institutions qui en assu-
DR Sao éme ANSE far e ar
rent la prospérité, Quelques rues larges, mais mal alignées, un grand nombre de maisons en bois font classer Troyes parmi nos villes mal bàties; cependgnt plusieurs de.ses édifices sont remarquables : sa vaste cathédrale mérite d’être citée pour la beauté de son architecture gothique,. pour la richesse de son portail et la hardiesse {le ses voûtes; elle fut fondée en 872, ruinée par les Normands en 898, rebâtie dans le siècle sy''ant, consumée, en 4188 .par un incendie qui détruisit toute la ville, reconstruiie au commencement du treizième siècle et terminée seulement au scizième, De ses ci autres églises, celle de Saint-Urbaip est un modèle d'élégance et de gèreté, et celle de la Madelcine est citée pour la bgauté du jubé. La façade de l’hôtel-de-ville fait honneur à Mansart ; la bibliothèque publique, qui renferme 50,000 volumes et #,000 manuscrits, doit être compte au nombre des plus riches de France. Une belle promenade, appelée le Mail, entoure la ville. Troyes possède un musée ct un cabinet d'histoire naturelle et d’antiques, un collège communal, une école normale primaire, une école gratuite de dessin et d'architecture, et une école de chant; des .rofesseurs y font chaque année des cours de chimie et de géométrie appliquées aux arts. Sa société d'agriculture s’occupe aussi de sciences, d’arts et de belles-lettres. Cette ville est fort ancienne, elle se nommait autrefois Trecæ; sous Auguste elle prit le nom d'Auguslobona ; elle fut sauvée lors de l'invasion d’Attila,.grâcc à l’intervention de saint Loup, son.évêque. Au moyen âge, elle fut la capitale et la résidence des comtes de Champagne; et jusqu’en 1814, époque à laquelle elle résista à l'invasion étrangère, elle tient une honorable place dans notre histoire, Parmi les hommes célèbres nés à Troyes, le pape Urbain IV, fils d'un savetier, et instituteur de la fête du Saint-Sacrement; le littérateur Passerat, l’un des auteurs de la satire Ménippée ; l'historien Juvénal des Ürsins, le sculpteur Cirardon ct le peintre Mignard sont en première ligne, De nombreuses tilatures de laine et de coton; de belles blanchisseries de bas ct de toiles ; des huilerics et des tanneries, sont ses principaux établissements d'industrie. Elle a un embranchement de chemin de fer sur la ligne de Lyon, Sa gare est à 479 kilomètres de celle de Paris, et cet embranchement doit être continué jusqu’à Chaumont et Gray. L'un des licux les plus intéressants de ses environs est le bourg de Piney ou Piney-Luxembourg, qui occupe plus de 420 ouvriers à la fabrication des cordes en tilleul pour les puits. | … Arcis-sur-Aube, enrichie par ses filatures, a réparé les désastres que lui fit éprouver, en 4814, l'invasion étrangère. À 2 lieues au-dessus du con
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fluent de l’Aube et de la Seine, le bourg de Romilly, où l'on fabrique des aiguilles et de la bonneterie, occupe, sur la rive gauche du flenve, la longucur d’une lieue ; autrefois, dañs ses environs, on voyait l’abbaye de Sclliére, où le corps de Voltaire fut inhumé en 4778. La jolie petite ville ‘de Nogent-sur-Seine, où l'on reconnait encore les traces de l'invasion de 48184, se présente agréablement sur ce fleuve, qu’elle garnit Ge jardins et de maisons gracicuscs. À peu de distance de ce chef-lieu d'arrondisse-
* ment, on conserve quelques restes 4u monastère fondé par Abuilard sous le nom de Paraclel.
Au nord du département de l'Aube, celui de {a Marne! offre un sol analogue, mais plus riche : les deux ticrs de sa superficie se composent de yastes plaicaux de craie supportant une couche terreuse et quelquefois sablonneuse, dont les produits en céréales sont considérables, et dont les récoltes en vins fins sont de la plus haute importance, On distingue ceuxcien deux grandes classes : les vins de rivière et les vins de mon/agne, selon que les vignobles qui les produisent sont situës sur les bords de la Marne ou à quelque distance dans les terres. La quantité de vins que l’on y récolte chaque année est évaluée à 422,00 hectolitres. Le nombre de ses hôtes à laine surpasse celui de Ja plupa, . de nos départements agricoles, et entretient ses importantes manufactures de tissus. Le cours de la Marne et seize grandes routes royales el départementales y favorisent l’industrie commerciale.
Sur la rivière de l'Orne, l’ancienne ville de Vitry, aujourd’hui le village de Vitry-le-Brûlé, station du chemin de fer de Paris à Strasbourg, rappelle l'acte de cruauté que le roi Louis VIT voulut expier dans sa croisade de 41147. Au scizième siècle, de nouveaux désastres confirmèrent le triste surnom que cette ville avait » .quis, elle fut incendiée par les troupes de Jean de Luxembourg, et enfin ruinée complétement par Charles-Quint. Ce fut alors que François Ter conçut le projet de la rebâtir. Pour la rendre florissante, il établit sur le bord de la Marne et lui donna son nom, ce qui prouve qu’on doit appeler Vitry-le-François, et non pas le Français, à moins qu’on ne préfère le nom de Vélry-sur-Marne. Dans l’origine, elle
1 Contenances imposables. | hectares hectares : Etangs, abreuv., canaux d'irrige, mares. 616 Terres lahourables. . « . + à « « 35.614 Ostraies, auluaires,saussaies, , , , + 115 po RU RES DU EE Contenances non imposables.
Landes, pâtis, bruyères, « , « + , + 27,970 | Forêts, domaines non productifs. . . . 17,944 Wiunes. . . . . . . . . + + 13,116 | Routes, chemins, places publiques, rues. 9,593 Vergers, pépinières et jardins. , + , . 3,897 | Rivièies, lacs ruisseaux, . , , + + . ,
Gulures diverses, + . , « . 2,693 | Cimeuères, églises, presbytères, bâti- Propriétés bâties. + + + + + + + + 1592] ments publics.
était destinée à étre fortifiée, mais elle est seulement entouréc d’un rempart de terre et d’un fossé. C’est une jolie ville bâtie en bois, dont les maisons sont élégantes et les rues larges et alignées, On y trouve une salle ‘de spectacle, une riche bibliothèque et une belle halle.
La route de Vitry à Sézanne traverse des grandes plaines d’une triste monotonie, qui n’offrent quelque intérêt que par les souvenirs de la lutte inégale des armées françaises et étrangères en 1814 : la petite ville de Fère-Champenoise est une de celles qui eurent le plus à souffrir. Sézanne, jadis très-forte et plus considérable qu’aujourd’hui, compte environ 4,431 habitants. Prise d'assaut par le comte de Salisbury, détruite par les protestants sous Charles IX, consumée en 4632 par un incendie, elle doit son principal commerce aux produits de l’agriculture. Mon/mirail ou Montmireil est sur l’une des deux routes de Paris à Châlons. Patrie du cardinal de Retz, ville de 2,570 habitants, située sur une petite éminence, élle est célèbre par la victoire que Napoléon y remporta le 47 février 48484, sur les armées russe et prussienne.
En passant à Épernay, bâti dans un petit vallon sur la rive gauche de la Marne, et importante station du chemin de fer de Strasbourg, dont la gare est à 442 kilomètres de celle de Paris, on remarque près de la promenade une porte formée de deux tourelles, seuls restes des fortifications qui la défendaient lorsque Henri IV s’en rendit maître après avoir vu enlever par un boulet le duc de Biron, sur lequel il était appuyé. La ville est jolie et possède une petite salle de spectacle, une bibliothèque de 40,000 volumes, un collége communal, une école de géométrie pratique et une de dessin. On y voit une église nouvellement construite, qui remplace l’ancienne du quinzième siècle dont on n’a conservé que la porte. C’est dans le faubourg que l’on traverse en remontant la Marne, que se trouvent les fameuses caves si vastes et si profondes, taillées en labyrinthe dans la craie. Épernay fait un grand commerce de poterie à l’épreuve du feu, connue sous le nom de terre de Champagne, que l’on fabrique dans ses environs : il s’en exporte 500,000 kilogrammes par an, Elle s’enrichit prineipalement par la vente de ses vins blancs et rouges. Ces dernicrs se récoltent sur la rive gauche de la Marne, dans les environs de la petite et ancienne ville des Vertus; le village de Perry et le bourg d’Avize fournissent des vins blarics mousseux ; mais c’est sur la rive opposée que se trouvent les coteaux les plus estimés : c’est là que l’on voit s’élever en amphithéâtre 4ÿ, bourg de 2,500 habitants, si célèbre par ses vignes; Mareuil, dont les vins blancs rivalisent avec ceux du précédent ; sur le
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gauche, Cumières et Hautvillers, dont les noms sont moins classiques chez les gourmets. On ne peut se lasser d'admirer cette suite de villages si peuplés, et ces riches coteaux couronnés dans toute leur étendue par la forèt de Reims.
La route qui borde la rive gauche de la Marne est embellie par les sites variés qui se succèdent sur la rive opposée, depuis Épernay jusqu’à Chdlons-sur-Marne, importante station du chemin de fer de Strasbourg, dont la gare est à 472 kilomètres de celle de Paris. Ce nom, que l'on écrivait autrefois Chaalons, dérive de celui de Catalaunum que portait cette ville du temps d’Ammien Marcellin qui en fait l'éloge : c'était la cité des Ca/alauni; dans l’Ilinéraire d’Antonin, elle est appelée Duro Calalauni. Elle est bâtie au milieu de prairies entre deux plaines : c’est dans la plus considérable que l’empereur Aurélien défit Tetricus, qui s’était fait proclamer empereur dans les Gaules. Le cours de la Marne et l'importance des six routes qui traversent la ville rendent sa position avantageuse pour le commerce. Elle est entourée de murailles ct de fossés ; la plupart de ses maisons sont en bois; mais comme ses principales rues sont propres el droites, elle offre un coup d’œil assez agréable. L’hôtel-de-ville présente une jolie façade, formée d’un péristyle de quairc co.onnes garni de deux lions de chaque côté ; l’école impériale des arts et méticrs et l’hôtel de la préfecture sont construits avec une élégante simplicité; la cathédrale, dont les deux tours en pyramides à jour sont d’un style un peu lourd, n’est cependant pas sans mérite. Ce qui la dépare, c’est son portail d’architecture grecque qui date du seizième siècle. Châlons a une salle de spectacle, un jardin botanique renfermant 45,000 plantes, un cabinet d'histoire naturelle et une bibliothèque de 20,000 volumes. Sa société départementale d’agriculture, commerce, sciences et arts distribue chaque année des prix de statistique. Le célèbre astronome Lacaille, David Blondel et le littérateur Perrot d’Ablancourt ont reçu le jour dans cctte ville. A sa sortie par la route de Strasbourg, on peut juger de la beauté de sa promenade du Jard justement vantée : les allées en sont magnifiques.
A 2 lieues plus loin sur cette route, on admire l’élégante architecture gothique de l’église du village de l’Épine ou de Notre Dame-de-l’Épine, bâtie pour l’accomplissement d’un vœu de Louis X!1. Bientôt c aperçoit sur la droite le long village de Courtlisols ou Courlisou, qui compte 2 lieues de l’une à l’autre de ses extrémités, et qui a longlemps divisé l'opiniou des savants relativement à son origine. [l est formé de deux rues parallèles composées d’habitations séparées par des plantations; trois
paroisses le divisent : celle de Saint-Julien, celle de Saint-Mamtnle et cellé : de Saint-Martin. Sa population est de 2,000 âmes. Ce que ce village offré de particulier, c’est que les habitants se servent entre eux d'un lingage inconnu aux villages voisins, et pratiquent des cérémonies inusitées dans : les environs, mais empreintes d’un caractère antique,
Bientôt passent sous nos yeux le fameux camp de la Lune et lé village de Valmy, où le roi de Prusse, le 20 septembre 4792, fut défait par unè armée de volontaires sous les ordres de Kellermann,
Enfin nous arrivons à Sain!e: Menehould, ville bâtie en pierres cet en briques avec beaucoup de régularité. Son hôtel de-ville est d’une coné struction élégante; entourée par la rivière de l'Aisne, clle était jadis for titiée, C’est la première place dont Louis XEV ait fait le.siége : il ft son entrée par la brèche. C’est en la traversant que Louis XVI fuyant aveë sa famille fut reconnu, ce qui causa leur arrestution à Varennes.
Une ville importante par sa population et son industrie, intéréssanté par son antiquité, ses souvenirs historiques et ses monuments, nous resté encore à visiler : c'est celle de Reims, que l’on écrivait autrefois Meïns. ‘ Les Remi, dont elle était la capitle, l'appelaient Durocortum, et les géo graphes anciens Durocorlorum et Durocorlora, jusqu'à ce qu'elle cut pris: le nom de Remi, Au temps d’Adricn, élle était célèbre par ses écoles; elle renfermait des monuments dont il reste encorc des ruines où des trudfs : tions, :
La plupart des rues de Reims Sont belles et bion alignées $ dans la plus : ancientie. oh voit cucore des maisons du moyen âge, et d’un style plus ot moins remarquable. Parmi ses monuments, nous citcrons : un bel hôtelé dieu et la cathédrale, édifice gothique du petit nombre de ceux qui ont été” achevés. Son portail, surchargé de plus de 500 figures, est temarquablé par sa forme pyramidale, et son intérieur majestueux est orné de magnis fiques vitraux. Sa fondation remonte à Pan 4211, mais son achèvement n’eut lieu que vers la fin du quinzième siècle. C'était dans son enceltité que j’on sacrait les rois. L'église de Saint-Remy, beiucoup plus anciente, est célèbre par le tombeau de cet évêque, l'un des bienfaitcurs de Rois. Ce monument a plusieurs fois été remplacé : dans Porigine il fut fondé, au neuvième siècle, par Parchevèque fincmar; au douzième il fut recon struit; en 4531 on lui en substitua un nouveau; en 4793 il fut compris dans la destruction à laquelle furent exposés tous les monuments religieux; mais en 1803 on en rassembla les différentes parlies, et sa restatte ration fut complète ; il est surmonté d’un groupe représentant le baptémé
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EUROPE, = DESCIRIPIION DE LA FRANCE. 30ÿ
de Clovis. Par un anachronisme assez fréquent dans les monuments du moyen âge, ce roi y est représenté avec les douze pairs de France. L'hôtelde-ville mérite également d'être cité; son intérieur renferme une bibliothèque, composéc de 25,000 volumes et de 4,000 manuscrits. Parmi les plus précieux de ces manuscrits, il en est un qui mérite l’atlention : c’est celui du serment des rois de France, c’est-à-dire sur lequel ils prètaient serment le jour de leur sacre. Reims possède un musée, un jardin botanique ct plusieurs établissements d'instruction que l’on n’a pas jugé à propos de former à Châlons : ainsi on y trouve un lycée impérial, une école normale primaire, une école secondaire de médecine. Reims est entourée de fossés et d’une muraille flanquée de vicilles tours, et ombragée par une allée d’arbres intérieure, tandis qu'une belle promenade exttrieure borde les fossés, excepté près des bords marécageux de la Vesle, qui la baigne au sud. Privée d’eau potable par la nature de son sol, elle doit au zèle philañthropique du chanoine Godinot une machine qu'il fit construire à ses frais, et qui distribue l'eau de la petite rivière dans tous les quartiers. Après ce respectable citoyen, nous citcrons parmi ses hommes célèbres Colbert, l'abbé Pluche et le littérateur Linguet, Reims ne s'enrichit pas seulement par le commerce des vins que l’on récolte dans ses environs : elle fabrique toutes sortes d’éloffes de laine, depuis les châles, qui rivalisent avec les plus beaux tissus de l'Orient, jusqu'aux flanelles et aux camelots. Un embranchement particulier qui part d’Épernay la met en communication avec le chemin de fer de Strasbourg. Cet embranchement doit rejoindre Laon et aller se souder, près de Saint- Quentin, à la ligne qui dessert cette ville manufacturière. La gare de Reims est à 472 kilomètres de celle de Paris.
Une région entièrement couverte de forêts, alors que les besoins de l'homme civilisé n°y avaient point encore porté la hache; une région que les Celtes nommaient Ard, parce qu’elle offrait, comme aujourd'hui, une chaine de montagnes qui semblent d'autant plus élevées que leurs crêtes sont décharnées et leurs pentes assez rapides, forme en grande partie le territoire du département des Ardennes 1. On croit cependant que cette
1 Contenances imposables. hectares
Marié Étangs, abreuv., mares, canaux d'irrigat. 497 T b bl 314 223 Oseraies, aulnaies, saussaies. . . . . 48) Et labourables, + « + - + «+ + 05,461 Canoux de navigation, , + . . , . 98 Prés, KR PEN D RE 48,190 Contenances non trposables. Landes, pâtis, bruyêres. . + + . . + 10,821 | Forêts, domaines non productifs. . + «+ 20,876 Vergers, pépinières et jardins. . . + 9,802 Routes, chemins, places publiques,rues., 10,003 Vignes, 4 + . «+ + + + + + 1,725 | Rivières, lacs, ruisseaux. . , . . . . 92,72 Propriétés bâties. + + 4 + + + + + 1,392 | Cimetières, églises, presbylères, bâti- Cultures diverses. + + + :+ «+ + PT 836, ments publics, . . . . . . . . 119
Val.
contrée dut son nom à une déesse Ardeiana, la Diane des anciens Belges, à laquelle elle était consacrée. On peut choisir entre ces dèux étymologies ou tes admettre l'une et l'autre, Les Romains l'appeloient Arduena- Silva, mais aujourd'hui l'antique forêt des Ardennes n'oceupe plus en France qu'une étendue d'environ 456,000 hectares, Le: département auquel elle appartient est cependant l’un des plus boisész.l'exportation des bois est l’un des principaux moyens-d'échange qu'il emplote-pour s'approvisionner d'avoine, dont il ne produit qu'une’trés-faible quautité, et de vin dont il est presque entièrement dépourvu; le reste de ses Lois alimente des usines. On y exploite beaucoup de for, quelques {ilons de plomb, et surtout une grande quantité d’ardoises. La Mevsétet l'Aisne sont ses principales rivières; il possède une moins grande étendue de routes que les autres régions de la France, et tout porte à croire que si
. ses moyens de communication étaient plus multipliés, su population due trieuse serait plus considérable.
Ce département est un des moins riches en établissements d'instruction’ et en collections utiles. t"
Nous ne nous arréterons point à Vouziers, petit chef-lieu de soberb fecture, où rien ne peut attirer notre altention; il est situé.sur. a rive: gaucho de l'Aisne qui arrose ensuite A{{igny. Celte dernière ville, peuplée” de 4,500 habitants, était affectionnée par nos rois de la première et de la seconde race, qui en avaient fail leur résidence d'été, La même rivière coule au pied de Rethel, qui occupe sur uñe montagne l'emplacement d’un fort que les Romains appelaient Castrum Releclum. Cette ville, dont les rues généralement en pente rapide sont assez larges et régulières, mais garnies de maisons en bois, fabrique des flanelles, des draps et des cachemires. Elle est destinée à avoir une station du chemin de fer projeté de Reims à Mézières. C’est à CAdleau-Porcien que l'Aisne commence à devenir : navigable,
Couvert de villages industrieux, le territoire de Sedan se console du pou de fertilité de son sol par le nombre ses manufactures, L'origine de celte viile parait être, comme celle de Rethel, un château-fort, Charles : le Chauve s’en empara en 880. Elle avait acquis de l’importance lorsque érigée en principauté elle appartint aux archevêques de Reims, Elle passa ensuite dans la maison de La Marck, puis dans celle de La Tour d'Auvergne, qui la céda, en 4642, à Louis XI, contre les duchès d’Albret ct de Château-Thierry, et le comté d'Evreux. Elle était déjà connue pour ses tissus de laine, mais en devenant française elle perdit avec la franchise de
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x. EUROPE. & DESCRIPTION DE LA FRANCE. 307
sa commühe Une porlio. de son industrie; cependant Colbert releva ses fabriqués.ent ÿ faisant confectionner en grande quantité un drap légor que Louis XIV äffecta de trouver joli, et qui, devenu à la mode, obtint la plus grande vogueet procura aux fabricants des bénéfices considérables, Au: jourd'hut,c’estprinoipalement dans les draps noirs qu'elle excelle, Environnée dé prairies, dérehamps et de potagers bien cultivés, elle est bien bâtie, renferm® des rires larges et alignées, des maisons d’une belle apparence, couvertes en ardoises, plusieurs places publiques, un beau pont sur la Meuse et un arsenal où l'on conserve les armures de plusieurs chevalicrs célèbres, C'éêt dans son ancien château que Turenne reçut le jour. De ses trois oaseriés la plus belle et la plus spacieuse est celle de cavaleric placée au nord-ouést dé lala ville, sur la rive gauche de la Meuse et sur le canulde navigation. Au picd du château-fort sont de ‘astes édifices où se trouVent lès magasins, les écuries, le logement du commantant et des officiers du génie. L'hôpital militaire, bâti sur des remparts éle:6s, domine la ville de toutes parts. Ce point bien fortifié est le plus saportan: de la place:@n y monte par un chemin tournant très-rapide. Sedan est rangée parmi n0$ places fortes de troisième classe. Donchery, que l’on voit sur la droite de la Meuse, était une ville importante avant la réunion de an à la France: elle ne renferme aujourd’hui que 4,800 âmes.
La Meuse, dont le cours forme de nombreuses sinuosités, en se repliant deux fois sur elle-même, arrose Mézières, plus importante par ses fortifications, et surtout par sa citadelle, que par le nombre de ses habitants. Sa population est de 5,000 âmes. On y entretient une pépinière dépurtementale et un musée d’antiquités du département. Elle doit à sa position militaire le rang qu’elle occupe comme chef-lieu de préfecture : elle n’a jamais été prise, et quoiqu’elle soit mal bâtie, on ne peut la traverser sans un sentiment d'intérêt en se rappelant que Charles-Quint, à la tête d’une armée nombreuse, échoua sous ses murs que «‘fendait le chevalier Bayard. Charleville n'en est séparée que par le icuve qui s'y replie encore en formant une petite péninsule. Beaucoup plus considérable que Mézières, elle compte près de 9,000 habitants, Ce n’est pas seulement sous ce rapport qu’elle offre un contraste frappant avec celle-ci : ses rucs sont tirées au cordeau, et sa régularité fait mieux ressortir Ja construction défectueuse de sa voisine. Ses quatre principales rues viennent aboutir à une place entourée d'arcades et décorée d’une belle fontaine en marbre, Sa salle de spectacle est fort jolie. Sa bibliothèque publique est considérable : elle se compose de 22,000 volumes, ct son cabinet d'histoire natu-
relle et d’antiquités contient plusieurs objets curieux. Plus industrieuse que Mézières, on y fabrique annuellement environ 4,000,000 kilogrammes de clous, de la ferronnerie et des armes de luxe; le gouvernement y.entretient une manufacture d'armes, à feu; enfin son port est commode et son commerce très-actif, Elle fut fondée au dix-septième siècle par Charles de Gonzague, duc de Nevers et de Mantoue; mais elle tomba, en 1686, au pouvoir de la France, qui fit raser ses fortifications. On voyait autrefois sur un rocher situé près de la ville, et décoré, on ne sait pourquoi, du nom de mont Olympe, un château. Le duc de Nevers et de Mantoue, en perdant la ville, resta propriétaire de la montagne, mais le roi de France était maître des portes et des murailles du château ; ce qui fit dire que le duc avait là une plaisante souverainelé. L’embranchement de Reims doit être continué jusqu’à Mézières et Charleville.
Avant de quitter la France pour arroser le territoire des Pays-Bas, la Meuse, au-dessous de Charleville, traverse une langue de terre qui comprend une grande partie de la forêt des Ardennes. Elle coule au pied de Fumay, ville de 1,800 habitants, dont les carrières, tailtées dans le schiste, peuvent fournir annuellement 40 millions d'ardoises. Près de la frontière, clle sépare Givel-Notre-Dame de uivel-Saint-Ililaire et de Charlemont ; les deux dernières sont siluées sur sa rive gauche, mais ces trois villes, réunies par leurs foftifications, n'en forment réellement qu’une qui a le rang de place de gucrre de première classe. Charlemont est, ainsi que l'indique son nom, situé sur une montagne; les deux Givet, placés sur la penie de celle-ci et sur celle d’un plateau opposé, sont bâtis avec régularité, ornés de belles places publiques, et s’enrichissent par un commerce que favorise un bon port, et que rendrait encore plus actif la diminution de quelques droits de douanes qui mettent trop d’entraves à nos relations avec la Belgique. Parmi les diverses branches de fabrication qui alimentent l'industrie de Givet, nous cilerons celle des pipes de terre. C’est à Givet que naquit notre célèbre compositeur Méhul. Cette double ville doit son-origine à deux villages qui existaient, dit-on, du temps de César ; ses fortifications ont été tractes par Vauban, On y est frappé de la beauté des habitants, et surtout de celle des femmes. Charlemont doit sa fondation à Chaï,es-Quint; il appartient à la France depuis le traité de Nimèguc, conclu en 1678. Dans une belle plaine, entourée par la forêt des Ardennes, s’élève la petite place forte de Hocroi, célèbre par la victoire que remporta, sur les Espagnols, le grand Condé, à peine âgé de vingtdeux ans.
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Nous ne pouvons suivre le cours de l'Oise, depuis la frontière des Ardennes, sans traverser, du nord-est au sud-ouest, le département de l'Aisne !, que cette dernière partage de l’est à l’ouest dans toute sa largeur. Ces deux rivières coulent d’abord au milieu de terrains crayeux, puis entre les roches calcaires qui recouvrent ceux-ci, La superficie de ce territoire présente des hauteurs au midi, des plaines basses vers le nord. La Somme, l’Escaut et la Sambre y prennent naissance ; la température y est très-variable, les gelées du printemps nuisent souvent aux récoltes; depuis trente ans le climat paraît s’y refroidir : il faut peut-être en attribuer la cause à l'augmentation de la grande végêtalion, puisque, dans ce laps de temps, le nombre des arbres, loin de diminuer, a.plutôt augmenté. L’étendue des forêts y est considérable, Les oscraies forment une branche de culture importante. L'agriculture y est fort avancée, ct le département exporte environ le tiers de ses récoltes en céréales, nourrit beaucoup plus de bètes à laine et de chevaux que la plupart des autres circonscriptions départementales. La population, l’industrie et l'instruction y sont en rapport avec l’étendue des moyens de communication : il possède plus de routes et surtout de voies navigables que la France moyenne. Sa population paraît augmenter d’un dixième tous les six ans,
Au bourg d’Jirson, où l'Oise n’est encore qu’un ruisseau, plusieurs genres d'industrie sont exploités; ses 3,212 habitants fabriquent du fil à dentelles, des réchauds, des clous et du fer en barres. Celui de Nouvionen-Thiérache, qui renferme 3,295 individus, possède une belle verrerie, Ses gras pâturages entretiennent une fabrication considérable de fromages semblables à celui de Marolles. La forêt voisine alimente une grande fabrication de boissellerie, de formes de bottes et de bois de chaises, qui occupe près de 300 ouvriers. Nous citerons aussi l’importante verrerie de Quicangrogne pour les boutcilles à vin de Champagne.
La petite ville de Guise, autrefois place de guerre, érigée en duchépairie par François [er en faveur de Claude de Lorraine, compte aujourd’hui 4,060 habitants, ct possède deux filatures et deux fabriques de tissus de coton; elle est défendue par un château ct par une enceinte flanquéc de
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Vergers, pépinières etjardins, . . + + 21,806! Routes, chemins, places publiques, rues, 16,943 Cultures diverses, 4, + . + 11972] Forèts, domaines non productifs, . , , 8,859 Landes, pälis, bruyères . , 4. , , * 11.420! Riviéres,lacs, ruisseaux, , , , , . 2,947 Vignes... . . , . . . + à « « 0,076! Cimetières, églises, bâtiments publics. 137
tours et de bastions, Vervins, moins peuplé, bâti en amphithéatre, au bord du Velpion, est célèbre par le traité de paix conclu, en 1598, entre Henri IV et’ Philippe IL. On y fabrique des toiles, des linons et dc la bonneterie grossière en laine,
L’arrondissement de Saint-Quentin est rempli de villages, de bourgs et de petites villes, où l’on tisse du linon, de la gaze et des châles façon de cachemire. Saint-Quentin réunit ces différents genres de fabrication; aussi cette ville, entourée de trois faubourgs, a-t-elle doublé de population depuis 4790. Elle est bien bâtie; ses remparts, aujourd’hui plantés d’arbres, forment de belles promenades; sa grande place est décorée par l’hôtel-deville, bel édifice gothique; l'église principale, construite dans le même style, est remarquable par la hardicsse et la hauteur de sa nef. Saint Quentin a, comme tous les autres chefs-lieux du département de l’Aisne, un collége communal ; elle a, en outre, une école gratuite de dessin pour les fils des artistes, une bibliothèque de 47,000 volumes, une société impériale des sciences, arts et agriculture, et une société d'industrie et de commerce. Cette ville est essentiellement manufacturière : la fabrication de la batiste y occupe un grand nombre de bras. Un canal, qui traverse sous terre une étendue de prèsde 2 lieues; un chemin de fer qui va à Creil s’embrancher sur celui du Nord, favorisent encore son commerce. La gare de Saint-Quentin est à 169 kilomètres de celle de Paris. La situation de Saint-Quentin au bord de la Somme, à quelques lieues de la source de ce petit fleuve, répond fort bien à la position d’Augusta Veromanduorum, sur la Samara, qui était la capitale des Veromandui. Saccagée par les barbares au commencement du sixième siècle, elle fut rétablie sous le nom qu’elle porte aujourd'hui, en mémoire de saint Quentin, dont saint Éloi prétendit avoir retrouvé le corps 360 ans après son martyre. Elle a vu naître le savant bénédictin Luc Dachery, le jésuite Charlevoix, le célèbre orateur Pierre Ramus, le peintre sur verre Bléville, le sculpteur Allard, et le publiciste Babœuf.
Un peu au dessous de son confluent avec la Serre, l'Oise baigne une grande ile dont l’extrémité méridionale est occupée par La Fère, ville de #,400 âmes, petite place forte qui renferme une école d’artillerie et un arsenal de construction. On y remarque une belle galcrie souterraine, longuc de 53 mètres, dont les arcades en ont 30 de hauteur, et que par sa construction élégante on attribue à Jcan Goujon. Elle résista avec succès, en 1815, à un corps de l’armée prussienne, qui ne put entrer dans ses murs, Près de cette ville, on voit le bourg de Saint-Gobain, peuplé de
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2,200.individus, remarquable par une usine où l’on coule des glaces d’une très-grande dimension, Les glaces en sortent brutes pour être polies à Chauny, ville de 6,300 âmes, qui possède une machine hydraulique pour celle usage. Au village de Folembray, on fabrique annuellement 150,000 cloches de verre et 3,000,000 de bouteilles. Près de là, il faut visiter les ruines de l’ancienne abbaye chef-d’ordre de Prémontré,
À 5 lieues au sud-est de La Ferté, Laon couronne un montugne isolée. au milieu d’une grande plaine. Une seule rue un peu large la traverse;
e vieille muraille flanquée de tourelles l’entoure, des boulevards en. terrasse y forment une promenade, et cinq faubourgs s'étendent à ses pieds. La rapidité des flancs de la montagne lui donne quelque importance, militaire. Elle doit son origine à une foricresse gauloise qui, au cinquième siècle, portait encore le nom de Laudunum ; Clovis y fit construire quelques maisons, et sous les rois de la seconde race, elle était une résidence royale. Lothaire et Louis V y reçurent le jour. L'église de Notre-Dame, autrefois cathédrale, qui date de l’an 4445, tient à la fois du style roman et du style gothique : on y voit réunies les ouvertures à plein ceintre et en ogives. Elle est surmontée de quatre tours, dont deux grandes du côté du chœur, et deux petites au-dessus du portail. Les constructions qui en dépendent, et qui malheureusement disparaissent de jour en jour, indiquent la grande étendue des logements des chanoines et de l’évêque, Une partie de ces dépendances, lPancien évêché, est réservée au tribunal. L'église de Saint-Martin, près de la porte de Soissons, offre un portail décoré de la figure de son patron. Comme l’ancienne cathédrale, elle présente un mélange de roman et de gothique, deux grandes tours du côté du chœur et deux petites au-dessus du portail, Son intérieur est décoré de quelques bons tableaux, L'hôtel de la préfecture n’a rien qui fixe lattention ; on voit seulement qu’il a été construit pour un couvent, L’hôtelde-ville est un beau bâtiment moderne, qui à remplacé la vieille tour de Louis d'Outre-Mer. La bibliothèque publique est intéressante par l’ordre qui y règne autant que par les richesses qu’elle possède : elle renferme 50,000 volumes, plus de 500 manuscrits, des chartes ou diplômes de nos rois, qui remontent jusqu'à la seconde race, et une collection de 3 à k,000 aulographes. On y voit aussi une suite d'antiquités, de médaill5s et de minéraux recueillis dans le département.
Les caves de cale ville sont curieuses, non-seulement perce qu'elles sont à deux élages, mais parce qu’elles sont extrêmement fraiches : leur température est à 7° degrés du thermomètre centigrade. La montagne de
Laon décrit un arc de cercle dont la concavité tournée vers le midi porte le nom de Cuve-de-Suint-Vincent, qui rappelle les vins que récoltaient les abbés de ce monastère ; c’est de ce côté que viendra passer l'ombranchement du chemin de fer de Saint-Quentin à Reims.
A 3 lieues au nord-est de Laon, le bourg de Notre-Dame-de-Liens, appelé depuis longtemps Notre-Dame de-Liesse, fut bâti à l’époque des croisades; il est célèbre par une image de la Vierge, dont l’histoire rappelle la translation de la maison de Lorette : on prétendait jadis qu’elle y avait élé apportée du Caire en une nvit par la fille du soudan l'Égypt Cette image attire encore de nombreux pèlerinages qui contribuent à faire vendre les croix et les bagues d’argent que fabrique ce bourg.
Chef-lieu d'arrondissement et siège d’un évêché, Suissons, ville propre et bien bâtie, est d’une origine fort ancienne; elle porta le nom de ZLoviodunum avant que la munificence d’Auguste l’engageât à prendre celui d’Augusla-Suessionum. Elle occupe une position agréable dans un vallon | fertile arrosé par l'Aisne; elle eut ses rois particuliers avant la conquête des Gaules; elle eut encore ses rois après l'invasion des Francs. Cest dans ses environs que Clovis acheva d’anéantir les restes de la puissance romaine. Elle doit son enceinte actuelle au duc de Mayenne, qui en avait t fait unc de ses principales places d’armes. En 1815, de faibles travaux de à défense la mirent en état de résister longtemps aux efforts des armées : coalisées; mais grâce aux travaux qu’on y a faits depuis, elle peut prendre rang parmi nos bonnes places de guerre.
La cathédrale est un bel édifice que lon a restauré dans ces dernières années. Elle est bâtie en forme de croix : sa chapelle de droite est remarquable par son architecture et son triple rang de colonnes. La nef est vaste, la voûle est légère, et les vitraux sont d’un beau colcris et d’une parfaite conservation. Le portail est d’une simplicité remarquable. Les deux tours et le portail qui restent de l’ancienne église de Saint-Jean-des- Vignes sont d’une élégante architecture ogivale; ces beaux débris, que l’on a eu soin de conserver, appartiennent à un ancien couvent, dont les
dépendances ont été converties en arsenal. Soissons possède une sociélé ï des arts et métiers, et un bon collége communül, 4 Près de la forêt de Villers-Cotterets, la petite ville de Za Ferlé-Milon, bâtie à.
en amphithéâtre, sur un joli coteau baigné par la rivière de l’Ourcq, est entourée d’une muraille ruinée et conserve les restes d’un vieux châteaufort. Digne patrie de l’immortel Racine, la statue du poëte, due au ciseau : de David, orne uu des ponts de la ville, et son buste décore sa bibliothèque >
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publique, qui renferme 17,000 volumes. Ses trois églises et son hôpital sont d’une belle construction et bien tenus. L’énumération de ces éditices ferait peut-être croire que colte ville est importante; hâtons-nous de dire que sa population dépasse à peine 2,000 âmes; c’est le plus bel éloge que nous puissions faire du bon esprit et des lumières de ses habitants.
En descendant vers les bords de 1a Marne, on arrive à Château-Thierry, importante station du chemin de fer de Paris à Strasbourg. La ville est assez bien bâtie, ct s’élève en omphithéâtre. Vue de la rive gauche de la Marne, elle présente un aspect riant que font ressorlir les ruines du château qui lui donna son nom. L’erigine de set édifice date de l’an 720 : Charles Martel le fil construire pour servir de résidence au jeune roi Thierry IV, qu’il voulait tenir dans sa dépendar:ce, en lui offrant un séjour agréable pendant qu’il règnerait en son nom. Habité par ce prince, par les comtes de Vermandois et par ceux de Champagne, par Henri IF, et par le duc d'Alençon qui:y mourut; par Louis XL et par les ducs de Bouillon, une ville s'établit à ses pieds. C’est élle qui fut le berceau de notre célèbre fabu. liste, dont on conserve la maison, et dont la statue en marbre blanc s'élève près du pont à l’entrée du boulevard.
Nous entrerons dans le département de la Seine-et-Marne, que traversent la première de ces rivières au sud, et la seconde au nord, par la petite viile de La Ferté-sous-Jouarre, station du chemin de fer de Lyon. Elle est arrosée par la Marne, et située dans une vallée aussi jolie que icrtile, La propreté qui y règne, l’élégante simplicité des habitations, le mouvement mêre de son port, annoncent une cité industricuse : sa population est d'environ #&,000 ämes. Deux fabriques de cardes, qui emploient annuellement 40,000 kilogrammes de cuir ei de fer; de grandes exploitations de pierres meulières que l’on façgonne en meules, qui nécessitent pour leurs cercles 60,000 kilogrammes de fer, et que l'on expédie en grande quantité dans les pays étrangers ; un commerce considérable de bois et de charbon pour l’approvisionnement de Paris, répandent dans cetie ville l'aisance qu'il est facile d’y remarquer. Une petite excursion nous fera voir, au nord de la Marne, le joli bourg de Dummartin, bâti en amphi-
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théâtre sur une montagne isolte, d'où l’on jouit d’une vue qui s'étend à plus de 45 licues. On y fabrique Ge la dentelle, et tous les ans il s’y tient, au commencement de décembre, une foire considérable de bestiaux. Après avoir traversé Juilly, célèbre par son collége, nous verrons le bourg de Chelles, où Chilpéric fut assassiné en 684. Le bâtiment qui s’offre à nos regards est tout ce qui reste de ceite riche abbaye, que fonda, au septième siècle, Bathiide, femme de Clovis if.
En remontant la Marne, nous arriverons à Meaux, sous-préjecture el siège d’un évêché. C’est l’ancienne cité qui reçut les noms de Jatinum ei de lixluinum, capitale des Meldi, qui prit ensuite celui de Meldæ, Eile était importante sous les rois de la premiére race ; ce fut unede celles aussi qui embrassèrent avec le plus d’empressement la réfermation; ec fut uné de celles qui souffrirent le plus des guerres religieuses du scizième siècle. La Maroc la divise en deux parties inégales, et le canal de l'Ouregq coule au pied de ses anciens remparts, transformés en promenades agréables, flle est assez bien bâtie, mais mal percée. Son soul édifice remarquable est sa cathédrale, d’une belie construction gothique, qui renferme les cendres de Bossuet, dont la voix “l:quente s rendu célèbre la chaire de Meaux, Cette ville possède de helles promenades, une salle de spectacle, une bibliothèque publique de 14,000 volumes et un collège communal, et une société d’agriculture. Elle est le centre d’un grand commerce d'avoine et de céréales pour Paris : on y fabrique des tissus de coton et des fromages de Brie, petite province dont elle était la capitale. Elle a une station sur le chemin de fer de Strasbourg.
A Brie-Comte-Robert, où l’on prépare des plumes à écrire, l’église est élésamment bâtie: les arcades gothiques de son intérieur sont d’une grande légèreté ; sa tour est d’une hauteur considérable, On voit encore dans celte petite ville de 3,000 âmes quelques restes de l’ancien château des comtes de Bric. Melun, importante station du chemin de fer de Lyon, est la patrie de Jacques Amyot. Cette antique cité de Welodunum est divisée en plusieurs parties par le cours de la Seine. Sa position au pied d'une colline lui donne un aspect agréable ; mais elle n’est ni belle ni bien bâtie ni bien percée, et ne renferme aucun monument remarquable. Cependant on y voit une place assez vaste et régulière, ct l’on ne peut se dispenser de jeter un coup d’œil sur les beaux vitraux de l’église Saint- Aspais. On trouve à Melun une salle de spectacle, une bibliothèque de 10,000 volumes, les archives du département, un collége communal ct une société d'agriculture,
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A 4 lieues au sud de ce chef-lieu de préfecture, Fonfainebleau, réguliérement bâtie au milieu d’une vaste forêt de 16,428 hectares, que la richesse de sa végétation, que ses vieux chênes, que ses belles et larges allées, que son sol inégal, formé de terrains sablonneux couvérts çà et là
de monceaux de grès bizarrement bouleversés, que la beauté de ses sites,
en un mot, ont rendue célèbre, est remarquable par son château royal, dont la’ construction fut confiée au Primatice par François Er, ct que depuis celui-ci cinq rois.se.sont plu à embellir, Ce château offre une réunion d’habitationsroyales construites à différentes époques, et qui co:nmuniquent entre elles. Que üc souvenirs s’y pressent depuis Henri IE qui naquitdans l'enceinte de ce palais, jusqu’au pape Pie VIT qui l’habita pendant dix-huit mois; depuis 1 :cte de cruauté de Christine de Suède, jusqu’à l’abdication de Napoléon! La ville doit son origine aux habitations qui se groupèrent autour d’un château que fit bâtir Louis le Jeune en 1169. On a dit que son nom primitif est Fontaine-Belle-Eau ; mais celui de Fons Bleaudi, qu’elle porte dansles titres du temps, accrédite l'opinion que la découverte d’une source par un des chiens de Louis VIT, appelé Bliaud ou B'eaud, que l’on y trouva se désaltérant, donna à ce prince l’idée de choisir cet emplacement pour en faire un rendez-vous de chasse, Avant sa construction, la forèt s’appelait forêt de Bièvre. Au nombre des princes dont cetle ville fut le berceau, on doit citer Philippe le Bel, qui y mourut aussi le 29 novembre 4314, François II, Henri IT, Louis XIII, Elisabeth, fille de Henri IV, et le Dauphin, fils de Louis XIV et aïcul de Louis XV. Parmi les artistes ct les littérateurs qui reçurent le jour à Fontainebleau, nous ne pouvons nommer que le peintre Claude Lefèvre, mort à Londres en 1675; Dancourt qui, après avoir été avocat, se fit comédien ct auteur comique, et Poinsinet, auteur de la comédie du Cercle, célèbre par les mystifications dont il fut l’objet.
Jusqu'à l’époque de la révolution, le village d’Avon fut la paroisse du château de Fontainebleau ; mais à cette époque il fut, sous ce dernicrnom, élevé au rang de ville. L'église que Louis XIIL y fit bâtir, sous l’invocation de saint Louis, n’offrerien de remarquable ni dans sonarchitecture ni dans sa décoration intérieure. Il existe dans cette ville une salle de spectacle, une bibliothèque publique de 28,000 volumes, et deux hospices dont l’un a élé fondé en 4646 par Anne d’Autriche, et l’autre en 4696 par madame de Montespan. Elle possède aussi une société d'agriculture et une école gratuite de dessin. Fontainebleau est en général bien bâti; plusieurs de ses rues sont larges et bien alignées. Sa population est de 40,305 habi-
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tants. C'est une station du chemin de fer de Lyon, sa garo est à 59 Kilomètres de celle de Paris. A l’uno des extrémités de ia ville, au milieu du carrefcur où commencent les routes do Montargis, d'Orléans et do Sens, on voit un obélisque qui fut construit sous Louis XVI,
: A Ja sortie de la forêt de Fontainebleau, la jolie ville de Nemours s'est élevée au pied d’un château appelé Nemus,. parce qu’il était au milieu des bois; de là le nom qu’elle porte. Ses scignours prenaiont-le titre de chovaliers; mais au quatorzième siècle elle fut érigée-en duché-pairie. Celui de ses ducs qui fut tué à la bataille de Cerignôle, était le seul rejcton dela famille d'Armagnac. Réuni à la couronne; ce duché fut aliéné par François [er en faveur des princes de Savoie qui le conservèrent jusqu’en 1666. Depuis Louis XIV il s’est perpétué dans la maison d'Orléans. Nemours, percée de rues larges, possède une bibliothèque assez riche, pour une vile de 3,900 âmes; elle se compose de 2,000 volumes; un hôpital, un ancien couvent dont on admire le portail; un vieux. chàlcau flanqué de quatre tours et renfcrmant une prison, et une salle de spectacle 3; enfin on y voit un beau pont sur le Loing: Elie est arrosée par deux bras de cette rivière, tandis que le canal de Loing baigne une autre partie de la Ville.
Le Loing, avant de se jeter dans la Seine, arrose l’ancienne ct agréable ville de Horet, où coule le canal qui descend de Nemours. Cette petite ville de 2,000 âmes est entourée de muraiiles délubrées. A ses deux extrémités s'élèvent deux portes en ogives. Son hôtel-dieu paraît être un monument du treizième siècle. Son église, qui date probablement du siècle suivant, est très-bien conservée et d’un beau style gothique.
A 9 licucs au-dessus de Moret, l'Yonne se jette dans la Scine à Montereau-Fault-Yonne. Le confluent de ces deux cours d’eau lui fit donner chez les Gaulois le nom de Condale ; après l'établissement du christianisme dans nos contrées, elle prit celui de Honasteriolum, d’où s’est formée sa dénomination moderne. Le pont de cette ville rappeile deux événements importants dans l'histoire: Charles VIE, alors dauphin, y eut, en 1419, une entrevue avec Jean sans F'eur, duc de Bourgogne, et l’y fit assassiner
d’un coup de hache ; la tête de ce dernicr fut conservée longtemps dans la .
Chartreuse de Dijon. Un jour qu’on la montrait à Francois L°r, ce prince témoignait sa surprise de la grandeur de lentaille: « Sire, lui répondit un charlreux, ne vous en étonnez pas : c’est le trou par où les Anglais sont entrés en France. » Le même pont, restauré depuis 1814, a vu la victoire complète que remporta, le 48 février de cette année, l’armée française sur les troupes coalisées, Montereau, avantageusement situé pour son com-
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: De la pc:ite ville de Bray-sur-Seine, qui n’a pour elle qu’uue situation agréable, on peut remonter jusqu’à Provins par la vallée qu’arrosé la Voulzic ; les chroniques du huitième siècle le désignent sous le nom de Castrum Provinum ; mais cette cité déchue, entourée de vieillés murailles ctde boulevards, existait, dit-on, du temps des Romains : quelques auteurs prélendent qu’à cette époque elle portait le nom d’Agedincum, qui est revendiqué par Sens. Elle possède de beaux monuments du moyen âge; les plus importants sont dans la ville haute : c’est là qu’on peut voir la jolie église de Saint-Quiriace, construite en 4160 par Thibaut le Libéral, ctqui n’a jamais été terminée ; près de là le collége qui occupe les restes du palais des comtes de Champagne, et dans les différentes parties de ja vile haute les galeries souterraines et les caveaux dont il est difficile de deviner l’origine et le but, tant leur architecture gothique offre d'élégance et de solidité, Ce sont de longs corridors communiquant à de grandes salles carrées, hautes d'environ 5 mètres, dont les voûtes sont suutenües par de nombreuses colonnes qui leur donnent presque l’apparence de temples, et dont on ne peut préciser l'antique destination. La four de César et ses anciens remparts sont aussi dignes de l’intérêt des archéologues, Sur l’une de ses promenades, hors de ses murs, il existe une source 1érrugineuse qui est très-fréquentée pendant la bélle saison, surtout depuis qu’on y a construit un petit bâtiment simple et commode. Provins qui compta, dit-on, au temps des comtes de Champagne, jusqu’à 60,000 habitants n’en a plus guère que 7,256.
Si nous suivons la route de Paris, nous traverserons la petite ville de Nangis dans une plaine vaste et fertile; à quelques licues au nord de celle-ci, Rosay, sur la petite rivière d’Yères, est entourée de remparts plantés de beaux arbres, et renferme une belle église gothique; au hameau de Courlalin, dans les environs, il existe une des papeterices les plus renommées de France, däns laquelle l’eau est fournie par un puits artésien d’où elle monte de 52 mètres ; enfin Coulommiers, chef-lieu de souspréfecture, fait un commerce considérable de céréales et de fromages, et renferme d'importantes tanneries, C’est dans cette ville que naquit le peintre Valentin, qui, pendant nos troubles civils, mania tour à tour le pinceau, la plume et l'épée,
Avant de quitter le département de Seine-et-Marne, nous ferons rémarquer qu’il abonde en froment, qu’on y cullive une grande quantité dé
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