‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 3)Chapitre 84 sur 203 · ET · texte numérisé non relu

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on y compte un grand nombre de filatures de coton et de laine, 44 fa: briques de draps, 17 de mousselines ct de cotonnades, 45 de toiles peintes, des fabriques de maroquins, des tanneries ct des fonderies. Elle renferme ‘29,574 habitants. Elle possède un collége communal et plusieurs sociétés industrielles. Elle se divise en vieille ct nouvelle ville. La première est bâtie sur une ile formée par la rivière de l'E ct le canal de Neuf-Brisach ; elle se compose de rues irrégulières, mais larges, bien pavées, propres, garnics de jolies maisons; elle est ornée de beaux édifices, dont les plus remarquables sont l’hôtel-de-ville, avec une façade décorée, dans le goût allemand, de peintures représentant des personnages du muyen âge, et l'église réformée, vicil édifice dont les vitraux sont assez beaux. La seconde, au sud-est de la première, s’étend de la rive droite de l’Ill au canal du Rhône au Rhin, ses rues sont tirées au cordeau et bordées de trottoirs ; une place triangulaire, entourée de portiques soutenus par des colonnes, en occupe le centre. Toutes les maisons de ceite place sont construites avec élégance; on voit qu’elles sont habitées par les vrincipaux négociants ; le principal édifice qui la décore est le Casino; le milicu, planté d'arbres, rappelle les squarcs de Londres. Mulhouse est la patrie du mathématicien Lambert, dont on a donné le nom à une petite place de la vieille ville, qui est ornée d’une colonne érigée en son honneur. Mulhouse est une importante station du chemin de fer de Strasbourg à Bâle; elle doit être reliée directement à Paris par l’embranchement de Troyes, Chaumont, Vésoul.

Dans l'arrondissement de Colmar, nous pourrions citer 7 ou 8 petites villes importantes par leurs fabriques ; Aaïserberg, entourée de muruilles et bien bâtie, jadis ville impériale; Ribeauvillé, où l’on voit encore les ruines de lPancicn château de Ribeaupicrre; Munster, qui fait un bon commerce de toiles peintes et de kirschwasser ; Rouffach, dominée par le château d'Isenbourg, qu’habitèrent plusieurs de nos rois de la première race ; Soullz, qui fabrique spécialement des rubans de soie ; Guebwiller, qui, outre des filatures et des fabriques de cotonnades, possède une raffneric de sucre, et fabrique des clous et des étrilles ; et Sainte-Marie-aux- Mines, entourée de gisements métalliques dont un seul est exploité. A l'exception de cette dernière, qui renferme 12,000 habitants, et de Ribeauvillé, qui en compte 8,000, toutes les villes que nous venons de nommer vont que 4,000 à 5,000 âmes. Neuf-Brisach, bâtie par Louis XIV, et fortifiée par Vauban, n’est iniportante que comme place de guerre; sa population est à peine de &,000 individus; elle n'offre à l'extérieur qu’un

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octogone régulier de bastions qui cache les maisons, parce que celles-ci sont peu élevées et toutes de la même hauteur, Le même nombre & ‘ie tants se trou" à Ensisheïm, jolie ville entourée de murailles et de fossés; son principal édifice est l’ancien collège des jésuites, transformé en maison centrale de détention, dans laquelle on entasse jusqu’à 850 individus.

L'opinion la plus accréditée chez les antiquaires place la cité gauloise d'Argenluaria, dont parle Plolémée, à une demi-lieue de Colmar; clle ajoute même que de ses ruines les Romains bâtirent la forteresse de Columbaria, que détruisit Attila. M. de Golbery a fixé l'emplacement d'Argentuaria au village d'Zarbourg, où l’on a retrouvé l'enceinte d’un cas/rum. Mais rien, dans Colmar même, ne rappelle l’époque de la domination romaine. Elle n’était qu’un hameau sous le règne de Charlemagne; ce n'est qu’en 1220 que l’empereur Frédéric JE l’entoura de murailles et l'érigea en cilé. En 1552 seulement, elle reçut le titre d’impériale. Bien que sa population n'ait jamais été plus considérable qu’elle ne l’est aujourd’hui, elle tient depuis longtemps un rang important parmi les villes les plus riches de l’ancienne Alsace. Il y a 40 ans, ses revenus s’élevaient à plus de 400,000 livres ; ils sont plus que doublés aujourd’hui. C’est le siège d'une cour impériale; sa construction est aussi belle que sa position est avantageuse et pittoresque, L'église des Dominicains est le plus beau de ses anciens édifices, et sa bibliothèque publique est l’une des plus importantes de l'empire 3 elle renferme près de 40,000 volumes. Ses autres établissements utiles consistent en une pépinière ct une orangcrie départementales, un collège communal , deux écoles normales primaires, l’une pour les instituteurs, l’autre pour les institutrices ; une société pour l’amé. lioration de l’enseignement élémentaire, une d’émulalion, ct une saciété biblique, Martin Schoen, le plus ancien graveur sur métaux, Rewbel, l’un des membres du Directoire, et les deux frères Pfeffel, l’un historien ct l’autre poëte, naquirent dans cette ville, Elle fait un grand rommerce des produits de son industrie. C’est une des principales stations du chemin de fer rhénan-français.

Borné, comme le précédent, à l’orient par le cours du, Rhin, à loccident par une partie de la chaine des Vosges, le département du Bas-Rhin 1

t Contenances imposables. hectares hectares | Propriétés bâties, . , , + + + + À

Terres labourables, 4, + + + + + + 180,921 | Osrra cs, au!naies, saussaics, 56: +6 763 Bois. . . , . + + + + + + 0. 117,755 |Gulturesdiverses. . , . , . . , . 506 Prés. + . . . + + + + 0 + + 56.02% | Étangs, abreuvoirs, mares, canaux, , . «7 Landes, pâlis,bruyères. . . . + + + 19.995 + Yiphes, à 4 os à ie ds : D Contenances non imposables. Vergers, pépinières et jardins, + + + + 5,924 | Forêts, domaines nonproductifs, , , , 41,593

est couvert do coteaux, de forêts, de prairies et de terres de la plus grande richesse. Aux trésors de l'agriculture et de quelques mines, il joint ceux d’une industrie variée, et met à profit les avantages que lui offrent un ‘grand nombre de routes ct de cours d'eau navigables. En un mot, il possède tant d'éléments de prospérité, qu’il est, de tous les départements de France, celui qui offre l’accroissement le plus rapide dans la population,

La première ville que l’on traverse en quittant le territoire de Colmar et en suivant le cours de l’Ill, est Schelestadt. Les Vosges, que l’on voit sur Ja gauche, les vieux châteaux en ruines qui s'élèvent çà et là sur quelquesuns de leurs sommets, les vignobles qui dominent une multitude de riches villages, les forêts qui s’étendent sur la droite de la rivière, les belics prairies qui bordent sa rive gauche, forment un magnifique paysage. Ce cheflieu de sous-préfecture était jadis la troisième des dix villes impériales de l'Alsace. Son antiquité est incontestable ; elle était sous les Romains l’une des plus importantes cités des Tribocci, et portait le nom d'£lcebus, dont on retrouve la trace dans le petit village d'£{{, que l’on voit à peu de distance de ses murs. Sous les Carlovingiens, elle était considérable, puisque Charlemagne y célébra la fête de Noël en 776, et que Charles le Gros y faisait quelquefois sa résidence. C’est du dixième siècle que date sa décadence ; au treizième clle se releva, mais elle eut encore heaucoup à souffrir pendant la guerre de trente ans et jusqu’à la réunion de l'Alsace à la France. Depuis cette époque, elle n’a cessé de prospérer ; en 4802, sa population n’était que de 5,000 habitants, aujourd’hui elle cst plus que doublée. Elle est généralement mal bâtie, et la population y est resserrée dans un trop petit espace. Du haut de ses fortifications, qui forment un octogone presque régulier, on jouit d’une vue magnifique. C’est à Schelestadt que fut inventée la manière de vernisser la faïence. Cette ville est une station du chemin de fer rhénan français.

Les villes les plus importantes du territoire de Schelestadt sont: Barr, bâtie avec régularité depuis le désastre qu’elle éprouva en 4794 par l’explosion de son arsenal, cité peuplée de 4,500 habitants, et siluée dans un joli vallon entouré de vignobles ; Ober-Nay ou Ober-Enheim, égale en population à la précédente, au pied du mont Holenbourg, célèbre autrefois par le monastère de Sainte-Odile, dont on aperçoit de loin les ruines mojestueusess Rosheim, ville de 4,000 âmes, qui ne consiste qu’en une seule rue et qui fut jadis livre ct impériale. Après ces citès, toutes indus-

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Routes, chemins, places publiques, rues. 20,689 | Cimetières,églises, presbytères, bâtiments Rivières, lacs, ruisseaux, «+ , + + + 27811 publics. . . eee

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trieuses, nous devons mentionner Alingenthal, village agréablement situé au pied de collines couvertes de sapins, et important par sa manufacture impériale d'armes blanches, où l’on fabrique des damas qui rivalisent avec ceux de Syrie.

Laissons sur notre gauche Mu/zig et Molsheim ou Mollzen, deux petites villes de 3,000 âmes, dont la première est connue par ses armes à feu, et la seconde par son excellente quincaillerie, ses papeteries et ses tisscranderies. Dirigeons-nous, en admirant sa légèreté, vers la flèche de la cathédrale de Strasbourg, haute de 442 mètres. Empressons-nous d'aller admirer ce chef-d'œuvre d'architecture gothique, et l'horloge qui décore son intérieur, machine dont l’étonnante complication représente le mouvement de notre système planétaire et des constellations. Strasbourg, dans laquelle on entre par sept portes, est entourée de fortifications et défendue par une citadelle qui fut construite par Vauban. Elle est traversée par l’I!, que l’on y passe sur plusieurs ponts de bois. Après la cathédrale, le plus bel édifice est le château royal, où réside l’évêque. Le palais de justice, l’hôtel-de-ville, celui de la préfecture ct la nouvelle salle de spectacle ne sont pas indignes de cet important chef-lieu. L'église de Saint-Thomas, bâtie au septième siècle, renferme plusieurs beaux mausolées, dont le plus remarquable, sculpté par Pigalle, est celui du maréchal de Saxe. L’arsenal, bâtiment d’une belle étendue, les casernes et les fonderies de canons sont tels qu’on s'attend à les voir dans une place de guerre de première classe. Il y a à Strasbourg un lycée impérial et un collége communal, appelé gymnase de la confession d'Augsbourg; un séminaire protestant, une école spéciale de pharmacie, un hôpital militaire d'instruction, une école municipale industrielle, une école normale primaire et un grand nombre d'écoles primaires élémentaires, On y trouve de nombreux étublissements publics de charité et scientifiques, et son académie protestante est l’une des plus célèbres de France.

Les arts, les sciences et les letires sont cultivés depuis si longtemps à Strasbourg, qu'il n’est point étonnant que le nombre de savants et de littératcurs distingués que celte ville a produits soit considérable. On sait qu’elle a donné le jour à Martin Bucer, l’un des plus habiles théologiens qui ont servi la cause du protestantisme. Parmi les modernes qui se sont illustrés, la gloire militaire nous montre Kléber et Kellermann; les sciences physiques, Ramond; les arts du dessin, Weyler, dont on a de belles peintures sur émail, et Manlich, dont les tableaux de genre sont recherchés ; l'humanité reconnaissante, le vertueux pasteur Oberlin,

La ville fait un important commerce, son industrie est fort active; elle

sert d'entrepôt entre la France et l'Allemagne. Le chemin de fer de Paris, celui de Büle, celui de Veissembourg, lui assurent des communications # F * faciles avec les grandes villes de France et de l'étranger, La gare de - Strasbourg cest à b01 kilomètres do celle do Paris, et à 481 kilomètres de L celle de Bâle, 1 b En sortant de la ville, dans la direction du nord-est, le premier objet qui 4 attire l'attention est l'île de Robertsau, entourée par l'Ell et le Rhin. On y 4 : remarque de charmantes maisons de campagne, un joli village et plusicurs ï q usines, Dans tous les environs on ne peut faire un pas sans apercevoir des À t étublissements industriels ; mais ici l’agréable est réuni à l’utile ; le terrain À k présente l'aspect du plus beau jardin anglais. Près de la ville, et sur le coté : k opposé, s'élève, au milieu de l’espace réservé aux manœuvres de l’artil- £ A lcrie, un obélisque eu l'honneur de Kléber, Derrière la citadelle, et dans À He l'ile située en face du village de Kebl, un autre obélisque est consacré à la $ de mémoire de Desaix. Cette ile est préférée par les Strasbourgeois à leurs f plus belles promenades. # ” L'origine de Strasbourg cst fort incertaine. Cependant le nom d’Argen- F toralum, par lequel Ptolémée la désigne le premier, et dont la racine est 4 celtique, prouve qu'elle existait avant la conquête de César. Drusus en fit une forteresse considérable; la notice de l'Empire nous apprend qu’elle du était célèbre par ses manufactures d'armes. A l’époque de Julien, qui déft dé sous ses murs les Allemands et fit prisonnier leur roi Chrodomaire, elle “+ devint un passage très-fréquenté pour communiquer de la Gaule à la M Germanic : c’est ce qui lui valut, au cinquième siècle, le nom de Strata- | Burgus, originaire de celui qu'elle porte. ke Ce n'est pas dans les villes que l’on peut juger le costume national du sit peuple, où il tend toujours à se rapprocher de celui de la bourgeoisie, te Dans les villages qui se succèdent jusqu’à Haguenau, les paysans et les paysannes qui sortent le dimanche de l1 messe ou du prèche, se montrent F: dans toute leur élégante parure. L'habit noir carré ct ouvert des hommes F laisse voir une veste rouge à boutons dorés ; de grandes bottes molles ou de longues guêtres s’élèvent jusqu’à la jarretière d’une culotte de ratine La noire ; un large chapeau complète cet habillement. Celui des femmes est "I beaucoup plus riche et plus gracieux : un grand chapeau de paille à forme ps basse couvre leur chevelure, dont les tresses flottantes, terminées par des pl nœuds de ruban, sont un emblème de la virginité; les femmes mariées ui n’ont pas le droit d’en porter. Au chapeau souvent elles substituent de sc

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longues flèches d’or qui retiennent leurs tresses relovées en forme de couronne, Uno eravate de soie noire retombe sur leur poitrine. Un corset dont le devant est chargé d’ornements en or et de rubans; de larges manches d'une toile blanche et fine, retenues au poignet, où elles se terminent par une manchette plisséo, se raliachent à une jupe de serge verte bordée d'un large ruban rouge, et qui laisse voir à moitié une jambe fine chaussée d'un bas blanc bien tiré, et un pied maintenu par une boucle d'argent dans un soulier à haut talon.

Ilaguenau, qui compte 44,351 habitants et plusieurs fabriques, fut fondée par Frédéric Barberousse, et fut comprise parmi les villes impériales de l’Alsuce. Les terres sablonneuses de ses environs produisent une grande quantité de garance dont elle expëdie chaque année pour la France et l'Angleterre plus de deux millions de kilogrammes, Elle renferme des tannerics, des brasseries, des faicnceries, une savonnerie, quatre corderies, une filuture de coton, une fabrique de percale, deux de draps ct siamoise, deux de goudron, six moulins à huile et des moulins à gurance,

Une courte excursion vers, la base des Vosges nous fera voir, sur les dernières pentes de cette chaîne, la petite ville de Saverne, assez bien bâtie dans un pays fertile en vins. Elle est dominée, à l'ouest par la côte qui porte son nom, et au sud ouest par les ruines du Haut-Barr, château du douzième siècle. Son origine romaine est incontestable : elle tire son nom de Tabernæ, réunion d’hôlellcries qui se trouvaient sur l’emplacement qu’elle occupe, et qui servaient de lieu d’étapes entre Strasbourg et Metz; c’est aujourd’hui une station importante du chemin de fer de Paris à Strasbourg. Bouxwiller, où l’on voit aussi un beau château gothique entouré de jolies promenades, est une ville industricuse de 4,000 âmes, située au pied des montagnes. On exploite dans son voisinage des terrains riches en sulfate de fer.

L’arrondissement le plus septentrional du Bas-Rhin, qui termine la France à la Bavière rhénane, renferme quelques lieux importants : Soullzsous-Foréls, peuplé de 2,090 habitants, l'est par ses vins, estimés les meilleurs du departement, par ses terrains iraprégnés de bitume et recélant des veines de houille, mais surtout par la source salée qu’on y exploite.

" Sellz, ville un peu plus peuplée que la précédente, possède une source

minérale gazeuse bien connue, dont tous les ans on expédic pour Paris plus de 30,000 cruchons de grès. Miecei brun, ou mieux M'ederbronn, est un bourg de 3,600 ämes, connu pour ses établissements de bains et pour ses usines où l’on fabrique des essieux en fer, ainsi que divers objets pour

le service de l'artillerie, différentes pièces de mécanique et de la poterie en fonte. Weiïssembourg ou Wissembourg, sur la Lauter, n’a d'importance que par sa situation sur notre frontière du nord et par son rang de cheflieu de sous-préfecture. Ses lignes de fortifications sont célèbres dans les gucrres qui se sont succédé depuis Louis XIV jusqu’en 1815. On la croit une des plus anciennes cités des Sebusiani. Son industrie se réduit à des tannerics et à des fabriques de toiles et de faïence ; cependant son commerce n’a cessé de prospérer depuis la réunion de l’Alsace à la France, et sa population, qui n’était que 4,700 habitants, a presque quadruplé.

Suite ce la Description de l’Europe. — Description topographique de la France. —« Cinquième section. — Région septentrionaie.

La région que nous allons parcourir, comprenant vingt et un départements formés des anciennes provinces de la Lorraine, de la Champagne, de l'Ile-de-France, de la Normandie, de la Picardie, de la Flandre et de l’Artois, est la plus riche, la plus éclairée et la plus populeuse : elle compte près de 41,650 habilants par lieue carrée. C’est la plus importante par l'étendue de ses forêts, le nombre de ses chevaux, l’industrie de ses habitants et la somme de ses revenns.

Le département de la Moselle 1 confinc, au nord, avec les possessions de la Bavière, de la Prusse et des Pays-Bas. Il occupe, de l'est à l’ouest, une longueur de 39 lieues : c’est juste trois fois sa plus grande largeur du nord au sud. Son territoire, inégal et boisé, produit deux fois plus de blé qu’il n’en consomme; il est riche en chevaux qui seraient d’une grande ressource pour notre cavalerie légère, si leur race était améliorée. Il nourrit beaucoup de bestiaux, quoiqu’ils y soient en nombre insuffisant : il est surtout pauvre en bêtes à laine. L’abondance de ses bois, qui lui offrent les moyens d'entretenir un grand nombre d’usines, et de tirer un

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* 11,920 | Forêts, domaine: non productifs . . , 49,899 .< 6,502 | Routes, chemins, places publiques, rues. 12,293 . 5,291 | Rivières, lacs, ruisseaux, . + + + « + 2,977 ° 1,477 | Cimetières, égiises,presbytères, . + , 187

Vergers, pépinières et jardins, Landes, pâtis, bruyères, « Vignes. . 4, + + +

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bon parti de ses mines de fer; l'étendue de ses routes, l'importance de ses voies navigables, l'aptitude au travail que l’on remarque chez ses habilants de toutes les classes, cultivateurs, manufacturiers ou commerçanis, sont ses principales causes de prospérité. L'agriculture y est généralement plus avancée que dans le reste de la France : le paysan messin, aussi infaligable dans ses travaux qu’il est brave à la gucrre, abandonne volontiers les vicilles routines de la culture; il remplace les jachères par les prairies artificielles; il obtient de son sol une grande variété de produits; il multiplie les pépinières ; ii soigne avec intelligence les arbres fruitiers, et si les vignes qu’il cultive, particulièrement sur la rive gauche de la Moselle, produisent peu de vins de bonne qualité, c’est que ce genre de culture est pour le pays une branche de commerce dont l’exportation n'est pas favorisée, et qui mérite peu que le petit propriétaire remplace les ceps de grosse race lorraine par ceux des crus estimés de la Bourgogne.

A l'extrémité orientale du département, au bas du versant occidental des Vosges, dans l’arrondissement de Sarregucmines, Bilche, ville de 3,800 âmes, entoure une (orteresse située sur la cime d’un rocher de grès rouge, et à laquelle on monte par une pente rapide : en 4793, les Prussiens tentèrent vainement de s’emparer par surprise de celte forteresse, qui passe avec raison pour imprenable. C’est un chef-d'œuvre dans son ensemble comme dans ses parties; l’intérieur du rocher est entièrement voûlé et casematé ; elle est armée de 80 canons de tous calibres : 4,000 hommes suffisent pour la défendre. On y voit un puits taillé dans le roc jusqu’à la profondeur de 80 mètres, à l'épreuve de la bombe, La ville a un hôpital, une petite caserne et trois promenades. Elle est traversée par deux rues principales, et entourée d’un mur crénelé, percé de trois portes.

Le même arrondissement comprend plusieurs établissements d’industrie que nous ne devons pas passer sous silence : les forges de Mouterhausen occupent 400 ouvricrs; les deux verreries de Maisenthal et de Goelzenbruck, situées dans de charmantes vallées boisées, livrent annuel. lement au commerce pour environ 200,000 francs de verres de montres et de globes de pendules; celle de Saint-Louis, dans le hameau de Münsthal, faprique des cristaux pour une valeur quatre fois plus considérable.

Sarralbe, qui tire son nom de sa situation au confluent de l’Albe ct de Ja Sarre, et qui renferme 3,460 habitants, a dans ses environs une saline dont l’exploitation fournit annuellement au commerce 20,600 quintaux de sel, En remontant la Sarre, on voit, à la jonction de cette rivière et de

la Blise, Sarreguemines, dont l’ancien nom allemand, gemunde, signifie VILL, 30

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embouchure. En 1790, sa population n’était que des deux tiers de ce qu’elle est aujourd’hui. Ses faiences rouges, ses poteries anglaises, ses terres imitant le porphyre, d’un usage très-répandu, les tabatières de pâle de carton fabriquées dans ses environs, sont les principaux aliments de son commerce. Lo ville, assez bien bâtie, est traversée dans sa longueur par une large rue qui abouiit au pont sur la Sarre. Cette route nous conduira vers Forbach, petite ville de 4,826 habitants, où campa Charles-Quint lorsqu'il se disposait, en 4552, à compromettre sa gloire militaire devant les remparts de Metz. C’est la dernière station du chemin de fer de Metz à la frontière ; la gare de Forbach est à 462 kilomètres de celle de Paris, 69 de celle de Metz et 440 de celle de Nancy. C’est à quelque distance de Forbach que le chemin de fer français se soude aux lignes allemandes.

Bouzonville, peuplée de 2,129 habitants, et possédant une dizaine de tanneries et cinq clouteries, est le plus considérable de tous les licux industriels que l’on traverse ou que l’on aperçoit avant d’arriver aux portes de Thionville. Cette jolie cité, dont l’origine ne paraît pas remonter au delà du huitième siècle ; cette place de guerre de troisième classe, dont une partie des remparts fut construite par les Espagnols, sur lesquels Condé la prit après avoir gagné la bataille de Rocroy, ne renferme aucun monument remarquable, si ce n’est un beau manége couvert, dont on admire la charpente ; son pont de bois, que tous les ouvrages de géographie, tant anciens que modernes, citent comme une merveille, n’a pour compenser sa laideur que l’avantage de pouvoir être démonté promptement. Un embranchement de chemin de fer qui passera par cette ville doit relier un jour Metz à Luxembourg. Hayange, à 10 kilomètres de Thionville, sur la petite rivière appelée la Fensch, est un village qui mérite d’être cité pour l'importance de son usine où l’on travaille le fer, et pour avoir vu naître le maréchal Molitor.

En descendant la Moselle, on aperçoit, à 2 lieues de Thionville, sur la rive gauche de la rivière, le village de Callenon, dont la foire aux bestiaux est la plus importante du pays; à 2 lieues plus loin, on entre dans la petite ville de Sterck, bâlie sur le Lord de la Moselle, au pied d’un roc couronné par un château-fort. Elle a plusieurs tanneries importantes; elle exploite une roche de quarlzite ferrugineux, dont on fait pour Metz et pour Nancÿ un excellent pavé; c’est l’entrepôt des quincailleries et des passementeries du duché de Berg, des soierics de Crevelt, des aiguilles d’Aix-la- Chapelle, des cuivres de Stolberg et des fontes du Rhin, -- : . ‘

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A l'occident de Sierck, et comme celle-ci à une demi-licuce de la frontière, Longwy, qui compte 3,374 habitants, se divise en haute et basse ville. La première, construite sur un roc, a été fortifiée par Vauban; dans la seconde, on voyait jadis une forteresse sur l'emplacement de laquelle on a souvent trouvé des médailles romaines. La place publique est grande et régulière ; T’hôtel-de-ville et l’hôpital sont ses principaux édifices. En 1815, un corps d'armée de 18,000 Prussiens ne put entrer dans celte place qu'après avoir perdu 3,000 hommes et lancé 3,000 projectiles : la garnison n’était cependant que de 200 soldats ; mais tous les habitants avaient pris les armes et s’élaient dévoués ardemment à la défense de leurs foyers. On a lieu de croire que Longwy, qui dans le moyen âge portait le nom de Longus-Vicus, occupe aujourd’hui l'emplacement d’un camp romain. Cette petite ville, connue par son lard et ses jambons, est beaucoup plus importante que Briey, son chef-lieu d'arrondissement, assemblage de rues étroites situées sur le penchant d’un cotcau rapide, et dominant un joli vallon resserré par des bois et arrosé par la petite rivière du Woigot.

Nous ne suivrons pas la route la plus fréquentée qui conduit de Briey à l’ancienne capitale du pays Messin. Pour avoir une idée favorable de celte dernière, il faut descendre dans son beau bassin par le chemin tracé en zigzag depuis !e plus haut plateau de ses environs jusqu'au joli village de Rozerieulles, qui se cache dans une petite gorge décorée de vergers et de vignes. De l’extrémité de cette côle, on aperçoit la Moselle coulant au milieu de belles prairies, avant de sc partager en plusieurs bras qui rendent plus redoutables les imposantes fortifications de la place. Un édifice d’une éclatante blancheur, et d’une architecture qui gagne dans l’éloignement ce qu’elle perd à être vue de près, élève sa masse quadrangulaire près des beaux arbres de lesplanade : c’est le palais de justice, situé sur la plus belle promenade de la ville, et qui, par les points de vue qui Penvironnent, ne craint la comparaison avec aucunc de celles que nous avons justement vantées. A la gauche du spectateur, la cathédrale, dont la teinte noire ressort sur la nuance générale des autres constructions, élance à 124 mètres dans les airs sa flèche légère et hardie, entourée d’autres flèches taillées à jour en forme d’obélisques. On dit que lorsque l’on sonne sa grosse cloche, appelée la Mutlle, le clocher, la grande et les potites flèches éprouvent un balancement sensible,

Près du village de Longeville, où les eaux de la Moscile, retenues par une digue, tombent en une large cascade, on aperçoit au bas de la côte

que l’on vient do quitter, le joli village d’Ars-sur-Moselle, qui renferme deux papeteries, une fabrique de velours et une manufacture de draps pour l'habillement des troupes. Son nom, dérivé du latin ar, indique l’emplacement d’une forteresse romaine ; mais un peu plus loin les restes d’un aqueduc antique frappent les regards : les piliers qui s’élèvent dans les vignes, et qui forment des écucils au milieu de la rivière, se continuent sur la rive droite en majestucuses arcades, au village de Jouy, dont les habitants donnent à cette construction le nom de Pont-du-Diable, Cet aquedue, attribué à Drusus, alimentait les bains et la naumachie de Divodurum, citè des Mediomatrici, que la notice de l'Empire Romain désigne sous le nom de Melis, origine de celui de Melz. Ausone, dans des vers que l’on a gravés sous le péristyle de son bel hôtcl-de-ville, fait un éloge pompeux de celte ancienne cité.

Metz fut la capitale de l’Austrasie, dont Thicrry fut le premier roi; Louis le Débonnaire y mourut en 840, et l’église de Suint-Arnoult alors dans un faubourg ct maintenant dans la ville, reçut les cendres de ce malheureux prince; sous l’empereur Othon IF, elle fut déclarée libre et impériale. Vers la fin du quatorzième siècle, elle était dans sa plus grande prospérité ; elle soutint contre divers souverains des gucrres longues et sanglantes, et plusieurs princes briguèrent l'honneur d’y être admis aux droits de cité. Tombée au pouvoir de Henri IT, par les intrigues et l'adresse du connétable Montmorency, elle repoussa, sous le commandement du duc de Guise, les attaques de Charles-Quint, à la tête d’une armée de 400,000 hommes.

Les cmbellissements qui s’opèrent à Metz depuis longtemps ; ie nombre des rues larges ct remarquables par leur pavage qui ont remplacé des rues sales et tortueuses; le quartier Saint-Thiébaud, les belles casernes, l’arsenal, le vaste hôpital militaire, lhôtel-de-ville, la préfecture et le collége impérial ; l'église de Saint-Vincent, dort le portail est orné d’un triple rang de colonnes; le nouveau marché couvert qui décore la place de la cathédrale; sur le rempart de l'arsenal, le beau bâtiment destiné à l'école et à l’état-mojur de l'artillerie ; enfin ses promenades et quelques-unes de ses places, peuvent faire comprendre Metz parmi nos villes bien bâties, L’intérieur de sa saile de spectacle ne répond pas à l’extéricur, quoiqu’on lait restaurée à grands frais depuis peu d’annécs : elle est petite et coupée d’une marière incommode. La bibliothèque publique composée de 36,000 volumes, dont l’une des salles renferme une collection d'histoire naturelle bien classée et riche en zoologic, en minéralogie ct en géologie, tandis

qui renferme ure de draps arx, indique oin les restes ’élèvent dans se continuent ouy, dont les u-Diable. Cet chie de Divomain désigne jans des vers fait un éloge

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qu'une autre est réservée à une suite de divers modèles de machines; l’'importante école spéciale d’artillerie et du génie; le jardin botanique, peu considérable, mais bien tenu; les cours d’accourehements; les écoles de commerce et de dessin ; les cours d’arithmétique, de géométrie appliquée aux arts, de mécanique, de physique, de chimie, de grammaire et d'économie domestique, ouverts pour la classe ouvrière dans les salles de l’hôtel-de-ville et suivis par plus de 300 auditeurs ; l'académie impériale des lettres, sciences el arts, celles des sciences médicales, d'histoire naturelle, des amis des arts, et la société philharmonique ; les associations philanthropiques, telles que celle de la charité maternelle, celle des arts et métiers pour les israëlites, celle de secours mutuel3 pour les ouvriers, prouvent que celte ville a fait bien des progrès sous le rapport intellectuel depuis l’époque où Voltaire s’étonnait, en la traversant, d'y avoir vu beaucoup de pâtissiers et de confiseurs et un seul libraire.

Metz a prouvé son patriotisme en refusant le passage aux armées alliées au moment où elles quittaicnt le sol de la France, Elle fit construire sous ses remparts un pont sur lequel elles traversèrent la Moselle, afin que son enceinte, qui ne vit jamais briller un panache étranger, n’eùt pas, même en temps de paix, à supporter un spectacle honteux. On ne pouvait attendre moins de la patrie de Fabert, de Custines et de Lasaïle, On continue à augmenter ses fortifications ; ses ponts sur Ja Moselle sont destinés à être défendus par des ponts-levis et d’autres travaux qui assureraient sa sécurilé, quand même le fort Belle-Croix qui la défend au nordest viendrait à tomber au pouvoir des assiégcants, Metz est aujourd'hui dotée d’un embranchement de chemin de fer qui se relie à celui de Paris à Strasbourg, et qui bifurque, à sa gare même, au nord, vers Forbach, à l'est, vers Thionville. Cette gare st à 393 kilomètres de celle de Paris, à 42 de celle de Nancy et 206 de celle de Strosbourg,

A 3 lieues au sud-oucst de Metz, le bourg ou la pelite ville de Gorze mérite quelque attention : sa situation dans une étroite valléc est des plus pittoresques ; des sources y alimentent plusieurs fontaines, un ruisseau limpide y est utilisé par plusieurs tanneries. On y voit encore les conduits souterrains de construction romaine qui transporlaient les eaux de Gorze à l’aqueduc de Jouy. Il ne reste plus de sa riche abbaye que les ruines d’un vieux mur de 2 mètres d'épaisseur, et le château de l’abbé qui avait rang de prince. Ce châleau, presque abandonné, conserve quelques-unes de ses abondantes fontaines et quelques débris de mauvaises sculpiures. Le département qu'arrose la Meuse du sud-est au nord-est est entre

coupé dans la même direction par de longues vallées fertiles et de hauts plateaux où l’air est froid, mais sain. Son sol boisé abonde en céréales, produit dans les environs de Bar des vins estimés, nourrit un grand ” nombre de chevaux, mais ne pcssède point une quantité suffisante d’autres animaux domestiques 1,

En nous élevant sur le plateau qui borde la rive droite de la Meuse, la première ville que nous traverscrons est Æ{ain, cité assez jolie, peuplée d'environ 3,000 âmes, et situëc dans une plaine marécageuse au bord de POrnes, où l’on pêche de belles écrevisses et d'excellents poissons. Bicntôt on aperçoit les remparts el la citadelle de Verdun, patrie de l’illustre Chevert et siêége d’un évêché. Scs environs sont remplis d’usines, de forges, de verreries et de papetcries ; son intérieur renferme un grand nombre de confiseurs et de distillateurs. Dans certaines années, elle livre au commerce 72,000 kilogrammes de dragées et 15,000 hectalitres de liqueurs. La ville, sise sur les deux rives de la Meuse, est assez bien bâtie; mais ses rucs, qui descendent rapidement vers la rivière, sont pavées de caillous pointus, aussi incommodes pour les chevaux que pour les hommes. Le nouveau quartier de cavalerie, l’ancien palais épiscopal et l’hôtel-de-ville sont, à défaut de monuments dignes de fixer l'attention, les seules constructions que nous ayons à citer. Deux collections utiles se font remarquer dans cette ville : l’une est la bibliothèque pubiique, l’autre est le musée de la société philomathique. Verdun est mentionné dans l'Ilinéraire d’Antonin sous le nom de Virodunum, dont l'origine celtique semble indiquer sa situation primilive sur une montagne ct près d’une rivière,

Une route qui borde le cours de la Meuse, traverse S{enay, dont la position est charmante; c’est unc ville de 3,390 habitants, qui fut autrefois une place ferte, el qui renferme de belles casernes, Sur sa droite, Montmédy, moins peuplée, mal bâtie, mais plus importante comme cheflieu d'arrondissement et comme vile de guerre, située à une lieuc de la frontitre, est peu commerçante ct sans industrie. Elle est divisée en haute et basse. En 1815, la ville, défendue par des douanicrs, des gardes natio-

3 Contenances imposables. Le . hectares ? hectares | Pronriétés bâties. , . , , , . . . 1.566

. 335,190 | Oseraies, aulnaies, saussaies , , . 1,131

Terres labourables. , . , . " + 137.709

Bois. ,. . + + + + © +

Prés Rs 49,472 Contenances non imposables.

ViBNOBs à à à 0 6.0 © + 0 53,540 | Forèts, domaines non productifs, . . . 41.682 Landes, pâtis. b'uyères. . . 11,992 | Rou es, chenuns, plic.s puo'iques, rues. 14,426 Vergers, pépinières e! iardins. . . . 7.387 | Rivières, lacs, tuisseaux . , , + , + 2953

Etangs, abreuvoi:s, meres, canaux, . 3,236 | Cimetières, églises, presbyières, . + + &2ë

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naux etune centaine de soldats, formant un nombre total de 600 hommes, réduisit aux deux ticrs un corps de 4,500 Prussiens qui essaya de la sure preudre. Près de cette ville, le village d’Aviofh possède une église bâlie au dixième siècle, qui passe pour un dès plus beaux monuments gothiques de France.

Pour visiter le chef-lieu de la Meuse, nous retournerons sur nos pas ct nous arriverons sur les bords de l’Ornüin, qui arrose celle de nos trois villes de Par que l'on appelait autrefois Bar-le-Duc, parce qu’elle était la capitale d’un duché dont le territoire formait la petite contrée du Barrois. Cette ville fut fondée au dixième siècle par Frédéric, duc de Mosellane ou de la Faute-Lorraine, et beau-frère de Iugues-Capet. La rivière qui Parrose lui a fait donner aussi 1e nom de Bar-sur-Ornain. I ne reste plus de ses anciennes (ortifications que des fragments de murailles et la tour dite de l'Horloge. L'église de Saint-Pierre renferme un morceau de sculpture remarquable qui atteste le talent de Léger Richicr, élève de Michel-Ange, et qui naquit à Dagonville, dans cc département. Il représente un cadavre en dissolution el presque à l’état de squelette, exécuté en marbre blanc et debout sur un autel de marbre noir; il tient un sablier dans sa main gauche élevée au-dessus de sa tête; des muscles desséchis couvrent çà et là celte charpente osscuse : l’ensemble est d’une ceffrayante vérité. Ce monument fut le mausolée de René de Châlons, prince d'Orange, époux d’Anne de Lorraine, tué au siége de Saint-Dizier en 1544.

La population de Bar est de 44,816 habitants. Ses confitures sont célèbres par leur délicatesse ; ses nombreuses filatures livrent chaque année au commerce environ 500,000 kilogrammes de coton ; cette branche d’industrie, le chargement des fers des forges qui l’enVironnent, le flottage des planches que l’on débile dans les forêts voisines ct le transport des vins, donnent beaucoup d’activité à son pelit port.

Quatre lieues plus haut, lOrnain coule au pied de la jolie petite ville de Ligny, qui conserve encore une partie de ses anciennes murailles. On remarque dans son église paroissiale le tombeau du maréchal de Luxembourg.

Nous terminerons notre excursion dans ce département par une course charmante. Retournons dans la délicieuse vallée de la Meuse; Saint- Mihiel, ville de 8,274 habitants, mérite d'être vue. Elle était autrefois fortifiéc; mais le danger que courut Louis XII lorsqu’il en fit le siége le délermina à faire raser ses fortifications. Sa position pittoresque n’est pas le seul motif qui nous y attire. Après avoir jeté un coup d'œil sur la façade

de l’ancienne abbaye qui décore la place Neuve, sur la riche et légère colonnade de l’église paroissialé et autrefois abbatiale qui renferme les cendres de trois princes de la maison de Lorraine et de huit comtes de Bar leurs successeurs, et sur les cascrnes de cavalerie, nous visiterons, dans la partie de la ville appelée le Bourg, l’église de Saint-Etienne ; on ÿ voit un morceau de sculpture digne de l’rdmiration des connaisseurs : c’est un Saint-Sépulcre fait d’un seul b'oc de calcaire oolithique compacte de la blancheur du marbre, dont les treize figures, par la simplicité de leur disposition, par le fini de leur exécution, sont dignes d’un élève de Michel- Ange. Il est dû au ciseau de Léger-Richier,

À #4 licucs en remontant la Meuse, la jolie ville de Commercy, arrosée par celte rivière et entourée d’une beile forêt vers laquelle se dirige une de ses rucs tirée au cordeau, renferme un beau château que fit bâtir le cardinal de Retz, et que l’on a transformé en un superbe quartier de cavalerie. Les bords de !a rivière nous conduisent enfin à Vaucouleurs, qui tire son nom de la riche verdure ct des prairies émaillées de fleurs dont se pare sa charmante vallée. Cette ville de 2,655 habitants est construite en amphithéâtre; un petit canal, alimenté par la Meuse et par la fontaine de Vaise, augmente l’activité de scs tanneries et de ses fabriques de cotonnades. Elle a donné naissance à l’abbé Ladvocat, auteur pseudonyme du Dictionnaire géographique de Vosgien, et à la célèbre madame du Barri.

Couvert par une partie des Vosges ct par leurs ramifications, le département * qui porte le nom de celte chaine de montagnes se divise physiquement en deux paitics distinctes : l’occidentale et l’orientale, la plaine et la montagne. La première offre un sol assez productif : elle embrasse les arrondissements de Neufchâteau, de Mirecourt, ct la portion septentrionale de celui d’Epinal; les récoltes y sont abondantes, et quelques cantons produisent des vins estimés, mais que l’on transporte diflicilement hors du pays. La seconde, qui comprend les arrondissements de Saint-Dié, de Remiremont et la partie méridionale de celui d’Épinal, abonde en excellents pâturages et se couvre d'immenses forèts de sapins;

8 Contenances imposables. : hectares

hé Étangs, abreuvsirs, mares, canaux, + 1,175

Terres labourables. . « « « : 5 « 234,766 | Oseraies, oulraies, saussaiés, . . « + 8 Bois. + . 4 . . « + + + « + + 127,474 Contenances non imposables,

PPS. à 0 0 © 60 + 6 0 0 76,330 ! Forêts, domaines non pro‘uctifs, . . + 71,701

Loades, pâtis, bruyères, , . . , . 36,51 | Routes, chemins, places pubiq.,rues,etc. 12,071

Vergers, pépinières et jardins. . + + 4,605 | Rivières, lacs, ruisseaux . . . . . 2,9

F : 4,490 | Cimetières, églises, presbytères et bâtie.

Vignes. . . . « o … ° 1,189] mentspublicsm + . + + » + + o

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