‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 3)Chapitre 87 sur 203 · TERRESTRE · texte numérisé non relu

TERRESTRE

PE RIRE me

s’annoncont de loin par des cheminées posées à ras de terre, qui excitont un mouvement de curiosité, mais qui inspirent ensuite un sentiment ps nible pur l'idée que ces demeures souterraines sont humides et mafsaines.

Nous quitterons l'arrondissement de Senlis en traversant la jolie petito ville de Pon/-Sainte-Muxence, station du chemin de fer do Saint-Quentin, où l’on remarque sur l'Oise un beau pont construit par le célèbre arehjtecte Perronet, à qui l’on doit celui de Neuilly; il est soutenu por des colonnes détachées et décoré aux quatre coins par des obéiisques. Parmi les édifices du moyen âge que l'on remarque à Pont-Sainte-Moxcnce, le principal est le prétendu palais des ducs de Bourgogne, dont il reste on core une partie de la façade.

On prétend que Compiègne existait au temps des Romains, et que son nom latin de Compendium lui fut donné purce qu’elle renfermait des approvisionnements militaires considérables, Une vois romaine, impropre ment appelée chaussée de Brunehault, traverse sa boile forêt et semble altester l'antique origine de celte ville, qui n'acquit toutefois de l’importance que sous Charles le Chauve; ce prince la rebâtit et la nomma Care lopolis. 1 se tint à Compiègne plusieurs conciles, dont le plus mémorable est celui dans lequel l’empereur Louis le Débonnaire fut déclaré incapable de régner. Le château est un des plus remarquables par son étendue, la distribution et la richesse des appartements, et par l'ordonnance de ses jardins. On en attribue la fondation à saint Louis; Charles V, Louis XI, François ler, Louis XJIL et Louis XIV l'agrandirent; mais il fut rebàti par Louis XV, terminé por Louis XVI, ct restauré dans le goùt moderne par Napoléon, La Convention nationale y établit un Prytanée ; à son retour d'Égypte, Bonaparte y fonda l'Ecole d'arts et métiers qu'il transféra en 1806 à Châlons, Compiègne possède plusieurs édifices du moyen âge. L'église de Saint-Germain date du quinzième siècles celle de Saint- Antoine est du dougième, et le chœur est de deux siècles plus tard. La fondution de celle de Saint-Jacques remonte au commencement du trei= zième siècle, La tour des Jacobins, dont on voit les restes sur les bords de l'Oise, faisait partie du palais de Charles le Chauve. L'ancien hôte] dieu, qui sert d'hôpital militaire, a été restauré par saint Louis. L'hôtolde-ville est un joli édifice du commencement de l’époque de la renais sance, La ville renferme plusieurs belles maisons, mais ses rues sont mal percées ; elle élait autrefois entourée de murailles. Les Anglais en firent le siége en 1490, et c’est duns une sortie que Jeanne d’Are fut faite pri sonvière, En 4624, le cordinal de Richelicu conclut à Compiègne ui

toitont

nt pi”

saines.

) petite sentin, arehipor des Parmi nce, le ste On

que son des appropre semble l'imporma (are imoroble ncapuble ndue, la e de ses ouis XI, ebäti paï erne por bn retour nsféro en Dyen ÂgGe e Sainttard. La t du trei= les bords en hôte)- . L'hôtola renais= s sont mal s en firent faite pri-

iègne ub.

traité d'alliance avec la Hollande. Celte ville possède une bibliothèque publique et un petit musée dans les salles de l'hètel-de villes elle a un collége communal et une socitté d'agriculture ; sa salle de spectacle, dont la füçade est très-simple, est à l’intérieur décorée avec beaucoup d'élégance ; le pont, dont la première picrre fut posée en 4732 par Louis XV, est d’une assez belle construction, Compiègne est le berceau de Mercier, autour du Tableau de Paris,

Parmi les curiosités que l’on va visiter aux environs de Compiègne, nous devons citer dans la forèt, qui commence aux portes de la ville, la Faisanderie, et le village de Saint-Jean-auæ-Bois, dont l'église, d'un joli style ogival, a été construite, en 1152, par la reine Adélaïde, La muraille el les fossés qui entourent l’église, ainsi que la porte flanquée de tourelles que l’on y remarque, sont les restes de l'ancienne maison royale de Cuise, palais des rois des deux premières races, Enfin, à 3 licues de Compiègne, il faut visiter aussi les ruines du château de Pierrefonds, qui domine le petit lac et le joli village dont il fut longtemps la terreur. On sait que cette vicille forteresse, encore si imposante, fut bâtie vers 4399 par Louis, duc d'Orléans, comte de Valois, et démantelée en 4617 par ordre de Louis XI, qui ne voulut point laisser subsister au sein du royaume un refuge toujours ouvert au brigandage et à la rebellion. L'église du village date de 4206, mais le clocher est de 1552,

Noyon, station du chemin de fer de Saint-Quentin, est incontestablement antérieur à Compiègne; son nom celtique fut latinisé par les Romains en celui de VNoviomagus. Sous Charlemagne, qui s’y ft couronner, c'était le siège d'un évêché; il y termina la cathédrale qu'avait fait consiruire Pepin le Bref. Cet édifice est d'un beau style roman, c’est-àdire antéricur au style ogival. On remarque les bâtiments de l'ancien palais épiscopal, un hôtel de-ville du quinzième siècle, un hôpital, de jolies promenades ct des manufactures de toiles fines et de tulles, Quoique ancienne, la ville est bien bâtie, C’est la patrie du réformateur Calvin, de Sarrazin, célèbre sculpteur du scizième siècle, du ministre Roland et du consul Lebrun.

La singulière construction du château de Clermont, surnommé en Beauvoisis, au sommet d’une montagne dont la ville occupe la base, a fait croire qu’il avait été bâti par les Romains ct que ce petit chef-lieu remontait à la plus haute an‘'iquité. Cet édifice est du onzième ou du douzième siècle; il est compris dans les constructions dont se compose

la maison centrale de détention. La beauté et l'étendue des points de: vue VII. &i

qu'on y découvre sont principalement dignes d'attention. Cette ville, aujourd'hui station du chemin de fer dû Nord, a vu naître Philippe le Bel; elle était, au treizième siècle, la capitale d’un comté que saint Louis . donna à son fils Robert, tige de la maison de Bourbon, L'hôtel-de-ville pärait avoir été construit sous le règne de Charles le Chauve. Il $e faisait autrefois, à Clermont, au mois de mai, une espèce de pèlerinage en l’honneur de saint Jengou, patron des bons maris. Cette dévotion a cessé; peut-être faur. il en attribuer la cause au grand nombre de bons ménages. On sait que la moralité des habitants du pays s’est sensiblement améliorée par les progrès de l’industrie que le duc de Liancourt, dont la mémoire est vénérée à juste titre, a contribué à faire naîlre dans tout l’arrondissement, en la favorisant spécialement dans sa terre, située à une licue et demie de Clermont, Par ses soins, lé pauvre village de Ziuncourt, qui renfermait à peine 800 habitants, en compte aujourd’hui près de 4,300. Les environs sont mairtenant couverts de pelites fabriques qui offrent un moyen d'existence à la population laborieuse.

L’ancicnne capitale du Beauvoisis, petit pays habité jadis par les Bellovaci, portait, à ce que l’on croit, le nom de Bellovacum, avant qu’elle reçüt celni de Cæsaromagus. Beauvais est mal bâti; ses rues sont générälement assez larges, mais lé grand nombre de maisons en bois présentant sur la ruc leurs pignons irréguliers lui donnent un aspect désagréable. Ces vicilles habitations disparaissent chaque jour, et cependant il en est plusieurs qui méritcraient d'être conservées comme d'élégantes constructions du moyen âge. Sa grande place est décorée à l’une de ses extrémités par lhôtel-de ville, dont la façade à l'italienne est ornée de pilastres d'ordre ionique. Sa cathédrale, qui n’a pas été achevée et qui manque de uef, est célèbre par la beauté du chœur, dont les vitraux bleus et chargés de riches peintures, qui pour la plupart remontent au temps de saint Louis, répandent sur l’intérieur de ce temple une lueur romantique. Près de lu cathédrale l’ancienne église de la Basse-OEuvre mérite toute l’attenon de l’archéologue. Elle paraît être d’une origine romaine; ses murailles sont formées de rangées de petites pierres, alternant avec des rangées de briques. On la regarde avec raison comme un précicux monument du style roman primordial, L’église Saint: Etienne, plus ancienne que la cathédrale, cifre le passage des arcades cintrécs aax ogives. Ses vitraux, etsurtout ceux des chapelles qui entourent le clœu’, sont de la plus belle exécution : ils portent les dates de 1500 à 1575. Une jolic salle de spectacle, ainsi qu’un grand et bel hôpital, conâtruits tous les deux depuis peu, se font r'emar-

ie ville, hilippe le aint Louis el-de- ville l$e faisait e en l’hona cessé; ménages.

améliorée a mémoire l'arrondisne licuc et court, qui de 14,300.

offrent un

ar les Belant qu’elle sont sénéis présenésagréable.

tilen est $ construcextrémités le pilastres manque de et chargés Js de saint tique. Près Lute l’attens murailles rangées de ent du style cathédrale, urtout ceux cution : ils ainsi qu’un font remar-

+ RP tam

quer dans cette ville. Le vieux bâtiment de l'évêché qui comprend des restes de construction romaine, des portions appartenant à l'époque romane, d’autres à l’époque ogivale, et d’autres enfin à celle de la renaissance, nous présente encore quelques débris du château des comtes de Beauvais. Les anciens remparts, dont quelques portions datent de la domination romaine, sont convertis en promenades ; mais il ne reste plus rien de la muraille du moyen âge si heureusement défendue par Jeanne- Hachette. Beauvais, dont le commerce est considérable et qui possède des fabriques de draps, dont une occupe 150 ouvriers, des filatures de coton, des blanchisseries, et yne manufacture impériale de tapisseries de haute-lice employant 80 ouvriers, a donné naissance à plusieurs hommes célèbres, tels que Philippe de Villiers, de l’Île-Adam, grand-maître de Vordre de Malte, Restaut le grammairien, Lenglet-Dufresnoy, Mesenguy, l’abbé Dubos, littérateur, et Vaillant, célèbre antiquaire. Sa bibliothèque publique est peu digne d’un chef-lieu de préfecture ; elle ne se compose que de 8,000 volumes.

- Aux environs et dans tout l'arrondissement de Beauvais, on remarque une industrie aussi active que dans les autres parties du département, Non loin de cette ville, on fait de grandes exploitations de tourbe qui emploient plus de 4,400 ouvriers : celle de Bresle en nccupe seule près de 300 et produit à la commune un revenu de 40,000 francs. Près de ce bourg dont l’église est assez belle, le Mont-César porte encore les traces de l'enceinte d’un vaste camp romain. À Savignies, village qui n’est peupié que de potiers, on fabrique des cruches, des terrines et des tuyaux, pour la valeur de plus de 250,000 francs. Le long village d’Janvoile fabrique une grande quantité de serges connues sous le nom d’hanvoiles, Près de la petite ville de Chaumont- Oise, sur le Troêne, qui présente un aspect pittoresque qu’elle doit surtout à la position de l’église qui la domine, le joli village de Trye-Châleau, nous montre son ancienne demeure seigneuriale, convertie en une agréable maison de plaisance. Il ne reste plus rien des châteaux des sires de Flavacourt et de Sérifontaine ; Auneuil fabrique des blondes, et l’on compte dans ce canton près de 809 ouvriers en dentelles. |

L'Oise entre dans ie département de Seine-et-Oise ! près Beaumont,

1 Contenances imposables. . hectares, hectares | Landes, pâtis, bruyères, . , , . « + 10.024

Terres labourables. , , . « « ° + 967.741 | Vergers, pépin èreset jardins, , « , 7,660 Bois. + + + + . + so + + + 77,213 | Proprietes bâties, , ,', , F + 3651 Prés, ee + ee + 20,091 | Osvroies, aulnaies, saussaies, 147

Sn N6 + 16,711 | Étangs, abreuvoirs, mares, canaux, ,

qu’elle baigne. Cette vilie, de 2,207 habitants, dont la promenade est placée au sommet d’un plateau crayeux, a pour point de vue la plaine qui s’étend sur la droite de la rivière, C’est une station du chemin de fer du Nord. À l’'Ile-Adam, autre station, bourg où il y avait autrefois un trèsbeau château qui appartenait à la maison de Conti, il existe une manufacture de porcelaine. À une lieue de Zuzarches petite ville agréab'e parsa position, l’abbaye de Royaumont, que fonda saint Louis, a élé convertie en une importante filature de coton, ct des débris de son église on a construit un joli village.

Le bourg d’£couen est bâti sur une colline et dominé par un château qui passe avec raison pour un des plus beaux édifices du seizième siècle qui existent encore dans les environs de Paris. Ee connétable Anne de Montmorencyle fit construire en 4545 par Bullant, élève de Pierre Lescot, pour remplacer l’antique manoir de cette illustre famille. fl a été converti en succursale de la maison de Saint-Denis.

A Louvres, sur la route de Senlis, on remarque une ancienne église et un bâtiment gothique dans fequel la reine Blanche fonda un hôpital qui subsiste encore des dons de ectie princesse. Gonesse, qui vit naître Philippe-Auguste, et qui depuis Jonglemps a la réputation de faire de bon pain, possède un important commerce degrains, de farines et de fourrages. Enfin Won/morency, dont la forêt est le rendez-vous des promencurs de Paris, est une petite ville aux rues escarpées, dont un grand nombre de maisons jouissent d’une vue délicieuse. Près de la forêt on voit l’agréable séjour que J.-J, Rousseau appelait son £rmilage, et dans lequel Grétry mourut en 4813. Au bas de Montmorency, Pétang de Saint-Gratien ajoute à l'agrément de la position du nouveau village d'£nghien, station du chemin de ter du Nord, réunion d’élégantes maisons de campagne groupées autour de deux beaux élablissements de bains d'eaux sulfurcuses, achevés depuis 1822.

Pontoise s'élève en amphithéâtre au confluent de l'Oise et de la Viorne, petit cours d’eau qui y fait tourner vingt-deux moulins. Ses rucs sont étroites, escarpécs et tortucuses, mais on y voit de jolies habitations, un bel hôpital et une élégante église de l'époque de la renaissance, Les anciennes murailles qui Pentourent en partie sont ccies que l’armée de Charles VIT escalada lorsque cette ville fut enlevée aux Anglais en 1442.

hectares hectares Cultures diverses. , . . , . . . . 52: | Routes, chemins, plares publiques, : . 19,172 ; Rivieres, lacs, ruisseaux, AS D 2,906

Contenances non imposables. | Cimeuères, eglises, presbytères, bâti-

Foréts, domaines non productifs, , : 36,139] ments publics, , . . . . . . , 335

st plane qui fer du n trèsmanueparsa nverlie e on à

château je siècle \nne de Lescot, converti

église et ital qui tre Phide bon urrages.

neurs de pmbre de agréable | Grélry n ajoute ation du ne groufurcuses,

à Viorne, ucs sont tions, un Les anarmée de en 4442.

hectares

Les états-généraux y furent assemblés en 4564, et le parlement de Paris transféré en 4652, en 1720 ct en 1755. La rivière qui la baigne portait chez les Celtes le nom d’Isar, ce qui valut à celle ville celui de Brivisara, qui signific Pont-sur-l'Isar. Au septième siècle, l'Oise s’appela Znisa, ct la ville Pons Inisæ; cufin Juisa se changea en Æsta : Pontoise fut alors appelée Pons Æsiæ, puis Pontœæsia. Elle était traversée par une voie romainequi conduisait de Paris à Rouen: il en reste encore quelques traces dans les environs. C’est la patrie de Philippe de Bourgogne, quatrième fils du roi Jean, et du général Leclere, mort à Saint-Domingue.

La petite ville de Wan!es, importante station du chemin de fer de Rouen, surnommée la jolie, parce qu’elle est bien bâtie, et que sa position sur la rive gauche de la Seine offre des points de vue charmants, fut, suivant quelques auteurs, fondée au temps où les druides n’avaicnt point encore perdu leur autorité. Son origine parait fort ancienne, bien qu’on ignore le nom que les Gaulois ct les Romai:s lui donnaient; mais le gui de chêne qui figure dans ses anciennes armoiries, prouve que nos ancêtres vénéraicnt dans l’emplacement qu'elle occupe les pierres sacrées ct les autres emblèines du culte druidique, L'église Notre-Dame est un monument de la munificence de Blanche de Castille et de Marguerite de Provence, l’une mère et l’autre femme de saint Louis. L'architecture en est hardie: celle de Saint-Maclou est le seul reste d’une autre église qui devait être remarquable par sa beauté et qui fut bâtie en 4340. Le palais de justice est probablement du treizième siècle, et l'hôtel-de-ville, du scizième.

À une licue au-dessous de Mantes, la Scine baigne les murs du chàteau de Rosny, où naquit Sully, et dont le pare servit nar ses soins à valuraliser le müricr. Le château actuel à été construit pur le vertueux ministre de Henri IV; mais il a été considérablement agrandi par la duchesse de Berry, qui a fait élever à la mémoire de son malheureux époux une chapelle ct un hospice. Les importants établissements faits à cctte belle propriété ont changé le misérable village de Rosny en une réunion de maisons propres ct assez bien bâties. C’est une station du chemin de fer de Rouen.

Le bourg de La Roche-Guyon, agréablement situé sur la droite de la Seine, nous offre un autre château beaucoup plus remarquable que celui de Rosny, I fut bâti en 998 par un scigneur nommé Guy où Guyon. Une partie de ses dépendances est taillée dans la craie qui constitue la colline à laquelle il est adossé, El est dominé par la grosse tour ronde de l’ancien chateau aujourd'hui en ruines.

de (RE SPL ED FREDERIC SORA DTA ED OM D

Près de ce même bourg se trouve Z/aulile, dont le site a inspiré à Boileau sa belle épître sur les douceurs de la vie champêtre. A une lieue plus loin, en se dirigeant vers Mantes, on remarque à Vé/heuil une des plus belles églises rurales du département. Les créneaux qu’on aperçoit aux côtés au-dessus de la galerie de la porte latérale, datent du temps de la Ligue.

A 3 lieues au nord-est la petite ville de Magny, patrie du peintre Santerre, nous offre une large rue garnie de quelques belles maisons et une jolie église du seizieme siècle. Magny a été regardé par d’Anville comme occupant emplacement de l’antique Petromantalum.

Ea retournant sur nos pas, Meulan, stetion du chemin de fer de Rouen, bâfi en omphithéâtre sur la rive droitede la Scine, indique par son ancien nom de Mellentum, une origine celtique. Cette petite ville de 2,000 âmes offre encore quelques restes des fortifications qui la firent résister avec opiniâtretéaux inutiles attaques du duc de Mayenne. Nous traverseronsensuite Poissy, la patrie de saint Louis, peuplée de 4,300 habitants. Elle était autrefois la capitale d'un petit pays qu’on appelait le Pincerais, de son nom latin Pagus Pinciacensis ; Charles le Chauve y tint un parlement; elle était comprise dans le domaine de la couronne, et les reines y faisaient leurs couches. Blanche de Castille y répéta plusieurs fois à son fils ces paroïes remarquables : « J'aimerais mieux vous voir périr à mes yeux que de vous voir perdre l'innocence de votre baptême ; souvenez-vous que ce qui est onéreux au peuple ne peut jamais être glorieux au prince. » Il se tient toutes les semaines à Poissy un marché considérable de bestiaux dont la vente produit à la ville de Paris un droit annuel de près de 2 millions. L’ancien couvent des Ursulines a été transformé en une maison de détention. L'église, dont le chœur et le clocher ont été nouvellement restaurés, appartient en grande parlie au style roman.

La forêt qui commence à peu de distance de Poissy et finit à Saint- Germain, est une partie de celle qu’on appela la Laye jusqu’au onzième siècle, époque de la fondation de cette ville dont elle prit le nom ; elle est entourée de murs et occupe une superficie de plus de 4,250 hectares. La beauté de sa végétation, les larges ayenues dont elle est percée. en font une promenade magnifique pour la ville, qui jouit aussi, du haut d’une terrasse de 2,400 mètres de longueur sur 30 de largeur, d’un des plus beaux points de vue des environs de Paris; c’est sur cette terrasse même qu'est bèli le châleau commencé sous le règne de François Ier, et augmenté par Henri AV et Louis XIV. Saint-Germain est bien bâti, possède

nspiré à ne lieue une des aperçoit Lemps de

tre Sans et une e comme

> Rouen, n ancien )00 âmes avec Opisensuite Elle était s, de son rlenent; faisaient n fils ces yeux que s que ce e.» Ilse bestiaux de 2 milnaison de dent res-

à Saintonzième ; elle est tares. La e. en font ut d'unc des plus sse mêtne et augpossède

un vaste marché et plusieurs beaux quartiers. Cette petite ville communique, par un chemin de fer, avec la capitale, et l’on arrive sur le plateau même sur lequel elle s’élève à l'aide d’un chemin de fer atmosphérique. La route de cette ville à Puris borde la Seine et passe à Port-Marly, dont l’église est d’une architecture remarquable pourune église de village; un peu plus haut se trouve un bel abreuvoir adossé à une partie du mur de l’ancien parce royal de Harly-le-Roi ou la Machine : on ÿ voit encore la place des piédestaux sur lesquels étaient les beaux chevaux qui décorent à Paris l'entrée des Champs-Elysées et celle du jardin des Tuileries. Le bourg de Marly-le-Roi s'élève sur la hauteur, à la gauche de l’ancien domaine royal. Entre Port-Marty er le petit village de La Chaussée, on remarque les restes de la célèbre machine construite sous Louis XIV pour

“alimenter un aqueduc, long de 650 mètres, dont les plus hautes des

86 arcades s'élèvent à 25 mètres; monument qui produit un effet magnifique au somme de la colline de Zouveciennes, d'où ses eaux se dirigent par des canaux à Versailles. Cette vieille machine est remplacée par une pompe à feu de la plus belle exécution, qui élève les eaux à 180 mètres, mais n’en fournit pas une assez grande quantité. Plus loin est le parc de la Malmaison, qui vit Napoléon duns tout l’éclat de sa gloire et dans ces jours désastreux qui suivirent ses revers. Il ne reste plus rien du château qu’il habita. Le joli bourg de Rueil ou Ruel, peupié de 4,581 habitants, et dans lequel Richelieu possédait une maison de plaisance, se montre au pied d’une colline plantée de vignes. L'église renferme le beau mausolée de l’impératrice Joséphine, ainsi que les tombcaux de plusieurs autres membres de sa famille.

Sur la rive droite de la Seine, on aperçoit Argen/euil, bourg de 4,767 habitants, dont les vignobles produisent, année commune, plus de 100,000 hectolitres de vin; quelques pans de murailles y indiquent l'emplacement d’un monastère fondé au septième siècle, et célèbre par la retraite d'Héloïse, qui en devint la supérieure. Argenteuil communique aujourd'hui avec la capilale par une ligne particulière de chemin de fer.

Sur la rive gauche de la Seine, nous traverserons Saint-Cloud, station du chemin de fer de Versailles, rive droite, appelé Nogent jusqu’à la mort de Clodoald, fils de Clodomir, roi d'Orléans, qui s’y retira dans un ermitage pour éviter la mort dont il était menacé par Clotaire, son oncle, assassin de ses frères. Le château appartenait à Jérôme de Gondy, lorsque Henr: ‘I y fut assassiné par le moine Jacques Clément, Le cœur du malheureux prince fut déposé dans l’église du village, avec cette inscription :

Passant, plains le sort des rois. Louis XIV acheta ce domaine et le donna au duc d'Orléans, son frère, qui y fit construire le château ectucl, devenu royal et beaucoup plus voste après l’acquisilion qu’en fit la reine Maric- Antoinette, Bonaparte, à son retour d'Égypte, y fit assembler, le 9 novembre 4799, le conseil des Cinq-Cents, dont la dissolution à main armée a rendu célèbre cette journée, connue sous le nom de 18 brumaire duns les fastes de notre révolution. C'était la résidence qu'il affectionnait le plus: il la fit restaurer et meub'er avec un luxe vraiment royal; et, pour embellir la vue qui de lPappartement principal donne sur le parc, on construisit la petite tour que couronne une copie en terre cuite du joli monument qu’éleva à Athènes le sculpteur Lysicrate, et que les antiquaires ont surnommé la lanterne de Démosthènes, mais que les Parisicns persistent à appeler la lanterne de Divyène. Le chemin qui borde la rivière et conduit à Sèvres, nous permet d'apercevoir le village de Meudon, qui dut sa réputation à Rabelais, avant que le cardinal de Lorraine y fit construire le château dont Louis XIV fit l'acquisition pour le dauphin. Au picd de la montagne qui couronne ce château, on voit la céièbre verrcric élablie autrefois à Sèvres. Ce bourg, qui, réuni à une partie du village de Chaville, s'étend sur une longueur considérable, renferme 4,750 habitants, On y remarque la beile manufacture impériale de porcelaine, dont les produits surpassent ce que l’on fait de plus beau dans ce genre en Europe, et où l’on exécute aussi de magnifiques peintures sur verre, On y admire un musée céramique du plus grand intérêt: il renferme des potcries de toulcs les époques et des principales contrées connucs. L'entrée de Versailles par la route de Paris répoudrail à l’idée qu’on se fait d'une ville royale, si cette large avenue à quatre rangs d'arbres qui conduit à la place d’Armes élait bordée de constructions régulières. Elle offrirait alors avec la vue du château en perspective l’ensemble le plus majestueux. De jolies maisons présentent d’abord leurs façades : ici, c’est une vaste prison dont la triple entrée laisse voir les guichets et les verrous : là, une belle caserne fait face à l’ancien hôtel des Menus-Plaisirs, où se tinrent les fameuses assemblées des états généraux; plus loin, le tribunal civil, celui de commerce, et les bâtiment! qui, avant la révolution de 4830, servaient au logenient de tout ce qui composail la véncrie, et qui sont consacrés à l'École normale primaire de l'académie de Puris, s’élèvent vis-à-vis de l’hôtel de la mairie, et avenue se termine à droite et à gauche par les grandes et les petites écuries, converties cn casernes de cavalerie. Les belles façades de ces deux constructions, vues de l’entrée

donna devenu

» Marice 9 noin armée ire duns nuait le et, pour parc, on e du joli les antiles Pariui borde » de Meu- Lorraine r le daula céièbre partie du me #,700 orcelaine, | ce genre Sur Verre.

ferme des cs.

déc qu’on irbres qui ières. Elle ble le plus : ici, c’est et les ver-

s- Plaisirs, \s loin, le révolution rie, et qui ris, s’clèdroite et à asernes de e l’entrée

* FANS PAS AE Fe

du château, la grande ailéc qui les sépare, les deux autres qui bordent leurs flancs, les bois qui dominent lout autour la ville, font un effet maguifique. Mais en jetant un coup d'œil sur ce palais, où deux portiques d'ordre corinthien s’avancent de chaque côté d'un bâtiment en briques, on ne peut excuscr le disparale qu'il présente qu’en se rappelant le sentiment de vénération avec lequel Louis XIV conserva le vieux rendez-vous de chasse de son père. Cependant la nouvelle destination que cette ancienne résidence royale a reçue en 4837 du roi Louis-Philippe, qui l’a transformée à grands frais en un immense musée historique, en a modifié plusieurs parties intérieures et extérieures. Lorsqu'on arrive dans Îe grande cour de ce château, les seize statues colossales en marbre blanc, rangées à uroite et à gauche, et représentant Suger et Richelieu, Duguesclin ct Bayard, Suily et Colbert, Turenne et Condé, Suffren et Tourville, Duquesne et Dugay-Trouin, Lannes ct Jourdan, Mortier et Masséna; lo belle statue équestre en bronze de Louis XIV; l’inscriotion : À loules les gloires de la France, qu’on lit sur le fronton des deux ailes qui s'avancent de chaque côté de l’ancienne cour de marbre, complétement restaurée, annoncent l'entrée d'un édifice consacré aujrard'!ni à conserver le souvenir de tous les hommes et de tous les fai ont la patrie se glorifie. Nous n'entreprendrons pas la laborieuse descripron des merveilles renfermées dans ce musée national que l'Europe nous envie ; nous renverrons le lecteur aux ouvrages spéciaux, et surtout à celui de M. Gavard, qui reproduit la plupart des tableaux et des statues que l’on y admire.

Lorsque l’on considère que toute la longueur du palais est de 600 mètres ; que les galeries y occupent deux, et dans plusieurs parties trois élages; qu’elles sont généralement sur deux rangs, el dans quelques endroits sur trois; qu’en un mot, celles présentent un dévelappement de 3,000 mètres au moins, c’est-à-dire de trois quarts de lieue de longueur; qu’elles sont garnies de plus de 3,000 tableaux et un nombre considérable de bustes et de statues, on est fondé à dire que ce musée est unique dans son genre, d’abord par son immense étendue, et en second lieu par l'intérêt qu’il présente.

C'est du côté du jardin que le palais de Versailles sc déploie majestucusement ; c’est de ce côté que la magmifirenee de Louis XIV semble renaître dans tout ee qui re:race son souvenir; cependant, malgré son imposante façade, cc palais n’est pas sans défauts : on s’accorde à reconnaître que le corps du milieu s’avance outre mesure, et que les deux ailes ont trop de

développement. La critique se laisse désarmer à l’aspect de ces bronzes, VII, 4

Page 1