‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 3)Chapitre 95 sur 203 · CA · texte numérisé non relu

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coule à ses pieds, on voit au milicu des prairies les imposantes ruines d’un aqueduc bâti par les Romains et attribué à Constance Chlore. Elle est le siége d’un évêché ; sa cathédrale est un des plus beaux édifices gothiques de France.

Des travaux immenses commencés sous le règne de Louis XVI, continués sous le régime impérial, interrompus sous la restauration, et termines sous le régne de Louis-Philippe, donnent à Cherbourg une importance incontestable comme place de gucrre, port militaire ct ville de commerce, Huit redoutes en défendent l’entrée, tandis que trois forts et une grande batieric sont disposés de manière à défendre ceile de la rade. La profondeur des caux de celle-ci est de 14 mètres pendant les plus basses marées. Elle est fermée parune digue longue de 3,866 mètres, large de 80 à sa base et de 30 à son sommet. Bien que cette digue aitété commencée sous Louis XVE, elle n’est pointencore entièrement terminée, Sa construction a présenté tant de difficultés, qu’on peut la regarder comme uneeñtreprise gigantesque : on y a d’ahord employé des cônes en charpente de 23 mètres dehauteur, de 20 mètres de diamètre à leur sommet et de 46 à leur base, Ces cônes remplis de pierres ont été coulés à fond, ct les intervalles comblés en pierres perdues ; les efforts de la mer les ontrenversés, et c’est à force de picrres accumulées qu'ils ont pu résister à la fureur des tempêtes. 250,000 mètres cubes de pierres perducs et de 5iocs énormes de granit et de grès composent cette masse. Elle préserve de la lame les vaisseaux mouillés dans la rade. Il n’y avait à Cherbourg qu’un port destiné au commerce, lorsque l’on fit creuser un port militaire, qui peut contenir 50 vaisseaux de ligne toujours à flot dans ies plus basses marées. Il est entouré de magasins et de chantiers propres à la construction de navires du premier rang. La ville est irrégrlièrement bâtie: le seul monument qu’on y remarque est celui qu’on a élevé en granit sur la place d’Armes, en mémoire du débarquement du duc de Berry en 4844: nous devons cependant citer l'hôpital de la marine. La température de Cherbourg est très douce, relativement à sa latitude; en hiver le thermomètre y est toujours de 5 degrés plus élevé qu’à Paris : ce qui confirme ce que nous avons dit de l'influence du voisinage de la mer. Sa proximité du cap de la Hogue rend sa position identique avec celle delantique Coriallum. Au dixième siècle Cherbourg s'appelait Carusbur ; il était fortifié ct commerçant, Compris dans l'apanage de Charles le Mauvais, celui-ci le 1ivra au roi d'Angleterre, ct ce fut la dernière conquête que fit Charles VIT; en 1758, les Anglais le pillèrent et détruisirent son port et ses fortifications ; en 4815, les Prussiens tentèrent vainement d’ÿ

entrer. Cherbourg possède une Société académique, un musée, une biblio thèque qui ne renferme encore que 2,500 volumes.

A l'extrémité de la presqu’ile du Cotentin, dansla direction du nordest, Barfleur, cité considérable à l'époque où Guillaume le Conquérant y prépara son expédition contre l'Angleterre, n'est plus qu'une ville d’un mi!lier d'habitants, dont le port est en partie comblé par les sables. On y a construit deux phares, dont le plus remarquable a 83 mètres de hauteur. Dans.la partie opposée de la presqu'île, on bâtit un autre phare qui s'élève à l'entrée du Raz Blanchard vers ia pointe d’Auderville ou de la Hoguc.

C'est à 5 licues au sud-est de Cherbourg que la jolic ville da Vuloynes patrie de Letourneur et du célèbre Vic-d’Azyr, occupe un agréable vallon arrosé par le Merderet, à peu de distance des ruines de luantique cité d’Alauna. Elle a perdu les manufactures de draps qui lui donnaient jadis de l'importance. Cn y fabrique seulement des feutres pour la campagne, et des denteiles estimécs.

Aou & lieues au nord-est de Valognes, s’étend une petite presqu’ile appelée La Houguc et qui se termine par un cap du même nom. Eur cette presqu’ile s'élève un fort qui, même à la marée basse, est entouré d'eou presque de tous côtés, et qui ne communique avec l'intéricur des terres que par un étroit passage appelé le Sillon. La rade de La Hougue cst célèbre par le combat naval du 29 mai 1692, dans lequel le maréchal de Tourville, après avoir combattu un jour entier avec 46 vaisseaux, contre une flotte anglo-hollandaise de 90 voiles, fut complétement défait malgré des prodiges de science et de courage que lesennemis mèmes admirèrent. Les navires qui voguaient dans l’ansce et les parages de Lu Hougue prenaient souvent pour guide la tour de l’église du bourg appelé Sainte. Marie-du-Mont, et dont la population est de 1,500 habitants; mais dans lé nuit du 24 au 25 janvier 1840, la foudre est tombée sur celle ancicnne église, ct son beau dôine, le beffroi , les trois cloches et la voûte ont été entièrement renversés.

Nous ne ferons que traverser Carenfan, peuplée de 3,000 âmes, protégéc par un efäteuu fort, entourée de fortifications en ruines, ct située au milieu de marais malsains.

Sain!-Ld, chef-lieu de la préfecture, nous arrêtera un instant. On croit que cette ville s’appelait originairement Briovera, nom qui sign fe Pont sur la Vèré, ou si l’on veut, sur la Vire, qui la traverse. Le nom qu’elle porte aujourd'hui vient de saint Laud, qui naquit sous Clovis, et qui fut évèque de Coutances. L'église Notre-Dame est d’une élégance et d’une légèreté re

marquables; celle de Sainte-Croix est regardée comme le mieux conservé de tous les monuments français d'architecture saxanae., L'hôtel de la préfecture est le principal des édifices modernes. Avantla conquête de ta Normandie par Édouard HE, ertte ville était l'une des plus importantes de la province par son indus;1es aujourd’hui elle renferme de nombreuses fabriques de tissus de laine, et sa coutelleric est estimée. Saint-LÔ possède un collège communal et unc bibliothèque publique qui ncrenfermeque 4,500 volumes; mais on y a fondé un musée d’antiquités, d'histoire naturelle etde tableaux, une société d'agriculture, une société philharmonique ct une société d’archéologie et d'histoire naturelle ; on y distribue chaque année des primes d'encouragement pour l'amélioration des races bavine et chevaline. Saint- LÔ doit être un jour une des principales stutions du chemin de fer de Paris à Cherbourg, par Caen.

Dans les environs de Saint-Lô, plusicurs villages tels que Remilly, le Menil. Vigot et le Menil-Eury, font un grand commerce d'ouvrages en osier : cette industrie produit un bénéfice de plus de 100,000 francs.

Une chainc de rochers qui occupe de l’est à l’ouest une longucur de 6 lieues, entre l'embauchure de la Vire et celle de l'Orne, dui lu dénomination de Calvados au naufrage d’un vaisseau de ce nom qui faisait partie de l’escadre que Philippell envoya en Angleterre en 4588. Dans les fortes marées ces rochers ne présentent au-dessus des eaux qu’une surface plate de quelques centaines de mètres de longueur surune trentaine de largeur ; quelquefois même ils disparaissent entièrement sous la surface de l'Océan. Ce sont eux qui ont servi à désigner.ce département maritime, circonscrit sur le continent par ceux de la Manche, de l'Orne et de l'Eure: département important par ses récolles, ses bestiaux, ses houillères, ses marbres, ses granits ct son industrie ?, L’Orne, la Dive ct la Touques sont les prin= cipales rivières qui l'arroseut du sud au nord. Cette dernière, qui passe à Lisicux et à Pont-L'Évèque, coule dans une vallée connuc anciennement sous le nom de Vallée d'Auge, ct qui, creusée au milieu de calcaires recouverts d’argiles, est renominée par ses excellents pâturages, dans lesquels on engraisse des bœufs qui se font remarquer aux marchés de Sceaux et de

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hectares | Cultures diverses. . . , , . . 98 Terres labourables. . + . . 316,123 | Oseraies. aulnaies, saussaies. . . . . 30 Prés. + + à + + + « 123,059 Contenances non impnsables. Vergers, pépin.ères et jardins. 46 3:5 | Rou'es, chemins, prices pur'iques, rues, 13,891 lois. MR EU ; 39 795 | Forèts, domaines non prouuctifs, « . , 2.793 Landes, patis. bruyères. + + . . . 13.116 | Rivières, lacs, rui seaux. . , , . . . 2.175 Prosriétés bâties 3 358 | Cimetières, églises, presbytères et bâti. Etungs, ubreuv , mares, canaux d'ivrig, 305/ mentspublics. , . , , . . . «

Poissy, animaux que l’on achèle dans les départements de la Sarthe, de la Mayenne, des Côtes-du-Nord, du Finistère ot de la Vendée. Cette vallée et quelques autres qui l’avoisinent forment l’ancien pays d’Auge. Entre la Vire et l'Orne s'étend un autre joli pays appelé le Bocage, dent Vire était autrefois la capitole. Enfin, entre ces deux petits pays se trouve la plaine de Cacn, Ce: trois divisions forment autant de régionsnaturelles qui offrent quelques r2ractères assez tranchés.

Les habitants du Bocage se distinguent par une taille moins élevée que celle des habitants de la plaine de Caen et du pays d’Auge; ils ont le teint pâle, le regard vif, un profond attachement pour leur sol et un grand amour du travail, Les femmes y partagent avec les hommes les rudes travaux de l'agriculture: elles sont en général maigres, robustes ct fécondes. Les progrès de la civilisation se font peu sentir dans cette région ; le costume des hommes et des femmes y a peu changé depuis des siècles.

Les hommes de la plaine de Caen ont la taille élevée : ils sont remarquables par leurs belles proportions, leurs muscles bien prononcés et leur teint coloré. Les femmes n’y travaillent point à la terre : aussi conserventelles l'avantage de leurs formes et de leur taille, Cette population reçoit plus facilement que celle du Bocage l’influence des villes: elle est plus soumise à l'empire de la mode ; le costume y a changé plusieurs fois depuis trente ans, mais le goùt ne préside pas toujours au choix qu’elle en fait: cependant il faut avouer que les hauts bonnets des femmes, quoique surchargés de dentelles, se marient assez bien avec la coupe de leur visage,

La population du pays d’Augea des caractères moins locaux que celle du Bocage, ei se distingue moins nettement que celle de la plaine de Caen.

Les hommes y sont d'une assez haute stature, mais plus disposés à l’obésité ; leurs mouvements sont plus lents ct leur intelligence moins vive : les femmes ne s'occupent que des soins du ménage ; elles ont de la finesse dans les traits et de la fraicheur.

Il est encore à remarquer un fait assez singulier, c’est que les causes qui, dans le Bocage, influent sur la taille des habitants, ont la même action sur les animaux. Les vaches, les moutons, les chevaux y sont d’une petitesse qui contraste avec les belles et grandes proportions des animaux de la plaine de Caen ct du pays d’Auge. Ces différences s'étendent même à quelques animaux sauvages : le lièvre, le lapin, la perdrix, sont rès-petits comparèés aux animaux de la même espèce, qui habitent la plaine. Les poules du pays d’Auge, de la grande espèce, transportées dans la plaine et le Bocage, y poudeut moins et finissent par dégénérer,

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Au fond de la baie où la Vire, au milieu de sobles mouvants, so jette dans la Manche, Zsigny possède un petit port et fait un commerce considérable des produits de son territoire, renommé par la bonté de son citre et l'excellente qualité de son beurre dont il expédie plus de 4,600,000 kilogrammes par an. Sa population n’est que de 2,263 habitants, [l est peu de spectattes aussi riches que celui que présentent les pôluroges, les champs ct les vergers qui, sur un espace de 7 licucs, séparent 1signy de Bayeux, future station du chemin de fer de Cherbourg : cette dernière ville est la cité d’Arægenus ou de Baïocasses, qui, du temps de César, possédait au milieu des forêts une célèbre école dirigée par les druides, Une seule grande et belle rue la traverse dans sa longueur; les autres sont en général, mal bâties. Sa cathédrale, d'un beuu style gothique, est décorée d’un magnifique portail, surmonté de trois clochers d'une hardiesse surprenante. Son extérieur n’est pas ce qui doit fixer l'attention : elle possède un trésor dont l’une des principales curiosités est la tapisserie de la reine Mathilde, représentant les exploits de Guillaume lo Conquérant, Les deux plus importantes branches d'industrie de cette ville sont les dentelles et la porcelaine, Elle a vu naitre Alain Chartier, le père de l'éloquence française, et Olivier Basselin , qui n’est pas moins célèbre pour avoir inventé le Vau-de- Vire, chanson piquante qui, dans l’origine, n'eut des échos que sur lesbords. de la Vire, et qui, devenue à la mode au sein de la capitale, prit le nom de vaudeville. Bayeux possède une bibliothèque publique do 7,000 volumes.

Vire, ainsi appelbe.de la rivière qui la baigne, est une jolie ville qui, sous Philippe Auguste, n’était qu’un châicau. Condé-sur-Noireau, dans une vallée profonde au confluent de la Drouance etdu Noireau, renferme 6,368 habitants, un grand nombre de flatures de coton, et de fabriques de divers tissus, ainsi qu'une bibliothèque publique de 6,000 volumes. Cette petite ville s’enorgueillit à jmste titre d’avoir donné le jour à l'amiral Dumont d'Urville.

Au milicu d’un territoire couvert de bois, de pâturages et d’arbres fruitiers, une colline s'élève au bord de la petite rivière de l’Anté; une longue ville est bâtie sur celte colline ; c’est Falaise, cité d’origine normande, où l'on trouve une bibliothèque publique de 7,000 volumes, ct une société académique, Elle est entourée par trois faubourgs. L'un d'eux, celui de Guibray, sufhrait pour la rendre célèbre; il s’y tient annueilement deux des plus considérables foires de l'Europe : l’une, du 40 au 26 août, est renommée pour les chevaux de luxe ; l’autre, qui se tient pendant huit jours,

depuis le 8 septembre, est destinée à la vente des besliaux et de diverses autres morchandises. On remarque dans ce faubourg un chêtcau-fort dont il reste une tour bien conservée : c’est là que naquit Guillaume le Conquérant. Une route assez belle conduit de celte ville au chcf-licu du département.

Nous ne cherchcrons point à fixer l’époque de la fondation de Caen : elle ne paraît pas être antérirure au dixième siècle. Dans les actes de ce temps on lui donne les noms de Cadon, Cadum, Cathim, Cahon ct Cahen. Elle était autrefois entourée de murailles ct flanquée de 20 tours, dont une qui existe encore est appelée la tour Guilloume-le-Roy; plusieurs de ses rucs sont larges et garnics de bvlles maisons; ses édifices publics ont beaucoup d'apparence; l’exccllente qualité de la picrre à bâtir que l’on exploite à scs portes contribucra facilement à en faire une de nos plus belles villes. Sa place Impériale, de forme carrée, est vaste ct régulière ; Phôtel-de-ville, édifice d’une élégante simplicité, en occupe l'extrémité ; le centre, qui scrt de promenade, est orné d’une statue en bronze représentant Louis XIV. Quelques-unes de ses neuf églises sont remarquables;

celle du château est la plus ancienne, à en juger par les arches cintrées pe de sa porle ct de ses fenêtres; la tour de celle de Saint-Pierre est un qu modèle de légèreté; l’église de l’abbaye de Saint-Eticnne renferme le sa

tombeau de Guillaume le Conquérant, qui la fonda. L'ancien châteaufort, qui Ît partie des fortifications bâties par Guillaume, le bel établissement de l'Hôtel-Dicu, transféré dans l’ubbaye aux Dames, l'établissement philanthropique du Bon-Sauveur, ct le palais de justice, orné d'une belle de colonnade, méritent aussi d’être visités. La ville est surtout importante

par ses établissements d'instruction et ses sociélés savantes; sa biblio- . thèque publique qui renferme 47,000 volumes, ct son musée où lon la | remarque des tableaux du Pérugin, du Poussin, de Rubens, de Vien ct de v Philippe de Champagne. A Cacn on apprécie le mérite des savants ct des fr littérateurs. Cette vilie s’enorgueillit d’être la patrie de Malherbe, de 3 Segrais, de Malflâtre et de Huct, évêque d’Avranches, etc. En quittant of les murs de celte savante cité, qui, par son industrie autant que par ses cc lumières, exerce une heureuse influence en Normandie, nous ferons remar- fo | quer la beauté du vallon qu’elle occupe au confluent de l’Odon ct de l'Orne, ‘ L | Pactivi.é de son petit port, ct la charmante promenade appelée le Cours, la tracée au milieu d’une verte prairie qui borde la rivière. Elle sera un jour C

traversée par le chemin de fer de Cherbourg qui viendra à Mantes se souder à la ligne de Rouen ct passera par Saint-L0, Bayeux, Lisieux et Evreux.

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Celui qui vient de visiter Caen dans ses détails ne peut voir qu'avec un faible intérêt les trois dernières villes qui restent encore à examiner dans le Calvados : aux yeux du voyageur superficiei, Lisieux n’est qu’une ville assez jolie entourée de fossés et de vieilles murailles; mais l'habitant instruit lui fera remarquer l’ancienne cathédrale, lui rappellera que Litarde en fut le premier évêque au sixième sièc!e, et que Jean Hennuyer occupa ce siège; que dans le palais épiscopal l'escalier mérite d'être vu; que chez nos ancêtres cette ville portait le nom de Noviomagus. remplacé plus tard par celui de Lexovium, et le négociant ajoutera à ces détails qu’elle est le centre d’une grande fabrication de toiles, de couvertures et derubans, qui occupe plus de 3,000 ouvriers. Elle possède des sociétés d’agriculture, d’émulation et philharmonique.

Pont-l'Évéque n’offre pas le même intérêt; on y fabrique toutefois beaucoup de toiles; on y fait un grand commerce de beurre et de fromage, mais cette cité est peu peuplée et mal bâtie. Le bourg de Beaumont, près de cette ville, mériterait peu d’être cité, bien qu’il s’y fasse un assez grand commerce de bestiaux, si nous n'avions à rappeler qu’il est la patrie du célèbre géomètre Laplace, et qu’en 1835, sur l'emplacement qu’occupait la maison où il est né, on a inauguré un monument élevé à sa mémoire, et qui consiste en un édifice dans lequel se trouvent une école primaire ct une salle pour la mairie.

En allant de Pont-Audemer à Honfleur, on ne peut se lasser d'admirer le beau point de vue qui s'offre à l'extrémité du haut plateau qui le domine : ou est entouré de bois ; mais par une échappée qui fait mieux ressortir la richesse du paysage, on aperçoit l’embouchure de la Seine, la mer qui se prolonge à l’horizon el les maisons de Honfleur adossées à la côte de Grâce dont le sommet, ombragé d'arbres, porte une chapelle en vénération chez les marins. La ville est irrégulière et sale; l’église la plus fréquentée est construite en bois; mais le port, qui ne peut contenir que 30 navires, et que deux phares font reconnaitre la nuit au navigateur, offre un mouvement continuel par ses relations avec le Havre, par son commerce et par la pêche du hareng, du merlan et du maquereau. Autrefois ce port était plus florissant,: il a fourni de bons marins à la France. Les anciennes chartes désignent Honfleur sous le nom d’Honvefleu, dont la racine signifie dans les langues du Nord : hameau sur un pelit golfe. Cette étymologie parait assez naturelle.

L'heure de la haute mer approche; les navires couchés dans le port se

relèvent lentement sur leurs quilles; les sables mouvants oui rendent VII, 47

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l'embouchure de la Seine si dangereuse, disparaissent sous les flots ; la cloche du bateau à vapeur avertit le voyageur qui veut faire la traversée du Havre que le moment du départ est arrivé, et en moins d’une heure l’espace de trois lieues est franehi, et l’on arrive au chef-licu de la Seine- Inférieure 1, le plus important après Rouen : on évalue sa population à 50,332 individus, en y comprenant celle du faubourg d'Ingouville et de la partie de Graville, aujourd’hui réunis à la ville et ne formant plus qu’une seule commune. Ce qui frappe d’abord les regards en entrant daps le port du Havre, c’est la tour de François Ier, vicille construction qui rappelle les fortifications dont ce prince entoura la ville; elle sert maintenant à signaler les bâtiments qui se présentent en mer. Six bassins communiquent avec le port que protègent quelques fortifications qui doivent être augmentées. La ville se divise en vieux quartier, dont les rues sont assez régulières, mais mal bâties; et en nouveau, qui borde le bassin d’Ingouville, et dont les belles constructions et la régularité sont dignes de l'importance commerciale dont ce port jouit depuis la paix. C’est surtout vis-à-vis du bassin du Commerce de la mâture, que l’intérieur du Havre est imposant : une belle place plantée d'arbres que décorent les statues de Bernardin de Saint-Pierre et de Casimir Delavigne, un beau quai, une grande rue qui traverse la ville depuis la porte d’Ingouville jusqu’au port, la façade de la salle de spectacle, des cafés et de belles maisons se présentent dans tout leur avantage. Les. édifices publics ne répondent point encore à la richesse de la ville : la sous-préfecture, la bourse, le tribunal et les deux églises sont sans importance par leur construction, L'hôtel-de-ville est un bel édifice. La bibliothèque publique ne possède pas plus de 8,000 volumes. En quittant le Havre, nous donnerons une idée favorable de son commerce par le relevé des sommes que perçoit chaque année la douane de cette ville : cette somme est d'environ 34 à 40 millions sur les importations, et de 50 à 60 millions sur les exportations. Il entre chaque année dans le port plus de 3,000 navires de toutes grandeurs et de toutes nations. Nous rappellerons aussi que le Havre est la patrie de mesdames de Scudéry et de La Fayette, du sculpteur

! Contenances imposables. hectares

hectares | Oseraies, aulnaies, saussaies, , . . . 150

Terres labourables. . . + + + + + 378,017 | Cultures diverses, - . . …..... 9 Bois. -. « «ee + + + + + + + 08,845 Contenances non imposables.

Vergers, pépinières etjardins. , . . 61,173 | Forêts, domaines non productifs. . . . 24,876

Prés. , + 4 + + + + . + 33,028 | Routes, chemins, places publiques, rues. 14,143

Landes, pâtis, bruyères, etc., eto. . . . 18,273 | Rivières, lacs, ruisseaux. 5,223 Propriétés bâties. +. . * 3,108 | Cimetières, églises, presbytères, bâti-

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