‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 3)Chapitre 96 sur 203 · LIE · texte numérisé non relu

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EUROPE, = DESCRIPTION DE LA FRANCE, 97t

Beauvarlet, de Bernardin de Saint-Pierre et de Casimir Delavigne. Cette ville possède une école d’hydrographie et deux sociétés savantes : l’une dite d’études diverses, et l’autre d’études commerciaies. C’est vraiment aujourd’hui que l’on peut dire que le Havre est le port de Paris; il en est séparé par un trajet de quelques heures seulement; la gare du chemin de fer est à 229 kiiomètres de ceiie de Paris, et 89 de celle de Rouen.

Traversons le quartier d'Ingouville, qui renferme de charmantes maisons de campagne, et, après avoir gravi la côte sur laquelle il s’appuie, remarquons les deux phares construits à l’extrémité du plateau qui forme le cap de la Hève, et qui s'élèvent de 450 mètres au-dessus du niveau de la mer. L’architecture en est beile : ils sont destinés à indiquer pendant la nuit les dangers de celte côte. Dans une charmante vallée qui divise le plateau et qu’arrose la Lézarde, la petite ville de Montivilliers, peu industrieuse, mais peuplée d’un grand nombre d’étrangers attirés par l’agrément de sa situation, nous offre une belle église gothique, un temple protestant, un collège communal, un hospice et une petite salle de spectacle. |

A l'extrémité septentrionale du plateau, une jolie vallée descend à la mer et se termine par le port de Fécamp, ville de 41,404 habitants, qui jouit du double avantage que lui offrentses fabriques de cotonnades et ses armements pour la pêche de la morue. Au sud de celle-ci, une autre vallée, l’une des plus pittoresques que l’on puisse voir, renferme la jolie ville de Bolbec, peuplée de 10,000 âmes, arrosée par une rivière du même nom et enrichie par ses filatures et ses indiennes. Avant de se jeter dans la Seine, ce ruisseau passe à Zillebonne, bourg qui remplace l’ancienne ville de Julio-Bona, dont l’importance est attestée par les restes de trois voies romaines et par des fouilles récentes qui ont fait découvrir les débris d’un théâtre, des statues et d’autres objets d’antiquité.

Harfleur, station du chemin de fer, jadis ville importante, et dont le port est aujourd’hui comblé par les sables et transformé en prairies, n’a plus que 4,800 habitants. Située à une lieue et demie du Havre, elle n’a pour se soutenir que le produit de la pêche, que ses pâturages où l’on élâve des bestiaux, que sa fabrique de faïence et sa raffinerie de sucre. Son église, bel édifice gothique, construit au temps de la domination anglaise, est surtout remarquable par sa flèche élégante que la foudre renversa en 4822, mais qui fut complétement restaurée en 1834.

A 6 lieues au nord-est du Havre, le village d’Éfretat, caché au milieu des falaises mérite quelque attention. Il est fréquenté dans la saison des

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37a LIVRE CENT QUATRE-VINGT-UNIÈME,

bains de mer, par les touristes parisiens. L'église est un joli monument d'architecture gothique. Le village tire sa principale subsistance de la pêche et de la fabrication du calicot que les hommes tissent lorsqu'ils ne peuvent plus s’occuper à la pêche du hareng.

Si la beauté des sites, la fertilité du sol, l'abondance des arbres fruitiers, l’embonpoint des bestiaux, et ie soin que l’on prend des volailles, ne nous anr..r “aient que nous sommes dans le charmant petit pays de Caux, la phy: .omie des femmes, la fraicheur de leur teint, leurs grâces sans recherche, leur haute stature, l'élégance de leur habillement et de leur coiffure pyramidale, suffiraient pour nous le rappeler. Caudebec était autrefois la capitale de cette petite contrée où l’agriculture est portée à un point de perfection pour ainsi dire admirable ; où chaque habitation, entourée d’arbres de diverses espèces, contribue tellement à varier le paysage, que depuis le Havre jusqu’à Rouen, les rives de la Seine sont plus dignes d’admiration que les bords tant vantés de la Loire. Il est donc inutile de peindre ia jolie situation de Caudebec, au pied d’une montagne boisée que baigne la Seine : dans ce pays les beaux sites sont trop fréquents pour que nous prenions à tâche de les indiquer. Avant la révocation de l’édit de Nantes, cette ville était très-florissante : aujourd’hui réduite à 7,292 habitants, elle tire encore de grands avantages de la position de son port. Elle appartient à l'arrondissement d’Yvelot station du chemin de fer de Rouen au Havre, jolie cité de 9,822 habitants, qui longtemps forma un franc-fief au milieu de la France féodale, ce qui valait à son seigneur le titre de Roi d'Yvelot. ,

A 2 ou 3 lieues d’Yvetot, le bourg de Saïnt-Vandrille reçoit chaque année, au mois de mai, de nombreux pèlerins qu’une superstition, souvent funeste, :‘ire à la fontaine de Caillouville, dans les eaux glacées de laquelle ils se plongent ou se font plonger trois fois, après avoir récité une prière au bien heureux patron de lea. On plonge même des enfants encore au berceau, dans cette fontaine, qui passe pour guérir toutes les maladies. L’archéologue y admire les restes d’une belle abbaye.

Soit que l’on arrive à Rouen par la route d’Yvelot ou par celle de Paris, sa position sur un terrain en pente dans un magnifique vallon formé par des montagnes de craie couvertes de prés et de champs en culture; le large cours de la Seine qui baigne plusieurs îles et coule au milieu de riantes prairies; ces boulevards qui, dans la ville, bordent le fleuve: ces larges quais; ce port couvert de navires de toutes les nations ; ce beau pont en pierre qui conduit au faubourg Saint-Sever; les vastes casernes

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qui laissent un large espace entre ce faubourg et la rive gauche de la Seine; le mouvement qui règne dans cette riche et industrieuse cité, en donnent l’idée la plus favorable, Cependant, à l’exception de quelques rues garnics de constructions nouvelles, la plupart sont déparées par des maisons en hois, et presque toutes sont mal alignées. Si Rouen ne brille pas par ses édifices modernes, plusieurs monuments du moyen âge y attirent les regards. Nous ne parlerons pas de quelques fontaines de cette époque, mais nous citerons l’ancienne église abbatiale de Saint-Ouen, aussi remarquable par son architecture que par ses magnifiques vitraux ; la halle aux toiles, vieille construction d’une belle étendue; le palais de justice dont l'architecture gothique est élégante; l'Hôtel-Dicu, l’un des plus vastes établissements de bienfaisance que l’on puisse voir; et surtout la cothédrale, l’un des plus beaux édifices gothiques que possède la France. Dédiée à la Vierge, cette vaste église fut bâtie de 4200 à 4220 par Philippe-Auguste. L’un de ses clochers pyramidaux construit en.bois en 1544 par Robert Becquet, fut brûlé par la foudre le 45 septembre 1822. Mais il a été remplacé depuis plusieurs années par une flèche en fonte de fer, exécutée par les soins d’un habile architecte, M. Alavoine. Cette flèche a 150 mètres de hauteur, c’est-à-dire environ 8 mètres de plus que celle de Strasbourg. La ville, tout industrielle qu’elle est, possède plusieurs musées, une bibliothèque publique contenant 40,000 volumes et 1,300 manuscrits, un beau jardin botanique, un lycée impérial et deux théàtres. C’est dans l’ancien couvent de Sainte-Marie que sont réunis le musée de peinture, riche en excellents tableaux ; le musée d’histoire naturelle, qui s'enrichit tous les jours, ct le musée d’antiquités normandes, dont la fondation ne date que de 4832, Rouen possède aussi de nombreux établissements littéraires, d'instruction et de charité, C’est ia patrie de Jouvenet, de Brumoy, de Fontenelle, de Boïeldieu et des deux Corneille, dont on voit encore la modeste maison rue de la Pie. On n’est pas d’accord sur l’origine du nom primitif de l’ancienne capitale de la Normandie: vient-il d’une petite rivière de Robec appelée en latin Rofobecum? ou.bien vient-il de l’idole Rotho qu'adoraient, dit-on, les Veliocasses? vient-il enfin du nom de son fondateur, qui se serait appelé Rou ou Raoul, et du mot ham, village, ou peuplade, d’où serait venu le om de Rouam, peuplade de Rou? Ce qui indiquerait qu’à une époque inconnue, mais antérieure à César, des peuples du Nord seraient venus se fixer sur les bords de la basse Seine. Quoi qu’il en soit, Rothomagus était fort peu important du temps de César, puisqu'il n’en parle pas, et que Ptolémée est le premier

géographe qui en fasse mention, On sait qu’il tomba au pouvoir des Anglais en 4819; qu’ils le conservèrent pendant vingt ans, et que ce fut en 4434 que, sous l'influence des étrangers, plusieurs prélats, rebelles à leur roi légitime et sourds à la voix de la patrie, assassinèrent juridique. ment l'héroïne qui avait sauvé la France. Une mauvaise statue, élevée sur la place du Marché, atteste que la mémoire de Jeanne d’Arc a été réhabilitée. Le chemin de fer de Paris à Rouen facilite entre les deux villes un immense mouvement d’affaires et de transactions commerciales ; il a été continué jusqu’au Havre, et ces deux grandes villes ne sont pour ainsi dire que les vastes entrepôts de la capitale, La gare de Rouen est à 440 kilomètres de celle de Paris et 89 de celle du Havre.

A & lieues au sud de Rouen, Elbeuf, dans un joli vallon sur la rive gauche de la Seine, est importante par ses manufactures de draps, qui, sur une population de 17,534 habitants, occupent près de 40,000 ouvriers, Sur la limite orientale du département, Gournay, surnommé en Bray, parce qu'il est dans le petit pays de Bray que nous avons vu s'étendre en partie dans le département de l'Oise, fait un grand commerce de beurre avec Paris. Celte ville, qui s'élève sur les bords charmants de l’Epte, compte 3,306 habitants; renferme une bibliothèque publique, un joli hôtel-de-ville, un hospice, un beau marché couvert, une caserne de gendarmerie et une belle ég'ise gothique dans laquelle fut déposé le cœur de Ja reine Blanche. Tous ces édifices sont bâtis en briques. C’est une des plus anciennes villes du département. Elle possède des sources minérales ferrugineuses estimées, dont une porte le nom de fontaine de Jouvence.

Au nord de cette ville, Aumale, dont l’ancien nom est Albemarle, est mal bâtie au milieu d’une vaste prairie arrosée par la Bresle, que l’on traverse sur un pont à l’extrémité duquel deux colonnes indiquent la place où Henri 1V fut blessé d’un coup d’arquebuse dans le combat qu’il livra aux ligueurs sous les murs de la ville. Nous laissons sur la droite la souspréfecture de Neufchâtel ou Neufchâtel-en-Bray, qui possède une bibliothèque publique de 4,200 volumes, et qui n’est célèbre que par ses excellents fromages, et nous arrivons à Dieppe, ville régulièrement bâtie, où l’on compte 6 places publiques et 68 fontaines alimentées par un aqueduc en briques de plus d’une lieue de longueur. Cette ville possède une école manufacturière de dentelles qui renferne environ 300 élèves âgés de six à douze ans, une bibliothèque de #,000 volumes et une salle de spectacle. Son port est sùr, mais son étroite entrée est encombrée par les galets que la mer y accumule, malgré le soin que l’on prend de les balayer en lächant

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lesécluses d’un bassin réservé pour cet usage. La vogue de ses bains de mer aire dans celte ville un grand nombre d'étrangers; elle est desservie par un chemin de fer particulier qui s’embranche à Mataunay sur celui de Rouen; la gare de Dieppe est à 64 kilomètres de celle de Rouen et 201 de celle de Paris. C’est auprès de Dieppe que l’on voit le village d’Arques, où se livra la bataille dans laquelle Henri IV défit le duc de Mayenne, et c'est de Dieppe aussi que sortirent les premiers navigateurs qui découvrirent le Canada, et les premiers Français qui établirent des stations de commerce sur les côtes d’Afrique.

Le département de la Seine-Inférieure est un de ceux dont le mouvement commercial a le plus d'importance; la pêche y produit environ 5 millions de francs, le flage du coton 40, et la fabrication des rouennerices 75. L'agriculture y est depuis longtemps fort avancée, et l’usage des jachères y diminue tellement de jour en jour, qu’elles ne sont plus en usage que dans la seizième partie de toutes les terres en culture.

Les plaines crayeuses arrosées par la Somme et ses affluents sont couvertes de terres fertiles où le pommier remplace la vigne, où l’on cultive des céréales, du lin et du chanvre, où l’on nourrit un grand nombre de bestiaux et surtout de bêtes à laine, branche d’industrie trop négligée en France. Les forêts y occupent à peine le dixième de la superticie; mais les vallées abondent en tourbières dont exploitation compense le déficit des autres combustibles. Ce département, auquel ce petit fleuve donne son nom, exporte près d’un million d’hectolitres de céréales dans les départements voisins, et récolte environ 5 millions de kilogrammes de chanvre et plus de 600,000 kilogrammes de lin.

Un terrain plat et fertile qui s’éteud sur une longueur d’environ 5 lieues et une largeur de 3 entre la mer, la Somme et l’Authie, offre l’aspect le plus agréable et le plus pittoresque. Au nord on voit s'élever les collines des environs de Boulogne; dans une direction presque opposée, les falaises qui bordent ia Manche forment un rideau blanchâtre ; à l'orient on aperçoit une épaisse et immense forêt qui se termine près du bourg de Crécy, célèbre par la funeste journée du 26 août 4346, dans laquelle les troupes

1 Contenances imposables.

Terres labourables, B Contenances non imposables.

Routes, chemins, placcs publiques, rues. 12,880 Prés. k 32 | Forêts, domaines non productifs, Landes, pâtis, bruyères . à | Rivières, lacs, ruisseaux. Propriétés bâties. Gimetières, églises, presbytères, bâtiments

tangs, abreuvoirs, mares, canaux. . + 2,420] publics. .

de Philippe de Valois furent défaites par celles d'Édouard HE, roi d'Angleterre ; au couchant, des dunes arides s'élèvent au bord de la mer. Au neuvième siècle les flots couvraient encore cette plaine immense : ils se retirèrent insensiblement, et ne laissèrent au centre qu’une grande lagune ou mare qui fit donner au pays le nom de Marc-en-Terre, qu'il conserve encore, mais: que l’on écrit Marquenterre. Depuis longtemps {es habitants, encouragés par le gouvernement, ont mis à profit la fécondité de ce terrain, et en ont fait l’un des plus riches de la Picardie,

Au-dessus de ce sol abandonné par l'Océan s'élèvent les tours de la petite ville de Aue, station du chemin de fer d'Amiens à Boulogne, et les ruines de celle du Crotoy. La première, aujourd’hui à une grande lieue de la côte, était autrefois un port de mer : on n'y voit plus couler qu’un faible ruisseau ; la seconde, jadis plus considérable, située à l'embouchure de la Somme, offre encore un excellent mouillage aux navires qui remontent ce petit fleuve, et entretient une pêche fort active. Rue, qui compte 2,262 habitants, possède un joli monument d'architecture ogivale dans sa chapelle du Saint-Esprit, aujourd’hui en ruines, et enrichie jadis par les offrandes des pèlerins couronnés qui la visitèrent. F'le fut bâtie en 4440 par Philippe, duc de Bourgogne.

Sur un coteau qui borde la rive opposée à celle du Crotoy, Saint- Valery recevait autrefois les vaisseaux de toutes les parties du monde; c’est de ee port que Guillaume leConquérant partit avec 4,400 voiles 400,000 hommes pour la conquête de l'Angleterre. Les sables de la mer eussent arrété le cours de la prospérité de cette ville si le canal d’Abbeville n’eül rétabli ses communications avec les autres cités du département; il entre encore chaque année 3 à 400 navires dans son port. La tour d'Harold, à Saint. Valery, est tout ce qui reste d’un ancien château du moyen âge. Cette ville, peuplée de 3,650 habitants, possède une école d’hydrographie.

A 4 lieues plus haut, le fleuve traverse Abbeville, station du chemin de fer d'Amiens à Boulogne, ancienne capitale du comté de Ponthieu, place de guerre de quatrième classe, qui fut fortifiée pour la première fois par Charlemagne. Peuplée de 49,158 habitants, elle est bâtie en briques et renferme quelques anciens édifices, dont l’un, l'église de Saint-Vulfran, est d’une belle architecture gothique; son portail seul est terminé : sa grande nef, ses bas-côtés, les bras de la croix et le chœur sont restés inachevés. Les Abbevillois se glorifient d’avoir eu pour compatriote le poète Millevoye.

À 9 lieues d’Abbeville est situé le petit village de Mareuil, dont l’église

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est peut-être le plus curieux monunient d’architecture romaine que possède la Picardie. Sa construction remonte au onzième siècle, Le portail présente la réunion des principaux ornements employés à cette époque.

Remontons encore l’espace de 9 lieues et nous vorrons Amiens, dont le nom antique, Samarobriva, signifie pont sur la Somme. C'était la capitale des Ambiani et l’une des villes de la Gaule où l’on fabriquait les meilleures armes. Elle fut sous Clodion la principale ville du royaume des Francs; elle est aujourd’hui place de guerre de troisième classe, estimée de commerçants pour ses filatures, ses piqués, ses velours, ses teintures, et des gourmands pour ses pâtés de canards. Sa cathédrale est un chef-d'œuvre gothique. Elle fut commencée en 4220, par Robert de Luzarches, continuée par Thomas de Cormont et achevée par Renault son fils en 4288. Un autre édifice remarquable est l’église de Saint-Germain, qui date du commencement du quinzième siècle. Celle de Saint-Remi, est à peu près de la même époque, Nous ne devons point oublier ste citer parmi les maisons du moyen âge que l’on remarque à Amiens, celles où naquirent le savant Ducange. ct'le spirituel. Voiture.

Amiens s’est considérablement embellie depuis ces dernières années ; ; ses vieux remparts en briques ont été transformés en belles promenades; de jolies maisons bâties en craie et en briques forment plusieurs rues nouvelles et bien alignées; parmi ses édifices modernes, nous devons citer l’hôtel-de-ville et celui de la préfecture. La bibliothèque publique, placée dans un joli édifice spécial, renferme 40,000 volumes et des collections d’antiquités recueillies dans la ville et dans le département. Amiens possède en outre un musée de peinture, un jardin, botanique, un cabinet d’hislvire naturelle, un lycée impérial, des sociétés savantes et plusieurs établissements importants d’instruction publique et de charité. Les archives de la mairie renferment des documents curieux sur lhistoire de cette province et de la ville au moyen âge..Ses hommes célèbres: sont nombreux; les principaux, sont Pierre PÉcmite, qui précha la pre-. mière croisade; Voiture, Ducange, Gresset, et le célèbre astronome: Delambre. Réunie à la France sous le règne de Louis XI, les Espagnols s’en emparérent sous celui de Henri IV, mais ils la perdirent six, mois après. Cette ville fait aujourd’hui un commerce fort important; son industrie est très-active. Elle est en communication avec Paris et le Nord à! l’aide d’un chemin de fer. La gare d'Amiens est à 448 kilomètres de celle de Paris, 426 de celle de Lille et 424 de celle de Boulogne...

Péronne, fière de son titre de pucelle, ne se laissa jamais surprendre; vil. 48

elle repoussa en 1536 une armée nombreuse et aguerrie commandée par Henri de Nassau. Ses remparts, construits en briques, sont maintenant « plantés d'arbres et changés en agréables promenades que le cours de la Somme-embellit. Située sur un monticule, elie serait une des plus fortes places de’France si elle n’était dominée par des hauteurs. Elle est divisée enhaute et basse ville et précédée de deux faubourgs. On y fabrique dif: férents tissus de fil et de coton. C’est la patrie du savant ‘orientalisté . Langlès. A quelques lieues au-dessus, la Somme arrose là petite ville de . Ilam, dominée par un vieux château-fort qui, sous le dernier règne, servit plusieurs fois de prison d'Etat. Ham est à 4 lieues de Péronne, de Saint- Quentin, de La Fère et de Noyon. Peu importante, elle a la gloire d’avoir * té le berceau du général Foy. .

Nous citerons Montdidier, bâti au sommet d’une colline au-dessus de . Ja petite rivière du Dam, non parce que cette ville fut pendant le douzième siècle la résidence de plusieurs de nos rois, mais parce qu’elle est le siége d'une sous-préfecture et la patrie du célèbre Parmentier, qui introduisit en France la pomme de terre, et.auquel la ville reconnaissante a élevé une statue. On y.voit encore quelques restes du château qu’habita Philippe- Auguste. A quelques lieues de là on admire dans l'église du village de Folleville le-tombeau-de Raoul de Lannoy, qui servit honorablement la France sous les règnes de Louis XI ct de Charles VIII. i

Doullens, sur la rive gauche de l’Authie, n’est pas plus considérable que Montdidier : elle compte à peine 4,357 habitants, mais elle est le centre du commerce des toiles d'emballage que l’on fabrique sur son territoire. On y voit une belle filature de coton, une fabrique d’huile et une double citadelle qui en fait une bonne place forte. L'une de ces citadclles est dans l’enceinte de l’autre et placée sur un plateau assez élevé. Elle à été, en 4835, transformée en une prison d'Etat. À 2 lieues de Doullens, le bourg.de. Lucheux, peuplé de 4,300 habitants, se fait remarquer par les imposantes et pittoresques ruines de son ancicn château, qui date 1e commencement du douzième siècle.

Le Boulonnais, l’Artois et une portion de la Picardie sont compris dns la circonscription départementale dont la dénomination est due au canal formant la partie la plus étroite du bras de mer qui sépare l'Angleterre de Ja France; son sol est divisé par une.chaîne de collines en deux régions, l’une méridionale et l’autre septentrionale : la première, légèrement sillonnée par de petites vallées, s’abaisse faiblement vers les rives de l’Au- . thie, qui la sépare du département de la Somme; ia seconde incline sen-

siblement vers le nord. Dans l’une:ét dans l’autre les: terrains sont pro+ ductifs, et les bords de la mer:sont couverts de collines sablonneuses ou de dunes sur lesquelles l'agriculture fait chaque jour des conquêtes. Là constitution géognostique du département du Pas-de-Calais 1 présente des terrains crayeux:et d’autres qui leur sont inférieurs. On y exploite des silex, des grès, des-marbres d’une teinte agréable, plusiéurs houillères, et de-la tourbe qui ne le cède point à celle de la Somme.

- Nous traverserons rapidement Montreuil-sur-Mer, station du: oéain de fer de Boulogne, bâlie en briques sur une colline.au bord de la Canctie, et fondée au neuvième siècle par un seigneur qui porta le premier le titre de comte de Ponthieu. Elle est défendue par une citadelle et dés remparts. Une muraille établit la séparation entre la ville basse et la ville haute. Il s’est formé depuis longtemps à Montreuil une société d’agriculture, de commercé, de sciences et d’arts. En remontant la Canche nous verrions la jolie petite ville d’Hesdin, peuplée de:4,000 âmes, environnée de fossés et de remparts, et patrie de l’abbé Prévost; mais Boulogne-sur- Mer est plus digne de fixer notre attention. Son antiquité n’est pas contestée : en * 823 on y découvrit des armures et d’autres objets évidemment romains; c'était le port de Gesoriacum, appartenant aux Morini, que Virgile désigne comme le peuple le plus reculé de l’Europe. Les flottés romaines partaient de ce port pour la Grande-Bretagne. Sous Constantin, il prit le nom de Bonontia; mais alors la mer s'élevait jusqu’à la ville haute, ce que prouve :la découverte qu’on fit, il y a cinquante ans, d’un anneau à retenir les câbles, fixé dans une roche qui formait le fond d’une cave. Cette partie de la ville se ressent de son ancienneté : les rues en sont étroites et irrégulières. La ville basse, au contraire, qui ne fut d’abord qu’un petit faubourg, esi bâtie avec beaucop de régularité : c’est le quartier le plus commerçant et le plus peuplé. Le port est protégé par deux longues jetées. À la marc basse los vaisseaux y restent couchés sur la vase ; ils se relèvent au flux, qui y ramène près de ÿ mètres d’eau. Ce qui contribue à luj donner de l'activité, ce sont ses armements pour la pêche dela morue sur le banc de Terre-Neuve et celle du hareng ct du maque-

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reau sur les côtes de la Manche; enfin sa proximité des côtes de l’Angleterre dont la traversée se fait ordinairement en trois heures et demie, par le moyen d’un paquebot qui port tous les jours. On évalue à 70,000 le nombre de voyageurs qui arrivent chaque année dans cette ville. En 4804

et 4805 on construisit le château et les forts qui la couronnent, et qui, avec |

ceux qui défendent l’entrée du port, en font une place de deuxième ciasse, Pendant que Napoléon menagçait l'Angleterre d’une invasion, l’armée rassemblée sur la côte éri;ea à son chef une colonne en marbre qui fut terminée seulement sous la restauration, qui la destina à perpétuer le souvenir de la rentrée de: Bourbons en France. Ce monument est le seul qui mérite quelque attention. Il a repris son premier nom de colonne de la grande armée. Un bel établissement est celui des bains de mer, où vingt voitures élégantes servent à conduire les baigneurs au milieu des eaux, et dans lequel iis trouvent de beaux salons de réunion. Nous devons cependant citer encore la salle des concerts, ja bibliothèque publique, renfermant 25,000 volumes de choix ct 300 manuscrits précieux ; le Muséum, comprenant environ 20,000 objets de curiosité et d’antiquité, dont la plupart parmi ces derniers ont été découverts dans le département; enfin l'hôpital, où l’on entretient 80 vieillards infirmes et 500 enfants trouvés ou orpuclins. Boulogne possède encore une école impériale de dessin et une d'hydrographic, un jardin botanique et une société d’agriculture, sciences et arts. La ville est unie à Paris et aux autres grandes villes de

France par un chemin de fer qui va se souder à Amiens au chemin de fer.

du Nord; la gare de Boulogne est à 124 kilomètres de celle d'Amiens et 972 de celle de Paris,

À l'extrémité septentrionale du département, Calais jouit de l'avantage d’être une place de gucrre de première classe, d'avoir un port commode, quoique pclitet peu profond ; d’être entouré de remparts formant de belles promenades, et d’être composé de rues larges , alignées, bordées d'élégantes habitations en briques. Mais on y trouve plusieurs inconvénients, au nombre desquels il faut signaler celui qu'offre son porten s’encombrant journellement de sable, et celui que présente la ville, qui n’a pas d’autre eau que celle qu'elle rassemble dans des citernes. Sur là place d’armes et près de son bel hôtel-de-ville, s’élève une tour d'architecture délicate, servant de beffroi. De la jetée on aperçoit les côtes d'Angleterre, et quand le ciel est serein, le château même de Douvres. Ces deux ports ne sunt séparés que par un espace de 8 lieues. Calais, aujourd’hui si fréquenté par les étrangers, et peuplé d'environ 11,000 âmes, n’était qu’un village au

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treizième siècle ; mais il fut si bien fortifié par Philippe de France, comte de Boulogne, que le roi d'Angleterre, Édouard III, ne put s’en rendre moître que par famine, après un siége de treize mois. Ce fut pour sauver la villequo, suivant les chroniques, six habitants se dévouant à la mort, s’offrirent au vainqueur irrité. Il existe à Calais une bibliothèque publique de 5,000 volumes, un théâtre avec une troupe permanente, une société philharmonique et une d'agriculture. Calais est en communication avec Paris par l’embranchement d'Hazebrouck, sur le chemin de fer du Nord. La gare de Calais est à 403 kilomètres de celle de Lille et 377 de celle de Paris.

C'est dans une contrée marécageuse qui s’étend au sud de Calais, entre Guines, jadis fortifiée, près de laquelle on exploite de la houille, et la

‘ petite ville d’Ardres, aujourd’hui sur un canal auquel elle donne son

nom, qu’eut lieu en 4520 l’entrevue de François Ier et de Henri VII, sur un emplacement décoré avec tant de magnificence, qu’il conserva le nom de Camp du Drap d'or.

Près de Saint-Omer, station de l’embranchement de Calais, les marais de l’Aa se couvrent encore de petites îles flottantes. Cette ville est en partie adossée à une colline et bâtie dans une plaine basse où l’Aa devient navigable, quoiqu’elle se divise en un grand nombre de bras, dont les deux plus importants sont la grande et la haute Meldick. Saint-Omer est une place forte de première classe, entourée d’une bonne «aceinte d’environ une lieue de circonférence et de fossés que l’on peut remplir d’eau, même dans la haute ville, Ce qui ajoute à ses moyens de défense, ce sont quatre foris, des retranchements, des marais, et la facilité avec laquelle on peut inonder ses environs. Sa place d’armes est assez belle, Elle était autrefois Je siége d’un évêché ; son ancienne cathédrale est d’un beau style gothique: on y admire une Descente de croix de Rubens, et l’on y montre le tombeau de saint Omer. L’abhaye de Saint-Bertin, dont il ne reste que des ruines, a servi de retraite et de tombeau à Childéric IE. L'origine de cette ville date du septième siècle; Suger, abbé de Saint-Denis et ministre de Louis le Jeune y reçut le jour, ainsi que le sculpteur Flamen. Elle possède une bibliothèque publique de 48,000 volumes, une société d’agriculture, sciences et arts, ainsi qu’une société archéologique importante, connue sous le nom de société des antiquaires de la Morinie.

Le canal de Neuf-Fossé, long de 4 lieues, nous conduit à la jolie et forte ville d’Atre, peuplée de 9,000 âmes et patrie de Mallecbranche. Béthune est bâtie sur un roc et défendue par des fortifications que Vauban construisit.

On ne peut s'empêcher de remarquer la bizarre construction du beffroi qui s’élève sur la place publique. La petite ville de Zens, autrefois fortifiée, rappelle la victoire de Condé, qui, en 1648, termina la guerre dela France avec l'Autriche, Que pouvons-nous dire de Saint-Pol, situé au fond d'une vallée, si ce n’est qu’il posséde des eaux minérales estimées, qu’il est le chef-lieu d’une sous-préfecture; que, probablement fort ancien, il nortait, dit-on, le nom de Tervanne, à l’époque des invasions des Normands ; mais qu’un de ses comtes le nomma Saint-Pol, parce qu’il supposa que celte vilie devait à l’intercession de ce saint de n’avcir pas tié envahie par les conquérants du Nord, + Dans une plaine entourée de collines, et traversée par la Scarpe ei le Crinchon, Arras, sur ie chemin de fer du Nord, à 245 kilomètres de Paris, place de guerre de troisième classe, s’appuie sur un terrain en pente et se divise en quatre parties : la haute, la basse ville, la cité et la citadtlle, De belles maisons en pierre detaille, de grandes places environnèos d'urcades, une cathédrale gothique d’une architecture hardie, un vaste hôtel-de-ville dans le méme goût et des eascrnes spacieuses, rangeni Arras parmi nos belles vilies; 4relques flatures, quelques fabriques de dentelles et de sucre de betterave, une vingtaine d’huileries, ne lui donnent pas une grande importance industricile; mais une bibliothèque publique de 36,000 volumes, une collection de tableaux et de divers objets d’art, un jardin botanique et deux sociétés littéraires, attestent les lumières de ses habitants. On doit remarquer le beffroi avec ses ogives ct ses colonnettes élancées, Pun des plus beaux monuments de cette cité. Elle a produit des hommes célèbres à des titres bien opposés: tels sont, d’un côté, l’historien Baudouin, le médecin Lécluse, le botaniste Palisot; et de l’autre, le fanatiqne Damiens, les deux Robespicrre et Joseph Lebon. Arras était, sous les noms de Vemelacum ct de Nemelocena, la capitale des Atrebates, dont César s’empara; Ptolémée la nomme Origiacum. En 41493, larchiduc Maximilien d'Autriche la prit par trahison : elle portait alors dans ses armoiries ce qu’on appelle, en terme de blason, trois rats de sable, ce qui donna aux Espagnols l’idée de faire mettre sur l’une de ses portes l’inscription suivante : « Quand les Français prendront Arras, les rats mangeront les chats.» Un des Français qui s’emparèrent de cette ville en 1640, lisant dans l'avenir, retrancha le P de cette inscription. Les traités assurèrent en effet cette conquête.

Nous allons terminer notre course en France par le plus riche et le plus peuplé de nos départements, en exceptant celui qui comprend la capitale.

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Si la population était répartie dass tout l'empire commeelle l’est dans le: département du Nord,1 on compterait sur le territoire français plus :de 85 millions d’habitants. Il est couvert de champs qui produisent à proportion deux fois plus que dans le reste de la France; il est divisé pur deux fois plus de chemins de fer et de routes, et quatre fois plus de canaux; c’est le plus important en houillères et en mines de fer; on y exploite aussi de la tourbe, du grès, des marbres et des ardoises; c’est celui qui comprend le plus de villes populeuses, et le plus de places fortes importantes; c’est celui qui fournit au trésor public le revenu le plus considérable; c’est celui dont Ja population est à la fois la plus éclairée, la plus laborieuse et la micux disposée à recevoir l'instruction.

Ce département est, si l'on en excepte celui de la Seine, qui se trouve dans des conditi.ns toutes spéciales, le premier sous le rapport des éta-. blissements de bienfaisance, d'instruction, et par le nombre de ses sociétés savantes, La consommation locale et le commerce y entretiennent une industricuse activité ; il est, en un mot, recommandable sous tous jes rap. ports qui intéressent la grandeur et la prospérité d’un pays.

L'Escaut, en arrosant Cambrai, n’est encore qu’un faible cours d’eau ; mais le canal de Saint-Quentin, qui traverse cette ville, est d’un grand avantage pour son industrie. Personne n’ignore que le linon et la batiste sont ses plus importantes branches de commerce. Elle s’attribue même l'honneur de leur première fabrication. Comme place de guerre, elle n'est que de deuxième classe, mais elle est le centre d’une sous-préfecture. On ne lui conteste pas son antiquité; la Tuble théodosienne et l’Itinéraire . d'Antonin ladésignent sous le nom de Cameracum. Elle possède de beaux édifices ; on admire la délicatesse du clocher de sa cathédrale, dans l’intérieur de laquelle un beau monument a été élevé en l’honneur de Fénelon, qui fut à la fois l’enfant et le père de Cambrai ; sa place d'armes est assez vaste pour que toute la garnison puisse s’y ranger en bataille; ses rues, enfin, sont bien percées ; mais le grand nombre de maisons anciennes qui présentent leurs pignons au lieu de leurs façades, déparent ses construc-

! Contenances imposables. Le hectares hectares Canaux de navigation, ,. . . . . 461 Terres labourables. . ‘2: 357,510 Oseraies, aulhaies, saussaies. , . . . 109 LS ose : os Contenances non imposables.

Vergers, pépinières et jardins. . . + : 16,335 | Forêts, domaines non productifs. . , , 23,257 Landes, pâtis, bruyères, . . : < 7,568 |-Routes, chemins, places publiques, sues. 15,832 Propriétés bâties. , . . ‘ 4,652 | Rivieres, lacs, ruisseaux, 3,083 Cultures diverses. +. 3,731 | Cinetières, églises, presbytères, bâtie Étangs, abreuv., mures, canaux d'irrig. . 1,096 ments pyblies. 12 ie RO

tions modernes. Sa bibliothèque publique, composée de 27,000 volumes, est belle et bien tenue.

Landrecy, ou Lundrecies, s'élève au milieu d’une plaine couverte de prairies ; la Sambre y est navigable et la divise en deux parties. A la vue de ses fortifléations, on se rappelle que, malgré son peu d’importance, puisqu'elle renferme à peine 4,000 âmes, Charles-Quint rassembla vainenement 50,000 hommes sous ses murs ; après six mois d'htlaque, il fut obligé d'en lever le siége. Avesnes, autre pelite ville forte, résidence d’un sous-préfet, est arrosée par l’Heclpe majeure; on exploite sur son territoire une grande quantité de martbres, d’ardoises et de houille; et l’on fabrique à Marolles, village de 2,471 hebitants, des fromages dont on fait un grand commerce, En descendant vers le nord, on remarque, sur la Sambre, Maubeuge, peuplée de 7,749 habitants, et place de guerre de troisième classe ; à l’ouest de celle-ci, Bavay n'offre de l'intérêt que par ses antiquités : son nom latin est Zagacum; elle était considérable sous Auguste, qui l’embellit par un cirque, un aqueduc et d’autres édifices. Il y fit construire trois grandes roules qui parlaient du centre de la place publique, ainsi que l8 prouve une pyramide antique que l'on y voit encore.

Valenciennes, autrefois la capitale du Hainaut, a passé pour avoir été fondéc par l’empereur Valens; la similitude de ces deux noms a seule pu faire supposer cette origine, tandis qn’il est certain que sous nos premiers rois, qui y possédèrent un palais, elle n’était qu'une bourgade. Sa position, au confluent de la Ronelle et de l’Escaut, en y multipliant les écluses, a contribué à la rendre une des plus importantes places de l’empire. Elle est mal bâtie, mais sa place publique est très-belle. Longtemps au pouvoir des Espugnols, c'est sous Louis XIV qu’elle fut soumise à la domination française, Valenciennes est la patrie de Jean Froissart, qui fut prètre, historien et poëte, et du peintre Antoine Watteau, célèbre pour la gràce et ia légèreté de sa touche. Elle entrelient une académie de peinture et de sculpture, un musée dans lequel on remarque quelques bons tableuux des écoles flamande et française; elle possède une bibliothèque assez intéressante, quoiqu’elie ne renferme que 18,000 volumes. La fabrication des balistes, des toiles et des percales, la place au rang de nos plus industrisuses cités. Valenciennes est sur l’embranchement qui soude le cheonn de fer du Nord aux chemins de fer belges. Sa gare est à 277 kilomètres de celle de Paris, 36 de celle de Douai et 93 de celle de Bruxelles.

Aux portes de Valenciennes, le bourg d’Anzin doit l'importance de sa

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