‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 4)Chapitre 11 sur 169 · AMBOINE · texte numérisé non relu

AMBOINE

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CÉANIE. — ABLEAUX SFAMISTIQUE DE Li MALAISIE. 31

TABLEAU statistique d : Indes Névrmemndaises, en 1850,

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5° Résidence de Banca, Billilon, Lepar. . . . . . « .

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Résidence occidentale. . . . . ,, 38,000 1:200,000

8° Gouvernement de Célèbes et dépendances, . . ; + | 6,000 3,000,000 9° Gouvernement des Moluques. — Résidences d'Amboine, Ternate,

Banda , Menado, . ,....., ,,,, 0. . « + + + +. | 9,400 718,500

10° Résidence de Timor et dépendances. (Sumbava.— Florès. — Sumba.

mn BOÏIOPe à à 0 po © 0 0 0.0 0 0.0 0 © © 0 0 + 0 + + + + «+ 2,800 800,000

11° Bali et Lombok, dépendantes de Banjoewanji. . . + . . . . . . .. 560 1,205,000

1 Les résidences dont le nom est suivi d'un astérique, n’ont que le titre de sous-résidences. — Nous avons consulté, pour ce tableau, le mémoire analytique qui accompugne la belle carte de l'Inde néerlandaise de M. le baron Von Derfelden de Hinderstein, (1844.) V.A, M-L,

TABLEAU statistique des Indes Espagnoles, ou Capitainerie générale des Philippines.

SUPERFICIE POPULATION NOMS DES ILES. PROVINCES. de la partie

espagnole en 1850.

Tonvo (MaNILLE).— Cavite.—Valangas.— Albay.

—Balaugas.—Balacan.— Cacayan (Nueva Segovie).— Camarincs (Naya).— Laguna (Passanhas).— Nuevaecija (Valert), — Pampangat (Boucolor).— Pangasinan (Lingayen}.—Tayabas (Vlocos, Vigan). — Zambales (Licon). . ..) 7,0001 c :3,815,878 b

Mindanao, . . . . . . | Samboangan. — Misaeis, — Caraga. . . . . ..

Mindoro et Panay. . . | 3 provinces. . . , . , . .. . .,

Négros, Zebu, Samar. | 3 provinces. . , . .. ,. . . .

Calamianes. . . . ..11 province. . . . . ,., .,..

Mariannes. . . . .. | (Mieronésie) 1 province. . . . . ,

Luçon. «

Jà LIVRE CENT VINGT-HUITIÈME.

Suite de la Description de l'Océanie, — Description de la Mélanésie,

De cet archipel où les Moluques élèvent leurs montagnes embaumées d’aromates, nous passons presque sans interruption dans la Grande Terre Octanique nommte Nouvelle-Hollande par les navigateurs hollandais, qui nous en procurèrent les premiers une connaissance positive, dès l’an 4606, quoique des Portuzais ou des Espagnols y eussent abordé un siècle auparavant.

Cette île immense à laquelle on s’accorde à donner aujourd’hui le nom d'Australie, et qui mériterait celui de Continent austral, a, de l’est à l’ouest, environ 4,000 lieues de longueur, et du nord au sud 625 depuis le cap York jusqu'au promontoire Wilson. Sa superficie est à peu près égale aux quatre cinquièmes de celle de l'Europe. Nous ne nous hasarderons point dans son intérieur, encore peu connu ; mais depuis le golfe de Carpentarie, nous visiterons toutes ses côtes, et particulièrement les établissements si dignes d'intérêt que les Anglais y ont fondés.

Le golfe de Carpentarie a 410 lieues de largeur et 430 de profondeur; son côté occidental est bordè d’un grand nombre d'îles ; son sol est sablonneux et aride, tandis que le côté oriental offre une terre plus fertile que les autres parties du golfe. Celles qui bordent ce côté sont désignées sous le nom de ferres de Carpentarie; au côté opposé s'étend la {erre d’Arnheim ; entre le golfe de Carpentarie et celui de King s'avance vers ie nord la f{erre de Van-Diemen septentrionale, près de laquelle s’élèvent les îles Ba/hurst et Melville; enfin, à l’ouest s'étend la terre de Wilt, devant laquelle se développent les deux archipels de Dampier et de Bonaparte, composés d’iles sablonneuses et désertes.

La côte occidentale, depuis la baie Guillaume jusqu’au sud du cap Leeuwin, nous oflre une longue suite de terres peu fertiles. La première est la terre d'Endracht, sur laquelle s'ouvre la vaste baie des Chiens marins, que Dampier visita en 4699, et qu'il nomma Shark's-Ray ou baie du Lequin, et à laqueïle, un siècle plus tard, les marins français qui y abordèrent donnèrent ie nom de ce célèbre navigateur, La seconde est la ferre d'Edels ; lastroisième est la lerre de Leeuwin.

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OCÉANIE, — MÊLANÉSIE, — AUSTRALIE, 33

La côte méridionale se subdivise en quatre parties : la ferre de Nuyts, la terre de Flinders, qui s'ouvre pour former les golfes de Saint-Vincent et de Spencer, à l'entrée desquels se trouvent le port Lincoln, et l'ile des Kangurous, couverte de collines peu élevées ; la {erre de Baudin; et enfin la terre de Grent, une des parties les moins désertes de ce continent. Le continent austral est une des possessions du gouvernement britannique. |

C'est sur la céle orientale que s'étend la plus importante colonie anglaise de l'Australie, Les Anglais mêmes confondent presque toute la Nouvelle- Hollande sous le nom moderne qu’ils ont donné à cette côte, qui fut examinée en détail par le capitaine Cook, mais dont l’existence et la direction avaient été conclues par les navigateurs français, d’après la comparaison des routes tenues par Abel Tasman,

Une chaîne de montagnes court presque n° it à la côte orientale, mais dans un éloignement de 20 à 30 : " l'intérieur, Les efforts pour franchir cette barrière naturelle onc it 10 51emps infructueux. Des voyageurs modernes ant pénétré dans ce pays peu connu, et ils n’ont été arrêtés que par des marais vastes et profonds. Cette partie de l’Australie est composée de grandes terres propres à ja culture, et arrosées par de belles rivières. Elle est élevée, mais aon pas montagneuse, et est en partie ombragée par de grands arbres,

Vers le sud-est, des taillis couvrent une grande étendue de côtes, où il y a aussi beaucoup de marécages. Aux environs de Botany-Bay le sol est noir, gras et très-fertile en plantes; c’est de là que vient le nom qui a été donné à cette contrée. La partie nord-est paraît plus basse. La côte, couverte de mangliers et de palétuviers, est bordée par une immense chaine de

récifs, de rochers et d’ilots ; mais partout une chaîne de montagnes dirigées

du sud au nord termine l’horizon, et, quoiqu’elle ne s’élève pas à la ligne des neiges perpétuelles, ses terrasses multipliées, et semblables aux Alléghanys et à l’Atlas, ont arrêté la curiosité des Européens. Aux environs de Port-Jackson, les premières terrasses commencent à 40 et 20 milles anglais. Plusieurs expéditions, entreprises dans le but de traverser la chaine, avaient été sans succès, lorsque Wilson, après avoir parcouru 140 milles anglais dans la direction du sud-ouest, remarqua un plateau assez étendu et de larges vallées. Depuis, l’on s’est assuré qu'il existe des plaines immenses à l'occident des montagnes Bleues.

Ces montagnes, qu’on a nommées Bleues vers le nord et Morumbidje

vers le sud, paraissent renfermer toutes sortes de roches granitiques et YI

schisteuses. Wilson vit du calcaire et un énorme bloc de sel gemme. Dans les promontoires, on voit souvent des colonnes de basalte. Dans l’île Howe, elles s'élèvent a une telle hauteur, qu’on les aperçoit à la distance de 12 licues.

La base du sol est du granit à gros grain, avec de larges plaques de feldspath, ordinairement de couleur rose. En certains endroits, le grain de cette roche, beaucoup plus fin, contient une grande quantité de grenat brun, ce qui la rend semblable à celle qu'on voit en Amérique dans la province de Rio-Janeiro. Le granit se présente très-souvent en masses énormes placées les unes sur les autres, et traversées par .de grandes veines de schistes verdâtres ou tirant sur le noir. Jusqu'ici aucun indice de métaux ; on y trouve, surtout dans les collines de l’intérieur, des mines de cuivre assez abondantes, du plomb, et l’on y a découvert une couche de charbon de terre qui pourrait devenir beaucoup plus utile que des mines d’or.

Le mont Ouingen, élevé d’environ 300 mètres, passe peut-être à tor! pour un volcan en activité, On remarque à côté de la partie qui brûle un espace couvert d’arbres qui paraissent s’y être élevés depuis que l'incendie a quitté le terrain. M. Wilson, qui a visité ces lieux, a observé dans une cavité de la base de la montagne, la présence d’un calcaire noir, et sur ses flancs des blocs épars de grès rouge, ainsi que des fragments de pierre ferrügineuse, de calcédoine et d’agate, Il apprit de témoins dignes de foi qu’un fracas terrible, comme celui d’une mine qui sauterait, fut entendu dans le voisinage et la direction de la montagne brûlante avant sa découverte. Aux environs il remerqua des arbres qui paraissaient être pétrifiés sur le sol qui les avait vus naître.

Les rivières que l’on connaît sur cette côte, et qui prennent presque toutes leur source dans les montagnes Bleues, ont offert peu d'indices d’un long cours. Près de la Baie des Verreries, Flinders a trouvé une large embouchure de fleuve. La rivière £Zndeavour, plus au nord, est insignifiante. Celle de Æawkesbury arrose et inonde quelquefois la colonie anglaise. Celle de Palerson se rend directement à lOcéan; celles de Lachlan et de Macquarie se dirigent dans l’intérieur des terres; enfin celles de Caribbée, Shoal-Haven, Cooksbundoon, Wolandilly, Bargo, Hunter, Clarence, Richmond, Brisbane et Hastings sont considé rables.

C’est en 1824 que M. Oxley, ingénieur anglais, a découvert la rivière qu'il a appelée Brisbane, en l'honneur du gouverneur de la Nouvelle- Galles. Elle a son embouchure au fond de la baie Moreton. Sa largeur

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égale celle de la Tamise ; ses eaux sont douces, et sa profondeur est assez

srande pour que des navires de 2 à 300 tonneaux la remontent jusqu’à une distance considérable. La nature du pays de plaines que traverse la Brisbane a fait présumer à M. Oxley qu’elle ne doit pas prendre sa source dans une région montagneuse, mais plutôt dans un lac qui pourrait bien être le bassin dans lequel se jettent plusieurs torrents, tels que le Kany et le Browen, et les rivières de Field et de Peel.

Au nord-ouest de la rivière de Lachlan se trouve le Cowel, qui était autrefois un lac très-étendu, et qui est aujourd’hui réduit en partie à l’état de marais. Le grand lac Oualambinghie a 72 milles de circonférence et une grande profondeur : il en sort une grande rivière qui semble couler parallèlement au Wellington. On y remarque beaucoup de poissons et des animaux semblables à de grands chiens, et redoutés des indigènes.

Par une conséquence de sa position au midi de l'équateur, l'Australie a des saisons qui répondent à celles de la partie méridionale de l’Afrique et de l'Amérique ; elles sont l'inverse de celles d'Europe. L’été correspond à notre hiver, et le printemps à notre automne.

Les vents, qui constituent en grande partie les saisons de la Polynésie, exercent aussi une grande influence sur celles de l'Australie. Ils varient suivant la latitude où se trouvent les diverses contrées de ce vaste pays ; la partie comprise entre le 30e et le 45° degré de latitude sud est presque toujours soumise à des vents d’ouest, tandis que la mousson de l’est règne principalement sur la côte septentrionale jusqu’au 25° parallèle. La température est beaucoup moins élevée dans l’intérieur que sur les côtes, et les hivers beaucoup plus rigoureux : le printemps est caractérisé par d’épais brouillards, des nuits froides, mais des jours tempérés ; l’été se fait remarquer par de fortes brises qui durent plusieurs jours; les matinées et les soirées sont douces et agréables, mais la chaleur est accablante et presque insupportable vers le milieu du jour : Pautomne est marqué par l’inconstance des pluies, qui sont toujours très-abondantes ; l'hiver, moins rigoureux que dans les pays septentrionaux, se montre cependant plus rude que ne paraît le comporter la latitude de ce pays; les nuits sont très-froides ; les gelées blanches ordinaires, et les ouragans les plus terribles ne cessent de bouleverser les mers. On trouve, même quelques heures après le lever du soleil, de {a glace de épaisseur d’une ligne. On a vu les chemins couverts pendant plusieurs jours de neige sur une épaisseur de 65 centimètres, et des étangs ou réservoirs pris par une glace si épaisse qu’on aurait pu les traverser avec un chariot chargé, sans crainte d’accident,

La température de l'air, très-chaude au mois de décembre, fait monter le thermomètre de Fahrenheit à 442 degrés (46° cent. ); on a vu les forêts et les herbes prendre feu; le vent du nord-ouest, semblable au khamsym de l'Égypte, rüle la terre et la réduit en poudre ; souvent une pluie violente, qui tombe sur les montagnes Bleues, enfle subitement les rivières, dont les eaux, aussi prodigieusement accrues que rapidement écoulées, déposent un limon fertile. Quelquefois des grêlons d’une dimension énorme, de 20 centimètres de long, par exemple, dévastent toutes les cultures.

Malgré ces inconvénients, le climat est très-salubre et très-favorable à la multiplication de l'espèce humaine, surtout vers la partie méridionale que les Anglais appellent Languedoc austral. Plusieurs de ceux qui arrivent dans la colonie anglaise avec une santé délabrée recouvrent bientôt leurs forces et parviennent à une extrême vicillesse. La coqueluche, la fièvre scarlatine et l’hydrophobie sont inconnues dans ce pays; les éruptions cutanées sont rares ; toutefois, le corps des indigènes se couvre souvent d’une croûte, ce qu’ils attribuent à leur habitude de manger constamment du poisson. Les naturels qui vivent sur la côte, et surtout ceux dont le poisson est la principale nourriture, sont exposés aussi à une maladie très-voisine de la gale, qu’ils nomment djfball-djiball; quelquefois elle devient générale. En 4791 elle fit les plus grands ravages. La petite-vérole n’a pas encore paru parmi les colons ; cependant, en 1789, elle éclata chez les indigènes et y fit beaucoup de victimes.

Comparée aux autres parties du monde, l'Australie est une terre de contrastes. Outre le casoar, dont nous avons déjà parlé, on y voit les méliphages, oiseaux qui ont une sorte de balai au lieu de langue, des cygnes noirs et des aigles blancs ; les ornithorhynques, quadrupèdes à bec d’oiseau ; des fleuves qui, au lieu de se jeter dans la mer, prennent une direction contraire, et vont se perdre dans les marais ; des plaines immenses, où l’on remarque le même sol, la même eau, les mêmes espèces d’arbres, d'oiseaux, de poissons, d’animaux, dans un rayon de # lieues comme dans un rayon de 60; une terre où les saisons sont inverses, où le baromètre descend avec le beau temps et s’élève à l’approche des orages; un continent où le vent du nord est le vent chaud, et celui du sud le vent froid.

La végétation de la Nouvelle-Galles du sud nous présente ces deux arbres à gomme, l’eucalyplus resinifera et la æanthorrhea, qui caractérisent toute l’Australie. On exporte de l’acajou, et on a découvert de gros arbres semblables aux pins et aux chênes ; mais on prétend que le bois de

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La nature a refusé à cette contrée les plantes alimentaires. Quelques joncs de mauvaise espèce, des racines d’arum ou de fougère, {e palmier sagoyer, le chou-palmiste, une espèce de pisang sauvage, sont les seuls végétaux qui fournissent de la nourriture à l’homme. L’eucalyptus piperita donne une huile irès-efficace contre la colique. Les pêchers, le maïs et l’orge ont réussi. Le maïs rend deux cents fois la semence. Les vignes ont prospéré, mais le vent brûlant de l’intérieur est venu les détruire.

Parmi les mammifères connus à la Nouvelle-Galles, le plus grand est le kanguroo, qui a quelquefois 4 mètre 62 centimètres, et qui tue un chien de chasse d’un coup de sa queue; mais ces animaux deviennent chaque jour plus rares. Le wombat, espèce d’opossum ou didelphe, a quelque chose de l’ours. Le phascatomys ou souris à bourse, et l’écureuil volant sont des exemples de la tendance de toutes les races animales de ce pays à se rapprocher du genre des didelphes, par cette espèce de bourse que forme la peau de leur bas-ventre. Le fachyglossus a la figure du hérisson d'Afrique et la manière de vivre de l’ours fourmilier d'Amérique. On n’est pas sûr qu’il s’y trouve des loups. Les chiens naturels sont de l’espèce du vhacal ; ils n’aboient jamais ; quelques-uns sont très-beaux.

Les oiseaux sont ici très-abondants en espèces et en individus. Parmi ceux qui ressemblent à des oiseaux asiatiques, on compte l’aigle brun, plusieurs faucons, un grand nombre de beaux perroquets, des corbeaux, des corneilles, et une grande espèce de martin-pêcheur ; on voit aussi des outardes, des perdrix et des pigeons.’ Mais la Nouvelle-Galles méridiona!e possède des oiseaux qui lui sont propres. Le plus grand est une nouvelle espèce de casoar, que l’on assure avoir 7 pieds de long ; sa chair a le goût de celle du bœuf. Cet oiseau tient le milieu entre le casoar des Moluques et le toucan d'Amérique. Autant le casoar se distingue par sa grandeur, autant la mœnura superba éclaie par sa beauté. Cet oiseau , assez rapproché du faisan et du paon, porte une queue en forme de lyre, toute brillante de teintes d’orange et d’argent. Parmi les oiseaux aquatiques, on trouve le héron, une sorte d'ibis ou courlis, et des pélicans gigantesques. Il y a aussi des canards et des oies d’une espèce particulière. Le cygne noir est une production rare de ce continent : il est supérieur au blanc pour la grandeur ; le bec est d’un riche écarlate, avec une petite tache jaune au bout ; tout le plumage est d’un très-beau noir, hors les plumes primaires et secon-

daires, qui sont blanches ; les yeux sont noirs, et les pieds d’un brun obscur : on le trouve dans la rivière de Hawkesbury et autres eaux fraiches, près Brokenbay ; il a tous les mouvements gracieux de Pespèce blanche. C’est le navigateur hollandais Fleming qui, le premier, découvrit cet oiseau sur les bords du fleuve des Cygnes, dans la Terre &’Endracht.

Les tortues appelées fortues verles abondent dans l'ile de Norfolk et de Howe : clles se montrent aussi sur les côtes de Australie. Il y a plusieurs lézards et serpents. Le crabe bleu est d’une rare beauté, Les papillons

brillent des rlus éclatantes couleurs.

Parmi les cétacès, on remarque des dauphins et des marsouins. On trouve aussi une espèce singulière de poissons qui, laissée par le reflux sur la grève, y saute comme les grenouilles, à l’aide de fortes nageoires. Ainsi, dans ces régions du monde, les caprices de la nature ont non-seulement confondu les oiseaux avec les quadrupèdes, mais elle a en quelque sorte permis aux poissons d’envahir la terre. Probablement Pinstinct des animaux n'aura nulle part sur le globe eu un théâtre plus libre pour se déve lopper; l’homme, dégradé au dernier rang de l’état desauvage, n’a pu gêner l’industrie des animaux, fort supérieure ici à la sienne.

La Nouvelle-Galles paraît offrir au moins trois variétés indigènes d’habitants, quoique toutes appartenant à la race des Vègres-Océaniens. Aux environs de la baie des Verreries on a observé des sauvages dont la grosse tête se rapprochait par la forme, le peu d'ouverture de l’angle facial et les protubérances, de ceile des orangs-outangs; l'intelligence bornée et presque nulle de ces êtres, d’ailleurs très-velus et très-agiles à grimper sur les arbres, les plaçait à peu de distance des singes. Au sud-ouest de la colonie anglaise, on a trouvé des tribus qui parlaient une langue particulière et qui avaient une constitution plus forte que les sauvages voisins de l’établissement. Ceux-ci sont les seuls que nous connaissions bien. Il n’y a peut-être

“pas de peuple sur la terre qui ait fait moins de progrès vers la civilisation.

Ils sont simplement divisés par familles ou par tribus, dont chacune est distinguée en ajoutant gal au nom de la place où elle réside; ainsi la côe méridionale de Botanÿ-Bay est appelée Gwea, et la tribu qui y réside « Gwea-Gal. »

Ces tribus n'ont point de communication entre elles ; d’où résulte, suivant M. Lesson, l’état de barbarie profond dans lequel elles eroupissent, et dont rien ne semble devoir les tirer. Partoutelles montrent une complèie ignorance, une grande misère et une sorte d’abrutissement moral. Les deux sexes sont nus et ignorent la pudeur; ils ne paraissent avoir senti la

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nécessité de vêtements de laine que pour se garaniir Ja poitrine. En vain a-t-on essayé de les amener à des idées de civilisation en leur bâtissant des maisons et en leur fournissant des vivres plus abondants et plus sains que ceux qu’ils se procurent avec tant de difficulté ; ils se sont jusqu’à présent montrés rebelles à toute espèce d'amélioration : la vue des cités europénnes qu'ils visitent souvent, n’a excité chez eux aucun désir d’imitation; ils se livrent même au sein de ces cités aux actes qui révoltent le plus la morale publique ; ils n’ont adopté des Européens que des vices honteux et un goût désordonné pour les liqueurs fortes. La liberté para, êlre le besoin qui les domine, ils préfèrent leur indépendance misérable aux douceurs d’une vie paisible.

Les traits des jeunes filles sont rarement gracieux, et ceux des femmes qui sont devenues mères sont presque repoussents. La taille de ces tribus est au-dessous de la moyenne, leur face élargie transversalement, leurs sourcils saillants, leurs yeux, dont la sclérotique est jaunâtre, sont trèsenfoncés. Une barbe noire et épaisse qu’ils brülent de temps en temps, et les os dont ils séparent le eartilage du nez, donnent aux hommes un aspect dégoûtant, auquel se joint la puanteur de ieur peau frottée d'huile de poisson pour les défendre dès injures de l’air et des moustiques. Ils sont dans l’usage de se frotter avec le poisson tout entier, et font cette opération avec tant de malpropreté, qu’on voit quelquefois les entrailles du poisson rôtir sur leur tête à l’ardeur du soleil, et l’huile découler sur leur visage et sur leur corps. Ils apprennent aux enfants à se frotter ainsi dès l’âge de deux ans. Ils se colorent la figure en blanc et en rouge : la première couleur est employée quand ils se préparent à la danse, et la seconde lorsqu'ils vont au combat. D’autres, tout barbouillés de noir, tracent un large cercle blanc autour de chaque œil, et des lignes de la même couleur sur les bras, les cuisses et les jambes, quelquefois même ils se font des plaies profondes avec des coquilles ; et plus tard ces plaies, en se cicatrisant, figurent sur leur corps des échelons, des coutures, qui sont considérés comme desornements très-distingués. Au moyen d’une gomme qu’ils trouvent sur les arbres, ils se garnissent les cheveux de morceaux de bois, d’arètes de poisson, d’os et de plumes d’oiseaux, de dents de kanguroo ou de queues de chien. Plusieurs se tressent les cheveux avec de la gomme, ce qui les rend semblables à des morceaux de corde. d Leur vue est extracrdinairement perçante. Quelques-uns sont presque aussi noirs que les nègres d'Afrique, tandis que d’autres sont couleur de cuivre. Leurs cheveux, ordinairement noirs et quelquelois rougeàtres :

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sont longs, sans être laineux comme ceux des Africains ; ils ont le nez aplati, les narrines larges, les lèvres médiocrement épaisses, avec une bouche d’une largeur démesurée, mais les dents fort blanches, égales, serrées et très-saines. Leurs bras, leurs jambes, leurs cuisses, sont d’une maigreur extrême, sans doute à cause de leur mauvaise nourriture. Ce qui confirme cette opinion , c’est que plusieurs de ces sauvages qui ont vécu parini les Européens, en participant à leur nourriture, sont devenus en peu de temps bien proportionnés. Leur torse paraît plus développé que celui des Européens ; mais si on les examine attentivement, on ne tarde pas à s’apercevoir que ce n’est que l'extrême maigreur des jambes qui fait paraître cette partie très-développée. Leur ventre arrondi paraît avoir une grande propension à devenir gros, ce qui peut provenir de l’habitude qu’ils ont de manger avec excès toutes les fois qu’ils trouvent de la nourriture. Ceux qui habitent les côtes ne vivent que de poissons, tandis qu’un petit nombre subsistent, dans les bois, des animaux qu’ils peuvent attraper, ou grimpent sur le: arbres pour manger le miel et prendre les écureuils volants et les opossums, qui deviennent de jour en jour plus rares par la chasse coniinuelle qu’ils leur font. Lerègne végétal ne leur offre pour nourriture que la racine de diverses fougères et quelques bulbes d’orchidées : aussi éprouvent-ils souvent les effets de famines désastreuses. C’est alors, dit Collins, qu’on rencontre ces malheureux indigènes, réduits à un tel excès de maigreur, qu’on les prendrait pour des squelettes, et qu’ils paraissent sur le point de succomber d’inanition. Ceux qui habitent les contrées centrales de l'Australie, n'ayant pas la ressource des productions maritimes, sont réduits à dévorer des grenouilles, des lézards, des serpents, diverses espèces de larves, et particulièrement les grosses chenii'es qui se réunissent autour de l’eucalyplus résineux. Les araignées elles-mêmes font partie de leurs repas dégoûtants. Dans d'autres circonslances, ces hordes misérables sont réduites à vivre de certaines herbes ct à ronger l’écorce de quelques arbres ; enfin, il n’est pas jusqu’aux fourmis nombreuses qui dévastent leur sol qu’elles n’aient été contraintes de faire servir à leur nourriture. Lorsque les vivres leur manquent totalement, ils tuent les nouveau-nés.

Leurs huttes ont la forme d’un four ; le feu est placé à l’ouverture, tandis que la fumée et les ordures restent dans l’intérieur. Là, ils dorment pêle-mêle, autant du moins que le leur permettent leurs inimitiés fréquentes et leurs nombreux assassinats.

Leurs armes seules prouvent qu’ils participent au don de l'intelligence.

ont le nez avec une gales , sersont d’une ure. Ce qui ai ont vécu devenus en veloppé que on ne tarde jambes qui paraît avoir Le l'habitude de la nourandis qu’un uvent attradre les éculus rares par 1r offre pour bes d’orchireuses. C’est réduits à un es, et qu'ils habitent les productions des serpents, bnii'es qui se elles-mêmes islances, ces et à ronger urmis nomde faire sertalement, ils

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intelligence.

Les javelots lancés avec beaucoup d'adresse , dessus un support en bois, peuvent être redoutables même aux Européens. Ils tuent les poissons avec une espèce de fourche, qui n’est autre chose qu’une canne de 5 à 6 mètres de long, terminée par quatre pointes barbelées ; ces pointes sont des morceaux d’os soudés au bois avec de la gomme. On les voit dans les pirogues , le visage près la surface de l’eau, dans une attitude commode pour frapper leur proie, qu’ils manquent rarement. Les femmes emploient des lignes d’écorce d'arbre et des hameçons faits avec la coquille de la pintadine perlière, frottée sur une pierre jusqu’à ce qu’elle ait pris la forme convenable. C’est pour leur rendre plus facile cette occupation que lorsqu’elles sont jeunes on leur coupe les deux phalanges du petit doigt de la main gauche. Pour cela on lie fortement la deuxième articulation, et le doigt tombe bientôt de lui-même: celles qui n'ont pas sul celte opération sont regardées avec mépris.

A l’âge de quinze ans, les garçons subissent l'opération qu’il appellent gna-noung, et qui consiste à faire un trou à la cloison du nez pour y passer un morceau d’os ou de roseau, cc qui, à leurs yeux, est un ornementtrèsdistingué : cette opération ne se pratique guère que sur les garçons, quoiqu’on ait vu quelques femmes qui l’avaient subie. C’est aussi au mêmeâge qu’ils sont admis au rang d'hommes, en se soumettant à la perte d’une des dents de devant. Lorsqu'ils ont subi cette opération, ils ont le droit de se servir de la lance et du casse-tête, et d'enlever les filles qui leur plaisent pour en faire leurs femmes.

Rien n’égale la conduite brutale de ces tribus envers le sexe le plus faible. Pour obtenir la main d’une femme, ils épient sa retraite, et, la jetant à terre par des coups multinliés de bâton ou d’une épée de bois, ils la conduisent, baignée de sang, à leur maison, où la cérémonie nuptiale s'achève d’une manière trop dégoûtante pour être rapportée,

La polygamie est générale, mais les femmes se vengent en prenant giusieurs maris, et souvent en donnant la mort au leur. Elles sont mainteaues dans le plus grand asservissement; quand:une tribu en voyage rencontre des étrangers, elles doivent s’arrêter à une grande distance, et ne peuvent s’approcher qu'avec la permission expresse des maris. Une contravention à cet usage serait aussitôt punie d’un coup de casse-tête qui .e manquerait pas de leur fracasser le crâne. El'es ne sont pas pour cela ennemies de leurs maris, et, si l’on peut parler ainsi, les coups qu’ils leur prodiguent ne font qu'augmenter leur attachement et leur tendresse, Plus elles

ont de cicatrices, plus elles sont estimées : aussi sont-elles très-soigneuses VI. 6

à les montrer comme des marques d'honneur. On n’a jamais observé qu’il existât dans une famille des enfants de plusieurs femmes. Comme on doit bien s’y attendre, celles-ci sont dans des querelles continuelles, fomentées par l’orgueil et la jalousie. La première réclame le droit exclusif aux faveurs conjugales, et celle du dernier choix est comme esclave de sa rivale. Ils ne gardent jamais les enfants mâles d’origine mélangée ; ce qui paraît € .vuir être attribué à la,crainte qu’ils ont de la supériorité des êtres procréés par des individus de leur espèce et d2 la race blanche, Pour éviter l’ennui de porter leur enfant, les femmes ont recours à une opération nommée mtbra, qui consiste à se faire avorler en se faisant fouler le ventre, ce qui cause toujours la mort de l’enfant et souvent celle de la mère. Elles ne regardent point la pudeur comme quelque chose de louable. Cependant, après s’être aperçues que les Européens attachaient à leur nudité une idée d’infamie, elles sont devenues extrêmement réservées envers les étrangers, et ne paraissent jamais devant eux sans faire apercevoir sur leur front les marques de leur honte : toutefois, elles conservent auprès de leurs maris leurs anciens usages.

Ils n’ont qu’une faible idée d’une existence future, et croient qu’à leur mort ils retournent aux nuages, d’où ils sont originairement descendus : idée singulière, qui se retrouve chez les Haraforas ou Alforèses de l’île de Céram. Ces pauvres sauvages sont aussi esclaves de la superstition : ils croient à la magie, aux sortiléges, aux spectres ; les derniers doivent leur origine aux insomnies et aux terreurs d’une vie misérable,

Quand une personne qui a passé le terme moyen de la vie humaine meurt, on s’empresse de construire un bûcher. On présente successivement le corps aux portes des maisons que le défunt avait coutume de fréquenter, après quoi on le place sur le bücher. Le lendemain, le plus proche parent va ramasser les cendres et les mettre en terre; puis il en forme un tertre auquel il donne autant de régularité qu’il est possible, et qu’il abandonne après avoir placé dessus le morceau d’écorce d’arbre qui lui a servi à construire ce modeste monument. A la mort des jeunes gens, les femmes, les enfants et plusieurs naturels poussent des cris aigus et des lamentations multipliées, et deux hommes se battent à coups de casse-tête. Cette scène est suivie d’un morne silence, qui n’est interrompu que par de nouvelles lamentations au moment où le corps est mis dans une pirogue avec ses instruments de pêche ct ses armes. Pendant que le corps est élevé sur la tête de deux hommes, d’autres agitent des touffes d’herbe, tantôt en avant, tantôt en arrière, comme pour chasser les mauvais génies. On dépose

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ensuite le corps dans la terre, les pieds tournés vers le nord et la face vers le soleil à midi. La tombe est recouverte et entourée du côté du sud d’une rangée d’arbustes en demi-cercle. Un horrible usage ordonne d’enterrer vivant dans la tombe de la mère l’enfant qui, étant à la mamelle, perd celle qui lui a donné le jour. Le père le place dans la tombe, jette sur lui une grosse pierre, et aussitôt les spectateurs le couvrent de terre. Ce malheur ne peut être évité que si quelqu'un offre une nourrice ou s'engage à tenir lieu de père à l'enfant, quoique le véritable pèa existe. Cependant ces barbares ont été vus pleurant sur le tombeau d’un fils, d’un ami; leurs À regards, rendus humains par les larmes, se tournaient tantôt vers le ciel, d tantôt vers la terre, et semblaient indiquer qu’il y a entre eux quelque rapë port. Les cérémonies funèbres terminées, il est défendu aux spectateurs de prononcer, sous aucun prétexte, le nom du défunt, qui semble, par là, … condamné à un éternel oubli.

k Les naturels de l'Australie témoignent beaucoup derespect aux vieillards, et n'éprouvent pas ce désir irrésistible de voler qui domine les insulaires de la Polynésie. Leur langage est agréable à l'oreille, expressif et sonore; il n’a d’analogie avec aucune autre langue connue, mais les dialectes des diverses parties du pays sont tout à fait différents.

Les armes dont ils se servent dans leurs combats, toujours acharnés, sontle baumerang, fait avec un bois naturellement trés-dur et très-pesant, que l’on expose au feu pour le durcir davantage ; sa forme est celle d’une lunette, ou plutôt de deux bras légèrement courbés, formant au milieu un angle très-ouvert ; il est cependant fait d’une seule pièce de bois aiguisée des deux côtés. Il se lance de bas en haut dans une direction oblique : il

pour :àa chasse. Ils ont jusqu’à huit sortes de lances, distinguées par le nombre de barbes et la forme &es dards. Ils sont fort adroits et frappent souvent le but de 60 ou 70 pas. Le bâton pour le lancer porte le nom de womerra; il est long d’un mètre environ, avec un croc à un bout et une coquille à l’autre. Ils ont les waddis ou casse-têtes de plusieurs genres, et un sabre de bois recourbé, Leurs haches en pierres furent au commencement funestes aux Anglais. Leurs armes défensives sont le bouclier, qui est de deux sortes, l’une en écorce, qui ne peut résis‘er aux coups de la lance, l'autre en bois durci au feu, qui est très-propre à cet effet, mais peu usitée à cause de sa pesanteur.

Les indigènes des environs de la baie de “reton, quoique éloignés de plus de 440 lieues de Port-Jackson, ont pivsque les mêmes mœvrs et les

k frappe en retombant avec beaucoup de force et de vitesse. On s’en sert aussi de à

mêmes coutumes. Le poisson fait la base de leur subsistance, ce qui les oblige de changer de lieu à mesure que le poisson devient rare, Pour le prendre, ils se servent d’une espèce de filets faits d'écorce de hourragong, qui ressemblent beaucoup aux filets de chanvre, Leurs cabanes, bâties de branches entrelacées et couvertes d'écorce du {hea-free, peuvent contenir dix ou douze personnes. (n y remarque une grande propreté, Les deux sexes sont nus : de petites lanières de peau de kanguroo ou d’opossum enveloppent seulement leurs bras et leurs mains : les femmes paraissent en cet état sans la moindre honte devant les étrangers. Les diverses tribus se distinguent par la différence des couleurs dont elles se peignent le corps ; les unes se noircissent entièrement avec du charbon et de la cire; d’autres se peignent en rouge avec une espèce de terre qu’ils brülent et réduisent en poudre ; d’autres enfin se noircissent et se barbouiilent ensuite certaines parties du corps avec une préparation blanche.

Les tribus de Paramalla, de Bathurst, de Mowc-Mouc ou King's- Valley, de Bille-Biarra, de Wellington- Valley, de Bingoum, àe Moudjat, de Nondouraï et de Pialang, quoique généralement semblables à celles dont nous venons de parler, offrent quelques traits qui leur sont particuliers. Ces indigènes sont grands, robustes et très-bien proportionnés ; à les voir, on dirait qu’ils ont une nourriture abondante ; ils aiment beauçoup le pain, le lait, le sucre, le tabac, mais ils se soucient peu des liqueurs fortes. Ils n’ont point de lignes de pêche, quoique les rivières abondent en poissons ; ils en prennent quelques-uns avec leurs lances. Ils sont très-jaloux d’être rasés, et plusieurs ont la chevelure proprement peignée. Leur caractère est gai et porté à la douceur. Leurs habits sont de grands manteaux de peaux d’opossums cousues ensemble avec des aiguilles en os et les poils de la queue de cet aninal. L'hiver ils tournent le poil contre leur corps, et l'été en dehors. Ils ne peuvent comprendre les indigènes des côtes ni en être entendus, les mêmes objets portant chez ces deux peuples des noms très-différents.

On n'évalue pas au-delà de 60 à 80,000 la population indigène de l’Australie, qui paraît s’éteindre de jour en jour ; elle appartient, ainsi que nous ’avons dit, à la race des nègres Papouas, dont elle forme une variété particulière. Les Européens ont à diverses reprises tenté de s’établir sur les côtes de cet immense continent, et, dès l’année 1616, les Hollandais les avaient fréquentées, mois ce fut sans succès; les Anglais, seuls, sont parvenus, à force de patience et de cette intelligence colonisatrice qu’ils possèdent à un si haut degré, à y fonder des établissements durables. Aujourd’hui ces derniers forment quatre groupes principaux : la Nouveric-Galles

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