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situé près de l'embouchure du Dal, il se tient tous les ans une foire considérable de chevaux et de bestiaux.
La nature, généreuse dans ses bienfaits, a réuni avec tant de prodigalité, aux environs de S{ockholm, les sites les plus variés, que cette ville semble placée au milieu d'un grand et superbe jardin. D’un côté s'élèvent des montagnes majestueuses que garnit le sombre feuillage des pins, alternant avec les rameaux touffus de l’orme et du chêne, tandis que de l’autre s’ouvre une agréable vallée. Ici le lac Mälar étale sa surface irrégulière ment découpée par des golfes et des promontoires, et couverte d’une multitude de rochers granitiques, les uns escarpés et nus, les autres décorés de maisons de plaisance ou de touffes de bois ; là s'élève une forêt sur une pete garnie de verdure ; plus loin la vue se repose sur des coteaux ou sur des îles. Des châteaux, résidences d’été de la famille royale, des maisons de campagne et des jardins animent ce paysage. La capitale de la Suède est dans une situation singulière et romantique qui frappe d’étonnement tous ceux qui s'y présentent. Elle occupe deux presqu’iles et plusieurs îles baignées par le lac Mälar, au fond d’uu golfe où il se décharge dans la mer Baltique ; aussi l’a-t-on, sous ce rapport, comparée à Venise. Mais les canaux qui dans la cité italienne sont l'ouvrage des hommes, sont formés ici par des bras de mer. Incessamment sillonnés par des bateaux à vapeur, ils introduisent les navires jusqu’au cœur de la ville. La beauté de sa situation, et même quelques-uns de ses monuments, la placent au rang des plus agréables villes de l’Europe. Le Norrmalm et le Sodermalm, ses deux grands faubourgs, occupent plusieurs îles, et sont en partie bâtis sur pilotis. Ainsi ses dix quartiers sont séparés par les divers bras du Malar et par la mer ; ils communiquent entre eux par treize principaux ponts en pierre et plusieurs autres en bois. Beaucoup d'habitations sont entourées de jardins dont les murs s'élèvent au bord des eaux ; d’autres, comme dans le Sôdermalm, s'appuient sur des rochers qui, plus hauts que les toits, s'élèvent comme des murailles au milieu de ces îles. La ville proprement dite ou la cité (S{aden) n’est qu’une ile d’une médiocre étendue : c'est l’ancienne Stockholm dont on attribue la fondation à Birger-Jarl vers le treizième siècle, Dans l'origine ce n’était qu’une forteresse, construite à l'entrée du lac Malar pour protéger les approches d’Upsal, alors capitale du rovaume.
Stockholm est bâtie sans régularité; la plupart des maisons sont en pierres et en briques, plusieurs sont en bois, peintes en rouge, mais le plus généralement en blanc ; leurs façades présentent de belles croisées
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doubles, destinées à garantir les appartements contre les rigueurs de l'hiver. Ces croisées sont garnics de grands carreaux. Les boutiques n'ont point de devantures élégantes et riches comme dans les régions tempérées : ce sont des appartements bien clos où l’on est garanti des grands froids de l'hiver. Les rues, toutes parfaitement propres, ne sont pavées que des galets que la mer fournit en abondance. Les vingt places publiques sont petites et sans noblesse. C’est dans le Norrmalm que se trouvent les plus larges et les plus belles rues : la plus longue est la Drolining-gatan, que décorent les façades de plusieurs palais. Le port, défendu par deux forts, est d’une entrée difficile, mais son enceinte est vaste et sûre; l’eau en est limpide comme le cristal, et si profonde que les grands navires peuvent aborder jusqu’à son extrémité au centre de la ville, et débarquer leurs marchandises sur le quai, bordé par de belles maisons ei de vastes magasins. Plusieurs rues de la cité s'élèvent alentour, l’une au-dessus de l’autre, sur la pente d’une colline, et forment un bel amphithéâtre couronné par le palais du roi. Cet édifice, depuis son origine jusqu’au seizième siècle, ne fut qu’une forteresse ; reconstruit plusieurs fois depuis, ce que l’on en voit aujourd’hui date de l’année 4753; mais le roi Charles-Jean l’a fait remettre entièrement à neuf, et y a ajouté du côté du nord une belle terrasse. C’est un bâtiment carré, flanqué de deux ailes, bâti dans un trèsbeau style, et rempli de meubles précieux et de collections d’un si grand prix qu’on peut le comparer aux plus belles résidences royales de l’Europe. La chapelle est d’une grande richesse : c’est là que le 20 décembre de chaque année on célèbre une fête en l’honneur de Gustave-Adolphe, pour rappeler la noble persévérance avec laquelle il combattit pour la liberté de la communion protestante. La bibliothèque du roi renferme 40,000 volumes, ainsi que de nombreux manuscrits, et possède le livre d'heures de l’empereur Ferdinand, l’un des trophées de Gustave-Adolphe pendant la guerre de 30 ans, ct l’exemplaire de la Bible selon la Vulgate, sur lequel Luther écrivit des notes relatives à son plan de réformation. La collection de tableaux se compose de différents ouvrages des grands maitres de l’école italienne et des meilleurs peintres suédois. Le musée des antiques est riche en statues grecques et en médailles. Au bas de la plate forme qu’occupe le château, s’élèvent, sur la place de Slot{sbacken, la statue de Gustave IIE, érigée par la bourgeoisie de Stockholm, et l'obélisque eu granit élevé par les États à la mémoire de ce souverain. Sur la place de l’Hôtel-des-Chevalicrs, une statue en bronze représente Gustave Wasa. La place de Gustave Adolphe est décorée de la statue équestre et en bronze de ce prince. Le
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palais de la princesse Sophie-Albertine, le théâtre et d’autres élégants édifices environnent cette place. C’est sur l'emplacement de l’ancien jardin royal que Charles-Jean a fait construire la magnifique place de Charles XIII que décore la statue de ce prince, qui fut fondue à Paris en 48214.
La belle église des chevaliers (Riddarholmen), dans l’île de ce nom, est remarquable par son architecture ogivale et par son aiguille. Elle renferme les cendres de la plupart des rois depuis Gustave Wasa et des généraux les plus célèbres de la Suède; elle est décorée de 5,000 étendards étrangers. La grande église ou la cathédrale, appelée Storkyrkan, est la plus ancienne : elle sert au couronnement des rois depuis que cette cérémonie ne se fait plus à Upsal. Joignez à ces édifices le magnifique bâtiment de la bourse, la salle de l'Opéra, l’hôtel-de-ville, celui de la monnaie, l'immense bâtiment où l’on emmagasine le fer, le parc d'artillerie, les chantiers et l'amirauté, et à l’extrémité septentrionale de la Drottninggatan, sur un rocher isolé, le beau bâtiment de l'observatoire, et vous aurez une idée de la capitale de la Suède. Nous ne dirons rien de l'institut central vétérinaire, de l'institut forestier, destinés à former des élèves habiles, des collections scientifiques, des sociétés savantes, telles que l'académie des sciences et celle des belles-lettres, les écoles de médecine, des mines et d’autres non moins utiles. Parmi les établissements philanthropiques soutenus par la sagesse du gouvernement et par le zèle des particuliers, nous ne citerons que la société Pro-Patria, qui encourage les vertus dans toutes les classes en distribuant des médailles d'argent pour récompenser les longs et pénibles services des maitres des écoles primaires, ceux des sages-femmes, la bonne conduite des ouvriers et des serviteurs fidèles, le zèle des paysans à perfectionner l’agriculture.
Dans la capitale de la Suède, on montre beaucoup de goût pour les sciences et les arts ; les sociétés scientifiques et littéraires n’en offrent pas seules la preuve : la plupart des cercles sont des réunions qui tournent au profit des arts et de la littérature, parce qu’ils y sont le sujet de presque tous les entretiens; les concerts sont aussi très-fréquents, et le théâtre royal est parfaitement dirigé. Les plaisirs mêmes sont non-seulement un encouragement pour les arts, mais un moyen de pratiquer la philanthropie, 1 faut voir Stockholm pendant les fêtes de Noël, si l’on veut avoir une idée de la gaieté et du mouvement qui règnent alors dans celte capitale ; c’est la veille de la fête que commence, le soir, la célèbre foire de Noël, qui, par ses innombrables flambeaux, présente un spectacle si singulier ; les parties de patins et de traineaux viennent ensuite, et se prolongent tout le
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temps de l’hiver. La population de cette grande ville est aujourd'hui évaluée à environ 90,000 âmes.
Si la vie sociale offre beaucoup d’agréments à Stockholm, ce v’est point aux dépens de tout sentiment moral et religieux. Les temples ÿ sont trèsfréquentés : ils sont tellement remplis les dimanches, que la foule se presse jusque sur le seuil de la porte. Dans quelques familles on a coutume, le samedi, de consacrer quelques heures à des exercices religieux ; la prière du soir est généralement en usage.
Le commerce de Stockholm est d’une grande importance. C’est par son port que se font la plupart des importations et des exportations du royaume. Ceci explique l’aisance dont jouissent la plupart des négociants qui y sont établis. Mais dans aucun pays les familles qui se livrent aux spéculations commerciales ne font un plus noble emploi de leurs richesses : une grande quantité de fondations philauthropiques en fournissent la preuve, Cette capitale possède des fabriques dans tous les genres. Les plus importantes sont celles de tabac, celles de draps et de soieries, et les raffineries de sucre Stockholm, abritée contre le souffle des vents, semblerait devoir être saine ; cependant la mortalité y est plus considérable, proportion gardée avec sa population, que dans les autres capitales de l'Europe la cause ne peut en être ailribuée qu'aux exhalaisons des eaux et des terrains marécageux qui l'entourent. a
Nous avons parlé des châteaux royaux que l’on aperçoit en approchant des murs de la ville: celui de Drot{ningholm (Ile de la Reine) est le plus beau ; il offre en petit quelque rossemblance avec celui de Versailles ; mais sa position sur la pointe septentrionale de l'ile de Lofoë, dans le la Malar, la beauté de ses jardins, l’abondance de ses eaux, le rendent bien plus
remarquable; Aarlsberg, sur les bords du lac, fut longtemps HAbIRHIOn royale, mais depuis le commencement de ce sien château a ‘e transformé en une école militaire qui renferme 200 élèves; quatre pièves de canon destinées aux exercices Sont placées en MAHeNIG UE L façade du château qui borde le rivage ; Haga, petit pavillon entouré de sites enchauteurs, est le séjour du roi pendant la belle sa.son. La belle is de Kosendul, appelée aussi la Villa- Botanique, es celle où le Dee Rite de préférence les personnes qui iui sont présen ces. Le chätouu d'Ulricksdal, qui s'élève sur les bords d'un petit lac qui communIque avec la Baltique, est un bel édilice qui, depuis peu d'années, à êlé aflocté au logeinent des invalides. On voit dans l'arsenal le nn MU 2 CU es ill D a 'anchée de Eriderikshi >pee Sul JaŒuCle PASS fut tué dans la t'anchée de Friderikshall, et l'éj ; |
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il porta la main en se sentant frappé. On ÿ montre anssi la chemise sanglante du grand Gustave-Adolphe, lorsqu'il fut tué dans les champs de Lutzen. Le château de Rosersberg passe pour l’un des plus beaux de la Suède; celui de Strômsholm esl remarquable par le charme de sa position; Svartsjô, par ses magnifiques jardins et par le séjour qu'y fit la reine Louise-Ulrique ; enfin Gripsholm, par les souvenirs historiques qui s’y rattachent : c’est dans ce château qu’Erik XIV et Gustave IV furent enfermés après avoir été précipités du trône.
A 13 ieues au nord-ouest de Stockholm se trouve Norrtelge, peu éloignée de la mer ; on y voit une fabrique de drap, et dans ses environs une manufacture d’armes ; le cabotage et la pêche donnent de l’activiié à son pori. Süderlelge, à ‘7 lieues au sud-ouest de la capitale, sur une baie du lac Mälar, appelée le Sädra-Riärk- forden, est une petite ville assez bien bâtie, qui renferme un lazaret, des filatures de coton, des fabriques de bas, une manufacture de tabac et deux tuileries; Weæholm est un petit port où les navires de commerce relâchent avant d’arriver à Stockholm.
Près des côtes de la préfecture de Stockholm s'étend un archipel composé d’un grand nombre de petites îles, dont les plus considérables, qui n’ont pas plus d’une lieue de longueur, sont Biorko, Windo, Sandhamm, où l’on voit un port défendu par des bastions, Norsundo, U16 et Toro.
La préfecture de Nykoping est formée de la plus grande partie de l’ancienne province de Sudermanie. Elle est arrosée au nord par le lac Mülar, à l’ouest par le lac Hielmar, au centre par des lacs et des marais, et au sud par la mer Baltique. C’est au fond d’une baie, et à l'embouchure d’une petite rivière dont elle porte le nom, que se irouve dans la plusbellesituation la petite ville de Nykoping, l’une des plus jolies de la Suède. Ancienne capitale de la Sudermanie, elle est aujourd’hui chef-lieu de la préfecture. La vase qui remplit sou port jusqu’à la hauteur de 2 à 3 mètres, est la principale cause de son peu d'importance sous le rapport du commerce maritime. On y remarque particulièrement des fabriques de draps, de bas, de papier, d’aiguilles et de tabac. Elle exporte des canons et des boulets, C’es: dans son vieux château, dont une parlie sert de prison, que le roi Birger, qui gouverna en prince habile, mais dont les talents ne sauraient faire pardonner les crimes , fit enfermer eu 1318 deux de ses frères , et les laissa mourir de faim. Le suédois le plus pur se parle à Nykôping et dans ses 2nvirons,
Sur le bord du lac Mälar, une autre petite ville mérite d’être remarquée : Strengnüs, résidence d’un évèque, renferme une belle cathédrale, et un
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En entrant dans la préfecture d'Ürebro, nons serons frappés du progrès qu’y a faits l’agriculture : on y connaît l’usage des assolements et des *prairies artificielles. Les récoltes y sont abondantes, et l'on y élève beaucoup de bestiaux. Cetle parte de la Suède centrale se compose de plaines ondulées, bornées à l’est par le lac Hielmar, et au sud par le lac Wettern. Dans l’intérieur se trouvent les lacs Afvern, Tisaren, Sottern, Toîten, \osion, elc.
Orebro, près de l'extrémité occidentale du Hiclmar, peut passer pour une ville de quelque importance, puisqu'elle a près de 5,000 habitants. Elle renferme plusieurs rues larges et bien pavées en granit, des maisons assez bien bâties, quoiqu ‘Îles soient en bois et peintes en rouge. On y remarque une école normale, une société d'agriculture, un vieux château entouré de fossés et de jolies promenades. Orebro est l’entrepôt de fer de toute la préfecture; au moyen des lacs Hielmar et Mälar, et du canal d’Arboga, son commerce avec Stockholm a beaucoup d'activité.
Sur la rive septentrionale du lac Wettern, Askersund fait aussi le commerce de fer et des denrées de ses environs; ilen est de même de la joe ville de Nora, sur le bord d’un petit lee de ce nom, à 8 lieues d'Orebro.
Entrons dans la préfecture de Karlstad, la seule qui nous reste à voir dans la Suède centrale. Elle est arrosée par plusieurs rivières, qui toutes se jettent au sud dans le lac Wenern. Son sol, léger et sablonreux, n'est pas dénuë de fertilité : on y récolte, dans la partie orientale et méridionale, assez de froment pour la consommation des habitants ; les terres de l’ouest et du nord ne donnent que du seigle et de l’avoine, sais la pomme de terre est cultivée partout avec succès. Les mines qu’elle renferme fournissent annuellement 300,000 quintaux de fer en barres.
Dans une vallée romantique entourée de mines de fer en pleine exploitation et d'importantes usines, se trouve Philipstad. Au hord du lac Wenern, Karlstad, chef-lieu de la préfecture, renferme, comme la plupart des cités de la Suède, plus d'établissements d'instruction qu’on n’en voit dans des villes de France plus considérables. Outre plusieurs écoles, elle possède un gymnase, un observatoire, un cabinet d'histoire naturelle et une société d’agriculture. I s'y tient trois foires annuelles. Cette ville fut fondée en 1584 par Charles, duc de Sudermanie, qui devint roi sous le nom de Charles IX : aussi est-elle construite avec régularité, mais comme ses maisons sont en bois, elle a été souvent ravagée par les incendies. À 8 licues
6iS LIVRE CENT CINGUANTIÈME.
à l’est de Karlstad, Christineham possède une belle place, et fait un grand commerce de fer, de mercerie, et d’objets d’arts mécaniques.
Nous allons parcourir maintenant la Gofhie, ou la Suède méridionale. La préfecture de Linkôping est formée de l’ancienne province d'Ostro- Gothie. C’est un pays montueux et boisé, que ses vallées, ses lacs et ses rivières rendent extrêmement pitioresque. Il est borné à l’ouest par les bords occidentaux du lac Wettern, et à l'est par la Baltique. Linkoping, au milieu d’une des plaines les plus fertiles de l’Ostro-Gothie, «:t une ville très-añcienne, mais bâtie avec régularité ; il s’y tient plusieurs foires très fréquentées ; son gymnase a la jouissance d’une belle bib iothèque el d’un musée d'histoire naturelle et d’antiquités. Sa cathédrale es, après celle d’Upsai, la plus grande et la pius belle du royaume. Le château est un lourd el vaste édifice dont la construction remonte à une époque assez reculée. Près de la cathédrale, le palais de l’évêché se fait remarquer par sa belle construction : il possède un beau jardin d'où Pon jouit d’une vue r'vissante sur le lac de Roxeu et les environs. Au milieu des habitations en pois que renferme cette ville, s’élève majestucusement la maison des francsmaçons, bâiiment à trois étages construit avec beaucoup d'élégance et de goût. Ses seuls ét:blissements sont des tanneries, des tisseranderies, une fabrique de draps et une de bonneterie. Son commerce a pris un peu plus d'activité depuis la construction du canal de Gota, qui joint le lac Wettern à la Baltique. ]
A 8 lieues au nord-est de Linkoping, s'élève, au fond d’un long golfe de la Baltique, Norrkoping, la troisième ville de la Suède. Ses rues sont larges, bien bâties et bien pavées; ses places sont grandes et régulières. Elle renferme trois églises, deux maisons de charité, un grand nombre de fabriques de toile de lin, de mousseline, de tabac, de papier, d'ouvrages en fer forgé et en fonte, une manufacture d'armes à feu, des raffineries de sucre, des tanneries, des filatures de laine et vingt fabriques de draps. Elle a vu naître le célèbre jurisconsulte Laurent Benck. Sa situation est avantageuse pour le commerce; au moyen de la petite rivière appelée Motala, qui forme des cascades dans la ville même, les navires y arrivent jusqu’au quai. On évalue la population de ce chef-lieu à 43,000 âmes. Sôderkôping, à 40 lieues à l’est, et Wadslena, à la même distance à l’ouest du chef-lieu, n'offrent rien de remarquable. Le simple bourg de Motala, sur la rivière du même nom, est important par ses deux foires annuelles, par ses belles usines et son immense fonderie, d’où sortent un assez grand nombre de machines à vapeur, d'instruments et d’ustensiles perfectionnés.
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Il y a dans le Linkôping plusieurs sources minérales : on cite entre autres celle du village de Medewi, près du lac Wettern. Elles sont dr longtemps en grande réputation en Suède, comme fort effoaces contre la goutte, les rhumatismes, les paralysies et d’autres maladies chroniques. |
L'ancienne province de Smôland forme les trois préfectures de lônkoping, Calmar et Wexiô, que nous allons successivement visiter. |
Dans la première, on voit cultiver les fruits de nos régions tempérées ; des forêts considérables, composées de hêtres, de lilleuls ct de sapins, couvrent une partie du sol; des bêtes à cornes et à laine, des porcs et des volailles y sont engraissés avec succès ; des mines d'argent, do euivre ‘ : surtout de fer, forment une de ses principales richesses : on y voit même à seule mine d’or que possède la Suède : celle d'Odelfors, qui, ouverte il y à environ un siècle, fut d’abord très-productive, dt quene doune plus aujourd'hui que 3 à # marces par an. À l'extrémité méridionale du lac Rene Ionkôping, le chet-lieu, est une jolie ville industrieuse qu Rd a ques édifices en pierre, au nombre desquels on remarque | PAR el le palais de justice. En 4790, elle fut presque entièrement VARIE h incendie ; en 4809, la Suède et le Danemark y concluront un traité. À lieues à l’est de lonkôping lancienne Eksj0, pote ville de 4,500 habitants, renferme une manufacture de tabac estimé |
La préfecture de Calmar est fertile en forêts, en mines, en Ds # possède des pêcheries très-productives sur ses cute, de 45 lieues de Mb découpées par un grand nombre de baies. pile d Atand, qui on a côteun détroit long de 30 lieues et lerge de 2 à 5, renferme Borg olm, qui n’a letitre de ville que depuis 1816. Dans la partie FLpeRAIDale du long territoire de la préfecture de Calmar, possède un bon port, deux
anufactures rap, une église et un hôpital. ere on tvié par l’île d'Âland et la terre ferme, Calmar, s’élève sur la petite île de Quarnholm, qui, par un pont de nus communique avec le continent où s’étend son faubourg. nes cs Cie parts et des bastions, aujourd’hui mal entretenus, la Géfenduien “A Le : Elle est régulièrement bâtie, quoique la plupart de ses do. k bois; son plus bel édifice est la cathédrale, constralté “ ne . es grande place, et dont la voûte hardie se soutient pa . js . château, situé dans le faubourg, passait Me pour us we 4 royaume ; il est célèbre dans l’histoire de Suède par JRse “ei a , juillet 4397, dans laquelle fut conclu le tes acte d'union ne se couronne de Danemark en possession de la Suède et de la Norvège. L:
ville, dont on évalue la population à 600 âmes, a plusieurs manufactures de drap et des tanneries; mais elle jouissait autrefois d’un commerce plus considérable qu'aujourd'hui. Son port, petit et sûr, est abrité au sud par le cap Stensiô, où Gustave Wasa aborda en 4520 pour délivrer sa patrie d’un joug tyrannique. Louis X VIE, pendant son exil, se fixa quelque temps à Calmar,
La préfecture de Vexio, qui renferme de vastes forêts, est assez fertile pour fournir tout le grain et le fruit nécessaires à sa consommation. On y élève beaucoup de besliaux, de moutons et de pores, et ses mines fournissent 40,000 quintaux de fer; Vexiô, son chef-lieu, est une jolie petite ville qui possède deux églises, un gymnase et une bibliothèque.
La préfeclure de Cariskrona est une des plus petites de la Suède; son sol, bas et humide, forme une grande vallée entrecoupée par quelques collines et parsemée de petits lacs; la mer Baltique baigne toute sa partie méridionale ; le climat y est tempéré. Le sol, léger et fertile, ne produit pas cependant assez de grains pour la consommation des habitants ; mais ses pâturages nourrissent les chevaux les plus estimés de la Suède. Ses principales villes sont sur le bord de la mer. Carlskrona, son chef-lieu, qui renferme 44,000 âmes, est située sur cinq petites îles et sur des rochers de la mer Baltique; son extérieur est agréable ; grâce aux carrières de ses environs, elle renferme plus de maisons en pierre que la plupart des autres villes de la Suède, après la capitale ; ses rues sont larges, mais montueuses; on y remarque deux grands marchés. Son port, que protègent de redoutables fortifications, est le seul port militaire de la Suède et lun des plus importants de l'Europe ; plus de 410 vaisseaux peuvent y mouiller à la fois en sürelé, il possède de nombreux chantiers, et un arsenal important dans les bâtiments de l’amirauté,
À 10 lieues à l'ouest de Carlskrona, Carlshamn ouvre au fond d'une petite baie son port peu important, mais sûr, qui fait une pêche fort active. Elle est bâtie avec irrégularité ; sa population n’est que de 3 à 4,000 âmes, mais elle renferme des manufactures considérables de tabac, de toile à voile, de lainage, et construit des navires marchands. Outre ces branches d'industrie, un grand nombre d’usines s’élèvent dans ses environs, ce qui explique l'activité de son mouvement commercial
Nous avons à parler d’une île importante siluée au sein de la mer Baltique, entre les côtes de la Suède et celles de la Russie. Cette île est Gottland ; elle forme la préfecture de Wisby, et a pour chef-lieu la ville de ce nom, la seule qu’elle renferme, dont toute l’industrie consisle en fabriques
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Retournons sur le continent, et visitons l’extrémite méridionale de la Suède, c'est-à dire la préfecture de Malmôhus, qui, avec celle de Christianstad, composait l’ancienne province de Scanie. Le Maimohus forme une plaine ou s'élèvent çà et là quelques collines; son sol se compose d’une terre végétale teli: ment abondante, qu'il surpasse en fertilité celui des plus riches parties du royaume. Ses pâturages nourrissent les meilleurs bœufs de la Suède ; enfin, la vigne même y réussit assez bien pour que les raisins y parviennent à l’état de maturité, Malmo, son chef-lieu, est située sur le bord du Sund, vis-à-vis la pelite île de Hven, qu'habita Tycho- Brahè. Sa population est évaluée à 10,000 âmes ; son port est peu spacieux et ne peut recevoir que de petits navires, mais sa rade offre un abri sûr aux bâtiments d’un fort tonnage. Ses rues et ses places sont larges, mais ses maisons sont irrégulières. Elle a deux faubourgs que domine un château-fort. L'importance de son commerce ne l'empêche point de se livrer à Pindustrie manufacturière : on y fabrique du tabac, des draps, des tapisseries, des chapeaux, et l’on y raffine le sucre,
Fstad est un autre petit port sur la mer Baltique, où l’on entretient avec Stralsund des communications continuelles qui n’exigent que cinq à six heures de navigalion par un vent favorable. Nous ne pouvons nous dispenser de visiter Lund, à 4 lieues au nord-est de Malmo. Cest à la fois le siège d’un évêché et une ville universitaire. Elle renferme des lanneries et des manufactures de tabac. Sa cathédrale est la plus grande église de la Suède. L'université, qui contient une bibliothèque de 40,000 volumes ct d'importantes collections scientifiques, est fréquentée par 600 étudiants, C'est sur la colline de Lybers, située près de cette ville, qu'étaient éius les
anciens rois de Scanie. A 8 lieues au nord de Malmô, Landskrona pos -
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sède un port vaste et sûr. Cette ville est traversée par trois canaux et défendue par une citadelle.
Plus loin, Æelsingborg s'élève au bord de la partie la plus étroite du Sund. Cette ville fabrique de la pot rie grossière, des chapeaux et des armes. Elle est adosste à une colline dominée par une vieille tour d’où l’on jouit d'une perspective admirable ; de la base de cette colline s'échappe une source d’eau minérale. Son port est fermé per un môle en granit large de 6 à 7 mètres, qui s’ovance à une grande distance dans la mer, et que défend une forte batteiie.
La préfecture de Christianstad est hérissée de petites montagnes qui bordent une grande vallée. Le climat y est tempéré, le sol fertile, et l'habitant porté plutôt vers l’agriculture que vers l'industrie. Elle a des côtes qui, à l’est, bordent la Baïlique, à l’ouest le Cattégat. Sur le bord de la première, nous ne citerons le petit port de Ximbrishamn que pour faire remarquer que le nom de cette petite ville annonce une ancienne origine : elle doit avoir été bâtie par des Cimbres. Christianstad, chef-lieu de la préfecture, est située à 3 lieues de la mer, dans une plaine marécageuse, sur la rive gauche de l'Helge-an, que l’on traverse sur un pont de 485 mètres de longueur. C'est une petite place forte qui fut bâtie en 4644 par Christian AV, roi de Danemark. Elle est régulière ; ses principaux édilices sont la grande église, l'hôtel du gouverneur et les casernes, la maison des francs-maçons, un hospice civil et militaire et un hôpital pour les fous, Une partie de es constructions est due aux souscriptions de ses habilants, qui apprirent ävec joie la réunion de la Norvège à la Suède. Au fond d’un golie du Cattégat, Engelholm n'a qu’une seule rue, une place, une église et une centah.e de 1,aisons.
L'ancienne province de Halland forme la préfecture d'Halmstad, pays situé sur le bord du Cattégat. El ne produit pas assez de grains pour la consommalion des habitants ; Pindustrie de ceux-ci consiste principalement à engraisser des bestiaux et des moutons, à tirer tout le parti possible de la pêche qu’ils font sur leurs côtes, et à fabriquer de grosses étoffes de laine. Avaut d'arriver au chef-lieu, nous traverserons la petite ville de Laholm, qui comple à peine 4,200 habitants, el qui donne son nom à une baie. A Halmstad, la pêche du saumon est l’objet d'un commerce important ; on y remarque l'hètel de la préfecture. Warberg possède un petit port sr el commode, à l'entrée duquel on voit un vieux château qui sert de prison. Kongsbacka, qui passe pour être três-ancienne, n’est qu’une pelle ville maritime d'environ 600 habitants.
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Nous allons parcourir deux anciennes provinces qui forment aujourd’hui trois préfectures. Celle de Wenersborg, composée du Dalsland et d’une partie du Wesier-gütland , est parsemée d’un grand nombre de lacs, dont les plus considérables sont le Miôrn et l’Anten. Le sol de la partie septentrionale est pierreux et aride ; celui de la partie méridionale est composé d’une terre noire et fertile, Elle renferme aussi des mines de fer et de cuivre, et des carrières de pierres et d’ardoises, Son chef-lieu est Wenersborg, à l'extrémité méridionale du lac Wenern : c’est le principal entrepôt du fer que l’on exploite dans la préfecture de Carlstad, et que l'on expédie à Gôteborg. Boros ou Boras, sur la Viska, fabrique des lainages, des toiles et de la coutellerie, que la plupart de ses habitants colportent dans tout le royaume. Il s’y tient aussi de grands marchés de bœufs et de chevaux. Amal ou Omol fait le commerce de bois de construction, de planches, de goudron, d’ardoises et de bétail.
Entre les lacs Wenern et Wettern s'étend la préfecture de Mariestad, où l’on voit quelques montagnes, dont la plus élevée est le Kinnekulle; plusieurs lacs, tels que le Skagern, l'Imsen, l'Hornborga, l’Osten, l'Unden et le Wiken; un grand nombre de rivières, dont les principales sont le Noss-an, le Sid-an et le Tid-ar, qui se jettent dans le lac Wenern. Son sol estriche en forêts et en pâturages. Mariestad, située au bord du lac Wenern, est son chef lieu ; c’est une petite ville de 4,200 habitants, dont les rues sont larges et régulières, qui renferme un palais royal où réside le gouverneur. Lidkoping, sur le bord du même lac, au fond de la baie de Kinne, renferme # à 500 habitants de plus que la précédente. Skara, siège d’un évêché, possède une assez Lelle cathédrale, un gymnase, une école vétérinaire et un jardin botanique. Près de la ville s’élèvent les ruines d’un ancien château. Falküping est célèbre dans l’histoire par la bataille qui se
livra, en 1388, entre Marguerite, reine de Danemark et de Norvège, et le roi Albert de Suède, qui y fut complétement défait.
La préfecture de Gôleborg, qui comprend la partie occidentale du Wester- Gotland et la petite province de Bohus, s’étend depuis la Norvége jusqu’au cours du Güta. Son sol est sablonneux, picrreux, et covséquemment peu fertile ; ses montagnes se couvrent d’une grande quantité de lichen, qui ‘orme une brauche importante d'exportation; ses cotes, profondément découpées ct garnies d’une mullilude d'îles, fournissent une pêche abondante, bien que le hareng ait cessé de fréquenter ces parages. Güleborg, que l'on nomme aussi Goltembourg, fondée au commeueenanr du ae septième siècle, est sa principale ville, et la plus considérable Suède
après Stockholm, puisque sa population est de plus de 20,00€ mes, Elle s'élève en partie sur un rocher et en partie dans une plaine moréengeuse, près de l'embouchure du Güta dans le Cattégat, et sur la Mlaüal qui y forme plusieurs canaux bordés d’arbres et traversés par vingt-un ponts, Cette ville est le siège d'un évéché et la résidence du gouverneur ou préfet. Ses ancie:nes fortifications ont été détruites ; elle est maintenant ouverte. Elle se compose de quatre quartiers et de quatre faubourgs ; les plus belles rues sont dans la partie basse, mais la ville haute offre un aspect plus imposant par ses maisons élevées en amphithéâtre. Îl ne manque à Goteborg que d’être pavée pour être placée au rang des belles cités, L'une de ses trois églises, celle de Gustave, est réellement magnifique; consacrée en 1815, elle remplace la cathédrale qui, en 1802, fut détruite par le feu. Cette ville est intéressante par le nombre d'établissements d'instruction et de bienfaisance, et par les sociétés savantes et philanthropiques qu'elle renferme. On y compte un grand nombre de manufactures dans tous les genres ; après Stockholm, c’est la principale ville de commerce de la Suède. Son port est excellent et peut recevoir des vaisseaux de guerre ; il expédie tous les ans des bâtiments pour la pêche de Ja baleine. Le fort Nya-Eifsborg, situé sur une ile, au milieu du Gota-elf, en défend l'entrée.
A 3 licues au sud-ouest de Gôteborg, s’élève la petite ile de Æänsô ou Slyrsu, qui possède un port vaste et commode ; son sommet le plus élevé est surmonté d’une tour gothique. Les sources qui y jaillissent à chaque pas, la végétation dont elle est couverte, en font un séjour agréable; le gouverneur suédois y a fait construire un lazaret digne de l’importance commerciale de Goôteborg.
Après ce que nous venons de d re de ce chef-lieu et des principales iles qui l’avoisinent, les autres villes de la préfecture nous paraîtront fort peu intéressantes. Marstrand, à 7 lieues au nord-ouest de Güteborg, est située sur une ile près de la côte; cette petite ville, bâtie en bais et sans régularité, est fortifiée et ne, subsiste que par lactivité de sa pêche. En nous approchant des côtes de la Norvège, nous verrons Uddewalla, rebâtie avec régularité depuis l'incendie qui la détruisit en 4806. Enfin, à 4 lieues du golfe de Christiania, les habitants de Stronstad possèdent un bon port trèsavantageusement située pour la pêche.
Notre excursion en Suède est terminée. En décrivant ses provinces, nous n’avons pas négligé de faire ressortir les traits saillants des mœurs de chaque peuple ; cependant il nous reste encore à présenter quelques considérations d’aulant plus importantes, que la nation suédoise est une
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des nations de l'Europe qui mérite le mieux d’être connue. Nous examinérons ensuile son gouvernement, son administration et ses ressources politiques,
Le philosophe génevois a dit qu’il fallait visiter le midi pendant l'été et le nord pendant l'hiver, La capitale de la Suède offre, durant cette saison, une activité difficile à décrire; nous avons déjà vu que c’est à l’époque des glaces que les habitants de l'intérieur de la péninsule scandinave se rassemblent momentanément dans les villes, La société de Stockholm , toujours animée par la politesse la plus cordiale et par la plus franche gaieté, mais ordinairement peu nombreuse, le devient lorsque les longs frimas ont repris leur empire. Les fêtes et les parties de plaisir s’y succèdent chaque jour; les bords du lac Mülar se couvrent de traineaux, que des courses lointaines dispersent en longues files sur les flots glacés ou sur la neige qui blanchit la campagne ; une musique militaire accompagne ces joyeuscs caravanes qui, après le diner, rentrent à la ville à la lueur des flambeaux. Le soir, la foule se porte au théâtre pour assister à la représentation de quelque comédie nationale. Le 4er mai, l'étranger voit avec étonnement les promenades extérieures de la cap lale se couvrir d’une triple rangée de brillants équipages, qui rappellent l’affluence qui règne pendant trois jours de la semaine sainte sur la route de Longchamps à Paris. Dans l'été, une sociélé choisie se rassemble aux caux de Ramlosa, en Scanie, et à celles de Medewi, en Ostro Gothie; ou bien l’attrait d’un spectacle mititaire, attrait puissant chez un peuple naturellement guerrier, attire les curieux près des camps d'exercice des régiments nationaux. Ces réunions ne ressemblent à aucune de celles qui se font dans nos climats. Des diners sous la tente et des bals en plein air succèdent aux évolutions militaires, dit un témoin de ces fêtes ; le son du violon se mêle au roulement du tambour ; la valeur et la beauté se partagent l’empire.
Le peuple, en Suède, est très-attaché à sa religion ; il ne néglige aucun acte du culle, et regarde avec mépris ceux qui affectent les airs d’esprit fort, Il y avait autrefois dans chaque église de Suède un inspecteur chargé de veiller à ce que chacun écoutât avec attention et en silence le sermon, quelquefois un peu long; si quelqu'un s'endormait, l'inspecteur le touchait avec une longue hallebarde dont il élait muni.
Dans les provinces les moins peuplées, il règne encore des superstitions qui remontent au temps du paganisme. On croit les montagnes remplies de pygmées industrieux, bienveillants el possesseurs de beaucoup d’or et d'argent ; on croit entendre la harpe que fait résonner, dans le silence de