‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 4)Chapitre 151 sur 169 · ET RO NAS · texte numérisé non relu

ET RO NAS

RAR IRPRERIEN ETES EE ESF DE PE NUE SE PC EE SG nt TERRE :

la nui!, le génie du fleuve ; on voit danser des fées, à la clarté de l’aurore boréale, sur la prairie émaillée de fleurs.

C’est dans les provinces les plus isolées que l'hospitalité suédoise se montre dans le plus beau jour. Le voyageur qui sait parler la langue du pays et se conformer à ses usages, n’éprouve nulle part plus de plaisir que dans les hautes vallées de la Suède septentrionale. Les curés, qui souvent jouissent d’une grande aisance, les nobles et les propriétaires des mines, s’empressent (le recevoir l'étranger honnête. Ils éprouvent un noble orgueil en lui faisant remarquer, soit les beautés majestueuses de la nature, soit les travaux audacieux de l’homme; en peu de joürs, il est comme membre de la famiile, il pa’tage les jeux de la jeunesse ; les femmes se disputent à qui laura pour danseur; les vieillards discutent avec lui les intérêts de l’Europe et ceux de leur patrie. On l'empêche de partir ; et si on ne péut plus le retenir, on le fait conduire ou même on l’accompagne jusqu’à l'endroit voisin où, sur la seule recommandation de son premier hôte, il trouve une réception non moins amicale. Dans les villes, dans les contrées maritimes et le long des routes les plus fréquentées, cette simplicité patriarcale n’existe plus. On y essuie, comme ailleurs, des tromperies, des exactions, de la malveillance ; on y voit, de temps à autre, un postillon insolent, un hôte malhonnète ; mais, au total, la Suède est, avec la Norvège, le pays de PEurope où l’on voyage avec le plus d'agrément et de sûreté. On peut confier sa malle à un postillon, à un batelier dont on ignore le nom, sans craindre de la perdre.

Quoique dans les grandes villes on trouve beaucoup d’iidividus à qui la langue française ou anglaise est familière, il est certain qu’un voyageur ne saurait apprécier les Suédois s’il ne parle pas leur langue. Il lui sera du moins très-utile d'exprimer hautement les regrets qu’il éprouve de ne pas savoir parler suédois. Cette brave nation regarde avec raison sa langue, sa littérature, ses poëtes et ses orateurs comme Ja portion la plus sacrée de ses propriétés nationales. Les Suédois mêmes qui ;’dans leurs voyages en France et en Italie, ont paru le plus faire abnégation de ce sentiment national , y reviennent dès qu'ils respirent de nouveau Pair de leur pairie,

Un ltalien ou un Français du midi peut, avec quelque raison, redouter le froid rigoureux de la Suède, la rareté des fruits, la cherté extrême des vins, des denrées coloniales, et de tout ce qui est nécessaire à la vie d’un gourmand. Il faut savoir s’accommoder aux circonstances locales du pays où l’on peut vivre. On ne trouve en Suède ni l’aria caltiva (ie mauvais air), ni les auberges sales, uj les tarentules, ni les lazzaïoni de ‘a belle

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Italie, La promptitude avec laquelle le voyageur est servi en Suède, la beâuté des routes, les précautions ingénieuses qu’on prend contre les

intempéries de lair, la bienveillance avec laquelle on est recu, les aspects

pittoresques, imposants, extraordinaires dont on est environné, tout con-

court à faire oublier au voyageur les rigueurs de la saison ou la simplicité

des aliments.

Le gouvernement de la Suède est une monarchie constitutionnelle héréditaire en ligne masculine, dont la base est la Constitution de 1809. Le pouvoir exécutif appartient au roi, qui doit être luthérien et dont la personne est inviolable ; ses ministres, au nombre de sepr, sont seuls r'esponsables. Le roi nomme à tous les emplois civils et militaires, fait les traités avec l'étranger, déclare la guerre et signe la paix. Les princes du sang sont exclus de tous les emplois civils. Le titre du souverain est : roi de Suède et de Norvége, des Wendes et des Goths. La Norvège n’a de commun avec la Suède, ainsi que nous le dirons au livre suivant, que le souverain, la direction de la politique extérieure et le personnel diplomatique. Le roi partage le pouvoir exécutif avec l’Assemblée des états. Celle-ci se compose de quatre Chambres, dont les membres sont les représentants des quatre ordres : de la noblesse, du clergé, de la bourgeoisie et des paysans. L’archevêque d’'Upsal est le président-né de cette assemblée nationale ; le roi nomme les présidents de chacune des quatre Chambres. L'Assemblée se réunit tous les cinq ans; aucun impôt ne peut être introduit sans son concours. Le roi est assisté d’un Conseil d’État de dix membres, parmi lesquels figurent les sept ministres.

Le territoire est divisé administrativement en 24 lan, subdivisés en 117 fôqderi, qui comprennent chacun un certain nombre de paroisses. Stockholm forme à elle seule une province particulière dite Lieulenance- Générale. Pour l'administration de la justice, il y à à Stockholm une cour suprême de douze membres présidés par le ministre de la justice. Puis viennent trois cours royales d'appel à Stockholm, à Jonkôping et à Christianstad. À ces cours ressortissent seize tribunaux provinciaux et deux cent soixante quatre tribunaux de première instance, La Suède possède cinq maisons de correction et neuf maisons de détention établies dans les forteresses. Le culte luthérien est la religion de l’État ; son administration est confiée à un archevèque, celui d'Upsal, et à onze évêques ; les évêchés (slift) se subdivisent en 172 doyennés et 2,490 paroisses ou communes, dont 129 urbaines. Les ecclésiastiques sont au nombre de 3,000 environ. Le haut clergé est nommé par le roi, et les simples prêtres par le peuple.

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Les Israélites ont des synagogues à Stockholm, à Goteborg, à Norrkoping et à Carlskrona. Il est peu de pays où l'instruction soit aussi répandue qu’en Suède : il y a deux Universités à Upsal (1476) et à Lund (1668), un grand nombre de gymnases, d'écoles cathédrales (séminaires) et d’écoles bourgeo:ses. Les écoles spéciales sont : la haute École militaire et navale de Stockholm, l’École des mines de Fablun, les Écoles de technologie, vélérinaire, forestière, l’Académie royale des beaux-arts. Les sociétés savantes sont aussi très-nombreuses; nous citerons à leur tête les Académies royales des sciences, des belles-lettres, des beaux-arts de Stockholm, l’Académie royale des sciences d’Upsal, et l’Académie des sciences militaires.

La Suède a toujours été un pays militaire ; l’organisation de son armée est remarquable ; elle se compose de trois corps : la vôrvfude, armée permanente, réunie par les enrôlements volontaires, composée des corps spéciaux qui font le service des garnisons, des forteresses et de la cour (8 à 10,000 hommes); l’indella, formée au sein du pays comme une sorte de colonisation militaire, recevant à titre d’usufruit un domaine (bostôlle) à cultiver ou à faire valoir, et pouvant être employée aux travaux publics (30 à 35,060 hommes); la troisième partie de l’armée est la bevorine, levce par le moyen de la conscription, qui peut atteindre de 400 à 120,000 hommes; elle n’est pas permanente, c’est une sorie de landwebr prussienne, elle ne recoit de solde que sous les armes. La Suède est divisée en 6 districts militaires, dont chacun contribue à la formation de l’indelta.

La marine militaire suédoise tient un rang important en Europe. Ce pays possède le fer, une partie du bois et du chanvre qui lui est nécessaire pour les constructions. Le système de construction adopté dans la marine suédoise est Lrès-savamment combiné, Carlskrona, Stockholm et Gottembourg sont les stations de la flolie , qui ne compte pas moins de 40 vaisseaux, 8 frégales, 8 bricks et corveltes, 42 vapeurs et 86 bâtiments inférieurs ou de transport. La partie la plus soignée du système maritime de ce pays, c'est la flottille, ce sont les chaloupes canonnières qui tirant très-peu d'eau sont parfaitement appropriées à la défense de rivages parsemés d’iles. Le nombre de ces chaloupes est de 256. La marine militaire peut se recruter dans la marine marchande. Malgré le déveleppement qu’elle a donné à sa marine, la Suède ne possède que la colonie de Saint-Barthélemy dans les Autilles. On évaluait en 4854, dans le projet du comité des finances, les revenus de la Suède à 10,974,580 deriksdalers ou 61,487,648 franes, et les dépenses à 12,229,460 deriksdalers où 68,484,976 francs, La Suède n'a pas

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de dette ; le déficit est comblé chaque année par le comploir des arrérages, avec épargne des années précédentes , et par la banque qui est le trésor de l’État.

La principale industrie de la Suède est celle du fer, qui jouit d’une réputation européenne méritée. Chaque jour, en effet, les procédés de la fabrication du fer se perfectionnent dans ce pays si admirablement doué en minerai eten charbon de bois; la production augmente et le prix de revient diminue, L’exportation du bois est une autre source de richesses pour ce pays ; l'Europe méridionale lui achète ses sapins pour les constructions navales. Les céréales viennent en troisième ligne dans l'appréciation de ses ressources commerciales. Les mouvements de l'importation et de l’exportation ont fait des progrès considérables; depuis vingt-cinq ans His QU plus que doublé. En 4850 l'exportation était évaluée à près de 64 millions de francs, et l'importation à 62 millions de francs.

On peut voir, par ce qui précède, que la Suède occupe en Europe une place honorable et active, et qu’elle tire de son sol ingrat tout ce qu'il esl possible d'attendre d’une population industrieuse et énergique.

Nous terminerons cette description par un aperçu historique de la Suède. La péninsule scandinave paraît avoir été dès la plus haute aptquité peuplée par une race que l’on a appelée ndo-germaine, et qui a produit ces natious conquérantes connues sous les noms de Goths, de Normands, de Vandales, ete. L'histoire manque de documents précis sur les antiques rois de la Suède, sur les limites de leurs États et sur les conquêtes que leurs peuples ont dù faire à une époque très-reculée. L'introduction du christia-

nisme en Suède par Ansgarens où Anschaire, évêque de Brême et ps Ham bourg en 829est la première époque certaine de ce pays; mais celte Ristoire, quicommence comme partout par des meurtres ei :ius dévastaions, ne GEYIAD intéressante que vers le milieu du quatorzième siècle. On vai le Pays dipisé par les querel.es des prélats et des nobles, en proie aux IRL des Danois jusqu’en 4276 que Magnus Ladulos où Ladelus fut couronné roi 4e Suède sous le nom de Magaus le". ! reussit à humilier la noblesse et à s'attacher la nation ; mais ses successeurs ne comprirent point le plan qu’il s’élait tracé, et les divisions intestines jetèrent l’état dans un tel désordre ; qu’en 4385, Margucrite, fille de Waldemar, roi de Danemark, ct “neue Haquin, roi de Norvége, étant parvenue à placer ces JEUX coupotties sul sa tête, réussit par la force dés armes el par l'intrigue, à y Joindre en 1394 celle de Suède. Par le traité d’union conciu à Calmar, les trois royaumes devaient, à avenir, être gouvernés par un même souverain que chaque

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royaume devait élire à sou tour, ct qui devait alternativement établir sarésidence dans chacun d’eux.

Après plusieurs révolutions faites dans le but de rendre la Suède indépendante du Danemark, Christiern ou Christian IT fut le dernier roi danois qui ait possédé le trône de Suèce en vertu de l'union de Calmar. La politique barbare de ce prince amena sa perle, et changea pour jamais la situation de la Suède. Pour assurer son autorité dans le royaume, il fit massacrer les principaux membres de la noblesse (1520). Mais Gustave Wasa, dernier rejeton des anciens rois suédois, qui s'était longtemps caché parmi les mineurs de la Dalécarlie , en s’associant à leurs travaux, délivra sa patrie du joug de létranger, et fut proclamé roi de Suêde (1525). Le massacre ordonné par Christian avait délivré Wasa de l'opposition lurbulente d’une noblesse ennemie de tout gouvernement régulier ; l'établissement de la réforme le délivra de celle d’un clergé non moins ennemi des libertés publiques.

Après avoir occupé le trône pendant trente neuf ans, Gustave mourut regretté des Suédois qui virent en lui le protecteur de lindustrie, du commerce, des arts et des lettres, et le créateur de la prépondérance poli tique que la Suéde acquitet conserva dans les siècles suivants. Aux règnes de son fils Erik XIV qui fut déposé en 1566; de Jean II qui entreprit une guerre ruineuse contre la Russie; de Sigismond qui fut élu roi de Pologne, et qui essaya vainement de rétablirle catholicisme en Suède; de Charles IX qui fut continuellement en guerre avec la Russie, succède le glorieux règne de Gustave-Adolphe qui, sans la mort qu'il trouva dans les plaines de Lutzen où la victoire lui fut encore fidèle (1632), serait parvenu à mettre us terme aux envabissements de la maison d'Autriche. Il forma plusieurs généraux qui soulinrent la réputation des armes suëdoises par leur valeur et leurs succès : tels sont le duc Bernard de Saxe-Weimar, Banner, Tortenson, Wrangel et plusieurs autres. I sut deviner les talents d’Oxensliern, son chancelier, qui, pendant la minorité de Christine, conduisit les affaires de la Suède avec tant de succès, qu’il contribua à dicter en 1648 la paix de Westphalie qui amena de si grands changements dans le système politique de l'Europe.

Christine n'avait que six ans lorsque son père fut tué. Elle recut une éducation digne d'une princesse; mais son génie prit une tournure toutà fait extraordinaire et romanesque. Elle s'entoura de philosophes, de savants et d'artistes, passant dans de savantes dissertations le temps qu’elle

naccordait pas à ses favoris et à ses plaisirs, et soutenant néanmoins

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l'honneur de la couronne de Suède. Enfin fatiguée du pouvoir suprême , | elle céde le trüne en 1654 à son cousin, Charles-Gustave, fils du duc de Deux-Ponts ; elle se fait catholique à Inspruck ; elle va ensanglanter le palais de Fontainebleau par l’assassinat de son favori Monaldeschi, etretirée à Rome, elle y termine ses jours en 1689.

Charles-Gustave, qui ne régna que six ans, eut quelques succès inilitaires. Son fils Charles XF fut moins heureux ; il vit se former contre lui en Allemagne une ligue redoutable ; mais ses revers furent réparés par la médiation de la France, qui parvint à faire conclure à Saint-Germain À en 1678, un traité par lequel tout ce que les chances de la guerre Feet fait perdre à la Suëde lui fut restitué. Charles employa les Gasnièpes did de son règne à rendre son autorité despotique, son armée formidable et à faire fleurir en Suède les arts et la paix.

L'ardeur militaire irréfléchie de Charles XIT, son successeur, opéra de grands changements dans la politique européenne, et altira ies plus grands maux sur son pays, Après avoir dicté aux Danois la paix de Travendahi, donné le trène de Pologne au roi Stanislas, il répandit tellement au qu la teneur de son nom, que toutes les puissances de Europe rechepehérent son alliance. Mais il se heurta contre le czar Pierre le Grand. Vaincu par lui à Poltava, il se réfugie à Bender, en Turquie, bat les Turcs, rentre dans ses États, et infatigable dans sa vie aventureuse, vient tomber en “148 à trente-six ans, atteint d’une balle, sous les murs du petit château Te Re drikshald, au moment où il allait entreprendre la conquête de la NOrNEge.

A Charles XIE succéda sa sœur Ulrique-Éléonore, épouse de Fréqente de Hesse. Ce fut sous leur règne qui dura trénte-trois ans, que l'assemblée des

états recouvra son indépendance. Ils n'avaient point d'enfants , ils adoprent pour héritier Adolphe Frédéric, évêque de Lubeck, et oncle du duc de Holstein. Ce prince fut élu en 1743; il épousa la princesse Ulrique, sœur du roi de Prusse, et monta sur le trône en 1751. Ami PA RCIEuReS et des lettres, il eut beaucoup à souffrir du conflit des factions en Suède, et mourut en 4774, | oo .

Son fils Gustave HE lui succéda; mais après avoir juré de respecter be privilèges des États, il s’attacha l’armée, D À constitution. Pour arrêter les intrigues de la Russie, il a à cette mienne guerre de trois ans ( 1787 à 1790). Enfin, ayant à JS enpeml au dehors, et à faire tête au mécontentement des grands à | HHOPISUN, il ue combe en 4792 et meurt assassiné à la sortie d’un ss à +

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agé de quatorze ans, lui succède, sous le nom de Gustave u.

mais, entraîné dans une guerre malheureuse contre la Russie, qui fit sur ” Ja Suède la conquête de la Finlande, ce prince abdique en 4808; son oncle le duc de Sundermanie , lui succéda , l’année suivante, sous le nom de Charles XIII. Comme il n’avait pas d'enfants, il adopta, avec le consentement des États, Bernadotte, maréchal de France, prince de Ponte-Corvo, qui lui succéda en 4820, sous le nom de Charles XIV. Ce prince, en s’identifiant aux intérêts de ses nouveaux sujets, et en adoptant la politique des puissances du Nord vis-à-vis de Napoléon, sut consolider sa nouvelle dynastie. Ii rétablit le gouvernement représentatif qui n’existait plus que de nom, et 1844 vit les puissances coalisées joindre à sa couronne celle de Norvège qui appartenait au Danemark dernier allié sacrifié de la France, comme compensation de la Finlande que la Russie voulait conserver. A sa mort, arrivé en 4844, il a pu léguer la couronne à son fils Oscar ler, dont la jeunesse laborieuse et les qualités morales promettaient depuis longtemps d’assurer.le bonheur des Suédois.

Suite de Ia Description de l’Europe. — Description de la Péninsule Scandinave, comprenant la monarchie Suèdo-Norvégienne. — Deuxième section. — Royaume de Norvége.

Malgré les idées vagues que les anciens avaient sur les contrées septen trionales de l’Europe, on ne peut douter que le pays que Pline appelle Nérigon ne soit la Norvége. Plusieurs géographes ont répété que ce nom signifie chemin du Nord}; mais sa véritable étymologie est Nor-Rije, royaume du Nord, où mieux peut-être, en prenant le mot nor comme signifiant golfe, royaume des Golfes, parce qu’en effet ses côles sont beaucoup plus découpées que celles de la Suède. On voit par cette explication que le nom de Nérigon a beaucoup plus d’analogie avec celui de Norrige qu'avec celui âe Norweg, qui au premier abord paraitrail devoir être l’origine du nom moderne.

Jetons d’abord un coup d’œil sur la constitution physique de la Norvége. Les montagnes qui traversent ce royaume et la Suède forment un seul système, que nous avons déjà désigné sous le nom de scandinavique, et qui se divise en trois groupes. Celui des Æiôlen, le plus considérable par

! De nord et de weg (chemin), Norweg.

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sa longueur, s'étend depuis l'extrémité septentrionale de la Laponie jusqu'à.son embranchement avec les monts Dover, près du Slylfield ou Syltfjallet, dont le sommet s'élève à 1,976 mètres. Ce n'est rigoureusement qu’une grande chaine ; mais les rameaux qu’il dirige à droite et à gauche, les montueuses îles de Lofoden, qui ne sont que les sommets de quelques

unes de ses branches, les montagnes qui se terminent près du lac Enara,

dans la Laponie russe, lui méritent le nom de groupe. Celui du Dover, ou

le Dovrefield, appelé improproment par les géographes les Dofrines, peut

être considéré comme formant un second groupe avec le mont Sneehæt-

ten 1 à l’ouest, et avec les monts Seveberg et Svucku, qui se terminent en

plateaux dans la Suède méridionale; il coupe toute la Norvége en deux

gre 1des moitiés appelées Nordenfields et Sündenfields. Enfin ce groupe est sépsré par le cours du Vog de celui qui se compose des monts Lang-field,

Sogne-field, ou Sunnam-feld, et Hardanger- field, et des rameaux qu’ils dirigent à l’ouest, à l’est et au sud, Ce dernier occupe toute la partie méridionale de la Norvége ?. Le système entier couvre une étendue d'environ 350 lieues de longueur.

Les montagnes du nord et de l’ouest sont les plus froides et les plus stériles. De celles-ci surtout se précipitent pendant l'été des masses de neiges et de rochers qui causent de terribles ravages; la chute de ces avalanches détermine souvent des crevasses qui sillonnent tout-à-coup le flane des montagnes et ouvrent des précipices dans lesquels le voyageur imprudent trouve une mort inévitable.

Sur les plateaux qui descendent en étage de ces montagnes, et dans les plaines qui s'étendent à leurs pieds, se trouvent un grand nombre de lacs. Les plus considérables sont le Miôsen, que traverse le Vernen, affluent du Glommen; il a 23 lieues de longueur sur 3 dans sa plus grande largeur ; le Kandsfiorden, de 14 lieues de longueur sur une de largeur, dont les eaux s’écoulent dans le Beinaelf; le Mios-vand, long de 8 lieues sur une demilieue de largeur, qui communique avec le Tindsôe ; le Nord-Süe, uu peu moins grand, dont les eaux se déchargent dans le Skager-rack ; le Misservand, de la même grandeur, d’où sort le Nid-eld ; et lÆgeren-Sôe, de 9 lieues de longueur sur une de largeur, traversé par le Glommen.

‘Le mont Snée-heœtten, haut de 2,376 mètres a long-temps été regardé comme le point le plus élevé des Dofrines; mais on sait aujourd'hui que le Nor-Ungerne, sur la route de Bergen à Stockholm, à près de 150 mètres de plus.

2 Voyez pour lx hauteur des principaux sommets des montagnes de la Norvége, page 183 de ce volume.

URUR, de CUT

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