RÉGIONS PHYSIQUES, CONTRÉES Y COMPRISES. CARACTÈRES PHYSIQUES
2. L'Albanique, y compris la c Hémus, Vignes sur le Hirags de la mer.
Dalmatie. limat variant de canton à canton.
3: La Pindo-Héliconienne. |@onstantinople, placée entre le Taurus et 4. Le Péloponèse, l’'Hémus, a l'hiver plus rude que Venise. , Les Cyclades.
, Crète.
L'État de Génes, la Toscane, [Dans la Péninsule, les penchants nord et est l'Etat de l'Eglise, Naples, la Sicile,| des Apennins sont sensiblement! plus froids | avec Malle, la Sardigne et la! que les penchants ouest et sud.
, Corse. Rome température moyenne. + 15,.. . .. a 1. La Péninsule (Apennin). Mois le plus froid + 5, 7, à peu près comme Région des monts| %. La Sicile (Etna). ë Montpellier. À - | Apennins. 3. Sardaigne et Corse (Anti Fou extraordinaires causées par le dl ennin. ï Latit. 36 — 44 4 id Vapeurs malsaines en Sardaigne, aux marais Longit. 25 — 36 onlins, etc., etc.
Vignes comme à la région XV.Canne à sucre, en Calabre, en Sicile.
L'Espagne et le Portugal. Montagnes peu inférieures aux Alpes. | {. Région d’Ebro ou de l’Ebre [Neige éternelle sur les Pyrénées, la Sierra | (lberia). evada el Pentata, sur les monts d’Eu-| 2. Région des montagnes Acté-| rope, en Galice. | riennes, ete. (Can/{abria). HumidAé extrême sur les côtes nord. Aridité 3. Région du Duero (Dursana).| du plateau central. Salubrité particulière 4. Région du plateau central| de Valence et Murcie, grâce aux exposi— (Celtiberia). tivns orientales.
5. Région du bas Tage (Lusi-|Les froids les plus vifs, au pied des Pyrénées lania). .. | —6: à Madrid —3; à Cadix + 7. Les cha-| 6. Région du Guadalquivir| leurs: dans les Asturies + 24; à Madrid (Bætica), + 97; à Cadiz + 31. | Lisbonne, température moyenne + 16, 5.
La fièvre jaune ne monte pas au-delà du niveau de 150 mètres.
on". —"].
Région de la Péninsule hispanique.
Latit, 36—434 Longit. 8 —921
Remarque générale. Nous avons cherché à déterminer les 47 régions, d’après une combinaison de tous les caractères physiques, à l'instar des fanilles botaniques.
Suite de la Description de l’Europe. — Considérations générales sur la géographie politique de l’Europe. — Nations classées par langues et par religions. — Divisions politiques, gouvernements, populations, etc.
Les origines des peuples européens exigeraient un ouvrage particulier, tant ce sujet intéressant a fait naître de systèmes savants ou ingénieux , et
tant ces diverses opinions laissent encore subsister de difficullés, dont quel- VL. 27
ques-unes sont pout être insolubles , parce que l’incurie a laissé périr les monuments, Nous nous contenterons. donc de traiter généralement cette question, en ne nous arrêtant qu'aux faits qui nous paraissent les moins susceptibles de controverse.
Rappelons d’abord quelques pgincipes déjà indiqués dans l’Æis{oire de lu Géugraphie. Les noms généraux donnés aux peuples européens par les Grecs et les Romains, sont aussi vagues et aussi insignifiants que les termes d'Indiens chez nos voyageurs, ou de Talars chez nos orientalistes. Il faut interpréter les témoignages des anciens par ies langues, seuls monuments authentiques. Les. noms de fleuves et de montagnes sont des témoignages authentiques lorsqu’on peut en fixer l’époque. Il faut bien se garder de la prétention de faire remonter à un centre unique tous les éléments de la civilisation et tous les mouvements des peuples. I ne faut croire à des migrations des peuples que sur des preuves très-positives, et dans les limites rigoureuses qui résultent de ces preuves. Les migrations des hordes asiatiques n’ont que peu changé la population, et moins encore les langues ; quant aux migrations des nations européennes, ce sont plutôt des expéditions d’armées conquérantes ; elles ont formé des castes et modifié des langues; mais le fond des populations reste le même. Il ne faut chercher ni en Asie ni en Éthiopie des origines obscures qui font négliger les faits certains et à notre portée. Il y a eu dans toute l’Europe, notamment parmi les Turdetani, parmi les Celtes, parmi les Scandinaves , parmi les Étrusques, des foyers de civilisation contemporains de la civilisation primitive des Hellènes. La plupart des nations anciennes, et notamment les Étrusques. ls Thraces, et les Scythes , étaient composées de castes, ou d’une tribu dominante ayant sous elle des tribus vassales, souvent de race irès-différente. Des langues sacerdotales, sorties des temples, ont régularisé les idiomes sauvages de l’Europe primitive. Les castes sacerdotales communiquaient entre elles à de grandes distances. Avant ces faits historiques reconnaissables, il existait un chaos indéfinissable de petites tribus, et même de simples familles, qui s’avançaient, s’arrêtaient, se chassaient, se mélangeaient au. gré de leurs besoins et de leurs caprices. 1 nousreste de cette époque quelques faits. inexplicables, tels que des rapports isolés de racines, de formes grammaticales, de noms même. On ne doit ni systématiser ces faits obscurs, ni les dédaigner.
Les langues européennes se divisent en deux grandes classes : 4° celles qui. se ressemblent entre elles, et qui toutes ont des rapports avec le sanskrit etle persan ; 2 celles qui ne présentent guère:ces traits de ressem-
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blance. Dans la première classe, on distingue le grec et en partie le latin, l'estlavon avec ses branches, les langues germaniqueet scandinave; dans M ‘seconde, se trouvent le finnois, le celte et le basque. Cette difierence radicale indique-t-elle deux invasions différentes de peuples asiatiques ? N'indique-t-elle que deux époques de civilisation? C'est ce que nous n’èntreprendrons pas de discuter.
Dix familles distinctes de peuples existent encore en Europe ; mais ce sont en partie les plus anciennes qui ont conservé le moins de force numérique , comme dens une forêt les vieux chênes dépérissent, tandis que leurs rejetons plus jeunes étalent au loin de nombreux rameaux, On pourrait même un jour réduire ces dix familles à cinq ou six.
Les Grecs, dont les Pélasges( Pelasgi } étaient une très-ancienne branche après avoir peuplé de leurs colonies la plupart des rivages de la Méditerrance, ne vivent plus que dans quelques provinces de la Turquie, principalement dans les îles de l’Archipel et dans le Péloponèse. La langue grecque moderne est une fille de l’ancienne , dont les traits, quoique altérés par le malheur et l'esclavage, charment encore jusqu’à ses barbares oppresseurs.
Les Albanais sont les restes des anciens Ælyriens qui se mélèrent d’abord avec les Grecs-Pélasges , et plus tard, avecles Grecs modernes , mélange qui a pourtant laissé subsister assez d'éléments de leur ancienne langue . pour y reconnailre quelque parenté avec le germanique, avec l’eselavon, et au total un caractère européen. Il ne reste aucune trace distincte de là race particulière qui est censée avoir habité la Thrace et les pays voisins du Danube; peut-être n’était-ce qu’une réunion de peuples de diverses familles surtout phrygiennes, slavonnes, celtiques et pélasgiques; peut-être aussi la langue thracique proprement dite était-elle la souche commune du phrygien, du grec, de l’illyrien, peut-être du dace ou dake. C'est vers la Thrace, le mont Hémus, le bas Danube, que remontent les plus anciennes origines reconnaissables des peuples européens ; mais les indices se confondent dès qu’on veut traverser l’Asie-Mineure, ou faire par le nord le tour du Pont-Euxin.
Les Turcs, envahisseurs modernes de la Grèce, appartiennent à la même race que les Tafars, disséminés en Russie depuis la Crimée jusqu'à Kazan, et dont une colonie s’est établieen Lithuanie. Étrangère à l'Europe, ou du moins n’y ayant occupé ancienhement queles régions ouraliennes extrêmes, au nord de la mer Caspienne, cette race y est aujourd’hui domicihiée , et probablement établie pour des siècles. Mais les Turcs se sont incorporé un
grand nombre de familles grecques, et une partie des anciennes nations, tant de l’Asie-Mineure que de la Thrace. Les Turcomans, dont une branche est établie en Macédoine, ont conservé leur rang asiatique sans mélange.
En nous portant vers le nord-est de l’Europe, nous distinguons deux grandes familles de nations et de langues, probablement indigènes depuis des milliers d’années, quoique les noms de Slaves et de Finnois n'aient pas frappé les oreilles dédaigneuses des Grecs et des Romains. Ces deux races populeuses ont occupé, dès les premières lueurs de l’histoire, tous les pays compris sous les noms vagues et en partie chimériques de Scythia et de Sarmatia, car tous les noms topographiques de ce pays viennent du slavon ou du finnois , exvepté quelques-uns, en petit nombre, qui sont dus à l'empire momentané des Scythes, des Sarmates, des Ostrogoths, des Huns, successivement conquérants ct dominateurs de ces vastes plaines. Il est probable que les Scythes-royaux, tribu mède, dominaient sur des tribus finnoises et slavonnes qui formaient les castes d’agriculteurs et de pas‘curs. Les Sarmates paraissent une horde mongole ou tatare, mêlée avec les Scythes et leurs vassaux ; les Huns étaient une autre tribu mongole au tatare; l’une et ‘autre venant des bords du Volga et de la mer Caspienne. A la méme époque où ils se montrent dans ces lieux , les bords du Dnieper et de la Vistule étaient déjà peuplés de nations slavonnes et finnoises. C’est un point incontestable auquel nos lecteurs doivent tenir.
Les nations slavones se divisent, d’aprèsleurs idiomes, en trois branches : Av les Slavons orientaux, comprenant les Russes, mélange de Roxelans , de Slaves ei de Scandinaves ; les Rousniaguesen Galicie, les Slavons danubiens ou Serviens, Esclavons, Croates et autres ; les soi-disant Wendes d'Autriche ; 2e les Slavons occidentaux, composés des Polonais, des Bohèmes ou Tchèkhes, des Slovaques de Hongrie, des Sorabes on Serbes dans la Lusace ; 3° les Slavons seplentrionaux ou les Venedi des Romains, les Wendes des anciens Scandinaves, grande race plus anciennement civilisée, mais aussi plus anciennement mélangée que les deux autres : elle comprend les restes des Wendes germaniques, tels que Polabes , Obotrites et Rugiens, fondus avec les Allemands leurs vainqueurs ; les Poméraniens, entre autres les Kassubes, subjugués par les Polonais ; les anciens Prussiens, Prulzi ou Pruczi, exterminés ou réduits eu esclavage par les chevaliers teutons ; enfin les Lifhuaniens ou Letlons, seule branche qui ait conservé un reste de son ancienne langue , quoique mêlée de scandinave et de finnois.