‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 4)Chapitre 62 sur 169 · IS · texte numérisé non relu

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âilles du latin.

Les Bulgares sont une tribu tatare venue des environs de Kazan, ou peut-être elle dominait sur des vassaux finnois ; arrivée au pied du mont Hémus, elle s’est mêlée avec les Slavons danubiens, dont elle a en partie

adopté le langue.

Les Finnots , que Tacite a désignés sous le nom de Fenni, et Strabon sous celui de Zoumt, errent probablement depuis un temps immémorial dans toute la plaine orientale de l'Europe, et quelques-unes de leurs tribus, peut-être mélangées, ont été comprises par les Grecs parmi les Scythes d'Europe. Leurs restes ont été repoussés par l’accroissement immense de la famille siavonne vers le nord et l’est. Les Lapons ,probablement mélés de Huns; les Finnois propres en Finlande; les Esthes, les Lives ou Livoniens anciens, les Permiens ou Biarmiens, mêlés de Scandinaves, particulièrement de Norvégiens qui, au dixième siècle fondérent parmi eux un État puissant ; enfin les Hongrois ou Magyars, mélange de tribus finnoises et turques, dominé par des Persans et des Boukhares : telles nous paraissent êtreles branches avérées dela racefinnoise queles Russes nomment tchoude, Sans doute on peut avec quelque raison en détacher les Hongrois, en les classant à part comme un peuple mixte, quoique très-ancien.

Les Samoïèdes, les Siriaines, les Tchérémisses, les Mordoins, paraissent être des tribus nomades venues d’Asie, et qui, subjuguées tour à tour par les Bulgares, les Hongrois et les Permiens, ont adopté des mots de plusieurs langues, de sorte que leur origine est devenue incertaine.

A l’ouest des Slavons et des Finnois, dans le centre et le nord de l’Europe, demeurent les nations de la famille feufonique. Les Allemands, les Scandinaves ct les Anglais sont les trois principales divisions politiques ; mais il est nécessaire, sous le rapport de la langue, de subdiviser les Allemands en deux branches, celle des montagnes ou du midi, et celle des plaines ou du nord. Les durs et rauques dialectes du haut allemand embrassent la Suisse, la Souabe avec l’Alsace, la Bavière, les États autrichiens, la Silésie ct la Transylvanie ; les idiomes plus doux et plus flexibles du bas allemand se subdivisent de nouveau et très-distinctement en kollandais et flamand, restes de l’ancien belge, en frison, répandu du Zuyderzée jusque daus le Sleswick, et en bas ou vieux saxon, parlé depuis la West-

DESCRIPTION DE L'EUROPF,

Les Valaques et les Moldaves , dans l'ancienne Dacie et les pays voisins, sont un mélange d'anciens Gètes, de Slavons et de Romains ; mais ces derniers y ont si longtemps dominé que leur idiome s'y est conservé, Aussi doit-on compter la langue valaque ou la langue moldo-valaque parmi les

phalie et le Holstein jusque dans la Prusse orientale. Enfin, entre ces deux variétés de l'allemand, presque aussi différentes entre elles que l'italien et le français, on trouve les idiomes de la Saxe proprement dite, de la Fr'anconte, et de la classe supérieure-en Livonie et Esthonie, idinmes qui tiennent au haut allemand par la forme des mots, et au bas allemand par la douceur de la pronénciation.

Les nations scandinaves, divisées en Suédois, Golhs, Norvégiens, Danois et Jullandais, forment une famille très-anciennement séparée et parfaitement distincte des nations allemandes, parmi lesquelles cependant les Hollandais, les Frisons et les bas Saxons s’en rapprochent. Les restes de l’ancien scandinave, tel qu’il était au neuvième siècle, subsistert dans le dalécarlien, dans le vieux norvégien des vallées des Dofrines, dans l'islandais, avee le dialecte des Fœr et l’idiome âppelé norse des iles Shetland. Les deux langues, ou pour mieux dire dialectes modernes, le suédois qui règne en Suède sur les côtes de Finlande, et le danois qu’on parle aussi dans la Norvége, sont également deux branches de lPancien scandinave, mais appauvries, adoucies et affaiblies par la civilisation. Un troisième dialecte, le jutlandais, conserve encore les traces de l’ancien anglo-saxon, qui s'y est mé 6 à l’ancien scandinave.

Les Anglais et les bas Écossais ne sont que des colonies successives de Belges, de Saxons, d’Anglo-Saxons, de Jutlandais et de Scandinaves, dont les dialectes, naturellement fondus ensemble, produisirent le vieux anglais ou l’anglo-dano-saxon, langue qui fut corrompue par l'introduction violente d’une foule de locutions latines francisées, apportées par les Normands ; s'étant depuis de nouveau réformée et rapprochée de son origine, elle est devenue l'anglais moderne ; mais il existe dans le Suffolk, l'Yorkshire et la basse Écosse, d'anciens dialectes plus rapprochés des langues teutoniques.

L'occident et le midi de l’Europe sont aujourd’hui le domaine des lanques romaniques ou dérivées du latin; mais il faut d’abord y remarquer les restes des anciennes nations et langues opprimées et subjuguées. I ne reste aucune trace distincte des Éirusques, des Ausontens, des Osques, et d’autres peuples, soit indigènes, soit anciennement établis en ftalie. Les noms des Celtes ét des lbériens ont également disparu dans la France, l'Espagne et les îles Britanniques ; mais il y reste, sous d’autres dénominations, des monuments vivants de ces antiques et grandes nalions.

Les Basques, resserrés aux pieds des Pyrénées occidentales, conservent une langue des plus originales et des plus mémorables de nolre partie du

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DESCIMPTION DE L'EUROPE. 21

monde; il paraît mainéenant prouvé que cette langue cest an roste autlventique de la langue génésala de l'Ibdnie, c’est-à-dire de PEspagne oviontale el méridionale ; elle régnait aussi sur la Gaule aquitinique.

Les Celles sont une des races primitives europévnnes les plus répandues. L'histoire la plus ancienne de l’Europe nous les montre établis le long des Alpes et à travers toute la Gaule, d’où ils ont émigré, à une époque trèsreculée, dans les parties centrales et occidentales de l'Espagne, ainsi que dans les îles Britanniques. Des migrations postérieures en flrent refluer les essaims sur l’Halie, la Thrace, et même l'Asie mineure, Il en reste une branche très-ancienne, les Hiberuiens ou Irlandais indigènes, dont, selon quelques-uns, les hauts: Écossais sont une colonie. La langue erse ou gaélique est le seul monument authentique de l’ancienne langue celtique ; mais on sent qu’une nation aussi répandue, aussi vagabonde, a pu s'incor: porer plusieurs peuples, parlant peut-être des idiomes anjourd’hui éteints.

Les anciens Belges étaient, à une époque quelconque de leur histoire, un peuple mixte de Celtes et de Germains ; on pourrait même soutenir avec avantage que dans leur origine ils n’étaient que Germains. Ayant conquis une partie de l’Angleterre et de lIrlande, ils s’y mélèrent avec les Celtes purs; les uns et les autres furent repoussés par les Anglo-Saxons dans le pays de Galles, dans le Cumberland et le Cornouailles, d’où une partie retourna sur le continent et poupla la Basse-Bretagne. La langue galloise, encore vivante, est un débris de la langue des Belges, débris très-différent de ce qui reste des Celtes véritables, Plus moderne, l'idiome bas-breton est encore d’une nature plus mixte. Les Gallois appellent leur langue le kumraigh où kymri, d’où les auteurs latins du moyen âge ont tiré le nom de Cambriens ; mais c’est sans raisons suffisantes que quelques systèmes. eth nographiques en font des Cimbres.

Telles sont les trois anciennes races indigènes de l’occident de l’Europe. Les Romains y ont porté leur langue, surtout le dialecte populaire, la romana ruslica, qui, en se mélant avec les langues: indigènes, dut de trèsbonne heure produire des idiomes provinciaux, quoique le latin classique régnât dans les villes et dans l’église. L’irruption des, peuples du Nord, tous ou presque tous de la race teutonique, introduisit un nouveau mélange, et surtout une nouvelle grammaire, dans les dialectes latinogaulois et latino-ibériens: La langue romane, préparée depuis des siècles, parut presque au même instant dans tout l’occident romain, De là sortirent l'italien, avec ses dialectes lambard, véniltien, sicilien et autres; le-pravengal, la: langue d’oc ou occitanique, le limousin ct le catalan, qui sont’ des:

a16 - LIVRE CENT TRENTE-QUATRIÈME.

branches directes de l’ancien roman ; le français, dont quelques branches, telles que le wallon, le picard, ont dû exister bien des siècles avant le nom français ; l'espagnol, proprement dit, ou le castillan et le gallicien, souche du porlugais.

Cet aperçu des langues et des nations européennes ne nous montre au fond que trois grandes masses ethnographiques de notre partie du monde: la romano-cellique au sud et à l’ouest, la feutonique au centre, au nord et au nord-ouest, la slavonne à l’est,

Les langues grecque, albanaise, turque et finnoise, dans l'Orient, les langues basque, celle ou erse et kymrique ou galloise, ne sont que secondaires aux yeux de l’arithmétique politique, quelque intéressantes qu'elles soient pour l'historien. Car ces sept langues ne sont parlées en Europe que par 25 à 30 millions d'individus , tandis que les trois grandes familles se partagent une population européenne de plus de 200 millions.

L'Europe renferme encore des restes d’Arabes, distingués dans l’île de Candie sous le nom d’Abadiotes, confondus dans le midi de l'Espagne avec la masse ; elle compte aussi au nombre de ses habitants, mais seulement comme nomades, deux tribus de Kalmouks établis entre le Volga et le Don. Nous pouvons encore regarder comme des restes de nations les Juifs, tant errants que fixes, les Tsiganes ou Bohémiens, ancienne caste indienne, et quelques autres races locales, plus ou moins traitées en proscrites.

La religion chrétienne, dans ses diverses formes, est répandue sur la presque totalité des Européens ; l’église grecque ou ortentale, qui descend directement dé l’ancienne église de l'empire d'Orient, règne sur les Grecs, sur une partie des Albanais et des Bulgares, sur les Serviens, les Esclavons, les Raatzes (en Hongrie), les Croates, les Dalmates, les Valaques, les Moldaves, et sur la puissante nation des Russes. L'église grecque compte en Europe environ 70 millions de membres. La religion grecque-unte, qui s’est séparée de l’église grecque orientale, forme un faible appendice de l’église catholique. C’est dans le midi, l’ouest et une partie du centre, que règne l’église latine, qui se nomme elle-même catholique romaine; l'Espagne, le Portugal, l'Italie, plus des neuf dixièmes de la France, les trois quarts de l'Irlande, la Belgique, la moitié de l'Allemagne et de la Suisse, les trois quarts de la Hongrie et de l’ancienne Pologne, obéissent unanimement aux dogmes de l’église de Rome, et varient peu dans leur soumission à l'autorité du pape ou souverain pontife ; celte grande église compte même quelques membres en Angleterre, en Hollande, en Turquie, et peut se glorifier de régner sur plus de 420 millions d'Européens. L'église évangélique

ou protesl de liberté, distinguen berg, le E Scandinav dansune f nisme, rëp en Écosse:

l'frlande, grie, en 1 grandes di petites ass niens en 1 Hollande, peut qu'im gués des L lement, se et les Presl L'Europ Turcs, les’ qu’on ne prennent q les Kalmou en jour; € Espagne, magne, en Les gou française, florissante germaniqu ecclésiastic celui de M élective’, lé raître; Lai principes mais gouv variable ; 1 blées repré

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où protestante; répandue dans le nord, est, eonformément à son prineipe de liberté, divisée par quelques nuauces de doctrines, parmi lesquelles se distinguent le lnthdranisme, dominant duns les deux Saxos, le Wurtemberg, le Hanovre, la Messe’ et autres porties d'Allemagne, duns toute la Scandinavie, dans les provinces baltiques de la Rossie, dans la Prusse et dansune portion de l'empire d'Autriche. In:relégion réformée ou le enlvinisme, répandue en Suisse, dans l'Allemagne occidentale, en Hollande et en Écosse; le système anglican, qui règne daus Angleterre, et qui opprime l'frlande, On trouve aussi des chrétiens évangéliques ew France, en Hongrie, en Pransylvanie et dans les vallées du Piémont, Outre ces trois grandes divisions ecclésiastiques de l'Europe ehrôtiemne , ‘il est quelques petites associations religieuses séparées de la masse, telles que les Socrniens en Fransylvanic, lès Quakers en Angleterre, les Anabaptistes en Hollunde, les Arméniens én Turquie, et d’autres, parmi lesquelles on ne peut qu'improprement placer les Frères: Moraves on Herrenhuliens, distingués des Luthériens uniquement par leur discipline. En Écosse, principalement, se trouvent en grand nombre les Congr'éganistes ou Indépendants et les Presbytériens.

L'Europe non chrétienne comprend les Mahomélans, parmi lesqnels les Turcs, les Tatars, les Bosniaques sont les principaux peuples; les /doldtres, qu’on ne trouve que vers les extrémités voisines de l'Asie, et qui comprennent quelques Lapons, les: Samoïèdés, les Fchérémisses, les Vogouls, les Kalmouks, et trois: ou quatre: autres tribus nomades, diminuent de jour en jour; enfin, les Juifs, répandus partout, excepté en Norvége et en Espagne, mais nombreux uniquement en Pologne, en Turquie, en Aillemagne, en Hollande, en Alsace,

Les gouvernements de l’Europe présentaient, à l’époque: dela révolution française, une bien: plus grande: variété qu'aujourd'hui. Des républiques florissantes , telles que la Hollande, Venise, Gènes, Raguse; un empire germanique, composé de plus de trois cents petites souverainetés féodales, ecclésiastiques et municipales; uw ordre souverain, militaire et religieux, celui de Malte ou de Suint-Jean-de-Jérusalem; une: grande monarchie élective', la Pologne : voilà ce:que: le niveau. des révolutions a fait disparaître: La classifieution des États européens se réduit.aujpurd?hui à deux principes dominants : le premier, c’est l'autorité d’un monarque-absoiu, mais gouvernant d'après des lois fixes, avec un système d'impôts peu variable ; le second, c’est l'autorité d’un monarque limitée par des assemblées représentatives, principalement quant à la levée des impôts et à la

législation. Le premier principe domine dans l’est et le sud de l’Europe ; le second dans l’ouest et le nord.

Les exceptions à cette tendance générale de l’Europe vers la monarchie tempérée sont en bien petit nombre. L'empire offoman, que l’on désignait naguère comme le seul État despotique de l’Europe, est, depuis l’avènement de son jeune sultan Abdul-Medjid, entré dans une voie nouvelle de civilisation et de progrès, qui profileront sans aucun doute aux peuples du Bosphore. La fédération de la Suisse est de l’autre côté le seul État républicain indépendant; car les quatre villes libres de Bréme, de Lubeck, de Hambourg, de Francfort, avec la municipalité de San-Marino et la vallée libre d’Andorre, reconnaissent, d’après les traités, une protection plus où moins immédiate.

Le rang des puissances est une question compliquée ; nous dirons qu’on désigne aujourd’hui sous le nom de six grandes puissances, la France, l'Angleterre, la Russie, l'Autriche, la Prusse et l'Espagne; mais la Prusse reste en arrière des autres sous le rapport de la population, des revenus et des ressources, et l’Espagne est bien déchue de ce qu’elle était autrefois. Ces six puissances, comptent ensemble plus de 470 millions de sujets en Europe seulement.

Un des éléments principaux de la force des États, c’est leur population ; mais la valeur politique réelle du même nombre d'hommes varie singulièrement selon leur concentration, leur courage et leur intelligence. Nous devons établir ici quelques-unes des bases de cette branche de la géographie politique européenne.

La population actuelle de l’Europe doit approcher de 250 à 260 millions. Cette population, qui forme à peu près le quart du genre humain, est trèsinégalement distribuée sur la surface de notre partie du monde, et cette inégalité ne suit pas une progression constante depuis l'extrémité nord jusqu’à extrémité méridionale.

Le nombre des Européens comparé à la superficie de l’Europe, que l’on évalue à 481,421 lieues, donne une mcyenne de 519 individus par lieue carrée. Divisons cette partie du monde en deux grandes régions, l’occidenlale et l’orienfale, que nous partagerons elles-mêmes en parties seplentrionale, centrale et méridionale, et voyons si la population y est distribuée d’après l'influence de la température.

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