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Aujourd’hui, non loin de l'Acropolis et du Parthénon, s’est élevée une ville toute moderne, dont les principales rues larges, droites et bien aérées, sont décorées d’édifices qui portent l'empreinte de la civilisation européenne. L’une de ces rues conduit au Pyrée.
Outre les deux édifices que nous venons de nommer, on voit encore les Propylées, le temple de Thésée, dont on admire l’étonnante solidité, le monument de Lysicrate, plus connu sous le nom de Lanterne de Démosthènes ; les restes du temple de Jupiter Olympien, de celui de la Victoire, de l’Odéon, du théâtre de Bacchus, du Prytanée, de l’Aréopage, et de plusieurs autres constructions qu'il serait trop long de nommer. Athènes est aujourd’hui une ville de 30,000 âmes, où l’on trouve plusieurs sociétés savantes, des bibliothèques, des collections scientifiques, et un beau palais moderne qui sert de résidence au roi. Les Français y ont établi depuis peu une école supérieure de perfectionnement, dont les résultats obtenus, sont déjà importants 1.
Le Pyrée, ou Porto-Leone, où l’on ne voyait en 1828 qu’une baraque turque servant de douane, est une jolie ville de 5,000 âmes ; elle renferme un lazaret commode, une école militaire et de vastes magasins, qui s’élèvent autour de l'ancien port, où l’on aperçoit encore sous les eaux les restes des berges construites par Thémistocle pour abriter les galères de la république. Le port du Pyrée est aujourd’hui une des principales stations de la navigation à vapeur dans les mers de l’Archipel, et la troisième place commerçante du royaume.
A l'extrémité de l’isthme qui forme le fond des deux golfes de Lépante et d'Égine, Corinthe, ruinée pendant la guerre de l'indépendance, renferme environ 3,000 habitants. Peu de villes offrent une position aussi belle et aussi favorable au commerce; sa vaste et forte citadelle s'élève majestueuscement et commande toujours l'entrée du Péloponèse ou de la Morée, c’està dire le pays marilime, nom qui fut donné à la péninsule grecque par les peuples slates. Plusieurs portions de murailles de la vieille forteresse de Corinthe sont de construction cyclopéenne.
Le village de Colonna est tout ce qui reste de l’ancienne ville de Némée. Sur la côte orientale de l’isthme de Corinthe, Mégure, qui avait 42,000 âmes, n’en compte pas plus de 2,000 aujourd’hui.
Si nous suivons la côte de l’Achaie vers l’ouest, nous verrons d’abord
1 Un des élèves de l’école française, M. Beulé, après un travail de fouilles de deux
mois a retrouvé l'entrée de l'Acropole. Voir le savant rapport lu à la séance générale de l'Institut, du 42 novembre 4852, par M. Guigniaut, V.A. M-B.
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la petite ville de Vostilza, l'antique Ægium, avec un port assez commerçant; puis Patras, entièrement détruite dans la guerre de l'indépendance, et qui, rebâtie sur un nouveau plan, est aujourd’hui une jolie ville de 6,000 habitants. Sa position avantageuse pour le commerce en fait une place importante en relation avec Trieste et Corfou par une ligne de bateaux à vapeur.
Sur le bord d’un golfe auquel elle donne son nom, l’ancienne Nauplia, aujourd’hui Nauplie, ou Napoli de Romanie, peuplée de 6,500 âmes, a un port assez important, quoiqu'il n'offre aux gros vaisseaux qu’un mouillage éloigné de plus d’une lieue de ses remparts. Le fort d’Ischkaléh et celui de Pualamède, dont la construction date de la plus haute antiquité, forment sa principale défense. Ce dernier, qui fut reconstruit par les Vénitiens, a recu le surnom de Gibraltar de la Grèce. Il couronne le rocher de Palamède, et ’on y monte par 500 marches sous un chemin couvert taillé dans le roc. A liuit lienes à l’est, Damala, près d’une baie qui dépend du golfe d'Égine ou d'Athènes, est un village voisin des ruines de l'antique Trézène.
Au fond du golfe de Nauplie, on voit Argo ou Argos, qui n’a conservé de son antique splendeur qu’un théâtre et une forteresse construite sur un pic tellement escarpé que, dans le système actuel de défense, il ne peut être utilisé. Elle renferme 3 à 4,000 habitants; ses jardins sont remarquables par leur fertilité, À quelques licues au nord-est d’Argos, le petit village de Karvathy est intéressant par les ruisseaux de l'antique M;cènes, que Pon voit dans son voisinage, et qui offrent encore des constructions antérieures au siège de Troie. À 22 lieues au sud d’Argos, Munembasie, ou Napoli de Malvoisie, qui fait le commerce des vins, est défendue par une forieresse qui domine sa grande rade : cette ville est bâtie sur une petite ile appelée par les anciens Minoa, qui est unie au continent par un pont de douze arches.
Armyros, le seul mouillage un peu tenable sur la côte du Wagre ou Maïna, pays qui oceupe Pétroite presqu’ile comprise entre le golfe de Coron (Sinus lessenicus), et celui de Kolokythnia (S'nus Laconicus), est célèbre par la courageuse résistance des Mainotes, qui arrêtèrent en 1827 toutes les forces d'Ibrahim-Pacha, Au fond du golfe de Laconie, Haradhonisi est l'antique Gythium, le port des flottes spartiate:. Ce bourg est devenu forissant; il possède un port commode, Son sol montueux, mais eutrecoupè de belles plaines, produit tout ee qui est nécessaire à la vie,
Après avoir double le cap Mütapan, qui forme Pextrémilé du Magne, on aperçoit Corn, qui donne son noi à un golfe vaste el profond, et dont je
port n’offre aux navires qu’un incommode abri contre les vents du sud. Sur
la côte occidentale de la Morée, Modon a vu les Grecs incendier en 1825 une flotte turque retirée dans sa rade, comme Vavarin (Coryphasium ou Pylos), le seul port militaire de la Morée, vit brûler, le 49 octobre 1827» par les puissances alliées, les vaissenux turco-égyptiens. Calamata, au fond du golfe de Messénie ou de Coron, dominée par les ruines d’un vieux chàteau venitien, est située au pied des coteaux fleuris, et entourée de champs couverts d'oliviers. C'est une cité commerçante de 6,000 âmes. Wyst, à deux lieues à l’ouest sur le Pamisus, au centre d’une plaine magnifique, mais malsaine, avait élé anéantie : la fertilité de son sol en a fait le séjour de plus de 800 familles. Arcadia, l'antique Cyparissa, située sur le bord du golfe du même nom, est le chef-lieu de la Triphylie.
Dans l’intérieur du Péloponèse, une nouvelle ville de Sparte s’estélevée depuis peu d'années sur les bords de l’Eurotas, sur l'emplacement de l’antique et valeureuse cité de Léonidas et d’Agésilas ; elle est le chef-lieu de l’éparchie de Lacédémone, et compte déjà plus de 1,200 habitants. Wistra ou Misitra, à deux lieues de l’Eurotas, ou Vasili-Potamo, au pied du mont Taygète (Penfadactylon), était l’ancienne capitale de la province; elle renferme 3,700 habitants. Caritène, presque au centre de la Péninsule, mérite d’être citée comme le lieu où commença la révolution de Morée. Colocotroni en avait fait une forteresse redoutable ; mais, brûlée trois fois par Ibrahim-Pacha, elle n’a plus que 7 à 800 habitants. Tripoli{za, ville de 8,800 âmes, occupe un des plateaux les plus élevés de la Morée : elle était au temps de la domination turque la capitale du pachalik de Morée. On voit dans ses environs les ruines de Tégée. Le village de Miraca est situé près des restes de l’antique Olympie. Celui de Pælæopoli. non loin de Tripolitza, possède quelques restes de Mantinée, célèbre pa. la victoire d'Épaminondas. Mavromathi occupe la place de Messène, que fonda ce héros. Enfin, le Méga-Spilévn, couvent taillé en partie dans un rocher, le sombre lac de S!ymphale, et bien d’autres lieux mémorables, que le plan de ce Précis ne nous permet pas de citer, remplissent l’intérieur de cette superbe Péninsule, dont les produits en blé, en orge, en raisins de Corinthe, en figues, en vin, en huile, en coton, en soie, et vingt autres articles, étaient évalués 45 millions de piastres avant la guerre de l'indépendance.
Ne quittons point la Grèce continentale sans dire un mot de ses habitants, dont les vertus ont été trop vantées par d'aveugles enthousiastes, et les vices exagéres par d’injustes détracteurs. Un peuple abruti par l'ignorance et l'esclavage ne se régénère pas en quelques années,