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Malgré la douceur et la beauté du climat, la Grèce n’est pas une contrée généralement saine. Il faut en excepter l’Atlique, dont la salubrité est attestée par la longévité des habitants, et dont les marais situés dans les champs de Marathon ont été défrichés par les soins du gouvernement ; plusieurs cantons attendent le même bienfait. C’est à l’influence des terrains humides que certaines provinces doivent leur insalubrité ; la Béotie, les environs de Corinthe et les plaines voisines de la mer en fournissent la preuve.
Du haut du Parnasse, antique séjour d’Apollon et des Muses, nous pouvons contempler la fertile Livadie et les côtes septentrionales de la Morée. Au fond d’une baie, à l’entrée du golfe de Lépante, qui preng d’abord le nom de Patras, jetons un regard sur les tristes remparts de Mrssolonghi, que le courage de ses habitants rendit si funestes à l’armée turcoégyptienne qui s’en empara en 1826, après un siêge de près d’une année, qui lui coùûta une perte de 13,000 hommes. Plus près, Lépante, l'antique Naupactus, occupe sur le bord du golfe le penchant d’une colline; c’est le siége d'un archevéché ; elle est petite, mais fortifiée, A la base septentrionale de l’'Hélicon, près de l’antre de Trophonius, célèbre par l’oracle qui s’y rendait, l’industrieuse ville de Livadie donne son nom à la contrée; ses environs se ressentent des exhalaisons malsaines du lac Copaïs. Cette cité, naguère importante par son commerce, n’a point encore réparé les ravages causés par la dernière gucrre.
Quitions ce pays si riche en souvenirs antiques, où des voyageurs modernes ont cru retrouver les eaux de Lélhé et celles de Mnémosyne, et traversons la Béoiie et l’Attique.
Thèbes, ou Thiva, ne se compose que de quelques centaines de maisons et de chaumières avec 2,800 habitants; les ruines de la ville antique, qui ne consistent plus qu’en rares inscriptions, garnissent les flancs d’une petite colline.
Athènes, cette illustre cité, berceau des lettres et des arts dans l’antiquité, est, depuis la guerre de l’indépendance hellénique, sortie de ses ruines. C’est aujourd’hui la capitale du royaume de la Grèce et le chef-lieu de la monarchie d’Attique et Béotie. L’Acropolis frappe toujours les regards ; mais sur le rocher qui domine l’ancienne et la nouvelle ville, il ne reste que les débris de ce célèbre Parthénon, noble temple consacré à Minerve, belle conception de Périclès, et chef-d'œuvre de Phidias. Sur le roc que dominent les restes de l’Acropolis, Cécrops et Thésée réunirent les pre-
miers habitants de l’Attique; ces vieilles murailles furent relevées par Thémistocle, après la victoire qu’il remporta à Salamine.