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beau se!, et on en tire des grains, des huiles, de la soie, de la laine et du miel délicieux : il s’y trouve aussi toutes sortes d’animaux privés et point de féroces; de la volaille, du gibier, entre autres le mouflon, Cette grande île dont la superticie est de 9,000 kilomètres carrés, eat reuplée de plus de 460,006 habitants, dont 55,000 Turcs, 400,000 Grecs, et le reste Albanais, Arabes, juifs et étrangers.
La ville et le port de Candie, Kirid en turc, contiennent environ 40 ou 12,000 Turcs et 2 ou 3,000 Grecs. C’est la résidence de l’archevéque de Gorfyne. Les fortifications construites par les Vénitiens y ont ét bien entretenues, 5: ‘is les maisons qu’ils avaient construites sont tombées n ruines, Rhelymo, bâtie sur les ruines de l'ancienne Rithymne, ne contient guère que 5 à 6,000 habitants, moitié Grecs, moitié Turcs, Canée ou la Canea, la Cydonia des anciens Grecs, est entourée d’une forte muraille et d’un fossé large, et habitée par environ 4,000 Turcs, 2 ou 3,000 Grecs et quelques juifs. Ces trois villes sont les plus importantes de l’île. Les Turcs, dans cette île, sont très-beaux et mènent une vie patriarcale. Les Abdiotes, qui sont un reste des anciens Sarrazins, occupent environ une vingtaine de villages au sud du mont Ia, et forment ane population d'environ 4,000 personnes qui vivent dans une sorte d'indépendance, Il en est de même des Sphakhioles, qu’on dit être les descendants des Crétois. Ils choisissent eux mêmes leurs chefs, et occupent les hautes montagnes qui s'étendent de l’est à l’ouest, depuis la province Félino jusqu’à la province Amari. [ls sont censés compris dans le pachalik de Candie. Du petit port de Sphakhia , qui est leur cheflicu, ils font un petit commerce, et exercent souvent la piraterie; pasteurs, agriculteurs , artisans , ce sont les plus industrieux et les plus valeureux hubitants de l'ile.
Plusieurs îles de l’Archipel font encore partie de la Turquie. Sur les côtes de la Thrace , c'est Thasso où Thasos qui exploite ses belles carrières et ses fameux vignobles ; c’est surtout Lemno où Stalimène , l’antique Lemnos, peuplée de 8,000 âmes, et pourvue d’un très-bon port. Elle renferme un volcan éteint, qui, selon quelques savants, a détruit un promontoire de l'ile, ou même un ilot voisin. Samodraki ou Semendrek; est le nom moderne de Samothrace, si célèbre par ses mystères, aujourd'hui converte, comme {mbro , de bois, de chèvres, d’abeilles et de modestes villugese
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Suite de la Description de l'Europe. — Description de la Turquie d'Europe. — Deuxième division. — Provinces médiates, Servie, Valachie et la Moldavie. — Réformes, gouvernement, administration, tableaux statistiques de l’Empire ottoman.
Ce qu” nous savons de la Servie ou Serbie, doit la faire comparer à la Bosnie sous la plupart des rapports physiques; seulement les montagnes vers le midi laissent place à quelques plaines et vallées plus ouvertes et plus tempérées. Celles du milieu de la province, le Czemerno, le Jelin et le Kopaonik, forment un groupe considérable et en apparence très-élevé. Au nord de ce groupe, qui termine le plateau de la haute Servie ou de l’ancienne Dardanie, deux grandes vallées se rencontrent près de Ærouchovatz, venant l’une droit de l’est depuis Missa, l'autre droit de l’ouest depuis Oujilza ; cette remarquable contrée peut être considérée comme la moyenne Servie. Dans l’une des vallées coule la Horava orientale, dont la partie supérieure, venant des pieds du mont Scomius, circule sur le haut plateau du sud, pays peu connu; dans l’autre, on voit rouler la Morava occidentale, qui, moins importante par elle-même, reçoit sa principale masse d’eau de l’Zbar, rivière venant également du haut plateau, et notamment de la plaine de Cossova. Les deux Morava unies, en tournant droit au nord, traversent la chaine de Kaplan, au pied de laquelle s'étend la basse Servie, anciennement nommée le banat de Mazovie.
Un chaïînon de montagnes qui hérisse tout le pays au nord-ouest du Timok tire son nom des Æaïduhs, ou brigands, qui en occupent peut-être encore les arides sommets et les cavernes multipliées; ce chaînon resserre le lit du Danube. Des mines d'argent et de fer y sont connues; mais les Romains ont dù y exploiter des mines d’or. On y indique aussi des salines.
Les vastes forêts abondent surtout en pins et en chênes ; elles fourmillent d’ours, de lynx, de loups ; les liêvres qui, pendant l'hiver, se couvrent comme en Bosnie d’un poil long et doux, fournissent une excellente fourrure. On chasse des chamois, sur les hautes montagnes. Les vignobles, qui descendent des plantations établies et soignées par ordre de empereur Probus, donnent un vin très-supérieur en feu et en générosité à celui de
la Valachie. Le froment, le maïs, le millet, viennent en abondance, malgré la culture négligée. On exploite du tabac, du lin et du chanvre. Les fruits du midi manquent, mais les bois de pommiers et de cerisiers couvrent des districts entiers. |
Les habitants, race vigoureuse et même belle, parlent un des dialectes slaves les plus doux et les plus purs; leurs chants nationaux, remplis de grâce, de naïveté, et souvent de la plus belle poésie, célèbrent leurs anciennes guerres contre les musulmans, les miracles de saint Saba, de saint André, les aventures du prince Mare, mais renferment aussi beaucoup de traditions bosniaques, dalmates et albanaises. Fille de l'Église orientale et grecque, celle de Servie s’est pourtant donné un chef particulier, c’est l'archevêque primat de Semendria.
Plus civilisés, plus industrieux que leurs frères de Bosnie, les Serviens, ou Serbes !, n’ont guère moins de bravoure. Depuis 1806, ils ont conquis de grandes libertés stipulées par des traités garantis par la Russie.
Les Serviens, simples plutôt que barbares, recherchent déjà l’instruction ; ils écrivent dans leur belle langue, et, comme elle est presque identique avec le russe, ils envoient leurs enfants étudier aux universités de la Russie. Les femmes, douées de beaucoup de charmes, de sensibilité et d’exaltation, apprennent les arts agréables de l’Europe, Le sénat servien administre la justice, la police et le culte d’après les lois nationales renouvelées par une charte en 1830. Le pays paie à la Porte un tribut fixé.
Belgarde1 fut longtemps le rempart de la chrétienté, elle rappelle la valeureuse défense de Jean Huniade Corvin. La forteresse, proprement dite, domine du haut d’un rocher la ville d'eau, entourée de murailles et qui s’étent le long du Dunube; la ville des Raïtzes, ou Rasciens, qui est le quartier des Serviens, est située à l’ouest sur la Save, ainsi que quelques faubourgs. Tout cet ensemble embrasse 30,000 habitants, parmi lesquels il y a aussi des Arméniens et des juifs, attirés par un commerce très-actif; c’est l’entrepôt principal entre l'Allemagne et la Hongrie d’un côté, Constantinople et Salonique de l’autre. Elle est aussi la résidence d’un métropolitain, ou archevêque grec.
Semendria, que les indigènes nomment vulgairement Smederevo, est située au confluent de la Jeseva et du Danube et défendue par des fortifications ; elle compte maintenant 10 à 12,000 habitants. C'est la résidence de l’archevêque primat de Servie.
1 Is écrivent leur nom par les trois consonnes srp; adjectif, srpske. 2 Biyogrod, en servien; Vandos-feyer-var, en hongrois.
, male. Les S COU-
ilectes plis de leurs ba, de ucoup entale , c'est
rviens, onquis
istrucidens de la jilité et servien renoué,
elle la rement illes et iest le iclques esquels s-actif;
Consmétro-
buo, est rtificasidence
peer
Schabacz et Hassan-Palanka, avec des eaux acidules, sont des forteresses moins importantes que celle d’Orsova, dans une île du Danube, vers l'extrémité nord-est de la Servie, Au-dessus d'Orsova, le Danube, resserré entre des rochers, roule ses eaux en tourbillons écumeux à travers le défilé de Demir-Kapou; au-dessous, les restes de piliers debout dans la rivière marquent, près de Gladova, l'emplacement du fameux pont de Trajan. Sur le mont Avala, à trois lieues au sud de Belgarde, on trouve les ruines d’une ville gothique. En montant sur la terrasse de la moyenne Servie, Ærouchovalz, que les Turcs nomment Aladja-Ilissar, avec un château où plusieurs souverains de la Servie ont résidé, marque la position la plus centrale du pays, et, sur le même alignement, nous voyons à l’ouest Ougilza, ou Ousidje, ville commerçante de 6,000 habitents, dont les vergers immenses produisent les meilleurs cerisiers. et dont le site, au dire du géographe turc Hadji- Khalfa, ressemble infiniment à celui de la Mekke; à l’est, la forteresse de Missa, patrie de Constantin le Grand, qui l’avait embellie et enrichie, mais qui, dans ses cabanes d'argile extrêmement basses et couvertes de bardeaux, ne présente aucune trace de grandeur. C’est la construction générale en Servie. Les villes situées sur le cours supérieur de la Morava orientale et de ses affluents sont presque inconnues, Orkoup, ou Précop, l'ancienne Precopia, fait quelque commerce. Ærallovo, où plusieurs princes serviens ont leurs tombeaux, n’est qu'un bourg situé sur la rive droite de la Toplitza. Nova-Breda, non loin de mines importantes, est dans une contrée où les voyageurs ne pénètrent guère. Pris/ina possède quelques titres pour se dire patrie de l’empereur Justinien. Elle renferme environ 10,000 habitarts. On voit, à quelque distance de cette ville, la fameuse plaine des Merles, nommée Cossovo-Polie en slavon, Rigomèzo en hongrois, et où, en 1389, le sullan Amurat [er, après une bataille sanglante contre l’armée unie des Serviens, des Bosniaques et des Bulgares, fut tué par Milosch-Obilitch. Ses troupes victoricuses y élevèrent un monument funéraire sur la cendre de ce grand guerrier, où brülaient jadis des lampes perpétuellement entretenues sous une garde de derviches. Un demisiècle après, en 1448, Amurat IE y défit totalement une armée de Hongrois, et ce n’est peut-être pas la dernière fois que ces plaines ensanglantées verront décider le sort des empires.
La population actuelle des Slaves-Tllyriens, ou, si l’on aime mieux un terme géographique, des Slaves-Sud-Danubiens ; population qui, sur le territoire autrichien, hongrois et ottoman, forme une masse imposante de près de 4 millions d'hommes robustes, prolifiques, braves, intelligents,