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fallu proclamer un de ses frères, nommé Zsmaël : de là, la secte des ismaéliens.
Enfin il existe encore deux sectes très différentes des sunnites et des schiites : ce sont les yézidis, qui, tout en conservant un mélange de croyances chrétiennes et musulmanes, paraissent être formés des débris des sectes de mages, de manichéens et de sabéens; ce sont enfin leswahabys ou wahabites, qui admettent l'islamisme réduit à sa plus grande simplicité, reconnaissent un Dieu unique, mais qui ont Mahomet en horreur.
« Lafunesteinfluence de l’islamisme, a ditM. de Chateaubriand dans son « Ilinéraire, s'étend même sur la constitution physique des musulmans , « puisquela défense de boire du vin a mis en vogue chez lesuns l'abus secret « des liqueurs spiritueuses, et chez les autres l’usage funeste de lopium. « Leprécepte des ablutions fréquentes engage les ricies à construire beau- « coupde fontaines publiques. Lescimetièresturcsplaisent à l’homme reli- « gieux ; lesfleurs soigneusement entretenues sur les tombeaux, les cyprès « qui les ombragent , les familles qui viennent y célébrer la mémoire des « défunts, Loutce mélange de deuil, de désolation et d'agrémentschampètre: « surprend et étonne agréablement le cœur sensible. »
Les dervis ou derviches sont des moines qui se livrent à des actesreligieux tout à fait bizarres, consistant principalement en des marches circulaires et en des tournoiemenuts convulsifs.
Les imans ou imams, c'est-à-dire les desservants des églises turques , appelées meiged, melchel ou mosquées, ne partagent en aucune manière le crédit et la puissance, dont jouit le corps des oulémas ou des doc. teurs.
L'absence des lumières savantes influe toujours sur l’état des arts utiles. Quoique les Turcs, surtout ceux d’Asie, ne soient pas dépourvus de goût pour Pagriculture, ce premier des arts languit dans toute létendue de PEmpire ottoman. L'industrie manufacturière se conserve dans quelques villes, parmi lesquelles, outre Ja capitale, on distingue Salonique, Andrinople et Roustchouck. Les principaux produits des fabriques sont des tapis, des maroquins, quelques soieries , du fil, des armes blanches. Le commerce s’alimente principalement par l'exportation des matières premières , telles que laines, soies, cotons, cuirs , tabacs, quelques métaux, surtout du cuivre ; les vins, les huiles, les figues, dattes, amandes, raisince Corinthe et autres fruits, fournissent également de grands articles de commerec. Enfin nous tirons encore de ces contrées de la garance , de la noix de galle, de l’alun , et diverses terres particulières, entre autres
celle appelée terre sigillée, et la substance argileuseet magnésienne nommée écume de mer,
Les musulmans s'occupent peu de commerce ; mais il y a parmi eux des agriculteurs instruits, et ils montrent une grande habileté comine fabricants de draps, comme armuriers et comme lanneurs ; leurs ouvrages en acier et en cuivre , ainsi que leurs tcintures , surpassent ou égulent tout ce que l’industrie européenne offre de plus parfait en ces genres. Ils ont aussi des tailleurs et des cordonniers plus intelligents que les nôtres, Les Grecs, étant en si grand nombre, se mé'ent nécessairement de tous les arts, de tous les métiers ; c’est parmi eux qu'on trouve les meilleurs marins de l’Empire ottoman. Les Arméniens sont ceux qui, dans l'Empire , font le plus grand commerce. Patients, économes, infatigables, ils voyagent dans l’intérieur de l'Asie et dans l'Inde ; ils ont des magasins et des correspondants partout. La plupart exercent des arts mécaniques; ils sont en même temps banquiers, fournisseurs et hommes d'affaires des pachas cet autres grands personnages. Les juifs se présentent ici sous des couleurs bien plus défavorables qu'en Europe; tout commerce poureux est bon, s’il donne un bénéfice. Les riches font l’usure, et les douaniers turcs se -crvent des juifs pauvres pour évaluer les marchandises el en percevoir les droits.
Le gouvernement de la Turquie est une monarcliic absolue dans la forme, mais tempérée dans la réalité, d'abord par les institutions et par les conditions mêmes de la souveraineté; ensuite, par les mœurs qui, là, plus que partout ailleurs, modifient et limitent mème jusqu'à un certain point l’action du pouvoir. Le souverain preud le titre d’empereur, Padichah, des Ottomans. Chef et gardien de la loi, mais placé au dessous d'elle, il est chargé seul de la faire exécuter, etil peut même la modifier dans ses par ties, pourvu qu'il n’en altère pas le caractère essentiel, fondamental. 1 exerce ce double pouvoir, soit directement, soit gar l'intermédiaire de son lieutenant ou premier ministre. Ce premier ministre est le sadm azum, ou visir, le portefaiz de l'empire, comme son nom l'indique, fonetion instituée l'an 432 de l’hégire (750 de J.-C.), par le khalife Abd'Ullah. Le visir est le chef suprême du pouvoir exécutif ; mais ce pouvoir, il ne l’exerce que comme délégué et au nom du sullam. À eôté du visir et sur la même ligne, mais suivant un autre ordre d'idées, se pluce le eheëk-ul islam (le chef ou l'ancien de l'islam), ou #ufti. L'attribution propre, essentielle du chcik-ulislam, c’est l'interprétation de la loi : attribution cewsidérable là où la loi est tout. Chef de l’ulèma, ou corps à la fois judiciaire et religieux, mais n'étant lui-même ni prêtre ni magistrat, sauf quelques cas particuliers, il
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remplit dans l'État une fonction analogue à celle du ministre de la justice et des cultes en France : il participe de plus à l'exercice de la puissance législative en ce sens que son fefva, ou sanction, est nécessaire pour valider toute ordonnance, tout acte émané de l'autorité souveraine. Le cheikul-islam occupe le même rang dans la hiérarchie que le visir qui lui fait une visite publique chaque année, le 26 de ramadan.
Viennent ensuite les ministres d'Etat, au nombre de dix, et décorés du titre de muchirs (conseillers du souverain), qui, avec le visir et le cheik-ulislam, et assistés de deux fonctionnaires du degré supérieur, forment le Conseil privé (medjlici khass). Ce conseil qui se réunit deux fois par semaine à la Sublime-Porte, sous la présidence du visir, délibère sur toutes les mesures d'intérêt général, principalement en ce qui concerne la politique extérieure. Ses décisions, rendues à la pluralité des voix, sont soumises à l'approbation du sultan et revêtues du fetva du mufti, qui leur donne force de loi. Une fois tous les ans, le 4er de moharrem (premier jour de l’année chez les Musulmans), le sultan s'y rend en personne, soit seul, soit en cérémonie, et, s’y fait rendre un compte exact de la situation des affaires. Il arrive aussi, quelquefois, en raison de l’urgence et de la gravité des circonstances, que le visir, le ser-asker (ministre de la guerre), et le capitan-pacha (ministre de la marine), se forment séparément en conseil secret, afin d'accélérer, en la resserrant, l’action du pouvoir. Mais il est rare que l’on connaisse d'avance le jour ni le lieu où se tiennent ces conférences, auxquelles le sultan assiste le plus souvent, et qui sont toujours enveloppées de mystère.
Les autres conseils de l’Empire ottoman, au nombre de dix, et participant plus ou moins à l’action gauvernementale, sont :
Le Conseil d'État et de justice, Medplici valaï ahkiami adliié, appelé aussi Conseil Suprême; dont les attributions ont beaucoup de rapport avec celles du conseil d'État en France.
Le Conseil ou commission de l'instruction publique, Medjlici me’arif'ou moumiié.
Le Conseil ou comité supérieur de la guerre, Dar chouraï ‘askeri.
Le Conseil de l’intendance de l'artillerie, Medylhei tophamèi amire.
Le Conseil de l’amirauté, Medjlici bahriie.
La Cour des comptes, Wedjlici malité.
Le Conseil de l’agriculture, Medjlici zira'at.
Le Conseil des mines, Medjlici me’adin.
Le Conseil de la police, Medjlici zabthye.
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Enfin le Conseil des fabriques militaires, Medjlici *ymalali harbiè.
Tous ces Conseils, à l'exception du Conseil d'Etat, qui est par sa nature un pouvoir politique, placés auprès des différents ministères pour éclairer Padministration et proposer la solution des questions qu’elle doit résoudre, aboutissent en dernier ressort au visir, dans la personne duquel tous les pouvoirs viennent se concentrer.
En dehors de ces conseils se place le divan ou chancellerie d'État, qui comprend la généralité des emplois supérieurs et inférieurs, connus sous le nom de Oalemité (emplois de la plume). Il se compose de cinq rangs de fonctionnaires, dont le plus élevé est assimilé dans l’ordre militaire, fondement de toute hiérarchie en Turquie, au grade de férik (général de division). Le premier et le second rangs renferment chacun deux classes.
Le territoire de l’Empire ottoman est divisé en 35 eyalets ou gouvernements généraux dont les administrateurs portent, selon l’importance des localités, le titre de vale (vice-roi) ou bien celui de mutessarif (gouverneur général. Ces eyalets sont subdivisés en 442 livahs (provinces), à la tête desquels sont des Faïmakams (lieutenants-gouverneurs) ou des mohassils (préfets).
Les livahs se partagent en 4,320 cazas (districts); les cazas en nahiyés (villages ou communes).
Le mohassil (préfet), assisté du commandant militaire, surveille le recrutement et le recensement quinquennal. Il forme, avec les membres du tribunal de justice civile (molla, mufli, etc.), et ceux du medjl (conseil de province), le tribunal correctionnel de la province, et préside à l’assiette de l'impôt, qui est confiée à une commission particulière nommée annuellement par les municipalités. Le medijli se réunit quatre fois par semaine, à jour fixe ; il est composé du gouverneur du livah, du délégué des finances, mal-mudiri (receveur particulier; de l’évêque grec, arménien, ou même du rabbin juif, suivant la localité ; du kodja-bachi, délégué des municipalités chrétiennes; enfin, des députés (vudjouhs), nommés par les habitants, d’après le chiffre de Ja population. Outre la force militaire qu’il peut requérir, le mohassil a directement sous ses ordres une compagnie de troupes de zabliye (troupes de police), composée de 20 kavass (archers), 20 seymens (chasseurs) ct 20 suvaris (cavaliers).
L'administration des cazas est confiée à un #mudir (sous-préfet), ou, comme dans certaines parties éloignées de l’Empire, à un mufesellim (préposé), qui, avec les notables (vudyouhs), veille à la rentrée des contribulions.
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Les différents nahiyès (communes) de chaque caza sont administrés par un moukhtar ou kodja-bachi, élu par les habitants et faisant l’office de maire.
Pour ce qui concerne l’administration financière, chaque eyalet a un defterdar (littéralement, feneur de livres), correspondant à nos receveurs généraux, et chaque livah un #al-mudéri (receveur particulier), lequel a aussi dans ses attributions la surveillance de certaines recettes spéciales, telles que douanes, postes, péages, droits de quarantaine, capitation, passe-ports, salines, pêcheries. |
La Turquie est divisée, sous le rapport de l'administration de la justice :
4° En une haute cour de justice et d’appel (Arzodassi), divisée en deux présidences (soudour) ou chambres, celles de Roumelie et d’Anatolie, jugeant en dernier ressort. À la tête de la première, se trouve le sadri roumili ou roumili qgazi askeri (littéralement, juge de l’armée), assisté de dix grands juges honoraires ou assesseurs, et qui occupe le premier rang de la magistrature, après le cheik-ul-Islam ; la seconde est présidée par le sadri anatholi ou anatholi qazi askeri, dont le tribunal, composé de sept assesseurs, est le second de l’Empire. Les deux cazi-askers sont les chefs.de la magistrature, l’un en Europe, l’autre en Asie, et nomment, sous la sanction du cheïk-ul-Islam, à tous les offices vacants dans leurs départements respectifs.
2° En Mevleviet (offices de mollas), grands ressorts judiciaires, correspondant à nos cours d’appel, à la tête desquels est placé un molla (grand juge), et dont chacun embrasse un ou plusieurs eyalets. Il y a vingt-deux mevleviels, sans y comprendre les provinces tributaires de l’Europe.
30 En cent seize gazas ou tribunaux ordinaires, composés du juge (molla ou cadi) ; du mufli, sorte d'avocat général, élu par la province; d’un ratb, juge suppléant ; d’un ayak-naib (lieutenant civil), et d’un greffier (backkialib)).
Ils jugent au civil en première instance et se forment en tribunal correctionnel, en s’adjoignant le gouverneur du livah et les membres du conseil de provinte.
4&o En tribunaux inférieurs, à la tête desquels sont les naïbs (substituts), qui font l’office de juges de paix dans les districts et dans les communes.
A côté de l’ancien enseignement, qui est resté entre les mains de l’ulèma, s'élève aujourd’hui la nouvelle université, créée par l’État, et qui se divise en enseignement primaire, enseignement secondaire et enseignement supérieur, Aux anciennes écoles spéciales fondées par Selim et par Mahmoud,
et qui ont reçu plus d’extension, s’en sont ajoutées d’autres, telles que l’école d'agriculture, l'école vétérinaire, etc., destinées à combler les lacunes qui existaient dans l’enseignement professionnel.
La presse périodique a été introduite dans l’Empire. Constantinople compte aujourd’hui treize journaux ou recueils périodiques en diverses langues, au lieu du seul Montleur ottoman qui se publiait sous le sultan Mahmoud. En outre, le gouvernement publie depuis 4847, à l'exemple des autres États de l’Europe, un annuaire officiel présentant chaque année le tableau de l’administration générale de l'Empire.
Les finances, quoique insuffisantes pour les besoins de l'État, ont plus que doublé depuis douze années. Le budget actuel de la Turquie, de 730 millions de piastres (167 millions de francs) dépasse de 430 millions celui de 4838. On calcule qu’avec les réformes projetées, le revenu de la Turquie sera porté aisément à 4,400 millions de piastres.
Les forces militaires de l'Empire ottoman, sans compter la réserve(redif), sont divisées en six corps ou ordous, formant un effectif de 138,000 hommes. Chaque ordou, avec son quartier général, merkez, est disposé en dix parties et composé de six brigades militaires, vah. L'ordou de la garde impériale seul n’est divisé qu’en cinq parties.
La marine compte 74 bâtiments, dont 46 de haut-bord, et 44 bâtiments à vapeur.
U y a de plus une brigade à Tripoli d'Afrique, sans compter les troupes des eyalets de Bosnie, de Servie, de Valachie, de Moldavie, d'Égypte et du liva de Skenderyè (Montenegro), dont les contingents ne sont pas compris dans les six armées. :
Les ordous sont commandés par des muchirs (feld-maréchaux), ayant sous leurs ordres des mouhacebedjis (intendants militaires). Chaque ordou a de plus une commission ou conseil militaire, composée d’un général de division, président, d’un mufti (docteur de la loi), et de quatre ou cinq membres.
L'ancien abus de l’altération des monnaies a disparu. Une nouvelle monnaie, d’un titre égal à celui des monnaies européennes, a été frappée depuis 1844, et le gouvernement a institué une banque impériale, destinée à imprimer une sécurité plus grande aux transactions commerciales, en maintenant à un taux fixe le change sur l’Europe.
Enfin, pour terminer ce tableau des grandes réformes qui viennent de placer la Turquic au rang des puissances européennes éclairées, nous dirons que la qualification jadis si aimée de rafa (infidèles) a été abolie. La
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Ps:qUe loi ne reconnaît que des sujets (/ebah) égaux en droits, quelie que soit la ler les religion qu’ils professent. L'agriculture et le commerce prennent chaque : jour plus d’extension. Des routes s’établissent ; les postes, dont l’étafinople blissement remonte à peine à dix années, fonctionnent avec une grande ARERAES régularité; des lignes nombreuses de bateaux à vapeur établissent une sultan communication journalière entre Constantinople et les principales villes ple des commerçantes de différents États. L'Europe ne peut qu’applaudir à ce née le gouvernement régénérateur, depuis si longtemps désiré, mais dont quelous ques esprits chagrins croyaient la réalisation impossible.
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