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LA GÉOGRAPHIE

Suite de la Théorie de la Géographie. — Des substances minérales qui composent la partie solide du Globe. — Minéraux : leur emploi dans les arts et l'industrie. — Roches : leur emploi dans les arts et l’industrie.

Nous allons maintenant examiner quelle est la structure de la croûte solide du globe, et pour cela nous emprunterons à la géologie la rapide description des substances minérales qui concourent à sa composition.

Nous insisterons plus particulièrement sur celles qui, par leur utilité ou leur caractère précieux, peuvent contribuer à la richesse des états.

Les minéraux qui vont d’abord nous occuper se groupent en trois classes d’après leurs propriétés électro-magnétiques; ce sont les gazolyles, les leucolytes, et les chroicolytes.

La nombreuse classe des gazolytes renferme douze familles, dont la plus importante, par le nombre de ses espèces, est celle de silicides, corps composés de silice, c’est-à-dire d’acide silicique, soit seul, soit combiné avec divers oxydes. Elle se divise en deux genres, le genre silice et le genre silicate. Dans le premier se trouve le quartz ou le cristal de roche, minéral rayant fortement le verre, et cristallisant en prisme hexagone ; employé jadis à faire des coupes, des lustres et d’autres objets de luxe, mais remplacéaujourd’hui par le verre appelé cristal. Le quartz limpide est cependant encore en usage pour fabriquer des verres de lunettes qui ont l’avantage de

ne pas se laisser rayer. Les autres variétés de quartz sont l’améfhyste, que ll. 1

l’on taille pour la bijouterie ; le quartz jaune, ou la fausse topaze, et le quartz brun ou enfumé ou la fopaze de Sibérie. L’on emploie aussi à divers objets de luxe l’agate, la calcédoine dont on fait des coupes, des tabatières et des cachets; la sardoine ou la cornaline, qui plait par sa belle couleur rouge ei sa demi-transparence ; la chrysoprase, d’un vert clair ettendre; l’agate, ou la calcédoine onyx, dont les couches de diverses nuances se prêtent admirablement au talent du graveur en camées. La calcédoine géodique enhydre est une petite géode, un tubercule creux renfermant une goutte d’eau que sa translucidité permet d’apercevoir ; on en fait aussi des bijoux. La calcédoine jaspée, qui se nuance et se panache de rouge, de vert et d’autres couleurs, est employée aux mêmes usages que l’agate.

La silice, qui forme ces variétés précieuses, prend une pâte moins fine et donne alors la calcédoine, pierre à fusil, le quartz agate pyromaque, ou pierre à briquet, dont l’utilité n’a pas besoin d’être rappelée ; la calcédoine cellulaire ou pierre meulière, dont les petites cavités irrégulières en font la pierre la plus propre à la confection des meules de moulin. Enfin, nous citerons encore le quartz nectique, que l’on recueille à Saint-Ouen, près Paris; mais il n’est d’aucune utilité dans les arts.

Le genre silice comprend encore une espèce importante comme pierre précieuse : c’est l’opale, substance qui présente tous les caractères du quartz. Les bijoutiers emploient les variétés irisées, qui plaisent par leurs reflets rouges, jaunes et bleus. Parmi ces variétés se trouve l’opalc laifeuse, translucide blanche, l’opale ferrugineuse ou le jaspe opale, et l’opale 4ydrophane,qui s’attache à la langue.

Le genre silicate nous offre un grand nombre d’espèces. Dans les silcates, alumineux, nous distinguerons l’euclase la staurotide, le disthène et l’'émeraude, qui n’est d’aucun usage lorsqu’elle est opaque comme celle des environs de Limoges, mais qui est rangée parmi les plus belles pierres précieuses, lorsque, comme celle du Pérou, elle flatte agréablement l’œil par sa belle couleur verte. Avec la couleur bleue, elle prend chez les lapidaires le nom d’aigue-marine, et celui de béril lorsqu’elle est d’un vert jaunâtre. Le grenat forme un sous-genre silicate ; ses diverses espèces reçoivent différents noms: ainsi le grenat noir est la mélanile, le rouge violet est l’almandine ou le grenat syrien, le vert jaunâtre ou le rouge orangé porte les noms de grossulaire et d’essonite. Les belles variétés de grenat syrien et d’essonite sont employées dans la bijouterie et sont d’un prix élevé lorsqu’elles sont d’une teinte vive et unie.

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dote, la meïonite ou hyacinthe blanche du Vésuve, la wernérile, tantôt blanchâtre, grisâtre, verdâtre ou rougeâtre, la népheline, la (homsonite, la pinite, la chabasie, \'amphigène, l’analcime, la laumonite, \'harmolome, la stilbite, la nacrite, la smaragdite, l'anthophyllite, enfin la payodite ou pierre de lard, dont les Chinois façonnent et nous vendent ces petites fi. gures que l’on nomme magots.

A la suite de ces minéraux, qui ne sont recherchés que dans les collections, nous placerons, comme appartenant à la même division, l’idocrase, qui, bien que de peu de valeur, est taillée pour la bijouterie lorsqu’à la couleur verdâtre elle joint la transparence; la cordiérite dont la belle variété bleue ou violacée reçoit des lapidaires le nom de saphir d’eau; le feldspath qui, décomposé par l’action de l’air et de l’eau, forme cette matière argileuse si utile comme terre à porcelaine, ou qui, offrant une belle teinte verte sous le nom de pierre des amazones, ou l'éclat changeant de laventurine sous celui de pierre de soleil, ou le blanc éclatant etnacrésous celui de pierre de lune, est recherché pour la bijouterie. Nous devonsencore citer la labradorite ou feldspath opalin, belle substance à reflets vifs et changeants, bleus, rouges, verts, etc., que l’on emploie comme ornement dans des meubles précieux, ou pour faire des tabatières ; et la cymophane, matière vitreuse d’un vert jaunâtre que l’on taille à facettes sous le nom de chrysolite orientale.

Dans les silicates alumineux fluorifères, ou phtorifères, se trouve le mtca, matière foliacée dont les grandes feuilles sont employées en Russie pour servir de vitres aux bâtimens de guerre, et dont les lamelles mélées au sable coloré se vendent sous le nom de poudre d’or pour l'écriture.

Les silicates alumineux chlorifères ne nous offrent encore qu’une seule substance recherchée des minéralogistes, c’est la sodabte.

Si nous passons aux silicates alumineux boriféres, nous y remarquerons deux substances : l’axinite, la fourmaline, dont les variétés rouges acquièrent dans la joaillerie un prix analogue à celui du rubis, et dont les vertes et les bleues sont employées dans la bijouterie anglaise.

L’hauyne, l’helvine, le lapis-lazuli que l’on emploie comme ornement ou dont on fabrique le bleu d’outremer, sont les trois principales qui appartiennent aux silicates alumineux sulfurifères.

La gadolinite, le zircon qui se montre tantôt incolore, et tantôt brun rougeûtre, jaune brunâtre, jaune pâle, verdâtre et bleuâtre, et qui est quelquefois utilisé dans la joaillerie sous les noms de hyacinthe ou de jargon, sont en tête des silicates non alumineux.

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Cette seconde division des silicates se partage en plusieurs groupes : les ferrugineux comprennent l’ilvaïte, minéral dont le nom indique qu’il vient de l’île d’Elbe; l’achmite et la ferre verte, que l’on a improprement appelée chlorite.

Les silicates non alumineux manganésiens comprennent le rhodonite, substance rose dont les variétés compactes que l’on tire de Sibérie sont employées à faire des boîtes et d’autres objets d’agrément ; ainsi que la marceline, ou le manganèse oxidé, qui doit son nom à la vallée de Saint-Marcel en Piémont où elle se trouve.

On pourrait appeler silicate non alumineux stncifére la calamine qui est un silicate de zinc. Ce minéral est d’un usage important pour la fabrication du laiton. De même on pourrait comprendre sous le nom de silicate alumineux cuprifére, le chrysocolle ou le cuivre hydraté-siliceux, etle dioptase.

Les silicates non alumineux magnésiens, qui forment un grand nombre d’espèces, comprennent le péridot, pierre peu estimée, que les lapidaires taillent en facettes; la serpentine, dont les plus belles variétés sont travaillées en tables, en plaques et en colonnes, tandis que l’une des plus utiles, appelée pierre olaire, sert dans plusieurs pays à faire des poteries d’un trèsbon usage ; le diallage, le tale, matière onctueuse, tendre, écailleuse et feuilletée; la sféalite, que l’on emploie avec succès pour adoucir le frottetement des machines dont les rouages sont en bois, et qui, pulvérisée, sert à faire glisser les bottes sur le pied, tandis que les tailleurs s’en servent en morceaux pour tracer la coupe des habits ; la magnésite, dont on fabrique les pipes dites en écume de mer.

Les silicates non alumineux culcaires comprennent l’édelforse ou la trémolite, et la wollastonite.

La dernière divison renferme les stlicates doubles à base de chaux, de magnésie et de protoxyde de fer. Elle comprend les pyroxènes et les amphiboles ; on y distingue l’hypersthène, employé en bijoux à cause de son éclat métalloïde; l’apophyllite, l’asbeste ou l'amiante soyeux, que Pline nomme lin incombustible, que l’on tisse quelquefois ou dont on fabrique un papier indestructible, et dont les anciens faisaient des tissus que l’on nettoyait en les jetant au feu, et dans lesquels on brülait les dépouilles mortelles des rois.

La seconde famille des gazolites, celle des borides, est composée de corps formés d’acide borique, soit seul, soit combiné avec divers oxydes, Cette famille est une des moins nombreuses en espèces, etcomprendtrois genres; mais les recherches chimiques étendront probablement son domaine.

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Le genre boroxyde ne renferme qu’une seule espèce, l’acide borique hydraté, appelé sassoline, parce qu'il se recueille près Sasso, dans le pays de Sienne.

Le genre borate comprend le boraæ, substance bianche, saline, si com mune «dans les eaux de certains lacs de l’Inde, du Tibet, de la Tatarie et du Potosi, et si utile pour faciliter la fusion des métaux, et la boracile ou le borate de magnésie.

Dansle genre bori-silicate se trouve la dafholite et la botryolite ou chaux boratée siliceuse.

La famille des carbonides renferme sept genres peu nombreux en espèces. Le premier genre est le carbone, corps éminemment combustible, qui, dans l’état parfait, forme un minéral vitreux cristallisé, le plus dur de tous les minéraux et le plus estimé, le diamant, enfin, que la vivacité de ses reflets, la force de sa réfraction, placent en tête de toutes les pierres précieuses.

La substance même du diamant, le carbone mélangé avec une petite quantité d’oxyde de fer, constitue le graphite, improprement appelé mine de plomb, et qui sert à faire des crayons que l’on vend sous ce nom. Uni à l'hydrogène, le carbone forme l’anthracite, minéral noir et combustible qui donne en brûlant une grande chaleur, mais qui ne brûle pas aussi facilement que la houille, mélange de carbone, d'hydrogène, d'azote et d'oxygène, employé pour le chauffage des appartements, pour l’aliment des forges, des usines et des machines à vapeur, et qui, par la carbonisation, fournit le gaz hydrogène carboné dont la combustion sert à l’éclairage de nos cités.

Dans le genre carbure on place comme espèce une substance gazeuse incolore, appelée grisou, mélange de carbone et d'hydrogène qui, dans les houillères, s’enflamme à l’approche d’un corps en combustion et détone fortement lorsqu'il est en contact avec l’air atmosphérique. Une seconde espèce est le naphte, substance liquide, inflammable, et soluble en toute proportion dans l’alcool. Les vapeurs du naphte, que l’on tire d’Amianos servent comme le gaz hydrogène à l'éclairage de la ville de Parme. Cette matière entre dans la composition ‘de certains vernis ; on l’emploie aussi comme vermifuge en médecine.

Le mellite forme l’espèce unique du genre mellate.

Le genre urate comprend une substance nommée guano, qui forme dans les iles de Chinche près de Pisco, sur les côtes du Pérou, des amas de 46 à 20 mètres d’épaisseur et d’une grande étendue; mais doit-on compter au

nombre des minéraux une matière qui ne parait être que l’accumulation des excréments d’une multitude innombrable d’oiseaux ?

Le genre carbonite ou oxalate ne renferme encore qu’une espèce appelée humboldtite on oxalate de fer.

L’acide carbonique forme la seule espèce du genre carboncxzyde.

Dans le genre carbonate se trouvent plus de vingt-quatre espèces dont nous ne mentionnerons que les plus importantes. Le nafron, ou le souscarbonate de soude, est une substance saline qui couvre de ses efflorescences neigeuses les plaines basses de la Hongrie, de l'Arabie, de l'Inde, et de quelques parties de l'Egypte. On l’utilise dans la fabrication du verre et du savon.

Le carbonate de chaux comprend tous les calcaires ; ainsi nous y trouvons le limpide spath d’Islande, que, pour sa propriété de doubler les objets lorsqu’on les regarde à travers deux de ses faces opposées, on emploie dans les expériences sur la polarisation de la lumière ; les élégantes stalactites qui tapissent de snille façons l’intérieur de certaines cavernes; le marbre le plus commun ; la craie que l’on pétrit en pains sousle nom de blanc d’Espagne ; les roches coquillières que l’on brûle pour les transformer en chaux vive; la roche compacte employée pour l’imprimerie RAGGPANRIAUE ; enfin la pierre à bâtir des environs de Paris.

Le carbonate de fer, appelé sidérose, est un des minerais les plus importants pour la préparation du fer, et que l’on traite avec le plus de facilité. C'est celui qui alimente les fourneaux appelés à la Catalane.

Parmi les carbonates de cuivre on distingue la malachites, que l’on traite pour en obtenir le métal, ou que l’on scie en plaques pour en recouvrir des vases, des meubles et différents objets d’ornement, ou dont on fait des camées et des bijoux.

Dans la famille des hydrogénides se placent naturellement, comme formant deux genres, l'hydrogène et l’eau; de même qu’en tête de celle des nitrides ou azotides se rangent l’asofe et l’air atmosphérique. L'azotate de

potasse, ou le salpêtre, qui sert à la fabrication de la poudre à canon, vient.

ensuite ; il se forme à la surface du sol dans certaines contrées : telles sont en France quelques localités de la rive gauche du Rhône et les landes de la Gascogne, les plaines de Bihar, de Sabolez et de Szathmar en Hongrie, la Podolie, l’Oukraine, les plaines de la mer Caspienne, celles de la Perse, du Bengale, de la Chine, de l'Arabie, de l'Egypte, les environs de Lima et ceux de Kentucky; dans plusieurs cavernes, à la surface des vieux murs, et dans les étables, les écuries et les caves. L'azofate de soude, qui forme

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sous une couche d’argile une couche d’environ un mètre d’épaisseur de plus de 40 lieues d’étendue dans le district d’Atacama au Pérou, est exploité pour la préparation de l'acide azotique. Les azotates de chaux et de magnéste accompagnent souvent l’azotate de potasse.

Le soufre est en tête de la famille des sulfurides. Ce minéral est trop connu par son utilité pour que nous ayons besuin d’en rappeler les usages divers. Il fournit l’un des acides les plus importants pour l’industrie, l’acide sulurique, et sert à la fabrication de la poudre à cança. Dans les sulfures on comprend l'hydrogène sulfuré, qui se dégage des volcans ou se fait jour par les crevasses produites pendant les tremblements de terre, ou se trouve à l’état de solution dans un grand nombre d’eaux minérales, le sulfure d’argent ou l'arnyrose, combinaison qui fournit la plus grande partie de ce métal que les mines livrent au commerce ; la galène, ou le sulfure de plomb, qui brille d’un vif éclat et que l’on emploie concassé à ia fabrique des papiers métallifères dont on couvre des boîtes et des coffrets de peu de valeur, et pulvérisé, à former le vernis des poteries grossières; la blende, ou le sulfure de zinc, que l’on utilise aussi bien que la calamine comme alliage du cuivre dans la fabrication du laiton; le cinabre, ou le sulfure de mercure, d’où l’on tire ce métal si utile pour le traitement métallurgique d’autres métaux, pour l’étamage des glaces, et pour faire divers instruments de physique ; la pyrite, ou le sulfure de fer, dont on fabriquait autrefois des bijoux sous le nom de marcassite, et que l’on transforme en sulfate, utilisé dans diverses branches de l’industrie ; la molybdénite, äont les chimistes tirent l’acide molybdique ; le sulfure d'antimoine, dont on obtient à l’état de pureté ce métal si utile pour la préparation de l’émétique, et comme alliage dans la fonte des caractères d'imprimerie ; le sulfure d'arsenic, qui fournit les belles couleurs appelées orpin rouge et orpin jaune; enfin les sulfures de cuivre, d’étain, de cobalt, de bismuth, qui ne sont point importants par leurs usages.

Les sulfo arséniures de nickel, de fer, de cuivre et de cobalt, ne sont intérressants que pour le minéraloziste, le dernier cependant est exploité comme les autres minerais de cobalt pour en former l’oxyde dont on fait le beau bleu, si utile &ans la peinture, et pour orner les faïences et les porcelaines,

Les sulfoxydes renferment l'acide sulfureux que les volcans rejettent à P'élat de gaz, ou qu’exhalent les solfatares ; et le vitriol ou l’acide sulfurique hydraté, que l’on trouve combiné avec l’eau dans les cavernes de l’île de Milo, dans certainslacs, comme à Java, ou dans quelques ruisseaux, comme

le Rio-Vinagre au pied du Puracé dans l’Amérique méridionale, et toujours au milieu de terrains volcaniques.

L’acide sulfurique, combiné avec différents oxydes métalliques, forme les sulfates, combinaisons très-nombreuses. Ainsi l’on a le sulfate de plomb; celui de baryte, facile à reconnaître par sa pesanteur ; celui de sfronfiane, qui se présente en brillants et limpides cristaux qui tapissent les cavités qu’offrent les dépôts de soufre intercalés dans les marnes et les calcaires au val di Noto et à Mazzara, en Sicile, ainsi qu’à Conilla, près Cadix, en Espagne, et en petites aiguilles dans les marnes du gypse de Montmartre ; mais cette substance n’est employée que pour certaines expériences dans les laboratoires ; celui de chaux, ou le gypse, qui, après avoir perdu par la calcination son eau de cristallisation, forme le plâtre, si utile dans les constructions, ou qui, lorsqu'il est blanc et d’un grain fin, se travaille sous le nom d’albâtre gypseux ou d’alabastrite ; et celui qui, dépourvu d’eau, spécialement celui que l’on exploite à Bardiglio, en Italie, connu sous le nom de marbre de Bergame, plaît par sa couleur d’un joli gris bleuâtre ; celui de chaux et de soude, connu sous le nom de glaubérite, ou sel de Glauber; celui de magnésie, appelé sel d’Epsom, et employé comme purgatif ; celui d’alumine, que l’industrie regrette de ne pas trouver en assez grande abondance dans la nature, parce qu’il serait précieux pour la fabrication de lalun.

Un seul genre compose la famille des chlorides : c’est le genre chlorure, en tête duquel se trouve comme espèce l'acide chlorhydrique, qui s’exhale des volcans et montre sa présence dans certaines eaux minérales. Utile dans les laboratoires de chimie, cet acide est employé dans les fabriques de couleurs et à la préparation des tissus destinés pour la teinture. Les principales combinaisons qui forment les espèces du genre sont le chlorure d'argent, rare dans les mines d'Europe, mais commun dans celles du Mexique et du Pérou; le chlorure de cuivre ou l’alacamite, substance verte que l’on recueille dans le désert d’Atacama, en Amérique; le chlorure de sodium ou le sel gemme, qui forme des dépôts considérables en Europe, sans compter celui de Dieuze, en France, dont l’usage est de première nécessité pour l’homme et même pour les bestiaux, qui le recherchent avec une sorte d’avidité; enfin, le chlorure d'ammoniaque ou le salmiac, qui se trouve à la surface des laves ou en masses plus ou moins considérables autour de quelques volcans ou dans les solfatares de l’Asie centrale, dont les caravanes le livrent au commerce sous le nom de sel de Tatarie. Ce sel, qui sert en teinture, est employé quelquefois en médecine.

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L'iode se combirie dans la nature avec la soude, la magnésie, le zine, le mercure et l’argent, dont il fait : tant d’iodures, mais jusqu’à ce jour sans utilité pour l’industrie.

Les combinaisons de quelques substances avec le brdme sont trop peu connues pour que nous en parlions : laissons donc la famille des bromides, et passons à celle des phlorides, qui doit son nom au phtore. La chaux fluatée, appelée plus anciennement spath fluor, et aujourd’hui fuorine, est un phlorure de chaux. Cette substance a souvent été taillée, suivant ses couleurs, sous le nom de faux rubis, fausse topaze, fausse émeraude, etc. Dans le Derbyshire, en Angleterre, où elle est assez commune, on en fabrique des vases, des boîtes, des chandeliers et d’autres objets : on croit même qu’elle était, chez les anciens, employée à fabriquer les célèbres vases murrhins. La cryolile ou le phlorure d'alumine et de chaux, n’a encore été trouvée qu’au Groenland.

Trois substances, formées de la combinaison de la silice, de l’alumine et de la magnésie avec le phtore, forment le genre phtorosilicate : ce sont la picnite, la controdite et la topaze, la seule des trois qui tienne un rang parmi les gemmes. Les topazes blanches limpides, et celles qui sont d’un jaune pur, d’un jaune orangé, d’un rouge hyacinthe ou rosâtre, s’emploient fréquemment en bijouterie; mais, comme les dernières ne sont pas trèscommunes dans la nature, on transforme les topazes jaunes en rosâtres, en les soumettant à l’action du feu, ce qui leur fait donner le nom de topazes brûlées.

Dans les sélénides, le selenium forme les séléniures de plomb, de cuivre et d’autres métaux ; mais ces combinaisons n’offrent jusqu’à présent aucun genre d'utilité. Les tellurides ne sont pas plus intéressants; mais le fellure qui leur donne son nom, est un des corps simples de la chimie.

Les phosphates forment à eux seuls la famille des phosphorides ; l'apatite ou le phosphate de chaux, colorée en bleu ou en verdâtre, a souvent été taillée par les lapidaires, mais elle a peu d’éclat et de valeur ; les autres variétés, surtout celles qui sont cristallisées, ne sont reitisrohées que pour les collections; à Logrosso, en Estramadure, on l’exploiteen grande masse comme pierre à bâtir. Le phosphate de plomb, qui cristallise en aiguilles et en prismes ; celui de fer, que l’on reconnaît à sa belle couleur bleue; celui de cuivre et même celui d’urane, n’offrent aucune particularité remarae Dans les phosphates alumineux, figure comme appendice à la

aprothite ou lazulite la caluïle ou la turquoise, qui ne s’est point encore

Lies cristallisée, mais qui est recherchée dans la bijouterie lorsqu'elle est d’un beau bleu de ciel, NT. 2

En tête de la famille des arsénides se place la substance métallique appelée arsenic, substance redoutée par ses effets nuisibles. Uni à d’autres métaux, tels que l’argent, l’antimoine, le bismuth , le cobalt, le nickel et le cuivre, il en forme autant d’arséniures, dont quelques-uns sont employés dans les arts : tels sont la smaltine ou l’arséniure de cobalt, dont on tire l’oxyde de ce métal, qui sert à colorer le verre, les émaux, la faïence et la porcelaine; et la nickeline ou l’arséniure de nickel, utilisée dans les laboratoires pour préparer les oxydes de ce métal.

Les leucolyles ou corps qui donnent par les acides des solutions blanches, forment la deuxième classe des substances minérales. Ils se divisent en huit familles. En tête de celle des antimonides se trouve l’antimoine, jadis célèbre chez les alchimistes, qui espéraient trouver en lui la pierre philosophale. Ce métal, à l’état de pureté, sert au même usage qu’à l’état de sulfure : il fournit l’émétique, il entre comme alliage dans la composition du métal de cloche et dans les miroirs de télescopes. Combiné avec l'argent, il forme un antimoniure de ce métal; il s’unit à l'oxygène, qui lui donne un aspect nacré, ou avec le soufre, qui le colore en rouge brun.

L’étain compose le genre unique de la famille des sfannides. Ce métal ne se trouve point à l’état natif, mais à celui d’oxyde. Il est très-répandu dans la nature, quoique la France n’en offre encore que des indices. Nous rap-

pellerons en peu de mots son utilité : à l’aide du mercure, il sert à étamer les glaces; il est employé pour la soudure, à la confection de plusieurs ustensiles et comme alliage.

La famille des bismuthides comprend le bismuth natif, substance métallique très-fusible, servant à divers alliages. Le mercure, dont nous avons rappelé les différents emplois, se trouve natif ou à l’état de pureté en globules brillants et liquides. Il présente l’aspect de l’étain fondu. Ce n’est que dans les climats septentrionaux et à une très-basse température qu’il acquiert la dureté et la solidité des autres métaux exposés à l’air. L’amalgame ou le mercure argental est une combinaison naturelle de deux tiers de mercure et d’un tiers d'argent. Ces deux substances constituent la famille des kydrargyrides.

L'argent forme le genre unique de la famille des argyrides : les usages et l'utilité en sont trop connus pour avoir besoin d’être rappelés ici,

Dans la famille des plombides se présente le plomb, d’abord à l’état natif et en très-petites quantités, comme dans certains produits volcaniques, puis combiné avec l’oxygène, qui en fait le massicot et le minium naturels, re-

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L’alumine, combinée avec diverses substances, forme plusieurs composés, dont deux surtout sont au nombre des gemmes; unie au fer et à la chaux, ou bien au fer et à la silice; elle reçoit des lapidaires le nom de saphir lorsqu’elle est bleue; celui de rubis, remarquable par de beaux reflets rouges; enfin ceux de topaze, d’améthyste et d'émeraude orientales, lorsque ces pierres sont d’un beau jaune, d’une teinte pourprée ou d’un vert agréable. Ces pierres si recherchées appartiennent toutes à l’espèce appelée corindon. Unie à l’eau, l’alumine devient le minéral blanc ou verdâtre appelé gypsite ; mais, lorsqu’elle remplit le rôle d’acide, dans sa combinaison avec la magnésie et la silice, elle devient la spinelle rouge, que les bijoutiers montent sous les noms de rubis spinelle ou rubis balais. Avec l’oxyde de zinc, elle forme la gahnite, minéral rare, qui raie tous les corps excepté le corindon et le diamant, mais qui n’est recherché que pour les collections. Avec l’oxyde de fer et la magnésie, elle prend le nom de pléonaste ou de spinelle noir, qui devient, à l’aide du poli, remarquable par son éclat.

Nous arrivons enfin à la troisième classe, celle des chroïcolytes, c’est-àdire des corps solides qui forment des sels ou des solutions colorées. Elle comprend les métaux les plus précieux et les moins oxydables, et ceux qui, par une disposition contraire, sont moins susceptibles d’une application utile. Dans la famille des fifanides, nous ne citerons que le fifane oxydé ou rutile, qui n’est employé dans les arts que pour quelques couleurs sur porcelaine.

La famille des tantalides, dérivés du tantale; celle des molybdides, dérivés du molybdène, donnent des produits sans usage dans l’industrie.

Le wolfram, dont on tire l’acide tungstique, et la schéelite, autrement lungstate de chaux, appartiennent à celle des fungstides.

Dans celle des chromides, nous ferons remarquer, comme appartenant au genre chromite, l’eisenchrome, composé d’alumine et de silice, combiné avec le peroxyde de fer ct l’oxyde de chrome, minéral utilisé pour la préparation du chromate de plomb, belle couleur jaune employée dans la peinture, et pour obtenir un oxyde vert qui sert à peindre sur la porcelaine. La crocoïse, ou le chromate de plomb, sert aussi à former un beau jaune.

La famille des wrantdes ne nous offre qu’une seule substance qui soit de quelque utilité : c’est le péchurane ou le protoxyde d’urane, employé dans les laboratoires à la préparation de différents oxydes de ce métal.

Parmi les familles qui nous restent à examiner, nous distinguerons celle

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des manganides, dont les différentes espèces sont utilisées pour la préparation de l’oxygène dans les laboratoires, pour purifier le verre blanc, en en faisant disparaître les taches et les fausses couleurs, et pour la fabrication du chlore ou de l’eau de javelle/employée dans les manufactures de toiles peintes. C’est surtout le peroxyde de ce métal combiné avec l’oxyde de fer, combinaison à laquelle on a donné le nouveau nom de pyrolusite, qui est le minerai le plus commun et qui trouve les plus nombreuses applications danses arts. Le deutoxyde rouge de manganèse, qui forme les deux espèces nommées acerdese et psilomélane, est.aussi très-répandu dans la nature, et principalement en usage dans les verreries.

Une famille plus importante encore par son utilité est celle des sidérides, qui comprend les différentes espèces de fer qui ne figurent pas dans les combinaisons de ce métal que nous avons déjà citées. Le fer pur, à l’état métallique ou natif, se trouve én-très-petite quantité dans les filons métallifères ; mais, dans quelques contrées, on en connaît des masses considérables à Ja surface du sol, où tout annonce leur origine météorique. Le fer : appelé oligiste est un oxyde de ce métal : sa cristallisation rhomboédriquè et son éclat souvent irisé, d’autres fois son aspect terreux ou sa belle couleur rouge, rendent très-nombreuses, dans les coltections, ses intéressantes variétés ; tandis que ses riches gisements sont exploités avec avantage pour les usines, que les variétés ocreuses fournissent à‘la peinture le rouge de Prusse et l’ocre rouge, et que d’autres variétés servent de crayons rouges ou sont taillées en brunissoirs, qui donnent le poli à l’or de nos bijoux ou à celui qui orne nos porcelaines. Le peroxyde de fer, appelé limonite, comprend ces géodes ou rognons creux nommés vulgairement pierres d'aïgle, ces minerais en grains, tantôt de la grosseur et de la forme d’un pois, tantôt si petits qu’ils sont à peine distincts, tantôt mêlés à l'argile et formant une matière terreuse, tantôt enfin cristallisés en cubes, en octaèdres ou en aiguilles, Cette espèce est encore un mineral précieux pour l'exploitation : c’est celui qui alimente les principales usines de France, et v’est dans ses:variétés terreuses que sont comprises’ l’ocre jaune, la terre d'ombre et la terre d'ltalie. C’est à la même famille qu’appartient l’espèce composée de peroxyde et de protoxyde de fer, connue sous le nom d’aimant, si ulile dans certaines expériences de physique par les propriétés magnétiques qu’elle communique à l'acier, et qui rend celui-ci propre à faire l’utile instrument appelé boussole, et plus utile encore en Suède et en Norvège, où elle est.si abondante qu’elle fournit l'excellent fer que:lon tire de ces contrées. ’

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Ïl nous reste encore à mentionner quatre métaux qui sont chacun l’espèce unique d’une famille distincte. L’or, bien que toujours à l’état natif, se présente uni en diverses proportions avec l'argent; il cristallise en cubes, en octaèdres, ou se présente en lames, en rameaux, en paillettes et

| en grains de grosseur très-variables: ainsi que nous aurdns ailleurs occa- * sion dele dire.

Le platine, métal utilis: dans ces derniers temps pour fabriquer des : chaudières, des alambics et d’autres ustensiles en usage dans les usines et | les laboratoires, et quelquefois employé pour donner à la faïence l’éclat et | l'apparence de la vaisselle plate, est reconnaissable à son gris de plomb * © approchant du, blanc d'argent. Il se présente en grains isolés plus ou moins épais; et plus souvent en petites paillettes. Sa pesanteur spécifique, étant À peu près égale à celle de l'or, le rend'très-propre à falsifier ce der- M nier métal.

n. On trouve en petites paillettes Mangées au platine le palladium, qui, : 4 réduit à son état de pureté, n’est pas moins éclatant que le mélal qu'il ac- “| compagne : on en a fabriqué des vases d'ornement, mais d’un prix beau- 4 coup plus élevé que l'or.

“Ù Enfin l'iridosmine, alliage naturel d’osmium et d’iridium, s’offre aussi, au milieu du platine, en grains plus ou moins cristallins.

L'exploitation et la-préparation des métaux usuels contribuent puissam- | ment à augmenter les ressources commerciales d’un Etat : l'Allemagne, la Russie, la Suède et l'Angleterre sont les contrées de l’Europe les mieux partagées sous ce rapport.

Pour le fer, LA ngleterre occupe le premier rang, puis viennent la Russie, la France et la Suède. ë

Pour le plomb, les Etats les plus riches sont dans l’ordre suivant : l’Angleterre, la Prusse, PAutriche et l'Espagne.

1 Pour le cuivre, l'Angleterre, la Russie, la Suède, la Saxe et PAutriche. Pour l'éfain, l'Angleterre, la Saxe et l'Autriche.

Pour le sine, la Prusse, l'Angleterre et l'Autriche.

Pour le mercure, l'Espagne, l’Autriche et le Pérou,

Pour le cobalt, la Saxe, la Suède et l’Autriche.

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Pour l'argent, le Mexique, le Pérou, l’état de Buénos-Ayres, la Russie, l’Autriche et la Saxe.

Pour l'or, les Etats-Unis (Californie), le Brésil, le Mexique, la Russie, le Chili, l’état de Buénos-Ayres et l'Autriche. .

Pour le platine, les républiques du Chili et de Buénos-Ayres, et la Russie.

Passons maintenant à l’étude des roches qui entrent dans la composition de l’écorce terrestre.

On comprend sous le nom de roche une masse minérale composée d’une ou de plusieurs substances. Le degré d’agrégation de ses parties ne change rien à cette dénomination. Ainsi l’argile, mélange de silice et d’alumine, qui, sèche, se laisse entamer par l’ongle, et, humecté d’eau, se pétrit sous les doigts; le sable, composé de silice seule ou de quartz pulvérulent, qui se divise comme la poussière, sont des roches aussi bien que le marbre et le granit.

Les roches se divisent en deux grandes classes : celle des roches Aomogènes ou simples, qui paraissent n’être formées que d’une seule substance, et celle des roches héférogènes ou composées, qui ne sont qu’un mélange de divers minéraux. La première classe de ces roches se divise en deux ordres : le premier comprenant les roches phanérogènes, c’est-à-dire composées de substances visibles ; le second formé de roches adélogènes, c’està-dire dont la composition reste cachée à l’œil. La seconde classe se partage aussi en deux autres ordres: celui des roches de crisfallisation, et des des roches d’agrégation.

Passons maintenant en revue les principales roches dont se compose écorce de notre globe, en insistant surtout sur celles qui acquièrent de importance par leur emploi dans les arts.

Roches pierreuses. Dans cette classe, qui a pour'base les métaux héféropsides, c’est à-dire qui se montrent sous un aspect étranger, se rangent le quartzite, ou le quartz en roche, à texture sublamellaire ou grenue, roche homogène qui prend un poli brillant; le grès, d’une texture grenue et d’une couleur tantôt blanchâtre, tantôt rougeâtre, tantôt variée dans ses nuances de jaune et de rouge sales, comme celui qu’on appelle bigarré. On utilise ces diverses variétés de grès en réservant le blanc pour le pavage, comme dans les environs de Paris, et pour la bâtisse, comme dans quelques parties de l’Allemagne; le rouge ou le ferrugineux pour les meules de couteliers, et le bigarré pour les constructions. On peut encore ranger parmi les roches pierreuses le sable, malgré sa texture pul-

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Plusieurs espèces de silex forment, dans les couches de l’écorce terrestre, des dépôts assez considérables pour être rangés parmi les roches, tels sont le silex pyromaque dont ont fait les pierres à briquet, le silex corné, employé en pierre à fusil, et le silex meulière qui, par sa texture caverneuse, est d’un usage excellent en meules de moulin. Le jaspe forme souvent des bancs continus : son éclat est mat à l’état brut, et brillant lorsqu’il est poli; sa texture est fine; ses vives couleurs le font rechercher pour des coupes, des tabatières et divers objets précieux. Le jaspe schisteux, ou phtanite lydien, est une pierre noire à texture compacte, qui sert aux bijoutiers comme pierre de touche. Le fripoli, qui n’est en quelque sorte que de la silice pure, offre une texture terreuse, les couleurs du grisätre, du jaunâtre ou du rougeûtre, et sert à polir les pierres et les métaux.

Une roche composée de fer et de quartz, et d’une structure schistoïde, doit attirer notre attention, c’est le sidérocriste. Elle semble être le gîte ordinaire des minerais d’or et de diamants, qui rendent si précieux certains terrains d’alluvion du Brésil. L’hyalomicte, formé de quartz et de mica, présente une structure massive où. schisteuse; cette roche renferme des filons ou de petits amas de fer et d’étain. L’arkose est composé de quartz et de feldspath. Quelques variétés de cette roche servent à faire des meules de moulin, d’autres sont employées dans les constructions ; celle qui est à petits grains, rarement plus gros que desgrains de millet, ce qui la fait appeler arkose miliaire, est riche en minerais de cuivre. Le psammite, qui est une sorte de grès micacé, est essentiellement formé de sable quartzeux, d’argile et de mica ; quelques-unes de ses variétés sont excellentes pour le pavage et la bâtisse.

Les roches formées de débris anguleux ou arrondis d’autres roches quartzeuzes, réunis par un ciment silicieux plus ou moins souillé d’argile et de fer, constituent des brèches lorsque ces débris sont anguleux, et des poudingues lorsqu'ils sont arrondis. La nature, cependant, n’admet point nos limites tranchées; elle réunit souvent, dans la même roche, et les fragments anguleux et ceux qu’un transport violent semble avoir arrondis. Quelques-unes de ces roches sont employées à divers objets d'ornement, tels que des coupes et d’autres vases; l’une des plus belles est le catllou de Rennes, ainsi appelé parce qu’on le trouve aux environs de cette ville. Elle

ne se présente qu’en morceaux isolés, de médiocre grosseur, mais sa pâte, d’un fond rouge pourpré, parsemée de taches jaunes ou Urougeires, la fait rechercher pour en faire des tabatières.

On d ane depuis longtemps à Florence le nom de macigno à une roche à texture grenue, formée de petits grains de quartz mélés avec du calcaire; on l’exploite pour les constructions et le pavage de cette ville. On connait quatre variétés de cette roche.

Le sel gemme, que nous avons vu figurer parmi les chlorures, forme, sous le nom de sel marin rupestre, une roche pierreuse importante. Il se trouve en masses, en amas et en couches puissantes dans certains terrains dont nous parlerons dans la suite.

Le sulfate de-chaux, le sulfate de barythe, et celui de strontiane forment à la fois une espèce minérale et une roche.

Une substance d’origine volcanique, l’alunite, tantôt compacte, tantôt sous forme de brèche, et toujours avec une texture terreuse, se présente dans la nature en masses ou en bancs puissants qui, par l’alun qu’on en retire, sont une richesse pour les pays qui les possèdent.

Le carbonate de chaux, considéré comme roche, prend le nom de calcaire; il comprend la pierre à bâtir la plus grossière, les albâtres veinés et unis, employés à divers objets de luxe, et cette grande variété de marbres qui, chez les anciens et les modernes, semblent destinés à l’ornement des temples et des palais. L’albâtre est un calcaire concrétionné qui se forme journellement dans certaines cavernes par le sédiment que des eaux calcarifères déposent sur leurs parois. Ce sédiment forme des concrétions appelées sfalaclites lorsqu’elles descendent de la voûte caverneuse, et s/alagmiles lorsque, déposées par les eaux qui tombent des premières, de nouvelles concrétions s’élèvent sur le sol de la caverne.

Les albdtres veinés les plus connus sont ceux de Bastia, en Corse, de Mont-Réal, de Caputo et de Saguna, en Sicile, et de Malaga, en Espagne.

Les albâtres unis étaient estimés des anciens, qui les réservaient pour les ouvragesles plus délicats. Le blanc était recherché; on l’exploitait aux environs de Rome, mais on ne connaît plus le lieu d’où on le trait. L’albâtre d’Aracena, en Andalousie, est d’un blanc nébuleux, avec quelques veines opaques d’un jaune aurore qui tranche d’une manière fort agréable sur la belle transparence du fond. Les anciens ne l’auraient point estimé, parce qu'ils recherchaient dans l’albâtre la translucidité plutôt que la transparence. L’albâtre de Sienne, presque transparent, est d’une couleur jaune de miel unie ; il ressemble parfaitement à celui que l’ontire de Malte, et dont

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L'histoire des marbres antiques serait très-intéressante, si l’on pouvait connaitre exactement les lieux d’où les anciens statuaires et sculpteurs les tiraient.

Le premier et le plus célèbre qui ait été employé est le marbre de Paros; c’est de celui-ci que sont faites la Vénus de Médicis et la Diane chasseresse qui remplace au musée du Louvre l’Apollon du Belvédère. Le marbre pentélique, que l’on tirait du mont Pentélès, près d'Athènes, plus fin et plus serré, mais d’une teinte moins unie, se reconnaît dans plusieurs statues antiques du Musée. Dans la suite, les statuaires grecs abandonnèrent le marbre de Paros pour celui de Zunt, près Carrare, que son grain saccharoïde rendait plus propre à la sculpture; PApollon du Belvédère prouve l’antiquité de l’époque à laquelle on commença à s’en servir. Le noir antique, surnommé #armor luculleum, paraît avoir été tiré des carrières des environs d’Aix-la-Chapelle. Le rouge d'Égypte ou rouge antique, marmor Ægyplium, dont les carrières ont été retrouvées entre le Nil et la mer Rouge, est devenu plus rare encore ; les morceaux que l’on en rencontre dans le commerce servent à faire de petits ornements. Le vert antique est une brèche composée de fragments de serpentine réunis par un ciment calcaire mélangé de tale : on l’exploitait dans les environs de Thessalonique. Le bleu antique, d’un blanc rosé avec des taches d’un bleu ardoise, en zigzags interrompus, ne doit pas être confondu avec le bleu furquin antique, dont on sait que les carrières se trouvaient dans le nord de l’Afrique, tandis que l’on ignore d’où les anciens tiraient le premier. Le pefit antique, que la finesse de son grain a fait nommer ainsi par les marbriers, est veiné de blanc et de gris d’ardoise ; il se tirait de Staremma, en Toscane. Le jaune antique s’exploitait en Macédoine : la grecque qui entoure les deux tables de lapis-lazuli de la galerie d’Apollon est faite de ce marbre. Le grand antique est une belle brèche entièrement calcaire, composée de fragments et de lintaments d’un noir foncé, mélangé de fragments du plus beau blanc: on ignore d’où les anciens le tiraicnt. Le cipolin antique est une chaux carbonalée magnésifère dans laquelle le tale forme des veines : on croit qu’il est originaire de l’ile d'Eubée. La brèche violette antique, appelée aussi brèche d'Alep, ce qui a fait croire qu’on la tirait de Syrie, s’exploitait probablement dans les environs de Carrare, où l’on en trouve encore de semblables. Ses couleurs sont très variées; le plus souvent elle présente des

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fragments anguleux de couleur lilas sur un fond brun-violâtre. La brèche africaine antique n’est pas moins variée pour les couleurs de ses fragments rouges, gris, violets, etc., sur un fond noir; ce marbre produit un très-bel effet, ainsi qu’on en peut juger par une colonne placée dans la salle du Musée du Louvre. On ignore si les anciens le tiraient de PAfrique, comme Son nom semble l'indiquer. La brèche rose et la brèche jaune antiques, la première composée de petits fragments rosâtres sur un rouge clair, la seconde d'un jaune clair avec des taches plus foncées, sont d’une origine inconnue. Nous pourrions encore parler de la brèche arlequine, présentant des taches rondes de diverses couleurs ; de la brèche rouge et blanche, dans laquelle ces deux couleurs dominent ; de la brèche vierge, composée de fragments anguleux blancs, bruns, rouges et jaunâtres ; de de la brèche fleur de pécher, qui offre de grandes taches viclettes ou lie de via sur un fond blanc; de la lumachelle jaune et de la lumachelle noire et blanche, qui, comme toutes les jumachelles, sont remplies de fragments de coquilles ; et d’autres marbres dont l’origine est également inconnue ; mais comme nous avons cité les plus importants, nous allons dire un mot des marbres modernes.

Il est peu de contrées qui ne renferment du marbre, et Pline dit avec raison : « Quel pays n’a pas son espèce de marbre?» Les voyageurs en ont rapporté des différentes iles de l'Océanie. Nous avons vu que les anciens tiraient de l’Afrique quelques-uns de ceux auxquels ils attachaient le plus de prix ; la civilisation, qui fait de si grands pas en Amérique, et qui propage sur ce continent le goût et le luxe européens, a fait chercher et découvrir différentes variétés de marbres, depuis les bords du Saint-Laurent jusqu’à l'extrémité méridionale de la chaine des Andes. L’Asie paraît être la partie du monde la plus riche sous ce rapport : la Chine, l’'Hindoustan, la Syrie, la Perse et la Sibérie renferment des marbres de toutes les variétés ; ceux de l’Europe sont les plus connus, parce que l’antique civilisation de cette contrée en a rendu l'emploi presque vulgaire. La Suède et la Norvège o:.. des carrières exploitées depuis longtemps. L'Allemagne, si riche en autres produits minéraux, en possède plusieurs qui ont acquis de la réputation : on connaît celui de Hesse, d’un jaune-paille et ornè l’lrborisations; les marbres rouges de Bohême, les marbres verts du T\roi, celui d’'Osnabruck, recherché pour sa couleur noire, et celui de ils bonne, renommé pour sa blancheur. Les montagnes de la Suisse en fournissent une grande variété, L'Italie, plus riche peut-être que toutes les autres parties de l’Europe, a ses marbres jaunes de Sienne et celui de

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Vérone, d’une belle teinte rouge, sur laquelle se détachent des ammonites. Florence 4 son marbre vert, et celui qui présente ces apparences de ruines qui en font rechercher les plaques pour les cabinets des curieux. Prato,

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doivent leurs principales couleurs à la serpentine. On exploite dans les

1 Abruzzes des marbres coquilliers, connus dans le commerce sous Te nom

4 de lumachelle grise d'Italie; mais la côte de Gênes est, de toute l'Htalie, la

gl partie qui fournit le plus de marbres à nos statuaires. C’est là que l’on trouve

ces brèches si variées par leurs couleurs, ces beaux bleus turquins, ces marbres serpentineux verdâtres, ce portor noir, tacheté de jaune et veiné ‘A de blanc, enfin ces marbres statuaires de Carrare, qui l’emportemt sur tant d’autres par leur finesse et leur netteté.

La péninsuie hispanique pourrait rivaliser par ses marbres avec l'Italie;

Ù no lui cèdent point en blancheur. Les marbres espagnols colorés les plus M renommés son : le marbre gris de Tolède, les marbres gris de la Manche 2 ci de la Biscaye , le noir et jaune de cette province, le noir veiné de blanc © de Morviedro, les marbres violets de la Catalogne, le rouge de Séville et de 4 Molina, le vert de Grenade, le rose veiné de blanc de Santiago, et les lu- 7 machelles rouges de Grenade et de Cordoue. Le Portugal possède, comme pe: le reste de la Péninsule, des marbres du plus bel effet.

L. La Grande-Bretagne en exploite qui ne le cèdent en beauté à aucun autre du continent. Les Pays-Bas font un grand commerce de ces marbres noirs © bitumineux, employés dans les monuments funèbres ; de ces marbres d’un beau noir, sur lesquels se détachent des coquilles d’un blanc éclatant, et de ces marbres tendres, noirâtres, remplis de madrépores, ce qui leur a “1bvalu le nom de petite granite : c’est le marbre le moins cher, et celui que nos ébénistes emploient le plus fréquemment pour les dessus de meubles; enfin le marbre de Sainte-Anne, d’un fond gris avec des taches irrégulières, et dont sont faits les dessus de tables de la plupart des cafés de Paris. Ces marbres s’exploitent dans les environs de Namur, de Saint-Remi et de “Mons.

À F'us ies marbres sont purs, c’est-à-dire plus ils sont blancs et d’un grain ÿ serré, plus ils sont susceptibles de résister à l’action de l’atmosphère. Les belles couleurs qui les distinguent et qui les font rechercher sont dues à différents oxydes, mais surtout aux oxydes de fer, dont les diverses modifications produisent la plupart dé ces nuances si variées. M. Huot

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dit avoir remarqué que l’oxyde qui les colore est disposé à une décomposition que détermine l’action alternative de la pluie et des rayons solaires. Quelquefois les marbres renferment du fer sulfuré; leur décomposition est alors plus rapide, parce que ce métal uni au soufre ne résiste point à l’humidité. P’autres fois des marbres, qui paraissent très-durs, cèdent avec le temps à l’inteinpérie des saisons, forsqu’ils restent constamment exposés à L'air; mais le minéralogiste qui les examinera reconnaitra facilement la cause de cette altération. Plusieurs renferment des parties d’argile, d’autres doivent quelques-unes de leurs veines à leur mélange avec le schiste, avec la magnésie où quelques matières talqueuses ; ces différentes matières se décomposent, des veines entières disparaissent :t ne laissent plus que ,° 1r place vide, et le plus beau marbre prend alors l’aspe.. sale et désagréable de tout ce qui porte l'empreinte de la dégradation, Les marbres de Campan, dont les couleurs sont si agréables, et d’autres d’une nature analogue, sont surtout sujets à cet inconvénient; il faut donc avoir soin de ne les employer que dans les intérieurs, autrement on risquerait de les voir se carier 1,

Parmi les calcaires, nous citcrons encore le compacte fin ou la pierre lithographique; le siliceux, qui abonde en quartz résinite; l’oolitique, qui fournit d'excellentes pièces de construction; la craie, dont on fait le blanc d’Espagne ; le lias, calcaire bleu qui donne une chaux estimée; le ravertin, calcaire concrétionné qui a servi aux anciens à consiruire les temples de Pestum et les plus beaux édifices de Rome, et la dolomie, calcaire magnésifère, qui offre cela de particulier que, réduite en chaux par la calcination, et répandue dans les champs en culture, elle produit un effet contraire à celui des autres variétés de chaux en ce qu’elle nuit à la végétation au lieu de l'activer,

La plus importante roche pierreuse à base de tale est la serpentine. Son poli onctueux, ses couleurs variées, dans lesquelles le vert domine assez ordinairement, la font exploiter pour en fabriquer des vases et d’autres objets de luxe.

Le gneïss, roche à structure feuilletée, essentiellement composée de mica et de feldspath, est riche en filons métallifères, principaiement en cuivre, en étain, en carbonate de fer, en argent et en plomb argentifère. Les mêmes métaux se trouvent dans le micaschisle, schiste micacé, qui diffère du précédent en ce que le quartz y remnlace le feldspath,

{ Voir l'uticle Marbre, par Huot, dans l'Encyclopédie moderne,

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Un mélange à peu près égal d’amphibole et de feldspath compacte forme les diorites, graniloïdes, schistoïdes, porphyroïdes et autres. Le beau granite orbiculaire de Corse, qui présente une réunion de sphéroïdes d’amphibole noir entourés d’une auréole de feldspath blanc, qui se détachent sur un fond grisâtre, est une variété de celte roche : on en fait des objets d’ornement d'autant plus précieux que cette variété est assez rare.

L'aphanite ou la cornéenne, roche homogène en apparence, et le frapp ou ie frappite, qui n’est que la même roche renfermant des cristaux de feldspath, paraissent être d’une origine ignée. Le spilite, qui semble avoir la même origine, est formé d’une pâte d’aphanite avec des noyaux et des veines calcaires. C’est de cette dernière roche que l’on tire la plupart des agates que l’ou travaille à Oberstein. Lorsque le spilite est d’une texture poreuse et terreuse, lorsqu'il renferme du pyroxène et du mica, il prend

‘ le nom de vake ou de vakite.

Nous comprendrons encore parmi les roches d’origine ignée la dolérile, le mélaphyre, et le basalte, roche noire à texture compacte.

Les pépérines sont des roches conglomérées ou remaniées par les eaux, ou-bien sorlies des cavités volcaniques sous forme d’éruptions boucuses. Elles sont composées de fragments ordinairement anguleux, qui ne sont que des débris de roches pyroxéniques décomposées. C’est une variété de cette roche qui a recouvert une partie de Pompéia; une autre forme, à Rome, la roche Tarpéienne ; enfin une autre a fourni la pierre de construction du tombeau de Cecilia Metella près de Rome.

Une des roches volcaniques les plus utiles, quoiqu’on ne la trouve qu’en fragments, c’est la ponce, qui doit son nom à un groupe d'îles de la Méditerranée qui en fournissent beaucoup au commerce. La ponce sert à polir un grand nombre de corps, et s'emploie aussi, surtout en Italie, dans la composition de certains ciments.

Parmi les laves, il en est plusieurs d’une grande utilité comme pierres de construction ; telles sont la féphrine pavimenteuse, ou la lave de Volvic, dont Clermont-Ferrand et Riom sont bâties, et dont on a essayé de revêtir les trottoirs de Paris; la féphrine feldspathique, exploitée aux environs d’Andernach ; la leucosline, que sa structure schisteuse fait employer à couvrir les habitations aux environs du Mont-Dor, et quelques variétés de trachyte, roche d’un aspect terne et mat, dont la pâte rougeâtre ou grisâtre est parsemée de cristaux de feldspath vitreux ou d’albite,

Le feldspath forme, dans certaines montagnes, des amas ou des couches dont la 5: 1cture est tantôt laminaire, lamellaire ou grenue. Lorsque cette

roche est mêlée de quar!z, elle prend le nom de pegmalile; l’une de ses plus jolies variétés est surnommée graphique, parce que le quartz, disposé en lignes brisées, y prend l’aspect de caractères hébraïques. Une autre doit à la couleur brun-rougeâtre du feldspath le nom de granite feuille morte. C’est une pegmatite pulvérisée qui sert à couvrir la porcelaine d’un enduit cmaillé et brillant.

La réunion du feldspath, du quartz et du mica, constitue le véritable grañile, dont nous nous dispenserons de rappeler les différents usages. Cette roche prend rarement un beau poli; mais on confond souvent avec elle la syénile, qui doit son nom à la ville de Syène en Egypte, aux environs de laquelle les anciens l’exploitaient.

On connait sept à huit variétés de porphyres, que l’on désigne d’après leur couleur, et qui sont d'autant plus estimées que leur pâte est d’une nuance plus vive, et que les cristaux de feldspath tranchent dessus d’une manière plus nette, Les anciens employaient cette roche beaucoup plus fréquemment que les modernes: ce qu’atteste un grand nombre de leurs monumeuts. Le pwphyre antique, dont la pâte est d’un brun-rouge vif et foncé, se lirait de l'Egypte et de l'Arabie : la même variété existe aux environs de Meissen et de Planitz en Saxe; une jolie variété, dont on fait des vases et d’autres objets d'ornement, est le porphyre brun de Sunderwald en Norvége. Ce qu’on appelle porphyre orbiculaire de Corse est le pyroméride dont la pâte jaunâtre, composée de feldspath compacte et de quartz. renferme de gros globules radiés du centre de la circonférence. La roche si estimée des anciens, et que l’on désigne communément sous le nom de porphyre vert antique, est l’ophite, dont la pâte et les cristaux de feldspath sont d’une belle couleur verdâtre ; la commission scientifique, envoyée par le gouvernement français en Morée, a découvert au mont Taygète le giscment de cette précieuse substance.

Les variolites sont des roches analogues aux porphyres quant à la pâte; mais au lieu de cristaux, celle-ci renferme des noyaux sphéroïdaux d'une couleur différente, et quelquefois plus durs que le reste de la roche; elles n’ont aucun emploi spécial dans les arts et l’industrie.

Les principales roches argileuses sont l'argile et la marne. L’argile est une substance composée de silice, d’alumine et d’eau ; elle est onctueuse au toucher, facile à polir par le frottement de l’ongle, prompte à s’imprégner d’eau, et susceptible alors de prendre sous les doigts les formes les plus variées ; la terre à modeler est une argile. Lorsqu'elle est sèche, elle happe fortement à la langue, ej répand une odeur particulière par le contact de

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