SR ET DE
l'haleine; mais ce dernier caractère lui est commun avec les schistes et avec les substances analogues qui contiennent de l’oxyde de fer. L’argile affecte des couleurs très-variées, telles que le rouge, le jaune, le brun, le gris et le bleuâtre qu’elle doit à cet oxyde. Quelquefois elle est veinée, ou tachetée de brun sur un fond gris : telle est celle qui contient quelques centièmes de chaux, et que l’on trouve en lits dans le gypse de Montmartre d’où on l'extrait pour le vendre à Paris sous le nom de pierre à détacher.
Parmi les nombreuses variétés de l’argile, plusieurs sont employées utilement dans le commerce et dans les arts: le dessinateur se sert d’une argile ocreuse, sous le nom de crayon rouge; le peintre trouve une belle couleur brune dans l'emploi d’une argile ferrugineuse, appelée ferre de Sienne : d’autres couleurs, connues sous les noms de brun-rouge, ocre de rue, terre d'ombre, terre de Cologne, rouge d'Angleterre, sont autant d’argiles ferrugineuses. Le sculpteur ébauche son travail en se servant d’une argile pour modeler ses figures. La porcelaine doit sa finesse et sa beauté à Pargile blanche appelée kaolin; on la tirait autrefois de la Chine, mais depuis longtemps on se sert de celle que l’on trouve en France près de Limoges. Les poteries grossières se fabriquent avec une variété appelée argile plastique ; celle de Montereau sert à la fabrication de la faïence fine, que l’on nomme terre anglaise ou terre de pipe. L’argile commune, vulgairement appelée terre glaise, est employée à faire des tuiles, des briques et des fourneaux, C’est encore une argile qui, dans les fabriques, sert à dégraisser les draps et à leur donner le lustre nécessaire : elle est connue sous le nom d'argile smectique ou terre à foulon. Ce que les pharmaciens nomment bol d'Arménie est une argile ocreuse. Enfin, l’almagre des Espagnols n’est autre chose qu’une argile dont ils se servent pour polir les glaces, et qu’ils mêlent à leur tabac pour lui donner cette couleur rougeâtre qui le distingue ; cette même substance entre avec le piment dans la plupart de leurs mets. Ainsi l’industrie humaine a su varier presqu’à l'infini l'emploi d’une matière répandue avec tant de profusion sur la terre.
On désigne sous le nom de #arne une substance essentiellement com-
posée d'argile et de calcaire, ou, si l’on veut, de silice, d’alumine, de chaux
et d'acide carbonique, en proportion variable, malgré son apparence homogène. Ses principaux caractères extérieurs sont : un aspect terreux, une texture lâche, très-peu de dureté, enfin une solidité qui varie jusqu’à la friabilité. Elle jouit aussi, comme l’argile, de la faculté de faire pâte avec l’eau,
Suivant une loi qui s’applique à toutes les substances qui forment l'écorce
de notre globe, les marnes les plus différentes passent de l’une à l’autre par des nuances insensibles ; cependant on les divise en trois espèces principales : la marne argileuse, la marne calcaire, et la marne sableuse.
Le schisle, par sa texture terreuse et terne, et par sa structure feuilletée, est le type des roches schisteuses, soit parce qu’elles en ont la structure, soit parce qu’il en forme la base. Quelques schistes sont utilisés dans les arts et l’industrie: le schiste argileux est nommé vulgairement pierre à l'eau, parce qu’on l’emploie avec de l’eau pour préparer certains métaux à recevoir le poli; le schiste ardoise, par la facilité avec laquelle il se divise en feuilles minces, est employé à la couverture des édifices; le schiste colicule, plus dur que les précédents, use le fer, pourvu que celui-ci ne Pattaque pas avec une partie pointue ou anguleuse; il se compose de deux lits, l’un jaune et l’autre noir : le premier sert à affiler les rasoirs, et le second les couteaux.
L’ampélite est une roche feuilletée noire qui se divise en deux variétés : l'ampélite alumineux renferme du soufre, du fer et de l’alumine : aussi fournit-il au commerce une grande quantité d’alun et de sulfate de fer; l'ampélite graphique est assez tendre pour se laisser couper facilement: on en fait des crayons connus sous le nom de pierre d'Ilalie; c’est aussi ce que les menuisiers et les maçons appellent pierre noire.
Plusieurs métaux autopsides, c’est-à-dire s’offrant sous leur véritable aspect, forment, dans le sein de la terre, des couches assez épaisses et des amas assez puissants pour être considérés comme roches; tels sont la calamine, qui comprend le carbonate et le silicate de zinc; le cuivre piryteux, ou le sulfure de ce métal; le s7anganèse terne, ou l’oxyde de manganèse; la pyrile, ou le sulfure de fer; l’aimant, combinaison de peroxyde et de protoxyde de-fer, qui forme des montagnes entières en Suède, en Norvége, dans l’Asie septentrionale et au Brésil; le fer oligiste, ou le peroxyde de fer; la l’monite, ou l’hydrate de fer, et la sidérose, ou le carbonate de fer. Enfin l’anthracite, la houille, le lignite et la tourbe, peuvent être regardés comme des roches combustibles.
Maintenant que nous connaissons les minéraux et les roches qui composent l'écorce terrestre, nous allons examiner leurs dispositions,
\ l’autre par èces princiuse.
re feuilletée, a structure ;, sés dans les ont pierre à ns métaux à | se divise en iste colicule, ne l'attaque eux lits, Pun le second les
eux variétés :
1e : aussi fourle fer; l'ampéement: on en aussi ce que
leur véritable épaisses et des s; tels sont lü le cuivre piryde de mangae peroxyde et uède, en Norou le peroxyde carbonate de ent être regar-
es qui compoons.
servant le même parallélisme, on dit que ces systèmes sont en séralificalion | concordante; dans le cas contraire, ils sont en shralification discordante
, a éprouvé un soulèvement, un affaissement, un bouleversement quelconque
… observations géologiques, il est important d'étudier la stratification des ter. - rains d’une contrée.
Suite de la Théorie de la Géographie. — De la disposition des parties solides de la Terre. — Première section : de la Stratification des Roches, des Bancs, des Lits qui È les divisent ; des Amas ; des Filons métalliques ; des Brèches osseuses ; des Cavernes à ossements. — Deuxième section : des Terrains et de: Formations.
Lorsque les eaux de l'antique Dcéan couvraient toutes les régions de la terre aujourd’hui habitée, elles formèrent différents dépôts qui se disposèrent par couches parallèles, comme tous les sédiments qui se précipitent au fond des eaux. Ces divisions parallèles sont appelées srales ! dans le langage scientifique, et l’on donne le nom de stratification à la disposition générale de tous le strates.
On conçoit que si les couches sont horizontales, elles prouvent que la masse minérale à laquelle elles appartiennent est encore dans la même position, que lorsqu’elles ont été déposées : c’est ce qu’on appelle s/ratification ré- «ylière ; si les couches sont contournées dans différents sens, la stratification est appelée érrégulière : elles présenter; quelquefois de larges fissures qui s'étendent sur une longueur considéralile et auxquelles on a donné le nom de failles. Ces failles sont évidemment le résultat des changements de niveau dans une partie des couches. Les strates présentent beaucoup de variété dans leur position. Elles forment des zigzags, et leur inclinaison varie de manière à former des angles de plus en plus ouverts.
Lorsque deux systèmes de couches sont placés l’un sur l’autre en con-
ou frangressive, Dans ce dernier cas, il est évident que le système inférieur avant que le supérieur s’y soit disposé. On voit par là combien, dans les Il y a des roches qui ne présentent point de stratification : tels sont le
granite porphyroïde, le pegmatile, l’euphotide, lophiolite, le spilite, le melaphyre, le porphyre, le mimophyre, le trachyte et le basalte Mais ces deux
4 Du mot latin stratum (couche),
dernières roches, et principalement le basalte, affectent Ja division prismatique. Tout le monde connaît les majestueuses colonnades que présente cette roche dans tous les pays qui ont été le théâtre d’une antique volcanisation. En France, le pavé des Géants à Chenavari, à Vals et à Rigaudel ; dans les îles Hébrides en Écosse, la célèbre grotte de Fingal et le cirque basaltique de Mull ; dans le comté d’Antrim, en Irlande, l’immense amas de colonnes basalliques appelé aussi le pavé des Géants, en offrent de remarquables et célèbres exemples.
« On considère comme masses non stratifiées, dit un habile géologue 1, les parties de l’écorce du globe qui présentent une épaisseur considérable sans être divisées par des joints de stratification; mais deux circonstances sont cause qu’il est souvent très-difficile de distinguer ces masses de roches stratifiées : la première, c’est qu’elles peuvent n’être que des couches d’une épaisseur considérable; la seconde, c’est qu’étant ordinairement traversées par une grande quantité de fissures, il est très-difficile de savoir si, parmi les joints que l’on aperçoit, il w’y en a pas qui soient le résultat de la strae tification. »
Quoique parmi les roches qui n’offrent point de traces de stratification, il s’en trouve qui affectent la forme prismatique, ce n’est pas à dire pour cela que ces deux manières d’être se repoussent mutuellement; elles sont au contraire quelquefois réunies: ainsi, dans les masses de gypse de Montmartre, les couches appelées hauts piliers par les ouvriers, joignent à la division en strates la structure prismatique.
Les strates ou couches désignent les grandes divisions d’un terrain ou d’une formation; les bancs sont les subdivisions des strates; les lifs peuvent être considérées comme les subdivisions des bancs.
Nous venons de donner une idée de la disposition générale qu’affectent les roches; voyons maintenant quelle est celle des métaux que l’on y exploite. Ils s’y présentent en couches, en amas, en nids, en filons et en veines.
Une couche minérale est une masse étendue en longueur et en largeur sur une faible épaisseur; elle est parallèle à la stratification, et paraît être contemporaine de la masse qui la renferme. Les diverses espèces de fer, de plomb sulfuré et le cuivre pyriteux, se présentent fréquemment en couches. Les amas sont des couches d’une médiocre étendue, mais d’une épaisseur considérable, c’est ce qui leur a fait quelquefois donner le nom
5 D’Omalius d’Halluy . Éléments de Géologie. — 1831,
ision prismaque présente ique volcani:
, à Rigaudel ; let le cirque ense amas de ent de remar-
le géologue 1,
considérable circonstances sses de roches couches d’une ent traversèes voir si, parmi ltat de la strae
tratification, il dire pour cela elles sont au
ypse de Mont-
, joignent à la
un terrain on es lits peuvent
ble qu’affectent que l’on y exn flons el en
r et en largeur ion, et paraît ses espèces de équemment en e, mais d’une onner le nom
d’amas couchés ; la calamine, le cuivre pyriteux, le manganèse oxydé et le fer, constituent de semblables amas; les montagnes de fer magnétique ne sont même que des amas d’une grande proportion. Lorsque les amas ccut peu considérables et disséminés dans la roche, on les appelle nids.
Voici l’idée qu’un de nos savants donne des amas métalliques : « Les amas sont ordinairement intercalés dans des masses de nature différente, ct alors ils ont souvent la forme de boudins, d’œufs ou de lentilles, mais ‘ans des proportions gigantesques; d'autrefois ils sont déposés à la surface du sol, et alors ils prennent souvent la forme de nappes, de bateaux, de poches!, »
Ce qui prouve que les filons et les veines sont d’une formation postérieure à celle des couches, des amas et des nids, c’est qu’ils coupent transversalement dans leur épaisseur les strates qui les renferment. On pourrait les considérer comme des fissures ou des fentes qui auraient été remplies par des substances métalliq'es. Les parties non métalliques qui forment la masse principale d’un filon portent le nom de gangue. Les veines ne sont “ue de très-petits filons; elles sont tantôt droites, tantôt contournées, tantôt simples, tantôt ramifiées ; elles se croisent et se coupent de mille manières ct traversent certaines roches dans tous les sens. Les mineurs allemands donnent le nom de sfockwerk à une réunion de filons ou de veines qui pénètrent dans un massif en affectant la forme d’un réseau; les veines de certains marbres en peuvent donner une idée.
On a aussi donné le surnom de fragmentaires à des filons composés en général de fragments plus ou moins gros de diverses substances. Ils semblent avoir leur plus grande largeur vers la surface de la terre, et aller en se rétrécissant sans atteindre à de grandes profondeurs.
Les uns sont presque exclusivement composés de fragments de roches unis par un ciment pierreux; tels sont ceux qui traversent plusieurs massifs calcaires des bords de la Méditerranée, et qu’on connait sous le nom de brèches osseuses, parce qu’ils sont composés d’une espèce de calcaire brèche renfermant des ossements de mammifères. D’autres fois ils sont composés d'argile, d’ocre, de fer hydraté terreux renfermant des noyaux; des géndes, des blocs, et quelquefois des amas de fer hydraté, de galène, de calamine, de phtanite et d’autres substances : tels sont les principaux gîtes de minerais de fer du sud-est des Pays-Bas ?.
* D'Omalius d'Halloy : É éments de Géologie.
2 D'Omalius d'Halloy : Elements de Géoluzie.
Les filons paraissent avoir été remplis de bas en haut par la matière métallique, probablement à l’état de sublimation, tandis que les brèches osseuses ont été formées de haut en bas à l’aide des eaux qui entrainèrent les débris dont elles sont composées.
Une cause analogue à celle qui a produit ces sortes d’alluvions, transformant en vastes cimetières certaines cavités souterraines, a donné de la célébrité à la caverne de Gailenreuth en Bavière, à celles de Kirkdale et de Kuhloch en Angleterre, à celle de Lunel-Vieil en France, et à plusieurs autres que nous aurons occasion de citer ou de décrire dans cet ouvrage, et dont le sol argileux est en quelque sorte pétri d’une innombrable quantité d’ossements d'animaux perdus ou qui ne vivent plus dans nos régions tempérées.
Les divers dépôts ou les roches qui forment l'écorce solide du globe, loin de se mêler arbitrairement, se présentent dans un ordre tel, que, pour peu que l’on en étudie la succession, l'inspection d’une roche suffit pour pouvoir dire quelle doit être celle qui la supporte et celle qui la recouvre, lorsque cet ordre n’est point interrompu par des lacunes plus ou moins importantes. L'association d’un certain nombre de roches constitue un groupe auquel on donne le nom de formation; plusieurs formations constituent un ferrain.
Mais il en est des roches comme des êtres organisés : les animaux et les végétaux passent des uns aux autres par des nuances presque insensibles, et le règne animal est tellement uni par une longue série de chainons au règne végétal, que vers les points de contact des deux règnes, leurs caractères semblent se confondre. De même, lorsque l’on passe d’un terrain à un autre sans interruption, on voit les roches qui forment le caractère principal du premier de ces groupes commencer à alterner avec celles qui caractérisent le second, et celles-ci devenir successivement plus abondantes à mesure que les autres diminuent ou cessent tout à fait. « El résulte de là, dit M. d’'Omalius d'Halloy, que toutes les divisions établies pour classer les terrains ont éprouvé beaucoup de variations, et que les géologistes sont si peu d’accord à ce sujet, que chacun d’eux a pour ainsi dire sa méthode particulière.
Pour nous qui ne sommes que géographe, nous nous en tiendrons à la classification qui nous paraîtra la plus propre à donner une idée générale de la succession des terrains qui forment la croûte de la terre; et nous laisserons aux Werner, aux Humboldt, aux Élie de Beaumont, aux Beudant etaux d’Halloy le soin d’initier davantage nos lecteurs à l’étude de la science géologique.
par la matière 1e les brèches ai entrainérent
luvions, trans- , a donné de la Kirkdale et de et à plusieurs js cet ouvrages mbrable quanins nos régions
e du globe, loin , que, pour peu fit pour pouvoir couvre, lorsque ms importantes.
roupe auquel on nt un terrain.
; animaux et les que insensibles, de chainons au es, leurs caracd’un terrain à bnt le caractère avec celles qui plus abondantes Il résulte de là, pour classer les ologistes sont si dire sa méthode
n tiendrons à la e idée générale à terre; et nous nt, aux Beudant
de de la science
4% ms:
Les terrains qui composent la croûte terrestre se divisent en deux espèces générales : !° Les terrains déposés par les eaux ou terrains nepluniens, nommés aussi lerrains de sediment; 2 les terrains dus à l'action du feu, ou lerrains plutoniens, qui, à cause de leur mode de formation, prennent quelquefois le nom de lerrains de cristallisation.
Si nous descendons de la surface de la terre dans son intérieur, nous rencontrerons successivement les terrains suivants :
I TERRAINS NEPTUNIENS.
ALLUVIONS MODERNES. — Composé de différents détritus produits par | des causes qui agissent encore, ce terrain est caractérisé par le dépôt plus
… ou moins argileux dont la superficie forme l’humus ou la terre végétale,
“première base de la ferlilité des terres, mélange de débris organiques, et qui, malgré les soins constants de l’homme, s’augmente avec une extrême lenteur; par les tourbes, par les calcaires travertin, incruslant, concré- \ tionné et quelquefois siliceux, que déposent encore différentes sources chaudes ou froides; par les efflcrescences de natron et de borax qui se déposent au fond des lacs ; par les sialactites formées par infiltration sur les
. parois des cavernes; par les sables des dunes et l’accumulation des galels sur certaines plages; par les récifs de madrépores si nombreux dans le
à Grand-Océan; par les alluvions que les fleuves et les rivières forment à leurs embouchures; par les alluvions pluviales et torrenticlles qui s’amassent dans les vallées; enfin par les précipitations calcaires ou arénacées qui se déposent au fond des mers.
‘$ Ces dépôts modernes se lient à ceux que nous allons examiner. Ainsi des alluvions qui comblent certaines cavernes renferment des débris hu- … mains avec des animaux qui ne vivent plus dans les mêmes contrées. TERRAINS DILUVIENS. — On a nommé diluvium des dépôts que l’on a “ regardés comme le résultat du déluge universel ou de grandes inondations qui ont entrainé, avec des débris de différentes roches, les ossements des animaux qui couvraient Ja terre avant l'epoque de ces catastrophes. Les dépôts qui forment ces terrains sont des limons composés d’argile et de sable, contenant quelquefois des ossements humains, mêlés à des ossements d'animaux perdus; des cailloux roulés, des poudingues et des blocs ‘ de roches entraînés de fort loin, comme ceux des plaines sablonneuses de | la Poméranie ; des sables mêlés d'argile, et quelquefois de cailloux roulés, + mais renfermant des ossements d’éléphants, de rhinocéros, de mastodontes,
de cerfs gigantesques et d’autres animaux qui ne vivent plus dans nos régions tempérées : dépôts qui occupent de grandes vallées en Italie, en France, en Allemagne et dans plusieurs contrées de l’Asie et de l'Amérique; des limons argileux, pétris d’ossements de carnassicrs et de ruminants, contenant nême des excréments d’hyènes et d’autres animaux, et remplissant les cavernes en Angleterre, en France et en Allemagne; des argiles calcaires solidifiées, enveloppant des restes de rongeurs et de divers mammifères qui leur ont valu le nom de brèches osseuses, occupant les fentes et les crevasses des collines qui bordent les côtes de la Méditerranée, en France, en Espagne, en Italie, en Dalmatie, en Corse, en Sardaigne et en Sicile ; des sables plus ou moins argileux, mélés de gravier et de petits cailloux roulés, contenant des diamants, des topazes et d’autres pierres précieuses, du fer, de l’or et du platine, et donnant lieu à des exploitations d’une grande importance, comme le prouvent plusieurs localités de l'Inde et de la Sibérie, du Brésil et de la Colombie.
TERRAIN SUPERCRÉTACÉ. — Dans l'étage supérieur de ce terrain, on trouve des coquilles d’espèces identiques avec celles qui vivent encore; dans les autres étages, les espèces diffèrent plus ou moins des espèces vivantes.
Étage supérieur. Des dépôts lacustres qui renferment, commeen France, dans le département de Loir-et-Cher, des ossements de rhinocéros et de mastodonte; des amas de cailloux roulés et de lignites, comme dans les vallées de l'Isère et de la Durance, du Rhône et de la Saône; les dépôts marins à marnes bleues des collines subapennines; les calcairs de la Sicile et de la Sardaigne; le calcaire-moellon des environs de Montpellier; les sables ferrugineux ou le crag de Suffolk et de Norwich, en Angleterre; enfin le calcaire d’Odessa ou des steppes de la Krimée, sont les principaux dépôts que nous pouvons citer parmi les plus supérieurs du terrain qui repose sur la craie,
L’étage moyen du terrain supercrétacé est divisé par M. Huot ! en trois groupes : le supérieur comprend les faluns de la Touraine et les petits bassins calcaires et marins des environs de Nantes et des autres parties de la Bretagne ; l’assise moyenne se compose du calcaire de la Beauce et des meulières supérieures du bassin de Paris, et l’assise inférieure des sables et grès de Fontainebleau.
L’élage inférieur est divisé également en trois assises. L’assise supérieure
1 Cours élémentaire de Géologie; 2 vol. in 8°, 1839. Encyclopédie moderne ct Encyclopédie méthodique, article Géologie.
plus dans nos ré- ‘es en Italie, en et de l'Amérique; et de ruminants, animaux, et rem-
Allemagne; des seurs et de divers es, occupant les ela Méditerrance, , en Sardaigne et ravier et de petits d’autres pierres des exploitations localités de l'Inde
> ce terrain, on li vivent encore; joins des espèces
*omme en France, rhinocéros et de comme dans les saône ; les dépôts lcairs de la Sicile Montpellier ; les 1, en Angleterre ; t les principaux lu terrain qui re-
I. Huot! en trois e et les petits bastres parties de la eauce et des meuure des sables et
assise supérieure
lopédie moderne et
a en ME See
CÉOCRAPHIE PHYSIQUE. 31
comprend les marnes vertes ou gypseuses, le gypse des environs de Paris, si riche en ossements de paléothériums, d'anoplothériums et d’autres mam- /mifères qui ne vivent plus sur la terre ; elle comprend aussi les meulières bde la Brie, ec. L’assise moyenne se compose de loule la série des couches ldu calcaire grossier ou de la pierre à bâtir des environs de Paris. Enfin l'assise inférieure est formée d’argile à lignites et d'argile plastique de différentes couleurs, accompagnées de couches de sable et quelquefois de 'cailloux roulés.
Le terrain supercrétacé a une grande influence sur la forme extérieurc du sol. Ainsi les vallées les plus hautes du bassin de Paris sont creusées ans les amas de sables et de grès que couronne le silex meulière. Ces vallées ont des pentes rapides, et les flancs de leurs collines se montrent artout mollement arrondis; au-dessous, le gypse forme des vallées non oins rapides, qui succèdent aux précédentes. Presque toujours les col- Jines gypseuses supportent la masse de grès et de sable, et se montrent isolées, allongées ou coniques, reconnaissables à leurs pentes rapides, à urs contours plus ou moins courbés.
TERRAIN CRÉTACÉ. — À partir de ce terrain jusqu'aux plus inférieurs, tous les fossiles appartiennent à des espèces éteintes et qui diffèrent de ceux des terrains supercrétacé et clysmien.
Le terrain crétacé se divise en trois étages.
L’étage supérieur comprend la craie blanche à silex pyromaques noirs,
enputs pour battre le briquet, la craie jauuâtre ou tufau à silex blonds,
.? a craie mélangée de grains ferrugincux verdâtres, ou la craie chloritéc, N- ui s’offrent successivement de haut en bas.
Les montagnes appartenant à l’époque crétacée supérieure en France, en Angleterre et dans la Suède méridionale, sont toujours arrondies ou terminées par de grands plateaux; les escarpements y sont rares, leurs flancs sont rapides, leurs vallées peu larges, mais profondes. L’étlage moyen se compose de marnes argileuses d’un bleu grisätre et de sables et grès verts ou ferrugineux. Dans quelques contrées de l'Europe, comme aux environs de Vienne, en Autriche, et dans les Karpathes, ces Dareiles, ces sables et ces grès sont représentés par des alternances de grès, . de marne et de calcaire, dont l’ensemble porte le nom de grès viennois el | grès karpathique.
Les montagnes qui appartiennent à cet étage sont arrondies lorsqu'elles ; se composent de marnes argileuses, de sables et de grès; mais celles que
forment le grès viennois et le grès karpathique présentent souvent des cimes anguleuses et des couches fortement inclinées.
L'étage inférieur du terrain crétacé présente dans l’Europe occidentale des sables et des grès ferrugineux, des masses d’argile de plus de cent mètres de puissance, et, dans la partie inférienre, 4cs-eouches de calcaire argileux alternant avec des marnes. Les dépôts qui lui appartiennent se montrent en France depuis l'embouchure de la Seine jusque près de Caen; en Angieterre, sur les côtes de la Manche, etc.
Dans plusieurs parties de l’Europe, cet étage est représenté par des calcaires, des marnes et des sables qui constituent une formation que l’on a appelée formation néocomienne, parce qu’on en trouve le type dans les environs de Neuchâtel, en Suisse.
Les montagnes formées de ces roches sont aplaties et peu élevées, lorsqu’elles sont composées d’argile, de sable ct de grès; mais lorsqu’elles sont formées de calcaire de la formation néocomienne, elles offrent des couches très-inclinées et des sommets aigus, comme on peut le remarqner dans les montagnes de Sassenage et de la Grande-Chartreuse, près de Grenoble.
TERRAIN JURASSIQUE. Ce terrain se divise en deux grandes formations que M. Huot nomme oolithique et liasique.
Formation oolithique. Le nom d’oolithe a été donné à un calcaire composé de petits grains ressemblant à des œufs de poissons; la formation que caractérise ce calcaire en renferme d’autres de différentes textures qui alternent souvent avec des marnes argileuses.
La même formation comprend un calcaire rempli de madrépores, des marbres coquilliers connus sous le nom de lumachelles, de sables ferrugineux, une marne bleuetrès-épaisse, en France comme en Angleterre, et recélant des restes de reptiles gigantesques, auxquels on a donné les noms de plésiosaureetd'ichthyosaure; des calcaires grenusappelés dolomies; d’autres tantôt schisteux, tantôt compactes, fournissant la pierre hthographique.
Lorsque leurs couches sont horizontales ou peu inclinées, les montagnes de cette formation sont terminées par de iongs plateaux légèrementen pente vers les vallées. Mais lorsque leurs couches sont très-inclinées, les montagnes offrent un escarpement d’un côté et une pente de l’autre. Au pied de chaque escarpement règne un talus plus ou moins élevé, dominé par des roches quelquefois très-épaisses, présentant des formes bizarres, et prenant de loin l’aspect de grandes murailles flanquées de tours.
Formation liasique. Cette formation appelée lias par les Anglais,
ent souvent des
ope occidentale Je plus de cent ches de calcaire appartiennent se e près de Caen;
enté par des calnation que l’on a Lype dans les en-
peu élevées, lorsmais lorsqu’elles elies offrent des eut le remarqner use, près de Gre-
‘andes formations
, un calcaire com- ; la formation que es textures qui al-
s madrépores, des de sables ferrugingleterre, et r'ecéonné les noms de dolomies; d’autres ithographique.
es, les montagnes gèrementen pente clinées, les mone l’autre. Au pied é, dominé par des s bizarres, et pre-
Durs.
par les Anglais,
comprend une masse imposante de marne gris bleuâtre, reposant Sur des couches de calcaires, de grès et schistes argieux. On trouve aussi dans les dépôts marneux des ossements de grands reptiles. Cette formation marno-calcaire occupe de larges plaines au pied des | montagnes de la précédente. Les aspérités qu’elle présente constituent de grands plateaux escarpés d’un côté et en pente douce de l’autre; ces } plateaux sont sillonnés par des vallées étroites.
F4 TERRAIN TRIASIQUE. Ce terrain se divise en cinq formations.
Formation keuprique. Ce qui donne une grande importance à cette formation, c’est qu’elle renferme du sel gemme, et qu’à elle appartient la principale origine des sources salées. Elle se compose d’abord d’un grès à grain fin nommé keuper par les Allemands, renfermant des empreintes de végétaux et alternant avec des argiles et des marnes blanches, grises, rouges,
violettes, bleues et vertes, ce qui leur a valu le surnom d’irisées; puis de “üivers dépôts irréguliers de gypse, de grès, de dolomies, au-dessous des-
quels reposent des couches de ces différentes roches allernant avec des
ÿ Ÿ bancs de sel.
# Les montagnes appartenant à cette formation ont tous les caractères de celles de la formation oolithique.
Formation conchylienne, composée en grande partie du calcaire compact
et coquillier, appelé muschelkalk parles Allemands; de calcaire marneux et de sel gemme.
Cette formation constitue des montagnes peu élevées, mais des plaines
Vassez étendues. Leurs cimes sont ordinairement arrondies et présentent les mêmes ondulations que les couches qui les composent. Quelquefois leur dos est long et étroit, ou bien elles forment des collines plates ou légèrement Dombées. Elles sont sillonnées par de nombreux ravins, dans lesquels on
voit souvent des groupes de roches disposés d’une manière bizarre.
… Formalin pœcilienne ou bigarrée. Des marnes argileuses, rouges, gri- “sûres et jaunâtres, renfermant des gypses, des calcaires magnésiens et du sel gemme; des roches quartzeuses, ou, si l’on veut, des grès de même couleur que les marnes, et remplis de végétaux appartenant à des fougères, à des conifères et à des liliacées, sont ses principales roches. Le grès bigarré des Vosges, qui appartient à cette formation, peut donner une idée de l’aspect qu’offrent les montagnes qui en font partie. Ce sont des éminences très-élevées que couronnent souvent des plateaux bordés par des escarpements. Ailleurs les roches de la même époque constituent tantôt des
collines isolées arrondies, tantôt des montagnes dont les pentes peu escar- H IL. 5
pées donnent au paysage un aspect agréable et pittoresque; d’autres fois des chaines étroites et peu élevées, mais roides et rapides, disposées presque parallèlement, et dont les flancs sont couverts de rochers.
Formation magnésifère, composée principalement de calcaires tantôt grenus, lantôt compactes, au milieu desquels se trouvent des couches de gypse, de calcaire magnésien, de houille et de sel gemme, ettrès-pauvres en débris organiques ; de schistes riches en poissons fossiles ; et surtout importants par des gisements de mercure.
Les calcaires de cette formation constituent des montagnes d'une grande bauteur, dont les flancs sont arides et sauvages, et dont les scmmets se terminent par des pics escarpés et des crêtes dentelées. Les vailees qui les séparent sont ordinairement étroites et surtout encombrées par des éboulements.
Formalion psammérythrique. M. Huot a choisi ce nom pour désignerune formation composée essentiellement de grès rouge proprement dit, et de conglomérat calcaire, c’est-à-dire de blocs de calcaire réunis par un ciment de grès rouge ou d’argile rougeâtre.
TERRAIN CARBONIFÈRE. On donne ce nom à un terrain dans lequel domine le carbone, soit à l’état de houille, soit à celui d’anthracite. Il se divise en trois formations.
Formation houillère. Elle se compose à sa partie supérieure de roches quartzeuses mélangées, qui, après avoir été longtemps confondues aver les grès, ont reçu de M. Brongniart le nom d’arkoses et de pséphiles. On trouve aussi intercalées au milieu de ces roches, ordinairement riches en minerais de cuivre, d'autres roches d’unc origine ignée. Les restes organiques se rapporleut à des poissons et à des végélaux.
. L'étage inférieur est une suite d’allernances, plus ou moins nombreuses, d’argiles schisteuses et micacées, et de roches quartzeuses ou de grès micacés, que M. Brongniart distingue sous le nom de psammiles, accompagnés quelquefois de calcaire noirâtre. C’est au milieu de ces roches que se trouve la houille. Les argiles schisteuses, et même les autres roches, renferment de nombreuses empreintes de fougères, de palmiers et de végétaux monocotylédons, L’étage le plus bas est formé de schistes assez semblables aux argiles précédentes d’arkoses.
Cette formation constitue de nombreuses collines dont les couches s’enfoncent de tous côtés dans le sol,
Formation carbonifire. Les calcaires de la formation précédente prennent dans celle-ci un développement considérable. Ils sont d’abord d’une
rot
d’autres fois sées presque
caires tantôt s couches de s-pauvres en | surtout im-
l'une grande mmets se teres qui les sér des éboule-
désigner une ent dit, et de par un ciment
ans lequel do- (e. Il se divise
ure de roches dues aver les pséphiles. On nent riches en restes organi-
nombreuses, u de grès mies, accomparoches que se roches, rens et de végées assez seM-
ouches s’en-
cédente prend’abord d’une
Uk
MED Ke Fat sé Le 1 sa.
couleur grisâtre, d’un grain serré ou légèrement lamelia.re, et d’une odeur fétide lorsqu'on les frotte. Ils deviennent plus foncés dans les couches inférieures, et même tout à fait noirs. Ces derniers contiennent de l’anthracile, substance combustible, presque entièrement composée de carbone, et distinete de la houille par la lenteur avec laquelle elle brû'e.
En Angleterre, cette formation atteint un développement tellement considérable, qu’elle dépasse souvent 300 mètres d'épaisseur. Elle constitue des montagnes importantes, terminées par de grands plateaux interrompus par des vallées étroites ct des gorges. Ces montagnes ont des flancs cscarpés et sont creusées par de grandes cavernes.
Formalion paleopsammérythrique. Composée de congiomérats, de marnes et surtout de grès rouges, cette formation a été ainsi désignée pour indiquer que ces grès rouges sont les plus anciens : aussi les a-t-on appelés vieux grès rouges.
Cette formation constitue le système devonien des Anglais, ainsi nommé parce qu'il esi très-développé dans le Devonshire.
Ces roches forment rarement des montagnes élevées, quoique dans leur ensemble elles acquièrent une hauteur de 480 à 300 mètres.
TERRAIN SCHISTEUX. Ce terrain mérile ce nom par l'abondance des roches schisteuses qu’il renferme. Il se compose de trois formations que lon appelle caradocienne et snowdunienne, de deux groupes de petites montagnes de l'Angleterre, qui en sont formées, et micuschisteuse, parce que les micaschistes y dominent.
Formalion carudocienne. Des roches arénacées quartzeuses, des grès micacés ; un calcaire compacte ou légèrement lamellaire, quelquefois accompagné de dolomie, et renfermant des couches de schiste, ainsi que de l'anthracite, caractérisent celte formation. Quelques-uns des débris organiques que l’on y remarque appartiennent à des animaux marins qui n’ont plus d’analogues vivants, et qui sont en général des crustacés dont les principaux genres ont été appelés frilobites et asaphes.
Cette formation, qui constitue le système silorien de M. Marchison, présente en Angleterre des lignes de collines dont les pentes sont douces et qui circonscrivent des vallées peu profondes. Les collines schisteuses d'Angers, qui fournissent une immense quantité d’ardoises, appartiennent à celte formation,
Formation snowdonienne. Cette formation, qui comprend le système cambrien de M. Scdgwork en Angleterre, se compose encore de diverses roches. où domine le quartz, telles que des quartzites, des psammites, des
pséphites, des poudingues, groupées d’une manière très-variée; avec des schistes argileux à débris de plantes monocotylédones, des mollusques généralement perdus, et des ogygies, animaux marins de la classe des crustacés ; avec des roches quarttzeuses à texture grenue et remplies des mêmes restes organiques ; enfin, avec des roches talqueuses et magnésiennes.
Ces roches forment des chaînes de montagnes élevées de 400 à 500 mètres au-dessus de l'Océan, caractérisées par des flancs très-inclinés et sillonnées par des vallées étroites, dont les angles saillants et rentrants se correspondent.
Formation micaschisteuse. Au-dessous des roches précédentes, qui renferment des corps organisés, se présentent d’autres roches qui en sont to talement dépourvues. Ce sont des schistes chloriteux passant çà et là au micaschisle, au gneïss et à d’autres roches quartzeuses, que l’on a surnommées mélamorphiques, parce qu’elles ont été altérées de ce qu’elles étaient dans leur origine par l’action des roches plutoniques.
Plusieurs de ces roches se montrent à la superficie du sol, où elles forment des montagnes d’un aspect différent de celui des raches supérieures du même terrain. Celles de schistes ont des pentes plus rapides ; les côtés de leurs vallées s’inclinent d’abord doucement jusqu’à une assez grande profondeur, puis elles se rétrécissent graduellement, et deviennent de plus en plus escarpées. Celles de micaschistes n’offrent point de hauteurs escarpées, ni de profondes vallées ; leurs contours, un peu arrondis et verdoyants, ne présentent point de saillies fort élevées ; leurs sommets offrent ordinairement des plaines étendues. Les chaînes qu’elles forment sont quelquefois disposées par groupes, dont quelques sommets s'élèvent au-dessus de tous les autres; rarement deux sommets placés à peu d? distance atteignent la même hauteur. Enfin, leurs pentes sont fréquemmnt disposées en forme de terrasses, et traversées par de nombreux ravins.
Cette formation renferme, en outre, des couches de calcaire grenu, micacé et magnésifère, et reposant sur les granites, auxquels les gneiss passent par des nuances insensibles.
2.0 TERRAINS PLUTONIENS. Ces terrains qui sont, comme l'indique.
leur nom, d’origine ignée, ont élé produits par l’action de la chaleur sur des
matières susceptibles de se fondre et de durcir ensuite par le refroidissement.
On n’y trouve aucun débris de corps organisés. Ils sont au nombre de trois,
savoir : le ferrain granitique, le lerrain piroïde et le terrain volcanique. TERRAIN GRANITIQUE. Îl se divise en deux formations.
Formation granitique. Cette formation comprend, outre les granites,
riée; avec des nollusques gélasse des crusies des mêmes 1ésiennes.
00 à 500 mèrès-inclinés et et rentrants se
entes, qui renqui en sont to»
sant çà et là au on a surnomqu’elles étaient
|, où elles fores supérieures ides ; les côtés e assez grande jennent de plus e hauteurs esrrondis et verommets offrent
ent sont quelvent au-dessus
distance attei-
t disposées en
ire grenu, miels les gneiss
haleur sur des froidissement.
mbre de trois, in volcanique.
les granites,
mme l'indique.
d’autres roches qui s’en rapprochent par les substances dont elles sont formées, telles que les granites porphyroïdes, les pegmatites, les protogynes, les syénites et les diorites.
La facilité avec laquelle le granite se décompose, donne aux montagnes qui en sont formées leur aspect pittoresque. La diversité de leurs formes étonne l'œil de celui qui parcourt pour la première fois ces hautes chaînes de montagnes. Tantôl elles sont escarpées, et leurs sommets se terminent en pointes ; leurs flancs, privés de végétaux, n’offrent que des grandes masses qui fatiguent l’œil par leur nudité; souvent d’énormes dépôts de glace ou de neige couronnent leurs cimes, terminées par des sommités qui représentent des pyramides droites, et d’autres qui paraissent être posées sur leur sommet; quelquefois, surmontées d’aiguilles élancées ou de piliers massifs, e!les semblent menacer de leur chute l’explorateur qui les examine. A chaque pas qu’il fait, il n’aperçoit que des parties saillantes qui supportent des groupes de roches amoncelées, que l’on prendrait pour des débris de cimes plus considérables que le temps a renversées. Leurs flancs escarpés sont déchirés perpendiculairement, de quelque côté qu’on les examine.
Ces montagnes présentent des vallées profondes, parsemées de roches brisées, à angles aigus ou arrondis. Ces gorges et ces vallées paraissent d’autant plus profondes, qu’elles sont plus étroites et plus rapides; elles sont tellement nombreuses, qu’elles semblent couper les chaînes de montagnes dans toutes les directions.
Formation porphyrique. Les porphyres, les mélaphyres, les curites et les trappites sont les principales roches de cette époque.
Les porphyres constituent ordinairement de petites montagnes arrondies
ou coniques, qui montrent souvent une certaine dépression sur les flancs.
Les ophiolithes, roches connues sous le nom de serpentine, les eupho-
. tides, et d’autres moins importantes, appartiennent aussi à celte formation.
Les ophiolithes forment des montagnes ordinairement peu élevées, dont les pentes sont assez rapides, les croupes arrondies et le sommet généralement conique. Quelquefois leurs flancs sont profondément sillonnés, ou présentent des coupures escarpées en forme de falaises ou des rochers à pointes pyramidales.
TERRAIN PyRoiDE, Ce terrain, moins ancien que le précédent, se divise en deux formations.
Formation trachylique. Les trachytes, qui ne sont que des porphyres, présentent des traces évidentes de l’action du feu, et représentent avec des argilophyres, une époque distincte,
Les montagnes de trachyte sont tantôt isolées au milieu des plaines, tantôt groupées les unes sur les autres, jusqu’à une grande hauteur. La plupart, s’élevant graduellement et d’une man'ère régulière en forme de tours majestueuses et de dômes, offrent une circonférence immense ou des pyramides gigantesques; leurs cimes présentent des sommets aigus ou des platesformes assez étendues, qui cffrent des dépressions ou des enfoncements, mais jamais de cratères. Lorsque plusieurs montagnes trachytiques s'élèvent à côté les unes des autres, de profondes vallées les séparent ordinairement.
Les .trachytes forment, en Amérique, le Chimborazo et le Pichincha : en France le Puy-de Sancy, le Cantal et le Puy-de-Dôme.
Formation basallique, Les basaltes, si remarquables par leur structure prismalique , quelques roches appelées dolérite, spilite et vakite, d’autres qui ne sont que des agrégations de roches de la même origine, composent celte formation.
Les dépôts basaltiques forment des coulées présentant des groupes de prismes quelquefois très-réguliers, ou des masses qui se divisent nature:lement en tables d’une grande surface, ou en boules composées de feuillets qui semblent être appliqués autour d’un noyau de forme ovoide.
Tantôt ils donnent lieu à des plateaux assez étendus, d’autres fois à des cimes isolées, dont les escarpements rapides portent l’empreiute de la main du temps qui les a dégradés. Les vallées qui séparent les montagnes où ils dominent prouvent, par leur disposition, qu’elles ont été creusées par des courants aqueux et doués d’une grande force et d’une impulsion rapide, longtemps après leur fusion. On chercherait en vain les cratères qui ont vomi les laves basaltiques : ils ont à jamais disparu.
TERRAIN VOLCANIQUE. Caractérisé par des laves, ce terrain lie, sans nuances tranchées et sans interruption, les volcans éteints aux volcans bràlants. Les époques précédentes n’ont pas laissé de cratères, ou plutôt n’en ont probablement jamais eu : leurs produits se sont vraisemblablement fait jour à travers l'enveloppe brisée du globe. Dans celle-ci, au contraire, les
bouches volcaniques rivalisent de beauté et de régularité avec les cratères qui lancent par intervalle des matières fondues ou pulvérulentes, des flammes et de la fumée. Ces laves sont plus ou moins poreuses , quelquefois même aussi compactes que le basalte le plus serré; d’autres fois elles acquièrent à différents degrés la structure vitreuse, depuis la ponce qui n’est, pour
ainsi dire, qu’un verer poreux et fibreux, jusqu’à la stigmite et à l’obsi-
dienne, qui sont de véritables émaux,
s plaines, tantôt ur. La plupart, ne de tours mae ou des pyrais ou des platesenfoncements, tiques s'élèvent parent ordinui-
t le Pichincha :
r leur structure ‘akite, d’autres ine, composent
des groupes de iscnt nature:lesées de feuillets ide.
utres fois à des iute de lu main pntagnes où ils cusées par des pulsion rapide, ratères qui ont
ain lie, sans ix volcans brûou plutôt n’en blablement fait contraire , les bc les cratères tes, des flam- S, quelquefois selles acquièqui n’est, pour e et à l’obsi-
Les amas de laves poreuses ou compactes des volcans éteints présentent des montagnes d’une hauteur moyenne et de forme conique, dont les immenses contours offrent à leur base de vastes plateaux inclinés, qui s’élendent en divergeant sur le sol et dans le fond des vallées.
Les volcans brûlants sont, par leur forme comme par la plupart de leurs produits, tout à fait semblables aux volcans éteints. Ils ne sont pas multipliés sur d’aussi grands espaces; mais ils sont généralement d’une élévation plus considérable.
Nous parlerons ailleurs des volcans modernes, c’est-à-dire de ceux qui ont brèlé depuis les temps historiques. C’est en traitant des phénomènes atmosphériques que nous dirons quelques mots des aérolithes ou pierres tombées de l’atmosphère. Jetons maintenant un coup d'œil sur les débris organiques disséninés en si grande abondance parmi les différents dépôts qui constituent la croûte solide du globe : ils méritent qu’on leur consacre une seclion particulière 1.
Suite de la Théorie de la Géographie. — Des débris fossiles des corps organiques, végétaux et animaux 2.
Les restes d'êtres organiques enfouis dans les entrailles de la terre sont autant de médailles géologiques, mais des médailles sans date.
Les corps organiques fossiles appartiennent à trois classes : les débris qui ont conservé leur état naturel, du moins en partie; les substances pélriliées, et les empreintes.
Les débris de la première classe sont principalement des ossements et même des squelettes enticrs, qui, après avoir él$ dépouillés de la peau et des chairs qui les couvraient, sont restés les uns enfouis dans la terre, les autres cachés dans de profondes cavernes.
Les pétrifications, en prenant ce terme dans le sens vulgaire, compren-
! Consultez pour plus de détails les ouvrages suivants: Nouveau cours élémentaire de Géologie, par J.-J.-N. Huot, 2 vol, in 8°, 1837. — 1839, — Nouveau manuel complet de Géologie ou Traité élémentaire de celte science, 1 vol. in-18. — 1840. — Géologie de Beudant, 1 vol. in-18. — Langlois et Leclercq. 1851.
? Ce livre est dû en grande partie à la plume de M. Huot. Nous n'avons cru devoir y V. A. M.-B.
faire que des changements peu importants.
nent tous les corps pierreux qui ont la figure d’un corps organique. I y a eu des cas où un suc pierreux a coulé dans une cavité, formée par un corps organique, lequel a disparu. Alors la masse pierreuse s’est écoulée dans la cavité qui était restée vide, et a pris les formes extérieures du corps organique qui y était auparavant. Si ce corps était, par exemple, une branche ou un tronc d’arbre, la pierre aura à sor cxtérieur des nœuds, des rugosités; mais, dans l’intérieur, elle offrira tous les caractères d’une vraie pierre ; elle ne sera, pour parler avec Haüy, « que la statue de la substance « qu’elle a remplacée. »
D’autres fois une substance végétale ou animale, en se décomposant successivement et par degrés marqués, est déjà entourée et pressée par un suc pierreux. À mesure qu’une molécule organique se dissout et disparait, une molécule pierreuse la remplace. Ainsi, de molécule en molécule, la matière pierreuse s’arrange dans les places restées vides par la retraite gradnée des parties végétales ou animales ; et, en se moulant dans ces cavités, elle copie, trait pour trait, la contexture du corps organique. Voilà comment on explique communément la formation de ce qu’on appelle bois pétrifiés ; imitation si fidèle du vrai bois, que, sur la coupe transversale, on distingue l'apparence des couches concentriques qui, dansl’arbre vivant, provenaient de san accroissement annuel. Quelquefois on est même en état de reconnaiire, dans les linéaments de la contexture, l’espèce à laquelle appartenait l’arbre qui a été reproduit en pierre.
Les corps mélallisés, et ceux qui ont été changés en bitume ou en charbon, appartiennent au même sytème de formation.
Les empreintes se trouvent entre les feuillets de certaines argiles ou de certains schistes et de quelques calcaires ; ce sont des reliefs ou des creux représentant des moules de coquilles, quelquefois de polypiers, surtout des fvuilles, des roseaux, des plantes entières, principalement de l’espèce des fougères. Ces dernières empreintes ont cela de singulier, que si lun des feuillets offre l’empreinte en creux de la face opposée à celle qui porte les fructifications (ce qui est le cas le plus ordinaire), l’autre feuillet offrira, non pas le creux de la face des fructifications, mais le relief de la même face, qui est en creux sur l’autre feuillet. Apparemment, comme Brugutères l'explique, la fougère, déposée sur l'argile molle, a été recouverte par un noueau dépôt. Dans la suite, cette plante, réduite en matière charbonneuse, ou pénétrée par les parties les plus déliées du dépôt schisteux, s’est comme incorporée et identifiée avec celui-ci ; et comme la face des fructifications est inégale, celle opposée plus lisse, il est naturel de croire qu'il y
Se ( £ ?
oo
ranique. Îl y a > par un corps coulée dans la [u Corps orga-
une branche ds, des rugos d’une vraie e la substance
)mposant sUCée par un suc disparait, une ile, la matière raite gradnéc s cavités, elle à comment on bois pélrifiés ; , On distingue t, provenaient tat de reconle appartenait
de ou en char-
argiles ou de ou des creux s, surtout des e l’espèce des e si l’un des qui porle les buillet offrira, f de la même e Druguières verte par un ère charbonhisteux, s’est » des fructifi-
roire qu’il y
a eu moins d’adhérence entre l’argile et cette dernière face. Voilà pourquoi c’est ordinairement celle-ci qui se présente lorsqu'on sépare les feuillets du schiste argileux.
Nous allons considérer successivement les diverses classes de débris fossiles.
Dans les dépôts de différentes roches, telles que les calcaires, les grès et les schistes qui renferment des débris organiques, il est facile de remarquer que les restes d’animaux ou de plantes ne sont pas tous semblables. Cette observation, qui ne souffre point d’exceptions, a dû conduire à une idée féconde en résultats, et qui a déterminé tant de naturalistes à étudier et à . comparer les monuments d’un monde qui n’est plus : c’est que tous ces … êtres n’ont point vécu à la même époque, et qu’ils appartiennent, pour
ainsi dire, à diverses créations qui ont été modifiées en raison des change- : ments que la température de la tcrre paraît avoir éprouvés.
Première époque des êtres organisés. —Il est difficile de décider si, comme la Genèse nous le dit, les végétaux ont précédé les animaux, ou s’ils sont contemporains, ou enfin si quelques mollusques marins ont vécu avant la plupart des plantes. Cependant, comme il est probable que, lors de l’apparition des premiers êtres, toute la terre était couverte d’eau, il importe peu de rechercher si les mollusques marins eurent la priorité sur les végétaux ; rien ne répugne à penser que les uns et les autres ont pu vivre à la même époque : c’est ce que confirment aussi les premiers terrains à débris orga-
i niques, puisque dans quelques-uns on ne trouve d’abord que des végétaux, et dans d’autres que des animaux.
… Les schistes ardoisiers, ainsi que les plus anciens calcaires, renferment des restes d’animaux de la division des polyniers ; d’autres connus des géologistes sous le nom d’orfhocères, et qui, appartenant à l’ordre des
2 céphalopodes, avaient leurs pieds autour de la tête, et d’autres qui, sous le … nom de frilobites, sont regardés comme étant de la classe des crustacés. … Ces singuliers êtres n’ont plus d’analogues vivants au sein de nos mers;
- cependant leur race paraît s’être propagée jusqu’au moment où parurent différents mollusques, comme les peignes, les arches, les bucardes et les térébratules, animaux à coquilles bivalves, qui appartiennent à des genres encore vivants.
Les plantes fossiles n’offrent point, comme les animaux, des caractères
FA qui en facilitent la détermination : à l’état vivant, ces caractères se retrou-
vent dans les organes de la fructification, mais il n’en est pas de même de
celles dont on voit les restes ou les empreintes dans la pâte de certaines IL. 6
roches; ce n’est donc que sur des comparaisons fondées sur la forme des feuilles, que les végétaux fossiles ont pu être groupés d’une manière plus ou moins nette. On a remarqué que ceux qui appartiennent à l’époque dont nous nous occupons ont quelque ressemblance avec le fucus, les préles et les fougères.
Deuxième époque. — Nous n’avons point vu de vertèbres parmi les animaux de la première époque; il semblerait que les circonstances propres à leur développement n’eussent point encore eu le temps d’étendre leur influence, puisqu’on ne trouve aucune de leurs dépouilles. La formation des roches granitiques, encore toute récente, annonçait pour ainsi dire la fin du chaos; mais il fallait du temps pour que la terre füt en état de nourrir les animaux dont nous allons nous occuper, et cette foule innombrable de végétaux auxquels les houillères doivent leur origine.
Dans la première époque, nous avons vu qu’il est difficile de décider si les plantes se sont montrées avant les animaux ; mais dans la seconde il n’en est pas de même, c’est au règne végétal qu’appartiennent les premiers débris organiques.
Ce sont, comme dans la formation précédente, des tiges de roseaux, et d’autres graminées; des impressions de différentes fougères ; d’autres qui ressemblent à des lycopodes, à des marsileacées, à des préles ou équisétacées et à des palmiers. Leur nombre est si prodigieux, qu’à moins de supposer un laps de temps énorme, on ne conçoit pas que tant de plantes aient pu s’accumuler sur la même place. On remarque même dans les schistes qui les renferment quelques-unes de leurs feuilles qui se sont changées en véritable charbon de terre; qu’on juge alors quelle immense quantité de végétaux il a fallu pour former ces vastes dépôts houillers qui ont quelquefois près de six pieds d'épaisseur, et qui occupent des contrées souvent fort étendues. La flore de cette époque présente aujourd’hui plus de 250 espèces qui ont été décrites.
Ces plantes, auxquelles on ne peut comparer que celles qui croissent dans les régions équinoxiales, sont souvent extraordinaires par leur grandeur : ainsi, la fougère arborescente, qui vit sous les tropiques, s’élève quelquefois à huit ou dix pieds; tandis que, d’après les débris que l’on en trouve dans les houillères, la même fougère fossile atteint une hauteur huit à neuf fois plus considérable. Suivant les observatinus de M. Ad. Brongniart, qui s’est spécialement occupé des plantes fossiles, les dicotylédones, qui forment aujourd’hui les trois quarts des plantes connues, ne font pas le tiers des végétaux que l’on connait à l’état fossile. On est donc forcé de
RENE AUS ES ed dde SA ec
PE
ur la forme des ne mauière plus nent à l’époque fucus, les préles
»s parmi les anistances propres s d’étendre leur s. La formation ur ainsi dire la n état de nourrir innombrable de
ile de décider si js la seconde il ent les premiers
s de roseaux, et es ; d’autres qui les ou équisétaqu’à moins de tant de plantes même dans les les qui se sont quelle immense ts houillers qui ènt des contrées aujourd’hui plus
es qui croissent s par leur granbpiques, s’élève bris que l’on en ine hauteur huit e M. Ad. Brons dicotylédones, es, ne font pas st donc forcé de
conclure de ce fait et de la ressemblance de la plupart des plantes observées dans des dépôts analogues sur les différents points de notre globe, dans toute l’Europe, au Groenland, dans l’Amérique septentrionale, dans l'Inde et la Nouvelle-Hollande, qu’aux anciennes époques géologiques, la terre offrait partout une haute température : vérité aussi . ande que l’application en est générale, et qui coïncide d’une manière admirable avec les belles expériences du savant Fourier, pour prouver que la terre a été douée d’un feu central qui a d’abord été d’une grande intensité, et qui ensuite a favorisé la naissance et le développement d’un grand nombre d’êtres du règne animal et du règne végétal, auxquels une haute température était nécessaire.
Les tiges et les feuilles ne sont pas les seuls restes de végétaux que l’on trouve fossiles; on a souvent recueilli dans les terrains houillers des fruits et des empreintes de fleurs; les fruits sont très-difficiles à déterminer. Cependant on en à observé plusieurs qui ont dù appartenir à des pins, à des cocotiers et à quelques autres arbres dont quelques analogues seulement végètent encore sur la terre.
Cependant qu’on ne croie pas que les végétaux auxquels les houillères doivent leur origine aient pu vivre accumulés ainsi sur la même place; ils ont été entraînés par des cours d’eau dans des golfes ou à l'embouchure des fleuves, et ont formé ainsi d'énormes amas.
Les mollusques qui appartiennent à la seconde époque ont pour enveloppe des coquilles univalves et bivalves. Parmi les fossiles à coquilles univalves, on ne remarque généralement que des cloisonnés. Les principaux genres qui les constituent sont : les ammonites, les orthocères, les nautiles et les bélemnites. Plus de quatre-vingts espèces d’ammonites ont été décrites : un grand nombre d’autres ne le sont point encore.
Les mollusques à coquilles bivalves appartiennent aux genres térébratule, gryphée, tingule, huître, moule et mulette. Dans quelques dépôts de la même époque, on trouve encore des frilobites, plusieurs espèces d’encrinites, ainsi qu’un grand nombre d’autres polvpiers, accompagnés de productus mollusques, qui existaient déjà dans l’époque précédente. On pourrail en tirer la conséquence que les circonstances qui avaient favorisé l'existence de ces êtres à la première époque agissaient encore à la seconde. Cependant les différents dépôts qui constituent cette dernière
monirent incontestablement que déjà plusieurs modifications agissaient sur la série animale. Ainsi, dans les terrains de sédiments supra-inférieurs, les Peignes el les oursins sont peu nombreux ; ils commencent à paraître avant
k4 LIVRE TRENTE-HUITIÈME,
la formation de la craie, et dans celle-ci surtout cs oursins deviennent trèscommuns; de même, sur une soixantaine de genres qui constituent la famille des polypiers, dans la formation des sédiments moyens, plus de quarante appartiennent aux dépôts antérieurs à la craie, et une vingtaine seulement à ceux qui lui sont postérieurs.
Il n’a encore été question d'aucun animal vertébré dans les terrains renfermant les êtres de la première époque; c’est à la seconde seulement que l’on voit paraître les premiers poissons; ils sont généralement si différents de ceux qui vivent dans l'Océan, que les zoologistes qui se sont occupés de leur étude et de leur description ont été obligés d’inventer des mots pour les désigner. Ainsi, dans les schistes de Glaris, en Suisse, on a trouvé une anguille inconnue, que M. de Blainville a nommée ananchelum glarisranum, et un poisson qui diffère de tous ceux que l’on connaît, et qu’il a appelé palæorhynchum glarisianum. D’autres localités en ont présenté un qui se rapproche des esturgeons, mais qui, par plusieurs caractères, a mérité le nom de palæniscum ; cinq espèces du nouveau genre-appelé palæothrissum ; enfin d’autres qui semblent appartenir à plusieurs genres connus, tels que le hareng (clupea), le zée (zeus), le brochet (esox), le stromatée (stromateus) et diverses espèces des genres cyprin, scombre, spare, baliste et chætodon. |
Dans les dépôts qui appartiennent à la première et à la seconde époque on n’a trouvé aucun débris de mammifères ; il est donc probable que les
premiers vertébrés sont des poissons et des reptiles. Îl parait même constant ot que le liquide dans lequel ceux-ci vécurent était propre à nourrir des pois- à sons d’eau douce et d’eau marine, puisque leurs dépouilles appartiennent à 7 ces deux grandes classes. Les reptiles les plus remarquables sont les sui- SE
vants : 4
Le monitor, espèce de lézard qui vivait sur le bord des rivières et des étangs de l’Ancien-Monde.
Le geosnurus, animal qui, par la dimension de ses débris, devait atteindre # à 5 metres, et qui servit peut-être de passage des monitors aux crocodiles.
Le megalosaurus, lézard gigantesque, dont la longueur allait au delà de 40 mètres, et qui, par la dimension de quelques ossements récemment découverts, pouvait en atteindre 20. L'illustre savant dont les recherches anatomiques ont fait connaître tant d’animaux perdus, a calculé que cet animal devait être élevé de terre de 4 mètre 30. La forme de ses dents tranchantes a servi à lui prouver aussi qu'il devait être très-vorace.
ss8
deviennent très- 1 constituent la noyens , plus de et une vingtaine
les terrains rene seulement que ent si différents > sont occupés de * des mots pour on a trouvé une chelum glarisiait, et qu’il a apont présenté un aractères, a mére- appelé palæogenres connus, t), le stromatée re, spare, baliste
seconde époque robable que les même constant ourrir des poisappartiennent à es sont les sui-
rivières et des
s, devait atteinnitors aux cro-
Ilait au delà de récemment déles recherches alculé que cet » de ses dents vorace.
1% pi ‘ss Ai
Le mosasaurus est un reptile qui semble avoir servi des passage des sauiens sans dents au palais aux sauriens à dents palatines. Sa longueur pouvait être de 6 à 7 mètres.
Le saurocephalus diffère de tous les sauriens connus. Ses débris ont été “découverts près des bords du Missouri.
Les ossements de l'iguanosaurus, animal de plus de 46 mèt. 25 de ngueur, ont été trouvés au milieu de terrains qui annoncent qu’il vivait différemment dans les lacs et dans l’Océan.
L’ichthyosaurus tenait du poisson et du lézard; chacune de ses machoires tit garnie de 60 à 90 dents. L'étude son squelette a fait voir à G. Cuvier av il était pourvu de deux yeux énormes qui lui facilitaient la vision “pendant la nuit; ses membres courts l’obligeaient à nager , mais il devait famper sur le rivage à la manière des phoques. Il habitait les mers, et sa # lle, selon les espèces, que l’on porte à quatre ou cinq, variait pour la à pngueur de 4 mèt. 50 à 5 mètres.
+ Le plesiosaurus était un lézard remarquable pour la longueur de son cou, mposé de 35 vertèbres. Le ventre de cet animal était peu bombé, ce qui 4 evait donner à l’ensemble de son corps une forme très-allongée. A en juger par quelques débris, il avait depuis 3 mètres jusqu’à 9 ce longueur. 1 Tous ces reptiles, si différents de ceux de nos jours, paraissent les avoir précédés. Jamais ils ne sont :ccompagnés de crocodiles semblables aux nôtres.
… Cependant le feleosaurus, trouvé dans le calcaire des environs de Caen, Dre des caractères qui semblent prouver qu’il dut être l'intermédiaire “entre les reptiles anciens et les reptiles modernes. -* Les lortues, voisines du genre chélonée, appartiennent, avec les poissons, aux animaux les plus anciens du groupe des vertébrés. Dans les terrains n° sédiments moyens de Lunéville, de Soleure, de Maëstricht et de l'Angle bre, on n’a trouvé que des individus qui diffèrent considérablement de œux qui vivent sur la terre, quoiqu’ils aient quelque analogie avec le re précédent et les émydes.
% La seconde époque de l'apparition des êtres animés sur la terre nous Montre aussi des débris d’oiseaux ; mais ils dépendent tous de l’ordre des - pageurs et de celui des échassiers : on ne doit point être étonné de n’en trouver aucune espèce des autres ordres; il fallait que des portions de .contin2nt fussent tout à fait sec pour que des gallinacés, ou ceux qui ont A habitude de se percher, trouvassent de quoi se nourrir ; ainsi la géologie hiteste encore ici la grandeur des vues de la n :ure é la sagesse de sa