‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme]Chapitre 14 sur 108 · II. RACE JAUNE ou MONGOLIENNE · texte numérisé non relu

II. RACE JAUNE ou MONGOLIENNE

1°" rameau mandchou.

2° rameau sinique.

3° rameau hyperboréen ou eskimau, Lapons en partie, Samoïèdes, Eskimaux du Labrador, habitants des Kouriles et des iles alévutiennes. li 4° rameau américain. d a. péruvien et Mexicain.

b. uraucan.

c. palagon.

5° rameau mongol-pélasgien ou caroli:.

IT. RACE NOIRE Ou MÉLANIENNE.

1°" rameau éthiopien.

2° rameau cafre.

3° rameau hot/entot.

4° raineau papou.

5° rameau fasmanien.

6° rameau al/fourous-endamène.

rameau alfourous-australien.

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Suite et fin de la Théorie générale de la Géographie. — De l'Homme, considéré comme être moral perfectible, ou Principes de Géographie politique.

Longtemps nous avons considéré la terre comme un corps physique ayant des rapports avec d’autres corps physiques qui l’environnent ou qui

1 Manuci de Mammalogie, — 1827.

Ce

ens, Juifs,

'erses, etc.

Hongrois.

jèdes, Eskinnes,

sidéré comme

ps physique nent ou qui

habitent à sa surface. Mais dès qu’à travers l'immense série d’êtres qui s’est développée devant nous, nos recherches sont arrivées jusqu’à l’homme, nous avons aussitôt vu la Géographie physique céder peu à peu la place à la Géographie politique. Cette branche de notre science considère la terre d’après ses divisions politiques, et dans ses rapports avec les diverses s0ciétés civiles qui s’y sont établies. Il est évident que cette partie de la Géographie a comme les autres ses principes généraux, dont l’ensemble forme une théorie, et dont la connaissance doit précéder l’étude des descriptions particulières. Mais ceux de ces principes qui, fondés sur la nature de notre être, ne varient pas au gré des caprices humains, sont en petit nombre; les autres rapports changent, sinon d’un royaume à un autre, du moins d'une partie du monde à l’autre, ce qui nous engage à nous borner ici à un exposé rapide des premiers, en réservant aux autres leur place convenable dans les introductions particulières à la description de chaque grande division du globe.

Le langage articulé, noble héritage de la nature humaine, est le premier lien social qui manifeste et qui perpétue l’union civile des hommes. Peu d'animaux, même parmi les oiseaux et les quadrupèdes, ont un langage articulé ou à sons distincts et constants; ces langages d’ailleurs ne s’élèvent guère qu’à dix ou douze inflexions de la voix. Aucun animal n’a un langage raisonné, c’est-à-dire dont les divers sons expriment constamment ct distinctement des idées générales. Cette faculté d’exprimer nos idèes par des mots assure seule l’exercice continuel de notre mémoire ; et, sans la mémoire, que serait le jugement? L'homme n’est un être raisonnable qu’au moyen de la parole. C’esi la parole qui rend communes à toute l’espèce les obsefvations, les sensations et les découvertes de l’individu ; de là naissent les sciences, les arts, la civilisation et la perfectibilité indéfinie du genre humain. Le langage, considéré comme faculté morale et physique, paraît donc inné à l’homme ; mais le choix des sons, leurs modifications, leurs combinaisons ont dù dépendre de la libre voionté des hommes ; la logique naturelle y a sans doute influé, mais aussi les passions, mais aussi le goût. la délicatesse des organes, la nature du climat, la situation de la société. Les langues primitives, composées de peu de mots, simples comme les mœurs et les idées de ceux qui les parlaient, ont naturellement du se perdre en se confondant avec les idiomes plus parfaits qui en étaient sortis, comme les nations primitives se sont perdues en donnant naissance aux nations connues de l’histoire. Ainsi le germe disparaît quand la plante élève dans les airs sa tête fleurie ; ainsi les premières racines tombent

en poussière, tandis que l’arbre étend au loin ses branches verdoyantes.

Mais si la recherche de la langue primitive paraît aujourd’hui abandonnée de tous les vrais savants, ils ne désespèrent pas de fixer le nombre de langues-mères, c’est-à-dire de celles qui, dans les mots principaux dont elles se composent, dans les inflexions grammaticales qu'elles admettent, et dans la syntaxe qu’elles suivent, nous offrent un caractère indépendant de toute autre langue. Ces langues-mères mêmes, en présentant quelques traits d’une ressemblance éloignée, en rappelant obscurément la possibilité d’une origine commune, forment entre elles des familles, sans qu’aucune d’elles puisse prétendre à une prééminence d’antiquité 1,

En effet, à quel caractère reconnaîtrions-nous la haute antiquité d’une langue? Doit-elle être composée principalement de voyelles, comme l'otaitien, le zend, le basque ou ibérien, l’algonquin, le caraïbe, l’esquimau ? Mais ces langues, toutes en voyelles, ne se ressemblent d’ailleurs sur aueun point. La langue la plus ancienne sera-t-elle monosyllabique, comme le célèbre Adelung ? voudrait nous le faire croire? Mais le chinois, le tibetain, le tonquinois et le siamois, qui seraient dans cette supposition les langues primitives, ne présentent pour les sons aucune ressemblance avec les idiomes des Celtes ou des Nègres. Si nous voulons examiner les langues sous le rapport de leurs formes grammaticales et de leur syntaxe, nous en trouverons d'un côté, dans lesquelles les rapports des genres, des personnes, des modes d'action et des temps, sont exprimés par les combinaisons les plus ingénieuses, les plus délicates et les plus profondes, comme dans le sanskrit, l’hébreu et le grec; de l’autre côté, nous en verrons où tous ces rcpports, quoique toujours nécessaires à la pensée, ne sont rendus que par des alliances de mots vagues, obscures, puéfiles et arbitraires, comme dans le chinois, le celte, les idiomes des Nègres et ceux de la Nouvelle-Hollande. On dirait que ces dernières langues doivent être les plus anciennes comme étant plus près de la nature, dans l’acception vulgaire de ce mot; cependant l’histoire nous prouve évidemment que les Hébreux, les Indiens et les Grecs existaient au moins aussi-anciennement que les Nègres, les Celtes et les Chinois,

Il est donc indifférent par où l’on commence à compter les anneaux d une

1 L'étude philosophique des langues prouve que toutes se tiennent les unes les autres par des nuances infinies. Dans leur manière de se former, dit M. Klaproth, tout est altération ou dérivation, et rien, ou presque rien, n’est création.

2-Mithridates, ou: Notice générale sur les langues, par Adelung. Deux vol, in-0° 1°" vol, p. 1-90,

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“GÉOGRAPHIE PAYSIQUE. 231

chaîne qui se perd dans la nuit des siècles. Nous nommerons en premier lieu la Famille des langues rNDo-GERMANIQUES, qui règnent depuis les bords du Gange jusqu'aux rivages de l'Islande. Les principaux genres de cette famille se suivent dans l’ordre géographique que nous allons indiquer. Le sanskrit a régné anciennement sur . lindoustan ! ; du sanskrit descendent le dewanagara, l’idiome le‘plus pur de l'Inde , le famulique et plusieurs autres dialectes parlés dans le Dekhan. Outre un certain nombre de racines que le sanskrit a de commun avec le grec, le latin, le slavon et l'allemand, il offre encore dans ses nombreuses déclinaisons et dans ses conjugaisons étendues les rapports les plus frappants avec plusieurslangues de l'Europe, surtout avec le grec et le latin. La Perse nous présente trois langues anciennes : le zend, qui paraît avoir été {a langue sucrée; le pelhwi, langue de l’ancienne Médie, et le parsi, idiome de la Perse, d’où descendent en partie le persan moderne et le kourde. Dans tout ce genre de langues, on retrouve beaucoup de mots germaniques; la grammaire, infiniment moins riche et moins parfaite que celle du sanskrit, se rapproche sur plusieurs points du génie des langues allemande et anglaise; les consonnes sifflantes, inconnues dans le sanskrit, se montrent déjà dans le parsi.

L'’arménien est rangé aussi parmi les langues indo-germaniques ; il en est de même de la langue des Ossètes, peuple qui habite les montagnes du Caucase.

Le genre des langues grecques est un de ceux dont nous connaissons le mieux les diverses espèces. L’hellénique propre avait trois dialectes : le dorique, qui estentièrement éteint; l'sontque, avec {lequel le grec moderne paraît avoir le plus de rapports; enfin l’éolien qui, transplanté très-anciennement en Italie, donna naissance au latin.

1 « La civilisation et la haute culture qui ont régné, dit M. Klaproth, parmi ies peuples hindous, avant leur dégradation par la conquête des Musulmans, vivent encore dans leur littérature, et principalement dans leur idiome savant, le‘sanskrit. La perfection grammatieale de’ cette langue a porté ses admirateurs à la regarder comme très-ancienne ; mais on sera peut-être obligé de rabattre beaucoup de cette haute antiquité après qu’on-se sera livré à un examen plus mûr, et qu’on aura recueilli, pour décider cette question, des matériaux plus nombreux que eeux qui sont présentement à notre disposition. D'ailleurs, il ne paraît pas probable que le sanskrit ait jamais été une langue parlée ; l'opinion que cet idiome ne suit qu’un perfectionnement de la langue partée par les premiers conquérants indo-germaniques, a beaucoup plus de vraisemblance que celle qui fait du sanskrit la première source des langues actuelles de l’Hindoustan, du grec, du latin, du slave et d’autres de la même famille. Quoi qu'il en soit, l'antiquité du sanskrit remonte vers la période de notre ère, et peut-être plus haut, x

Au genre des langues slavonnes, qui, pa curs déclinaisons et plusieurs autres traits, se rapprochent du grec, appartiennent le slavon-illyrien, le polonais, le bohémien, le russe et les divers restes de la langue wende; la langue des Daces et des Gètes était probablement une ancienne branche de ce genre.

Dans le genre des langues germaniques, on aperçoit une très-ancienne division : les langues frisonne, francique, saxonne, anglo-saxonne et alémanique, forment la iranche feulonique, tandis que le mæso-gothique, conservé dans les évangiles d’Ulphilas, l’islandais et le scandinave moderne dans ces deux principaux dialectes, le suédois et le danois, constituent la branche gofhique; ces branches diffèrent comme le grec et le latin.

A côté et même au milieu de cette grande famille composée des langues les plus parfaites, nous voyons d'autres familles également très-anciennes, mais qui, dans leur grammaire grossièrement combinée, n’offrent aucune ressemblance, ni entre elles ni avec les langues indo-germaniques. Telles sont dans l'occident de l’Europe les langues celliques, dont les principales espèces sont l’erse, parlé encore en Ecosse et en Irlande; le gallois ou le kymrique, conservé dans la principauté de Galles, et le celte proprement dit, dont le bas-breton est un reste très-mélangé. Dans la péninsule hispanique, il existait une langue ibérienne ou cantabre, dont le basque nous offres les restes intéressants, et qui, rivale de la celtique par sa simplicité primitive, en diffère totalement par les mots !. Dans l'Italie et la Grèce, les langues pelasge, thrace, illyrienne, étrusque et autres, ont disparu avant d’avoir été observées par des philosophes. Peut-être l’albanais est-il un reste de l’illyrien.

Des débris de toutes ces langues anciennes et de leur mélange avec le latin, ensuite avec les idiomes germaniques, slavons et même arabes, sont nés des idiomes mixles, tels que le valaque, l’ilalien, le provençal, le français, l’anglais, l'espagnol, le portugais.

Au nord-est de l’Eurcpe, on aperçoit les restes épars de la grande Famille des langues scYTH1CO-SARMATIQUES. C’est le finnoïs avec l’estonien et le livonien qu’on peut considérer comme le genre le plus distinct de toutes les autres langues du globe, ou du moins de toutes celles de l’Europe. Le lapon, le permiaque, le {chérémisse, avec divers autres idiomes répandus le long des monts Ourals et du Volga, le Aongroïs, originaire de ces mêmes

! Le basque est la seule langue de l'Europe occidentale qui n’ait pas été modifiée par

les idiomes indo-germaniques, quoiqu’elle soit mélée de beaucoup de mots qui leur appartienne. Û

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ancienne ronne et gothique, > moderne stituent la in.

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régions offrent toujours des traits de famille. Mais dans le lifhuanien et ses dialectes nous voyons le phénomène d’une langue différente des langues indo-germaniques ar ses racines, ét qui cependant possède dans sa grammaire des finesses étonnantes, des ressources inconnues aux autres langues scythiques, enfin des rapports incontestables avec le grec.

Le Caucase, situé au centre des régions où dominent les langues indogermaniques , loin de présenter ‘une souche commune de ces langues, en interrompt la chaîne, et nous offre dans le géorgien, le circassten, et quelques autres idiomes singulièrement rudes et simples, une famille ou plutôt un groupe de langues à ‘part, langues peu connues et sans doute trèsanciennes.

Mais si nous étendons nos regards sur la Syrie, la Mésopotamie, l’Arabie et l’Abyssinie , la belle et intéressante famille des langues ARAMÉENNES nous attache par l’éclat de leur ancienne civilisation : abondance des sons gutturaux, richesse immense de mots, inflexions multipliées du verbe, simplicité et même pauvreté sous les autres rapports grammaticaux, tels paraissent les caractères communs de ces langues, parmi lesquelles nous distinguerons l’arabe ancien et moderne, avec ses colonies, le moresque, répandu dans toute l’Afrique septentrionale, le geez et l’amharique, dialectes parlés en byssinie, et les divers idiomes arabes qui s’étendent le long de la côte orientale d’Afrique ; l’hébreu dans ses diverses modifications depuis l’antique idiome de Moïse jusqu’aux dialectes chaldaïque, samaritain et autres, aujourd’hui éteints, à l’exception du dialecte rabbinique ou l'hébreu moderne ; le phénicien, dont le punique ou carthaginois est la branche la plus célèbre, et dont le patois arabe-maltais conserve peut-être quelques restes ; le syriague ou araméen proprement dit; enfin le chaldéen, différent de l’hébreu chaldaïque.

Comme la plupart des nations qui parlent ces langues descendent, selon Moïse, de Sem,.on a voulu désigner cette famille sous le nom général de langues sémiliques; on a également voulu donner aux langues indo-germaniques le nom de langues japhétiques. Mais, en admettant ces deux dénominations, on tombe dans l’inconvénient d’attribuer aux descendants de Cham toutes les autres langues, depuis le celte jusqu’au mexicain, et depuis le nègre jusqu’au chinois, malgré la différence originaire évidente de ces langues. Bornons-nous aux résultats de l’observation.

La Famille des langues de l'Asie orientale, ou des langues 4oNosyLLA- LIQUES, diffère entièrement de cell: des langues indo-germaniques. Elle comprend le fibefain, le chinots, 1c birman dans les dialectes de Pégou,

li. 30

d’Ava et autres, l’annamique dans les dialectes du Tongkin et de la Cochinchine, et le siamois dans ceux qui se parlent dans le Kambodje et jusqu'à la région montagneuse de la presqu'île de Malacca. Toutes ces langues manquent plus ou moins de moyens pour marquer directement.les cas, les genres, les nombres, les modes et les temps, ceux qui les parlent sont obligés de suppléer à l’absence des formes grammaticales et des règles de | syntaxe par des intonations, des gestes, et par une sorte d'écriture hiéroglyphique1. ‘ , Le nord, le centre et l’occident de l'Asie renferment la Famille des C langues TaATARES, comprenant trois ou même quatre genres de langues « infiniment supérieures aux idiomes monosyllabiques. Le {urcoman, le bou- « khare et diverses langues turques ou tatares, parlées par les Tatars pro- « prement dits, depuis la Crimée et Kazan jusqu'au Tobol, et à Khiva par les « Turcs-Ottomans et autres tribus, se distinguent par un système gramma- P tical assez complet, surtout à l’égard des conjugaisons, et par la faculté de

composer des mots avec autant de liberté que le grec, le persan et l’alle- «

mand : on y trouve plusieurs racines germaniques ?. La langue mongole, «

pauvre en combinaisons grammaticales, a pourtant des déclinaisons com- «

plètes ; elle est riche en voyelles et en mots harmonieux. La langue mand- e choue, quoique remplie de mots monosyllabiques, possède des formes grammaticales très-complètes et très-variées ; elle offre, chose singulière, quelque racines grecques et germaniques. Le coréen et le japonais renferment quelques mots mongols et chinois. La langue japonaise a une grammaire très-compliquée ; et quoiqu’elle renferme des mots chinois qui y ont été importés, elle n’a aucun rapport véritable ni avec le chinois, ni avec les idiomes parlés par les nations qui avoisinent le Japon. Le foungouse est un dialecte du mandchou. Le samoïède en diffère. Cependant on

1 Le tibetain et le birman offrent beaucoup de points de ressemblance ; le chinois se divise en plusieurs dialectes qui diffèrent principalement par la prononciation : la langue des lettrés ou le toudit=houa es basée, dit M. Klaproth, sur les mêmes racines que tous les autres dialectes chinois, mais ses formes sont moins rudes, et elle s’est défait de plusieurs consonnes fimales qui font partie des mots radicaux chinois. L’annamique renferme beaucoug de mots chinoïs qui paraissent y avoir été introduits par de nombreuses colonies chinoises établies dans l’Annam deux ou trois siècles avant notre ère. Le siamois et la langue de Laos ne sont que des dialectes d’un même idiome. (Huot.)

2 Klaproth fait remarquer que les idiomes teres montrent une si grande uniformité, qu’un habitant de Constantinople peut, sans trop grande difficulté, comprendre un Turc ou Tatare de la Sibérie ou de l'Asie centrale,

la Cochin- >» et jusqu’à es langues Jes cas, les arlent sont es règles de iture hiéro-

Famille des , de langues man, le bou- Tatars pro- Khiva par les me grammar la faculté de ‘san et l’alleque mongole, naisons comlangue mandle des formes se singulière, japonais renponaise à une mots chinois ec le chinois, bpon. Le foun- Cependant on

hnce ; le chinois rononciation : la s mêmes racines des, et elle s’est x chinois. L’an- Sté introduits par ois siècles avant ctes d’un même (Huot.)

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est tenté de croire que toutes les langues de l’Asie centrale et septentrionale, mieux connues, se rangeront dans une seule famille.

« La partie orientale de la Sibérie nous offre, dit M. Klaproth, quelques « faibles et misérables tribus, qui, cependant, sont d’un grand intérêt pour « l'étude des langues, parce que celles qu’elles parlent forment quatre « souches distinctes. Ce sont les Foukhagires, qui habitent à l’orient des « Turcs-‘akoutes, sur les bords de la mer Glaciale et de l’Indighirka; les « Koriaïkes, dans le nord du Kamtchatka; les Kamfchadales, dans cette « presqu'île, et à l’extrémité de l’Asie, les Tchouktchis, qui paraissent « être un peuple venu de l’Amérique, puisqu’ils parlent la même langue « que leurs voisins dans cette partie du monde, desquels ils ne sont sé- « parés que par le détroit de Béring. La langue des Tchouktchis appar- « tient indubitablement à celle des Américains polaires, parmi lesquels il « faut ranger les Groenlandais, les Eskimaux et les habitants de Kodiak.

« La langue des Kouriles s’étend en différents dialectes depuis la pointe « méridionale du Kamtchatka, par les îles Kouriles et l’Yéso, jusqu’au « détroit qui sépare cette terre du Japon. Plus à l’ouest, elle est parlée « sur toute la grande île de Tarrakaï et même sur le continent de la Ta- « tarie, à l'embouchure de l'Amour, par les Galiaks et autres tribus de la « même race. Cet idiome forme une souche à part, et offre peu de ressem- « blance avec d’autres langues 1. »

Les terres Océaniques , depuis Sumatra jusqu’au delà d’'O-taiti, nous présentent une série d’idiomes qui tous ont des rapports avec le malats, que l’on parle dans la péninsule orientale des Indes. Le même genre se retrouve à Madagascar, mais dans un état plus parfait, avec une grammaire plus combinée. Les langues de la Famille maLAISE sont répandues dans cet immense archipel. Bæur centre est dans les grandes îles de Sumatra et de Java. Le tagaleg et le bissayo des îles Philippines se trouvent aux îles Moluques et aux îles Mariannes ; il y en a des traces à la Nouvelle-Zélande. Ces deux langues ont aussi des rapports avec le mamdchou et le mongole. Le faïtien est répandu dans toutes les petites îles du Grand- Océan. Plus à l’ouest, les peuples de la Nouvelle-Calédonie, de la Nouvelle-Guinée, de l’île Van-Diemen et de la Nouvelle-Hollande, parlent des idiomes qui probablement forment une ou plusieurs familles à part.

L'Océanie nous présente un usage singulier : les princes, à leur avène ment au trône, changent plusieurs mots du langage national. Cette insti-

UKlaproth et Léon Vuïsse, article Langues, daus l'Encyc'opédie moderne, édition Didot, 1850.

tution se retrouve en Afrique. Les nombreux idiomes des sauvages seraient ils donc, en partie du moins, des.espèces d’argofs, créés et: adoptés par des familles isolées.et:obligées d'être en-garde les unes contre les autres? Cette hypothèse offre beaucoup de vraisemblance,

Les langues:.de l’Afrique,. extrêmement peu:connues, ont:paru inrnombrables à quelques voyageurs. D’autres: pensent que cela n’est vrai que des idiomes. des nègres. proprement dits, En effst, depuis le Sénégal jusqu'au cap Negro, le langage parlé varie souvent de village.en village; les langues des Folofs, des Foulahs, du pays de Dahomey, des royaumes de Beninet de Congo, ainsi.que celle de la. Nigritie intérieure, offrent partout. les mêmes combinaisons de consonnes et quelques mots communs.

Dans le nord de l’Afrique, la langue des Berbers, qui se divise en plusieurs dialectes, nous paraît le dernier reste des idiomes parlés le long du mont: Atlas.et de la Méditerranée; mais on n’en n’a que de faibles notions. A la même souche appartiennent le famasey du Maroc, le choviah de Tunis, le touarik du.Fezzen, le fibbo du Sahara, le chsllah ou chillouh du Darah, et d’autres que l’on ne connait encore que très-imparfaitement. Le copfe ou le cophte, reste de l’ancien égyptien, est mieux connu : on sait combien il est dégénéré, puisque sur cent mots plus de la moitié appartiennent au grec ou. à l’arabe,

« Quant au fond égyptien de la langue cophte, dit M. Klszroth, on « aurait pu penser qu'on -retrouverait dans d’autres idiomes de l'Afrique « septentrionale des mots qui lui appartenaient ; mais cette recherche n’a « pas encore produit de résultats satisfaisants. On trouve, au çontraire, « un-bon nombre de termes cophtes qui ont des rapports frappants avec les « idiomes ouraliens, tels que le votiak, le permien, le morduin, lostiak de « l'Obi, le vogoul, et principalement le tchérémisse et le tchouvache. « D’autres mots cophtes offrent des ressemblances avec ceux de la langue « des Sanoïèdes, des. peuples du Caucase et de l'Europe septentrionale. « Ses rapportsavec les dialectes de l’Asie méridionale sont moins fréquents; « ils paraissent. annoncer que l’on peut concevoir des doutes-sur l’origine « africaine des Egyptiens. Nous savons, d'ailleurs, que la civilisation de « l’ancienne Egypte n’a pas suivi le cours du Nil, mais qu’elle a, au con- «traire, remonté ce fleuve; ces deux faits viennent donc à l'appui l’un de « l’autre. »

Dans la Nigritie orientale, les divers idiomes foulahs, tels que le foullan et le fellata, forment une Famille. Le mandingo et le jallouka dans la Sénégambie, le sokko, parlé par une nation civilisée, le sousou et le kong

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