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chrétiens et des musulmans qui s'accordent dans leur penchant à la révolte, La crèche où naquit le Sauveur du monde est recouverte d’une église magnifique , fondée par sainte Hélène, mère de l’empereur Constantin, et ornée par les dons pieux de toute l'Europe.
Cet édifice, qui est la seule curiosité de Béthléhem, est assez spacieux ; 59 charpente en bois de cèdre est soutenue par #8 colonnes en marbre rouge; toutes les chapelles sont incrustées de matières précieuses, telles que le marbre, le jaspe et le bronze doré, et ornées de mosaïques et de peintures ; une innombrable quantité de lampes d’or et d'argent les éclairent. Un couvent de catholiques, attenant à l’église, et qui par ses hautes murailies ressemble à un château fort, renferme la célèbre chapelle de la Nativité, vaste grotte souterraine pavée en marbre et comprenant trois autels éclairés par des lampes d'argent : l’un s'élève à la place où, suivant la tradition, naquit Jésus-Christ; le second indique celle de la crèche, et le troisième celle où les mages se prosternèrent devant le nouveau-né ; près de là un petit bassin de marbre est, dit-on, l’auge dans laquelle il fut déposé. Les trois quarts des habitants de Bethléhem forment 500 familles, qui professent la religion chrétienne, et fabriquent, avec du bois et des coquilles nacrées qu’on pêche dans la mer Rouge, des croix, des chapelcts et autres petits objets de dévotion qui sont bénis au Saint-Sépulcre, à Jérusalem, et qui se vendent aux pêlerins ou s’exportent à Saint-Jean-d’Acre.
La ville d’Æébron, nommée en arabe Khalil, et Kabr-Ibrahim, se vante à Lort de posséder le tombeau d'Abraham, vénéré des musulmans comme des chrétiens, ainsi que ceux d'Isaac, de Rebecca, de Jacob, de Rachel et de Joseph; ce qui est plus certain, c’est qu'Hébron, situé au sud de Jérusalem, dans une contrée moins aride, compte # à 5,000 habitants, qui passent pour se livrer au brigandage; qu’elle produit de belles verreries et exporte une grande quantité de dibs, espèce de sucre de raisin. Hébron se nomma primitivement Kiriath-Arba, elle prétend à une très-haute antiquité; selon Moise et l'historien Josèphe, elle était plus ancienne que Tanis, Memphis et quelques autres villes de l'Égypte.
À 7 lieues au nord-est de Jérusalem, dans la grande et fertile plaine nommée £El-Gor, qu’arrose le Jourdain, on visit: l& village de Richa, ou Raha, appelé aussi Rah, l'ancienne Jéricho, à laquelle Moïse donne le nom de cité des palmiers, nom qu’elle méritait; mais les plantations d’opobal-
! L'un de nos compatriotes, M. De Saulcy, vient dans une exploration faite en 1850
en Palestine, de découvrir les tombeaux des anciens rois de Judée, il a aussi dressé la carte des côtes occidentales et méridionales de la mer Morte.
samum, ou baumier de la Mekke, ont disparu, et les cuvirons de cette ville ne se couronuent plus de ces fleurs, que, par une e:1:1 r superstitieuse, on a nommées roses de Jéricho. De loin cette cité céléore semble être réduite à une seule tour. Au lieu de cette muraille qui défiait les armées, on ne voit plus qu’une haie de bois mort; à la place de ses nombreuses habitations s'élèvent une douzaine de maisons en pierres et couvertes en chaume.
A lorient de la Judée, deux âpres et arides chaînes de montagnes enferment, entre leurs murailles noirâtres, un long bassin creusé dans des terres argileuses, mélées de couches de bitume et de sel gemme : c’est le lac Asphaltite où mer Morte, le Bar-el-Lot, ou mer de Loth des Arabes, et l’Oula-Deghizi des Turcs. Cette mer a environ 24 lieues de longueur sur # ou 7 de largeur, ses eaux imprégnées de sel, se chargent encore d’acide hydrochlorique et d'acide sulfurique; elles tiennent en dissolution une quantité de sulfate de chaux et d’hydrochlorate de chaux, de magnésie et de soude, égale au quart de leur poids; leur pesanteur spécifique est de 4,21 ; elles ont des qualités pétrificatrices; leur goût est désagréable, et l’on ne peut en boire sans éprouver une sorte de suffocation. De loin elles paraissent d’un vert pâle; de près leur teinte devient bleuâtre; lorsqu'on en prend dans le creux de la main e’les ont la couleur de l’huile. Cinquante pas avant que le Jourdain ne s’y jette, les eaux de celui-ci contractent un goût amer. L’asphalte, ou bitume de Judée, s’élève, de temps à autre, du fond du lac, flotte sur sa surface et est recueilli sur ses rivages ; autrefois on allait, en nacelle ou en radeau, le chercher au milieu du lac. Aucun voyageur n’a pensé à y naviguer, ce qui pourtant serait le meilleur moyen de l’explorer!. D’après la plupart des témoignages, il ne vit dans ce lac ni poissons ni mollusques ; une vapeur malsaine s’en élève quelquefois ; on n’aperçoit çà et là aux environs qu’un petit nombre d’arbres rabougris; et ses rives sont affreusement stériles. Il paraît que le bassin de la mer Morte était jadis une vallée fertile, en partie suspendue au-dessus d’un amas d’eaux souterraines, en partie composée de couches de bitume; le feu du ciel alluma ces matières combustibles; les terres fer-
1 La mer Morte vient pour la première fois d’être entièrement explorée, par le major américain Lynch, qui en a fait deux fois le tour en 1848 à l’aide de barques en fer et en cuivre, transportées à dos de chameau de Caïpha au lac de Tibériade, et conduites par lui même de ce lac à la mer Morte. Ce voyage a duré trois mois, il a été publié sous ce titre : Narrative of the United-Stades expedition to the river Jordan and the Dead Sea, with maps and illustrations, 1 vol. gr. in-8° 1849.
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tiles s’écrowèrent dans l’abime souterrain; les villes de Sodome, de Gomorrhe, Seboïm, Adama, Segor, construites peut-être en pierres bitumineuses, devinrent également la proie de ce vaste incendie. C’est ainsi que la géographie physique aime à concevoir les révolutions dont ces lieux, selon Moïse, ont dù ètre le théâtre.
Ce n’est que depuis quelques années que l’on connaît l'énorme dépression de la vallée du Jourdain, et en particulier du bassin de la mer Morte. Cette dépression est évaluée par M. Delcros à 426,3 mètres, par M. Symonds à #27 mètres; M. Russegger la trouva de 434 mètres. Les sondages récents de M. Lynch ont fait connaître que sa plus grande profondeur est de 436 mètres environ. Le fond de la mer Morte semble se composer de deux plaines submergées, l’une élevée, l’autre très-enfoncée ; la première couverte d’une vase gluante, l’autre de vase mêlée de cristaux de sel; un ravin étroit y fait suite au lit du Jourdain à une grande profondeur. Enfin, au dire de M. Lynch, « cette mer est merveilleuse dans toute l’acception du mot, tant les changements d'aspect y sont soudains : on dirait un monde enchanté; on dirait que nous sommes sur les bords d’une vaste chaudière quelquefois bouillante. » La mer Morte est un lac sans écoulement ; l’évaporation et le volume des eaux qui y affluent se font équilibre ; en hiver la température et par suite l’évaporation étant moins considérable, la surface de cette mer s'étend davantage.
Au sud de la mer Morte se trouve la vallée de Siddim ou £l-Arabu, qui va en s’élevant jasqu’à 44 lieues au nord du golfe d’Akaba, sur la mer Rouge, au point appelé El-Saté, dont le niveau peut être évalué à 160 mètres au-dessus de la Méditerranée. A partir de ce point, une autre vallée, celle d’Akaba, s'abaisse à son tour vers la mer Rouge jusqu'à l'extrémité septentrionale du golfe Élanitique ou d’Akaba, dont les eaux ne s'élèvent que de 40 mètres au-dessus de la Méditerranée.
Ces faits semblent prouver que la mer Rouge et le lac Asphaltite sont des centres de bassins séparés depuis l’époque géologique de la constitution générale de la contrée; que par conséquent jamais leurs eaux n’ont pu se mêler, et qu’enfin le cours du Jourdain a toujours eu les mêmes limites : ce qui s’accorde parfaitement avec les textes bibliques 1.
1 Cependant cette question n’est pas encore décidée aujourd’hui, et quelques voya= geurs modernes MM. Anderson et Schubert, entr’autres admettent l'hypothèse de
l’ancienne communication de la mer Morte avec la mer Rouge. — Voyez Mislin tome IE P. 334.
TABLEAU des divisions de la Syrie, sous les Romains, daus les trois premiers siècles.
GRANDES DIVISIONS. cms visions. SOUS-DIVISIONS, dus VILLES PRINCIPALES,
Comagena. . . ....., Samosata,