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tête. Ce monument est sculpté sur un rocher aux environs du lac d'Ourmiah.
Le major anglais Rawlinson nous fournit des renseignements nouveaux sur les antiquités de la par‘'e de la Perse que nous parcourons. Il a visité I" ville peu connue d'Ouchnei, dans un district habité par des Kourdes de la tribu de Zerza, qui ont été cruellement décimés par la peste dans ces dernières années. Cette ville, qui avait plus de 1,000 maisons, n’en a pas 200 aujourd’hui. À quelques lieues de là, dans les montagnes, se trouve le fameux Keli-chin : c’est un pilier de 2 mètres de haut, de 75 centimètres de large sur deux faces, et de 40 centimètres sur les deux autres; il est arrondi aux angles et par en haut, et repose sur une base de la même pierre, de À mètre 50 centimètres de côté sur 75 centimètres d’élévation. Sur le cûté oriental se trouve une inscription cunéiforme de #1 lignes, mais tellement effacée, que M. Rawlinson n’a pu parvenir à la copier. Le froid est d’ailleurs tellement vif dans ces montagnes au sud-est d'Ourmiab, qu'il fut obligé de s'éloigner. A cinq licues plus loin, il existe un pilier semblable qui porte aussi le nom de Æeli-chin, et dont l'inscription est, dit-on, beaucoup mieux conservée. Ces deux piliers sont importants, parce qu'ils indiquent la route que l’on suivait jadis pour traverser cette chaine de montagnes en se rendant de Ninive à Ecbatane,
M. Rawlinson se dirigea de là vers l'Orient, et visita successivement la petite ville de Saou-Boulak, le pilier de Æeli-Sipan, et les remarquables grottes de Æarufton.
À 200 milles plus loin, il arriva aux mines de Zakhti-Soleiman. Elles couvrent une colline d'environ 60 mètres d’élévation qui domine la plaine. L : mur d'enceinte a 1,330 pas de circonférence. Il y à compté les débris de 37 bastions. Il ne vit de maçonnerie, dit-il, que du côté de la porte du sud, au-dessus de laquelle des blocs informes sont disposés en arche, de manière à figurer une sorte de frise au portail. I observa dans l'enceinte un bassin de 300 pas de circuit rempli d'eau. Selon M. Rawlinson, Hérodote a décrit Atropatène, la capitale de la Médie, sous le nom d'Ecbatane, avec certains traits qui ne conviennent qu’aux ruines de Tahkti-Soleiman ; dans le hivre de Tobie, on la nomme Charran, au temps des Arabes Arran : sous Déjocès, le château s’appelait Ver que les Grecs ont traduit par Véra. Pour l’auteur, Gasa est la traduction de l’ancien nom d’Ecbatane; et il
! Communication faite, le 24 février 1840, à la société géographique de Londres par lord Palmerston.
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« La ville de Æhoï, qui : ‘est pas fort ancienne, dit M. Jaubert, a des fortifications régulières. On n’y voit pas un grand nombre de mosquées ni de maisons considérables ; mais les rues sont ombragées d'arbres, et l'on y trouve un assez beau caravansérail spécialement réservé pour les marchands. On peut évaluer à 20,000 âmes la population de cette ville, dont les habitants se disent aussi d’origine tatare, et qui a valu à la contrée le surnom de Turkestan persan. Les troubles qui ensanglantèrent le règne d’Aga-Méhémed-Khan furent nuisibles à Khoï, en forçant un grand nombre de familles à s’expatrier. » À 44 lieues à l’ouest, le Télkh-Tchaï ou le fleuve amer, dont les eaux sont saumätres, va se jeter dans le lac; on remarque sur cette rivière un pont solidement construit, dont les arches posent sur des piles en granit noir ornées d'anciennes sculptures. A 12 licues au nord-ouest de Tauris, Marend, l'antique Morunda, peuplée de 8 à 10,000 âmes, est moins une ville qu'une réunion de plusieurs villages dont les maisons sont séparées par de grands vergers. La partie nord-ouest de l’Azerbaïidjan est formée par le bassin du Kara-sou, rivière qui s'écoule dans l’Araxe. On y trouve la ville d’Ardebil, bonne place de commerce plutôt que place de guerre; ses fortifications sont tout au plus médiocres. Elle est en vénération chez les Persans, parce qu’elle renferme les tombeaux de Sefi, chef de la dynastie des Sophis, et ceux de plusieurs princes de cette race, Avant la dernière guerre contre les Russes, elle possédait la plus riche collection de manuscrits de l’Orient qui font aujourd'hui une des principales richesses de la bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg. Dans les environs, on cueille d’excellents fruits ; de nombreux canaux d'irrigation font prospérer l’agriculture.
Nous avons décrit, dans la région caucasienne, les provinces de Chirvan, de Daghestan et de Géorgie, ainsi que l’Arménie, qui longtemps ont appartenu à la Perse, mais qui aujourd’hui se trouvent sous la domination russe. Nous passons à la partie de la Perse qui borde la mer Caspienne.
A l’est de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan, au sud du Chirvan, s’étend la fertile, riante, mais malsaine province de Ghilan. L.e5 nombreuses rizières et les montagnes boisées y rendent l’air épais. Un voyageur assure qu’en traversant les forêts qui la remplissent, il ressentit subitement des maux de tête et un malaise qu’il ne pouvait attribuer qu’aux fortes exhalaisons des
? Trézel, ineraire dans le Ghilan et le Mazanderan, en 1806 (manuscrit).
plantes, des arbres et des eaux stagnantes!. L'extrèrne humidité de l'air introduit la rouille même dans l'intérieur des monires que l’un garde avec le plus de soin. Les habitants observent que les fe:; ns, i£s mulets et la volaille jouissent d’une bonne santé. Juin, juillet et aout sont les mois les plus malsains de l’année, Les chaleurs élèvent sur les rizières et les marécages des vapeurs qui occasionnent des fièvres presque générales. I pleut ordinairement, et avec force, en octobre, en novembre et en décembre. En 4741, il tomba une si prodigieuse quantité de neige dans le Ghilan que, pendant plusieurs jours, les habitants ne purent communiquer entre eux que par le toit de leurs maisons, qui ne sont pas très-hautes. A Recht, des maisons sont renversées et une partie de la ville inondée en moins de deux heures par de violents orages. Le printemps dure plusieurs mois : c’est la saison la plus saine de année. Les prés et les bois restent toujours émaillés de fleurs. Le sol y est extrêmement fertile, et produit du chanvre, du houblon, et presque toutes sortes de fruits sans culture. Les oranges, les limons, les pêches et les grenades y abondent. Ici, comme aux bords-du Mississipi, les lianes étouffent les chênes, les ormes, les frênes, sous le luxe brillant, mais funeste, de leur végétation parasite. Les ceps de vignes s’attachent aussi aux arbres, et croissent naturellement sur les montagnes ; mais, faute de culture, le raisin n’est pas bon pour faire du vin, à moins qu’on ne le mêle avec d’autres. La principale production est la soie !.
Les Ghilaniennes ont les yeux bleus, les cheveux dlonds, la figure petite et les traits délicats, ainsi que la taille. Leurs enfants sont trèsbeaux dans leur bas âge, mais les mâles changent en grandissant. Les hommes sont maigres , sales et d’un caractère léger. La langue qu'ils parlent leur est particulière et n’a aueun rapport ni avec l'arabe ni avec le persan. S
« Les Ghilaniens, dit M. le général Trézel, sont dans l’usage de mar- « cher toujours armés de carabines, ou, au moins, d’un épieu et d’un « couteau suspendu à la ceinture, à la manière des Géorgiens. Un grand « ne sort pas de ses domaines sans être accompagné d’un bon nombre de « fusiliers qui chassent le sanglier chemin faisant, Ils tirent juste et sont « fort lestes. J’ai vu souvent ces hommes à pied venir au-devant de nous « à plusieurs lieues, et nous précéder constamment au retour, quoique « nous allions quelquefois au grand trot. Ils sautent en criant dans des « ruisseaux où ils ont de l’eau jusqu’à la ceinture ; leurs chefs les animent
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La superficie du Ghilan est d'environ 600 lieues carrées; sa population de 50,000 familles d'environ cinq individus, et ses impôts sont évalués à 2 millions de franes, dont les quatre cinquièmes seuls entrent dans le trésor royal.
Parmi les villes, on remarquera Rescht, capitale de la province, située à deux lieues de la mer, dans le canton qui produit la meilleure soie, Cette ville peut avoir 3,000 maisons, dont les trois quarts sont éparses au milieu des arbres. Sa population est, dit-on, de 80,000 âmes. Elle est dépourvue de tout ouvrage de défense et même de clôture, Les maisons sont construites en briques cuites et terminées par des toits peu inelinés et couverts en tuiles rondes. On y compte 2,000 métiers pour la fabrication de la soie?, C’est un des principaux entrepôts du commerce de la mer Noire.
Rescht renferme les restes d’un très-beau palais bâti par un riche seigneur; mais le fils de celui-ci ayant été tué, ce bel éditice a été abandonné et tombe aujourd’hui en ruines. La répugnance qu’éprouvent les Persans à habiter les maisons de ceux qui meurent de mort violente explique pourquoi tant de villes de la Perse sont remplies d'habitations ruinées. On dit que Rescht paie à la couronne 300,000 francs de contributions fixes. Les flaques d’eau et les marécages situés dans ses environs en rendent l'air très-malsain.
Le port de Rescht est au village de Zénzili, ou d’Enzeli, dans la baie de de ce nom, baie de-6 lieues de longueur et de # de largeur, qui a l'avantage d’être abritée des coups de mer par une langue de terre large d’une demilieue. Ce port est fréquenté par les bâtiments russes d'Astrakhan.
Entre Rescht et Ardebil habite une partie de la tribu des Talichs. A 5 lieues à l’ouest de Rescht, la ville de Fomen, renommée pour ses belles soies, se compose d’un millier de maisons. Lahidjan en contient environ 1,200. Cette dernière s’élève au pied d’une colline boisée. Le khan qui y fait sa résidence ne paie pas d'impôts, mais il fournit ses troupes au Schah quand ce prince est en guerre. Lengher-Roud, située sur la rivière de ce
nom, qui signifie la rivière du mouillage, est le port de Lahidjan, dont elle est éloignée de 3 à 4 lieues. Cette ville se compose de 6 à 700 maisons
1 M. 4. Jaubert : Voyage en Arménie et en Perse; Notice sur le Ghilan et le Mazanderan.
2 Trézel, liinéraire manuscrit.
réunies, mais en comprend un plus grand nombre dispersées dans ses environs.
Nous avons déjà parlé de la nature calcaire et de la grande élévation de la chaîne de montagnes qui séparent le Ghilan ainsi que le Mazanderan du reste de la Perse. Les vallées enfermées dans cette chaine, et garanties des vents de la mer Caspienne, jouissent d’un air sec, d’une température constante et de saisons plus distinctes que le Ghilan maritime. Deux défilés tracés à travers cette chaîne conduisent, l’un d’Ardebil à Astara, l’autre de Kasvin, par Roudbar, à Rescht. Un troisième défilé, près Len£kerän, entre les montagnes et la mer, communique avec le Chirvan. Cette partie montagneuse du Ghilan s’appelle le Dylem, ou Deilam, d’après une tribu qui a donné des souverains à la Perse, et que Moïse de Khorène cite pour la première fois sous le nom de Delmi. Le nom de Ghilaniens, ou Ghelaky, e; mieux Ghilek, est le même que celui des anciens Gelæ. Les Ambarlins, c’est-à-dire les gens de la vallée, habitent un district gouverné par un khan particulier.
Le Mazanderan, situé à l’est du Ghilan, y ressemble beaucoup. De hautes montagnes au sud, la mer Caspienne au nord, enferment des vallées couvertes de forêts et entrecoupées de courants très-rapides. L’air y est, du moins en quelques endroits, plus pur que dans le Ghilan ; les habitants sont plus forts et jouissent d’une meilleure santé. On dit qu’ils ont les sourcils joints et beaucoup de cheveux. Ils se nourrissent de riz, de poisson et d’ail. Le froment réussit peu dans ce pays; mais on y cultive la canne à sucre, chose étonnante pour cette latitude de 37 degrés, et si près du centre de Asie. Elle mürit quatre mois plus tôt que la canne des Indes occidentales. Elle donne beaucoup de sue, que les habitants expriment et recueillent sans art, sans soin ; ils n’en tirent qu’un sirop grossier ou une pâte épaisse. Le mauvais goût de ces produits pourrait sans doute disparaître par des apprèts plus soignés. Un Russe a tenté, mais sans succès, d'établir ici une raffinerie de sucre.
Les habitants du Mazanderan ont le teint plus basané que celui des Persans méridionaux ; leur langage est aussi plus informe et plus dur. Au lieu des bonnets cylindriques et des petites calottes dont se coiffent les Ghilaniens, ils portent un cône bas et pointu fait en peau d’agneau ou en drap de laine brune que l’on fabrique dans le pays.
La principalc ville est Balfrouch, ou Balfurouch, qui contient 150,000 habitants, surtout pendant l'hiver, parce que tout le peuple des montagnes y descend avec ses récoltes avant que la neige en encombre les chemins.
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Elle possède d’immenses bazars et plusieurs collèges qui ont été fandés par de riches seigneurs. C’est, dit le voyageur Fraser, un spectacle curieux en Perse, qu’une ville exclusivement livrée au commerce, entièrement peuplée de marchands et d'artisans, jouissant d’une aisance et d’un bonheur sans exemple dans les autres parties de la Perse. Le gouverneur lui-même est un négociant !. Elle fleurit par le commerce de la soie. On travaille le fer de la province à Amol, appelé aussi Amoul, où il y a un magnifique pont, et où les maisons sont éparses au milieu des arbres sur une grande étendue de terrain. Le nombre de ses habitants est d'environ 30,000, C’est dans ses environs que sont situées les principales mines du Mazanderan. Sari est la résidence des khans. C’est une ville de 30,000 âmes, défendue par des fossés et de mauvaises fortifications.
Dans l’agréable et pittoresque canton d’Aster-Abad, qui s’est quelquefois maintenu indépendant des souverains de la Perse, on trouve la ville du même nom qui renferme 40,000 habitants. Elle a des manufactures d’étoffes de soie et de laine. Le voisinage fournit une racine précieuse pour teindre en rouge les belles étoffes de Perse. Le port de Mechehedi Ser, qui n'est qu’un village situé à 4 lieues de Balfrouch, exporte du coton, de lindigo et des drogueries de l'Inde. Aschraf, où Schah-Abbas voulait établir sa résidence etsa marine, a vu ses palais tomber en ruines avant d’être habités. Le Mazanderan compte, dit-on, 450,000 familles sédentaires; ce qui donnerait une population de 6 à 700,000 âmes, et un grand nombre de tribus nomades de Kadjar, de Khodjavend et de Modanlou.
La partie montagneuse du Mazanderan occidental touche à la province appelée Tabaristan, soit du nom des anciens Tapyri, soit d’un mot arabe et chaldéen, signifiant montagne boisée. C’est ici qu’un long défilé, la principale des portes Caspiennes, conduit de Reï à Amoul. Un autre défilé mène du Mazanderan oriental, par le district de Komis, dans le Khorassan. Les chemins, dans le Mazanderan, sont très-mauvais: point de navigation; les bateaux, ouverts et mal gréés, ne peuvent affronter les flots ni les tempêtes. Les maisons, bâties en briques ou en mortier, ont le toit plat. ?. Quand un voyageur de distinction entre dans un village, les habitants assemblés érigent un arbre en son honneur, et lui donnent le spectacle d’une lutte. Les Ghilaniens, ainsi que nous l’avons dit, portent le bonnet conique; celui des Mazanderaniens, entouré de fourrures, s’allonge en pointe recourbée.
* Fraser : Voyage aux côtes de la mer Caspienne. ? Forster, 11, 315, trad, de Langlés.
La jaquette ouverte et le pantalon leur donnent un air plus européen que les Persans.
Ferh-Abad passe pour être la capitale du Mazanderan. C’était autrefois la résidence du Schah Abbas le Grand, qui y mourut en 1628. Elle est située sur le bord de la mer Caspienne, à l'embouchure de la rivière de Thedjin, Les ruines de son ancien palais et de ses autres édifices attestent encore la magnificence de son fondateur et la prospérite dont elle jouissait lorsque sa population s'élevait à environ 20,000 âmes. Aujourd’hui ce n’est plus qu’un misérable village.
La province de Tabaristan où Tabéristan est bornée au nord par le Mazanderan, à l’ouest par le Ghilan, au sud par l’Irak-Adjemi, et à l’est par le Khorassan. Sa longueur est de plus de 100 lieues, sa largeur moyenne de 20 environ. C’est un pays montagneux, dont la température est douce, et dont le sol est généralement peu fertile. Son chef-lieu est Damavend, ville de 2 à 3,000 âmes, située dans une vallée au pied des monts Elbours. L’édifice le plus remarquable est une mosquée dominée par une vieille tour qui sert de minaret. La seule autre ville que nous avons à mentionner, malgré son peu d'importance, Damghan où Damagan, jadis florissante sous le nom d’Hécatonpylos, aujourd’hui misérable amas de maisons en ruines, donne encore son nom à un pays qui comprend la partie orientale du Tabaristan.
Deux grandes portions de la Perse appellent nos regards : lune inclinée vers le golfe Persique et la mer des Indes, l’autre appuyée à la Tatarie. Parcourons d’abord la première.
En allant d'Ispahan au sud-ouest, on traverse d’abord les monts £l-Ahvas, nommés anciennement Parachoatra, c’est-à-dire montagnes de feu !; il s’ouvre ensuite une grande plaine où serpentent une infinité de rivières, el où règne une chaleur humide : pour tout arbre on voit le palmier; pour toute culture quelques rizières. C’est l'ancienne Susiane; mais Suse, ou la cité des lis ?, le séjour le plus voluptueux de toutes les résidences des grands rois, n’est plus qu’un monceau de ruines; la Susiane même à perdu son nom. Celui de ÆKhouzistan, sous lequel les géographes la connaissent depuis d’Anville, aurait, selon Nicbuhr, disparu à son tour, et le pays ne porterai, que le nom de Louristan. Mais de savants orientalistes prétendent que le véritable nom général de la province est Æhourestän, et qu’elle embrasse quatre sous-divisions: 4° le Ahouazistan, qui répond au pays des anciens Uxü, et qui jouit d'un air tempéré; 20 le Khouzistan, qui est ie pays des
! Hadgi-Khalfah, Akoulfeda, etc.
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D'autres ne partagent cette province qu’en trois parties ; au centre le ÆÉhouzistan propre, ou l'ancienne Susiane ; au nord le Lourestan, ou PElymaïde; et au sud le pays d’Ahouaz ou l'Ahouazistan.
Des tribus arabes ont dévasté l'Élam et le Souzistan, contrées fertiles et malsaines. La tribu de Æiab est devenue célèbre depuis que le cheik Soleyman, el: 1765, s’empara de trois bâtiments de guerre anglais, et se rendit maîtrede tout ie golfe Persique. La ville de CAouchter ou Schouster, soumise à la Perse, fait un bon commerce en drap d’or et en soie, et parait renfermer 20,000 habitants. On y remarque un bel aqueduc qui fut construit par Sapor.
C'est dans ses environs que se trouvent quelques ruines qui marquent l'emplacement de l’antique et célèbre ville de Suze : ce sont des vestiges de terrasses, des inscriptions en têtes de clou, et un tombeau que l’on prétend être celui du prophète Daniel, et qui est pour les juifs un lieu de pèlerinage.
Dizfoul, où l’on voit un des plus beaux ponts de la Perse, parait être une ville de 20,000 âmes, elle est devenue depuis quelque temps la premiére ville du Khouzistan par son commerce et son industrie. Dans ses environs se trouvent les ruines d’une antique cité que les Persans nomment Chouch, et que le savant M. de Hammer croit être £lymaiïs, jadis renommée par son temple de Diane. G'oban, sur le golfe Persique, à 38 lieues de Schouster, est la résidence d'un cheik de la UY'ibu des Beni- Kiab. Havizé ou ILaviza, où demeure un autre cheik, renferme 2,000 maisons. Æourmaabad où Khourremäbéd, appelée aussi ÆKhorremabad, qui paraît être l'antique Corbiena, est ü-‘endue par un fort dans lequel réside le khan des Feiïli.
Le Khouzistan renferme des montagnes peu élevées, mais dépourvues de végétalion ; cependant quelques-unes de leurs cimes passent pour atteindre environ 3,000 mètres de hauteur au-dessus du niveau de la mer. Le sol de cette province ne jouit de quelque fertilité que dans les lieux où les irrigations sont faciles ; mais elle manque de forêts, et dans quelques parties les roseaux et les jones servent à la construction des habitations etremplacent le bois de chauffage, Sa population se compose de Tadjiks, de Sabis ou
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d’Erdilanis et d’Arabes, ainsi que de quelques autres tribus moins imporlantes.
De Schouster où peut entrer par la ville de Ragian et les défilés de Zindjerän, les anciennes portes de la Susiane, dans le Parsistan, ou, comme disent les Persans modernes, le Farsistan ou le Fars, la Persis des anciens, la plus belle province du royaume, et qui renferme la seconde ville en importance et en célébrité. Schtraz, capitale du Farsistan, estsituée sur le Roknabad, dans une vallée fertile d'environ 26 milles de longueur sur 42 de largeur, fermée de tous côtés par de hautes montagnes. Le tour de la ville es’ d'environ # milles : elle est protégée par un mur de 8 mètres de hauteur sur 3 d'épaisseur, avec des tours rondes de 80 pas en 80 pas. Ses rues sont étroites et mai pavées. La citadelle est bâtie en briques; elle est précédée d’une grande place, garnie d’un parc de misérable artillerie, La mosquée du Régent, bâtie par Kerym, est magnifique, mais elle west pas achevée. La principale est celle d'Afabey-Schah. Les Persans inodernes semblent exceller dans l’art de peindre en bleu et en or, d’une manière brillante et durable. Le bazar, dit du vékil, offre un magnifique assemblage de boutiques. Les bains peuvent rivaliser avec les plus beaux de l'Orient. Le tombeau de Hafz, l’Anacréon persan, est au nord-est, à 2 milles des remparts. On voit aussi, hors de ses murs, celui du célèbre Saady. Cette ville, qui possède 41 colléges, ce qui lui a fait donner par les Persans le surnom de Séjour de la Science, paraît renfermer 40,000 habitants.
Il n°y a pas de lieu dans l'univers où les vivres soient plus abondants et meilleurs qu’à Schiraz. On ne peut imeginer une vallée plus délicieuse que celle où est située cette ville. Les champs s'y tapissent d'immenses récoltes de riz, de froment et d’orge : on commence à les couper dans le mois de mai, et la moisson est ordinairement terminée à la mi-juillet. On y mange beaucoup de fruits, des mêmes espèces que ceux d'Europe, mais qui sont iofiniment plus gros, et qui ont, particulièrement les abricots et le raisin, beaucoup plus de saveur et de parfum !. Schiraz est sou: le plus beau climat du monde, et jamais on y ressent ni chaleur ni froid extrêmes. Pendant ie printemps, des fleurs de toute espèce et de toutes couleurs parfument un air déjà naturellement doux. Le rossignol de jardin, que les Persans appellent bulbulhezar-dactan, le chardonneret et la linotte, unissent dans cetle belle saison, leurs mélodieux accents. Tant d’agréments réunis à !a
! Franklin, Voyage du Bengale à Schiraz, dans la Collection des Voyages de Langlés, ch, IX-XIV.
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