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Le Laristan, dont une lisière maritime s’appelle le Guermasir ou Kermasir, c’est-à-dire le pays chaud, a souvent fait partie du gouvernement de Farsistan, et doit même être considéré comme un district de cette province, dont il occupe l’angle sud-ouest. Lar, qui en est la capitale, est bâtie au pied de collines qui dominent une plaine couverte de palmiers. C’était jadis une ville florissante ; le palais du gouverneur et le château sont en délabrement; mais le bazar est encore un des plus magnifiques de la Perse. Sa population, suivant un voyageur, est de 15,000 âmes. Cette ville possède des manufactures d'armes et d’étoffes de soie. Quoique sablonneux, son territoire est rempli d’orangers, de citronniers, de tamariniers ; les dattes y abondent. On y boit de l’eau de citerne, qu’on a soin de faire bouillir pour la purger d’un ver contagieux qui, sans cette précaution, s'établit entre cuir et chair, et est aussi menu qu’un cheveu; on l’extirpe en le roulant sur un morceau de bois. Ce n’est pas sans douleur, ni même sans danger, qn’on vient à bout de s’en défaire. Ce désagrément est commun à presque toutes les côtes du golfe Persique.
Bender-Abassi, port situé à l’opposite d’Ormus, est plus connu sous le nom de Goumroun ou Gomron; c'était le plus célèbre abord du golfe Persique, et l'entrepôt général des marchandises. Les Portugais s’en étaient emparés. Abbas le Grand, aidé des Anglais, les en chassa en 1614. Le brillant commerce de Bender-Abassi est aujourd’hui bien déchu, et les Hollandais qui y avaient un comptoir l’ont même abandonné. Aujourd'hui elle appartient à l’iman de Mascate, auquel la Perse l’a cédée en 1800; on porte sa population à 20,000 âmes, et, depuis quelque temps, son port, plus fréquenté, voit ses exportations monter à la somme de 800,000 francs.
Bender-Kængoun ou Bender-Congoun est le port le plus fréquenté entre Goumroun et Abou Chehr?. On éprouve, tant à Goumroun que sur le reste de la côte, des chaleurs excessives : l’imprudent qui s'expose aux rayons du soleil, à midi, trouve quelquefois une mori subite. La canne à sucre y prospère. Ziraf ou Siraf, à 11 lieues au sud-ouest de Lar, était jadis la ville de commerce la plus importante de la côte. Entre Siraf et Baanan, une série de rochers, semb'ables à des obélisques brisés ou à des tours ruinées, s’élève du milieu d’un plateau aride.
Toute cette côte est bordée d’iles. Citons particulièrement Æharek, Karedje, ou Karak. Les Hollandais, attirés par la bonté du sol, des eaux et du mouillage, s’y établirent en 1748; mais ce comptoir ayant été né-
4 M. Whitclock, lieutenant de la marine de la Compagnie anglaise des Indes. 2 Itinéraire communiqué par un Arabe à M, 7,
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gligé, les Anglais, dans ces derniers temps, en 1839, s’y sont fortement établis. Cette position leur assure aujourd’hui le commerce du golfe Persique, de même qu'à l’aide d’Aden, ils commandent dans la mer Rouge. L'île de Karak est formée de bancs de corail posés sur un rocher caïcaire. Il est probable que la même nature de roche se retrouve dans les autres îles; cependant, il faut en excepter celle de Æais, qui, selon Ibn-el-Ouardy, produit du fer excellent. Cette île est, suivant le voyageur Morier, plus importante pour la pêche des perles qu'aucune des îles Bahreïn.
La plus grande et la plus fertile, c’est Kichmich ou Keichme, appelée aussi Vroet ou Djessen, que les Portugais du seizième siècle nommaient Queixom et Broct; ce dernier nom nous rappelle que c’est l’Oaracta des anciens. Elle appartient à l’iman de Mascate; elle a environ 26 lieues de longueur sur 6 de largeur; des récifs de corail l'entourent ; elle est séparée du continent par un canal large de 4 à 5 lieues. Elle produit une espèce particulière de raisin sans pepins renommée dans toute la Perse. On y élève un grand nombre de bestiaux, et surtout de moutons. Ses habitants sont au nombre d'environ 10,000 à 15,000. Des trois villes qu’elle renferme, la plus grande, appelée Keichme, est bâtie en pierre et peuplée de 3,000 âmes. Elle est située sur la pointe la plus orientale de l’île. Un mur flanqué de tourelles l’environne et la met à l’abri des attaques des pirates. Quelquesunes de ses maisons sont grandes, et pour le pays, assez proprement construites : les toits en sont plats. Dans les plaines à l’ouest de la ville, des espaces de terrain cultivé sont entremélés de bosquets de dattiers. Zaft était autrefois une place assez forte; mais elle est maintenant dans un état misérable, Entourée d’une haute muraille, elle occupe la pente d’un coteau sur la côte septentrionale de l’île. Basidok, dont le nom n’est probablement qu’une corruption du mot portugais baxador, au lieu d’embaxador, s'élève à l’extrémité orientale de l’île. Elle appartenait autrefois aux Portugais, et l’on peut suivre encore les ruines de la ville et du fort qu’ils avaient élevés. Les Anglais y ont élevé dans ces derniers temps un hôpital, un magasin, un corps-de-garde et d’autres bâtiments; puis, par une souscription des officiers, on construisit cinq ou six maisons particulières, un beau bazar et des cafés. Cette petite ville est mal pourvue d’eau : les puits sont taris en avril et en mai. Les citernes, quoique bien entretenues, peuvent à peine fournir à la consommation des navires anglais.
Vis-à-vis l’île de Kéichme, la hauteur de la chaîne de montagnes qui borde la côte a été déterminée par les Anglais à 1,160 mètres. |
Au sud de Keichme est située l’île d’Andjar, autrefois babitée, mais dont
la ville a été détruite par les pirates. On y voit encore une mosquée en ruines. Cette île est formée de rochers nus, et présente l'aspect volcanique observé généralement dans les autres îles du golfe.
Larek, autre île située par 26° 53! de latitude, parait ètre aussi volcanique : sous ce rapport et par la couleur de ses couches, elle ressemble beaucoup à l’île de Dalmalh ou Zalimah (sombre) sur les côtes de l'Arabie, Larek est entourée d’une chaine de rochers à fleur d’eau; et comme, de quelque côté que le vent souffle, la mer se brise toujours avec fureur sur les écueils qui l’environnent, il est très-dangercux d’y aborder par un temps incertain. Elle n’est habitée que par une centaine de pêcheurs.
Aucune de ces îles, ombragées de cocotiers et de bananiers, ne jouit d’une célébrité égale à celle qui est connue sous le nom d’Ormuz ou d’Ormouz, l'antique Oriana ou Ogyrès. Cependant ce n’est qu’un rocher couvert de pierres salines rouges et blanchätres, sans eau potable et presque sans végétation. Le commerce y entassait les trésors de l'Orient : depuis 1622, abandonnée et oubliée, elle n’a plus que 3 à 400 habitants, et est soumise à l’iman de Maskate, qui y entretient une garnison de 100 hommes.
Le Æerman, dont les anciens vantaient les raisins, les blés, les mines, est aujourd’hui connu pour ses beaux châles de poil de chameau, et pour ses étoffes fabriquées avec le duvet soyeux d’une espèce de chèvre semblable à celle d’Angora!. On y trouve diverses drogues médicinales ct gommes, le moum ou le naphte, Palun, le soufre et la houille?; l'or, l'argent, le cuivre et le fer, et le {ulie, substance minérale dont les Persanes se servent pour rendre plus remarquable la douceur de leurs beaux yeux. Les roses blanches y abondent et fournissent une essence as° timée ; la vigne y fournit un vin excellent; on y élève une grande quan : d’abeilles et de vers à soie. Le mont Æophez ou Kafës se couvre d’une verdure perpétuelle; mais un vaste désert occupe la moitié irtérieure du pays. Plusieurs de ses cours d’eau étaient connus des anciens : le Deritai, torrent impétueux, est le Daras de Pline et le Dara de Ptolémée; l’antique Bagrades est le Darabin des modernes et le Zidegan des géographes orientaux; le Nehr-Ibrahim est V Anamis de Ptolémée, et le Choureroud est le Salsos de Pline.
La ville de Kerman, florissante par ses métiers de châles et d’étoffes, ne
1 Olivier, V, 305-331. Niebuhr, Teixera, etc.
3 Djihan-Nouma, 259.
5 De Hammer : Mémoire sur la Perse.
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se en parait plus posséder son ancienne fabrique de porcelaine, Son véritable nom nique est Sirdjan 1, et sa population est de 30,000 âmes. M. de Hammer parait ï avoir confondu cette capitale avec le village de Sirjan ou Sirjoun. olca- 1 Les villes de Kermasïn ou de Nouhim-Abad, et de Berdachyr, n’offrent que mble : des noms à remarquer ; Velazgherd peut avoir environ 8,000 âmes. Khomad abie, ÿ ou emedan renferme, selon la tradition des juifs, le tombeau de la belle e, de É Esther et du sage Mardochée. La partie maritime du Kerman, contrée malurles Ù saine, se nomme le Moghistan ou Moghostan, c’est-à-dire le pays des dattes; emps F c’est la Carmania deserta des anciens ; Minab, l'antique Harmosia, en est Là le chef-lieu: c’est une ville bâtie sur un coteau et divisée en forteresse haute, jouit basse et moyenne. Elle dépend, avec son territoire, des possessions de d’Or- À l’iman de Maskate, qui pour cette raison paie un tribut au roi de Perse. cou- Fa La grande province du Æhorassan mériterait à elle seule une description sque k urès-étendue; mais il faut nous borner à ce qu’elle offre de plus remarcpuis F4 quable. Bornée au nord par le Turkestan ou la Tatarie indépendante, et à et est “e l'est par le Khorassan afghan, ou le Khorassan oriental, elle éprouve de \ de grandes variations de chaleur et de froidure. On lui donne environ 200 lieues de longueur, 1400 de largeur, et plus de 10,000 lieues carrées de ines, superficie. Elle correspond à la Parthie, à la Margiane et à une portion de pour l'Arie des anciens. Pour justifier ce que nous venons de dire de son climat, sem- nous ajouterons que la partie montagneuse est très-froide en hiver, et que es ct pendant qu’il y tombe beaucoup de neige, c’est la saison des pluies dans l'or, 3 les plaines, bien que celles-ci s'ient humectées souvent au printemps et à 4 anes À l'automne par des ondées qu’amène le vent d’ouest. k EUX. 4 Le sol, quoiqu’en beaucoup d’endroits sablonneux et aride, produit en il pr e; la abondance tout ce qui est nécessaire à la vie; on en tire beaucoup d’indigo, | | eilles des noix de galle, et même, dit-on, d’assez bonne cochenille. Il y a un | per- grand nombre de Turcomans dans cette contrée, qui fournit de bons pâtu- | Plu- rages à leurs troupeaux. Les plus beaux tapis de Perse sont fabriqués dans | rrent le Khorassan ; on y fait des lames de sabre dont la réputation égale celle ME. ades à des lames de Damas. Les montagnes fournissent des rubis-balais et des , x: le 4 turquoises. La réputation qu'ont les chevaux de cette province nous a fait | »s de ‘4 penser que l’on pouvait chercher ici le pays natal de ces fameux chevaux 1 À nysains ou nyséens, tant vantés dans l’histoire. Les anciens s'accordent i! s, ne . assez généralement à placer l’Aippobotos, ou le grand haras de Perse, { dans les plaines de Reï ou de Ragæ, de sorte qu’en allant de Persépolis ou il | # Aboulfeda, trad. de Reiske, p. 262. l |
de Babylone aux portes Caspiennes on y passait nécessairement. Ils appliquent encore assez généralement, mais avec des doutes très-torts, a dénomination de Champ Nyséen à cet Hippobotos de Médie. En se tenant à ces données, les chevaux nyséens auraient été une race très-répandue, puisqu’on comptait dans l’Hippobotos 150,000 chevaux, ou, selon d’autres, 50,000 cavales. Mais quand on voit Xercès faire mener en pompe, devant son char de triomphe, dix chevaux nyséens consacrés et magnifiquemeni ornés ; quand on voit ce même monarque trainé par des chevaux nyséens, tandis qu’on ne donne point à ses gardes ni à son cortège cette moniure précieuse, on est tenté de croire, avec la savant Mannert, qu'il faut distinguer, malgré les anciens, entre le grand Hippobotos destiné à la remonte de toute la cavalerie, ct le haras particulier du roi à Nysa. Mais quelle était cette Nysa parmi toutes celles que nomme l'antiquité? Les anciens metten les haras royaux de Perse dans la Médie; ce nom pris dans le sens trèsétendu que lui donne Hérodote, peut embrasser l’Hyreanie et la Parthiène- On peut done croire que Mesa sur le Tedjen, qui correspond à Nysæa sur l'Ochus, était la patrie de ces chevaux tant recherchés par les monarques persans.
La guerre a devasté depuis un demi-siècle les nombreuses villes du Khorassan ; elles se rétablissent lentement. Ccite province est souvent exposée aux incursions des nations barbares qui l’avoisinent : en 1826, une armée de Tatars-Ouzbeks, commandée par le khan de Khiva, y commit de grands excès : aussi est-elle dans une situation peu prospère, et n’enrichit-elle pas beaucoup le trésor de la Perse, bien qu’on porte à 1,000,000 d'individus sa population sédentaire, et à 4 ou 500,000 celle de toutes les tribus nomades.
Mechehet ou Mesched a le titre de capitale du Khorassan depuis l’époque où Ismaël-Schah, premier sophi ou sephi de Perse, l’éleva à ce rang vers le commencement du quinzième siècle. Après avoir eu près de 400,000 habitants, elle en a à peine la moitié aujourd’hui. Ses maisons sont mal bâties, mais on y remarque plusieurs belles mosquées, entre autres une dans laquelle Schah-Abbas a fait ériger un tombeau à un saint mahométan appelé Ali-ben-Moussa, que viennent visiter une foule de dévots et de pélcrins, parce qu’il est considéré comme le patron du royaume. Cette mosquée forme un groupe de constructions qui passe pour le plus magnifique monument
la Perse. Mesched jouit d'un autre genre de célébrité : c’est dans ses murs que naquirent le poëte Firdoucy, le philosophe Gassali, l’astronome Massireddin et le géographe Hamdullah-Moustewfi. Dans les environs de Mesched on remarque les ruines de Thous, qui fut jadis une des plus im-
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Au milieu d’une vaste et fertile plaine s’élève Michabour, ville qui fut bâtie par Sapor Ler sur l'emplacement d’une cité détruite par Alexandre. Elle fut pendant longtemps la capitale de la Perse sous les Seldjoukides, mais au douzième siècle elle fut complétement ruinée par les Tatars. On peut juger de l’état florissant auquel elle était parvenue, puisque ses ruines occupent une circonférence de 10 lieues. C’est la patrie des philologues Djevheri et Chaalebi, et des poëtes Attar, Omar-Kiam et Kiatibin. Aujourd’hui elle ne se compose pas de 2,000 maisons. Ses environs sont célèbres par les turquoises que l'on y trouve, et dont l’exploitation est affermée 100,000 fr. par la couronne. Le bourg de Æabouchan ou Khoubouchan, à 42 lieues de Nichabour et 25 de Mesched, est la résidence d’un chef que l’on regarde comme indépendant de la Perse, et qui peut mettre, dit-on, 12,000 hommes sous les armes.
Pour achever la tournée topographique de la Perse, il ne nous reste qu’à jeter un coup d’œil sur la province de Kohistan ou Kou testan. Son étendue paraît être de 420 à 140 lieues de longueur sur 50 à 60 de largeur. Comprise entièrement dans le plateau de la Perse, elle renferme une partie du grand désert salé de Naubendan et celui de Miané. Le premier de ces déserts est long de plus de 100 lieues, et large de 50 ; le second, situé au nord de l’autre, dont il est séparé par des montagnes, est beaucoup moins étendu; à l’est il est borné par les monts Madnofriad, chaîne importante connue des anciens sous le nom de Hasdoranus, et qui traverse le centre de la province. Le Kouhestan comprend une partie de l'antique Arie et le pays de T«biène, dans la Médic orientale. Les déserts qu’elle comprend s'opposent à ce que sa population soit considérable : aussi ne paraît-elle pas s'élever à plus de 150,000 individus. Elle se divise en deux districts : celui de Terbidjan au nord, et celui de Tebbes, au sud.
Le premier a pour chef-lieu Rabat-Chéheristan, où simplement Chcherislan, qui est aussi la capitale de la province. Elle n'offre rien de remarquable ; c’est la patrie de l’historien Mihelou-Nihel. Tabs ou Tebbes est plus importante par son commerce et sa population : on lui donne 20,000 habitants. Toun, autre ville dans le district de Terbidjan, est située sur un territoire riche en blé et en soie. Telles sont les villes de cette province qui ne mérite pas de nous arrêter plus longtemps.
Suite de la description de l'Asie. — Fin du Tableau de. la Perse. —- Aperçu moral et politique.
Nous avons déjà donné quelques idées générales de l’état politique actuel de la Perse : nous devons ici nous attacher à faire connaître la nation dont nous venons de décrire la patrie; mais avouons d’abord que ce sujct offre autant d'obscurité que d'intérêt.
Les anciens distinguent tous les Perses en général de tous les Scythes. Les écrivains orientaux distinguent de même le Touran, ou la Scythie d'Asie, de PZran ou Zyran, qui est la Perse. Ce dernier nom se trouve aussi écrit Eriène sur les monuments de Persépolis. Il est évidemment identique avec celui d'Ariane, connu des Grecs; mais Ptolémée et Ératosthène ne comprennent sous le nom d’Ariane que la Perse orientale. Il semble que l’ancien nom d'Zran ou Eriène était resté affecté à cette parie seule, après que la Perse et la Médie, devenues des Etats belliqueux, eurent illustré leur nom particulier. Hérodote nous fournit cependant une preuve de la généralité du nom d’Zran ou Ariane, en nous apprenant que les Mèles étaient d’abord nommés Arä. Le nom d'Iran ne fut jamais éteint dans l'Orient ; le géographe arménien Moïse de Khorène, né presque ur les lieux, entend sous Aria ou Ariana tout l'empire des Persans dans le quatrième siècle.
Les Scythes d’Asie, loin d’être identiques avec les Perses, en étaient les ennemis constants et implacables; les derniers appelaient les Seythes Sacæ ou Sék; ce qui, en persan, signifie chien. Les Scythes paraissent, selon quelques faibles autorités, avoir fondé dans les temps fabuleux un empire qui embrassait la Perse et toute l’Asie occidentale; mais si cet empire a existé, il n’a point laissé de traces. L'histoire n’admet qu’une invasion connue des Scythes; elle eut lieu l’an 624 avant J.-C. Très-probablement les .ribus nomades de l’ancienne Perse, telles que les Cossæens, les Uxiens, les Mardes et autres peuplades de pasteurs, furent des restes des hordes scythiques qui, repoussées dans les montagnes, continuèrent toujours à infester per leurs brigandages les plaines cultivées.
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Les Parthes qui, deux siècles après Alexandre, rétablirent glorieusement l'indépendance de la Perse, étaient Scythes ou Saces, selon quelques auteurs d’une autorité médiocre ; Hérodote et d’autres écrivains de poids les nomment simplement comme habitants d’une province de la Perse orientale; rien, dans leurs usages ni dans les noms de leurs rois, n'indique une origine scythique.
Ï semble done démontré que, jusqu’à la grande révolution provoquée par les Arabes et la religion mahométane, l’Zran ou la Perse a été, généralement parlant, peuplée d’une seule race indigène divisée en plusieurs nations, et employant, quoique dans divers dialectes, la même langue.
Ce résultat des témoignages historiques les plus authentiques recevrait un nouveau jour par la comparaison des idiomes originaires de la Perse, si le temps et la barbarie nous en avaient laissé des monuments complets et d’une authenticité tout à fait incontestable. Voici ce que la critique a pu recueillir. Le dialecte le plus ancien est la langue send, dans laquelle étaient écrits les livres sacrés, compris sous le nom de Zend-Avesta, livres qui, bien que dépourvus d’une authenticité complète, contiennent certainement des traditions très-anciennes, même très-probablement des fragments antérieurs à la prétendue destruction des manuscrits des Mages, attribuée à Alexandre. Il répugne au bon sens de ne voir dans cette langue qu’un jargon inventé à plaisir par les Guèbres modernes, mais il est difficile de fixer les lieux où cette langue a été parlée. Ceux qui soutiennent le plus fortement l'authenticité du Zend-Avesta, varient entre Bactres, le point le plus oriental, et l’Azerbaïdjan, la contrée la plus occidentale. Peut-être n’était-ce qu’une langue sacrée, comme le sanscrit, avec lequel il a beaucoup de racines communes. Le dialecte pehlevi ou pehlouvan, c’est-à-dire l’idiome des guerriers, des héros, paraît avoir régné dans l'Irak-Adjemi ou la Grande-Médie, et chez les Parthes. On veut même que ce dialecte a: ‘té le seul qu’on parlât à la cour des descendants de Cyrus et des rois Partne.. Il est très-mêlé de mots chaldaïques ou syriaques; mais il n’est pas pour cela un dialecte du chaldéen, comme William Jones a paru le croire. Selon quelques auteurs, le pehlevi serait encore en usage parmi quelques tribus du nord de la Perse, entre autres les Paddars du Schirvan. Le géographe turc, Hadji-Khalfa, dit qu’on le parle dans le Farsistan. Les livres sacrés
furent traduits dans cette langue, qui est aussi celle de plusieurs inseriptions du temps des Sassanides. Mais peu à peu les princes de cette dynastie (an 211-632) reléguèrent le pehlevi dans les monts de la Parthiène, et
introduisirent, même par des lois formelles, l'usage du parsi ou du dialecte 1 69
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de la province de Farsistan, la Perse proprement dite. Cet idiome, plus doux que le pehlevi, qui déjà surpassait en douceur le zend, a dù, longtemps auparavant, dominer dans la monarchie persane; c’est le seul qui fournisse l'explication de presque tous les noms persans connus aux Grecs et aux Romains. Lorsque les Arabes envahirent la Perse dans le septième siècle, le parsi, banni de la cour, perdit de sa splendeur; et quanà, sous les Dilémites, en 977, on voulut rendre à cette langue sa domination antique, elle se trouva dénaturée par un fort mélange d’arabe. Cependant de grands poëtes, d’habiles orateurs en firent une langue riche et harmonieuse, qu'on distingue sous le nom de persan moderne. L’ancien parsi, usité parmi les Guèbres ou adorateurs du feu, devra son immortalité au Schah-Namé, long poëme historique de Ferdoucy, et à Aÿint, Akberi, statistique de l'Hindoustan, écrite en 4600; car à mesure que la vraie langue parsi perdit de son empire dans sa contrée natale, elle en gagna à la cour du Grand-Mogol. Aujourd’hui le persan moderne n’est pas le seul usité dans le nord de la Perse : on y emploie aussi le grossier langage des Turcs. Le persan moderne mérite cependant encore le surnom de deri, c’est-à-dire idiome de la cour !, sous lequel le désigne Ferdoucy dans le passage suivant :
« Le langage des Perses était divisé en sept dialectes différents : quatre « d’entre eux, le souki, le hazohi, le sagzi, lc sevali, sont tombés en dé- « suétude, et n’ont jamais eu de vogue; mais il n’en est pas de même des « trois autres : le parsi, le deri, le pehlevi. Le parsi est célèbre par sa « douceur, et se parle principalement dans le district d’Istakhar. Le deri, « dérivé de l’ancien parsi, est célèbre par sa politesse et son élégance. « Balkh, Mervichah-djihan et Boukhara sont les principales villes où on le « parle; quelques auteurs ajoutent la ville de Bedakhchan. »
Parmi ces dialectes, le Aazoki ou hezvi était parlé dans le Khorassan, le segs ou sagzt dans le Sedjestan, et le sevali ou zabouli dans le Yaboulistan. D’autres nomment encore les dialectes soghdi, khoazi, adevi et merouzi. Le kourde est un persan mêlé de chaldéen, comme le pehlevi.
Venons maintenant au grand phénomène que cette langue persane, tant ancienne que moderne, présente à la géographie historique. Le persan, dans tous ses dialectes et à toutes ses époques, offre non-seulement un srand nombre de mots germaniques, mais même des inflexions et des constructions allemandes?. Il renferme encore des mots danois, islandais,
? Dar, porte, palais (deær en danois, thor en allemand, door en anglais). ! Adelung avait réuni 221 racines allemandes dans le parsi. Les infinitifs se ter-
us doux mps au- Jurnisse s et aux e siècle, les Diléque, elle grands e, qu’on armi les né, long indousde son -Mogol.
rd de la an mome de la
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